Faits et Effets
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Pathétique
Humeur
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La guerre des gros pois
Carnet
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Le chant du cygne
Faits et effets...
Pathétique
Du jamais vu dans l'histoire de l'administration économique
de la République : un ministre des Finances qui est contraint
d'expliquer ses mesures fiscales avant, pendant et après
la présentation de ses deux budgets et le jour même
de l'expiration du délai pour la soumission des feuilles
d'impôt. C'est vrai qu'il y a eu une mesure de la dernière
heure qui relève plus des procédés d'un État
voyou que d'un régime démocratique, soit l'introduction,
quinze jours seulement avant la date limite pour le paiement de
l'impôt, d'une nouvelle taxe, celle qui frappe la vente
des biens de la succession à des tiers.
Pour calmer la fronde de ses propres collègues qui s'en
sont donnés à cur joie en son absence au conseil
des ministres il y a un peu plus de deux semaines et le tollé
général dans le pays sur sa politique économique,
il est venu, lundi, avec de nouveaux slogans : "big money,
terroriste intellectuel, mafia et même des gens qui paient
pour écrire". Vraiment n'importe quoi ! Qu'il
soit en difficulté, qu'il soit nerveux, on peut comprendre,
encore que cela fait partie des inconvénients d'être
un homme public, mais cela ne l'autorise pas à débiter
n'importe quelle ineptie.
Rama Sithanen a été ministre des Finances de 1991
à 1995 et il l'est redevenu depuis 2005. Pour justifier
le caractère injuste et discriminatoire de la NRPT et la
taxe sur les épargnes, il a sorti les grands mots, une
rengaine cent fois ressassés. Il a tenté de nous
convaincre qu'il était absolument nécessaire d'empoisonner
la vie d'honnêtes salariés et récolter Rs
60 millions de NRPT et quelques autres millions au titre d'impôt
sur les intérêts pour traquer des resquilleurs alors
même qu'il a, lui-même, introduit l'amnistie pour
les fraudeurs. Il y avait moyen de ramener les professionnels
de l'évasion dans les filets de la MRA sans toutes ces
inutiles tracasseries pour le simple contribuable.
"Démagogues et hypocrites" ceux qui critiquent
la réforme Sithanen ? Allons donc. Ce qui fait débat,
ce n'est pas la réforme, mais quelle réforme. La
preuve que la réforme du ministre et de son Premier ministre
est éminemment modulable est qu'ils sont revenus sur des
décisions initiales annoncées comme irrévocables.
Il vaut mieux ne pas retourner au détail des reculades
enregistrées depuis juin 2006, du pain des écoliers
à la NRPT qui ne frappe plus les bare lands en passant
par les subventions sur la farine et le gaz ménager, mais
c'est inacceptable que le ministre traite les critiques de sa
politique de "démagogues et d'hypocrites".
Est-ce démagogique que de faire un parallèle entre
la baisse avancée de la taxe des compagnies de 30% à
15% et aussi celle qui frappe les grosses cylindrées comme
les Aston Martin, Porsche, Ferrari, Mercedes et BMW et la NRPT
et la taxe sur les intérêts bancaires ? Traquer les
resquilleurs ? D'accord, en commençant par cet agent politique
de Pamplemousses/ Triolet, chauffeur d'un organisme para public
qui, bénéficiaire de terres de l'État, les
a revendues et réalisé une plus value de Rs 150
millions, une affaire rapportée à l'ICAC depuis
belle lurette. Rien jusqu'ici !
On pourrait aussi s'intéresser de plus près au juteux
per diem des ministres, officiels et autres hauts fonctionnaires,
allant parfois jusqu'à Rs 40 000 par jour et qui vont directement
dans leurs poches parce qu'ils vont loger et se nourrir chez des
proches. Imaginez 10 missions de 5 jours chaque année pendant
cinq ans, ça fait un joli pactole, non ? Quid des dettes
rayées d'agents politiques à la BDM et ailleurs
où le gouvernement a des intérêts ? Puisque
Rama Sithanen brandit aussi cette MRA, mise sur pied par le précédent
gouvernement pour être une arme efficace et indépendante
dans la lutte contre la fraude fiscale, il est permis de se poser
des questions sur son impartialité politique après
ce qui s'est passé dans le cas d'un de ses propres cadres,
Shakuntala Jugmohun, et dont la mise à pied est entachée
de parti pris politique.
