s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007



  Accès à l'îlot Gabriel — Moblisation sous surveillance, ce matin—Vassen Kauppaymuthoo: "Il faut rétablir le droit public sur le domaine public"
  Après les terres—Éric Guimbeau contre la location des îles à prix bradés
  Il vaudrait peut-être mieux interdire tout accès à l'îlot Gabriel
  Pèlerinage Père Laval 2007—Mgr Maurice Piat: "Face à la drogue et au Sida, nul ne peut dire dan nou sa, péna !"
  A l'occasion du Ganesh Chaturchi le 16 septembre—La Task Force et la MSDTF contre l'immersion des statuettes de Ganesh à Grand-Bassin
  Religion—"Le Voyage intérieur" en deuxième édition
  Religion—La 46e convention annuelle de la communauté musulmane Ahmadiyya
  Examens en kreol/anglais—Prévokbek: défi réussi pour le BEC
  Alphabétisation—Apprendre pour sortir d'Africa Town
  CTI Needy Students Program—D. Ramdani: "Être boursière, c'est un turning point dans ma vie et dans celle de mes parents"
  Congestion portuaire—Des étudiants en attente de leurs manuels scolaires
  Au Rajcoomar Gujadhur SSS, hier matin, premier job fair régional de l'AHRIM—Les hôteliers rencontrent les sans emplois de l'Est
  Transimages 5 au MGI—Création sur le web d'une "Discothèque mauricienne du Souvenir"
  Brèves


Accès à l'îlot Gabriel - Moblisation sous surveillance, ce matin

Vassen Kauppaymuthoo: "Il faut rétablir le droit public sur le domaine public"

À l'initiative du front commun Sov nou la Plaz, une journée portes ouvertes est organisée ce matin pour sensibiliser les Mauriciens sur les enjeux de l'accès pour tous à l'îlot Gabriel. Une mobilisation sous protection policière réclamée face à la manifestation annoncée par Voice of Hindu (VoH) contre un des porte-parole du collectif, George Ah-Yan.

Les controverses autour de l'accès payant à l'îlot Gabriel pourraient déboucher sur une action légale. Vassen Kauppaymuthoo, ingénieur de l'environnement et expert indépendant, a été approché par les opérateurs de catamarans pour les aspects techniques du dossier. M. Kauppaymuthoo déclare qu'il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités pour garantir le domaine public, la paix sociale et éviter toute dérive communale. "La mer est le seul pont qui existe entre les nations".

Marche de protestation, un skipper agressé, des touristes refoulés, des menaces verbales rapportées en une semaine, il n'y a jamais eu autant de participation à un débat local et de controverses autour du projet d'exploitation touristique par la Compagnie Ocean Blue Island Ltd dirigée par Jayray Woochit, qui détient un bail sur l'îlot Gabriel. Depuis la décision de rendre l'accès à l'îlot payant pour les touristes, les défenseurs de l'environnement ont fait cause comme pour dire que personne ne peut s'accaparer la mer, bien commun, et que ce n'est pas en tombant dans les dérives qu'on arrivera à résoudre une question aussi délicate que l'accès au domaine public.

Vina Ballgobin déclare qu'il est inacceptable de faire payer l'accès au patrimoine commun suite aux informations que des touristes auraient été refoulés mercredi dernier de l'îlot Gabriel. Elle ajoute que le front commun Sov nou la Plaz représente la société civile et n'a d'autres intérêts que de sensibiliser la population sur la riche biodiversité végétale et animale de l'îlot Gabriel et la nécessité de la protéger.

Jayray Woochit, de son côté, a déclaré que les opérateurs de catamarans savaient que l'accès à l'îlot serait payant à partir de septembre. Il a ajouté vouloir seulement préserver l'île qui s'était transformée en "vrai dépotoir". Le gérant de l'îlot a laissé entendre que la limite des eaux (le High Water Mark) ne serait pas applicable à l'îlot Gabriel.

Vassen Kauppaymuthoo répond que le High Water Mark s'applique à Maurice et à l'ensemble de ses îlots. Il se réfère à l'article 538 du Code Civil selon lequel l'accès à la mer est un droit imprescriptible et inaliénable. "Nul n'a le droit de défendre au public de circuler dans cette zone située en dessous de la limite de la mer, il faut rétablir le droit public sur le domaine public", dit-t-il.

