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WEEK-END --- dimanche 30 septembre 2007
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RELATIONS ACP/UE
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Protocole Sucre : Bruxelles signe l'arrêt de mort !
La loi sur les successions
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V. Lutchmeenaraidoo: "Sithanen a amendé la loi par décret"
Journée Internationale du Tourisme
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"Nous sommes tous concernés par ce pilier de l'économie"
RELATIONS ACP/UE
Protocole Sucre : Bruxelles signe l'arrêt de mort !
La Commission européenne (CE) a dénoncé unilatéralement,
vendredi, le Protocole-Sucre, mettant fin à partir d'octobre
2009, soit avec un préavis de deux ans, les préférences
commerciales tant au niveau des quotas que des prix pour les exportations
de sucre des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
(ACP). La décision a été prise sans débats
lors d'une réunion du Conseil de l'Union européenne
(UE), et la note verbale informant formellement les États
signataires de ce développement majeur devrait parvenir
ces jours-ci au chef de la diplomatie mauricienne, Madan Dulloo.
Lors d'un point de presse le week-end dernier, le ministre des
Affaires étrangères avait refusé d'entretenir
l'idée que l'option de la dénonciation par la Commission
européenne du Protocole Sucre était "On
the Cards".
La lettre de l'UE, signée du Deputy Secretary General
P. de Boissieu, et informant les 18 pays concernés par
les dispositions de Protocole Sucre, se tient en une phrase. Mais,
à cette correspondance, est annexé un document en
sept points dans lequel la Commission européenne s'évertue
à expliquer les raisons derrière cette démarche.
Ainsi, le Conseil de l'Union européenne est revenu sur
le fait que "the arrangements of the Sugar Protocol have
served the interests of both the ACP states and the Community,
by guaranteeing ACP exporters an outlet to a profitable market
and ensuring a regular supply for the Community cane sugar refiners.
However, the arrangements of the Sugar Protocol can no longer
be maintained".
Plus loin, Bruxelles avance que "denunciation does not
prejudge a subsequent mutual agreement between the Community and
the ACP states on the treatment of sugar in the context of comprehensive
Economic Partnership Agreements". Ce document attestant
la dénonciation et le démantèlement du Protocole
Sucre devra être publié dans une prochaine édition
du Journal Officiel de l'Union européenne.
Une ultime tentative des États ACP membres du Protocole
Sucre en vue d'obtenir un sursis de Bruxelles quant à cette
décision a échoué en fin de semaine. Les
procédures enclenchées par la Commission européenne
ont été inéluctables. Dans une dépêche
en date du vendredi 28, l'Agence-Europe souligne que "l'Union
européenne a mis à exécution son intention
de dénoncer le Protocole Sucre, accord intergouvernemental
en vigueur depuis 1975 pour garantir aux 18 pays ACP producteurs
de sucre un accès préférentiel au marché
européen. Proposée par la Commission en juillet
dernier, la décision a été adoptée,
le 28 septembre, sans débats, par le Conseil de l'UE, pour
entrer en vigueur au 1er octobre 2009. Les protestations des pays
ACP, déjà exprimées par les ministres du
Commerce ACP, n'y ont rien changé. D'où leur indignation
redoublée."
Pour sa part, l'ambassadeur de la Guyane à Bruxelles, et
président du groupe consultatif des ACP sur le sucre, Patrick
Gomes, soutient que "dénoncer le Protocole Sucre
est une décision politique de l'UE qui envoie un message
extrêmement préoccupant dans le contexte général
des négociations sur les Accords de Partenariat Économique
(APE). Contrairement à ce qu'affirme la Commission, il
n'y a pas d'obligations légales, au titre de l'Organisation
mondiale du Commerce (OMC), de dénoncer le Protocole Sucre".
Dans une déclaration officielle, les États ACP ont
tenu à réitérer leurs "profondes
préoccupations et indignation" face à la
décision unilatérale de l'Union européenne.
"Cette décision de l'UE intervient au moment où
les 18 pays ACP signataires du Protocole Sucre sont encore sous
le choc d'une réduction de 36 % du prix du sucre, provoquée
par la réforme du régime sucre de l'UE, et où
les négociations des Accords de partenariat économique
entre l'UE et les pays ACP ne sont pas encore achevées",
ajoutent les pays ACP producteurs de sucre, suite à la
décision de vendredi.
SYNDICAT DES SUCRES-Cyril Mayer : "The writings were on
the wall !"
