Au-delà des conflits africains: Qu'est-ce que l'âme
africaine ?
Dans son dernier rapport, l'organisation humanitaire OXFAM, chiffre
à 300 milliards de dollars US ce qu'ont coûté
au continent africain les 15 dernières années de
conflits armés. Ce chiffre hallucinant, compte tenu de
l'extrême pauvreté à laquelle est confronté
le Continent noir, s'ajoute aux multiples convoitises des nations
extra-africaines pour l'exploitation de ses ressources minières
et autres.
Nous avons déjà écrit, ici même, que
les événements survenus en Europe de l'Est, depuis
le démantèlement de l'empire soviétique,
risquaient de détourner le monde, dit développé,
de l'Afrique, alors que ce continent traversait, et traverse encore,
une grave crise économique, politique et culturelle. L'Afrique
a besoin, plus que jamais, de l'aide économique, à
défaut elle risque de s'enfoncer encore plus dans des conflits
qui ont parfois démarré depuis une trentaine d'années.
L'Algérie, la Tunisie, la Côte-d'Ivoire, autrefois
réputées stables, connaissent de graves difficultés
économiques, susceptibles de déstabiliser les régimes
en place. Le "miracle" ivoirien n'est plus qu'un lointain
souvenir. Houphouët Boigny avait longtemps perdu l'aura qui
faisait de lui le dernier "sage" de l'Afrique, après
Senghor. Mais les conflits, eux, n'en finissent pas !
L'Afrique, nous le savons - et les nouvelles puissances telles
que la Chine et l'Inde en savent autant que nous - possède
des ressources minières non négligeables, bien qu'inégalement
réparties et, à de rares exceptions près,
elle n'a pas la puissance économique et politique qui fait
la force de l'État moderne. Frappée de plein fouet
par la crise économique, la sécheresse, l'invasion
d'insectes destructeurs, elle est affaiblie par des guerres interminables,
tantôt claniques, tantôt sectaires.
Mais le plus grand problème à laquelle se voit confronter
l'Afrique, ce n'est plus la question d'autoritarisme de ses gouvernants,
de dissolutions d'assemblées, de l'instauration de partis
uniques, d'élections fictives ou de multipartisme de façade,
confiscation du pouvoir par l'armée, d'internements abusifs,
exécutions sommaires
C'est que, quelque part, elle
a perdu son âme
Emmanuel Ndeng en fait une illustre illustration à travers
la légende des trois fils du vieillard. Il était
une fois, nous raconte Ndeng, un vieillard, très pauvre,
qui vivait dans un village de la forêt et qui sentait venir
sa mort. Il fit venir ses trois fils pour leur dire adieu et leur
donner ses derniers conseils. À l'aîné, il
lui remit une hache et lui dit: "Cette hache est le symbole
de la force. Prends-la et tâche d'être heureux."
Au second fils, il remit une machette et une lime. Et il lui dit:
"Prends cette machette, elle est le symbole de l'ardeur
au travail, de la persévérance dans l'effort."
Au troisième, il lui donne une houe et des graines et lui
tint ces propos: "Mon enfant, avec cette houe, qui te
servira à semer ces graines, tu pourras acquérir
autant de biens que tu veux à condition de savoir t'en
servir. Cette houe symbolise la recherche de la vérité
et de la connaissance
"
Cette fable, toute africaine, ne fait plus partie de cette tradition
plus que millénaire qui, en Afrique, a annoncé des
lendemains si incertains, tellement changeants et qui font la
part belle aux prédateurs, marchands de canons qui ont
signé de stigmates profonds de cinq siècles de traites
négrières et trois de colonisation, et qui perdurent
Hélas ! Au prix de la violence, du sang et des larmes
Et de 300 milliards de dollars US
!
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 14 octobre 2007
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