Faits et effets…—Quelle hypocrisie !
Humeur—Dérapage contrôlé
Interrogations—À l'heure des comptes
Coup de bec dans l'eau
Actualités commentées—République: Il faut rendre le pouvoir au peuple
Carnet—Ridicule
Faits et effets...
Quelle hypocrisie !
Lorsque Navin Ramgoolam casse du IBL et du CIEL, de préférence
lors d'une cérémonie socioculturelle, il y a toujours
la presse et surtout les caméras complaisantes de la MBC
pour ne rien rater de sa parole dénonciatrice. Et il paraît
aussi que le Premier ministre veille à ce que la MBC diffuse
intégralement ses meetings publics dans les bulletins télévisés.
Il avait eu 27 minutes au journal du dimanche 9 septembre pour
défendre "non bann dimoune" et il a eu 21 minutes
mercredi pour expliquer qu'il n'est pas communaliste parce qu'en
1905 son père avait choisi une école catholique
pour son apprentissage scolaire et il en a profité pour
faire le procès d'un confrère qui avait, pourtant,
entrepris d'expliquer son "message" d'Union Park.
Par contre, lorsqu'il se rend dans le cadre enchanteur de l'hôtel
One and Only, où IBL a aussi des intérêts
à travers Sun Resorts, pas de caméra de la MBC,
pas de photographe des Government Information Services et encore
moins ceux de la presse indépendante. Il semble évident
qu'il a besoin de se cacher lorsqu'il trinque avec les personnes
qu'il dénonce dans certains rassemblements ciblés.
Il doit penser que si tout le monde sait et voit qu'il est à
tu et à toi avec les Sol Kerzner, les Christian Dalais
et autres Arnaud Martin, cela écornera son image de grand
pourfendeur du gros capital. Que penseront "nous dimoune"
si on le voyait en train de déguster une langouste avec
sa coupe de rouge millésimé ? Ce serait, selon lui,
le désastre et l'annulation des effets de sa campagne contre
les "racistes".
Pour son dîner de lundi dernier, il était flanqué
de deux des idéologues de son parti et de son gouvernement,
Rajesh Jeetah et James Burty David, deux présences qui
ne sont évidemment pas passées inaperçues
lors de cette nuit étoilée de lundi dernier. Le
ministre du Commerce et de l'Industrie était accompagné
de son épouse, celle-là même dont Navin Ramgoolam
a fait mention à l'occasion de son allocution mémorable
d'Union Park et dont l'accès aurait été refusé
dans un hôtel dont il n'a pas osé mentionner le nom.
Si elle a dû patienter pour accéder à la petite
porte, selon les dires de Navin Ramgoolam, c'est par la grande
porte qu'elle est entrée au Touessrok lundi.
Quant à James Burty David, on ne sait pas s'il a pénétré
l'enceinte de cet établissement avec la statue d'Adrien
D'Epinay avec l'espoir de trouver un lieu d'accueil alternatif
au Jardin de la Compagnie où il veut la déloger
ou s'il était muni de son sécateur pour couper quelques
fils barbelés autour de l'hôtel cinq étoiles.
Il aurait été intéressant, dans un régime
qui pratique vraiment la transparence, de pouvoir filmer tout
ce beau monde à la table des "gran missié-là".
Mais non, nous avons affaire à de fieffés hypocrites
qui ont un comportement et un discours lorsqu'ils sont devant
tel auditoire et qui se cachent lorsqu'ils sont en train de festoyer
avec le gros capital. Alors qu'ils ameutent les médias
pour toutes sortes de peccadilles et autres activités inintéressantes.
Ce n'est certainement pas une coïncidence que le Premier
ministre s'arrange toujours pour ne pas être photographié
ou filmé même par sa MBC lorsqu'il rencontre les
tenants du gros capital. Arnaud Dalais et les sucriers ont rendez-vous
avec Navin Ramgoolam au Bâtiment du Trésor. Ils sont
contraints de passer par la petite porte pour être à
l'abri des photographes et autres chasseurs de déclarations
des médias écrits et parlés. Jacques de Navacelle,
ce "pétaud" qui avait osé dire certaines
vérités, contrairement à ces cireurs de pompe
du privé qui fulminent en aparté mais qui sont des
béni oui oui devant le prince, a bien été
reçu par le Premier ministre. Mais ce n'est qu'après
la rencontre que les médias ont été informés
par le "service de presse" de Navin Ramgoolam de cet
entretien. Encore une fois, pas de photo, pas de caméra,
pas de déclaration à la presse alors que pour d'autres
imbécillités, la presse est conviée.
