s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 30 septembre 2007



Fermeture de la Chitrakoot GS - Divergence d'opinion au sein du gouvernement
Sécurité en garderie - L'absence de normes chèrement payée
Campagne contre deux projets de loi sur le travail - Première offensive syndicale le 20 octobre
Jusqu'en juin 2008 - Hôpital Victoria : Rs 3,8 M seulement pour payer les "overtime" des infirmiers
Augmentation salariale sélective à la CHCL - Vive dénonciation de ACSP
Karo Kalyptis, Belle Mare - Squatters : une école sera construite sur le site où ils sont installés
Consommation - Lait : hausse de 30% la semaine prochaine
Biodiversité terrestre et marine - Le Parc Marin de Balaclava en péril !
Société - Maurice chute dans l'indice de perception de corruption
Grains secs - Gros pois : baisse de prix le mois prochain
Décision avalisée - Jardin de Pamplemousses: payant à partir de demain
En raison de pertes accumulées - L'AMB décide de suspendre la collecte du lait des petits éleveurs
Journée mondiale du cœur, aujourd'hui - "S'unir pour des cœurs sains"
Demain, au Trianon Shopping Park - Journée de sensibilisation aux hépatites
Brèves
En raison de pertes accumulées - L'AMB décide de suspendre la collecte du lait des petits éleveurs
Deux jours de réflexion pour combattre la pauvreté
Violence à l'école - Prévention : l'OCO remet un kit aux enseignants


Fermeture de la Chitrakoot GS

Divergence d'opinion au sein du gouvernement

La fermeture de la Chitrakoot Government School divise les opinions au sein du gouvernement. Tandis que le ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, maintient que le bâtiment est un réel danger pour les enfants et qu'ils doivent évacuer les lieux, le conseiller du Premier ministre Dinesh Ramjuttun et aussi la députée Kalianee Virasawmy affirment le contraire. Cette dernière rencontre les parents d'élèves demain après-midi et leur apporte son soutien. D'autre part, Dinesh Ramjuttun, chaleureusement accueilli vendredi dernier par les parents d'élèves, représentants des forces vives et les écoliers, déclarait après une visite : "Mo krwar kapav répar lékol-la". Convaincu, après constat, il promet d'être en quelque sorte le porte-parole des parents auprès de Navin Ramgoolam.

Qui de Dinesh Ramjuttun ou de Dharam Gokhool saura convaincre Navin Ramgoolam quant au sort de l'école Chitrakoot ? Au sein de la communauté des parents d'élèves, c'est Dinesh Ramjuttun qui représente leur ultime espoir. Ce dernier a été chaleureusement accueilli lors de sa visite à l'école vendredi dernier. D'ailleurs, il leur a promis de faire entendre leur voix au retour du Premier ministre en début de semaine.

Ainsi, Dinesh Ramjuttun, qui fait l'unanimité auprès des parents, s'est volontairement proposé pour être le pont entre ces derniers et le gouvernement. Normal ! Il est convaincu qu'il ne faut pas fermer l'école. "Mo éna entierman konfyans dan Navin Ramgoolam. Mo krwar kapav répar lékol-la", a-t-il dit aux parents à la fin de sa tournée. S'adressant en bhojpuri et en kreol, il leur promet de soumettre le rapport que lui a remis Jean-Michel de Senneville, porte-parole des parents, au PM. Les réparations sont possibles et il n'y a pas lieu de condamner l'école, estime-t-il.

Quant à Dharam Gokhool, il n'a pas la cote à Chitrakoot. À vendredi, sa visite était encore décriée par les mères venues récupérer leurs enfants à la sortie de l'école. L'attitude du ministre de l'Éducation, disent-elles, est restée au travers de leur gorge ! "Li dir ki li'nn fini pran so désisyon. An fé li finn inpoz nou so désisyon !" scandent ces mères. Pour, elles, il n'est pas question de fermer les portes de la petite école, innaugurée en 1985, par le ministre de l'Éducation d'alors, Armoogum Parsuramen.

Hué par les parents et représentants des forces vives de Chitrakoot, le ministre de l'Éducation campe ur ses positions : il faut fermer l'école ! La structure qui, dit-il tombe en décrépitude, représente un véritable danger pour les quelque 100 écoliers. "Nou pa lé ferm lékol. Nou tou res pré ar lékol. Kan nou zanfan malad dan lékol, li pli fasil pou nou vinn get zot. Minis dir transfer zot, met zot lekol anba (ndlr : la Vallée des Prêtres GS). Isi gayn bis sak lerdtan. Apré kot pou met sa ban zenfan dan maternel-la ? Pa gayné transpor gratis pou zot ! Lékol Chitrakoot, so rézilta CPE pli bon", avance une mère dont les dires sont approuvés par les parents présents. Et, poursuit-elle, "si bizin fer lagrev, nou pou fer lagrev." "Si bizin, nou pou al asiz devan biro minis, Phœnix, enn zourné ! Mé pa pou ferm lékol."

Mur intact

Comme les adultes présents, la ribambelle d'écoliers, visiblement habitués à la médiatisation de leur établissement, affirment eux aussi leur souhait d'y continuer leur scolarisation. "Dépi tipti mo vinn la. Nou kontan nou lékol", dit Neelesh, qui prendra part aux examens de CPE.

Moins émotives que les mères, mais tout aussi passionnés, les pères, quant à eux, donnent des explications quant aux fissures qui créent la polémique. Certes, il y a eu un glissement de terrain il y a quelques années, disent-ils. "Mais ce n'est pas cela qui a provoqué les fissures !" ne cesse de répéter Kanchan Kesore. Montrant un drain défectueux, il attribue les fissures de l'ancienne classe de la maternelle à celui-ci.

"Tous ceux qui visitent l'école s'attardent sur la séparation des phases. Il faut savoir que l'école a été construite en trois phases et leur séparation prête à confusion !" explique pour sa part Jean-Michel de Senneville. Et Kanchan Kesore de reprendre, "bann fisir ki éna dan dé klas, akoz dalo, pa akoz glisman térin."

Pour prouver que le glissement des terres est étranger aux fissures, les deux hommes s'attardent devant la muraille qui sépare l'arrière de l'école et un terrain. "Le mur est intact ! Comment expliquer que celui-ci n'a pas été fissuré ? Tel aurait dû être le cas ! Miray-la ti bizin défonsé si ti éna glisman térin."

Convaincus et rassurés par la visite de Dinesh Ramjuttun, Jean-Michel de Senneville, Kanchan Kessore et les autres membres des forces vives représentant les parents d'élèves de Chitrakoot se disent confiants quant à la possibilité de construire une structure solide dans l'enceinte de l'école, voire la construction d'une nouvelle école sur un terrain offert par le shivala de Chitrakoot.

Par ailleurs, c'est avec une satisfaction non dissimulée que les forces vives ont appris hier que la députée Kalianee Virahsawmy épouse le même avis que Dinesh Ramjuttun. "Elle nous a téléphoné pour solliciter une rencontre avec les parents demain à 17 heures. Elle nous a dit qu'elle aussi ne croit pas qu'il faut fermer l'école", explique Prem Dhookee, des forces vives.


Sécurité en garderie

L'absence de normes chèrement payée

Le décès tragique de la petite Clénaëlle Bégué (16 mois), le 21 septembre dernier, après un accident en garderie, ramène en surface la question de sécurité dans les crèches non-enregistrées. Faisant fi des normes de sécurité et d'hygiène, ces garderies illégales opèrent plus ou moins en toute quiétude vu que les enquêtes dans ce sens sont rares - la Early Childhood Development Section (ECDS) de la Child Development Unit (CDU) ne disposant pas d'effectifs suffisants. Pour rappeler à l'ordre, voire sévir contre les garderies illégales, les autorités comptent sur les doléances qui leur parviennent. Depuis le début de l'année, la CDU a reçu 10 plaintes venant du public et du bureau de l'Ombudsperson for Children.

"Faut-il qu'il y ait un drame pour que les autorités ouvrent les yeux sur ces crèches qui fonctionnent en l'absence de normes ? Après ce qui est arrivé au bébé de Grand-Baie, je suis certaine que les autorités vont agir pour que les normes de sécurité soient respectées. Mais, il ne faudra pas très longtemps avant que les bonnes intentions ne s'évaporent et qu'un autre drame survienne !" soutient Desirella Ladouceur. La jeune femme suit actuellement une formation en petite enfance à l'Institut pédagogique et vise un Teacher's Certificate afin d'ouvrir une crèche. Si elle émet cette réflexion, dit-elle, c'est parce qu'en tant que puéricultrice elle a acquis de l'expérience dans le domaine. Et d'indiquer qu'elle a été souvent témoin de la précarité de certaines crèches qui négligeaient la sécurité et l'hygiène. En effet, depuis le début de la semaine, la Early Childhood Development Section de la CDU n'a épargné aucun effort pour intensifier les visites de contrôle. Qui plus est, depuis que le décès tragique de Cléanëlle (une porte serait tombée sur elle) survenu à Camp-Carol, à Grand-Baie, a mis en relief des failles quant à la sécurité dans des garderies opérant sans permis, une vingtaine de demandes d'enregistrement a été effectuée auprès du département concerné dans un premier temps. Ce qui traduit le souhait des demandeurs de se mettre à couvert en opérant dans la légalité.