M. Kauppaymuthoo fait ressortir que la mer est le seul bien commun qui existe entre les nations (un pont entre différents pays) et qu'il faut éviter de tomber dans les dérives communales en abordant cette question sensible du domaine public. Il ajoute que les utilisateurs de la mer sont de toutes communautés confondues et que leur protestation est justifiée quand on touche à un espace de liberté.

Au sujet de l'interprétation des événements par VOH et la déclaration de son président selon laquelle George Ah-Yan agirait dans l'intérêt des propriétaires de catamarans, le principal porte-parole de Sov nou la Plaz fait ressortir que le collectif représente la société civile et qu'il ne s'est rallié qu'à la cause de l'environnement. Par ailleurs, il ne s'est pas manifesté dans le cas de certains îlots comme l'île-aux-Cerfs parce que l'accès y est gratuit à tous.

Depuis lundi dernier, environ 200 personnes dont des étudiants de l'université de Maurice ont pu visiter l'îlot Gabriel pour constater l'état des lieux. Le front commun Sov nou la plaz demande que cessent les agressions verbales envers les touristes, refoulés de la plage, venus pour visiter un lieu unique. De son côté, Swamynaden Kamben, conseiller de village de Grand-Baie, envisage une grève de la faim s'il y a acte de violence envers les skippers et les représentants de milieux associatifs pour la défense de l'environnement.


G. Ah Yan : "Perna nanien communal dan nou combat. Li inzist fer enn manifestasyon contre mwa"

Suite à la démarche de la Voice of Hindi (VOH), d'organiser "une manifestation agressive contre Georges Ah Yan", comme annoncée dans la presse, ce dernier estime que "c'est injuste de faire une manifestation contre moi". Georges Ah Yan rappelle qu'il n'est pas seul au sein du Front Commun Sov Nu laplaz. Le front est composé des membres de Forces Vives de Grand Baie, des opérateurs économiques, des pêcheurs, des membres du Conseil du Nord, des travailleurs sociaux, des écologistes… Pour le porte-parole de ce mouvement, cette manifestation "n'avancera à rien. C'est le front commun qui a décidé. Nous laissons à la population de juger si nos actions sont à caractère communal". D'ailleurs, dit-il, l'un promoteurs de l'îlot Gabriel, est comme moi, un sino-mauricien. Georges Ah Yan précise que la journée prévue sur l'îlot Gabriel aujourd'hui, à partir de 08h30, est une journée portes ouvertes, dont l'objectif est "d'amener tous les Mauriciens à prendre conscience que l'Îlot Gabriel appartenir au public". À partir du High Water Mark, sur une distance de trente mètres vers la terre, c'est le domaine public, souligne Georges Ah Yan, soutenant ces propos en s'appuyant sur la Constitution mauricienne et l'article 538 du Code Napoléon. S'il n'était pas au-devant des fronts dans le cas de l'île aux Aigrettes et celui de l'île aux Cerfs, comme souligné par ces détracteurs, Georges Ah Yan indique qu'à l'époque, il était encore un adolescent. "Et pour le restaurant Mer de Chine sur la plage de Flic en Flac, à l'époque, je devais avoir 5 ans. Mo ti pe zoué canette", dit-il. Le porte-parole du Front Commun Sov Nu laplaz souligne de même qu'il n'est pas vrai de dire que l'Îlot Gabriel avant d'être loué à bail était un dépotoir. Mais si c'était le cas, dit-il, rappelant que l'Îlot Gabriel tombe sous la responsabilité du Conseil de District du Nord, "à qui la faute. Jayraj Woochit était lui-même président du Conseil…". Georges Ah Yan est confiant que la journée portes ouvertes se déroulera en toute tranquillité, car "nou croire dan nou combat. Nou combat li zist. Nou perna pou gagn tracas contre bann persécution. Nou conviction pou primé". Il a néanmoins alerté la police sur la manifestation agressive contre sa personne annoncée par la VOH, assurant que la police sera présente tout au long de la journée d'aujourd'hui.


