p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 30 septembre 2007



Rendez-vous internationaux - Chagos, Tromelin, et APE au menu à New York
Politique - Des clarifications attendues avec le retour aujourd'hui de Paul Bérenger
La maison du Speaker à Quatre-Bornes - En état de délabrement avancé
Ca va se savoir
"Malentendu" autour du poste de leader de l'opposition - Le PMSD entend toujours œuvrer pour l'unité de l'opposition
Faute d'un retrait de la motion votée contre lui - Nitin Soonarane annonce qu'il ne siégera pas au conseil de BB/RH


Rendez-vous internationaux

Chagos, Tromelin, et APE au menu à New York

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a présidé une session des délibérations de l'Assemblée générale des Nations unies à New York au cours de la semaine écoulée, a fait un appel à la Grande-Bretagne en vue de l'ouverture d'un dialogue bilatéral sur le dossier de la souveraineté de Maurice sur l'archipel des Chagos. Il a aussi fait état des progrès réalisés au niveau de la commission conjointe Maurice/France sur la revendication mauricienne sur Tromelin. C'était lors de son intervention à la tribune des Nations unies, vendredi soir. Auparavant, le Premier ministre s'est entretenu avec les dirigeants de Madagascar et des Comores au sujet des négociations avec l'Union Européenne au sujet d'un éventuel Accord de Partenariat Économique avec la participation des États membres de la Commission de l'Océan Indien (COI). Il a également été reçu en tête-à-tête par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

Le litige opposant Port-Louis à Londres a figuré de nouveau dans le discours du Premier ministre lors de la séance plénière. "The excision of the Chagos Archipelago by the colonial power at the time of our independence constitutes a dismemberment of our territory in total disregard of resolutions 1514 and 2066. Furthermore, it is also a violation of the Charter of the United Nations itself. We therefore, once again, reiterate our request to the United Kingdom, to engage into bilateral dialogue with us as soon as possible with a view to enabling us exercise our sovereignty over the Chagos Archipelago", a-t-il fait ressortir dans la dernière partie du discours.

Au sujet de Tromelin, Navin Ramgoolam a laissé percevoir un air de satisfaction au sujet des échanges engagés avec la France. "Equally, on the question of our sovereignty over Tromelin, we note the progress registered at the recent Mauritius-French joint Commission. The United Kingdom and France, two permanent members of the UN Security Council, are two major and important economic, trade and development partners of Mauritius. We fully appreciate their continued support in the development of our country. We have been striving to reach an amicable agreement on these issues but we cannot and will not compromise on our territorial integrity and our sovereignty over those islands", s'est-il appesanti.

Toujours en ce qui concerne les relations internationales, Navin Ramgoolam a réitéré l'appui de Maurice à l'Inde au sujet de sa demande pour un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU. "Mauritius reiterates that a permanent seat to India in the UN Security Council is long overdue. As the largest democracy and secular state, India is a living example of peaceful co-existence of major religions, cultures and faiths. India can be a source of inspiration as well as a testing ground for the outcome of the forthcoming United Nations High Level Dialogue on Inter-religious and Inter-Cultural understanding and Cooperation for Peace", a-t-il rappelé.

Le Premier ministre a aussi commenté le drame qui se joue au Myanmar avec la démonstration de force des militaires face aux moines bouddhistes, qui réclament un retour à la démocratie. Il s'est déclaré en faveur des sanctions contre le régime militaire au Myanmar. "I am proud to say that in 1997 as Prime Minister I took the decision to stop buying rice from Myanmar and I applaud the decision of the President of the United States of America to apply sanctions", devait-il faire ressortir.

Navin Ramgoolam a aussi fait état du cadre légal institué à Maurice pour protéger les Droits de l'Homme et les droits fondamentaux. Il a fait un plaidoyer pour le démarrage d'un Special Fund for the Least Developing Countries pour affronter les répercussions avec le changement climatique; confirmé la tenue à Maurice en avril 2008 d'une conférence internationale sous l'égide de la Southern African Development Community sur le thème de l'éradication de la pauvreté; et s'est félicité de l'inclusion de Maurice dans le cadre de la Clinton Foundation HIV/AIDS Initiative en vue de lutter contre la prolifération de ce fléau.


Politique

Des clarifications attendues avec le retour aujourd'hui de Paul Bérenger

Des clarifications au sein de l'opposition sont attendues avec le retour au pays aujourd'hui de Paul Bérenger de Madagascar. Le leader de l'opposition désigné mardi par le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, doit animer une réunion du bureau politique de son parti demain avant de faire sa première déclaration publique depuis sa nomination. Sollicité, il s'est refusé à tout commentaire sur les derniers développements intervenus, ajoutant qu'il préférait être au pays et discuter avec ses collègues avant de faire part de ses observations.

