Le Parti Mauricien Social Démocrate a causé la surprise
politique de la semaine en annonçant lundi soir qu'il se
retirait du gouvernement de l'Alliance Sociale. Dans cette interview
réalisée vendredi matin, Maurice Allet, leader du
PMSD, explique les raisons de cette démission et remet
certaines pendules à l'heure. Par ailleurs, il explique,
sans aucune équivoque, la politique que son parti compte
mener au sein de l'opposition.
Commençons par un rappel des faits, Maurice Allet. Pour
quelle raison le PMSD a-t-il quitté l'opposition en 2006
pour entrer dans l'alliance gouvernementale ?
Après les élections de 2005, des émissaires
travaillistes étaient venus me voir pour dire que le PMSD
devait rejoindre le gouvernement PTr pour faire avancer le pays.
J'ai beaucoup réfléchi en tenant en ligne de compte
que les prochaines élections sont prévues pour 2010
et que l'électorat du PMSD - qui s'est toujours plus senti
à l'aise au pouvoir que dans l'opposition - serait mieux
représenté au gouvernement que dans l'opposition.
Par ailleurs, il y avait le fait que l'Alliance Sociale n'avait
pas réussi à faire élire un seul député
de la communauté générale. Nous avons beaucoup
discuté de la question au PMSD et avons décidé
de faire le saut sans conditions.
Il n'avait pas été question que Maurice Allet
obtienne un boutt
pardon, un portefeuille ministériel
en échange de l'entrée du PMSD au gouvernement ?
Il n'a jamais été question de récompense
ou de boutt et Navin Ramgoolam l'avait lui-même déclaré:
le PMSD est entré au gouvernement sans conditions. Il y
a eu, par la suite, des déclarations et des spéculations
sur un ministère offert au PMSD dans le cadre d'un remaniement
ministériel, mais il n'y avait aucune condition à
l'entrée du PMSD au gouvernement. Pour être tout
à fait exact, il n'y avait pas de conditions, mais nous
avions convenu d'un arrangement qui n'a pas été
respecté. La seule condition posée était
qu'un des deux élus PMSD à la municipalité
de BB/RH obtienne un mairat. Un de ces élus est un habitant
de Cité Barkly et est aujourd'hui enseignant. Lui donner
le mairat aurait été un signal fort sur la politique
du gouvernement. Mais à la veille de l'élection
municipale, j'ai eu un coup de poignard dans le dos quand le candidat
du MR a été choisi au détriment de celui
du PMSD. J'en ai parlé à Navin Ramgoolam qui m'a
dit qu'il allait s'occuper de la question. L'année suivante,
le mairat est allé à un autre membre du MR. En dehors
de cet arrangement non respecté, il n'y avait aucune condition
à l'entrée du PMSD au gouvernement.
C'est le PMSD qui était demandeur de cette entrée
au gouvernement ?
Pas du tout. Ce sont les travaillistes qui ont fait des propositions.
Je vais vous raconter comment cela s'est passé: quand il
y a eu des problèmes entre le MSM et le MMM, Raschid Beebeejaun
m'a téléphoné un dimanche matin pour me passer
le message suivant: Navin Ramgoolam, qui était à
l'étranger, voulait savoir quelle était la position
du PMSD dans le conflit et m'invitait à soutenir le gouvernement.
Je suis allé chez Navin Ramgoolam le soir de son arrivée
et nous avons discuté jusqu'à 2h du matin. Je vous
le répète: le PMSD n'était pas demandeur.
La question demeure: pourquoi le PMSD est-il entré au
gouvernement ? Juste pour faire plaisir à Navin Ramgoolam
?
