Vux pieux à l'AG de l'ONU !
Chaque année, à pareille époque, chefs
d'État et de gouvernements se succèdent à
la tribune de l'ONU - réunie en Assemblée générale
- pour exposer leurs états d'âme sur les grands sujets
qui intéressent l'ensemble de la planète.
Généralement, c'est sous la forme d'une litanie
de vux pieux que les grands - et petits - de ce monde abordent
les contours d'un univers de plus en plus frileux, prennent le
pouls des bouleversements annoncés, constatent impuissants
que la diplomatie ne répond, en réalité,
qu'à une succession d'intérêts les plus divers,
où pétrole et industrie d'armes constituent les
vrais enjeux de la dislocation mondiale.
Prenons le cas concret de la Birmanie, dirigée par une
junte militaire qui, en 1997, a renversé le résultat
des urnes, où l'opposition avait été déclarée
vainqueur. Aujourd'hui, on découvre avec stupeur - après
avoir fermé les yeux des années durant sur ce régime
d'un autre âge - des généraux régnant
d'une main de fer sur le pays, tandis que la population tente
d'assurer sa survie au quotidien.
Nous sommes heureux d'apprendre, par la voix du Premier ministre,
le Dr Navin Ramgoolam, qu'il a arrêté l'importation
du riz de Myanmar, en 1997, dès la prise de pouvoir par
la force des généraux. Un geste symbolique, certes,
mais qui, au moins, tranche avec toutes ces grandes démocraties
qui se targuent de dénoncer le terrorisme d'État.
Jugez-en: une motion du Conseil de Sécurité qui
annonçait des sanctions contre le régime birman
est bloquée par la Russie et la Chine, sous prétexte
de non-ingérence dans la politique intérieure d'un
État-membre. Pendant ce temps, la Russie s'ingère
régulièrement dans les affaires des anciennes satellites
soviétiques, comme en Georgie, en Ukraine et en Biélorussie
La Chine est un des plus gros investisseurs en Birmanie dans le
domaine énergétique et un des principaux fournisseurs
d'armes à la junte. Ce qui explique son veto
L'Inde, qui compte sur la Birmanie pour résoudre ses
problèmes énergétiques et pour contrer l'influence
de la Chine, ferme aussi les yeux sur les atteintes aux droits
de l'homme dans ce pays.
Les pays occidentaux ne sont pas en reste. La Grande-Bretagne,
qui n'a jamais vraiment coupé avec son ancienne colonie,
n'en a pas moins ignoré les voix des militants birmans
exilés qui s'élevaient en Angleterre, encore moins
freiné les investissements des sujets de sa Majesté
au pays de l'opium. Contrairement aux groupes multinationaux qui,
à l'instar de TotalFina Elf, Pepsi, Levi's, Carlsberg et
Heineken, Reebock, C&A, Hewlett-Packard, Ericsonn, ont décidé
de se retirer du champ économique birman.
Voilà 40 ans que la dictature maintient les militaires
au pouvoir malgré les pressions internationales. Voilà
10 ans que la militante Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix,
vit en résidence surveillée à Rangoun. Un
mince espoir demeure: la junte a vieilli; il est à espérer
que le sursaut vienne de l'intérieur, mené par une
nouvelle génération de jeunes militaires qui avanceraient
la fleur au fusil
Encore un vu pieux ?
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 30 septembre 2007
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