Paul Bérenger est à Madagascar depuis lundi à l'invitation de la Fondation Friedrich Ebert. Il a animé deux séminaires sur le "miracle" économique mauricien, la période de l'indépendance à aujourd'hui et la coopération et l'intégration régionale. Il a profité de son séjour dans la Grande île pour rencontrer un bon nombre de dirigeants et a poursuivi ses recherches aux archives nationales sur l'assassinat du général Ramanandasiraf et d'autres sujets touchant à l'histoire du peuplement de nos deux îles.

C'est lundi que des développements sont intervenus après une seconde rencontre entre Pravind Jugnauth et Maurice Allet, ce dernier confirmant ce qu'il avait publiquement déclaré le vendredi précédent une rencontre avec la presse, et selon laquelle le PMSD soutenait le MMM et Paul Bérenger comme leader de l'opposition.

Et c'est aussi au cours d'une conférence de presse du MSM en fin d'après midi lundi que Pravind Jugnauth annonçait la démission tant de Nando Bodha du poste de leader de l'opposition que de Showkutally Soodhun de celui de whip. Nando Bodha était alors en déplacement officiel en Inde en compagnie du Speaker, Kailash Purryag, dans le cadre d'une conférence de la Commonwealth Parliamentary Association. Il est attendu le 6 octobre puisqu'il profitera de son séjour dans la Grande Péninsule pour prendre quelques jours de vacances.

Les tractations ont toutefois été bon train durant la semaine écoulée. Des dirigeants du MMM ont maintenu le contact avec ceux du MSM. Et même si Pravind Jugnauth a dit, sur un ton amer, que le fossé avait grandi entre le MSM et le MMM avec la cession du poste de leader de l'opposition et que malgré cela il pouvait quand même être comblé, le président du MSM, Joe Lesjongard a, lui, publiquement exprimé le souhait que l'opposition travaille ensemble comme le souhaite la population, un avis qui serait partagé par la majorité des députés du MSM.

Les discussions entre dirigeants MSM et MMM ont porté sur la possibilité que le poste de whip de l'opposition soit offert au MSM, une prérogative qui revient au leader de l'opposition. Ce serait une manière de montrer qu'il y a un désir sincère de reconstituer l'alliance entre les deux partis. Au lendemain des élections générales de 2005, Paul Bérenger était pour rappel le chef de l'opposition et Showkutally Soodhun le whip.

Il est toutefois peu probable que le MMM accepte l'ancien titulaire avec qui les relations se sont considérablement dégradées depuis l'année dernière, les élus du MMM n'appréciant pas sa proximité avec certains dirigeants du gouvernement. L'affaire du poste offert au Bureau international du travail contestée par le syndicaliste Atma Shanto n'aurait pas non plus arrangé ses affaires.

Plus souvent ministre que leader de l'opposition

Les mauves, dit-on, accepteraient volontiers tout autre député du MSM qui entretiendrait des relations de travail excellentes avec le leader de l'opposition, lequel doit de toute façon être consulté pour tout ce qui touche à l'organisation de l'agenda parlementaire. On devrait en savoir un peu plus à ce sujet après la réunion du bureau politique du MMM demain.

Paul Bérenger retrouve ainsi un poste qu'il a longtemps occupé, même s'il est historiquement vrai qu'il a été plus souvent ministre que leader de l'opposition. C'est en décembre 1976 qu'il fait ses premières armes de parlementaire sous le leadership de Anerood Jugnauth.

Aux élections de 1982, il est ministre des Finances du gouvernement de 60/0 qui vole en éclats après neuf mois seulement. C'est après les élections de 1983 qu'il devient pour la première fois leader de l'opposition. Il restera à ces fonctions jusqu'au scrutin de 1987. Il n'est pas élu et n'entre pas au Parlement. C'est Prem Nababsing qui est fait leader de l'opposition.

Après les élections de 1991, Paul Bérenger devient le ministre des Affaires étrangères. Il est révoqué en août 1993 et bien qu'étant à la tête d'un groupe de députés du MMM plus important que celui du PTr, il laisse le leadership de l'opposition à Navin Ramgoolam.

Aux élections générales de 1995, c'est la razzia électorale de l'alliance PTr/MMM qui rafle le second 60/0 de l'histoire. Paul Bérenger est fait vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Mais nouvelle révocation en juin 1997. Il redevient leader de l'opposition jusqu'aux élections de 2000.

Il sera vice-Premier ministre et ministre des Finances de septembre 2000 à septembre 2003, après quoi il accède au poste de Premier ministre jusqu'aux élections de juillet 2005.