Tout cela révèle que c'est une bande de complexés
et de parvenus qui nous gouvernent. Ceux qui pensent que l'on
ne peut pas exister ou s'imposer si on ne roule pas en Aston Martin
et si on ne porte pas une montre à près de Rs 1
million au poignet. Le clinquant et le voyant érigés
en symboles de réussite pour montrer "sa banne-là".
Et ce n'est pas seulement le Premier ministre et les membres du
gouvernement qui s'adonnent à ce petit jeu de cache-cache
malsain ! Le leader de l'opposition en titre pour le moment a,
lui aussi, décidé de prendre les Mauriciens pour
des imbéciles. Nando Bodha était à Union
Park le 9 septembre.
À part le fait que les téléspectateurs l'ont
vu applaudir le discours du Premier ministre et du président
de la République, que retient-on de lui ? C'est qu'il n'a
pas condamné les propos incendiaires du Premier ministre.
Rien pendant toute une semaine. Nando Bodha étant le seul
leader de l'opposition de notre histoire parlementaire qui doit
attendre le feu vert de son chef avant de pouvoir faire la moindre
déclaration. Le plus choquant, c'est qu'en sa qualité
d'ancien ministre du Tourisme, il n'ait rien trouvé à
dire pour corriger la fausseté à l'effet que l'île
aux Bénitiers avait été donnée à
IBL. Il a même eu à répondre à des
PNQ de Navin Ramgoolam sur le sujet en 2003. Il est parfaitement
au courant de ce dossier et il se tait.
Avec la révélation en plein Parlement par Dharam
Gokhool qu'il a eu un Private Advance Notice du leader
de l'opposition, lui-même, de la PNQ qu'il allait
poser sur l'université de la famille Jeetah, on est en
pleine caricature parlementaire. Le plus tôt il rend son
tablier, le mieux pour le fonctionnement de nos institutions démocratiques
!
Humeur
Dérapage contrôlé
L'actualité locale a été marquée au
cours des dernières semaines par les déclarations
du Premier ministre. Ce qui m'a surpris dans cette actualité,
c'est la surprise des étonnés qui se sont demandés
quel était ce vecteur du chikungunya qui a piqué
Navin Ramgoolam pour l'inciter à faire des dérapages.
Il y en a même qui ont fait des enquêtes poussées
pour connaître la réponse qui est pourtant d'une
extrême simplicité. Ce dérapage était
voulu. Contrôlé. Comme les précédents
et avait pour objectif de détourner l'attention d'une situation
gênante pour focaliser les projecteurs sur des propos provocateurs.
Il faut admettre que la manuvre a bien fonctionné
un moment puisque tout le monde s'est lancé dans le débat
sur l'histoire du pauvre petit Noir à qui l'on avait refusé
l'entrée dans un club privé appartenant forcément
- selon la logique de celui qui raconte l'histoire - à
de méchants Blancs. Il va sans dire que le preux Premier
ministre a promis de faire mettre un terme à ces agissements
en commençant par dénoncer l'injustice. En attirant
l'attention sur la supposée humiliation du pauvre Noir
victime d'une politique de coloured bar, Navin Ramgoolam
voulait surtout faire oublier que son gouvernement engagé
à fond dans le combat contre toutes les injustices et passe-droits
venait d'en commettre un superbe, de passe-droit, en accordant
à un de ses agents politiques, recyclé miraculeusement
dans le tourisme, un bail pour faire construire un restaurant
sur une île. Lequel agent avait compris qu'il était
devenu propriétaire de l'île tout entière
et avait commencé à exiger un droit de débarquement
sur "sa propriété". C'est en se rendant
compte que la boule était trop grosse que, pour faire diversion,
Navin Ramgoolam a raconté - un peu précipitamment
- l'histoire du petit Noir victime de la politique ségrégationniste
pratiquée dans les clubs privés. La manuvre,
car c'en était une, aurait été parfaite s'il
avait fait vérifier la véracité des détails
de l'histoire avant de la raconter.
