Faits et effets
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Dégringolade attendue
Humeur
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Les déclarations du leader du MSM
Faits et effets...
Dégringolade attendue
Qui a été étonné de la dégringolade
de 11 points de Maurice, de la 42e à la 53e place au classement
de Transparency International ? Personne, puisque la spectaculaire
dégringolade était attendue et que même Paul
Bérenger, qui, naguère, disait ne pas trop y accorder
d'attention, prévenait à une conférence de
presse il y a quelques semaines qu'il ne serait pas surpris que
TI downgrade Maurice compte tenu des proportions que la corruption
a pris dans le pays. Il fallait, en effet, s'y attendre. Si l'année
dernière, Rama Valayden et consorts s'étaient précipités
pour commenter la progression de Maurice au classement et pour
revendiquer la paternité des initiatives prises avant son
arrivée - accidentelle - aux affaires, cette année,
pas un seul commentaire sur le dernier rapport. Même pas
un petit mot au Conseil des ministres; qui a, pourtant, délibéré
du rapport de la Banque mondiale qui témoigne de l'amélioration
du climat d'affaires dans le pays. Des affaires, il en a été
question mais de l'affairisme !
L'ICAC au pas, sous tutelle de l'Alliance sociale, avec les amendements
apportés au Prevention of Corruption Act fin 2005, est
un échec patent. Le trio folklorique qui dirige la commission
qui coûte aux contribuables Rs 100 millions annuellement
aurait dû avoir déjà débarrassé
le plancher. Non, le directeur se perd en conjectures et en explications
stériles pour tenter de minimiser la faillite de son organisation.
S'il n'a rien fait depuis près de deux ans, c'est que la
loi n'est pas adéquate. Il veut des pouvoirs additionnels.
Mais pour faire quoi au juste ? Il ne le dit pas. Pour mieux marcher
aux ordres des politiques et suivre à la lettre les correspondances
du fameux "comité scandale" dont on attend encore
l'issue sur BPML, pour arrêter des opposants politiques
comme dans le cas d'Ajay Gunness et bien préparer l'opinion
en mettant sur le compte du Directeur des Poursuites Publiques
une décision de procéder à son interpellation
alors que tel n'a jamais été son intention déclarée.
Anil Kumar Ujodha veut des lois. Et quoi encore? Il y a déjà
le Public Procurement Bill voté depuis bientôt une
année, un texte exigé par un bailleur de fonds important,
celui-là, l'Union Européenne, qui n'a pas encore
été proclamé. Juste sur ce dossier, Maurice
mérite de perdre un point au classement de Transparency
International.
Mais il y a plus grave qui justifie pleinement la descente vertigineuse
du pays dans ce classement. Tout le monde sait, voit que la corruption
a augmenté dans le pays. Il n'y a qu'à prendre quelques
cas pour en être convaincu. Il y a eu l'affaire des Rs 50
millions de Bel Air Sugar Estate où le nom du ministre
Asraf Dulull a été évoqué. À
ce jour, rien du côté de l'ICAC sauf que l'on a appris
qu'un proche des dénonciateurs travaillant à la
commission s'est vu installer dans le fauteuil de la direction
pour quelque temps. Un ministre a été dénoncé
pour avoir bénéficié de faveurs de la part
d'un établissement du privé. Aucune suite connue
à cette dénonciation. Jack Bizlall et l'opposition
ont dénoncé un voyage entrepris par le président
à temps partiel, mais qui agit comme le véritable
directeur du CEB à l'ICAC après une sombre affaire
de billets d'avion échangés pour accommoder une
petite amie lors d'un déplacement effectué à
l'invitation d'un fournisseur du CEB. Rien du côté
de l'ICAC. Un employé-syndicaliste de Mauritius Telecom
a porté devant l'ICAC une tentative alléguée
du directeur Sarat Lallah de lui accorder des faveurs en échange
de sa docilité; rien du côté de l'ICAC si
ce n'est que MT a même poussé l'outrecuidance jusqu'à
ignorer un ordre de la cour qui exigeait un relevé des
appels, nécessaire pour établir les échanges
exacts entre les uns et les autres.
