s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 23 septembre 2007



  Anahita—Sanctuaire de l'est
  Conseil d'experts en climatologie de la SADC…—Ne gaspillez pas l'eau, il tombera moins de pluies cet été
  Projet de déviation de la route côtière à Trou-aux- Biches, version contestataires—Un réalignement de la route côtière à 30 mètres du High Water Mark
  Tensions villageoises—Trou-d'Eau-Douce en eaux troubles
  Accès à l'îlot Gabriel—La bataille légale enclenchée
  Collèges secondaires—Le privé tire la sonnette d'alarme sur l'indiscipline scolaire et exige une loi cadre
  Éducation—Surveillance des examens du CPE
  Affaire Eastern University—Les universités indiennes ne reconnaissent pas le diplôme de EIILM
  En visite à Maurice—L'équipage du USS Normandy laisse une fresque murale à Roche-Bois
  Environnement marin—Le spectacle des baleines à bosse
  Vallée des Prêtres—Les forces vives dénoncent deux membres du gouvernement
  Rapport américain sur la Liberté religieuse—La liberté de culte se pratique sans entrave à Maurice
  107e anniversaire de la naissance de SSR—Ambiance de fête à Kewal Nagar


Anahita

Sanctuaire de l'est

Les 70 toits des premières villas de luxe Anahita pointent du nez. La première phase du projet IRS de Ciel Properties prend forme et les premiers résidents de L'Adamante, de l'hôtel et des Villas Four Seasons recevront leurs clés en mars 2008. Une visite sur l'étendue du domaine, la semaine dernière, nous a donné à voir une fourmilière sur le chantier, les ouvriers travaillant d'arrache-pied pour livrer dans les délais prévus ce projet de développement hôtelier à Beau Champ.

Étendu sur 200 hectares, le domaine Anahita est un véritable sanctuaire: cadre accueillant des résidences, splendeur de la nature qui s'étale devant soi. Les appartements en construction, dont le prix d'achat débute à Rs 21 millions, avec vue sur la mer et les montagnes qui se découpent à l'arrière, se dessinent peu à peu sur le site.

Tournée sur le chantier de construction. Plus de 2 500 ouvriers s'activent à plein temps afin de livrer dans les délais prévus ce projet de développement hôtelier à Beau Champ. Depuis le début des travaux en janvier 2006, la construction de l'hôtel et des villas est parvenue à un stade avancé. Les promoteurs s'attellent à monter les assises de ce refuge, dont 8% sera occupé par la construction.

Le concept de l'IRS Anahita repose sur un village résidentiel (315 résidences) et de loisirs de haut niveau, intégré dans la nature, orienté vers la mer. Nicolas Vaudin, directeur général de Ciel Properties, indique que ce projet comporte neuf phases, dont la construction d'un établissement hôtelier et de villas Four Seasons, référence mondiale en matière de savoir-faire et de qualité dans l'hôtellerie. Cet hôtel luxueux viendra compléter les infrastructures dont dispose Anahita, avec ses propres restaurants, bars et son spa, qui seront accessibles à tous les résidents d'Anahita. Selon les promoteurs, l'hôtel et les villas Four Seasons représentent actuellement le plus grand chantier en cours à Maurice.

Construits sur la péninsule située en bordure de la ligne de côte du domaine d'Anahita, les 45 villas Four Seasons, de deux, trois, quatre ou cinq chambres à coucher, varient d'une superficie de 230 à 600 mètres carrés. Ces villas de deux ou trois chambres seront louées par l'hôtel selon les termes d'un accord avec le propriétaire.

Pour rappel, Anahita est un IRS donnant l'accès à la propriété à des investisseurs étrangers. Toutefois, les Mauriciens peuvent également acquérir des propriétés. La phase de construction terminée, le Four Seasons devrait démarrer ses opérations à partir d'avril 2008. Les promoteurs annoncent déjà la livraison de 70 villas pour mars 2008. Il s'agit des premiers appartements et villas d'Anahita, faisant partie de la première phase du projet, baptisée Adamante, et qui valent entre Rs 21 millions et Rs 31 millions. Les 70 résidences de l'Adamante font face au lagon, avec des vues magnifiques sur les îles et une perspective imprenable sur les vastes étendues vertes.

Pour les besoins de la visite de la semaine dernière, un appartement a été aménagé sur le site. Luxe et raffinement, bien-être et confort, mais surtout convivialité, sont les maîtres mots de ces résidences. "La totalité des 70 premières résidences a été vendue en un jour, en 2006", rappelle Nicolas Vaudin. Toutes les villas d'Anahita disposeront d'une varangue, l'un des traits caractéristiques de l'art de vivre à la mauricienne, selon Ciel Properties. "Ces belles vérandas en bois permettront de profiter pleinement de l'élégance tropicale, au cœur du domaine résidentiel", assurent les promoteurs.

Les premières résidences qui seront disponibles sont situées à proximité de La Place Belgath, qui offre lui aussi des vues imprenables sur le lagon, les forêts de palétuviers et les montagnes en arrière-plan. Les promoteurs indiquent que La Place Belgath sera le lieu où les résidents pourront faire leur shopping, en termes d'épices locales ou vestimentaires. Anahita, c'est aussi des complexes sportifs et des activités de loisirs qui permettront de satisfaire les besoins de tout un chacun, souligne Nicolas Vaudin. Le complexe proposera une gamme de restaurants - repas rapide ou festin de gourmet, faisant la part belle aux épices locales et fruits de mer, avec des recettes indiennes, chinoises, créoles, ou françaises.

L'écologie mise en valeur et respectée

Niché au cœur du site Anahita, le parcours de golf, signé Ernie Els, troisième joueur mondial, est également en phase d'achèvement. À l'ombre des arbres, avec des vues plongeantes sur la mer et l'intérieur des terres en direction des montagnes, le parcours est le premier du genre à Maurice, avec notamment une accréditation de l'United States Golf Association (USGA). Il fait face au lagon du sud-est, avec une vue panoramique qui va de l'île aux Cerfs à l'île de la Passe.

Selon les promoteurs, le lieu retrace l'histoire de Maurice. Outre les maisons à la mauricienne, les acquéreurs bénéficieront d'un rivage fabuleux, une végétation luxuriante, des arbres centenaires, et, au loin, les premiers contreforts des montagnes. Seulement 8% de la superficie de plus de 200 hectares seront utilisées pour la construction, faisant d'Anahita un sanctuaire végétal où s'épanouissent 43 espèces, dont 13 rares, incluant le Bois de Bœuf et la Liane à Corne. Les promoteurs assurent s'être engagés à préserver les forêts luxuriantes.