Car entre ce que Navin a raconté et la vérité,
révélé quelques jours après par différents
témoins, il y a d'énormes différences tant
dans la forme que dans le fond. Pour commencer, l'incident ne
s'est pas déroulé dans un club privé mais
dans une discothèque. Où pour entrer on ne montre
pas patte blanche mais une carte de crédit bancaire bien
garnie. L'entrée de la discothèque n'avait pas été
refusée au pauvre Noir, puisque c'est à l'intérieur
que l'incident s'était produit. Lequel incident peut être
décrit plus comme un mouvement d'humeur du pauvre petit
Noir que comme une agression contre sa personne. C'est parce qu'il
trouvait qu'on tardait trop à lui apporter des verres pour
boire la bouteille de vodka qu'il venait d'acheter que le pauvre
petit Noir est allé faire une déclaration à
la police contre la direction en faisant savoir de qui il était
le fils. Pour les employés de la discothèque, habitués
à gérer les caprices des fils à papa qui
constituent la clientèle, la victime alléguée
n'était pas considérée comme Noir mais avait
un comportement de grand noir. Ce qui fait toute la différence.
Mais voilà, le petit grand Noir est allé raconter
l'histoire à son papa qui l'a lui-même raconté
à son patron. Et comme le premier est le grand argentier
et le second le Premier ministre du pays, l'incident, racontée
à la manière de Navin Ramgoolam, est devenu une
affaire nationale utilisée comme exemple pour dénoncer
les injustices des "banne la" et faire oublier l'histoire
de l'île donnée à l'agent politique.
Je fais partie de ceux qui sont convaincus que le dérapage
de Navin Ramgoolam était contrôlé. À
partir de ce postulat, on pourrait se demander si en rendant public
l'incident en question, il n'a pas tenté de déstabiliser
son ministre des Finances dont certaines mesures fiscales sont
très contestées au sein du gouvernement. Car au
lieu de faire du fils de Rama Sithanen un martyr en racontant
l'incident Navin Ramgoolam a donné de lui l'image d'un
fils à papa prétentieux. Qui, au prix de la bouteille
de vodka dans les boîtes de nuit - peut facilement dépenser
en une soirée une somme équivalente aux subsides
sur les fees des examens de la HSC que son père
a fait annuler du budget 2006/2007 pour faire des économies
budgétaires. De quoi se demander si c'est vraiment pour
défendre le fils du ministre des Finances que Navin Ramgoolam
a fait son dérapage contrôlé dimanche de la
semaine dernière à Union Park ?
Interrogations
À l'heure des comptes
"Nous n'y pouvons rien. C'est la situation internationale
qui l'exige. C'est à cause de la globalisation, que rien
ne peut arrêter. Nous n'avons d'autre choix que de nous
plier aux exigences du marché et de l'économie mondiales
". Combien de fois n'avons-nous, ici comme ailleurs,
entendu ce refrain qui consacre l'impuissance des Etats et des
gouvernements devant une situation économique et sociale
en constante dégradation ?
Ici et là toutefois, de plus en plus de voix s'élèvent
pour remettre en question la toute puissance du tout économique.
Et elles méritent plus que jamais que l'on s'y attarde.
Dans un article intitulé A tyranny of experts, paru
au cours de semaine écoulée dans The Spiked Review
of Books, l'analyste économique Frank Furedi fait ainsi
ressortir que depuis son apparition dans les années 90,
le mot globalisation est devenu comme une sorte "d'incantation
magique". Un mot utilisé pour expliquer toutes les
grandes questions de notre temps. Et pour justifier notre supposée
incapacité devant elles. Un mot qui sert, selon lui, à
véhiculer la notion que l'ère de l'Etat souverain
est révolue, que la souveraineté nationale n'a plus
aucun poids dans le nouveau monde où nous vivons. Ses théoriciens
affirmant que des facteurs économiques internationaux très
puissants ont réduit les Etats à l'impotence, et
que les gouvernements sont désormais trop faibles pour
prétendre faire face à ces forces.
Est-ce vrai?
Se pose à ce stade, souligne Frank Furedi, la question
de savoir si l'hégémonie aujourd'hui exercée
par le concept de globalisation, n'est pas davantage imputable
à une perte de confiance dans la légitimité
et l'autorité de l'Etat contemporain, qu'à l'impact
réel des forces économiques internationales. Une
remise en question de leur autorité qui aurait poussé
les élites politiques à chercher d'autres façons
de légitimer leurs actions. Par exemple en mettant en avant
une autorité externe.