Nous sommes entrés au gouvernement pour défendre
cette partie de l'électorat qui n'avait pas voté
pour Ramgoolam: la population générale. Nous sommes
également entrés au pouvoir pour faire oublier les
attaques de l'Alliance Sociale contre le secteur privé
pendant la campagne électorale. Je suis parvenu à
aider certains de mes mandats méritants - et pas forcément
PMSD - à obtenir une maison. Au niveau du recrutement,
j'ai pu obtenir de l'emploi dans le gouvernement pour quelques-uns
de mes mandants, ce qui n'a pas été le cas d'Eric
Guimbeau à Curepipe. Au fil du temps, je me suis rendu
compte qu'en ce qui concerne les emplois dans le gouvernement,
le PMSD était bien moins traité que les autres partis
de l'Alliance Sociale. Je suis allé me plaindre au Premier
ministre et à chaque fois, il m'a rassuré et m'a
demandé d'attendre et de lui donner le temps de s'occuper
de ces problèmes. J'ai longtemps attendu.
Quelle est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase
PMSD ?
Le langage utilisé par Navin Ramgoolam ces derniers jours
contre une section de la population.
Mais, Maurice Allet, ce n'est pas la première fois depuis
que le PMSD est entré au gouvernement en 2006 que Navin
Ramgoolam et des membres du PTr utilisent ce "langage"
et ces "arguments". Où étiez-vous les
fois précédentes: en train de vous boucher les oreilles
pour ne pas entendre ?
Sa déclaration d'Union Park a dépassé les
bornes. Eric Guimbeau a réagi et je lui ai demandé
de prendre un rendez-vous avec Navin Ramgoolam pour clarifier
la situation. J'ai ensuite rencontré Ramgoolam, le jeudi,
qui m'a dit qu'il n'était pas content de la réaction
d'Eric Guimbeau. Je lui ai demandé un rendez-vous pour
évoquer toute la question pour dissiper tous les malentendus.
Il a accepté et j'ai demandé officiellement un rendez-vous.
Et puis, dimanche dernier, Navin Ramgoolam a répondu à
Eric Guimbeau en des termes inacceptables à Belle Rive.
Mais, en fait, ce n'est pas Eric Guimbeau que Navin Ramgoolam
a insulté, mais le PMSD - dont Eric est le leader adjoint
- et son électorat.
Quel est votre commentaire sur la partie des déclarations
de Navin Ramgoolam sur la supposée interdiction d'entrer
dans une boîte de nuit ?
Est-ce parce qu'il s'agit du fils du ministre des Finances qu'il
faut faire d'un incident survenu dans une boîte de nuit
un problème national ? Au lieu d'aller défendre
le fils Sithanen, à qui on n'a pas donné assez vite
des verres propres pour boire sa vodka - à quel prix ?
- , le Premier ministre aurait mieux fait de défendre ce
handicapé que l'on a fait sortir de force d'un autobus.
Ça, c'est un sujet d'importance nationale pour un Premier
ministre, pas les déboires d'un fils à papa qui,
selon mes renseignements, est loin d'être un enfant de chur.
Et voilà que pour soutenir le Premier ministre, Rama Valayden
annonce qu'il va faire fermer les clubs privés comme le
Mauritius Turf Club. Avant de faire de telles déclarations,
Rama Valayden devrait commencer par demander à sa femme
d'arrêter d'aller chercher des coupes au MTC. Alors, le
gouvernement va faire fermer les clubs privés parce qu'un
fils de ministre a été "faner" dans une
discothèque ?
Il me semble que vous avez pris beaucoup de temps pour comprendre
certaines choses très simples, Maurice Allet !
Laissez-moi vous dire qu'à chaque fois qu'il y a eu utilisation
de propos graves par ses députés, nous sommes allés
voir le Premier ministre pour protester. Et, à chaque fois,
il nous recevait longuement, nous disait qu'il n'était
pas d'accord avec ces propos et qu'il allait le faire savoir.