Toute l'île Maurice a gardé en mémoire sa prestation télévisée le soir de la défaite de l'alliance MSM/MMM, le 4 juillet, une alternance qualifiée d'exemplaire par la presse internationale. Il sera le leader de l'opposition jusqu'en avril 2006, date à laquelle Nando Bodha lui succède.


La maison du Speaker à Quatre-Bornes

En état de délabrement avancé

L'État dépense une fortune aux frais des contribuables pour louer des bureaux un peu partout à travers le pays pour accommoder ses services. Et on sait même aujourd'hui qu'ils ne sont pas toujours sans risque, le récent accident d'ascenseur dont a été victime un malheureux fonctionnaire dans un bureau au cœur de la capitale constituant une parfaite illustration de cet état des choses.

Or, le gouvernement serait mal placé pour faire la leçon aux autres avec le sort qu'il réserve à ses propres immeubles. Des voisins de la maison/bureau officiel du Speaker, à la rue Farquhar, ont attiré notre attention sur l'état de délabrement avancé dans lequel il se trouve.

Une visite des lieux a été édifiante à plus d'un titre. L'immeuble a été vandalisé, avec des poutres placées en travers des portes et des fenêtres pour y interdire l'accès, l'herbe n'y a pas été coupée depuis des lustres et la guérite en bois qui accueillait jadis les policiers de service en totale décrépitude.

Le dernier résident de cet édifice a été le Speaker, Ajay Daby. Son successeur, Iswardeo Seetaram, n'habitait pas le lieu mais y organisait de temps en temps des réceptions. Sir Ramesh Jeewoolall et Dev Ramnah n'y ont pas pris leurs quartiers non plus, tout comme l'actuel titulaire, Kailash Purryag.

Lors de notre visite, il y a quelques jours, des voisins nous ont dit que c'est la Development Works Corporation qui assurait l'entretien du lieu jusqu'à la fermeture l'année dernière et qu'il y a eu des inspections récentes en vue de confier ce travail au ministère de l'Environnement. Ils se demandent si ce ne serait pas mieux de placer cet immeuble sous la responsabilité de la municipalité de Quatre-Bornes pour un entretien plus régulier. Ils vont même plus loin et suggèrent que le bâtiment soit alloué à un des services dont l'État a la responsabilité.


Ca va se savoir

Le PM d'attaque…

Le ton d'attaque adopté par le Premier ministre pour revendiquer la souveraineté de Maurice sur l'archipel de Chagos et Tromelin a surpris plus d'un. Navin Ramgoolam a, en fait, décidé de durcir le ton parce que ce qui était annoncé lors de la dernière campagne électorale ne s'est pas matérialisé et que cela met en mauvaise posture sa fameuse diplomatie économique. On se souvient des propos des dirigeants travaillistes affirmant qu'il suffira d'un coup de téléphone de leur leader à son homologue Tony Blair pour que tous les dossiers en suspens avancent. Or, il y eut un projet de mémoire qui devait être signé depuis novembre 2005 sur les Chagos qui n'a jamais vu le jour et Tony Blair a eu le temps de quitter le 10, Downing Street sans avoir pu recevoir le Premier ministre mauricien. Pas de rendez-vous pris avec son successeur Gordon Brown non plus. Quant aux relations avec la France, elles sont bien entendu au beau fixe mais ce n'est plus comme au temps de Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy a reçu quelques dirigeants de la planète à New York en marge de la 62e assemblée générale des Nations Unies, mais il était trop pris pour accorder une visite de courtoisie à Navin Ramgoolam. C'est ce qui explique ce ton courroucé adopté sur Chagos et Tromelin. Baté rendé, li dir…

ONU : discours mal accueilli

Olivier Bancoult a dit à qui voulait l'entendre hier n'avoir pas apprécié le contenu de l'intervention du Premier ministre à la tribune des Nations Unies. Ses objections portent sur le fait que Navin Ramgoolam ait axé cette intervention sur l'aspect souveraineté seulement en occultant le fait que cela a aussi eu pour conséquence le déracinement de toute une population et un véritable drame humain qui dure encore.

Les 7 minutes de prime de Pravind Jugnauth

Ceux qui ont encore le courage de regarder le bulletin télévisé ont eu l'agréable surprise de voir le leader du MSM occuper l'écran avec voix on de 19 h 30 à 19 h 37. C'est vrai que, meeting pour meeting, çà changeait un peu de ceux de Navin Ramgoolam, relégué ce jour-là dans la hiérarchie pour passer en deuxième position. Les téléspectateurs ont hâte de voir si le très constitutionnel leader de l'opposition bénéficiera du même traitement, question de tester l'objectivité de la hiérarchie de l'information - c'est beaucoup dire - à la MBC.