Depuis janvier : 55 nouveaux demandeurs de permis d'opération

Au total, ce sont 55 new applicants qui ont approché le ministère depuis janvier dernier en vue d'obtenir un permis d'opération d'une garderie. Cependant, malgré la volonté des autorités à assurer le respect des normes régies par les clauses de l'Institution for Welfare and Protection of Children Regulations 2000 sous la Child Protection Act, un problème demeure ; et pas des moindres ! Depuis quelque temps déjà, il y a un manque de ressources humaines à la Early Childhood Development Section. Il nous revient que le nombre d'officiers, indispensables aux enquêtes de terrain, se compte sur les doigts d'une seule main ! Ils ont à leur charge la visite des quelque 145 crèches enregistrées, du pays ! Tâche difficile, laisse-t-on entendre au ministère des Droits de la Femme. Ainsi, que trois visites ont été effectuées cette semaine. Pour palier le manque d'officiers, la ECDS compte sur ses collègues du PreSchool Trust Fund pour lui rapporter des anomalies notées dans des garderies annexées à des maternelles.

Les autorités se fient essentiellement aux

appels et plaintes du public, pour sévir

Au vu d'un tel manque de personnel, comment alors aller à la chasse des garderies qui opèrent clandestinement ? Car ce sont surtout les structures non-enregistrées - ne disposant pas d'encadrement approprié et de personnel compétent pour l'accueil des bébés de 3 mois à 3 ans - qui exposent leurs petits pensionnaires à tout risque d'insécurité. La crèche La Farandole, à Grand-Baie, aurait commencé à accueillir des bébés depuis un an et demi seulement. Donc, pour pouvoir rappeler à l'ordre les responsables des crèches illégales, la ECDS compte essentiellement sur les appels et plaintes du public. "Les doléances sont variées : un parent non satisfait du service ; lorsqu'un bébé est tombé et s'est blessé ; quand l'hygiène et la sécurité sont négligées ; quand le personnel s'avère inexpérimenté… Il arrive aussi que des voisins rapportent des garderies qui ne respectent pas les normes ou que des propriétaires mécontents nous demandent d'intervenir", explique Ranee Nundah de la CDU. Dans ce cas, un délai de trois mois est accordé aux garderies concernées - ou celles enregistrées mais ne respectant pas les normes -, pour qu'elles revoient leur situation. Faute de quoi, la fermeture s'impose. De janvier à ce jour, 10 plaintes ont été déposées au ministère par le public et le Bureau de l'Ombudsperson pour les Enfants. À propos des garderies non-enregistrées, celles-ci sont sommées de se soumettre aux formalités auprès du ministère des Droits de la Femme, et ce au plus tard le 30 novembre prochain. Les autorités comptent aussi sur les 86 (des 145) crèches dont l'enregistrement est arrivé à expiration, pour qu'elles en procèdent à un renouvellement. "Une crèche doit renouveler son enregistrement chaque deux ans", souligne Ranee Nundah. Cette dernière nous indique également que des 145 crèches enregistrées, 22 d'entre elles ne donnent pas satisfaction s'agissant des normes.

"Des employées partageaient le repas des enfants

et mangeaient la moitié du yaourt des petits !"

Le décès de Clénaëlle Bégué en garderie a, sans doute, ravivé de mauvais souvenirs chez les professionnels de la petite enfance. En 2000, le décès de deux nourrissons et un accident en crèche avaient suscité une vive polémique au plan de la sécurité. À l'époque, entre autres questions, les compétences du personnel (des puéricultrices) étaient évoquées dans une large mesure. Depuis, la formation demeure encore un aspect important. "Trois mois après avoir admis mon fils en crèche, j'ai été surprise de constater qu'il revenait souvent à la maison sale. Les puéricultrices ne changeaient pas ses couches. Quand je me rendais à la crèche, c'est à la cuisine que je les retrouvais. Pendant qu'elles bavardaient, les bébés restaient plus ou moins sans surveillance", raconte Marinette. Pourtant, cette jeune maman ne s'en plaindra pas auprès de la responsable de la garderie. "Je devais travailler et je n'avais d'autre choix que de laisser mon enfant à la crèche", explique-t-elle. Il y a encore à dire à propos de cette crèche, affirme notre interlocutrice : "Les parents pouvaient envoyer le déjeuner de leurs bébés ou payer une certaine somme à la garderie, laquelle se charge du repas de l'enfant. Il arrivait que la garderie puisait dans le déjeuner de certains bébés pour en donner à d'autres et gardait l'argent remis par des parents ! On m'a raconté qu'ailleurs, des employées partageaient le repas des enfants et mangeaient la moitié du yaourt des petits !" En général, c'est pour faire des économies que des responsables de crèches emploient un personnel non qualifié. De leur côté, c'est faute de moyens que des parents ont recours à des garderies dites familiales. Dans le deuxième cas, des bébés peuvent se retrouver à trois sur un matelas posé à même le sol…


Procédures :Ce qu'il faut soumettre aux autorités

Desirella Ladouceur cherche désespérément un local pour ouvrir une crèche avec en annexe, une école maternelle dans le quartier où elle réside. "Il n'y a pas de crèche dans le coin. Je pense pouvoir apporter une certaine contribution dans la région en proposant ce service, d'autant que les habitants me connaissent", dit-elle. La jeune femme dispose des qualifications académiques requises et a de l'expérience pour avoir travaillé en maternelle. Après avoir fait le calcul, Desirella Ladouceur estime qu'elle aura besoin d'un capital de Rs 265 000 pour lancer son projet.

Pour opérer une crèche dans les règles, les Regulations et Guidelines remis par le ministère de la Femme à tout demandeur se doivent d'être appliqués à la lettre. Désirella Ladouceur devra fournir plusieurs documents : plan du site, fire clearance, certificat de moralité, permis municipal, attestation de health and safety, carte d'identité, certificats académiques… au moment de l'enregistrement. Elle devra aussi être en mesure d'opérer dans les trois mois suivant son application. La Child Development Unit effectuera ensuite une visite des lieux. La superficie de la structure qu'elle louera devra convenir au nombre d'enfants qui seront admis dans la crèche. Par ailleurs, s'agissant du ratio puéricultrice/enfants, le règlement veut qu'il en soit ainsi : pour les enfants de 3 mois à un an, 1 : 4, enfants de 1 à 2 ans, 1 : 6 et enfants de 2 à 3 ans, 1 : 10.


Bébés handicapés en crèche-Victimes de préjugés

Quant à la formation des puériculteurs, celle-ci est dispensée par l'OMEP, la MIE et la crèche de Bethléem. Le ministère de la Femme propose, pour sa part, un cours basique destiné à ceux ne disposant pas de compétences académiques. La formation en petite enfance comprend aussi un module sur les bébés handicapés. À Maurice, la quasi totalité des crèches n'admet que des bébés "normaux". À ce jour, l'Association des Parents d'Enfants Inadaptés de l'île Maurice est, sans doute, la seule organisation non-gouvernementale spécialisée dans la prise en charge des nourrissons et bébés handicapés. Sylvette Paris-Davy, directrice de la crèche Bethléem, laquelle accueille un nombre limité de bébés handicapés, explique qu'avec la formation du personnel, la disposition et l'espace des lieux sont deux éléments importants, lorsqu'il s'agit des petits souffrant d'un handicap. "Ces dispositions doivent être prises pour permettre le développement global du bébé handicapé", souligne-t-elle. Cependant, Sylvette Paris-Davy concède que certains parents de bébés "normaux", poussés par des préjugés, n'admettent pas l'intégration des bébés handicapés en crèches. D'autre part, il y a aussi ces crèches, qui pour éviter le regard furieux des parents, préfèrent refuser l'accès à la garderie aux bébés handicapés.


Campagne contre deux projets de loi sur le travail

Première offensive syndicale le 20 octobre

Le Front Travayer du Sekter Privé (FTSP) part en campagne contre les deux projets de loi sur le travail présenté par le gouvernement, l'Employment Relations Bill et le Labour Act. Depuis un peu plus de dix jours, ce mouvement syndical poursuit une campagne d'information sur le terrain qui culminera vers une manifestation pacifique le samedi 20 octobre à Rose-Hill. L'objectif de cette campagne est de sensibiliser les travailleurs aux changements préconisés dans les deux projets de loi, qui remplaceront l'Industrial Relations Act (IRA) et le Labour Act. Le syndicaliste Reaz Chuttoo a par ailleurs dénoncé l'absence de réaction de l'opposition par rapport à la question. La principale préoccupation des mouvements syndicaux porte sur le faible taux de syndiqués dans le secteur privé. "90% des travailleurs ne sont pas syndiqués et ne savent pas ce qui les attend. Il y a urgence !", déclare le syndicaliste Reaz Chuttoo, qui estime qu'il faut dès maintenant développer une "prise de conscience" autour de ces changements envisagés et de réagir en conséquence.