Nous l'avons cru. Mais, ces derniers temps, ce n'est pas du langage
d'un député qu'il s'agissait mais de propos tenus
par Navin Ramgoolam lui-même et que toute la population
a pu entendre grâce à la MBC, contre le leader adjoint
du PMSD. J'ai réuni les instances du PMSD et quand nous
avons étudié la manière dont le PMSD était
traité au sein de l'Alliance Sociale, nous avons décidé
à l'unanimité de quitter le gouvernement, de lev
nou paké alé. Avant que - comme son père
l'avait fait avec Gaëtan Duval - , on nous mette dehors du
gouvernement avant que nous ayons le temps de démissionner.
Vous pensez que Navin Ramgoolam aurait pu faire ça ?
Après ses propos de ces dernières semaines, je m'attends
à tout de sa part. N'oubliez pas que dimanche dernier,
il a déclaré que le PMSD ne faisait pas partie du
gouvernement alors que nous le soutenons on ne peut plus ouvertement
au Parlement depuis plus d'un an et demi ! Et qu'à plusieurs
reprises, il m'a personnellement dit que le PMSD allait faire
partie du cabinet ministériel
En fin de compte, et comme le créole le dit si bien,
Navin Ramgoolam finn byin kouyonn ou, Maurice Allet !
Je le reconnais, mais je ne suis pas le premier. Avant moi, il
y a eu Gaëtan Duval et Paul Bérenger. Mais moi, j'ai
réussi à lui rendre ce qu'il avait fait à
Gaëtan Duval: démissionner avant d'être mis
à la porte. Cinq minutes après avoir annoncé
la décision du BP du PMSD de quitter le gouvernement, Navin
Ramgoolam m'a téléphoné pour me donner un
rendez-vous le lendemain matin. Je lui ai dit que c'était
trop tard. Dans un mariage, il faut un certain temps pour que
les partenaires se comprennent, s'adaptent, avant que le couple
commence à fonctionner. C'est la même chose dans
une alliance politique.
Sauf que le PMSD s'est marié avec l'Alliance Sociale
sans même faire un contrat de mariage et sans vérifier
le contenu de la dot.
Ce qui veut dire que nous n'avons pas été des opportunistes
venus chercher notre boutt. Mais quand, après tous
les efforts, les époux n'arrivent pas à s'entendre,
il vaut mieux divorcer. C'est ce que nous avons fait avec dignité.
Pendant cette année et demie de mariage, c'est surtout
Eric Guimbeau qui est monté au front en prenant position
sur de multiples sujets d'actualité. On pourrait dire que
vous vous êtes cachés derrière lui ou, pour
paraphraser certains, que vous avez fait travailler sa Blanc
la.
On dirait que vous avez adopté le langage de Ramgoolam
et des Travaillistes ! Qui a pris position dans l'Alliance gouvernementale
sur la question de l'enlèvement des subsides sur les fees
des examens ? Ceci étant, Eric Guimbeau est le leader
adjoint du PMSD, parti où, contrairement à d'autres,
le leader n'a pas le monopole des déclarations. J'aimerais
faire ressortir que j'ai soutenu toutes les déclarations
et prises de positions de mon adjoint.
Mais on pourrait dire la même chose de Navin Ramgoolam
par rapport aux déclarations et prises de positions de
la députée PTr Nita Deerpalsingh.
Savez-vous combien de fois Eric Guimbeau et moi sommes allés
voir Navin Ramgoolam pour protester contre le langage et les propos
de la députée que vous venez de citer ? À
chaque fois, il nous a reçus longuement en nous donnant
l'assurance qu'il n'était pas d'accord avec les propos
de Nita Deerpalsingh. Ce n'est que depuis quelques jours qu'il
parle le même langage qu'elle en public.
Lors de votre long passage dans le train gouvernemental, vous
avez soutenu la politique de l'Alliance Sociale. Aujourd'hui,
dans l'opposition, vous avez déjà commencé
à attaquer cette politique. Quand êtes-vous politiquement
sincère, Maurice Allet: quand vous êtes dans le gouvernement
ou dans l'opposition ?