Avant la mise en chantier du projet, Ciel Properties a passé commande d'un rapport complet sur l'environnement dans le but d'assurer la sauvegarde et la protection de toutes les caractéristiques naturelles du domaine qu'il sera possible de préserver. Actuellement, indiquent les promoteurs, il y a plus de 20% de la surface du domaine d'Anahita qui sont recouvertes d'arbres qui poussent traditionnellement sur l'île. La plupart de ces forêts seront préservées afin de s'assurer que la population d'arbres reste constante.

Le projet devrait être complété en 2011 avec la création de 315 résidences au total. Outre la formation des habitants de la région, à travers l'Anahita Centre for Excellence (ACE), Ciel Properties a mis en place un plan d'intégration sociale pour former et recruter en priorité les habitants de la région et proposer des aides à l'entrepreneuriat. Des coopératives de pêche et de maraîchers ainsi qu'un projet de crèche figurent sur la liste des actions mises en œuvre pour le développement social de la région.


Conseil d'experts en climatologie de la SADC…

Ne gaspillez pas l'eau, il tombera moins de pluies cet été

La communauté des planteurs en particulier, mais la Central Water Authority et toute la population elle-même, ont intérêt à prendre des précautions et à bien gérer l'eau. Selon les experts en climatologie des pays de la Southern Africa Development Community (SADC) l'île Maurice ensemble avec le Botswana, la Namibie, la Tanzanie ainsi qu'une partie de la République démocratique du Congo (RDC) devraient s'attendre à recevoir moins de pluies d'octobre à décembre cette année. Qui plus est, toujours selon ces prévisions expertes, Maurice, enregistrerait moins de pluies que d'ordinaire également durant la deuxième partie de l'été soit de janvier à mars.

Les experts sont convaincus que la plupart des pays africains faisant partie du bloc économique de l'Afrique australe seront copieusement arrosés par la pluie au cours de la prochaine saison d'été qui durera d'octobre à mars. C'est une nouvelle encourageante pour la plupart de ces pays souffrant généralement de terribles sécheresses qui minent leurs productions agricoles. Mais pour l'île Maurice et les autres pays précités les perspectives sont sombres.

Les conclusions des experts ont été débattues lors de leur réunion de travail annuelle dans le cadre de la revue du système climatique global par le Drought Monitering Centre de la SADC. Cette année ces experts se sont réunis à Maseru, la capitale du Lesotho.

Pour arriver à leurs prévisions, les scientifiques de la SADC ont pris en compte les principaux paramètres utilisés pour ces exercices telles les températures de surface de la mer prévalant actuellement dans les océans Indien, Atlantique et Pacifique. Les études de ces paramètres ont démontré que l'état de la mer dans la zone équatoriale du Pacifique est neutre et tout indique qu'on se dirige vers le développement du phénomène dit La Nina durant les deux prochains mois.

La Nina, phénomène climatologique extrême aussi appelé El Viejo signifie "petite fille" en Espagnol et qui a des effets contraires à l'El Nino (qui signifie petit garçon ou l'Enfant Christ en raison de son apparition autour de la Fête de la Nativité). La Nina est définie comme une période anormalement plus froide de la température de surface de la mer dans les régions tropicales centrales et du Pacifique. Tout comme l'El Nino, elle a un impact sur le temps qu'il fait au niveau de toute la planète. Sa persistance peut durer de neuf à douze mois mais épisodiquement elle peut aussi perdurer pendant deux années. Aux États-Unis, par exemple, les agriculteurs comptent leurs pertes en termes de milliards de dollars quand ces deux phénomènes sévissent.

Dans le cas précis de l'île Maurice, les experts de la SADC n'excluent pas d'autres facteurs qui pourraient modifier la donne, par exemple, l'arrivée des cyclones entre février et mars, la période de pointe de ces catastrophes qui, tout en ayant un potentiel dévastateur remplissent néanmoins réservoirs. Mais l'expérience a également démontré que lorsque La Nina apparaît les cyclones aussi se font plutôt rares. Il est donc conseillé à la population de ne pas gaspiller l'eau.


Projet de déviation de la route côtière à Trou-aux- Biches, version contestataires

Un réalignement de la route côtière à 30 mètres du High Water Mark

Face à leur crainte de voir leur tranquillité perturbée avec le réalignement de la route côtière comme envisagé par le groupe Beachcomber, dans le cadre des travaux de démolition et reconstruction du Trou-aux-Biches (TAB) Hotel, les habitants du morcellement Jhuboo, réunis au sein du Mouvement pour le Maintien du Silence & la Tranquillité du Morcellement Jhuboo (MMSTMJ), ont déposé lundi dernier, un dossier pour contrer le dossier Environment Impact Assessment (EIA) soumis par Beachcomber, au ministère de l'Environnement, le 24 août dernier. Outre quelque trente points de contestations du projet de déviation, le mouvement propose entre autres, qu'un nouveau tracé soit dessiné, plus proche du littoral, à 30 mètres du High Water Mark, à l'intérieur du terrain de Beachcomber (à l'avant), au lieu de passer en bordure du morcellement Jhuboo, à l'arrière du terrain de golf de l'hôtel. Les membres du mouvement ont tenu une conférence de presse, hier, à TAB, pour expliquer leur prise de position et soutenir les objections qu'ils avancent à ce projet de réalignement de la route par Beachcomber.

Estimant que le projet de réalignement de la route côtière par Beachcomber "has severe, grave and irreversible damage on environment, quality of life of local community", les membres du MMSTMJ, par la voix de leur présidente, Mme P. Lallchand, font ressortir qu'ils ne se laisseront pas faire. Pour rappel, comme annoncé par Week-End, le dossier EIA soumis par Beachcomber, le plan d'ensemble de démolition et reconstruction du TAB Hotel comprend le réalignement de la route côtière. La route devrait être fermée de la Station de police de la région (dont le groupe projette une démolition et une reconstruction plus loin), jusqu'à l'hôtel Casuarina et le tracé de la nouvelle route passerait sur le terrain de golf de l'hôtel, à une vingtaine de mètres des wetlands et du morcellement Jhuboo. Dans son rapport, Beachcomber fait ressortir qu'entre la nouvelle route proposée d'une longueur de 1000 mètres (contre 850 mètres actuellement) et le morcellement Jhuboo, est prévu un espace vert, d'une superficie totale de 8,5 arpents, d'une largeur minimum de 20 mètres. Toutefois, les habitants du morcellement Jhuboo n'envisagent pas les choses sous cet angle. Ils soutiennent qu'à travers son projet de réalignement, le groupe hôtelier serait en train de commettre des "crimes à l'encontre de l'environnement, du patrimoine, de la communauté, et des résidents du morcellement Jhuboo". Selon le MMSTMJ, au lieu de promouvoir l'intégration, ce projet accentue les conflits avec la communauté. Selon la présidente du mouvement, les promoteurs ont induit la communauté locale ainsi que les autorités en erreur. "En avançant que ce projet de déviation aurait - no or minimal impact on environment, no or minimal impact on quality of life of people living nearby, elevate road will not generate heavy traffic and will have no impact, et project is in accordance with Planning guidelines on Coastal Tourism Development - Beachcomber ne joue pas franc jeu. La buffer zone mentionnée par Beachcomber est une tromperie de taille", soutient Mme P. Lallchand. Selon le MMSTMJ, la route proposée par Beachcomber "contains no buffer zone/espace vert", car "the promoter has severely encroached that space with large scale development relating to a taxi stand, maintenance & services building, and a treatment plant".