Construction - En attendant le nouveau RO-Proposition pour un 14e mois de salaire

Comment faire bénéficier aux travailleurs la croissance élevée enregistrée dans le secteur de la construction depuis le début de l'année en attendant une nouvelle révision salariale sous le National Remuneration Board (NRB) ? La Construction, Metal and Workers Employees Union (CMWEU) a formulé une requête à la BASEKA en vue d'octroyer un 14e mois de salaire aux employés du secteur de la construction lors du paiement de la gratification annuelle à la fin de l'année.

Cette proposition est motivée non seulement par le boom que connaît ce secteur, mais également par le fait les entreprises dans le secteur sont en général en faveur d'une révision salariale. Un accord collectif a même été signé dans ce sens, les deux parties estimant qu'une révision salariale était nécessaire compte tenu de l'augmentation du coût de la vie. Des représentations ont par ailleurs été faites NRB. Une augmentation variant entre 15% et 25% a été proposée.

Valeur du jour, selon le barème établi, un maçon qualifié touche Rs 300 par jour, alors qu'un apprenti perçoit Rs 225.

Jusqu'en juin 2008-Hôpital Victoria : Rs 3,8 M seulement pour payer les "overtime" des infirmiers

En raison des contraintes budgétaires, l'administration de l'hôpital Victoria, Candos, se retrouve avec seulement Rs 3,8 M pour payer les heures supplémentaires des infirmiers jusqu'à la fin de l'année financière, soit jusqu'en juin 2008. Des Rs 20,5 M allouées pour cet item pour l'année financière 2007-08, quelque Rs 17 M ont déjà été dépensées pour payer les arrérages et les overtime des infirmiers pour les trois derniers mois.

Face à son budget restreint, l'administration de l'hôpital Victoria se voit dans l'obligation de réduire les coûts. D'où la proposition du Regional Health Director (RHD), le Dr Gooroodeo Bauljeewon, en consultation avec les Head of Departments, de réduire de manière conséquente la pratique des heures supplémentaires. Cette mesure, qui attend l'aval du ministère de la Santé, fait des mécontents, les infirmiers s'insurgeant qu'outre le manque aigu de personnel dans les salles, cette décision aggraverait la situation et cela au détriment des malades.


Jusqu'en juin 2008

Hôpital Victoria : Rs 3,8 M seulement pour payer les "overtime" des infirmiers

En raison des contraintes budgétaires, l'administration de l'hôpital Victoria, Candos, se retrouve avec seulement Rs 3,8 M pour payer les heures supplémentaires des infirmiers jusqu'à la fin de l'année financière, soit jusqu'en juin 2008. Des Rs 20,5 M allouées pour cet item pour l'année financière 2007-08, quelque Rs 17 M ont déjà été dépensées pour payer les arrérages et les overtime des infirmiers pour les trois derniers mois.

Face à son budget restreint, l'administration de l'hôpital Victoria se voit dans l'obligation de réduire les coûts. D'où la proposition du Regional Health Director (RHD), le Dr Gooroodeo Bauljeewon, en consultation avec les Head of Departments, de réduire de manière conséquente la pratique des heures supplémentaires. Cette mesure, qui attend l'aval du ministère de la Santé, fait des mécontents, les infirmiers s'insurgeant qu'outre le manque aigu de personnel dans les salles, cette décision aggraverait la situation et cela au détriment des malades.

Confirmant que l'administration de l'hôpital se retrouve à réduire les coûts face aux contraintes budgétaires, le Dr Bauljeewon indique que la décision relative au overtime a été prise lors d'une réunion lundi dernier en consultation avec les chefs de départements. "Nous ne pouvons faire autrement", dit-il, ajoutant : "Contrairement à l'année dernière, où nous avions un budget de Rs 33 M pour les heures supplémentaires, l'hôpital Victoria ne dispose cette année que de Rs 20,7 M, soit quelque Rs 13 M de moins, et dont environ Rs 17 M ont déjà été dépensées pour payer les frais d'arrérages de l'année précédente et les overtime des trois derniers mois".

Ainsi, depuis lundi dernier, les Nursing Administrators, Regional Nursing Administrators et Head of Departments, tenus au courant des contraintes budgétaires, ont été informés qu'il n'y a pas d'autre solution que de réduire radicalement les heures supplémentaires pour le reste de l'année financière.

"Il s'agit d'une solution que nous avons trouvée à notre problème financier. À ce jour, il ne nous reste que Rs 3,8 M. Nous ne pouvons pas continuer à demander à faire des heures supplémentaires alors que nous n'avons pas d'argent pour payer le personnel. C'est ce que nous avons expliqué au ministère en l'informant de la situation financière et réclamant son aval pour appliquer cette mesure", précise le Dr Bauljeewon.

Parmi la série de mesures proposées figure également la réduction des heures supplémentaires pour les hospital servants. Selon le Dr Bauljeewon, ces employés ne profitent pas des quatre heures de repos qui leur sont données, l'hôpital devant les payer de ce fait pour des heures supplémentaires. "Cela nous coûte environ Rs 1 M mensuellement, soit Rs 12 M par an. C'est énorme, d'où la décision de réduire cette pratique", indique le RHD.

De même, fait-il ressortir, parmi les mesures avancées, celle de fermer les différents services à partir de 16h - dont le Paediatric Out Patient Department et le dispensaire, pour n'avoir qu'un département, soit le Casualty, ouvert après 16h - vise toujours à réduire le nombre d'overtime à payer pour ceux qui y travaillent en général.

Cette mesure provoque le mécontentement des infirmiers. Ils estiment que la réduction des heures supplémentaires est impensable, notamment en raison d'un réel manque de personnel au sein de l'hôpital Victoria. "Cette mesure est contradictoire. Il y a déjà un manque aigu d'infirmiers qualifiés. Cette décision va aggraver la situation et ce sont les patients qui en souffriront", fait ressortir Teriasamy Kuthy, président de la Nurses Association (NA). "Par manque de personnel, les employés n'arrivent même pas à prendre un mois de congé. Ils n'obtiennent que quinze jours", ajoute-t-il.

La NA souligne que pas moins de 25% du personnel infirmier travaillant en salle le jour est on overtime/bank nurse system. Il ajoute que dans les salles la nuit, un seul hospital servant et un infirmier travaillent. "Si le hospital servant prend ses quatre heures de repos et qu'entre-temps l'infirmier a besoin d'aide dans la salle, qui le préviendra alors que l'infirmier lui-même est débordé de travail ?" s'interroge-t-il.

Selon les infirmiers, les mesures annoncées provoqueront le chaos au sein du service hospitalier. Dans cette optique, le syndicat a envoyé une lettre au ministère de la Santé, réclamant une réunion urgente. Ils espèrent que leurs griefs seront entendus avant que ces mesures ne prennent effet. Une réponse du ministère est attendue avant de décider de la marche à suivre…


Augmentation salariale sélective à la CHCL

Vive dénonciation de ACSP

Action Commune des Syndicats du Port (ACSP) a vivement dénoncé en fin de semaine les augmentations sélectives de salaires de 25% à 38% pour quatre cadres de la Cargo Handling Corporation Ltd, alors que c'est la Salaries Review Commission qui est censée effectuer un exercice d'évaluation des salaires de l'ensemble du personnel.

Cette décision est mal vue parce que le directeur, Archimède Lecordier, et son adjoint Jacques Faustin, avaient, à leur tour, bénéficié en janvier 2006 d'une hausse salariale de 70% et qu'une pétition adressée à la CHCL et au ministre des Communications extérieures, Xavier Duval, pour un relèvement des salaires de tous les employés de la CHCL, était restée sans suite.

C'est donc avec une vive colère que les trois syndicats qui constituent ACSP, la Docks and Wharf Staff Employees Association (DAWSEA), la Stevedoring and Marine Staff Employees Association (SAMSEA) et la Maritime Transport and Port Employees Union (MTPEU), ont réagi à la décision de donner une augmentation de 25,7% (de Rs 35 000 à Rs 44 000) à Hubert Noël, de 31% (de Rs 29 000 à Rs 38 000) à François d'Hotman, de 31% à D. Rambhajun (de Rs 29 000 à Rs 38 000) et de 37,5% (de Rs 24 000 à Rs 33 000) à C. Malabar.

Les représentants de ACSP sont d'autant plus remontés que, lors d'une réunion avec la direction mercredi dernier, pour discuter de cette politique salariale discriminatoire, il lui a été dit, sur un ton arrogant, semble-t-il, que c'est "la prérogative du management" de prendre de telles décisions et qu'elles sont soi-disant basées sur un rapport à l'effet qu'il n'y a pas de supervision et que ces augmentations visent à permettre aux bénéficiaires d'assurer un contrôle après les heures de travail.