Combien ça coûte

Non, ce n'est pas l'émission de Jean Pierre Pernaud sur TF1 mais la question que se posent les praticiens du droit après l'annonce de l'arrivée à Maurice, l'année prochaine, des Law Lords du Privy Council pour entendre les cas en appel. Ils se demandent si les appelants et l'État vont vraiment faire des économies avec tout ce que ce déplacement va impliquer comme coûts. Ils soutiennent d'ailleurs que les nombreux déplacements d'autorités britanniques et de l'Attorney General autour de ce projet ont déjà été onéreux pour les contribuables. Ils sont nombreux à penser que le coût sera finalement presque le même que d'entendre les appels à Londres sauf que les Law Lords pourront profiter du climat estival mauricien après avoir goûté à celui des Bahamas.

Rajesh Bhagwan : retour avancé

Le secrétaire général du MMM, qui est en déplacement en Grande Bretagne pour des raisons de santé depuis une quinzaine de jours, rentre aujourd'hui. Rajesh Bhagwan a avancé son retour au pays, initialement prévu le 20 octobre, étant donné les développements politiques survenus dans les rangs de l'opposition. Il ne veut pas rater la réunion du bureau politique de demain. a


"Malentendu" autour du poste de leader de l'opposition

Le PMSD entend toujours œuvrer pour l'unité de l'opposition

En dépit du "malentendu" qui a surgi à propos du poste de leader de l'opposition, les relations entre le PMSD et le MSM demeurent "cordiales", assure Maurice Allet, leader des "bleus". Le PMSD, dit-il, entend toujours œuvrer pour l'unité de l'opposition. Maurice Allet annonce même son intention de favoriser une prochaine "rencontre sociale" entre les leaders des deux principales formations de l'opposition.Eric Guimbeau assure, pour sa part, qu'il n'y a "rien de communal" dans la décision du PMSD de soutenir Paul Bérenger au poste de leader de l'opposition. Maintenant qu'il a rejoint l'opposition, M. Guimbeau annonce aussi sa démission du Comité parlementaire sur l'ICAC où il faisait partie du quota des députés de la majorité gouvernementale. Il lance un appel au directeur de cette institution pour qu'il "assume ses responsabilités" par rapport, en substance, aux principales affaires qui lui ont été référées.


Faute d'un retrait de la motion votée contre lui

Nitin Soonarane annonce qu'il ne siégera pas au conseil de BB/RH

Ça repart au conseil municipal de Beau Bassin/Rose-Hill. Le conseiller travailliste Nitin Soonarane a décidé de ne plus siéger en tant que conseiller aussi longtemps que la motion de blâme votée contre lui à la dernière réunion trimestrielle, le 12 juillet dernier, n'est pas retirée. Jeudi dernier, il a adressé une correspondance faisant état de sa décision au ministre des Administrations régionales, James Burty David, avec copie au secrétaire général du PTr, Deva Virahsawmy.

Dans sa lettre au ministre qui s'occupe des collectivités locales, le conseiller Soonarane rappelle que la motion a été votée le 12 juillet et que "as a die hard Labourite, I have much respect for the traditional principles of my elders and also of the democratic guidelines of the Labour Party of which I am proud to belong. In a spirit of these principles and guidelines and after long reflexion, I have decided not to take my seat at the Municipal Council, as long as the said motion of blame is not withdrawn by the Council".

Il ajoute aussi que cette motion "has never been in line with either the Standing Orders of the Council or with the Local Government Act". Nitin Soonarane affirme également avoir accompli sincèrement et honnêtement son travail de conseiller, dans l'intérêt des citoyens, qu'il n'a jamais été à l'encontre de la discipline du PTr et qu'il n'a d'autre option que celle de ne pas siéger tant que la motion ne sera pas retirée.

Le conseiller qui a animé une fronde au sein du conseil municipal des villes sœurs et qui est parti en guerre contre le "manzé boire", ne sera donc pas présent à la prochaine séance trimestrielle du conseil municipal, prévue pour le jeudi 11 octobre.

Autres aspects qui intéressent les observateurs, c'est l'attitude qu'adopteront les deux conseillers municipaux du PMSD, Norbert Froget et Daniel Emilien, maintenant que leur parti est retourné dans l'opposition; et le sort qui sera réservé au siège d'Eddy Clarisse, absent du conseil depuis plus de six mois, et qui, selon les procédures municipales, aurait dû être déclaré vacant depuis un bon bout de temps déjà



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 30 septembre 2007