Il y a eu une grande tirade à deux balles à Arsenal
jeudi sur les subventions et la pauvreté. Navin Ramgoolam
et Rama Sithanen nous ont dit que les subsides, sur le gaz notamment,
c'est pas bon, parce que cela profite tant aux pauvres qu'aux
riches. Au lieu de se lamenter en public avec force trémolos
dans la voix, ils auraient pu pousser un peu plus loin leur argumentation
et venir nous expliquer pour quelles raisons le transport gratuit
c'est pour tout le monde et surtout pour la caisse des propriétaires
de bus et la pension de vieillesse, retirée des revenus
dépassant Rs 20 000, a été rétablie
pour tous. Alors que pour les frais d'examen, le seuil pour la
subvention de l'État est limité à Rs 7 500
par ménage. Pourquoi le contribuable doit-il construire
des infrastructures à hauteur de Rs 310 millions pour Tian
Li qui arrive avec Rs 17 milliards plein les valises ?
Voilà un budget qui aurait pu servir à une subvention
temporaire sur le lait pour les pensionnaires et autres récipiendaires
de l'aide sociale et de food aid. On pourrait trouver comme
ça de nombreux exemples du caractère inéquitable
de la politique gouvernementale. Quant au chantage à la
TVA, elle est stupide parce que cette taxe ne frappe pas les produits
de consommation courante. Qui cela dérangerait qu'il y
ait des taux d'imposition différenciés, selon que
des produits sont considérés comme luxueux ou nécessaires.
Qui cela affecterait si les grosses cylindrées qui pullulent
sur nos routes congestionnées depuis l'année dernière,
les écrans plasma et les bateaux de plaisance d'une certaine
catégorie étaient frappés d'un taux de 20%
de la TVA ? Les revenus dépasseraient largement les malheureux
Rs 60 millions de la NRPT !
Rama Sithanen se trompe. Sa politique de rupture, retouchée
au gré des circonstances, est trop brutale, trop injuste.
Après l'épisode de la démission et de "lev
paké resté" de février dernier, son
soutien scandaleux à Paul Wolfowitz, contraint à
la démission de la direction de la Banque mondiale après
une sombre affaire de favoritisme et le tout dernier projeté
lundi dernier, il est bien parti pour décrocher le trophée
de l'homme le plus pathétique de l'année !
PS : Merci à ce lecteur de nous avoir signalé une
omission au chapitre de la saga de "nou papi", celle
qui a consisté pour Arvin Boolell de baptiser la clinique
pour
chiens de Union Park, Sir Satcam Boolell. Nos remerciements
aussi à Rajen Thandrayen, le secrétaire du Tiruvalluvar
Circle, pour avoir dans une correspondance souligné la
contribution de cette association au bien-être de l'ensemble
des habitants de Beau Bassin/Rose Hill. Nous ne contestons absolument
pas les mérites de l'association, nos objections portaient
sur l'accent prononcé mis sur le papi de Rama Valayden.