"Serious impact on the monetary value of the assets"

Par les objections avancées par le MMSTMJ, outre le fait que l'élimination du Golf course "will cause beautiful scenic landscape of TAB region to completely disappear, making the surrounding region look dull and unattractive, les membres de ce mouvement soutiennent que "the road deviation will have serious implications on the monetary value of the assets of the promoter as well as the nearby residents; The promoter's land value could increase by several billion rupees without a single cent accruing to the government, whislt that of the nearby residents could decrease by a least several million rupees through no fault of their own. The prejudice would be grave". Certaines sources avancent toutefois que l'un des riverains aurait initié ce mouvement de protestation pour sauvegarder ses propres, sa résidence surplombant le terrain de golf. Pour l'avocat du MMSTMJ, Me Ajay Daby "ce problème n'est pas un problème particulier à un groupe ou un lieu précis, mais est d'envergure nationale. Cela relève du droit à la propriété et ce qui se passe au morcellement Jhuboo peut se passer ailleurs". Selon Mme P. Lallchand, malgré les efforts faits par les membres du mouvement afin que le groupe Beachcomber procède aux concertations avec les habitants du morcellement en marge de ce projet, il n'y a eu aucune considération de leur requête. Dans cette optique, le mouvement a décidé de contrer, avec l'aide de certains experts, ce projet de déviation. Dans le contre EIA soumis, le MMSTMJ souligne que "the guiding principle of the mouvement's objection to the proposed project is not to prevent the hotel extension… Our main focus is on the irreversible negative impact that the project will generate on the riverains of the golf course, as we believe that the promoter has not given due consideration to the existing quality of life of these inhabitants and the change that will happen if the road is deviated as per the proposed project". Selon Mme P. Lallchand, le mouvement s'est attelé, dans le cadre du dépôt du contre EIA, à faire une serie de contre propositions ainsi que des solutions. "Les propositions faites sont basées sur les normes internationales du développement touristique", assure le MMSTMJ, ajoutant que ce dossier pourrait être considéré comme la base vers la discussion et aux négociations entre les promoteurs et les personnes qui seront lésées, en vue de trouver un consensus.

Proposition en ligne avec le développement touristique

La première solution proposée par le MMSTMJ pour satisfaire les riverains est une déviation de la route plus proche du littoral, à 30 mètres du High Water Mark, à l'intérieur du terrain de Beachcomber (à l'avant), au lieu de passer en bordure du morcellement Jhuboo, à l'arrière du terrain de golf de l'hôtel. Cette proposition, assure Mme P. Lallchand, est en ligne "with sustainable tourism development and protection of environmental and settlements being actively promoted by all major countries in the world". L'autre option soumise par le MMSTMJ est une déviation vers le morcellement Jhuboo, en respectant certaines conditions. Suivant la déposition du contre EIA, le groupe de contestataires compte procéder à une campagne intense et soutenue afin d'alerter l'opinion publique. Ils ont écrit au EIA Committee et parallèlement au Premier ministre, Navin Ramgoolam, élu de leur circonscription, pour qu'une visite aux abords du morcellement Jhuboo ait lieu, afin de constater de visu les effets du projet de réalignement de la route côtière, comme proposé par Beachcomber. Contacté par Week-End, le groupe hôtelier indique qu'elle a pris la décision de ne faire aucun commentaire à ce stade, et encore moins de donner des informations additionnelles, le dossier étant entre les mains des autorités.


Tensions villageoises

Trou-d'Eau-Douce en eaux troubles

Depuis quelque temps, la quiétude des habitants de Trou-d'Eau-Douce n'est plus. Pour cause, une recrudescence de la violence, des vols et surtout la drogue hantent la région. Les vives tensions qui ont secoué le village le week-end dernier (voir texte plus loin) découlent "d'une concurrence déloyale" entre les plaisanciers mais, en toile de fond, il y a une détérioration des mœurs, à cause de certains qui dictent leurs lois dans le village, soutient Moïse Dardenne, président du village de Trou-d'Eau-Douce. Trop, c'est trop ! Les habitants ont décidé de réagir pour sauver leur village.

Selon les habitants, quelques personnes, dont certaines sont des "immigrés" (issus des régions avoisinantes) sèment la terreur à Trou-d'Eau-Douce. "Auparavant, notre village était paisible. Trou-d'Eau-Douce était un endroit sans aucune tension. Mais, depuis quelque temps, les familles vivent dans la crainte. La drogue a pris le dessus. Le taux de vols a dramatiquement augmenté. Les bandits font la loi. Il n'y a aucune sécurité à Trou-d'Eau-Douce", s'insurgent-ils. Et devant cette insécurité qui va grandissante, la police serait impuissante, soutient-on.

Les policiers restent les bras croisés devant les agissements de ce groupe de malfrats qui œuvrent au vu et au su de tous, avance-t-on. "Tout le monde sait qui sont ces bandits. La drogue se vend comme des petits pains. Il ne leur reste qu'à mettre un étal devant les boutiques ou sur la plage pour faire fleurir le business", estime un autre habitant. Trou-d'Eau-Douce est un village qui dépend hautement des activités touristiques. Mais face aux mœurs dégradantes, les habitants craignent non seulement pour leur sécurité, mais aussi pour leur gagne-pain. "L'île-aux-Cerfs est un site incontournable pour les touristes. Mais face à la recrudescence des vols, des bagarres, comme celle qui a eu lieu le week-end dernier entre les plaisanciers, les touristes vont bouder notre endroit. Les commentaires sur internet ne font pas honneur à Trou-d'Eau-Douce. Certains touristes ont été victimes de vols, d'autres ont été témoins de violents règlements de compte. Ils sont repartis traumatisés. Le nom de l'île-aux-Cerfs ainsi que celui de notre village est mentionné à l'étranger, et pas de la plus belle des manières. Notre avenir est menacé. Trou-d'Eau-Douce est devenu un village sans lois, ou plutôt c'est les bandits qui font régner leurs lois", s'indignent les habitants.

