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Paul Bérenger, hier
"Nous pensons que le poste de leader de l'opposition revient
de droit au MMM"
"Nous pensons que le poste de leader de l'opposition revient
de droit au MMM
Nando Bodha ti bizin koné par li
mem ki li bizin fer, si non nou pou suive attentivement sa ki
président république pou fer". Déclaration
de Paul Bérenger hier à une conférence de
presse pour rappeler aussi que le MMM n'était demandeur
de rien et ne veut pas de ce poste de leader de l'opposition coûte
que coûte mais qu'il y a une nouvelle situation qui est
claire et que le poste revient au MMM. Également révélée,
la promulgation de nouveaux règlements pour réintroduire
la taxe sur les successions et demande de son annulation immédiate.
Le leader du MMM a aussi suggéré que Maurice appelle
une réunion des chefs d'État ACP pour discuter des
APE. Le clin d'il adressé à Madan Dulloo et
à Anil Baichoo après avoir dit prévoir d'autres
défections de l'Alliance sociale n'est pas passé
inaperçue.
Le MMM accueille le retour du PMSD dans l'opposition et apprécie
la déclaration de ce parti à l'effet qu'il souhaite
que le MMM reprenne le poste de leader de l'opposition à
l'Assemblée nationale, a déclaré Paul Bérenger
en précisant aussitôt que "nou pa ti demane
narien et MMM pas intéressé reprend leader de l'opposition
coûte que coûte, nou pensé ki li revine de
droit au MMM. Nou pa pou laguerre pou çà coûte
que coûte !".
Avec le développement que constitue la déclaration
du PMSD, Nando Bodha "ti bizin koné par li meme
ki li bizin fer ! si non nou pou suive attentivement sa ki président
république pou fer, a, par ailleurs, déclaré
le leader du MMM en ajoutant que li à prévoir ki
pou éna lézot dimoune au parlement ki pou quitte
l'alliance sociale". Il est trop tôt pour dire
ce qu'il en serait entre le PMSD et le MMM pour les prochaines
élections générales, on laisse le temps faire
son travail, a-t-il aussi précisé.
À des questions de la presse, il a dit que "nou
pas ti demandeur et aujourd'hui nou pa bizin être demandeur
parski la position du PMSD est clair et que la constitution l'est
aussi, bizin aplik la constitution et le poste revient au MMM".
Le leader du MMM a également dit qu'il n'y a aucune
rencontre prévue avec le MSM et a ajouté que "si
Pravind Jugnauth, dont les positions ne seraient pas partagées
par ses collègues et qui serait isolé au sein de
son parti, change d'attitude et qu'il arrête de dire des
bêtises tout deviendrait possible". "Si
ou envi marier ek enn tifi, ou pas zoure li !", a ironisé
Paul Bérenger.
NRPT, taxe sur les intérêts, etc: Rama Sithanen
violemment désavoué jeudi
Abordant la question fiscale, Paul Bérenger a dit que ses
renseignements sont que "Rama Sithanen a été
violemment désavoué par tu dimoune jeudi dernier
au conseil des ministres". "C'est clair qu'à
part Rama Sithanen et Navin Ramgoolam que tout le monde au sein
de l'alliance sociale est en faveur de l'abolition du NRPT et
des taxes sur les intérêts sur l'épargne comme
réclame avec insistance par le MMM, le MSM et l'Union Nationale",
a-t-il déclaré en conseillant au gouvernement de
les abolir sans plus tarder.
Choquant aussi, a-t-il jugé, qu'alors que tout le monde,
sauf Rama Sithanen et Navin Ramgoolam, réclame la suppression
des deux taxes précitées, le Government Notice
du 15 septembre 2007 est venu réintroduire la taxe de 5%
à 10% sur les successions sur les terres et les biens immobiliers
qui avaient été abolis par Vishnu Lutchmeenaraidoo
en 1983. Paul Bérenger s'est dit persuadé que personne
n'est au courant de cette nouvelle et même Navin Ramgoolam
sauf Rama Sithanen. Il a réclamé sa suppression
immédiate.