De plus en plus, les politiques nationales sont avalisées
par des conventions et institutions externes. Ainsi, les gouvernements
n'ont plus à assumer la responsabilité directe de
certaines initiatives et mesures. Se contentant d'affirmer qu'elles
émanent d'organismes internationaux incontournables. Dans
notre cas, par exemple, la Banque Mondiale ou le FMI.
"Outsourcing authority is a top-down procedural project,
which breaks policymaking from democratic accountability",
affirme Frank Furedi. "In recent years, it's become commonplace
for governments to avoid responsibility for certain policies by
claiming that the policies were imposed on them by their
'institutional obligations'. Toute ressemblance avec certains
discours entendus localement
Bref, ce que met en lumière cette analyse, c'est l'érosion
de la democratic accountability. Plus précisément
encore que ce que le français désigne comme la "
responsabilité démocratique ", l'anglais véhicule
ici la notion de l'obligation de rendre des comptes. Des comptes
à la population.
On s'acheminerait donc, de plus en plus, vers la recherche de
nouvelles formes d'autorité qui permettraient de se soustraire
à la pression populaire.
Du coup, dans cette relation entre l'autorité internationale
et le décideur politique, le citoyen ordinaire n'a plus
son mot à dire. "Instead, the public is expected
simply to accept and live with the wisdom of decisions taken by
experts and government regulators. Expert consensus, rather than
public consensus, is the driving force of new forms of governance".
Peut-on faire autrement ?
Dans un article paru le 20 septembre dernier dans la publication
The Project Syndicate, le Prix Nobel d'Economie Joseph
E. Stiglitz, (dont le dernier ouvrage s'intitule Making Globalization
Work), nous livre une intéressante analyse intitulée
The Malaysian Miracle.
Il y fait ressortir que ce pays qui a célébré,
le 31 août dernier, le 50ème anniversaire de son
indépendance, après plus de 400 ans de colonialisme,
aurait beaucoup à enseigner au monde, sur le plan économique
mais aussi sur la façon de construire "a vibrant
multi-racial, multi-ethnic, multi-cultural society".
Classée parmi les pays les plus pauvres au moment de l'indépendance,
la Malaisie se retrouve aujourd'hui, en termes de croissance,
dans la même catégorie que la Chine, Taiwan, la Corée
du Sud et la Thaïlande. Plus important, souligne Stiglitz:
les bénéfices de la croissance ont été
partagés.
"Malaysia has succeeded in markedly reducing the income
divides that separated various ethnic groups, not by bringing
the top down, but by bringing the bottom up", souligne
Joseph Stiglitz.
"It invested in education and technology, pushed a high savings
rate, enacted a strong and effective affirmative action program,
and adopted sound macroeconomic policies", affirme le Prix
Nobel d'Economie. Mais, plus important, la Malaisie aurait aussi
affirmé le rôle actif du gouvernement.
"Had Malaysia followed the policies recommended by the
IMF, it would have torn apart the social fabric created over the
preceding four decades", dit Stiglitz. Pour qui
le succès malaisien devrait être étudié
à la fois par ceux qui recherchent la prospérité
économique et ceux qui cherchent à comprendre
"how our world can live together, not just with toleration,
but also with respect, sharing their common humanity and working
together to achieve common goals".
Des propos sur lesquels nous devrions sans doute méditer
un instant, au milieu de la cacophonie qui nous assourdit actuellement
Coup de bec dans l'eau
À peine évoquées, il y a une quinzaine, quelques
savoureuses chroniques de presse de notre cher Malcolm, voilà
qu'une de ses plus célèbres phrases s'impose tout
de go à l'actualité: "A l'île Maurice,
on cultive la canne à sucre et les préjugés
de couleur". Vingt-cinq ans après avoir enlevé
son mimi, rangé, pour une dernière fois, sa veste
blanche, accroché son feutre vert olive et déposé
sa tente de raphia pour prendre congé de nous, notre génie
national doit attendre encore la réalisation d'une de ses
prédictions - qu'il neige au sommet du Pieter Both ! -
pour revendiquer, enfin et d'outre-tombe, le droit de figurer
sur un de nos billets de banque.
Il avait raison: quarante ans après l'indépendance,
il faut l'avouer, le vernis mauricien n'arrive pas toujours à
s'imposer, laissant entrevoir, dès les premières
craquelures, des couches primaires, qui se bousculent toutes,
pour remonter, à qui mieux mieux, à la surface.