ACSP conteste cet argument de la direction qui équivaut à dire qu'il y a seulement quatre personnes qui font de la supervision à la CHCL. Il se demande aussi si ce n'est pas déjà le travail de ces quatre cadres de procéder à la surveillance du bon déroulement du travail dans le port. Cette plate-forme syndicale soutient aussi qu'en fixant les salaires de ces managers, la commission salariale avait pris en considération le fait qu'ils devaient travailler au-delà des heures normales lorsque c'est nécessaire. Il cite le dernier rapport de la Salary Review Commission pour rappeler qu'une allocation de Rs 3 900 était prévue pour les managers qui travaillent sur la troisième rotation.

Pour ACSP, la réalité aujourd'hui, c'est que la CHCL est dirigée "par le favoritisme, la discrimination, politik get figir, protection montagne, protection partisan, protection batchiara politik ki hier ti éna pavillon mauve dans zot la main et zordi ena pavillon bleu/rouge et passe droits". Ont aussi été considérées comme encore plus graves "la collusion et la complicité" entre de "soi-disant représentants des travailleurs et la direction". Ce qui a amené le front syndical à conclure qu'il n'y a pas de bonne gouvernance à la Cargo Handling Corporation.


Karo Kalyptis, Belle Mare

Squatters : une école sera construite sur le site où ils sont installés

Malgré le dernier ordre d'évacuation émis depuis le 21 septembre dernier, les squatters sont toujours sur place à Karo Kalyptis, Belle Mare, au sein de Cité Perdue. "Nou pa pou bouzé", affirment-ils. "Bouzé kot pou alé ?". Malgré six arrestations mardi dernier, ils sont résolus à ne pas quitter les lieux et comptent mettre tout en œuvre pour obtenir ce lopin de terre, ou alors un bout de terrain ailleurs "kot nou pou kapav viv". Si les huit familles qui ont rencontré le ministre des Terres et du Logement jeudi dernier gardent espoir que leur situation sera régularisée, il demeure que cette semaine, selon nos informations, les autorités mettront à exécution les manœuvres pour démolir les cabanes construites depuis environ un mois à Karo Kalyptis.

Elles sont 84 familles à vivre illégalement sur les terres de l'État à Karo Kalyptis. Une vingtaine de bicoques ont été érigées. Certaines, montées sur des pilotis, recouvertes de feuilles de tôles, sont complétées, et même joliment peintes, d'autres sont encore à l'état embryonnaire. Les propriétaires ont simplement voulu marquer leur territoire, jusqu'à ce qu'ils puissent y monter une maison. Mais depuis le 7 septembre dernier, le ministère des Terres et du Logement, mis au courant de l'irrégularité de quelque 27 familles sur les terrains de l'Etat à Belle Mare par la Police des Terres, a sommé ces habitants de quitter les lieux. Mais l'ordre d'évacuation émis pour 48 heures n'a pas été respecté.

Un nouvel ordre a été émis le 10 septembre et cette fois aussi contre les 21 autres familles qui y avaient entre-temps érigé leur bicoque. Le deuxième ordre n'a également pas été pris en compte. Au 17 septembre, 32 autres familles avaient construit leur maison sur ce site. Et le 21 septembre dernier, le ministère a établi un troisième avis d'évacuation. Toutefois, les habitants de Karo Kalyptis l'ont ignoré. Au contraire, d'autres familles y ont construit leurs cabanes.

Mise au courant de cette situation illégale, la police de la localité s'est rendue sur les lieux mardi dernier pour faire évacuer les récalcitrants, qui s'élèvent au nombre de 84 familles depuis. La plupart des habitants étant absents, les policiers ont procédé à l'arrestation de six personnes. Après avoir été traduites en cour, elles ont été libérées sous caution. Le ministère a fait comprendre qu'il sera inflexible face aux squatters. Mais ces derniers sont résolus à obtenir un lopin de terre.

"Manzé mem nou péna"

Conscient de vivre dans l'illégalité, un des habitants, ancien toxicomane qui tente de refaire sa vie, explique qu'il n'a pas vu d'autre moyen pour acquérir un bout de terrain. Il raconte que depuis 1998, lorsque sa sœur s'est installée à Cité Perdue (en face de Karo Kalyptis) parmi les squatters, il s'est installé chez elle. La famille de sa sœur s'agrandissant avec ses enfants, il ira vivre non loin, dans la même cité, chez son frère. Ce dernier dispose d'une longère de deux chambres pour sa famille composée de quatre enfants.

Depuis quelque temps, cet homme de 30 ans a aussi fondé une famille. Avec sa compagne et leur enfant de trois ans, il ne peut plus continuer à vivre sous le toit de son frère. "Pou nou viv nou pa pe kapav. Mo travay pa assez pou soigne mo fami. Mo zanfan ale lékol. Kass zamé assé. Nou pa kapav loué lacaze. Kot nou pou alé ?", se demande-t-il. Ainsi, lorsqu'il voit certaines personnes entreprendre la construction de leur bicoque à Karo Kalyptis, il suit le pas et installe les pilotis et quelques feuilles de tôles pour démarquer son territoire.

Selon un membre des Forces Vives de la localité, au départ, ce sont certaines femmes de la région, en marge de l'Empowerment Programme, souhaitant utiliser ce site pour y élever des canards ou cultiver des fleurs afin de créer une petite entreprise, comme le prône le gouvernement, qui y ont érigé leur bicoque. D'autres familles les ont suivies et se sont installées, même si leur cabane n'est qu'une structure en bois et tôles plantées les unes sur les autres. Comme les autres squatters, celui que nous avons rencontré espère que le gouvernement régularisera sa situation. Cet homme à tout faire indique qu'il a déjà rempli un formulaire du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups afin de faire une demande auprès des autorités pour obtenir un logement, mais jusqu'ici il n'a rien entendu. "Nou tou dimoun miser ki res la. Manzé mem nou péna. Kouma pou ale paye lacaze ? Are ki pou ale paye laterre ?", s'interroge-t-il.

Selon les habitants de cette localité, le terrain sur lequel ils ont érigé leur maison servait de dépotoir. "Péna nanien lor sa terrin la. Nou ki finn nettoye li. Parey couma Cité Perdi ti été, nou finn fer parey", disent-ils, ajoutant qu'ils espèrent que comme ce fut le cas pour les habitants de Cité Perdue, eux aussi ne seront prochainement que d'ex-squatters si le gouvernement décidait de faire un geste honorable envers les plus démunis en leur attribuant un morceau de terrain.

Pas d'ordre d'évacuation pour certains

Or, le ministre des Terres et du Logement, Asraf Dulull, a fait valoir qu'il "n'est pas question de légaliser l'illégalité". Le ministre a souligné l'intention de son ministère d'instaurer la discipline et le sens de responsabilité chez ces familles. "Il faut qu'ils comprennent que c'est une propriété qui n'est pas la leur. Nous sommes dans un État de droit et les terres de l'État ont un propriétaire, et c'est l'État. Il y a beaucoup de personnes qui respectent les procédures et ont fait une requête pour un terrain. L'État veut bien aider les personnes, mais qu'elles s'aident elles-mêmes d'abord. Il n'est pas question de légaliser l'illégalité", a déclaré le ministre Dulull.

Les habitants de Belle Mare, eux, sont bien décidés à ne pas quitter les lieux. Si certains avancent que quelques personnes possédant déjà un logement en ont profité pour s'installer sur ce site en vue d'obtenir une portion de terrain de l'État, les habitants de Karo Kalyptis expliquent que "zot pe res kot fami." "Ena 3-4 fami dan enn lacaze, ek so zanfan tou. Pa kapav res koumsa lontan. Zot péna moyen pou gagn enn bout terrin. Sa mem zot inn met zot lacaze dan Karo Kalyptis. Bann-la ti gagn terrin dan 98. Ki fer sa bann dimoun mizer la pa kapav gagne enn ti bout zot ? Terrin-la enn dépotoir sa. Li pa servi l'État".

D'autres avancent que les longères nouvelles construites à Karo Kalyptis sont sur le même terrain sur lequel deux maisonnettes, pourvues en eau et en électricité, ont été construites depuis 1998. De ce fait, comme les propriétaires ont reçu leurs papiers, ils s'attendent à être régularisés aussi. Les squatters de Karo Kalyptis s'insurgent également contre le fait que certaines personnes, qui auraient selon eux érigés leur cabane depuis plus de trois mois sur le même site, n'auraient pas reçu d'ordre d'évacuation. "Enn zistis dé lizié. Nou oussi nou péna. Ki fer servi nou papier, lezot ki la dépi avant, ki péna papier pou rest lor sa terrin la, zot pa gagn poussé ?"

Un autre habitant, dont la maisonnette est joliment peinte et aménagée, malgré le manque d'électricité et d'eau potable, fait ressortir qu'il a entamé des démarches auprès du housing depuis 1995. "Premié kout zot dir moi mo pa marié ki fer mo pe rod terrin. Dézième kout zot dir moi mo fek marié attane encor inpé. Février mo finn réalé, zot dir boucou dimoune inn demann terrin, bizin attane. komié tan pou attan ?", demande-t-il. Ce menuisier de deux enfants, dont l'un est en CPE et l'autre a cinq ans, explique qu'il n'a pas les moyens de se payer une maison. "Travay mem dificil. Mo ti pé res dan lacaze mo mama ek mo six frer ek mo ser. Dan trois pièces nou tou ti pé resté. Sakenn éna so fami. Kouma zanfan pou kapav apran coum sa ? Zamé nou pa pou sorti dan la miser", estime cet homme.