L'impuissance de la police face aux malfrats irrite. "Tout le monde sait qui sont les malfaiteurs. Tout le monde sait qui sont les marchands de drogue, mais quand on va déposer plainte, rien n'est fait pour les arrêter. La police a peur de ces gangs", avancent certains habitants. Dans cette optique, ces derniers se mobilisent pour contrer les bandits qui font obstacle à la paix et à la tranquillité du village.

Les habitants se sont réunis mardi dernier pour faire un état de la situation dans leur village et décider de la marche à suivre pour combattre tous ces fléaux. Selon les membres du Mouvement de solidarité de Trou-d'Eau-Douce, le manque infrastructurel au niveau des loisirs accentue les fléaux qui rongent depuis quelque temps la région. Par exemple, souligne Moïse Dardenne, le terrain de foot est impraticable. "Il y a eu beaucoup de promesses, mais jusqu'aujourd'hui zéro", dit-il.

Moïse Dardenne soutient que le conseil de village tente tant bien que mal de faire son travail dans l'intérêt des citoyens, mais face à l'inaction des autorités certains conseillers ont baissé les bras, avance-t-il. Les habitants réclament des activités ainsi que des facilités pour l'épanouissement de la jeunesse de leur village. Parmi les actions qui seront prochainement entreprises, le porte-à-porte (avec la collaboration de la force policière) auprès des habitants de la région pour dénoncer les drogués ainsi que les marchands de drogue. "Il est impératif que Trou-d'Eau-Douce trouve un moyen pour se sortir de la drogue", indique Moïse Dardenne.

Ce dernier lance un appel aux ministres et députés de la région afin de tenir compte des besoins des habitants. Outre une patrouille régulière, la présence d'une unité de la Police du Tourisme est souhaitée dans la région, cela pour assurer la protection des touristes. Les habitants, qui estiment que la Tourism Authority n'assume pas ses responsabilités et que les garde-côtes ne peuvent plus agir, lancent un appel aux autorités pour sauver le village de Trou-d'Eau-Douce et parallèlement "le travail de ceux qui œuvrent honnêtement sur l'île-aux-Cerfs".


Rixe et menaces de mort contre le président du village

Venus apprécier le calme du lagon et la vue imprenable de la côte est, tout en profitant des sports nautiques, c'est à une véritable rixe que les touristes ont assisté le vendredi 14 septembre dernier sur l'île-aux-Cerfs. Traumatisés par cette bagarre, dans la panique générale, ils ont délaissé leurs affaires pour tenter de se mettre à l'abri. C'est à coups de manches de pioche et de bouteille que des malfaiteurs s'en sont pris à des plaisanciers.

La bagarre de vendredi dernier est venue s'ajouter à une longue liste d'agressions qui se succèdent sur l'île-aux-Cerfs et qui troublent Trou-d'Eau-Douce ces derniers temps, indiquent les habitants du village. Durant le week-end, certains habitants ont eu mal à se défaire du même groupe de fauteurs de trouble qui dicteraient leurs lois dans le village. Le président du village, Moïse Dardenne, a même reçu des menaces de mort. Craignant pour sa sécurité et celle de sa famille, il a porté plainte à la police.

"Vers 11 heures, un ami m'a averti que deux bandits, qui consommaient de l'alcool, projetaient de m'attaquer. J'ai prévenu mon père qui m'a conseillé d'alerter les garde-côtes. C'est ce que j'ai fait", raconte Stéphane Seblin (plaisancier), l'une des victimes de cette rixe sur l'île-aux-Cerfs. Durant toute la journée, il s'est adonné, comme à son habitude, à ses activités nautiques avec des clients étrangers. Dans l'après-midi, vers 15 heures, les deux bandits ont approché Stéphane Seblin.

"L'un d'entre eux m'a envoyé une bouteille à la tête, mais j'ai pu esquiver. L'autre avait deux manches de pioche dans les mains et a commencé à me taper avec, suivi par son camarade. Je n'ai pas pu me défendre", indique la victime. Son frère Wendel, qui se trouvait également sur l'île, a tenté de l'extirper des mains de ces malfrats, mais il a également été passé à tabac. Les malfaiteurs ont ensuite pris la fuite à bord d'un bateau.

Entre-temps, c'était la panique générale sur l'île. "Certains touristes, effrayés, ont quitté leurs affaires pour trouver refuge ailleurs. Certains sont entrés dans l'eau. Cette bagarre les a traumatisés", souligne Stéphane Seblin. Saignant abondamment, son frère et lui se sont rendus au bureau des garde-côtes et ont pris une Form 58 avant de se rendre à l'hôpital. Les frères Seblin disent vivre dans la crainte.

"Déjà, en août dernier, ces mêmes individus ont écrasé des bouteilles devant notre domicile. Aujourd'hui, ils nous ont tabassés. Jusqu'où iront-ils ?", se demande Stéphane. S'il ne connaît pas la raison pour laquelle son frère et lui ont été attaqués, Stéphane estime que ce serait peut-être en raison de la concurrence dans le domaine des activités nautiques. "Des fois, quand nos clients nous demandent à faire du parasailing, nous les recommandons auprès d'un membre de la famille qui opère dans ce secteur particulier. Or, ces deux individus sont les hommes de main d'un autre opérateur de parasailing. La jalousie serait peut-être le motif derrière cette agression", avance le jeune homme.

Si après une panique générale sur l'île-aux-Cerfs les choses se sont calmées vendredi, les malfaiteurs n'en avaient pas encore fini de régler les comptes. Moïse Dardenne affirme que le samedi 15 les deux agresseurs de Stéphane et Wendel Seblin ont menacé son frère, Joshué, avec un sabre. "Au départ, nous avons cru à une plaisanterie. Mais, plus tard dans la journée, ils ont menacé deux autres personnes. C'est alors que nous avons pris la décision, mon frère et moi, d'aller à leur rencontre pour qu'ils arrêtent de semer la terreur dans la région", explique Moïse Dardenne.