Étrange pays, en effet, cette île de contraste, qu'on
voudrait tous arc-en-ciel, mais dont le destin est, semble-il,
d'être condamné à suivre, dans le désordre,
les prédictions de l'auteur de Sens Plastique. Sauf
que la canne à sucre, dont on dit que sa culture rétrécit
(Malcolm l'avait aussi prédit, aussi pour le nombre de
ses arpents, malheur à lui !) et qui ne se prive pas, pour
autant, de s'étendre en pleine journée à
même la chaussée, à la vue de tous, paralysant
du coup notre principal axe routier des heures durant
La relève, pour la canne tout au moins, est quand même
assurée: son frère jumeau - de conception in vitro
très récente, à déconseiller fortement
aux Inaccessible Rupee Savers - le IRS, sorte
de plante endémique introduite il y a peu dans l'île
pour pallier les intrants, de plus en plus médiocres, du
sucre au profit de devises fortes, se faufile sans problème
aux quatre coins de l'île. Seule condition aux bénéficiaires:
montrer patte blanche et assurer, en même temps, qu'ils
ne vont pas s'adonner à autre chose qu'aux 18 trous prévus
sur la carte de golf. Donc, à écarter tout blanchiment
de leurs erreurs passées sur ces terres fraîchement
défrichées et libérées pour les accueils,
avec ou sans papier, à l'opposé de ce qui se pratique
dans l'Hexagone. Pour ce qui est des nouvelles donnes en émi/immigration,
dont l'ADN, la MCIT dispose, à la station pilote de Midlands,
de tout l'arsenal pour tirer les vers du nez de tout récalcitrant,
qu'il soit maigre ou gros !
Afin d'éviter d'autres tracasseries, il faudrait, sans
délai, avant même que le Pieter Both ne se décide
d'exaucer le vu de Malcolm, que toutes ces organisations
socioculturelles s'entendent, une fois pour toutes. Qu'elles se
mettent, au moins, d'accord sur la couleur de la neige qu'elles
souhaiteraient voir au sommet de notre pic le plus connu et le
plus inaccessible. Afin d'éviter à nos pouvoirs
publics, à travers la SMF, ou autre Coast Guards reconvertis
à l'alpinisme, faute de Tsunamis, d'avoir à assurer
une permanence, comme ces marchands de glaçon râpé,
qu'on retrouve à chaque recoin de nos villes et cités.
Toujours prêts à asperger, selon le jour de fête,
de l'avant ou l'après fête de toutes nos divinités
vivantes et éteintes, le faîte même de notre
Pieter Both - enneigé en avance, malgré lui, de
blanc par Malcolm - de ces vulgaires colorants multicolores. Fades
et minables teintes en plus, qui souffriraient difficilement la
comparaison avec cette large palette de couleurs que nous offre
cette diversité sociale, culturelle, linguistique unique,
que ne cessent de rappeler, dans leurs discours, tous nos politiciens.
Ceux en herbe, comme ceux qui disent ne pas en bouffer, ceux qui
les arrachent et puis s'en vont, ou d'autres encore qui en goûtent
et veulent la dépénaliser, pour retrouver, sans
doute - et sans Kaya - le chemin de la lumière
Pour éviter tout ce débat inutile, une suggestion:
trouvons un nouveau nom au Pieter Both, avant qu'il n'accueille
ses premiers flocons. À la clé, un dévoilement
sans hélico, sans moto, donc des plus écolos ! Malcolm
X ferait peut-être bien l'affaire !
Actualités commentées
République: Il faut rendre le pouvoir au peuple
Depuis près d'un mois, M. Angidi Chettiar est bien calé
dans le fauteuil de vice-Président de la République
et la polémique suscitée autour de sa reconduction
à ce poste est oubliée. La brièveté
de cette polémique démontre combien il peut parfois
être futile de gaspiller autant d'encre autour d'un faux
problème. Le choix du gouvernement bénéficiant,
de surcroît, d'une majorité décisionnelle
à l'Assemblée nationale pour s'imposer, il était
évident que le vieux trésorier des Travaillistes
était assuré de retrouver ce poste duquel il avait
démissionné en 2003. Le Premier ministre a effectivement
confié, samedi dernier au Domaine Les Pailles devant les
membres de la Tamil League, qu'il s'était mis en tête,
depuis décembre dernier, de renvoyer l'ascenseur à
M. Chettiar après que celui-ci s'était conformé
au mot d'ordre de son parti de refuser son approbation à
la Prevention of Terrorism Act (POTA) sous le gouvernement
MSM-MMM en 2003.