"Minis inn dir pa koz are zournalis"

Ce dernier figure parmi les six personnes qui ont été arrêtées mardi dernier par la police de la localité. "Finn bizin ale rod Rs 3 500 caution. Nou mizer. Nou péna larzan pou viv. Lavi pa facil", soupire-t-il. Ainsi, avec sept autres personnes, il a rendu visite jeudi dernier à Asraf Dulull. Selon nos informations, c'est le ministre de l'Éducation qui aurait arrangé cette rencontre avec le ministre des Terres et du Logement, qui a finalement reçu huit familles de Karo Kalyptis à son bureau.

S'ils se disent satisfaits d'avoir au moins pu exposer leur cas à Asraf Dulull, lors de notre visite sur les lieux, les habitants de Karo Kalyptis n'ont pas souhaité parler de cette rencontre. "Minis inn dir nou pa koz are zournalis. Pa mett sa lor radio". Ils indiquent que le ministre leur a fait comprendre que ce terrain est destiné à la construction d'une école, entre autres. Ces squatters se disent ravis de l'initiative du ministère, mais estiment qu'il y a d'autres lieux où cette école et les autres projets auxquels le ministre Dulull a fait allusion peuvent être érigés. "Kot li pou dir nou alé ? Kot pou donn nou terrin ?", demandent-ils.

Selon nos informations, le ministre a également indiqué que le cas de trois personnes, parmi les huit familles qui sont allées à sa rencontre jeudi et qui disposent de leurs papiers, sera étudié minutieusement, car il semblerait qu'il existe certaines irrégularités et que ces personnes auraient dû avoir obtenu un lopin de terre. Pour les autres cas, soit ceux des cinq autres familles, le ministre a indiqué qu'il fera faire une enquête sociale en vue de déterminer leur situation et parallèlement déterminer la marche à suivre.

Ainsi, à l'issue de sa rencontre avec ces huit familles de Karo Kalyptis, le ministre Dulull soutient que "nous ne sommes pas contre les pauvres, mais nous menons un combat contre la pauvreté." "Nous voulons aider ces personnes à s'en sortir. Ce n'est certainement pas en ayant une attitude d'assistés que l'on sortira du tunnel de la pauvreté". Et au ministère on indique que cette semaine la police va agir car les délais des ordres d'éviction seront passés. Les bicoques seront prochainement démolies.


Consommation

Lait : hausse de 30% la semaine prochaine

Même si l'approvisionnement en lait en poudre reste très difficle à travers l'île, cela n'empêchera pas ce produit de première nécessité d'accuser une nouvelle augmentation d'ici une semaine. Il ressort que la prochaine majoration variera entre 20 et 30%, dépendant des marques. La Consumer Protection Unit (CPU) poursuit, pour sa part, ses descentes à travers l'île pour sévir contre les commerçants qui n'exposent pas ces mêmes produits, alors qu'ils en disposent dans le stock.

Cette semaine, elle a verbalisé deux supermarchés très en vue dans la région de Vacoas et Curepipe pour n'avoir pas exposé le lait sur leurs étagères, alors qu'ils en disposaient dans leur stock. La CPU indique qu'elle continuera à mener une campagne sans relâche sur le terrain pour combattre non seulement ceux qui n'exposent pas leurs produits, mais également contre ceux qui vendent le lait au marché noir.

On aura noté que de nouvelles marques font leur apparition de manière assez régulière sur les étagères des supermarchés depuis ces quatre dernières semaines. Mais elles ne font malheureusement pas long feu. "Le manque de lait sur le marché a bouleversé bien des habitudes, le fait étant que les consommateurs n'achètent plus par rapport aux marques. S'il y en a, peu importe la marque, ils en achètent", déclare le directeur d'un supermarché.

Cela peut se confirmer sur pratiquement tous les points de vente à travers l'île. La politique de first come first served continue à prévaloir. Cela s'est confirmé encore plus la semaine dernière lorsque la CPU a surpris un gérant d'un libre-service stockant 120 boîtes de lait dans un fourgon. Et tout le stock de lait fut écoulé lorsque le commerçant a été contraint de les exposer immédiatement sur les étagères.

Cette situation risque de persister jusqu'à la fin du mois. "Mais il n'y a aucune garantie que la situation va s'améliorer", déclare un importateur, dont une nouvelle cargaison de lait en poudre sera débarquée ce vendredi. Selon les informations recueillies, les marques Anchor et Red Cow devrait être à nouveau disponibles sur le marché, mais à un prix plus élevé. Un kilo de Red Cow ou de la marque Anchor devrait dépasser les Rs 185 selon les premières indications.


Biodiversité terrestre et marine

Le Parc Marin de Balaclava en péril !

À l'heure où l'on évoque le respect de la biodiversité locale dans des forums internationaux, des travaux dans le parc marin de Balaclava attirent l'attention sur la conscience environnementale et démontrent un retard considérable en matière d'aires protégées et de réserves marines. Des roches ont été cassées et des coraux enlevés du lagon par Sagar Hotels and Resorts Ltd pour l'aménagement d'une plage pour touristes. Des travaux allant à l'encontre de certaines conditions - "All necessary measures shall be taken to safeguard the marine park…" - du EIA Licence accordé au groupe par le ministère de l'Environnement en juin 2006

Des engins JCB à chenilles (jusqu'à 6) et des camions ont été utilisés pour l'opération de "nettoyage" du parc marin de Balaclava. Les travaux ont commencé mercredi soir jusqu'aux environs de 22h et se sont poursuivis les jours suivants par Sagar Hotels and Resorts Ltd pour aménager une belle petite plage pour touristes. L'hôtel et le lagon dont il est question se situent au cœur du parc marin ! L'aménagement des infrastructures révèle de manière flagrante le non-respect de l'environnement et du permis délivré.

Selon nos renseignements, Sagar Hotels and Resorts Ltd a mandaté Scene-Ries Consult Ltd, le 27 mars 2006, pour faire une "Etude d'Impact Environnementale" concernant un projet hôtelier de 195 chambres sur une portion des terres de l'État de 67 023 mètres carrés (15 arpents 88 perches) à Balaclava. Le EIA Report a été soumis au ministère de l'Environnement le 12 avril 2006.

Un EIA Licence a été délivré par le ministère de l'Environnement le 29 juin 2006, stipulant certaines conditions, dont voici les principales:

Condition 3: "All hard structures proposed on the 15-30 m setback from the High Water Mark shall be built on piles to ensure minimum interference with the coastal processes in the dynamic zone". Or, des bâtiments ont été construits presque pieds dans l'eau à moins de 3 mètres du niveau de la mer actuel.

Près de 50% des arbres le long de la côte ont été coupés, enfreignant certains règlements:

Condition 4: "All coqueluche trees on the beach frontage shall be left untouched".

On pourrait citer d'autres exemples de destruction de la faune et la flore locales malgré certaines interdictions: roches cassées au marteau-piqueur, coraux enlevés du lagon... Les instructions sont pourtant claires:

Condition 5: "The existing beach rocks shall not be removed and no works shall be carried out on the beach and in the lagoon".

Condition 8: "All necessary measures shall be taken to safeguard the marine park".

Condition 16: "No structures shall be erected within 15 m setback from the High Water Mark and this setback shall remain free of obstruction".

La lettre du ministère adressée au promoteur le 9 décembre 2005 stipule clairement que "the implementation of the hotel project should not jeopardise the existence of the marine park".

La protection du milieu marin fragilisé par des agressions de toutes sortes, de pollutions, d'activités humaines destructrices, est pourtant une impérieuse nécessité.

La situation actuelle implique le rétablissement du parc marin; la destruction de tous les bâtiments situés à moins de 15 m du High Water Mark et le rétablissement de la faune et la flore du lagon au risque d'une sérieuse amende au promoteur.


Société

Maurice chute dans l'indice de perception de corruption

Le directeur de la Commission indépendante contre la corruption (ICAC), Anil Kumar Ujoodha, a été sollicité par Week-End pour une réaction au dernier rapport de Transparency International (TI) sur l'indice de perception de la corruption à Maurice. Ce rapport, défavorable, voit Maurice reculer de 11 places sur la liste de 180 pays africains comparé aux chiffres de l'année dernière.

Selon M. Ujoodha, "une des plus grosses faiblesses qui freint la lutte contre la corruption à Maurice demeure à ce jour un manquement dans la loi qui ne permet pas encore la saisie de biens des personnes qui manifestent des signes extérieurs évidents de richesse incompatibles avec leurs revenus réels".

Notre interlocuteur remarque que "les chiens de garde étrangers veillent pourtant de très près à l'introduction d'une loi pour contrecarrer ce genre de personnes et il y a pour ça des conventions que Maurice a signées dont la Declaration of Assets Forfeiture. Tôt ou tard, notre pays aura à appliquer ces conventions. Une telle mesure devrait avoir pour résultat que la perception de corruption dans notre pays diminue".

