Des clarifications au sein de l'opposition sont attendues avec
le retour au pays aujourd'hui de Paul Bérenger de Madagascar.
Le leader de l'opposition désigné mardi par le président
de la République, Sir Anerood Jugnauth, doit animer une
réunion du bureau politique de son parti demain avant de
faire sa première déclaration publique depuis sa
nomination. Sollicité, il s'est refusé à
tout commentaire sur les derniers développements intervenus,
ajoutant qu'il préférait être au pays et discuter
avec ses collègues avant de faire part de ses observations.
Paul Bérenger est à Madagascar depuis lundi à
l'invitation de la Fondation Friedrich Ebert. Il a animé
deux séminaires sur le "miracle" économique
mauricien, la période de l'indépendance à
aujourd'hui et la coopération et l'intégration régionale.
Il a profité de son séjour dans la Grande île
pour rencontrer un bon nombre de dirigeants et a poursuivi ses
recherches aux archives nationales sur l'assassinat du général
Ramanandasiraf et d'autres sujets touchant à l'histoire
du peuplement de nos deux îles.
C'est lundi que des développements sont intervenus après
une seconde rencontre entre Pravind Jugnauth et Maurice Allet,
ce dernier confirmant ce qu'il avait publiquement déclaré
le vendredi précédent une rencontre avec la presse,
et selon laquelle le PMSD soutenait le MMM et Paul Bérenger
comme leader de l'opposition.
Et c'est aussi au cours d'une conférence de presse du MSM
en fin d'après midi lundi que Pravind Jugnauth annonçait
la démission tant de Nando Bodha du poste de leader de
l'opposition que de Showkutally Soodhun de celui de whip. Nando
Bodha était alors en déplacement officiel en Inde
en compagnie du Speaker, Kailash Purryag, dans le cadre d'une
conférence de la Commonwealth Parliamentary Association.
Il est attendu le 6 octobre puisqu'il profitera de son séjour
dans la Grande Péninsule pour prendre quelques jours de
vacances.
Les tractations ont toutefois été bon train durant
la semaine écoulée. Des dirigeants du MMM ont maintenu
le contact avec ceux du MSM. Et même si Pravind Jugnauth
a dit, sur un ton amer, que le fossé avait grandi entre
le MSM et le MMM avec la cession du poste de leader de l'opposition
et que malgré cela il pouvait quand même être
comblé, le président du MSM, Joe Lesjongard a, lui,
publiquement exprimé le souhait que l'opposition travaille
ensemble comme le souhaite la population, un avis qui serait partagé
par la majorité des députés du MSM.
Les discussions entre dirigeants MSM et MMM ont porté sur
la possibilité que le poste de whip de l'opposition soit
offert au MSM, une prérogative qui revient au leader de
l'opposition. Ce serait une manière de montrer qu'il y
a un désir sincère de reconstituer l'alliance entre
les deux partis. Au lendemain des élections générales
de 2005, Paul Bérenger était pour rappel le chef
de l'opposition et Showkutally Soodhun le whip.
Il est toutefois peu probable que le MMM accepte l'ancien titulaire
avec qui les relations se sont considérablement dégradées
depuis l'année dernière, les élus du MMM
n'appréciant pas sa proximité avec certains dirigeants
du gouvernement. L'affaire du poste offert au Bureau international
du travail contestée par le syndicaliste Atma Shanto n'aurait
pas non plus arrangé ses affaires.
Plus souvent ministre que leader de l'opposition
Les mauves, dit-on, accepteraient volontiers tout autre député
du MSM qui entretiendrait des relations de travail excellentes
avec le leader de l'opposition, lequel doit de toute façon
être consulté pour tout ce qui touche à l'organisation
de l'agenda parlementaire. On devrait en savoir un peu plus à
ce sujet après la réunion du bureau politique du
MMM demain.
Paul Bérenger retrouve ainsi un poste qu'il a longtemps
occupé, même s'il est historiquement vrai qu'il a
été plus souvent ministre que leader de l'opposition.
C'est en décembre 1976 qu'il fait ses premières
armes de parlementaire sous le leadership de Anerood Jugnauth.
Aux élections de 1982, il est ministre des Finances du
gouvernement de 60/0 qui vole en éclats après neuf
mois seulement. C'est après les élections de 1983
qu'il devient pour la première fois leader de l'opposition.