Humeur
La guerre des gros pois
Les membres du gouvernement s'étaient moqués du
député Rajesh Bhagwan quand il avait déposé
sur la table du Parlement un sachet de gros pois pour parler de
l'augmentation de prix de ce grain sec et la hausse du coup de
la vie. Le prix de ce grain sec devait prendre l'ascenseur pour
atteindre Rs 38, la livre. Une augmentation qui a conduit les
marchands de rôtis à créer la formule avec
carry de gros pois qui coûte Rs 2 de plus. Cette semaine,
pas moins de trois ministres - ceux de la Femme, du Commerce et
de la Justice - ont animé une conférence de presse
pour annoncer une baisse des prix de grains secs dont les gros
pois et le dholl. Au cours de cette même conférence
de presse, la ministre de la Femme a annoncé la fin du
"calvaire" qu'est pour les Mauriciens la pénurie
du lait en poudre. Est-ce que le ministre de la Femme s'est rappelé
que le responsable du "calvaire" dont elle prédisait
- un peu prématurément - la fin était à
côté d'elle ? Il ne faut pas oublier que la pénurie
du lait en poudre est la conséquence de la politique du
ministre Jeetah visant à casser le cartel des importateurs
de lait en poussant la State Trading Corporation à se lancer
dans l'importation de cette denrée. On connaît les
résultats de cette opération: hausse des prix suivie
d'une pénurie et la grossière opération du
lait Amul qui a coûté quelques dizaines de millions
au pays à travers la STC. L'échec de l'opération
Amul ne calma pas les ardeurs du casseur de cartels. Il poussa
la STC à se lancer dans l'importation du pétrole
et son transport, puis celui du ciment. Ces opérations
furent de retentissants fiascos. La cargaison de ciment censé
éviter la pénurie arriva à Maurice après
coup et fut bloquée pendant de longs jours dans le port.
Une fois de plus, le pays fit les frais de cette opération
à travers la STC. L'opération suivante du pourfendeur
des cartels fut encore plus "réussie" que les
précédentes. La politique conduite par le ministre
du Commerce obligea Desbro à fermer ses portes et à
licencier ses employés au profit d'une firme sud-africaine,
produisit une drastique augmentation et une pénurie des
fers de construction. C'est après cet épisode -
douloureux pour les employés de Desbro et les Mauriciens
contraints de dépasser leurs budgets de construction -
que le surnom d'organisateur de pénuries fut donné
au ministre du Commerce.
Mais, me direz-vous, quelle est le point commun entre le sac de
gros pois de Rajesh Bhagwan et l'organisateur de pénuries
? Les gros poids justement. Parce que figurez-vous que la State
Trading Corporation, qui n'arrête pas de multiplier les
initiatives - souvent vouées à l'échec -
s'est lancée dans l'importation des gros pois de Chine.
C'est donc en tant que ministre responsable de l'organisme d'État
qui importe les gros pois que le ministre Jeetah était
présent à la conférence de presse de l'autre
jour. Il était venu dire que l'émergence d'une compétition
saine sur le marché devrait favoriser la baisse des prix
des grains secs dont les gros pois. Un discours énergique
gâché par de mauvais souvenirs. Ce discours, Rajesh
Jeetah, l'avait tenu avant de déclarer la guerre contre
les cartels d'importateurs de lait, de ciment et de fers de construction
dont les victimes ont été à chaque fois les
consommateurs mauriciens. C'est donc avec une inquiétude
compréhensible que l'on a appris que le ministre du Commerce
et la STC s'étaient lancés dans l'importation de
gros pois. Est-ce que grain sec va connaître le même
sort que les précédentes denrées dont le
ministre du Commerce avait voulu prendre en main l'importation
et la distribution ? En attendant la réponse à cette
question - qui concerne beaucoup plus de Mauriciens qu'on ne le
croit - une chose est certaine. En dépit de son discours
encourageant la concurrence saine, Rajesh Jeetah n'aime pas la
compétition. Sa STC vient de servir du papier timbré
à un importateur de gros pois de longue date qui non seulement
se fait fort de vendre ce grain à beaucoup moins cher que
lui (Rs 15 au lieu de Rs 24) mais affirme que son produit est
meilleur que celui de la STC. Devenu importateur de gros pois
plus à travers la STC, le ministre Jeetah qualifie les
propos de son concurrent de critique malsaine à son endroit.
Son concurrent qui ne se laisse pas impressionner par les menaces
ministérielles a également déposé
plainte.
Après la guerre du lait Amul, celle du ciment en vrac et
des fers de construction, Rajesh Jeetah vient, avec sa nouvelle
moustache conquérante, de déclencher la guerre des
gros pois. Espérons qu'elle ne se terminera pas, comme
ses précédents combats, par des augmentations de
prix et une pénurie.