La dernière Assemblée générale des
membres du Syndicat des Sucres s'est déroulée à
moins de 24 heures de la dénonciation unilatérale
du Protocole Sucre par la Commission européenne. De ce
fait, l'entrée en fonctions du nouveau président
du Syndicat des Sucres, Cyril Mayer, a été marquée
par cette étape majeure dans l'histoire de l'industrie
mauricienne.
Interrogé par Week-End vendredi après-midi,
le président du Syndicat des Sucres établit les
priorités de l'heure pour cette industrie, tout en rappelant
que la décision de Bruxelles par rapport au sucre ne constitue
pas une surprise. De son côté, faisant le bilan de
sa présidence, Guirdharry Juggessur n'a pu s'empêcher
de dénoncer les tergiversations et délais notés
dans la mise à exécution de la réforme de
l'industrie sucrière.
"Pour ce qui est de la dénonciation du Protocole
Sucre, une expression anglaise résume bien cette situation.
The writings were on the wall. Cette affaire a été
évoquée depuis quelque temps déjà.
On s'attendait à ce développement sans vouloir l'accepter.
Ce qui s'est passé, vendredi, à Bruxelles est la
concrétisation de ce qu'on savait déjà",
a déclaré Cyril Mayer avant d'aborder les priorités
établies.
"Le discours de mon prédécesseur à
l'Assemblée générale donne le ton. N'a-t-il
pas dit que " we believe that the most reasonable and
reliable route that Mauritius can take stands today in a single
word : Competitiveness ". Dans la conjoncture, le maître
mot demeure la compétitivité. Il nous faut faire
ce qu'il faut pour être compétitif. Nous n'avons
aucune raison de croire que nous n'allons pas pouvoir relever
ce défi", a poursuivi le nouveau président
du Syndicat des Sucres.
Afin d'atteindre cet objectif, Cyril Mayer avance qu'il y a des
décisions à mettre à exécution. "Que
faut-il faire dans l'immédiat ? Il faut mettre en uvre
les recommandations contenues dans le Multi-Annual Adaptation
Strategy, une rationalisation des institutions au sein de l'industrie
sucrière, revoir le prix de vente du sucre sur le marché
local ; le Syndicat des Sucres doit conclure, dans les plus brefs
délais, des accords commerciaux avec un ou des acheteurs
européens pour le sucre blanc, entamer des négociations
avec des producteurs locaux pour l'approvisionnement en sucre
blanc et également revoir le fonctionnement du Syndicat
des Sucres que ce soit à Maurice ou à l'étranger",
affirme-t-il.
Par ailleurs, le nouveau président du Syndicat des Sucres
met l'accent sur le fait qu'une accélération des
procédures s'impose. "L'Europe prend des décisions
au pas de charge. Nous ne devons pas progresser au pas de limace.
Il faut Speed Up le processus", ajoute-t-il en
guise d'appel aux autorités concernées et Stakeholders
de l'industrie sucrière.
De son côté, le président sortant du Syndicat
des Sucres a soutenu que la marge de manuvre dans la conjoncture
est extrêmement limitée. "We have a clearly
defined plan in the form of the Multi Annual Adaptation Strategy.
We must therefore proceed diligently with its implementation.
Unfortunately, we do not perceive at the moment any clear signal
telling us there is a sense of urgency", a-t-il souligné
en présence du ministre de l'Agro-Industrie, Arvin Boolell.
Guirdharry Juggessur s'est penché de manière détaillée
sur les retards accusés par rapport à la réforme
sucrière, soit le gel du processus de la centralisation
sucrière et de la rationalisation des ressources humaines
; les retards dans l'aménagement des facilités stratégiques
pour des opérations de distillerie, de raffineries de sucre
ou encore de centrales thermiques ; les problèmes rencontrés
pour le déboursement des mesures d'accompagnement de l'Union
européenne, l'absence de décision sur le prix du
sucre sur le marché local ou encore la réforme des
institutions sucrières avec un Global Cess de Rs
600 millions annuellement.
Le président sortant du Syndicat des Sucres note que "given
the circumstances, we fear that we are still very far from meeting
the minimum conditions required to win the battle of competitiveness".
Il a ajouté que le temps demeure un facteur incontournable
dans la conjoncture. "Time is of the essence and we are
clearly today in a make or break situation", déclare-t-il
en faisant état des ambitions de certains pays en voie
de développement en matière de production sucrière.