Quant à savoir si le MMM proposera une motion d'annulation
de ses nouveaux règlements, il a dit qu'il espère
que tel ne sera pas le cas et qu'ils seront immédiatement
abolis.
"Maurice n'est plus le chouchou, le bon élève
de l'UE !"
Il en est venu ensuite au "cafouillage" sur les accords
de partenariat économique Union Européenne/Afrique
Caraïbes Pacifique et des discussions qu'il a engagées
à ce sujet avec ses collègues Jayen Cuttaree, Vijay
Makhan et Vishnu Lutchmeenaraidoo. Le leader du MMM a estimé
que "quelque chose d'extrêmement grave s'est produit"
ces derniers jours avec les déclarations reproduites dans
la presse de la commission européenne à Bruxelles
et du commissaire à l'agriculture, Peter Mandelson.
Lorsqu'on lit attentivement entre les lignes de ce que dit Peter
Mandelson et qui est extrêmement grave, selon le leader
du MMM, c'est que "nou ne pli le chouchou, et le bon élève
de l'Union Européenne comme c'était le cas jusqu'à
présent, nou fine perdi sa statut et non seulement sa mais
zot pé target Maurice" s'est indigné Paul
Bérenger.
Il a trouvé trois raisons à cette situation choquante,
les engagements pris auprès de l'Union Européenne
qui n'ont pas été tenus et qui ont été
grossièrement remis en question, l'UE est choquée
par la façon dont Navin Ramgoolam et le gouvernement traitent
du dossier de la réforme urgente de l'industrie sucrière
et le comportement et le langage d'Arvin Boolell dans les négociations
ont, très certainement, dit-il, ajouté à
ces deux autres raisons.
Pour une réunion urgente des chefs d'état ACP
Maurice a, non seulement, perdu de sa considération mais
la manière de faire du gouvernement et d'Arvin Boolell,
au moment ou l'UE songe à tuer le Protocole Sucre, est
telle que nous nous retrouvons complètement isolés,
a poursuivi le leader du MMM, avec ce résultat incroyable
que l'UE est en train de discuter avec différents regroupements
des ACP et de la communauté des 16 pays de la Eastern and
Southern Africa alors qu'un accord est censé être
conclu d'ici fin décembre 2007, ce qui est derrière
la porte.
Et c'est "at this late hour" que le Conseil des ministres
a décidé, jeudi, de procéder à la
création d'un nouveau regroupement composé de Maurice,
de Madagascar, des Seychelles et des Comores pour discuter avec
l'UE, a-t-il souligné avant de relever que le ministre
Boolell est venu, vendredi, évoquer un autre regroupement
avec, cette fois, Maurice, le Kenya, le Zimbabwe et les Seychelles.
"Li incroyable, pé zoué ar difé,
pé badiné ek enn question essentielle surtout pour
ce qui est du sucre mais aussi du thon et du textile", a
déploré le leader du MMM. Ce sont les petits planteurs,
les laboureurs et les artisans qui risquent de faire les frais
de ce genre de badinage, de l'incompétence et du manque
de sérieux de Navin Ramgoolam, de Arvind Boolell et du
gouvernement, a-t-il dit.
"Nou compte lor Madan Dulloo
"
Le MMM, a ajouté Paul Bérenger, est d'avis que Maurice
aurait dû proposer une réunion urgente des chefs
d'État ACP pour demander à l'OMC une nouvelle dérogation
supplémentaire de six mois à un an pour essayer
de conclure les discussions sur les Accords de Partenariat Économique
à la satisfaction des pays ACP ou trouver une solution
alternative sous la forme d'un GSP, selon lequel les pays ACP
peuvent conserver certains avantages obtenus auprès de
l'UE.
"Nou compte lors Madan Dulloo pour ramène le gouvernement
et Arvin Boolell, en particulier, à la raison !",
a aussi tenu à ajouter le leader du MMM soulignant que
les intérêts vitaux du pays sont, ces jours-ci, en
danger.