Lors de la conversation avec ces deux individus, ces derniers ont, selon le président du village, affirmé que leurs propos ont été mal interprétés. Toutefois, le lendemain, alors que les habitants de Trou-d'Eau-Douce assistaient à un tournoi de pétanque pour enfants, les rumeurs ont commencé à circuler à l'effet que l'un des deux malfaiteurs aurait en sa possession un revolver, qu'il aurait obtenu d'un plaisancier.

"Afin d'éviter tout dérapage, j'ai décidé avec mon frère d'aller une nouvelle fois à la rencontre de l'opérateur pour m'enquérir de son intention", avance le président du village. Toutefois, l'homme en question était absent de chez lui, alors que les deux fauteurs de trouble se trouvaient devant sa porte. "L'un d'entre eux a soulevé son t-shirt pour me montrer son revolver, avant de prendre la fuite par la fenêtre d'une maison avoisinante", indique Moise Dardenne.

La nouvelle s'est vite répandue dans le village. Vers 16h30, lorsque l'un des deux individus s'est présenté devant le président du village avec un sabre, le groupe de personnes qui était présent aux côtés de Moïse Dardenne l'a pris en chasse. L'individu a toutefois réussi à les semer. Pour le président du village, ces agressions découlent des faits survenus sur l'île-aux-Cerfs avec les frères Seblin.

"Nous ne pouvons plus laisser notre village entre les mains des malfaiteurs. Nous allons agir pour que la tranquillité revienne à Trou-d'Eau-Douce. Ces individus doivent arrêter de faire la loi", dit le président du village. Craignant pour sa vie et celle de sa famille, parce qu'il a été pour rappel menacé de mort par ces mêmes personnes, Moïse Dardenne a porté plainte à la police de Bel Air Rivière Sèche. Toutefois, à ce jour, selon nos informations, les malfrats courent toujours.


Accès à l'îlot Gabriel

La bataille légale enclenchée

Après deux semaines de négociations en vain et de delaying tactics pour l'accès à tous à l'îlot Gabriel, une bataille légale opposant opérateurs de catamarans, défenseurs de l'environnement et promoteurs touristiques sera enclenchée à partir de mardi. L'action légale vise à garantir le domaine public et préserver le gagne-pain de quelque 25 familles, menacé par le phénomène exacerbé de privatisation des îles.

Le recours à l'action légale suite aux controverses autour du projet d'exploitation touristique par la Compagnie Ocean Blue Island Ltd sur l'îlot Gabriel avait été envisagé, il y a deux semaines, par le collectif Sov nou la plaz, regroupant opérateurs de catamarans, militants de l'écologie, forces vives de Grand-Baie et membres du conseil de districts du nord. L'action s'est précisée mardi dernier lors d'un point de presse tenu par un groupe d'opérateurs de catamarans, écologistes et représentants de conseils de village.

Georges Ah-Yan, président de la Fédération des Membres de Conseils de village de Maurice, avait annoncé la bataille légale si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision afin de permettre l'accès à tous sur l'îlot Gabriel. Certains skippers n'auraient pas accès à l'îlot. Une injonction sera logée en cour en début de semaine.

L'affaire oppose les opérateurs de catamarans et Ocean Blue Island Co. Ltd, dirigé par Jayraj Woochit, détenteur d'un bail sur l'île. Les services de Me Robin Mardemootoo ont été retenus. Les négociations entre l'homme de loi des opérateurs et celui du promoteur n'auraient pas abouti. La plateforme Sov Nou la plaz a joué la carte de l'apaisement en attendant la rencontre entre les plaisanciers et leur homme de loi pour décider de la marche à suivre, mais a affirmé son désaccord avec la privatisation des îles.

Georges Ah-Yan est revenu mardi dernier sur la nature de son combat et la tentative de donner un ton communal au débat pour faire diversion. Il s'est engagé dans cette lutte en tant que citoyen, comme il l'a fait pour d'autres combats, comme celui pour sauver l'hôpital de Mahébourg (ce qui aurait échappé à la Voice Of Hindu).

Le nerf de la bataille n'est plus seulement l'accès payant aux touristes à l'îlot Gabriel depuis le 1er septembre, mais un aspect social: les "petits business" menacés. L'activité des opérateurs de catamarans concerne 400 familles qui dépendent directement de ce business. Elles travaillent depuis 25 ans. Ce sont des petits entrepreneurs dans le domaine touristique qui poursuivent leur travail dans cette logique de démocratisation de l'économie pour permettre au plus grand nombre de faire des petits business. Les catamarans impliquent le travail des chantiers de construction de bateaux, un service logistique, le catering et la présence de skippers sur les bateaux. Si l'on tient compte des animateurs, plus de 400 familles sont concernées indirectement. La majeure partie du travail de catering se fait sur les bateaux pour des raisons écologiques.

La situation actuelle pourrait se résumer ainsi: des micro-activités économiques sont menacées. Des touristes seraient repoussés du domaine public au risque de ternir l'image de Maurice. Plus de deux bateaux de 36 pieds auraient été commandés de Dubai par le promoteur pour l'exploitation touristique de l'îlot Gabriel.


Les interrogations autour du bail accordé à Ocean Blue Island Co. Ltd

Le lease agreement entre le gouvernement et Ocean Blue Island Co. Ltd sur l'îlot Gabriel soulève quelques points qui demandent à être éclairés. Le bail est signé par le ministère de l'Agro-Industrie et de la Pêche et non par celui des Terres et du Logement. Pourquoi le ministère des Terres a-t-il donné la gestion de l'îlot à celui de l'Agro-Industrie qui a sous-loué au promoteur ? La location de l'îlot coûte Rs 60 000 par an, ce qui constituerait, selon certains, un lease sous-évalué ! Des travaux ont été effectués par le promoteur sans EIA Licence. Selon le Environment Act 2002, first schedule, section 15 (II), part B, sub-section 24, "land clearing and development (…) require an EIA Licence".

Certaines clauses du bail n'auraient pas été respectées, notamment la section 7: "The lessee shall not, without a written authority from the Conservator of Forests, cut and dispose of any standing trees, fallen trees and branches on the islet."

La section 9 attire l'attention sur l'obligation du promoteur de s'aligner au texte de loi qui s'applique aux réserves naturelles: "All activities on the islet shall be in line with the provisions of the Forests and Reserves Act and Wildlife and National Parks Act."

Par ailleurs, la section 11 concernant l'accès à l'îlot a-t-elle été respectée ? Elle se lit ainsi: "Subject to the other clauses of this lease and to the approval of the Conservator of Forests, the lessee may prohibit or restrict access to the islet."

L'aménagement d'infrastructures légères (toilettes etc.) sur l'îlot est-il conforme aux sections 18 et 21:

"18. No solid or liquid wastes (treated or untreated) shall be discharged into the sea.