Le POTA est une loi controversable remise en question par nombre
de militants des droits de l'homme et le Parti travailliste, qui
prétendait pourtant la combattre ne s'empressera pas de
l'abroger maintenant qu'il est au pouvoir. Honnêtement,
nous ne voyons pas aussi trop comment M. Chettiar aurait été
laissé en plan. Il s'était, après tout, sacrifié
pour l'intérêt de son parti, lequel intérêt
il a aussi fait passer avant celui du pays comme d'autres, dans
le temps, voulaient faire primer la constitution de leur parti
sur celle du pays. En sus de cela, nous ne voyons pas pourquoi
M. Chettiar, tout aussi folklorique qu'il était déjà
à l'époque lorsqu'il fut fait vice-Président
de la République sous un gouvernement PTr-MMM après
avoir joué à l'agwa (intermédiaire)
pour les négociations d'alliance entre les deux partis
en 1994, pouvait être devenu aussi rapidement insipide au
point maintenant d'en être disqualifié ?
Chef juge et partie ?
Par contre, il est dommage que le pays n'ait pas saisi l'occasion
de la polémique pour réfléchir sur ce qui
pourrait être deux vrais sujets de débats. Nous avons
en tête, d'abord, la farce qu'on fait dans notre pays de
la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le
judiciaire dans le contexte de la suppléance à la
tête de la République. Dans sa sortie contre M. Chettiar,
l'opposition MMM - sans doute beaucoup plus pour la galerie que
pour autre chose - a cru bon faire du clientélisme en contre-proposant
l'ancien chef juge Ariranga Pillay comme alternative. M. Pillay
est à la retraite, mais Paul Bérenger s'est appuyé
sur le fait qu'il avait déjà, en tant que chef juge,
agi comme Président suppléant, pour proposer son
nom. Voilà donc sanctifié un système préconisé
par la Constitution du pays selon lequel, en l'absence simultanée
au pays du Président de la République et de son
adjoint, c'est le chef juge qui assume l'intérim au Réduit.
Paul Bérenger a raison. C'est vrai que c'est ce que prévoit
exactement la Constitution. Mais est-ce que c'est parce que la
Constitution le dit que cela ne doit être pas être
remis en cause dans un État qu'on prétend être
un État de droit modèle ?
Beaucoup d'experts en bonne gouvernance, dont le professeur Shadrack
Gutto, un haut responsable de la Commission des Droits de l'Homme
de la Southern African Development Community (SADC), ont déjà
pris note de cette situation impropre - inacceptable à
leurs yeux - qu'un chef - juge, dont le devoir est d'être
un chien de garde des institutions, devienne lui-même, ne
serait-ce pour un court laps de temps, un architecte d'une société
dont il est censé assurer la sauvegarde des droits. En
d'autres mots, que le chef juge soit juge et partie
Souvent, il nous est arrivé de poser la question à
des avocats constitutionnalistes sur l'inconfort de cette situation
et nous nous sommes entendus répondre que, premièrement,
le remplacement du Président ou du vice-Président
par le chef juge est une mesure de précaution visant à
pallier un vide majeur au sommet de l'État. Par exemple,
si les deux plus hauts personnages du Château du Réduit
sont tués en même temps dans un attentat terroriste.
Deuxièmement, toujours selon certains légistes,
de toute façon, le chef juge, dans pareilles circonstances,
n'exercerait qu'un pouvoir résiduel. À notre humble
avis, c'est banaliser un réel problème de transparence
fondamentale.
Conséquence d'être au Réduit au mauvais
moment...
Peut-on nous donner l'assurance que jamais dans le passé,
un chef juge installé dans le fauteuil de Président
de la République n'a eu à arbitrer un quelconque
litige entre un citoyen et une administration régionale
pour ensuite voir atterrir sur son perchoir de la cour suprême
une plainte en justice contestant son propre arbitrage ?
Récemment, lors d'une interview à Week-End,
l'actuel chef juge fut bien amené à concéder
que nous avions "touché" dans le mille quand
nous nous interrogions sur la netteté de la démarche
d'un chef juge/président de la République suppléant
de donner son assent à la Prevention of Terrorism
Act, laquelle loi pouvant ensuite être challenged
devant la même cour qu'il préside. Qu'importe si
ce chef juge puisse se reconnaître ici, il faut aussi qu'il
se dise qu'il ne fut pas le premier à se mettre dans une
telle situation fort embarrassante. Dans les années 70,
un de nos plus respectés chefs juges, fut impliqué
- malgré lui - dans une sombre affaire de restitution de
bijoux entrés en contrebande dans le pays parce qu'il s'était
retrouvé au mauvais moment au Réduit.