Paul Bérenger s'est également dit choqué
qu'un membre du secteur privé ait, la semaine dernière,
eut "un coup de génie" et qu'il ait suggéré
l'enlèvement des taxes douanières sur l'éthanol
importé afin d'alimenter les véhicules, celui que
nous produisons n'étant pas déshydraté et
ne pouvant être utilisé à cette fin. Il a
rappelé que cette production est envisagée dans
le cadre de la réforme de l'industrie sucrière.
Contre l'importation hors taxe de l'éthanol déshydraté
Le MMM s'est dit carrément contre l'importation de l'éthanol
déshydraté parce que cela va porter atteinte à
la réforme urgente de l'industrie et a dit espérer
que le gouvernement ne va pas dans cette direction et qu'il ne
fera pas preuve d'incompétence une fois de plus.
Paul Bérenger s'est aussi élevé contre le
fait que le gouvernement continue à considérer l'installation
de la centrale à charbon de 110 MGW à Albion. "C'est
un énorme scandale qui a quatre dimensions, c'est un contrat
donné aux petits copains sans appel d'offres et cela a
même choqué l'Union Européenne, il y a sa
dimension corruption et petit copains et ses implications environnementales
et c'est le CEB qui va prendre les risques et les frais de l'importation
du charbon notamment tandis que les petits copains vont, eux,
prendre les profits."
Ce projet, a-t-il renchéri, c'est un autre coup porté
à la réforme urgente de l'industrie sucrière
et c'est pour toutes ses raisons que Paul Bérenger a adressé
un avertissement à tous ceux concernés au CEB pour
qu'ils arrêtent ce projet dans l'intérêt du
pays et des consommateurs d'électricité.
"Nou compte lor Anil Baichoo
"
Dans ce cas là, "nou compte lor Anil Baichoo pour
que le EIA bâclé du promoteur soit refusé,
sakenn bizin prend so responsabilité, sa projet 110 MGW
li enn danger terrible pour le pays" a déclaré
le leader du MMM. A une question de la presse qui voulait savoir
si c'est plus qu'une coïncidence qu'il en appelle à
Madan Dulloo et Anil Baichoo et s'il n'y avait pas plus dans ses
appels, Paul Bérenger a répondu, ironique, qu'il
a évoqué des dossiers qui sont de leur ressort et
que ce n'est pas lui qui nomme les ministres.
Poste de leader de l'opposition: Avant d'agir "en conséquence"
Jugnauth demande à Bérenger de bien préciser
sa position
Pravind Jugnauth, leader du MSM, juge "ambiguë"
la position de Paul Bérenger, leader du MMM, au sujet du
poste de leader de l'opposition et lui demande de préciser
clairement s'il tient, oui ou non, à reprendre ce poste.
"À partir de là, nous agirons en conséquence",
déclare le leader du MSM.
"Nous voulons savoir ce qu'il compte faire",
a déclaré M. Jugnauth à Week-End,
hier après-midi, après avoir pris connaissance de
la position de M. Bérenger à l'effet qu'il ne tenait
pas "coûte que coûte" à devenir
leader de l'opposition et de sa déclaration selon laquelle
Nando Bodha "sait ce qu'il doit faire".
Sans donner de détails, le leader du MSM a indiqué
avoir de nouveau parlé, le matin, au leader du PMSD, Maurice
Allet. Il déclare aussi avoir appris les rumeurs à
propos de nouvelles défections au sein du gouvernement
sans savoir si elles sont fondées ou pas.
Plus tôt durant la semaine, Pravind Jugnauth, réagissant
en premier à la nouvelle du départ du PMSD de l'Alliance
Sociale, avait qualifié ce développement de "chronique
d'un départ annoncé". Il avait expliqué
qu'il n'était pas "surpris" que le PMSD
quitte le gouvernement vu le "langage critique"
de ce parti à l'égard du gouvernement depuis un
certain temps.
M. Jugnauth souhaitait, par la même occasion, que ce ralliement
du PMSD au camp de l'opposition ne vienne pas remettre en question
le titulaire au poste de leader de l'opposition et que ce poste
demeure pour le MSM et que son parti continue à être
"le principal parti de l'opposition".