"A number of ACP and LDC countries, which have significantly
higher levels of productivity than Mauritius, have plans to expand
their production capacity and export tonnages. Let us keep in
mind that sugar yields in Zimbabwe are above 15 tons per hectare
compared to only 8 tons for Mauritius", a renchéri
Guirdharry Juggessur.
Arvin Boolell : "Le sucre raffiné ou Doomsday !"
Le ministre de l'Agro-Industrie, Arvin Boolell, a situé
l'importance du sucre raffiné dans la nouvelle configuration
commerciale avec le démantèlement des préférences
commerciales sous le Protocole Sucre. Lors de son intervention,
jeudi dernier, au restaurant Le Sirius à Port-Louis, la
formule utilisée par le ministre lors de l'Assemblée
générale du Syndicat des Sucres était "White
Sugar or Doomsday".
Arvin Boolell a souligné que les conditions du marché
du sucre sont dictées par les acheteurs. "Today,
buyers dictate the market. This is why Mauritius would have to
shift from large scale production of raw sugar to that of value-added
white sugar. The equation is simple - white sugar or doomsday.
Our plea is to have a well balanced market with a price that will
enable us to have stable export earnings in order to consolidate
the reform process", a-t-il dit.
Faisant un tour d'horizon des développements intervenus,
le ministre de l'Agro-Industrie a déclaré que "I
wish to remind everyone that access to Accompanying Measures is
not automatic but is linked to performance indicators and to the
fulfilling of conditions, such as Outline Energy Policy, good
governance, sound macro economic policies and the enactment of
a Public Procurement Act."
Au chapitre de la réforme sucrière, M. Boolell a
évoqué l'éventualité d'une nouvelle
séance de travail entre le gouvernement et la Mauritius
Sugar Producers'Association (MSPA) dans l'élaboration d'un
Overall Package. "Last but not least, the reform
of the Sugar Sector is not being undertaken to have a bonanza
but for the very survival of the industry and the 60 000 persons
who depend on it", a-t-il affirmé.
Les menaces qui pèsent sur les exportations de thon et
de textile à compter du 1er janvier 2008 ont aussi été
évoquées par le ministre, qui s'est fait le défenseur
d'un Accord de Partenariat Économique avec l'Europe avant
la date-butoir du 31 décembre prochain. "We should
speed up the conclusion of the Economic Partnership Agreement
before the end of December 2007 to reflect the provisions of new
market access for sugar. Otherwise, we may find ourselves in a
difficult situation in January 2008 for the export of our products,
particularly textiles and tuna. The EPA is vital for the security
of our exports. The EU Commission needs an offer of substance
to put across to the WTO", a-t-il déclaré
au vu des problèmes qui ont surgi jusqu'ici parmi les 16
États membres de l'Eastern and Southern Africa engagés
dans des négociations avec Bruxelles.
APE : la guerre des arguments
À moins de trois mois de l'échéance pour
l'entrée en vigueur des Accords de Partenariat Économique
(APE) négociés entre l'Union européenne et
les six sous-régions d'Afrique, des Caraïbes et du
Pacifique (ACP), la guerre des arguments bat son plein entre adversaires
et partisans des APE.
La Commission européenne est montée en première
ligne avec une lettre ouverte sur les APE signée conjointement
par les commissaires européens au Commerce et au Développement,
Peter Mandelson et Louis Michel. Ils soulignent que la date-butoir
du 1er janvier 2008 pour l'instauration d'arrangements commerciaux
compatibles avec les règles de l'OMC ne peut être
manquée si l'on veut garantir que les pays ACP conserveront
le meilleur accès possible au marché de l'UE, sans
avoir à redouter l'attaque à l'OMC. Il est souligné
que les Accords de Partenariat Économique sont conçus
pour aider les pays ACP à construire des "économies
plus fortes" et "mettre un terme à leur
dépendance à l'égard des préférences
commerciales et du commerce des produits de base", et
le libre-échange n'interviendra pas au 1er janvier 2008,
mais progressivement.
"Il est erroné de croire que le " SPG Plus
" (qui donne droit à des préférences
supplémentaires au SPG) pourrait constituer une alternative
aux Accords de Partenariat Économique puisqu'aucun pays
ACP, susceptible d'être éligible, n'a ratifié
et mis en uvre les accords clés internationaux sur
le travail et le développement durable", notent
Peter Mandelson et Louis Michel. Et d'ajouter qu'"appeler
à la fin des négociations sur les APE quand il n'y
a pas d'alternative crédible, c'est jouer au poker avec
les moyens de subsistance de ceux que nous croyons aider".