La suppléance du président de la République
par le no. 1 du judiciaire mauricien est le prolongement d'une
disposition qui existait à l'époque coloniale quand
le gouverneur britannique et son secrétaire, tous deux
des expatriés, choisissaient de partir en vacances en même
temps sur les falaises de Douvres. Déjà, c'était
à l'époque un mauvais arrangement qui pervertissait
la séparation de pouvoirs entre le judiciaire et l'exécutif.
N'est-il pas temps qu'on en finisse avec ? Pour plus de garantie
à l'intégrité du judiciaire - afin que personne
ne puisse également le moindrement supputer que suppléance
au Réduit se résume à jouissance, bombance
et complaisance - , ne devrait-on pas faire, par exemple, comme
en France où c'est le président du Sénat,
un politique, qui remplace le président de la République,
généralement, lui aussi issu du sérail ?
Pourquoi le président et le vice-président de la
République de Maurice ne pourraient-ils pas faire de sorte
que leurs absences du pays ne coïncident jamais ?
Le deuxième débat que nous avons raté avec
l'épisode Chettiar porte sur une interrogation républicaine
plus profonde. La République des citoyens égaux
en droits s'entend. N'est-on pas arrivé enfin dans ce pays
à suffisamment de maturité pour que ce soient les
citoyens qui votent directement leur Président et vice-Président
plutôt qu'ils aient à déléguer leur
pouvoir de choisir à des parlementaires ? Quand mettrons-nous
notre République à l'abri de ces parlementaires
qui doivent eux-mêmes se soumettre aux caprices de leurs
alliances qui se font et se défont aux rythmes des querelles
partisanes ? La formule de la République mauricienne fut
une affaire conclue en 1992 entre deux dirigeants, Sir Anerood
Jugnauth et Paul Bérenger, dans les propres intérêts
de leurs partis, et ce sont eux qui ont voulu d'une présidence
à l'indienne où le citoyen délègue.
C'est ce qui fait qu'à ce jour, la présidence demeure
un jeu de combinaisons d'alliances de partis qui ambitionnent
le pouvoir, et que le peuple s'en balance royalement que ce soit
Angidi Chettiar ou quelqu'un d'autre qui se cale dans le fauteuil
du Réduit. M. Chettiar, c'est maintenant le choix de Navin
Ramgoolam, après avoir été, initialement,
le choix de l'alliance PTr-MMM.
Si on se mettait à paraphraser Adolphe Thiers, on peut
conclure "qu'il y a des fautes qu'on doit tenir pour commises
et qu'on doit adopter pour point de départ de la politique
du jour". Il faut rendre le pouvoir au peuple !
Carnet
Ridicule
Dans les nombreux manquements qui émaillent la carrière
de Prem Jodha depuis qu'il a pris la présidence de la Mauritius
Football Association (MFA), il y en a un qui prend aujourd'hui
une résonance toute particulière. Avec cette décision
de placer Ashok Chundunsing à la tête du Club M,
nous assistons à la fin d'un film de série B ou
si vous voulez d'un conte de fées imaginé depuis
novembre 2006. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Par contre,
ce qui est certain avec la nomination dans des conditions plus
que troublantes, d'Ashok Chundunsing, c'est qu'elle pousse et
ce de façon irréversible, la sélection nationale
au fond de l'abîme.
Ashok Chundunsing entraîneur national ! Il ne manquait que
cette décision pour prouver que l'équipe qui est
à la tête de la MFA n'a ni direction ni projet que
ce sont de court ou long terme pour le football mauricien. Sinon,
Prem Jodha n'aurait certainement pas profité de l'absence
des Anwar Elahee, Anoop Madhow, Vinod Persunnoo et Mustapha Chitbahal
à la table de discussions, jeudi dernier, pour faire avaler
la couleuvre à ses proches. Encore plus inacceptable, le
président de la MFA n'a même pas pris la peine d'informer
les membres du Board of Governors de cette décision,
alors que ce dernier réclamait depuis des semaines, une
réunion pour discuter justement de l'embauche d'un entraîneur
national. Il n'est pas étonnant que depuis que la nouvelle
a fait le tour de Maurice, on parle, au sein du Board of Governors,
de " fer ene zanfan dans lédos ".