Après les terres

Éric Guimbeau contre la location des îles à prix bradés

C'est l'ancien ministre de l'Environnement Rajesh Bhagwan qui avait levé le lièvre il y a quelques mois en amenant le ministre Arvin Boolell a venir révéler à l'Assemblée nationale que l'îlot Gabriel avait été loué à Ocean Blue Island Ltd pour 7 ans depuis le 30 mars 2007. Il n'avait pas été plus loin. Éric Guimbeau, qui a fait de l'équité dans la location des terres de l'état son cheval de bataille et qui a pris position pour des loyers raisonnables dans le cas des campements à vocation résidentielle, est revenu à la charge le 14 août dernier pour réclamer d'autres détails sur cette affaire.

Éric Guimbeau avait voulu savoir s'il y avait eu un appel d'offres pour la location de l'îlot Gabriel, un peu comme l'avait souhaité, en mars 2004 le leader de l'opposition d'alors, Navin Ramgoolam, pour Agaléga après qu'une lettre d'intention eut été octroyée à Ireland Blyth pour la construction de 15 chalets dans le cadre d'un projet touristique à la taille de l'île.

Or, point d'appel d'offres, a confirmé le ministre de l'Agro-Industrie, sauf que ce monsieur Jayraj Woochit, celui-là même qui avait aussi obtenu un terrain de l'état à Trio, près de Pointe-aux-Piments, avant les élections générales de septembre 2000, a fait une demande pour un bail à la réserve naturelle qu'est l'îlot Gabriel "for an eco-touristic purpose". Elle fut "acceded to after careful examination", d'autant que selon Arvin Boolell le lieu était dans un état pitoyable.

Très concerné par l'histoire de cet îlot, le ministre avait même tenu à souligner que le Dr Onésipho Beaugeard, médecin qui s'occupait des lépreux qui y étaient envoyés en quarantaine, y a aussi sa tombe. C'est à une question supplémentaire du député Guimbeau que le ministre a dit que le loyer annuel de l'îlot est de Rs 60 000.

Pour ce qui est de l'île aux Bénitiers, la réponse de Asraf Dulull, le 7 août dernier, à la question de Guimbeau sera encore plus édifiante. Cette île est d'une superficie de 155 arpents. Un bail avait été offert à Soolaman Nubheebuccus en juillet 1992 pour une période de 20 ans et quatre autres de 10 ans avec les conditions suivantes : plantation de cocos et autres produits agricoles avec l'autorisation du ministre de l'Agriculture, révision du montant du bail à chaque renouvellement, la préservation du statut de réserve naturelle, l'accès au public après l'autorisation de la compagnie et la possibilité pour le gouvernement de résilier le bail avec un préavis de 2 ans.

Précision de taille du ministre du Logement : "However, no lease agreement was subsequently signed." Il n'y a donc jamais eu de bail en bonne et due forme concernant cette île. Le ministre a aussi expliqué le 7 août qu'en avril 2003 le gouvernement avait décidé d'annuler l'offre de bail. Une décision qui avait été critiquée par le PTr et c'est à un meeting à Plaine Verte en pleine campagne électorale en 2005 que Navin Ramgoolam avait annoncé que cette île serait restituée à la compagnie Nubheebuccus.

Aussi, c'est en grande pompe, au bureau du Premier ministre, au bâtiment du Trésor, que la lettre d'offre fut, en septembre 2005, remise par Navin Ramgoolam lui-même, en présence du vice-Premier ministre Rashid Beebeejaun et des ministres Abu Kasenally et Asraf Dulull. Dans sa réponse, le ministre Dulull a expliqué que l'offre était assortie des mêmes conditions qu'en 1992, le loyer annuel étant de Rs 40 000.

A la question d'Éric Guimbeau de savoir s'il y a un projet d'hôtel sur cette réserve naturelle qu'est l'île aux Bénitiers, Asraf Dulull a indiqué que son ministère a bien reçu une demande qui est à l'étude et que le promoteur est la Société Nubheebuccus elle-même.

S'agissant de l'île Plate, où là aussi le ministre Boolell a mis l'accent sur son cachet historique et patrimonial, il avait été question, toujours dans la réponse du 14 août, de confier le lieu à une organisation non-gouvernementale pour sa préservation et que la "well-known NGO" Nature Watch et d'autres avaient été approchées, mais qu'elles ont toutes décliné, ne disposant pas de moyens pour y accéder. C'est alors que le gouvernement a mis sur pied une compagnie, Discover Mauritius, pour s'en occuper et elle a obtenu le bail de l'île Plate depuis le 1 er juillet 2007.