21. There shall be no storage of materials on the islet."

On pourrait citer d'autres contradictions mais la carte de l'île ci-jointe attire l'attention sur le nerf central de la bataille: le bail accordé au promoteur s'arrête au high water mark. Nul ne peut empêcher le public de débarquer et circuler en dessous de cette zone.


Collèges secondaires

Le privé tire la sonnette d'alarme sur l'indiscipline scolaire et exige une loi cadre

Face à "la montée de la violence, de la délinquance et de l'indiscipline, de la drogue et aujourd'hui le sida", la Fédération des Managers des Collèges Secondaires Privées (FMCP) tire la sonnette d'alarme. Elle exige des actions fortes et appelle au réveil du ministère de l'Éducation pour l'introduction d'une législation qui permettrait selon elle, d'assainir la situation. Outre une lettre ouverte au ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, pour souligner leurs griefs, les managers ont organisé un séminaire jeudi pour discuter de la situation qui se dégrade au sein des collèges.

Inquiets et las de l'indifférence du ministère de l'éducation face aux problèmes auxquelles font face les collèges, les managers des collèges privés ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Les dirigeants affirment que les établissements prennent plusieurs initiatives, et disposent en fonction de leur établissement de "rules & regulations" pour y maintenir la discipline, mais estiment que des lois cadres seraient plus appropriées pour régler les fléaux qui rongent les collèges. Avançant que depuis plus d'un an, elle a fait des propositions pour l'amendement de la loi à ce sujet, la Fédération déplore l'indifférence du ministère de tutelle, mais encore, estime avoir été menés en bateau, puisque jusqu'ici rien n'a été fait. Pour la FMCP, des amendements à la loi contribueront à non pas réprimer les étudiants, mais à responsabiliser l'ensemble de la communauté scolaire. En l'absence d'une loi appropriée, la situation se dégrade inexorablement, disent les dirigeants, qui soutiennent que si rien n'est fait, la situation va empirer même dans les collèges où il y a encore de la discipline. Ils espèrent que l'effort pour apporter une législation appropriée doit venir des décideurs politiques, et réitèrent leur demande pour que la législation soit revue. Si aucun geste n'est entrepris pour assainir la situation au sein des écoles, les managers projettent de revenir à la charge, dans les prochains jours, auprès des autorités.


Éducation

Surveillance des examens du CPE

Il y a polémique entre le Mauritius Examinations Syndicate (MES) et les instituteurs sur la question de surveillance des examens du CPE. Si aucun accord n'est trouvé d'ici le 26 septembre, la Government Teachers Union (GTU) annonce que le front commun des enseignants organisera une manifestation devant les locaux du MES. Par ailleurs, le même syndicat affirme que les inscriptions pour les classes de primaire obligent les élèves du CPE à chômer deux jours avant les examens.

Comme chaque année à cette même période, les syndicats ouvrent des négociations avec le MES pour une augmentation des "invigilation fees" des instituteurs indexée sur l'augmentation du coût de la vie. Contrairement à la pratique établie, le MES a rejeté la demande faite par la GTU. Le MES menace même de faire appel aux ITC Teachers et aux aspirants-instituteurs comme surveillants. La GTU proteste contre cette démarche en soulignant l'importance de l'examen du CPE qui ne souffre d'aucune erreur et dont le déroulement doit être confié a des instituteurs expérimentés.

Le front commun a, dans une lettre au MES, annoncé que si la question n'est pas réglée le 26 septembre, il organisera une manifestation devant les locaux du MES le lendemain. Dans cette lettre, la GTU souligne qu'une "nouvelle confrontation avec le front commun ternira davantage le peu de crédibilité dont jouit le MES après l'épisode SC/Français."

Par ailleurs, la GTU maintient que toutes les classes de CPE de Maurice ont été obligées de chômer jeudi dernier afin que ceux enseignant dans ces classes puissent distribuer aux parents les formulaires pour les inscriptions en Form I l'année prochaine. La GTU prévoit une autre journée chômée pour le CPE jeudi prochain quand les parents viendront remplir les formulaires en présence des instituteurs. La GTU regrette que le ministère de l'Éducation ait décidé de conduire cet exercice en semaine au lieu du samedi comme c'était le cas auparavant, obligeant de ce fait les élèves de CPE à perdre deux jours de classe à la veille des examens.


Affaire Eastern University

Les universités indiennes ne reconnaissent pas le diplôme de EIILM

Près d'un mois après la rentrée universitaire, les controverses autour de l'Eastern Institute for Integrated Learning In management (EIILM) Mauritius Branch University, gérée par la Ramnath Jeetah Trust (RJT), continuent de faire débat. Lors d'une conférence de presse vendredi dernier, le leader de l'opposition, Nando Bodha est revenu sur cette affaire pour y apporter certaines précisions contre les allégations faites à l'encontre de l'ancien secrétaire de la Tertiary Education Commission (TEC), tout en soulevant d'autres interrogations au sujet de l'organisme régulateur. S'attardant sur les réponses reçues par un étudiant qui s'est enquis auprès des universités indiennes sur la reconnaissance du diplôme de l'université de Sikkim, Nando Bodha a fait ressortir sans la reconnaissance de l'UGC, l'EIILM n'est pas reconnu par certaines universités indiennes…

Parlant d'"irrégularités, d'inégalités et d'incompétence au niveau de la TEC, le leader de l'opposition, est revenu une fois de plus sur l'affaire Eastern University, clouant au pilori l'organisme régulateur des institutions tertiaires mauriciennes. Réclamant une commission d'enquête sur cette affaire ainsi que sur la TEC", Nando Bodha affirme que les agissements du board de cette instance sont douteux. Il indique que sa source n'est pas d'Anil Chiniah, ancien secrétaire suppléant de la TEC, qui a pris une retraite prématurée à 58 ans, comme annoncé par Week-End, suite à circonstances floues et qu'il n'a jamais rencontré cet homme. Selon Nando Bodha les documents qu'il a fait circuler lui seraient parvenus dans une enveloppe anonyme, certains de l'University Grants Commission (UGC) de l'Inde. Il soutient que, comme pour d'autres sujets, il a reçu des informations par voie anonyme, et qu'ensuite, avec le leader du MSM et les autres membres du parti, il a effectué une enquête qui a révélé les diverses zones d'ombres de cette affaire. Le leader de l'opposition estime que "Anil Chiniah li enn bouk emiser" et attribue son départ à une "campagne de terreur à l'égard des fonctionnaires comme ce fut le cas pour d'autres, à l'instar de Sourya Gayan, le Dr Sankur, Mme Jugmohun…, depuis que l'Alliance sociale est au pouvoir". S'il a affirmé sur les ondes avoir été "un bouc émissaire", pour le board et que son départ à la retraite relève d'une décision regrettable, l'ancien secrétaire de la TEC n'a pas souhaité faire davantage de commentaires.