Il y a aussi le cas récent du député de la
majorité Yatin Varma et les sollicitations en écrit
de sa part de poste de conseiller légal auprès des
ministres et autres organismes publics. On a fait croire qu'il
n'y avait pas de lettre adressée au Medical Council, puis
qu'on n'arrivait pas à l'ICAC à mettre la main sur
l'original, et l'affaire était sur le point d'être
bouclée. On pourrait comme ça établir une
longue liste de cas connus et qui dorment dans un quelconque tiroir
pour des raisons qui n'échappent à personne. Quant
aux enquêtes que le gouvernement lui-même annonce
en grande pompe, c'est devenu une vaste farce. Celle qui devait
avoir lieu sur les fraudes à la sécurité
sociale et sur le Mauritius Examinations Syndicate n'ont tout
simplement jamais démarré. Le "mystère"
des bourses indiennes qui a lésé des professionnels
méritants et la dénonciation publique de l'implication
du bureau du Premier ministre dans cette affaire n'ont pas ému
l'ICAC bien que la loi prévoie qu'elle peut se saisir de
n'importe quel dossier. Et ça réclame plus de pouvoirs!
Maurice a dégringolé dans le classement parce que
plus qu'une perception, c'est une vraie culture aujourd'hui que
d'accorder des faveurs et des contrats rien qu'aux proches, de
reprendre des terres à un promoteur réunionnais
connu pour les donner à deux modestes employés du
secrétaire général du PTr, d'accorder des
autorisations aux pires industries polluantes sans passer par
des appels d'offres. On en arrive même des fois à
regretter l'ancienne ICAC qui n'hésitait pas à convoquer
ministres, gouverneur de la Banque de Maurice et grosses pointures
du secteur privé et même haut gradé de la
police dans ses locaux. Même s'il y a eu de grosses bévues,
la volonté de combattre la corruption était là,
visible et c'est ce qui avait permis à Maurice de grimper
dans le classement de l'année dernière.
Puisqu'il est question d'indice, comment ne pas parler de celui
qui classe Maurice comme le pays le mieux géré et,
ce, sur la base des données de 2000 et 2005, un aspect
occulté par les médias qui fonctionnent selon les
dictées de Callikan. Le gouvernement s'en est approprié
alors que la période sur laquelle l'indice Ibrahim s'est
passé ne le concerne pas. Il devrait savoir qu'une des
autorités consultées pour arriver à ce classement
n'est autre que Transparency International. Ils ont été
nombreux à avoir caricaturé l'ambition affichée
par Paul Bérenger, lors d'une conférence de presse,
le 11 octobre 2003, une semaine après son installation
comme Premier ministre, "de faire de Maurice un des pays
les mieux gérés au monde". Il peut quand même
aujourd'hui éprouver une petite satisfaction de la reconnaissance
des efforts du gouvernement entre 2000 et 2005. Ne serait-ce que
sur une base régionale. C'est bien mieux que de tomber
de 11 marches
Humeur
Les déclarations du leader du MSM
Tout est décidément possible en politique à
Maurice, comme vient de le démontrer le dernier rebondissement
du feuilleton inépuisable. C'est donc le PMSD, son ex-ennemi
mortel pendant plus d'une génération, qui va réinstaller
Paul Bérenger dans le fauteuil de leader de l'opposition.
Gaëtan Duval doit se trémousser dans sa dernière
demeure à St-Jean. Grâce au PMSD, le leader du MMM
va reprendre le poste que lui avait pris le MSM à la faveur
d'un autre rebondissement du feuilleton de l'opposition. Celui
au cours duquel l'oncle et le neveu s'étaient affrontés
pour une histoire de préséance à un meeting
du 1er-Mai.