Mais Prem Jodha a fait mieux. En ne tenant pas informé
de sa démarche le président de la commission technique
de la MFA, qui n'est autre que son vice-président, Anwar
Elahee, il vient créer des doutes autour de l'unanimité
des membres de la fédération autour de cette nomination.
L'arrivée d'Ashok Chundunsing au Football House divise
plus que jamais et pourrait, à terme, mettre en danger
la place de président de Prem Jodha. Surtout que beaucoup
de ses membres se demandent encore pourquoi il y a eu un empressement
aussi soudain qu'inattendu de nommer un entraîneur pour
le Club M, alors qu'il n'y avait aucun match officiel dans les
jours, ni dans les mois à venir. Tout comme certains cherchent
encore à connaître les conditions d'embauche du nouvel
entraîneur, ses salaires et ses objectifs pour la sélection.
Qu'on se le dise, Ashok Chundunsing n'est pas n'importe qui. Non
pas sur le plan sportif, mais sur l'échiquer politique
actuel. La coïncidence veut qu'il fût nommé
entraîneur du Club M pour la campagne des Jeux des Îles
de 1998 alors que le Parti Travailliste était au pouvoir.
Doit-on ne pas voir une nouvelle coïncidence dans nommation
comme entraîneur de la sélection alors que le parti
de Navin Ramgoolam est à nouveau pouvoir. Comme pour prouver
la connexion politique de l'entraîneur il arrive à
la tête du Club M avec une casquette additionnelle, à
savoir celle de conseiller du ministre
des Arts et de la
Culture, Mahen Gowreesoo. Qui ne sait pas que ces conseillers
nommés par les ministres sont soit des agents politiques
ou des politiciens tout court, où les deux à la
fois ?
Le silence de Prem Jodha et de son entourage sur cette question
essentielle : quel sera l'avenir du " politicien Ashok
Chundunsing ? ", est honteux. D'autant que ce silence
démontre, dans une très large mesure le peu de connaissance
de l'actuelle équipe dirigeante de la MFA tant de ses propres
règlements que de ceux de la FIFA et de la CAF. Honteux
également le silence du ministre de la Jeunesse et des
Sports, Sylvio Tang. Lui qui veut relancer le football à
Maurice, a raté une belle occasion d'affirmer à
nouveau ses convictions à l'effet que le Club M a besoin
d'un entraîneur étranger. Et dire que depuis
2005, il est à la recherche de l'oiseau rare ! Est-ce parce
qu'il s'agit d'Ashok Chundunsing qu'il reste silencieux ?
Ne nous attardons pas sur le personnage caractériel qu'est
Ashok Chundunsing ni sur ses " apparitions éphémères
" les samedis après-midis sur MBC 3 et encore
moins sur sa contribution à l'avancement des Arts et de
la Culture à Maurice. Par contre, il y a une chose que
l'on sait. C'est que l'entraîneur a quitté le Club
M après les JIOI de 1998 suite à une humiliation,
tout comme l'a fait Sarjoo Gowreesungkur en 2007 après
ceux de Madagascar. On sait aussi que ses différentes tentatives
d'effectuer un retour avec des équipes de D1 se sont soldées
par des échecs. Du reste, il a dû battre en retraite
après une forte résistance des joueurs de l'Olympique
de Moka pour la nouvelle saison. Comment aujourd'hui, Prem Jodha
peut-il dire que le nouvel entraîneur du Club M apportera
un nouveau souffle à cette équipe ?
Qu'il ne vienne surtout pas nous dire que le conseiller de Mahen
Gowreesoo a besoin d'une seconde chance. Il a déjà
laissé passer toutes ses chances. De grâce messieurs
de la MFA, évitons de donner à Ashok Chundunsing
comme marchepied les joueurs du Club M pour une seconde vie. Il
l'a déjà trouvée depuis 2005 au ministère
des Arts et de la Culture
Patrick Jean-Louis
PS : nous apprenons que Prem Jodha a aussi décidé
de mettre fin à l'existence du comité des présidents
des comités régionaux. Le comité a été
remplacé par une commission composée des membres
nommés par ses soins, dont un certain Harry Deonarain,
qui n'est même pas un élu d'un quelconque comité
régional. Bel exemple de changement.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 23 septembre 2007
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