Par ailleurs, Pravind Jugnauth n'a pas souhaité "alimenter
la polémique" autour des récentes déclarations
controversées du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam,
notamment à Union Park. "Je ne pense pas que le
moment soit propice de tenir de tels propos loin des véritables
préoccupations du moment des Mauriciens et alors que le
pays a de grands défis à relever".
Pour M. Jugnauth, tout cela ne serait qu'une "stratégie
en vue de dévier l'attention de l'opinion publique et faire
oublier les difficultés du peuple". Il assure
que, pour sa part, le MSM a toujours "tenu le langage
de la vérité" et a toujours tout entrepris
en vue "d'unir la population selon ce que lui rappelle
son slogan: unir pour bâtir".
"Face à la présente situation de misère
due à l'incompétence de certains ministres et alors
qu'il nous faut relever de grands défis, il est primordial
que prime l'unité nationale. Ceux qui parlent publiquement
doivent, en conséquence, assumer leurs responsabilités",
déclare le leader du MSM.
Sylvio Michel, leader des Verts Fraternels:
"Il est bon que le PMSD soit retourné dans l'opposition"
"Le retour du PMSD dans l'opposition est une bonne chose",
déclare Sylvio Michel, leader des Verts Fraternels. Il
explique qu'il était personnellement "très
mal à l'aise" de la présence de ce parti
au sein de l'Alliance gouvernementale dans la mesure où
"il était, au départ, de l'opposition".
Il trouve par ailleurs que la bataille qu'engage le député
Eric Guimbeau et ces critiques à l'adresse du Premier ministre
ne sont "qu'une lutte en faveur d'une section de la population
générale".
"Ce n'est que maintenant qu'ils découvrent les
réalités mauriciennes et qu'ils constatent la politique
de recrutement injuste à Air Mauritius et ailleurs !",
déclare-t-il sur le ton de l'ironie. Et de trouver comme
"une bonne chose" que le PMSD ait finalement
choisi de "retourner là où il était".
Formulaires d'impôts
NRPT : Nouvelle fronde ministérielle au Cabinet
La National Residential Property Tax (NRPT), nouvelle taxe foncière
imposable à partir de l'exercice financier 2006/07 et payable
ces jours-ci, continue à faire des vagues. En parallèle
à la démarche légale entreprise en Cour suprême
par les animateurs du Forum Citoyen, mené par Me Anil Gayan,
des ministres ont profité de la réunion du Conseil
des ministres avancée de vingt-quatre heures, jeudi, pour
soulever des objections fermes contre l'imposition de cette nouvelle
taxe foncière et tenter de renverser la vapeur à
la veille de la date limite pour la soumission des feuilles d'impôts
sur les revenus à la Mauritius Revenue Authority. La
seule et maigre consolation qu'ont obtenue les meneurs de cette
fronde anti-NRPT au sein du Conseil des ministres n'a été
qu'un renvoi d'une semaine, soit au lundi 8 octobre, de la date
limite pour le paiement de cette taxe avec la soumission des formulaires
d'impôts.
Profitant de l'absence au pays du vice-Premier ministre et ministre
des Finances, Rama Sithanen, et des délibérations
du Conseil des ministres de jeudi, des ministres, sous la pression
de leurs mandants et de puissants lobbies, ont tenté un
coup en revenant à la charge contre la National Residential
Property Tax. L'objectif de cette attaque ciblée était
d'amener le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à prendre
position en faveur d'un gel de la mise à exécution
de cette mesure fiscale, qui ne rapportera que Rs 60 millions
annuellement. Un cinglant désaveu déguisé
au vice-Premier ministre et ministre des Finances !
La formule d'emballage élaborée pour justifier le
gel de l'imposition de cette taxe foncière était
de proposer la mise sur pied d'un comité ministériel
sous la présidence du vice-Premier ministre et ministre
des Finances avec pour attribution de revoir les modalités
de la National Residential Property Tax. Les noms des ministres
James Burty David et Rama Valayden étaient même mentionnés
à cet effet. L'une des principales objections avancées
par les animateurs de cette fronde ministérielle était
la confusion autour de cette taxe foncière. Les ministres
concernés ont joué leur va-tout en vue de convaincre
le Premier ministre de prendre position en leur faveur. Mais ce
serait en vain.