Éric Guimbeau a jugé scandaleux ces baux à taux bradés alors que les propriétaires de campements résidentiels doivent débourser des millions pour habiter dans la maison qu'ils ont construite au prix de nombreux sacrifices parfois. Il a prévenu qu'il ne compte pas se taire sur cette affaire de location de nos îles et îlots.


Accès à l'Îlot Gabriel: Des plaisanciers consignent une déposition à la police de Grand Baie

Les choses se corsent à l'îlot Gabriel depuis qu'il est considéré comme la propriété privée du nouveau locataire, la Ocean Blue Island Co Ltd de Jayraj Woochit. Hier matin, des plaisanciers qui ont pour habitude d'y conduire des touristes ont consigné une déposition à la police de Grand Baie après que l'accès leur a été refusé. "Si zot vini la mort !" leur aurait crié un préposé sur l'îlot. Ils ont aussi rapporté le fait qu'il leur a demandé de verser la moitié des tarifs pratiqués auprès des touristes.

Une marche pacifique est organisée ce matin à Grand Baie popur protester contre la privatisation de l'îlot. Elle partira du siège du conseil de village de la localité.


Il vaudrait peut-être mieux interdire tout accès à l'îlot Gabriel

Le climat social risque de se dégrader dans le nord, ce matin, avec manifestation et contre-manifestation alors que des experts belges s'inquiètent qu'il ne reste seulement que… 1.6% de native habitat à Maurice.

Le conflit portant sur l'accès payant à l'îlot Gabriel opposant l'opérateur privé, Ocean Blue Island Co. Ltd, favorisé par le gouvernement sans appel d'offres, et les membres du public regroupés au sein du mouvement de protestation mené par le travailleur social George Ah-Yan menace de dégénérer ce matin dans le nord du pays avec des menaces précises de contre-manifestation violentes de la part de la d'une incontrôlable organisation dite socioculturelle. L'objectif de l'une et de l'autre partie est, d'une part d'obtenir le libre accès gratuit tant des Mauriciens que des touristes à l'îlot et, de l'autre, de défendre l'activité rémunératrice de l'opérateur. Mais, cette situation dangereuse pour l'harmonie sociale du pays aurait certainement pu être évitée si les institutions de la République, en tête desquelles le gouvernement, avaient rempli convenablement leurs rôles respectifs.

Il s'avère, en effet, que ni le gouvernement actuel, ni non plus le précédent régime, ni la National Conservation and Parks Service (NCPS) et la Mauritius Wildlife Fund n'ont jugé bon de retenir les recommandations d'un groupe d'experts locaux et étrangers qui, dès 2004, avait étudié la gestion des îlots autour de Maurice. Des experts de la firme AGRER (consultant en matière d'environnement et de conservation) avaient, dans le cadre d'un National Park Strategic Plan, fortement recommandé que l'îlot Gabriel devienne une réserve naturelle ouverte mais avec un accès très limité au public (résidents et touristes compris) dans le but essentiel d'y protéger les espèces animales et florales endémiques et rares exposées à une disparition rapide.

À la lecture du rapport de ces experts, rapport déposé le 25 juin 2005 auprès du ministère de l'Agriculture, on comprend que la gestion des îlots autour de Maurice aurait dû être du ressort d'une Mauritian Islets Authority, laquelle institution aurait dû, selon les recommandations des experts, prendre le contrôle des 49 îlots autour de Maurice. Cette Authority n'a jamais été mise sur pied et passant outre aux recommandations, ces toujours le président de la République et le Conseil des ministres qui ont le dernier mot sur l'usage qui serait fait de ces îlots. Manifestement, le gouvernement a profité de ce manquement pour satisfaire la demande de bail de l'opérateur privé.