Il restera à ces fonctions jusqu'au scrutin de 1987. Il
n'est pas élu et n'entre pas au Parlement. C'est Prem Nababsing
qui est fait leader de l'opposition.
Après les élections de 1991, Paul Bérenger
devient le ministre des Affaires étrangères. Il
est révoqué en août 1993 et bien qu'étant
à la tête d'un groupe de députés du
MMM plus important que celui du PTr, il laisse le leadership de
l'opposition à Navin Ramgoolam.
Aux élections générales de 1995, c'est la
razzia électorale de l'alliance PTr/MMM qui rafle le second
60/0 de l'histoire. Paul Bérenger est fait vice-Premier
ministre et ministre des Affaires étrangères. Mais
nouvelle révocation en juin 1997. Il redevient leader de
l'opposition jusqu'aux élections de 2000.
Il sera vice-Premier ministre et ministre des Finances de septembre
2000 à septembre 2003, après quoi il accède
au poste de Premier ministre jusqu'aux élections de juillet
2005.
Toute l'île Maurice a gardé en mémoire sa
prestation télévisée le soir de la défaite
de l'alliance MSM/MMM, le 4 juillet, une alternance qualifiée
d'exemplaire par la presse internationale. Il sera le leader de
l'opposition jusqu'en avril 2006, date à laquelle Nando
Bodha lui succède.
Campagne contre deux projets de loi sur le travail
Première offensive syndicale à RH le 20 octobre
Le Front Travayer du Sekter Privé (FTSP) part en campagne
contre les deux projets de loi sur le travail présenté
par le gouvernement, l'Employment Relations Bill et le
Labour Act. Depuis un peu plus de dix jours, ce mouvement
syndical poursuit une campagne d'information sur le terrain qui
culminera vers une manifestation pacifique le samedi 20 octobre
à Rose-Hill. L'objectif de cette campagne est de sensibiliser
les travailleurs aux changements préconisés dans
les deux projets de loi, qui remplaceront l'Industrial Relations
Act (IRA) et le Labour Act. Le syndicaliste Reaz Chuttoo
a par ailleurs dénoncé l'absence de réaction
de l'opposition par rapport à la question.
La principale préoccupation des mouvements syndicaux porte
sur le faible taux de syndiqués dans le secteur privé.
"90% des travailleurs ne sont pas syndiqués et
ne savent pas ce qui les attend. Il y a urgence !", déclare
le syndicaliste Reaz Chuttoo, qui estime qu'il faut dès
maintenant développer une "prise de conscience"
autour de ces changements envisagés et de réagir
en conséquence.
Les fédérations syndicales planchent actuellement
sur les principaux points sur lesquels ils ont déjà
exprimé leur désapprobation, dont les conditions
relatives aux droits de grèves, les conditions salariales,
les heures de travail ou les conditions de recrutement et de licenciement.
Ils ont jusqu'au 12 octobre pour soumettre leurs contre-propositions
au ministère du Travail et des Relations industrielles,
le Dr Vasant Bunwaree.
Pour le porte-parole de la FTSP et également négociateur
de la Federation of the Progressive Union (FPU), le mouvement
des travailleurs devrait commencer à s'activer pour éviter
que le projet de loi ne soit pas adopté tel que proposé
à la rentrée parlementaire. "C'est pour
cela que nous soumettrons nos contre-propositions au plus tard
le 12 octobre et le ministre devra prendre l'engagement de nous
soumettre le Revised Bill et d'indiquer quand le document
sera déposé sur la table de l'Assemblée nationale",
ajoute-t-il.
Ce dernier dénonce également ce qu'il appelle le
"silence coupable" de l'opposition depuis la
présentation des deux projets de loi, ne manquant pas de
rappeler qu'il y a d'anciens syndicalistes qui sont dans les rangs
de l'opposition parlementaire. "Au lieu de se prononcer
ouvertement sur les nouvelles lois, l'opposition s'intéresse
plutôt à ceux qui touchent Rs 385 000 par mois. Les
travailleurs jugeront eux-mêmes qui sont ceux qui sont en
train de défendre leur cause contre une loi qui nous ramènera
60 ans en arrière", dit-il.