"La situation est telle actuellement qu'une personne peut intriguer autant qu'elle le veut ses voisins en menant un train de vie sans commune mesure avec ce qu'il perçoit réellement en termes de revenus, mais les autorités ne pourront lui exiger des explications et saisir ses biens, éventuellement mal acquis, à moins qu'elle ne soit trouvée coupable d'un délit de corruption. Dans lequel cas, les autorités peuvent peut-être établir un lien entre sa richesse inexplicable avec l'activité illicite avérée", ajoute-t-il.

L'indice de perception (IPC) pour l'année 2007 a été réalisé sous le contrôle du professeur Johann Graf Lambsdorff, de l'université de Passau en Allemagne. Il a analysé la situation dans le secteur public de 180 pays, soit le plus grand nombre de pays répertoriés à ce jour. Après quatorze enquêtes et sondages différents réalisés par des organismes indépendants, l'indice a classé les pays selon une échelle allant de 0 (le plus haut degré de corruption perçu) à 10 (plus faible degré de corruption perçu).

Au niveau mondial, l'île Maurice s'est classée 53e avec 4,7 points, soit à un niveau sensiblement dégradé par rapport à l'année dernière (4,5). Au niveau africain toutefois, Maurice se trouve à la 4e place derrière respectivement le Botswana, l'Afrique du Sud et le Cap Vert.

Selon Huguette Labelle, présidente de Transparency International, l'indice a démontré, une fois de plus, "qu'en dépit de quelques avancées, la corruption continue à siphonner de manière dramatique les ressources affectées à l'éducation, la santé et les infrastructures". Toujours selon Mme Labelle, "les pays dont les notes sont les plus basses en matière de corruption doivent prendre les résultats de l'enquête avec le plus grand sérieux et agir dès maintenant pour renforcer la responsabilité des institutions publiques". Mais, d'après la présidente de TI, "les pays les mieux cotés doivent également agir, en particulier pour sévir contre les activités de corruption dans le secteur privé".

Premier concerné par le rapport en tant que responsable de la principale institution locale luttant contre la corruption, M. Ujoodha, affirme avoir pris note de l'indice 2007 mais, cependant, il demande à y voir plus clair dans la mesure où, selon lui, il semblerait qu'il y a eu au moins deux organismes impliqués dans les enquêtes et sondages qui paraissent s'être fondés sur des données compilées en 2005 et 2006. Selon M. Ujoodha, ces deux organismes sont l'African Develpmemt Bank et la United Nations Economic Commission for Africa (l'Uneca).

Toujours selon le directeur de l'ICAC, il a reçu un premier rapport de TI mercredi lors d'une conférence des stakeholders africains qui s'est tenue à Madagascar sous l'égide de Bianco (Ndlr : l'équivalent malgache de l'IAC) qui faisait état du pointage de Maurice. Ensuite, il a été mis en présence d'un deuxième rapport par Transparency International (Mauritius) qui, lui aussi donne un indice de 4,7, mais à la différence que les deux rapports diffèrent sur le nombre de sources sur lesquelles les enquêteurs se sont basés pour arriver à leurs conclusions. Un premier rapport mentionne avoir puisé auprès de sept sources, mais le second évoque, lui, six sources.

Tout en soutenant reconnaître que la bataille contre la corruption en est une de longue haleine et qu'il faut que "notre pays s'y engage à fond pour améliorer la perception générale", M. Ujoodha, croit qu'il faut en savoir plus sur la méthodologie adoptée par les enquêteurs, surtout en tenant compte que, dans le cas de Maurice, le rapport de TI se réfère à des scandales qui ont affecté des banques locales durant les "recent years" alors qu'on sait que ces scandales remontaient, en fait, bien avant l'année dernière.

M. Ujoodha avance d'autre part qu'il y a actuellement 85 personnes à Maurice qui attendent d'être traduites devant la justice sous la charge de corruption. Il précise que ce nombre - qui d'après lui est d'ailleurs appelé à augmenter au fur et à mesure que la bataille se durcira - ne doit pas être considéré comme une indication que la corruption augmente à Maurice. En fait, selon M. Ujoodha, c'est le contraire qui devrait être vrai car il montre une volonté de la part des autorités à sévir.

Le directeur de l'ICAC déclare qu'il analysera le rapport de TI "en toute lucidité et objectivité durant les prochains jours, d'autant que parmi les sources utilisées par enquêteurs seuls les détails fournis par l'institution Freedom House peuvent être gratuitement consultés sur internet, tandis qu'il faut payer pour accéder aux autres".

Mais M. Ujoodha s'attend aussi que la législation donne à son organisme le pouvoir de faire rendre des comptes à ceux qui montrent ostensiblement leurs richesses tant soudaines qu'inexplicables.

Par ailleurs, en dépit de la note décourageante de Transparency International, Maurice s'est vu décerner cette semaine même le titre de pays africain le mieux gouverné et celui des pays du continent où il est le plus intéressant d'investir.


Grains secs

Gros pois : baisse de prix le mois prochain

Contrairement au lait en poudre, le prix des grains secs, qui a constamment été revu à la hausse durant ces trois derniers mois, pourrait se stabiliser, voire enregistrer une baisse dans les jours à venir. Ce serait en effet le cas pour le gros pois, aussi connu comme le pois du cap. Le prix de ce produit, principalement importé de Madagascar, a pratiquement doublé en un an, passant de Rs 17,50 à Rs 36,50 actuellement. Selon nos renseignements, ce prix pourrait être revu à la baisse et descendre, selon les indications, sous la barre des Rs 30. Il semblerait que la dernière récolte dans la grande île serait plus généreuse cette saison.

Toujours est-il que la State Trading Corporation (STC) a annoncé son intention d'importer une cargaison de gros pois pour pallier le manque sur le marché et éviter aux consommateurs d'éventuelles hausses. La STC aurait trouvé un fournisseur en Chine, alors que d'autres sources indiquent que les produits pourraient venir de l'Australie. Ce qui est sûr, c'est que la STC a mis sur le marché une nouvelle marque de "dholl petit pois" sur le marché cette semaine, en l'occurrence Red Orchid. Importé de l'Australie, ce produit est mis en vente à Rs 12,90. Il coûte entre 60 sous et Rs 1,60 moins cher que les autres marques mises sur le marché par des opérateurs privés.


Décision avalisée

Jardin de Pamplemousses: payant à partir de demain

C'est officiel: selon la décision prise par le SSR Botanical Garden Trust, l'accès au Jardin de Pamplemousses sera payant à partir de demain, lundi 1er octobre. Une décision vivement contestée par le Front Commun "Non à l'accès payant Jardin Pamplemousses", qui organise une journée de protestation sur les lieux aujourd'hui.

La décision couvait depuis un certain temps déjà. Depuis le début de l'année en effet, le conseil d'administration du SSR Botanical Garden Trust, présidé par Ashvin Mooneeram, avait réaffirmé son intention d'introduire un droit d'entrée payant au Jardin de Pamplemousses. Ce afin de générer suffisamment d'argent pour assurer l'entretien mais aussi le développement futur de ce lieu à réputation mondiale de par sa vocation botanique initiée à l'époque de Mahé de Labourdonnais et de Pierre Poivre. Le budget annuel de Rs 12 millions donné par le gouvernement étant jugé nettement insuffisant pour empêcher le lent déclin des lieux.

Un mouvement s'opposant à l'introduction de ce droit d'entrée avait depuis vu le jour, mené notamment par George Legallant, homme politique, artiste et habitant de l'endroit. Ce mouvement récuse en effet ce qu'il considère une tentative de "fer enn lespas piblik vinn enn prodwi pu zener profi", et dit trouver inacceptable l'idée que les citoyens mauriciens devront payer pour avoir accès à une partie de notre territoire qui abrite un pan de notre patrimoine commun. "Zardin Botanik Pamplemousses finn byin suvan enn lye de rankont pu lafami, asosyasyon, klib zenes, muvman sosyal vilaz ek lezot landrwa. Mem muvman skout plizir vilaz finn tuzur servi li kuma enn plas ideal pu zot meditasyon", affirme ce mouvement, qui voit également, dans l'introduction d'un droit d'entrée payant, un prélude à la "privatisation" de ce patrimoine public.

Apparemment sourd à ces arguments, le SSR Botanical Garden Trust a donc décidé d'aller de l'avant avec cette décision. À compter de demain donc, les touristes qui visitent le jardin devront débourser Rs 100, et les Mauriciens Rs 25. Tous les enfants de moins de 5 ans et les personnes du 3e âge seront exemptés de paiement. Le Trust dit aussi son intention d'organiser des journées gratuites à certaines occasions.