Le rapport d'AGRER avait été déposé le 24 juin 2005, et il avait été commandité par le ministère de l'Agriculture à travers le National Parks and Conservation Service. Le rôle des consultants de la firme, dont le chef d'équipe était le Dr Michael A.K. Smith, était de passer en revue tous les aspects d'un plan stratégique pour la gestion de 16 îlots qui font partie des îlots compris dans le park national. Les consultants belges, mais également un Environmental assesment specialist mauricien, Deolall Daby, avaient proposé que l'île Plate et îlot Gabriel qui jusque-là étaient désignés comme réserves naturelles sous le Forestry and Reserve Act de 1983 deviennent des réserves ouvertes. Les experts avaient pris en considération le fait que l'île Plate et l'îlot Gabriel, qui sont situés très près l'une de l'autre, attiraient beaucoup de touristes et d'opérateurs de bateaux de plaisance, mais que, en raison de son accès facile, l'îlot était le plus fréquenté. Ainsi, il avait été établi que plus de 200 visiteurs transitent sur l'îlot chaque jour durant la période de pointe touristique. Toujours selon le rapport d'experts, malgré cette fréquentation importante, il était impérieux de prendre en considération le fait que l'îlot Gabriel abrite le plus fort pourcentage de plantes indigènes que n'importe lequel des îlots de la partie nord du pays. Le rapport faisait ressortir que "Gabriel Islet also has a good population of shearwater and a number of white-tailed tropicsbirds. It is also populated by various native reptiles; Cryptoblepharus boutonil, Gongylomorphus bojeril and Phelsuma ornate as well as at least one exotic reptile. Ideally, Flat Island, Gabriel et Pigeon's Rock should be part of the Islets National Park, which would unable not only restriction of the number of vistors but also islet zonation thereby increasing protection of vulnerable-sensitive areas and allowing multiple usage through control of activities. Pigeon's Rock should be declared, at the very least, a Nature Reserve", soulignait le rapport.

En clair donc, on peut déduire que l'allocation d'un bail sur l'îlot Gabriel n'aurait jamais dû être laissée entre des mains politiciennes - lesquelles se sont empressés d'en disposer aux bénéfices de quelques favoris, mais aurait dû, au moins, être contrôlé par une Mauritian Islets Authority qui aurait imposé de sévères conditions et effectué un suivi. Les recommandations des experts n'ayant pas été écoutées, Ocean Blue Island non seulement s'est permis d'y arracher des plantes endémiques portant ainsi atteinte à la conservation, mais également de réclamer paiement d'une entrée aux touristes voulant avoir accès à l'îlot.

Beaucoup d'observateurs - sans nécessairement être supporters du mouvement de protestation de George Ah-Yan - ont déjà commencé à s'interroger sur le droit dont s'arroge Blue Ocean de réclamer ce droit d'entrée payant car, selon son contrat avec le gouvernement, il ne contrôlerait qu'un hectare de l'îlot Gabriel alors que l'îlot compte… 42 hectares ? De plus, à un moment où la justice mauricienne vient de rendre un jugement sans précédent contre le délit de faciès (lire l'affaire Sandrine Carere contre l'État en page 26) ils se demandent comment les préposés de Ocean Blue Limited vont s'y prendre pour identifier un citoyen Mauricien qui n'aura pas à s'acquitter d'un droit d'entrée et d'un touriste contraint de payer. Demanderont-ils aux visiteurs de l'îlot de présenter passeport et carte d'identité ou bien jugeront-ils par la couleur de la peau ?

Tout compte fait, on se demande s'il ne vaudrait finalement pas mieux que personne (opérateurs économiques, plaisanciers, touristes et résidents Mauriciens) ne soit autorisé à mettre pied sur l'îlot Gabriel. D'autant que les consultants se sont faits forts de souligner ce qui suit à la page 2 de leur rapport:

"The flora and fauna of Mauritius and its offshore islets has evolved through millions of years of isolation and adaptation, and is characterised by high diversity and endemicity that is particularly susceptible to population declines and extinction. Much of the native flora and fauna has disappeared over the past 400 years of human settlement and many components of the remainder are internationally recognised as threatened and vulnerable. The major threat to biodiversity is the continuig degradation by invasive exotic species and human activities ont the 1.6% of the land that remains as native habitat…"


Pèlerinage Père Laval 2007

Mgr Maurice Piat: "Face à la drogue et au Sida, nul ne peut dire dan nou sa, péna !"