Des recoupements effectués par Week-End auprès
de différentes sources ministérielles avancent que
les débats, qualifiés de houleux par certaines sources,
sur la NRPT au Conseil des ministres de jeudi ont été
classés sans qu'aucune décision ne soit prise concernant
l'institution de ce comité ministériel pour la révision
de cette mesure fiscale. Le Premier ministre s'était
contenté de calmer l'ardeur des autres membres du gouvernement
en plaidant l'absence du principal concerné par ce dossier.
La seule décision administrative entérinée
a été le report de la date-butoir pour la soumission
des formulaires et le paiement des impôts du lundi 1er octobre
au lundi 8 octobre (voir détails plus loin).
Dès son retour au pays, vendredi matin et une fois mis
au parfum de la tentative de le déstabiliser au sein du
gouvernement, le vice-Premier ministre et ministre des Finances
a multiplié les initiatives en vue de confirmer le bien-fondé
de ces rumeurs. Il ne s'est épargné aucun effort
allant jusqu'à consulter le Premier ministre suppléant,
Rashid Beebeejaun, à ce sujet ou encore prendre connaissance
des Draft Minutes of Proceedings de cette réunion
du Conseil des ministres.
Interrogé en fin de semaine par Week-End au sujet
de la National Residential Property Tax, Rama Sithanen
était des plus catégoriques. "À ma
connaissance et après confirmation officielle, il n'y a
aucune décision du Conseil des ministres portant sur l'institution
d'un comité ministériel en vue de revoir la NRPT.
Vous pouvez aller demander confirmation auprès du Premier
ministre par intérim. Si ceux qui avaient initié
une telle démarche avaient obtenu gain de cause, ils auraient
fait publier cette décision dans le communiqué émis
après les réunions du Conseil des ministres comme
pour marquer le point. Mais je n'ai rien vu ou lu à ce
chapitre. Ensuite quand un ministre est nommé à
la présidence d'un comité suite à une décision
du Conseil des ministres, le Cabinet Secretariat est tenu à
faire suivre cette décision d'une communication officielle
au ministre. À ce stade, je ne suis en présence
d'aucune correspondance à cet effet", a-t-il fait
comprendre.
Rama Sithanen soutient que cette démarche pour un comité
en vue de revoir la NRPT n'est pas de mise dans la conjoncture.
"Le gouvernement avait déjà mis sur pied
un comité, qui a délibéré pendant
huit mois. Nous avons fait mieux que les recommandations de ce
comité avec le plancher d'imposition fixé à
Rs 385 000 au lieu de Rs 215 000. Les terrains non-construits
ont été exemptés du paiement de la NRPT.
Presque 93% des contribuables seront exemptés de cette
taxe foncière. Évidemment, ceux qui doivent payer
la taxe renâclent à le faire. Les fonds générés
par cette taxe seront utilisés pour le financement de projets
sous la National Development Unit", devait-il poursuivre.
"Nous avions un choix à faire au niveau de la politique
fiscale, soit suivre le diktat du Fonds monétaire international
avec une majoration de la Taxe à la Valeur ajoutée
(TVA), donc pénalisant ceux au bas de l'échelle,
soit chercher des mesures alternatives pour épargner ces
mêmes groupes. C'est la dernière voie que le gouvernement
a choisie. Aujourd'hui, l'opposition a beau jeu avec des critiques.
Mais nous savons très bien ce qui s'est passé avec
la Sales Tax en 1982 ou encore avec la TVA après septembre
2000", devait affirmer le vice-Premier ministre et ministre
des Finances.
