17 employés d'un call centre opérant dans
la cyber-tour ont finalisé, durant le week-end, en compagnie
de leurs hommes de loi, Mes Jean-Claude Bibi et Pazhany Rengasamy
(avoué), une mise en demeure contre trois policiers, une
femme et deux hommes, l'une appartenant à la Major Crime
Investigation Team (MCIT) et les deux autres à la CID de
Rose-Hill. Les trois policiers ont procédé, lundi
après-midi, à des fouilles corporelles sur eux à
l'intérieur de la cyber-tour. La plainte dans laquelle
chaque "victime" réclame Rs 500 000 à
chacun des policiers, devrait être logée durant cette
semaine, pour un "speedy trial".
En fin de semaine et hier, les victimes de cette fouille corporelle
pour le moins inopinée ont, en compagnie de leurs hommes
de loi, finalisé l'action à être entrée
en cour contre les trois policiers et contre l'État. Ils
comptent réclamer des dommages en cour intermédiaire,
au criminel et au civil. Les victimes de la fouille corporelle
ont aussi porté l'affaire devant le Complaints Investigation
Bureau (CIB) et réclament des sanctions contre les trois
policiers. Interrogé par Week-End, leur homme de
loi, Me Jean-Claude Bibi, souligne que "le traitement
subi par mes clients est tout simplement honteux et scandaleux.
C'est intolérable. Et dire que parmi ces femmes, il y en
a une qui est enceinte de cinq mois", a-t-il fait ressortir.
C'est un portable volé, appartenant à la sur
de la Woman Police constable (WPC) membre du MCIT, qui devait
déclencher toute cette sordide affaire. La victime du vol
devait, lundi après-midi, appeler sa sur qui rappliqua,
accompagnée de deux éléments de la CID de
Rose-Hill. Ces derniers devaient, dans un premier temps, isoler
les femmes des hommes et tous furent soumis à une fouille
corporelle approfondie. Les 17 employés du call centre,
incluant une femme enceinte de cinq mois devaient être forcés
à se dévêtir complètement et même
à se pencher en avant, tout en subissant les quolibets
et les railleries des trois policiers. M
, qui était
l'une des employées soumises à cette fouille dégradante,
raconte
"Je n'ai jamais subi pire humiliation de toute ma vie.
Non seulement l'on pouvait nous voir des autres bureaux de la
cyber-tour, mais en plus, on a été traités
comme du vulgaire bétail. Je me sens souillée, salie
comme je ne l'ai jamais été de toute ma vie. Depuis
lundi, je ne dors plus. On m'a forcé à me pencher
vers l'avant, alors que je n'avais aucun vêtement sur moi.
J'ai été tripotée
Je me sens si sale
"
Personne ne comprend comment ces policiers ont pu agir en toute
impunité, d'autant plus que la victime du vol de portable
n'avait alors pas encore consigné la moindre déposition.
Aux Casernes centrales, l'on soulignait, en fin de semaine, que
si la fouille corporelle fait partie des méthodes légales
d'investigation, il n'en demeure pas moins que certains critères
doivent obligatoirement être respectés.
Pour sa part, le patron de la MCIT, le surintendant Bala Kamatchi,
dissocie totalement son unité des agissements de ces trois
policiers et a clairement fait ressortir à l'état-major
de la police que ces trois policiers ont agi de leur propre chef.
Une enquête policière a été ouverte
afin de situer la responsabilité de tout un chacun dans
cette affaire.