Tout le monde avait prévu le changement de leader de
l'opposition dès que Maurice Allet avait annoncé
le retrait des bleus de l'alliance gouvernementale. Tous, sauf
Pravind Jugnauth. Jusqu'à bout, le leader du MSM a voulu
croire que la situation resterait inchangée dans l'opposition
parlementaire et qu'il continuerait à la diriger à
travers Nando Bodha, coincé entre un nouveau costume trop
large et un leader de parti entendant faire respecter sa loi.
Pravind Jugnauth l'a cru en oubliant qu'il avait créé
les conditions objectives pour que le changement qu'il redoutait
survienne. Comment espérer ne serait-ce qu'un instant que
le PMSD soutienne le MSM alors que Pravind Jugnauth avait traité
on ne peut plus cavalièrement Maurice Allet au moment de
l'attribution des tickets de l'alliance MSM/MMM/PMSD pour les
élections générales de 2005 ? Ce sont des
phrases qu'un politicien garde soigneusement dans sa mémoire
en attendant le moment propice de rendre la monnaie de sa pièce
à celui qui les a prononcées. Tout comme Ashock
Jugnauth doit attendre patiemment l'occasion de faire voir à
son neveu de quel bois se chauffe le "gros fey"
qu'il est supposé être.
Tandis que Paul Bérenger jouait à l'homme détaché
de tout qui n'a rien demandé à personne mais qui
finira par s'incliner devant son devoir et surtout sous le poids
de l'histoire, le leader du MSM a multiplié les déclarations
maladroites. Alors que Maurice Allet avait bien fait comprendre
qu'avec ou sans réunification de l'opposition, les deux
voix du PMSD soutiendraient Paul Bérenger, le leader du
MSM a trouvé cette déclaration floue. Non seulement
il a demandé des éclaircissements mais parlé
de double langage bleu. Quand Bérenger a dit que face à
la nouvelle situation dans l'opposition, Nando Bodha savait ce
qui lui restait à faire et qu'Anerood Jugnauth devait prendre
ses responsabilités, le leader du MSM a eu deux réactions
pour le moins étonnantes. Il a tout d'abord dit que la
déclaration de Bérenger n'était pas claire
- était-ce un jeu de mots ? - car il n'avait pas dit implicitement
qu'il acceptait de reprendre le poste de leader de l'opposition,
d'une part. De l'autre, qu'en demandant au président de
la République de prendre ses responsabilités, le
leader du MMM l'avait insulté.
Finalement, de demandes de précisions en demandes d'éclaircissements,
le MSM aura pris une semaine pour que son secrétaire général
démissionne du poste de leader de l'opposition. Pravind
Jugnauth aura beau dire que le MSM n'avait pas soif du poste de
leader de l'opposition, il n'empêche qu'il a pris du temps
pour rendre ce qu'il disait ne pas vouloir garder.
La conclusion de cette affaire n'a pas mis fin aux déclarations
de Pravind Jugnauth, loin de là. Alors que l'opposition
se retrouve avec deux voix supplémentaires au Parlement
et qu'il suffirait de pas grand-chose pour faire danser le gouvernement
à la rentrée, le leader du MSM déclarait
hier dans une interview de presse "qu'une entente au sein
de l'opposition devient de plus en plus difficile". Faut-il
comprendre que l'entente au sein de l'opposition, tout comme la
réunification de l'alliance MSM/MMM, passe obligatoirement
par la nomination de Pravind Jugnauth au poste de leader ou de
Premier ministre en raison de "la réalité électorale
mauricienne". Une analyse qu'il semble partager avec la Voice
of Hindu qui fait les yeux doux, ces jours-ci
Je ne sais plus qui a dit que le retrait du PMSD du gouvernement
finirait par devenir un cadeau empoisonné pour l'opposition.
Au rythme où vont les choses, cette prophétie risque
de se réaliser. Pas en raison du comportement des deux
élus du PMSD. Grâce aux déclarations et prises
de positions, de plus en plus étonnantes, du leader du
MSM.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 30 septembre 2007
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