"Face aux fléaux de la drogue et du Sida, désormais, nul ne peut dire dan nou sa, péna", a déclaré, en substance, hier soir, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, à la principale messe célébrée dans le cadre du pèlerinage père Laval 2007 placé sous le thème "Avek Père Laval, Napa Zet Lékor". "Nous sommes tous vulnérables", a soutenu Mgr Piat. Raison de plus, selon lui, de se donner la main pour combattre le mal.

Expliquant le sens de l'engagement des religieux dans la lutte contre le Sida, Mgr Piat s'est référé au passage du Livre de l'Exode où Dieu appelle Moïse à la libération de son peuple de l'esclavage en Egypte. Ainsi, devait-il dire c'est "Dieu qui entend la misère des victimes du Sida" et "appelle pour eux à l'ouverture d'un chemin de libération".

L'évêque de Port-Louis a souligné le lien, désormais, intime, chez nous, entre la progression du Sida et celle de la drogue dans la mesure où les dernières statistiques laissent entrevoir que 90% des personnes infectées par le virus mortel l'ont été par l'usage de seringues de drogue infectées. Le chef de l'Eglise catholique locale a rappelé que Maurice est en tête des pays africains en termes de consommation d'héroïne et deuxième au plan mondial.

D'où, dit-il, le "réel danger" qui nous menace. D'autant que la drogue n'est pas qu'une menace "que pour les cités". Raison de plus de "se donner la main" en vue de combattre le mal.

L'évêque de Port-Louis n'a pas, non plus, manqué d'évoquer le problème d'insécurité découlant du fléau de la drogue. Il a présenté les problèmes de la drogue et du Sida comme le principal fléau susceptible d'affecter notre force du travail et "mettre l'économie en danger".

Face à cela, Mgr Piat appelle les autorités à l'élaboration d'un "plan concerté sous un leadership fort". Aux "Pharaons de la drogue", l'évêque de Port-Louis en appelle à leur conscience, "eux qui ont aussi une famille" et les "supplie" de voir la souffrance qu'il occasionne en "investissant dans un commerce de la mort". Il rappelle qu'au niveau de la répression, ce sont toujours les "ti-miyon" qui sont pris alors que les gros requins continuent leur nage en eaux profondes.

S'il plaide pour le droit aux victimes du Sida à la compassion et à un traitement "heureusement gratuit chez nous", Mgr Piat leur rappelle, quand même, leurs devoirs, notamment, celui d'informer leur partenaire de leur séropositivité.

Sous ce même rapport, l'évêque de Port-Louis appelle les couples qui "vivent une sexualité épanouie" à partager leur expérience à la jeune génération. Pour l'évêque de Port-Louis, il est temps de "réinventer, à l'intention de la jeunesse, des loisirs sains" de même que de l'encourager à s'engager dans des activités sociales volontaires.

Se référant à l'Évangile de la multiplication des pains proclamée lors de cette messe du père Laval, Mgr Piat a, en conclusion, rendu grâce "aux personnes généreuses" qui, déjà, sont sur le terrain de la lutte contre la drogue et le Sida et les a comparées aux "cinq pains et deux poissons" de départ qui devaient se multiplier pour satisfaire la faim des 5000 personnes présentes.

Au début de la célébration, des représentants d'autres confessions religieuses, membres du Conseil des religions, nommément, la pandita Pokraz de l'Arya Sabha, M. François Lam de la Bouddist Association of Mauritius, M. Abdool Majeed Koromtally du Muslim Citizen Council et le pandit Ved Gopee, représentant de la foi sataniste ont, tous, prié pour la lutte contre le sida et pour que la paix et l'harmonie continuent de régner dans le pays. C'est le père Sylvain Victoire qui a proclamé l'Évangile de Saint Luc.

Pour ce pèlerinage 2007 au tombeau duu Bienheureux père Laval, une immense foule bigarrée de pèlerins a, de nouveau, convergé vers Sainte Croix durant la soirée d'hier. Vieux, jeunes et enfants, souvent venus en famille ont défilé au tombeau du Bienheureux, qui, pour faire une demande d'intercession, qui pour rendre grâce pour un vœu exhaussé. Le pèlerinage se poursuit ce dimanche 9 septembre, jour de la fête du père Laval, avec la tenue de sept messes à chaque intervalle de deux heures, la première à 6h00 le matin et la dernière à 18h00.