Par ailleurs, plus d'une centaine de représentants d'organisations
membres de la campagne anti-pauvreté d'Europe et des pays
ACP ont manifesté, jeudi, devant le siège de la
Commission européenne, à Bruxelles, pour dénoncer
l'injustice d'accords commerciaux jugés contraires au développement
de pays parmi les plus pauvres au monde. C'était à
l'occasion de la Journée Mondiale contre les Accords de
Partenariat Économique.
La loi sur les successions
V. Lutchmeenaraidoo: "Sithanen a amendé la loi
par décret"
Accusé par l'opposition d'avoir amendé la loi
sur les successions en catimini, le ministre des Finances a démenti
qu'il fallait passer par le Parlement pour amender les lois. Dans
une déclaration à Week-End, Vishnu Lutchmeenaraidoo
maintient que Rama Sithanen a amendé cette loi par décret.
"Le ministre des Finances a procédé à
un amendement de la loi touchant au Land Transfer Tax par
le biais de la promulgation d'un décret. Il a modifié
cette loi afin que dorénavant, dans les cas de succession,
des frais soient payés à l'État. En d'autres
mots, le ministre a édenté le système de
privilèges que j'avais créé en 1983 en matière
de droits de succession.
La loi de 1983 avait tout simplement aboli les droits de succession
parce que je m'étais rendu compte que les grandes fortunes
du pays étaient transmises de père en fils sans
payer de droits puisqu'elles passaient par des sociétés
et des compagnies. Les seuls à payer ces droits étaient
les héritiers pauvres qui n'avaient pas les moyens de créer
des sociétés ou des compagnies et qui, pour s'acquitter
des frais, devaient parfois vendre le bien familial reçu
en héritage. J'avais donc aboli ces droits de succession
et la mesure avait été bien accueillie, surtout
par ceux se trouvant aux bas de l'échelle.
Je ne comprends pas comment un ministre des Finances peut s'acharner
sur une population en l'étouffant à travers une
multiplication des taxes. La question que je me pose est la suivante:
fallait-on pour quelques millions de plus "emmerder"
encore une fois les Mauriciens avec une modification d'une loi
juste ?"
Journée Internationale du Tourisme
"Nous sommes tous concernés par ce pilier de l'économie"
Dans une réflexion dans le cadre de la Journée Internationale
du Tourisme célébrée jeudi, le ministre Xavier-Luc
Duval appelle chaque Mauricien à se sentir concerné
par cette industrie devenue un pilier central de l'économie,
soit de notre survie nationale.
Xavier Duval rappelle dans sa réflexion la constante importance
accordée par les gouvernements successifs au secteur du
tourisme et les lois-cadres votées de même que les
incitations à l'investissement accordées. Dans le
même registre, il souligne les "décisions
hardies" de l'actuel gouvernement, notamment l'ouverture
sélective de l'accès aérien.
"Nous sommes bien partis pour accueillir 900 000 touristes
cette année, et moyennant la construction de nouveaux hôtels
de grande qualité dans les années à venir,
la barre de deux millions de touristes est envisageable",
déclare le ministre du Tourisme. Pour cela toutefois, le
ministre Duval estime qu'il faudra relever certains défis.
"Il faudra assurer la préservation de l'environnement;
se tourner vers l'intérieur pour de nouveaux espaces touristiques
axés sur le tourisme vert", dit-il. De même,
explique Xavier Duval, il faudra mettre en valeur notre "riche
patrimoine culturel". Pour atteindre ces objectifs, le
ministre du Tourisme appelle à une prise de conscience
de tout un chacun.
"Chaque individu a son rôle à jouer pour
contribuer au développement d'une industrie qui assurera
l'avenir de nos enfants et des leurs", dit-il. Dans sa
conclusion, le ministre Duval rappelle le thème de la Journée
2007 du Tourisme ("Le Tourisme: Une Porte Ouverte Pour les
Femmes") et souligne que les métiers de cette industrie
- accueil, service, cuisine, notamment - se prêtent bien
aux aptitudes naturelles des femmes. Il rappelle que plus de 10
000 femmes sont déjà employées dans cette
industrie à Maurice.
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