Je n'ai jamais hésité à dire les choses comme
elles sont. Je n'ai jamais fait de déclarations contre
le travail du gouvernement MSM-MMM dont nous avons fait partie.
Nous avons essayé, en toute sincérité, d'aller
donner un coup de main au gouvernement de l'Alliance Sociale pour
le bien du pays et de notre électorat. Malheureusement,
nous n'avons pas réussi, pour les raisons que vous savez.
Au niveau politique, où se situe le PMSD aujourd'hui
?
Vous êtes pressé. Nous venons tout juste de rompre
avec l'Alliance Sociale et le divorce n'a même pas été
officiellement prononcé
Une réconciliation peut être envisagée
?
La question ne se pose même pas
Le fait que le divorce n'a pas encore été officiellement
prononcé n'empêche pas le PMSD de rencontrer de nouveaux
prétendants. Vous avez annoncé la rupture lundi,
et mercredi et jeudi, vous avez rencontré Pravind Jugnauth
et Paul Bérenger. On connaissait les veuves joyeuses, il
faut maintenant compter avec les divorcés pressés
de se remarier !
J'aimerais dire que le gouvernement MSM-MMM dont le PMSD a fait
partie a été un des meilleurs gouvernements que
le pays ait connu. Il y a eu des développements indéniables
dans le pays, mais malheureusement, une majorité de Mauriciens
- je souligne une petite majorité - a décidé
de choisir l'Alliance Sociale. Le PMSD a essayé d'apporter
sa contribution au nouveau gouvernement pour les raisons que je
vous ai expliquées et avec les résultats que l'on
sait. Depuis les élections de 2005, il y a eu la cassure
que l'on sait au niveau de l'opposition. Maintenant que nous avons
quitté le gouvernement, le PMSD veut refaire l'unité
au sein de l'opposition. C'est dans cette optique que j'ai eu
des rencontres avec Pravind Jugnauth et Paul Bérenger à
qui j'ai fait part de la nécessité de la réunification
de l'opposition.
Je vous rappelle qu'en 2005, Pravind Jugnauth ne voulait pas
vous donner un ticket pour les élections générales.
C'est exact. Nous avons abordé cette question et il m'a
expliqué les raisons ayant motivé son attitude.
J'ai bien fait comprendre à Pravind Jugnauth que le souhait
du PMSD est de redonner à Paul Bérenger le poste
de leader de l'opposition.
Que vous a-t-il répondu ?
Qu'il aurait souhaité que le MSM garde le poste de leader
de l'opposition. Je lui ai dit que pour être honnête
avec ma démarche et du fait que Bérenger a toujours
tenu parole vis-à-vis du PMSD et que réunification
ou pas, nous voulons lui rendre le poste de leader de l'opposition.
Après cette réunion, avec Eric Guimbeau, je suis
allé voir Paul Bérenger et Alan Ganoo.
Je crois qu'il est utile de rappeler qu'Eric Guimbeau avait
démissionné du MMM pour se joindre au PMSD en raison
de l'attitude de Paul Bérenger à son égard...
Ce sont des choses qui arrivent en politique à Maurice.
Après s'être longtemps combattus, Bérenger
et Jugnauth se sont bien alliés en 2005 et Vishnu Lutchmeenaraidoo
vient de réintégrer le MMM. Donc, nous avons eu
des discussions franches avec et le MSM et le MMM sur une réunification.
Que vous a dit Bérenger quand vous lui avez fait part
de l'intention du PMSD de lui faire ce cadeau ?
Qu'il ne voulait pas avoir le poste de leader de l'opposition
à n'importe quel prix mais que si c'était le vu
du PMSD, c'était une autre affaire. La position du PMSD
est sans équivoque: avec ou sans alliance de l'opposition,
nous soutenons Paul Bérenger.