Concernant la manifestation prévue le 20 octobre, le point
de départ sera la Place Margéot, Rose-Hill. Les
manifestants emprunteront la route Royale pour se diriger vers
le Plaza.
Income tax
Rama Sithanen multiplie les assurances
À une semaine de l'échéance pour la soumission
des formulaires d'impôts et pour le premier paiement de
la National Residential Property Tax (NRPT), le vice-Premier
ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, multiplie les
assurances quant aux retombées de la réforme fiscale.
Pour la deuxième fois en une semaine, il s'est engagé
personnellement dans des présentations publiques avec pour
principal thème : la fiscalité. Pendant presqu'une
heure, hier, il a animé un point de presse à Port-Louis,
saisissant l'occasion pour réitérer sa demande en
vue d'un débat sur la politique économique avec
le nouveau leader de l'opposition, Paul Bérenger. Le ministre
s'est dit disposé à se pencher sur des mesures correctives
dans des cas où des Genuine PAYE Taxpayers se retrouveraient
en position défavorable avec la nouvelle formule.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a confirmé
que trois catégories de contribuables pourraient se retrouver
avec une note fiscale plus élevée qu'auparavant.
"Taxpayers who will pay more tax are a small percentage
of existing genuine PAYE taxpayers, those who have been making
aggressive use of tax planning to exploit the loopholes in the
previous system : interest paid and interest received and those
who have been under declaring their income", a-t-il déclaré
lors de cette Power Point Presentation.
S'agissant de la première catégorie, le vice-Premier
ministre et ministre des Finances a annoncé que la Mauritius
Revenue Authority (MRA) sera appelée à plancher
sur ces cas au cours des six mois à venir, et que des possibilités
de mesures correctives sont envisagées si cette situation
ne découle pas d'abus fiscal précédent. Le
pourcentage de contribuables dans cette catégorie est de
2 %, selon des sources officieuses. Mais le Grand Argentier s'est
montré intraitable par rapport aux deux autres catégories
de contribuables se retrouvant avec des paiements d'impôts
conséquents.
Rama Sithanen a aussi fait état de la guerre déclarée
par la MRA contre les resquilleurs de la taxe, les trafiquants
de drogue et "bann ki inn kokin kas ek ki refiz pey tax
lor sa kas kokin-la". Il a donné une première
indication chiffrée de la fraude fiscale en révélant
que dans 20 premiers cas d'Assessments, le Tax Yield
a été de Rs 137 millions. "Vous avez une
idée de l'envergure de l'évasion fiscale. L'enjeu
est de taille. Ces gros requins de la taxe tentent de manipuler
les petits contribuables. Zot kone ki zot rol pe fini",
a-t-il déclaré. Et le VPM et ministre des Finances
d'ajouter : "Avec les impôts sur les intérêts
en banque et l'imposition de la National Residential Property
Tax, la MRA devrait être en mesure de traquer efficacement
ces resquilleurs. You need to pay your fair share of Income
Tax." Dans ce contexte, il a maintenu que dans des
pays comme la France, la Grande-Bretagne, l'Australie, Singapour
ou l'Afrique du Sud, des impôts sont perçus sur des
intérêts bancaires.
D'autre part, M. Sithanen a souhaité la tenue d'un débat
avec le nouveau leader de l'opposition comme ce fut le cas précédemment
entre Paul Bérenger et Vishnu Lutchmeenaraidoo, alors ministre
des Finances sous sir Anerood Jugnauth, ou encore entre Navin
Ramgoolam et Paul Bérenger. "Today, it's the same
story. MMM and MSM say they will phase out Personal tax and eliminate
gradually Corporate tax. They will also abolish customs duties.
They will also remove taxes we have introduced. They will also
restore some of our expenditure cuts. They will need to raise
VAT to at least 25 %, if not higher", a-t-il soutenu,
tout en réclamant ce débat sur l'économie.
Dans la première partie de son exposé, le ministre
des Finances a procédé à une analyse systématique
et avec des cas d'espèces (voir tableau plus loin), des
effets de la nouvelle formule d'Income Tax. Avec cette
nouvelle politique, le manque à gagner dans les caisses
publiques varierait entre Rs 350 millions à Rs 400 M.