D'autre part, Rama Sithanen présidera mercredi matin un
séminaire sur le thème de New Tax System : Myths
and Realities. La décision du ministre des Finances
de monter au créneau pour expliquer la politique fiscale
est une indication de l'échec des dirigeants de la Mauritius
Revenue Authority à endiguer les attaques et critiques
contre la réforme fiscale. Le point de presse animé
récemment par le directeur général de la
MRA, Sudhamo Lall, n'a pas été d'une grande utilité
pour faire taire les critiques au point où même au
sein du gouvernement gronde la révolte antifiscale.
Ce séminaire d'une durée de deux heures se déroulera
au Sir Harilall Vaghjee Hall. Outre l'intervention du Grand Argentier,
le secrétaire financier, Ali Mansoor ; le directeur général
de la MRA, Sudhamo Lal et le directeur de la cellule des Large
Tax Payers à la MRA, Mustapha Mosafeer, interviendront
sur des sujets ayant trait à la réforme fiscale
en général, la mise en application de la Politique
fiscale, ou encore les nouvelles dispositions concernant l'impôt
sur les revenus des individus.
Rashid Imrith : "Le report jusqu'à la fin d'octobre"
La Governemnt General Services Union (GGSU), qui avait écrit
officiellement au début de ce mois au vice-Premier ministre
et ministre des Finances, Rama Sithanen, pour réclamer
une élimination de la taxe sur l'épargne, trouve
que le report d'une semaine de la date de soumission des formulaires
d'impôts n'est pas suffisant. Le président de la
GGSU, Rashid Imrith, affûte ses dossiers en prévision
d'un éventuel rendez-vous avec Rama Sithanen suite à
la correspondance soumise avant le récent départ
en mission de ce dernier.
"Sincèrement, à la GGSU, nous pensions que
le délai pour la soumission des formulaires d'impôts
sur les revenus aurait dû être reporté jusqu'à
la fin du mois d'octobre au lieu du lundi 8. Un report aussi long
aurait permis au vice-Premier ministre et ministre des Finances
de prendre connaissance de l'ampleur de la grogne - un véritable
Outcry - chez les contribuables que ce soit au niveau de la taxe
sur l'épargne aussi bien qu'avec la mise en application
de la National Residential Property Tax. Ainsi, il disposerait
du temps nécessaire pour apporter les mesures correctives
nécessaires dans la conjoncture", a soutenu Rashid
Imrith à Week-End.
D'autre part, un plus long délai aurait facilité
la tâche de nombreux propriétaires de résidence
secondaires qui se trouvent à l'étranger. En effet,
les démarches entreprises auprès de la Mauritius
Revenue Authority par des Proxies de ces propriétaires
à l'étranger sont rendues difficiles car les responsables
du fisc veulent traiter directement avec les principaux concernés
en ce qui concerne la National Residential Propery Tax.
C'est ce qui découle d'un témoignage recueilli par
Week-End.
"Un de mes proches, qui se trouve en France et qui est
propriétaire d'une résidence à Maurice, m'avait
demandé de faire le nécessaire auprès de
la MRA pour le paiement de la NRPT.J'ai rencontré des difficultés
pour obtenir le formulaire d'impôts au QG de la MRA. Finalement,
le proche en question a dû téléphoner de l'étranger
à la MRA où on lui a réclamé son numéro
de carte d'identité nationale pour des besoins administratifs
avant d'accepter de remettre les formulaires d'impôts",
a fait comprendre à Week-End le contribuable visiblement
agacé par le Time Consuming Exercise et le Red
Tape.
De nombreux contribuables imposables sous la NRPT et se trouvant
à l'étranger sont dans cette même situation.
Ces exemples poussent le président de la GGSU à
revenir avec force au sujet de sa demande pour un plus long délai.
"Avec un plus long délai, la MRA ne subira aucun
préjudice financier. Avec le Cumulative PAYE, le moindre
sou du contribuable a déjà été taxé
au cours de l'exercice financier passé. La MRA n'a rien
laissé au hasard. Elle devait être dans ses Targets.
La MRA peut très bien repousser la date pour la soumission
des formulaires d'impôts", s'appesantit Rashid
Imrith.