Ne l'entendant pas de cette oreille, le Front Commun "Non à l'accès payant Jardin Pamplemousses" a de son côté décidé d'organiser, aujourd'hui, une mobilisation générale contre cette décision. Cette journée commencera à 10h avec une marche de protestation qui débutera devant le Centre Social de Pamplemousses pour rallier le Jardin. Là se tiendra, à partir de 11h, un meeting d'explication, suivi, à 12h30, par un déjeuner en famille. Une animation musicale est prévue à partir de 13h30 pour clôturer la journée à 16h. Le mouvement envisagerait par ailleurs d'autres actions plus drastiques, dont une grève de la faim.


En raison de pertes accumulées

L'AMB décide de suspendre la collecte du lait des petits éleveurs

L'Agricultural Marketing Board (AMB) a décidé, à compter du mois de novembre prochain, de suspendre la collecte du lait produit par les petits éleveurs. Cette décision serait motivée par les pertes qu'enregistre cet organisme qui dépend du ministère de l'Agro-industrie sur son projet laitier.

Depuis l'enlèvement, en 2000, de la subvention qui lui était accordée pour la commercialisation du lait des petits producteurs, l'AMB enregsitre un déficit annuel de Rs 5 millions sur ce projet. L'organisme para-public qui achète à un prix garanti de Rs 12.50 le litre de lait produit par les petits éleveurs encourerait des pertes de plus de Rs 5.00 par litre de lait qu'il traite avant sa mise sur le marché.

Depuis quelque 20 ans, l'AMB se charge de la collecte du lait des petits éleveurs ; le fait pasteuriser auprès d'un sous-traitant ; le met en berlingot d'un demi-litre et le commercialise au grand public dans un certain nombre de points de vente dont des boutiques coopératives.

Cette décision de l'AMB de suspendre la collecte du lait des petits producteurs intervient au moment même où le pays est confronté à un gros problème de disponibilité de lait en poudre sur le marché et alors même où d'aucuns souhaitent une relance de la production locale sur des bases solides. Il convient, à cet effet, de rappeler que la production laitière à Maurice ne représente plus que 2% de la demande.

D'où l'étonnement que ce soit à ce moment même que les autorités choisissent de remettre en question la commercialisation du lait produit par les petits éleveurs. Ces derniers au nombre de quelque 1500 écoulent entre 40 à 45% de leur production auprès de l'AMB. Même si le prix d'achat - Rs 12.50 le litre - leur paraît encore faible, l'AMB représente, quand même, pour ces petits producteurs un débouché sûr pour l'écoulement de leurs productions.

D'autres débouchés à un prix plus compétitifs ont été identifiés, notamment, le secteur hôtelier. Ces clients potentiels imposent, toutefois, des normes que des petits éleveurs n'arrivent toujours pas à respecter en raison d'un manque d'équipements.

Il est à souligner, à ce propos, que la Nouvelle Découverte Cowbreeders Cooperative Society a soumis, depuis l'an dernier, à l'approbation du ministère de tutelle un projet de modernisation de ses installations en vue, notamment, de permettre, sur place, des procédés de pasteurisation et de mise en bouteille du lait produit par les petits producteurs. Ce projet attend jusqu'ici d'être approuvé.

Informé du projet de l'AMB de suspendre, à compter de novembre prochain, la collecte du lait des petits éleveurs, le Mouvement Pour l'Autosuffisance Alimentaire (MAA) a, dans une correspondance au ministre Arvin Bolell, réclamé un moratoire de douze mois, le temps pour ces producteurs de réorganiser la commercialisation de leurs produits et de s'équipper en conséquence.


Journée mondiale du cœur, aujourd'hui

"S'unir pour des cœurs sains"

Le monde entier célèbre, aujourd'hui, la Journée mondiale du Cœur. Maladies cardio-vasculaires - cardiopathies et accidents vasculaires cérébraux - qui font 17,5 millions de victimes chaque année et sont la première cause de mortalité dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seront au cœur de nombreuses causeries internationales. Placée cette année sous le thème "S'unir pour des cœurs sains", la Journée mondiale du Cœur vise à mieux faire connaître au grand public les facteurs de risque de ces maladies, favorisant ainsi leur prévention.

À Maurice, on compte de plus en plus de patients atteints de maladies cardio-vasculaires, avec au banc des accusés, le diabète, le cholestérol et l'hypertension. Pour pouvoir réduire le nombre de malades cardiaques mais aussi prévenir les éventuelles atteintes, il est impératif de changer les mentalités et sensibiliser la population sur les gros facteurs influents, notamment le tabagisme, le diabète, le cholestérol et l'hypertension. Selon l'OMS, on compte 155 millions d'enfants obèses ou en surpoids à travers le monde. Les parents ont un rôle important à jouer pour inciter et aider leurs enfants à combattre les principaux facteurs de risque de cardiopathie et d'accident vasculaire cérébral, en mangeant sainement pour ne pas prendre trop de poids et en faisant régulièrement de l'exercice physique. Ainsi, dans le cadre de la Journée mondiale du Cœur, plusieurs activités sont organisées à travers l'île afin de permettre la prise de conscience du taux très élevé des maladies cardio-vasculaires à Maurice et sensibiliser la population à la nécessité de la prévention. Ces activités comprennent des programmes de sensibilisation à la télé sur les facteurs à risques cardio-vasculaires, la lecture d'un message lors de l'assemblée du matin dans les collèges sur la mauvaise alimentation, le tabagisme, le manque d'activités physiques ainsi qu'une série d'ateliers de travail sur l'alimentation et une bonne hygiène de vie. Dans un souci de sensibiliser la population sur la nécessité du dépistage des maladies cardio-vasculaires, et ainsi les prévenir, le Mauritius Heart Network propose aujourd'hui, sur le parking du Trianon Shopping Park, de 10 à 14 heures, divers tests médicaux gratuits. Le public pourra faire plusieurs examens dont celui du poids, du cholestérol, de la tension artérielle et du glucose pour, éventuellement, relever toute trace de diabète. Outre les projections de film, mettant en exergue les vertus de l'huile d'olive et les bienfaits de l'Oméga 3 ou encore le type de céréale ou de beurre à consommer, des médecins et des cardiologues seront sur place pour prodiguer des conseils. Le public peut également participer ce matin, à partir de 9h30, à un Parcours du Cœur, organisé par la Mauritius Heart Foundation à Petit Bel-Air, Mahébourg.

Notons que parmi les activités à l'initiative du ministère de la Santé dans le cadre de cette Journée mondiale du Cœur, une journée portes ouvertes a été organisée, jeudi dernier, au Centre cardiaque de Pamplemousses. Pour rappel, hormis la série de dépistages pour évaluer les personnes à risque quant aux maladies cardio-vasculaires ou autres, effectuée par le ministère sur les lieux du travail, des tests de Non communicable diseases tels le diabète ou le cholestérol, sont effectués à des jours spécifiques dans tous les Centres de santé de l'île.


Demain, au Trianon Shopping Park

Journée de sensibilisation aux hépatites

Dans le cadre de la Journée des hépatites - maladies caractérisées par une inflammation du foie - l'association HEP Support organise demain, une journée de sensibilisation à cette maladie au Trianon Shopping Park. L'objectif : éveiller l'intérêt de la population sur la nécessité du dépistage des hépatites et les moyens de prévention, tout en informant sur les modes de transmission. Différentes associations concernées par les hépatites A, B et C et des laboratoires de dépistage seront ainsi sur place, de 10 h à 18 h, pour informer et sensibiliser le public au sujet de cette maladie. Des dépistages sont prévus.

Chaque année, le 1er octobre marque la Journée mondiale de sensibilisation aux hépatites. Décrétée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), cette journée vise à encourager les personnes susceptibles d'être infectées, à se faire dépister. Les trois types principaux d'hépatite virale sont l'hépatite A, l'hépatite B et l'hépatite C. L'hépatite A, la plus courante, se transmet principalement par l'intermédiaire d'aliments (plus précisément les crustacés) contaminés. Si ce virus peut être fatal chez certains, l'hépatite A se guérit par un traitement symptomatique. À Maurice, on compte quelque 25 000 personnes à Maurice atteintes d'hépatite C et un peu moins de cas d'hépatite B. Ces deux types d'hépatite sont transmis par voie sanguine ou lors de relations sexuelles non protégées. Selon l'OMS, quelque 170 millions de personnes dans le monde sont infectées par le virus de l'hépatite C et deux milliards d'individus ont déjà été en contact avec le virus de l'hépatite B (soit une personne sur trois), dont 350 millions sont des porteurs chroniques. "On parle beaucoup de VIH/Sida, mais les hépatites B et C, transmises par les mêmes voies (seringues, aiguilles, transfusions) sont en hausse à Maurice", souligne le Dr Zouberr Joomye, président de l'association HEP Support, créée en mai dernier. HEP Support, qui regroupe des bénévoles, des professionnels de la Santé et des anciens malades, a pour but d'apporter un soutien aux personnes souffrant d'hépatite B ou C. Pour le Dr Zouberr Joomye, l'hépatite est un réel problème de santé publique à Maurice. Avec une prévalence de 0,2 % concernant l'hépatite C et atteignant de plus en plus de toxicomanes, il importe de sensibiliser et prévenir les gens quant à la portée de cette maladie. La gravité des hépatites, si pas prises en charge, est que la maladie (évoluant en silence) progresse peu à peu vers une cirrhose et développe un cancer du foie. Si des traitements antiviraux et interférons existent pour les hépatites B et C, ils sont onéreux. Dans cette optique afin d'éviter la propagation de cette maladie transmissible par voie sanguine et sexuelle, il est important de ne pas l'ignorer et d'agir sur la prévention.