"Avec l'Income Exemption Threshold amélioré,
soit des allocations personnelles de Rs 215 000 au lieu de Rs
85 000, pas moins de 36 600 contribuables sur 72 163 (51 %) n'auront
plus à payer des impôts", affirme-t-il.
Et de laisser entendre que "an overwhelming percentage
of remaining PAYE taxpayers will pay lower tax than under the
old system for three main reasons, namely the increased income
exemption threshold, the reduction in tax rates from 30 % in 2005/06
to 22,5 % in 2006/07, and to 15 % in 2007/08, and the merging
and widening of the tax band of Rs 500 000."
Rama Sithanen, qui avait fait l'objet d'une "fronde"
au conseil des ministres la semaine précédente pendant
son absence, a commenté l'introduction de la National
Residential Property Tax. "Nous avons tenu en ligne de compte
les recommandations du comité et nous avons fait mieux.
Le seuil pour le paiement de la NRPT est de Rs 385 000, soit des
revenus mensuels de Rs 30 000. The NRPT is capped at 5 % of income.
Les recettes serviront à financer les projets de la National
Development Unit (NDU)", explique-t-il
L'intervenant soutient que 95 % des contribuables ne seront pas
assujettis à la NRPT. "Those taxpayers who have
benefitted from reduction in Income Tax and who overall are often
better off will pay the NRPT. Even, taxpayers liable to NRPT will
pay a small amount unless they have more than one large property",
a-t-il conclu.
Produits pétroliers plus cher à partir de mercredi
?
Sécurité renforcée sur les stations-service
Les stations-service seront très probablement mises à
rude épreuve mardi après-midi avec la dernière
révision trimestrielle du prix des produits pétrolier
sous l'Automatic Pricing Mechanism (APM). Selon les indicateurs
sur le marché mondial, tout porte à indiquer que
le prix des deux principaux produits - l'essence et le diesel
- devrait atteindre leur niveau le plus élevé si
une augmentation maximale de 20% est appliquée. Les autorités
craignent par ailleurs que la situation devienne incontrôlable
au niveau des stations-service dans l'après-midi et la
soirée de mardi en cas d'annonce d'une hausse de prix à
partir de mercredi. Les patrouilles et la présence de membres
de la police sur les fillings sont ainsi envisagées
pour éviter tout incident ou dérapage.
Une nouvelle application du plafond de 20% sur l'essence est plus
que plausible avec la montée des cours du pétrole
sur le marché mondial et l'augmentation du coût du
fret durant ces trois derniers mois. Le prix de l'essence pourrait
atteindre son niveau le plus élevé: Rs 46.80 le
litre. Le prix le plus élevé avait été
enregistré en octobre de l'année dernière
lorsque l'essence avait traversé pour la première
fois la barre des Rs 40; le prix ayant été fixé
à Rs 40.60. Cela pourrait également être le
cas pour le diesel, dont le litre est vendu à Rs 29.70.
L'Institut pour la Protection des Consommateurs (ICP) a formulé
une requête au gouvernement pour que le plafond de 20% soit
revu à la baisse. Il a demandé qu'il soit ramené
à 15%. La dernière fois que ce plafond avait été
appliqué date d'octobre 2005, lorsque le gouvernement avait
décidé d'amender l'indexation maximale de 15% à
20%. Du coup, le prix de l'essence était passé à
Rs 40.60 le litre. Selon les indications recueillies, une hausse
de 34% aurait dû être appliquée. Ce qui pousse
les analystes de la STC à prédire qu'une augmentation
maximale n'est pas à écarter pour l'essence.
Quoi qu'il en soit, les automobilistes et consommateurs suivront
de très près les délibérations du
Certification Committee de l'AMP, qui se réunira
à partir de 14h mardi. Les autorités policières
s'attendent à ce qu'il y ait un rush sur les fillings
si une nouvelle augmentation de produits pétroliers intervient
dans l'après-midi. La police n'écarte pas les risques
de dérapages et d'incidents, ainsi que l'impact de ce rush
sur la circulation routière, dans les régions urbaines
en particulier.
Par ailleurs, le gaz ménager ne sera pas soumis au même
exercice. Le prix restera inchangé jusqu'à octobre
de l'année prochaine. Cette décision a été
prise il y a quinze jours par le gouvernement. Le prix d'une bonbonne
de 12 kg sera maintenu à Rs 315.