Carnet
Le chant du cygne
Sylvio Tang a définitivement une grosse déficience
en matière de communication. Ce n'est certainement pas
un fait nouveau direz-vous, mais ce qui est déconcertant
c'est que le ministre de la Jeunesse et des Sports ne semble pas
se rendre compte que ce " style de management "
pourrait, à terme, lui jouer des tours. Prenons, par exemple,
sa décision d'utiliser les pouvoirs que lui confère
la section 27 du Sports Act pour faire des " Regulations
" afin de rayer d'un trait de plume une " Regulation
" instituée par son ancienne collègue de
Parti, Marie-Claude Arouff Parfait, la fameuse formule 75%-25%.
Une formule qui visait, au départ, à forcer les
équipes de disciplines collectives, en particulier le football,
à avoir, au minimum, 75% de joueurs venant de la région
où est basé le club et la possibilité de
composer sa formation d'éléments hors régions
à hauteur de 25%. Bon gré mal gré, cette
formule avait commencé à trouver sa voie dans les
murs du sport mauricien.
Certes, au départ, tout le monde était contre. Car
le New Sports Act de Marie-Claude Arouff Parfait, présenté
en 1999 et les " Regulations " de 2000 pour l'entrée
en vigueur de la formule 75%-25% devait changer radicalement la
face du football local avec notamment l'arrivée des équipes
à caractère régional. La création
de l'ASPL 2000 en l'an 2000 est ce que l'on pourrait appeler une
parfaite illustration de l'esprit de la régionalisation,
car la formation de la capitale est née à partir
d'une fusion entre le Scouts Club et le Roche Bois Boy Scout.
Deux formations issues de deux régions dites "
particulières ".
Mais qu'est-ce qui a poussé, aujourd'hui, le ministre des
Sports à changer son fusil d'épaule et prendre,
pour ainsi dire, tout le monde à contre-pied en rendant
caduque la section 4 (b) et (c) - nous le supposons car à
ce jour, il n'y a aucun libellé des amendements proposés
par Sylvio Tang en circulation ni publié dans la Government
Gazette - des " Regulations " mises en vigueur
en vertu de la section 18 du Sports Act 1999, aujourd'hui
connu comme le Sports Act 2001.
Dans une conversation avec Week-End samedi dernier, Sylvio
Tang a laissé entendre, pour justifier sa décision,
que personne ne voulait plus de cette formule. Et qu'en aucun
cas, sa démarche vise à mettre en doute ou en péril
la régionalisation du sport. Mais que veut-il dire par
" tout le monde " ? Personne ne connaît,
pour l'heure, l'incidence d'une telle décision sur les
sports individuels. Le ministre n'a pas cru bon de communiquer
sur la pertinence de sa décision, ni sur quel constat ses
conseillers et lui, se sont basés pour décider d'en
finir avec cette clause de la loi.
Plus que jamais, il faut s'interroger sur les raisons qui ont
conduit le ministre à venir soudainement de l'avant avec
ce retrait alors qu'il est urgent de prendre une décision
sur les dérogations qui ont été accordées
aux fédérations en 2004. Sept ans après son
introduction, la formule 75%-25% avait eu le mérite de
provoquer une différence notable dans les régions.
Que l'on ne vienne pas nous dire que cette décision va
rehausser le niveau de sport à Maurice, en particulier
celui du football, qui pour l'heure, est le plus grand bénéficiaire
de cette décision. Ce serait alors la plus grande escroquerie
de MJS.
Rayer d'un trait de plume cette formule mettra irrémédiablement
Sylvio Tang dans une position de contradiction avec ses discours
officiels, qui prônent la régionalisation. À
la place, il aurait pu proposer une formule 50-50 ou 40-60 ou
même une autre car il en existe. Sa décision n'est
que le chant du cygne de la régionalisation à Maurice.
En tant que ministre des Sports, Sylvio Tang a la responsabilité
de tout faire pour emmener l'épanouissement des équipes
et des clubs des régions.
Or, désormais ces derniers seront des proies idéales
pour les formations à gros budget. Dans le football, on
assiste déjà à ce jeu de massacre avec la
complicité des dirigeants de la MFA.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 14 octobre 2007
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