La GGSU trouve que la MRA est tenue à jouer la carte de
la transparence. Cette question sera abordée lors de la
prochaine réunion avec le vice-Premier ministre et ministre
des Finances. "Nous comptons demander au ministère
des Finances de publier la liste des noms des responsables de
la MRA, qui sont exemptés d'impôts sur les revenus
alors que ces mêmes officiels s'assurent que la roupie versée
par la banque sur des économies du petit contribuable soit
taxée à 15%. Cela sans pitié ! La MRA doit
également faire preuve de transparence sur les cas d'arriérés
d'impôts sur les revenus qui ont été Written
off sous le TAPIS. Pour les besoins de bonne gouvernance, ces
informations sont d'une extrême importance pour éviter
des abus", devait-il conclure.
MRA : " Cash Offices " ouverts jusqu'à 18
h à partir du 1er
Avec la décision de la Mauritius Revenue Authority
de fixer au lundi 8 octobre la date limite pour la soumission
des feuilles d'impôts sur les revenus au lieu du lundi 1er,
de nouvelles dispositions ont été prises pour les
heures d'ouverture des Cash Offices pour le paiement de
la taxe. Mais la MRA tient à préciser que la date
du 8 octobre ne concerne que les contribuables alors que les compagnies,
les sociétés non-résidentes ou encore les
Trusts auront à s'acquitter de leurs obligations
à l'égard de la taxe le lundi 1er octobre comme
convenu.
Selon le nouveau programme établi, les Cash Offices
au QG de la MRA à Port-Louis seront ouverts jusqu'à
18 heures le lundi 1er octobre, le jeudi 4 et le vendredi 5. Pour
la journée de samedi, les caisses seront opérationnelles
de 9 heures à 13 heures. Par contre pour le dernier jour,
soit le lundi 8, les Cash Offices seront opérationnels
de 9 heures à 20 heures.
Six Cash Offices décentralisés seront ouverts
du 3 au 5 octobre et le 8 octobre de 9 heures à 14 heures
30. Ces Cash Offices se trouveront au tribunal de Rose-Hill,
au Sub-Office de la Wastewater Authority de Curepipe,
au tribunal de Pamplemousses, au tribunal de Flacq, au bureau
de la Sécurité sociale de Mahébourg et au
tribunal de Souillac.
Taxe sur les intérêts bancaires - M. Vinod Seegum
(GTU) : "Veut-on, désormais, promouvoir une culture
de manze boire" ?
M. Vinod Seegum, président de la Government Teachers'Union
(GTU) dénonce vivement la taxe sur les intérêts
bancaires qui, dit-il, "décourage l'épargne.
Rappelant la fable de la Cigale et de la Fourmi, il se demande
si, en ce faisant, les autorités veulent, désormais,
promouvoir une culture de dépenses et de manze boire."
M. Seegum explique que l'épargne nationale a toujours été
la force motrice du développement national. Il rappelle
que plus l'épargne s'accroît, plus la consommation
baisse avec pour conséquence, une baisse de l'inflation
et une diminution de la pression sur l'économie et les
finances publiques.
Le président de la GTU qui regrette la disparition de la
School Savings Bank qui visait, jadis, à encourager les
élèves à épargner, critique le gouvernement
de ne plus faire grand cas de la baisse de l'épargne nationale.
Pour lui, en effet, l'imposition des intérêts bancaires
portera un coup fatal à l'épargne.
Vinod Seegum qui rappelle la fable de la Cigale et de la Fourmi
va jusqu'à se demander si les autorités veulent
promouvoir, à la place, une "culture de dépenses
et de manze boire". S'il conçoit qu'il convient
de combattre l'évasion fiscale, le président de
la GTU souscrit, en substance, à l'idée de ceux
qui estiment que le secret bancaire est menacé avec les
mesures administratives mises en place pour imposer les intérêts
bancaires.
M. Seegum qui trouve qu'à travers cette mesure, le gouvernement
veut "ostraciser la classe moyenne", cite le
cas des Mauriciens ayant travaillé à l'étranger
pendant des décennies et qui, rentrés au pays, ont
déposé leurs économies en banque. Il rappelle
qu'avec le National Residential Property Tax (NRPT), ceux-là
ne peuvent pas envisager d'investir dans l'immobilier. Ni même
de "garder l'argent sous le matelas" avec l'accroissement
du nombre de vols.