Revenant sur les événements sur la mise en marche de EIILM University Mauritius Branch, avançant que plusieurs universités indiennes, dont l'université d'Assam, Jewalall Nehru University (Delhi), la Manipur University, entre autres, ayant répondu à une requête d'un candidat qui souhaitait suivre des cours au sein de l'institution mauricienne pour ensuite les poursuivre à l'étranger, Nando Bodha souligne que ces institutions ont indiqué qu'elles ne reconnaissaient que les diplômes reconnus par l'UGC. Une fois de plus, le leader de l'opposition a pointé du doigt la TEC, estimant que l'établissement n'a pas agi en tant que chien de garde. Rappelons que Sunil Jeetah, chief executive de l'EIILM Mauritius Branch soutient pour sa part que la reconnaissance de l'université ne relève pas de l'UGC et que son université est reconnue par l'État de Sikkim. Par ailleurs, le leader de l'opposition avance que certaines institutions étrangères d'enseignement supérieur, se seraient vues refuser un enregistrement auprès de la TEC, alors que l'EIILM Mauritius Branch, a obtenu son accréditation, alors même que l'université mère n'avait pas encore démarré ses activités. Le leader de l'opposition a fait circuler un courrier qu'aurait envoyé Sunil Jeetah, chief executive de l'EIILM University Mauritius Branch, au directeur de la TEC, Pravind Mohadeb, relative à une demande effectuée par l'instance de soumettre d'autres documents en marge de l'obtention des accréditations pour cinq autres matières que l'université compte proposer aux Mauriciens. Une copie de cette lettre a été envoyée par le chief executive au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Outre le langage utilisé par Sunil Jeetah, le leader de l'opposition s'interroge quant à la nécessité d'envoyer une copie au chef de l'État. Soutenant que la TEC n'agit pas selon ses prérogatives, Nando Bodha, qui affirme que l'EIILM opère dans l'irrégularité, lance un nouvel au Premier ministre pour l'institution d'une commission d'enquête pour situer les responsabilités. Il soutient qu'il y "a encore beaucoup d'irrégularités, d'inégalités et d'incompétence" dans la gestion de la TEC et réclame que cette enquête touche aussi au fonctionnement de cet organisme. Pour le leader du MSM, il faut que la TEC retrouve son prestige et sa crédibilité. Il prévient que le MSM reviendra à la charge à la prochaine session parlementaire, ajoutant que son parti continuera à faire entendre sa voix sur cette affaire.


En visite à Maurice

L'équipage du USS Normandy laisse une fresque murale à Roche-Bois

L'équipage du USS Normandy, navire de guerre qui effectue une visite de "courtoisie" à Maurice ce week-end, a apporté sa touche personnelle à une fresque murale à Roche-Bois, hier matin. La fresque est visible depuis la route Nationale à quelques mètres du pont aérien desservant la localité.

Le commandant du navire de guerre américain , le capitaine Robert S. Kerno, avait à peine accosté son bâtiment au Quai D dans le port, vendredi matin, que, déjà, qu'il faisait déjà part aux journalistes admis à bord, de la beauté de notre île et du sens de l'accueil légendaire des Mauriciens envers les étrangers.

À un journaliste curieux de savoir comment il pouvait en si peu de temps savoir que l'île Maurice était effectivement belle alors que cela faisait à peine une heure qu'il était là, le commandant américain a, de par ses explications détaillées, prouvé que ce n'était pas seulement une formule de politesse mais que, de nos jours, "avec Google Earth on peut tout savoir d'un pays depuis les satellites avant même d'y poser les pieds". De plus, selon le commandant Kerno, il avait beaucoup également appris de notre pays de deux officiers de la National Coast Guard qu'il avait embarqués depuis les Seychelles et qui lui ont vanté les qualités techniques de la rade en eau profonde de Port-Louis.

Navire faisant partie d'une flotte de 26 croiseurs placés sous le commandement américain basé en Europe, le USS Normandy, avec ses trois cents hommes et ses missiles Tomahawks, est capable d'entreprendre des missions d'attaques et de ripostes aériennes, marines et sous-marines tout comme il est aussi capable de toucher des cibles situées loin à l'intérieur de pays hostiles.

Selon le commandant Kerno, la présence du USS Normandy dans l'océan Indien "vise à renforcer la sécurité et la stabilité dans la région". Cette mission que lui avait confiée, initialement, le commandement de l'Otan depuis avril dernier et ensuite le commandement américain, a conduit le navire dans plus de quatorze ports de la Baltique à la Méditerranée avant de contourner complètement le continent africain via le Canal de Suez et les Seychelles. "Nous sommes là pour promouvoir la stabilité et la sécurité des pays de la région, y compris Maurice, contre le terrorisme, les actes de piraterie maritime, le transport illégal d'armes, d'humains et de drogue mais aussi pour entraîner les gardes côtes des pays respectifs et pour fraterniser avec les communautés des pays avoisinants", affirme le commandant.

Fort heureusement, il paraît que ce genre d'activités illicites qui inquiètent tant nos amis les Américains ne semblent pas être monnaie courante dans les parages de Maurice, ni non plus sur l'ensemble des côtes de l'Est afrique où le USS Normandy a patrouillé. Le commandant Kerno a confié avoir bien perquisitionné "amicalement" quelques bateaux, question de vérifier leurs pavillons et ce qu'ils véhiculent, "mais rien de compromettant n'a été trouvé".

Mais, ce week-end, le personnel du USS Normandy s'offre du repos et de la détente. Mais il prévoit, néanmoins, de guerroyer plus pacifiquement avec les accueillants Mauriciens par le biais de matches de Football et de Basket-Ball. Certains parmi l'équipage avaient donc, hier, préféré le pinceau et les pots de peinture en compagnie des enfants de Roche-Bois mobilisés par les soins du mouvement pour le progrès de la région animé, entre autres, par M. Lindsay Morvan.


Environnement marin

Le spectacle des baleines à bosse

Il s'agit d'un phénomène saisonnier. On peut actuellement admirer les jeux des baleines à bosse (Megaptera novaeanglia) à quelques kilomètres des côtes mauriciennes. Ce sont des mammifères marins de 40 tonnes et longs de 17 mètres. Cette présence de baleines dans les eaux mauriciennes correspond à la saison des amours. Les cétacés viennent s'accoupler, mettre bas et allaiter leurs petits dans la douceur des eaux tropicales avant une longue migration vers les eaux froides de l'Antarctique.