Brèves

Lutte contre la toxicomanie-Quête du CTR de Terre Rouge du 5 au 7 octobre

Le Centre d'Accueil de Terre Rouge organise, le week-end prochain, sa quête annuelle pour financer ses activités dans la lutte contre la toxicomanie.

Créé en 1986, le Centre d'Accueil de Terre Rouge a pour vocation d'aider les toxicomanes à quitter le monde de la drogue. Pour ce faire, il organise des séances de réhabilitation de plusieurs semaines pouvant accueillir neuf personnes à la fois. Ces sessions, gratuites pour les participants, cèdent la place à un suivi au cours duquel les participants sont invités à venir chaque samedi au centre. C'est pour financer cette activité mais également son service d'écoute permanent que le Centre d'Accueil de Terre Rouge prévoit, du 5 au 7 octobre prochain, une quête publique à travers le pays. Les fonds récoltés serviront également à financer des travaux d'agrandissement et la construction d'une salle polyvalente afin de doubler la capacité du centre.

Lutte contre le chikungunya-Grand nettoyage dans le Sud

Une grande opération de nettoyage se tient, depuis hier, dans le sud du pays. Cette opération est organisée par l'Association des hôteliers et restaurateurs de l'île Maurice (AHRIM) avec la collaboration des hôtels du Sud, du Conseil de districts de Grand-Port/Savanne et des ministères des Administrations locales, de la Santé, de l'Environnement, la Beach Authority, la Special Mobile Force (SMF), la Police, le National Coast Guard (NCG), les ONG et les compagnies privées.

Cette démarche est destinée à lutter contre la prolifération des moustiques, dont le porteur du chikungunya. Tous les volontaires souhaitant prendre part à l'opération doivent se rendre, ce dimanche à 8h30, au Centre social de Pointe des Régates, Mahébourg.

À Curepipe-La Santé continue à "cultiver" le chikungunya

En novembre de l'année dernière, Week-End avait mis en exergue le fait qu'une maison et le terrain qui l'entoure - appartenant au ministère de la Santé - avaient été transformés, faute d'entretien, en un terrain vague apte à devenir un lieu de "culture" pour les moustiques. Des photos de cette maison, située à la route du Jardin, Curepipe, avaient été publiées. Les articles de presse et les nombreuses lettres de protestation des voisins de cet "élevage" de moustiques n'ont pas réussi à faire que le ministère de la Santé et la mairie de Curepipe sortent de leur léthargie.

Voici des photos de ce véritable "élevage" de moustiques situé en plein quartier résidentiel de Curepipe prises jeudi dernier. Depuis notre dernière visite, les bambous ont pris plusieurs mètres de hauteur et les lianes sauvages ont poussé sur la grille interdisant son ouverture. Est-ce avec cette politique du laisser-aller sanitaire que le ministère de la Santé compte venir à bout de l'épidémie du chikungunya ?


En raison de pertes accumulées

L'AMB décide de suspendre la collecte du lait des petits éleveurs

L'Agricultural Marketing Board (AMB) a décidé, à compter du mois de novembre prochain, de suspendre la collecte du lait produit par les petits éleveurs. Cette décision serait motivée par les pertes qu'enregistre cet organisme qui dépend du ministère de l'Agro-industrie sur son projet laitier.

Depuis l'enlèvement, en 2000, de la subvention qui lui était accordée pour la commercialisation du lait des petits producteurs, l'AMB enregsitre un déficit annuel de Rs 5 millions sur ce projet. L'organisme para-public qui achète à un prix garanti de Rs 12.50 le litre de lait produit par les petits éleveurs encourerait des pertes de plus de Rs 5.00 par litre de lait qu'il traite avant sa mise sur le marché.

Depuis quelque 20 ans, l'AMB se charge de la collecte du lait des petits éleveurs ; le fait pasteuriser auprès d'un sous-traitant ; le met en berlingot d'un demi-litre et le commercialise au grand public dans un certain nombre de points de vente dont des boutiques coopératives.

Cette décision de l'AMB de suspendre la collecte du lait des petits producteurs intervient au moment même où le pays est confronté à un gros problème de disponibilité de lait en poudre sur le marché et alors même où d'aucuns souhaitent une relance de la production locale sur des bases solides. Il convient, à cet effet, de rappeler que la production laitière à Maurice ne représente plus que 2% de la demande.

D'où l'étonnement que ce soit à ce moment même que les autorités choisissent de remettre en question la commercialisation du lait produit par les petits éleveurs. Ces derniers au nombre de quelque 1500 écoulent entre 40 à 45% de leur production auprès de l'AMB. Même si le prix d'achat - Rs 12.50 le litre - leur paraît encore faible, l'AMB représente, quand même, pour ces petits producteurs un débouché sûr pour l'écoulement de leurs productions.

D'autres débouchés à un prix plus compétitifs ont été identifiés, notamment, le secteur hôtelier. Ces clients potentiels imposent, toutefois, des normes que des petits éleveurs n'arrivent toujours pas à respecter en raison d'un manque d'équipements.

Il est à souligner, à ce propos, que la Nouvelle Découverte Cowbreeders Cooperative Society a soumis, depuis l'an dernier, à l'approbation du ministère de tutelle un projet de modernisation de ses installations en vue, notamment, de permettre, sur place, des procédés de pasteurisation et de mise en bouteille du lait produit par les petits producteurs. Ce projet attend jusqu'ici d'être approuvé.

Informé du projet de l'AMB de suspendre, à compter de novembre prochain, la collecte du lait des petits éleveurs, le Mouvement Pour l'Autosuffisance Alimentaire (MAA) a, dans une correspondance au ministre Arvin Bolell, réclamé un moratoire de douze mois, le temps pour ces producteurs de réorganiser la commercialisation de leurs produits et de s'équipper en conséquence.


Deux jours de réflexion pour combattre la pauvreté

En marge des Millenium Development Goals, dont l'un des objectifs est de réduire à moitié la pauvreté d'ici 2015, des représentants des secteurs privé et public se donnent rendez-vous, demain et mardi, pour faire un état des lieux de la pauvreté à Maurice. Cet atelier de travail, qui se tiendra à Bell-Village, au Rajiv Gandhi Science Centre, est une initiative de l'Institute of Social Development and Peace et du Mauritius Council of Social Services. Cette activité programmée sur deux jours s'articulera autour des différentes stratégies, y compris politiques et économiques, visant à lutter contre la pauvreté. Et ce, en vue d'assurer la mise en place d'une plate-forme commune pour que les diverses parties concernées puissent faire une évaluation de l'état de la pauvreté à Maurice, de permettre à la société civile de s'exprimer, d'évaluer les opportunités et contraintes des programmes de réduction de la pauvreté entre autres…


Violence à l'école

Prévention : l'OCO remet un kit aux enseignants

La violence, sujet qui préoccupe actuellement dans le milieu scolaire, inquiète parce qu'elle augmente dans des écoles. Les cas rapportés publiquement sont loin d'être isolés, et face à la progression de la violence le bureau de l'Ombudsperson for Children (OCO) s'est penché sur l'élaboration d'un kit qui vise à décourager toute forme de violence dans le cadre scolaire.

Lancé lundi dernier, à l'école Révérend Espitalier-Noël, à Mangalkhan, ce kit, déclare Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombudsperson pour les Enfants, "se veut un outil pédagogique pour tout le personnel de l'éducation pour favoriser un environnement sain." Le kit - qui comprend quatre mini documents, dont une copie de la Convention des droits de l'enfant, - donne des pistes détaillées sur les différentes caractéristiques de la violence contre les enfants scolarisés et les facteurs menant à la violence. Il aborde également la punition corporelle et donne des propositions concrètes sur les multiples formes de prévention contre la violence. Aussi, directement liée à l'indiscipline, la violence, estime l'Ombudsperson pour les Enfants, ne peut être sanctionnée - dans certains cas - uniquement par le renvoi. Et de déclarer à ce chapitre : "L'enfant qui commet une violence contre ses camarades ou contre les enseignants, ou contre lui-même ne sera pas mieux s'il est simplement puni pour indiscipline. Car on s'attaque au symptôme et non à la cause. S'il est renvoyé, ça peut en fait répondre à son désir et il ira grossir les rangs des enfants déscolarisés. Or, nous sommes pour le droit de l'enfant à l'éducation. Il faut donc chercher des solutions pour résoudre les cas des enfants à problème."

Par ailleurs, dans le sillage de la prévention contre la violence en milieu scolaire, un réseau comprenant plusieurs partenaires a été mis sur pied. Il s'agit du Network of Education Community, composé de responsables d'établissements et d'organismes du secteur éducatif.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 30 septembre 2007