Le PMSD imposant Bérenger comme leader de l'opposition,
on aura définitivement tout vu en politique à Maurice
! Ce qui justifie les déclarations de Navin Ramgoolam selon
lesquelles Bérenger serait derrière le retrait du
PMSD du gouvernement.
Il est obligé de chercher un prétexte pour essayer
d'expliquer ce qui s'est passé. Il ne s'attendait absolument
pas à ce que le PMSD claque la porte. Il a eu un choc.
Il n'est pas habitué à ce genre de chose. Au PMSD,
on a de la dignité. Je ne m'appelle pas Duval mais je crois
être plus l'héritier de Duval, plus un pur-sang que
certains qui portent le nom. Cette décision a été
prise à l'unanimité. Le PMSD ne peut pas accepter
que dans un pays multiracial comme Maurice, le Premier ministre
vienne justifier le contrat accordé à un agent politique
en disant: "Mo pé donn sa mo bann", et
attaque le secteur privé pour se justifier. Le PMSD a toujours
préconisé une politique encourageant le secteur
privé à travailler avec le gouvernement pour investir
et créer des emplois pour permettre au pays de progresser.
Nous avons toujours soutenu ouvertement le secteur privé,
parce qu'il est nécessaire de lui permettre de fonctionner
pour le développement du pays.
Ce retrait du gouvernement peut-il influer sur les relations
PMSD-PMXD ?
Non. Pour la bonne raison qu'il n'y a pas de relations entre nos
deux partis. Nous nous contentons de nous saluer poliment, sans
plus.
Quelle serait votre préférence s'il fallait choisir
entre une alliance PMSD-MSM et une union PMSD-MMM ?
Mon souhait est de refaire l'alliance MSM-MMM-PMSD, avec plus
d'un ticket pour les bleus. Mais si on ne parvient pas à
cette réunification, ma préférence irait
à une alliance du PMSD avec le MMM.
Vous êtes donc partisan que l'on présente Paul
Bérenger comme candidat au poste de Premier ministre aux
prochaines élections ?
Paul Bérenger a déjà exercé cette
fonction et aucune des composantes de l'électorat ne peut
venir dire qu'il a été mal traité par rapport
à d'autres ou que ses droits ont été lésés.
Il n'a jamais parlé de "so bann" en opposition
à d'autres communautés, lui. Je ne vois pas pourquoi
je ne soutiendrai pas la candidature de Paul Bérenger au
poste de Premier ministre aux prochaines élections, si
c'est dans un scénario à l'israélienne avec
le MSM, ou tout seul s'il n'y a pas d'alliance.
Vous pensez que réunifiée ou pas, l'opposition
pourrait remporter les prochaines élections ?
Vous en doutez ? Je croyais que la décision de quitter
le gouvernement aurait pu mécontenter certains. Je me trompais.
Depuis lundi, je n'ai eu que des félicitations. Cela veut
dire que les gens ont compris notre action et la soutiennent et
que, par conséquent, ils sont contre la manière
de faire du gouvernement. Et je ne vous parle pas de la colère
du peuple à propos de la taxe, des augmentations de prix,
des pénuries, de l'affaire Desbro, de celle de l'îlot
Gabriel, la question du sucre et de l'Union Européenne.
Pour moi, l'issue des prochaines élections est sans appel.
Le PMSD, avez-vous dit, est plus à l'aise au gouvernement
que dans l'opposition. Alors comment vous sentez-vous depuis lundi
dernier ?
Il y a gouvernement et gouvernement. Avec le MSM-MMM, il y avait
de la discipline, du travail, des réalisations, des projets.
Avec l'Alliance Sociale, c'est la cour du roi Pétaud: chacun
fait et dit ce qu'il veut. Quand aux réalisations, vaut
mieux ne pas en parler. Le PMSD est définitivement plus
à l'aise dans l'opposition qu'il ne l'était jusqu'à
lundi dernier au gouvernement.