Sur l'île Frangipane près du Touessrok lundi soir
Navin Ramgoolam à un dîner avec Sol Kerzner
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et son épouse ont
dîné avec le grand patron de Kerzner International,
Sol Kerzner, dans la soirée de lundi sur l'île Frangipane
qui se trouve devant le Touessrok. Présents pour l'occasion,
le ministre Rajesh Jeetah et son épouse de même que
le ministre James Burty David. Du côté du privé,
Christian Dalais, ancien directeur d'IBL Ltd et qui est toujours
celui qui préside la compagnie subsidiaire Sun Resorts
et les directeurs des hôtels de ce groupe, La Pirogue, Sugar
Beach, Coco Beach et Touessrok.
Ce dîner organisé sur invitation de Sun Resorts se
voulait une soirée de remerciements à Solomon Kerzner
pour sa contribution à l'essor de l'hôtellerie mauricienne.
C'est après de longues discussions entre Sun Resorts et
le Private Office du bureau du Premier ministre que la date du
17 septembre a été arrêtée, le calendrier
de Navin Ramgoolam et de Sol Kerzner étant chargé.
Dans son allocution, le Premier ministre a dit qu'il est personnellement
en faveur du développement des initiatives privées
et a mis sur le compte de la presse cette perception selon laquelle
il serait hostile à une partie du secteur privé.
Certains participants à ce dîner étaient assez
étonnés de l'attitude de Navin Ramgoolam, qui s'est
montré très "friendly" avec Kerzner et
les directeurs de Sun Resorts/IBL et qui les ont même pris
à témoin à plusieurs reprises durant son
allocution. Cela tranchait, selon eux, avec le discours prononcé
à Union Park une semaine plus tôt.
D'autres glosaient aussi sur l'absence de réaction d'IBL
à l'inexactitude des propos prononcés par le Premier
ministre toujours à Union Park à l'effet que l'île-aux-Bénitiers
avait été donnée à IBL par l'ancien
gouvernement. Ils sont arrivés à la conclusion que
c'est précisément à cause de ce dîner
qu'il n'y a pas eu de communiqué d'IBL pour réfuter
les propos inexacts de Navin Ramgoolam.
De ce que l'on comprend des intentions de Sol Kerzner, propriétaire
du St Géran, où il a marié sa fille il y
a quelques mois en présence de quelques célébrités
mondiales, c'est qu'il a clairement exprimé le souhait
d'étendre ses activités à Maurice.
Ce dîner était censé se dérouler dans
le plus grand secret et surtout loin des caméras, mais
c'était sans compter la curiosité suscitée
par la présence d'un grand nombre d'officiers de police
de la Very Important Person Security Unit qui avait, dès
le matin de lundi, investi l'établissement hôtelier
One and Only Le Touessrok, y compris sa cuisine, pour s'assurer
que tout était fin prêt pour le dîner auquel
allait participer le Premier ministre dans la soirée.
Les premiers échos de cette soirée devaient en fin
d'après-midi gagner certains milieux, d'abord étonnés
que Navin Ramgoolam se mette à la même table que
ces personnes qu'il vilipende en public, mais la nouvelle devait
être confirmée dans l'après midi.
C'est un peu avant 20 heures que le Premier ministre et son épouse
sont arrivés, suivis des ministres Jeetah et David. Il
y a d'abord eu un cocktail au champagne sur la pelouse du Touessrok
à côté du spa avant que les convives ne se
mettent à table au Barlen's de l'île Frangipane.
Au menu, de la queue de langouste, du poisson et de l'agneau braisé,
spécialement commandé par le bureau du Premier ministre.
Le tout accompagné, dit-on, d'un excellent Chateauneuf
du Pape.
Quelle meilleure illustration que le Premier ministre a passé
une excellente soirée que ce départ sur le coup
de 23h45
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