Les baleines à bosse mettent généralement bas tous les deux ou trois ans après une gestation de onze mois. Le baleineau mesure à la naissance 4 à 4,5 mètres et pèse environ 700 kilogrammes. Il est allaité par sa mère et commence à se nourrir par lui-même au cours des six mois suivants. Les baleineaux quittent leurs mères dans leur deuxième année alors qu'ils mesurent neuf mètres de long. Ils atteignent la maturité sexuelle à l'âge de cinq ans. La taille adulte définitive est atteinte un peu plus tard. Celle-ci varie de 15 à 16 mètres pour les mâles et 16 à 17 mètres pour les femelles (pour un poids de 40 tonnes). Le plus grand spécimen découvert mesure 19 mètres avec des nageoires pectorales de 6 mètres. La durée de vie des baleines à bosse varie de 40 à 50 ans.

Il est important que le public sache qu'il faut impérativement respecter l'espace vital du mammifère surtout quand la mère est accompagnée de son petit. Il faut éviter de foncer sur eux, de les suivre de trop près ou de leur couper la route. Ces mammifères sont dotés d'une grande intelligence et sont très curieux. Ils initient eux-mêmes le contact avec les humains et s'approchent volontiers des bateaux qui se tiennent à distance, moteurs coupés.


Vallée des Prêtres

Les forces vives dénoncent deux membres du gouvernement

L'Union des forces vives pour la sauvegarde de l'école de Chitrakoot a fait parvenir une lettre au Premier ministre cette semaine. Dans ce courrier, l'union proteste contre les agissements du ministre de l'Éducation et de la première députée de la circonscription n°4, Kalyanee Juggoo.

Selon cette correspondance, signée Jean-Michel de Senneville, président de l'union, ces deux membres du gouvernement "have personnaly intervened in the most callous way yesterday afternoon (vendredi dernier) to prevent the annuel Puja from being held within Chitrakoot Govt. School." Cette interdiction d'utiliser la cour de l'école de Chitrakoot, selon le signataire, aurait forcé "the devotees and the pandits to hold the ceremony in the open on the site of the street."

La manière de faire de ces deux membres du gouvernement va finir par pousser les habitants de la région de la Vallée des Prêtres vers une situation de confrontation avec les autorités. L'Union des forces vives demande donc au Premier ministre de faire le nécessaire de manière urgente "to redress this fast deteriorating and worrying situation."


Rapport américain sur la Liberté religieuse

La liberté de culte se pratique sans entrave à Maurice

Même si des tensions continuent de subsister entre la majorité hindoue et les minorités chrétienne et musulmane, les croyants de l'ensemble des religions présentes à Maurice jouissent, sans entrave, de la liberté de culte. Comme garantie par la Constitution de Maurice, le gouvernement respecte, en général, la liberté religieuse: c'est ce qu'indique le rapport 2007 du Département d'État américain sur la Liberté religieuse dans le monde.

Ce document rendu public le 14 septembre dernier laisse entrevoir que les Mauriciens seraient à 99% des croyants bien que les pratiquants actifs ne seraient que quelque 50%. Le rapport souligne aussi que les mariages inter-religieux ne sont pas courants bien que la tendance soit à la hausse. "La Constitution garantit la Liberté religieuse et le gouvernement respecte, généralement, la liberté de culte", est-il rapporté.

Le document rappelle la subvention accordée par l'État aux principales religions et souligne que le gouvernement n'a jamais refusé l'enregistrement, auprès du Registrar of Associations, de nouvelles entités religieuses. Le rapport ne manque pas d'évoquer le jugement de la Cour suprême de mars dernier dans l'affaire de l'appel à la prière.

Ce jugement déboucha sur de "fervent public objections by some representatives of the Muslim community" dans la mesure où, est-il écrit, "le jugement a été interprété par une section de la communauté musulmane comme une violation de son droit de pratiquer sa religion". Le rapport rappelle que ces tensions furent dissipées quand le plaignant et la mosquée incriminée arrivèrent à un compromis quant au niveau de décibels acceptable pour l'appel à la prière par haut-parleurs.

Référence aussi aux allégations des minorités chrétiennes et musulmanes quant aux difficultés rencontrées pour atteindre les postes aux plus hauts échelons dans la Fonction publique. Référence aussi aux allégations de "traitements injustes" que subiraient les "christian creoles" de la part de la police.

Dans ce dernier cas, le rapport estime qu'il n'existe aucune preuve que cela est dû à quelque raison d'appartenance religieuse mais que, selon des observateurs, la raison était que des Créoles vivent, dans une large mesure, dans les zones les plus pauvres "where crime was more prevalent".


107e anniversaire de la naissance de SSR

Ambiance de fête à Kewal Nagar

C'est dans une ambiance de fête que s'est déroulé mardi la célébration du 107e anniversaire de la naissance de Seewoosagur Ramgoolam au SSR Memorial Centre for Culture à Kewal Nagar.

Musique, dance, sketches ont marqué la soirée qui a pris fin vers 21h. Cette atmosphère de fête avait gagné presque tout Kewal Nagar. Certains villageois résidant aux alentours de la tente géante qui avait été érigée à cette occasion en ont profité pour se faire un petit pécule avec la vente de gâteaux, faratas, puris, d'alim ou de briani. Dans le carrefour au centre du village, des banderoles orange avaient été installées.

La cérémonie officielle a été l'occasion pour le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le ministre de la Culture, Mahen Gowressoo, de retracer la vie de Kewal Ramgoolam et son cheminement jusqu'à l'accomplissement d'un rêve d'enfance: devenir gouverneur général de l'île Maurice après avoir assumé les fonctions de Premier ministre après l'accession à l'indépendance. Il a été question de l'institutrice catholique, Mme Sirus, qui permit à Kewal d'avoir accès à l'éducation primaire et de D. Atchia qui a financé une partie des études universitaires de Seewoosagur Ramgoolam.

Ce qui a amené Navin Ramgoolam - dont le discours a tranché avec celui d'Union Park - à souligner que le sectarisme et le communalisme ne sont pas dans la nature de sa famille. Il a affirmé n'avoir pas ciblé une communauté spécifique lorsqu'il a dénoncé la discrimination pratiquée par certaines personnes, car "la discrimination existe dans toutes les communautés humaines".



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 23 septembre 2007