f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 14 octobre 2007



Fouilles corporelles à la cybercité - Les trois policiers, de même que l'État, poursuivis
Appartements NHDC de Mon-Choisy - L'ICAC enquête sur les conditions d'allocation


Fouilles corporelles à la cybercité

Les trois policiers, de même que l'État, poursuivis

17 employés d'un call centre opérant dans la cyber-tour ont finalisé, durant le week-end, en compagnie de leurs hommes de loi, Mes Jean-Claude Bibi et Pazhany Rengasamy (avoué), une mise en demeure contre trois policiers, une femme et deux hommes, l'une appartenant à la Major Crime Investigation Team (MCIT) et les deux autres à la CID de Rose-Hill. Les trois policiers ont procédé, lundi après-midi, à des fouilles corporelles sur eux à l'intérieur de la cyber-tour. La plainte dans laquelle chaque "victime" réclame Rs 500 000 à chacun des policiers, devrait être logée durant cette semaine, pour un "speedy trial".

En fin de semaine et hier, les victimes de cette fouille corporelle pour le moins inopinée ont, en compagnie de leurs hommes de loi, finalisé l'action à être entrée en cour contre les trois policiers et contre l'État. Ils comptent réclamer des dommages en cour intermédiaire, au criminel et au civil. Les victimes de la fouille corporelle ont aussi porté l'affaire devant le Complaints Investigation Bureau (CIB) et réclament des sanctions contre les trois policiers. Interrogé par Week-End, leur homme de loi, Me Jean-Claude Bibi, souligne que "le traitement subi par mes clients est tout simplement honteux et scandaleux. C'est intolérable. Et dire que parmi ces femmes, il y en a une qui est enceinte de cinq mois", a-t-il fait ressortir.

C'est un portable volé, appartenant à la sœur de la Woman Police constable (WPC) membre du MCIT, qui devait déclencher toute cette sordide affaire. La victime du vol devait, lundi après-midi, appeler sa sœur qui rappliqua, accompagnée de deux éléments de la CID de Rose-Hill. Ces derniers devaient, dans un premier temps, isoler les femmes des hommes et tous furent soumis à une fouille corporelle approfondie. Les 17 employés du call centre, incluant une femme enceinte de cinq mois devaient être forcés à se dévêtir complètement et même à se pencher en avant, tout en subissant les quolibets et les railleries des trois policiers. M…, qui était l'une des employées soumises à cette fouille dégradante, raconte…

"Je n'ai jamais subi pire humiliation de toute ma vie. Non seulement l'on pouvait nous voir des autres bureaux de la cyber-tour, mais en plus, on a été traités comme du vulgaire bétail. Je me sens souillée, salie comme je ne l'ai jamais été de toute ma vie. Depuis lundi, je ne dors plus. On m'a forcé à me pencher vers l'avant, alors que je n'avais aucun vêtement sur moi. J'ai été tripotée… Je me sens si sale…"

Personne ne comprend comment ces policiers ont pu agir en toute impunité, d'autant plus que la victime du vol de portable n'avait alors pas encore consigné la moindre déposition. Aux Casernes centrales, l'on soulignait, en fin de semaine, que si la fouille corporelle fait partie des méthodes légales d'investigation, il n'en demeure pas moins que certains critères doivent obligatoirement être respectés.

Pour sa part, le patron de la MCIT, le surintendant Bala Kamatchi, dissocie totalement son unité des agissements de ces trois policiers et a clairement fait ressortir à l'état-major de la police que ces trois policiers ont agi de leur propre chef. Une enquête policière a été ouverte afin de situer la responsabilité de tout un chacun dans cette affaire.


Jean-Claude Bibi tire à boulets rouges sur la HRC

L'homme de loi des employés victimes de cette humiliante fouille corporelle, Me Jean-Claude Bibi, a tiré à boulets rouges sur la Human Rights commission (HRC). Selon l'homme de loi, "cela ne servirait à rien" de porter cette affaire devant la HRC et cite plusieurs raisons afin d'expliquer sa position.

"Je ne suis nullement satisfait des capacités investigatrices de la HRC, ni de son indépendance. Dans mon propre cas, relativement au traitement que j'ai reçu auprès de la MCIT, la HRC a statué que je n'avais pas subi une violation très sérieuse de mes droits. Je ne peux crédibiliser une institution qui n'est pas sérieuse. Pour ces raisons, nous n'irons pas devant la HRC", a dit l'homme de loi.


Appartements NHDC de Mon-Choisy

L'ICAC enquête sur les conditions d'allocation

L'Independent Commission Against Corruption (ICAC) a décidé d'enquêter sur les conditions d'allocation des appartements de la National Housing Development Company (NHDC) des Résidences les Corsaires de Mon-Choisy. Cette décision fait suite aux soupçons à l'effet qu'il aurait pu y avoir trafic d'influences dans cette affaire.

C'est le leader de l'Union nationale (UN), Ashock Jugnauth, qui a été le premier à soulever la question au cours de sa conférence de presse de vendredi de la semaine dernière. M. Jugnauth avait, notamment, allégué que, selon ses informations, des appartements de ce complexe construit sous le précédent gouvernement auraient été alloués, "après le changement de gouvernement", à des personnes dont les noms s'apparenteraient à ceux de hauts cadres de la NHDC.

Ashock Jugnauth s'était, de plus, étonné que ces logements "largement subventionnés par l'État" et destinés, en substance, à des demandeurs méritants de la classe moyenne - dans le cadre de la politique de la NHDC de pourvoir un toit à chaque famille - auraient été attribués à "des riches" dont certains toucheraient entre Rs 60,000 et Rs 110,000 mensuellement.

M. Jugnauth avait aussi affirmé que, d'après ses informations, 34 mineurs seraient parmi les bénéficiaires. Le leader de l'UN demandait, en conséquence, au Premier ministre de se saisir personnellement de ce dossier. Ashock Jugnauth a opposé ce cas de "mauvaise gouvernance" alléguée à l'éviction, la semaine dernière, de familles de squatters démunis à Belle-Mare.

Interrogé par une radio privée, le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, devait dans un premier temps déclarer qu'il était, au départ, au courant de cette affaire mais qu'il n'y a pas donné suite pour ne pas ébranler la NHDC.M. Dulull a, par la suite, précisé que ce "scandale" s'est produit "sous le précédent gouvernement dont Ashock Jugnauth était membre".

Une version qu'il a réitérée à Week-End à travers son service de presse. Asraf Dulull s'interroge sur ceux "ki pe deklar Zorro" et qui n'avaient "rien dit à l'époque". Le ministre annonce une "enquête approfondie" sur ce "scandale de l'ancien board".

Interrogé, à son tour, par Week-End, M. Joe Lesjongard, prédécesseur de M. Dulull au ministère du Logement, nous a déclaré de manière laconique : "Que le ministre Dulull institue son enquête et qu'il rende publiques ses conclusions !".



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 14 octobre 2007