A l'occasion du Ganesh Chaturchi le 16 septembre

La Task Force et la MSDTF contre l'immersion des statuettes de Ganesh à Grand-Bassin

L'immersion des statuettes du Dieu Ganesh ne sera pas autorisée à Ganga Talao à l'occasion de la fête Ganesh Chaturthi, le 16 septembre ainsi en a décidé la Task Force lors d'une réunion tenue lundi. Le ministre de l'Environnement, Anil Baichoo qui est aussi président de la Task Force a déclaré que le lac est un lieu sacré et l'immersion des statuettes provoque un grave problème de pollution pour ceux voulant ramener l'eau chez eux pour des prières. Dans le cadre de cette fête, les berges de plusieurs rivières ont été nettoyées et l'immersion des statuettes se fera à Mont Choisy, Flic-en-Flac, Belle-Mare et Baie-des-Dames

La Mauritius Sanatan Dharma Temple Federation a, par la voix de son président, M. Somduth Duthummun s'est élevée contre l'immersion des statuettes de Ganesh à Ganga Talao lors d'une rencontre avec la presse. Selon lui, les statuettes doivent être immergées dans les running waters des rivières ou la mer et non dans les eaux stagnantes. Les produits chimiques contenus dans les statuettes qu'on distribue actuellement est une source de pollution et on ne peut polluer le lac sacré a déclaré Somduth Dutthummun. La MSDTF lance un appel au gouvernement et aux autorités concernées pour empêcher l'immersion des statuettes de Ganesh à Ganga Talao: la MSDTF mène un combat dans ce sens depuis deux ans mais certains dévots continuent à immerger les statuettes dans le lac sacré. La MSDTF procède actuellement à la distribution de deux conteneurs de statuettes bio-dégradables à des organisations socio-culturelles. Le président de la MSDTF était entouré du président de la Mauritius Marathi Mandali Federation, Balraj Narroo, du pandit Ramchurn et Gopee.

Une statue de Ganesh de 108 pieds immergée à Pointe-aux-Roches

Une statue du Dieu Ganesh 108 pieds sera immergée le 23 septembre à Pointe-aux-Roches dans le cadre de la fête Ganesh Chaturthi. L'initiative revient à l'organisation Om Rugukul de Grand-Bois. La statue est actuellement en construction depuis une vingtaine de jours et ce sont les sculpteurs indiens aidés de quelques Mauriciens qui travaillent sur cette statue imposante. 13 tonnes de barres de fer et d'autres matériaux de construction dont la chaux sont utilisés dans le cadre de cette construction. La réalisation de cette statue a nécessité l'investissement de Rs 950 000 et les barres de fer seront récupérées aussitôt la cérémonie d'immersion terminée. Les travaux sont supervisés par Biswas Beeharry et les prières qui ont débuté le 7 septembre se poursuivront jusqu'au 16 septembre. Les prières sont dites par le swami Murali Dharan.

Concernant le programme du 23 septembre, une procession quittera Grand-Bois à 13 h 30 pour rallier Pointe-aux-Roches. Cette procession à laquelle prendront part des milliers de fidèles sera canalisée par les autorités policières. L'organisation Om Gurukul compte construire prochainement une école de formation religieuse.


Religion

"Le Voyage intérieur" en deuxième édition

Une deuxième édition mauricienne du livre "Le Voyage intérieur" (260 pages, Les Editions du Grand Large) est sortie des presses la semaine dernière. Ce livre est le fruit d'une rencontre exceptionnelle d'échange spirituel entre le cardinal Jean Margéot, et Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, initiée, suivie et annotée par Anne et Daniel Facérias. Ces derniers sont les auteurs de "Pour un Monde de Justice et de Paix", avec l'abbé Pierre et le père Pedro.

"Le Voyage intérieur" est sorti en première édition en France des presses de la Renaissance et mise en circulation le jeudi saint de cette année, à 19 euros l'exemplaire. Ce prix étant trop élevé pour les bourses mauriciennes, une édition spéciale a été publiée aux Éditions du Grand Large. Mise en vente à Rs 300, l'édition mauricienne a été lancée le 29 avril à Bonne Terre en présence du cardinal Margéot et de Mgr Le Gall. Anne Facérias a eu le plaisir d'offrir un exemplaire du livre au Pape Benoît XVI le 4 juillet à Saint Pierre de Rome. De nombreux intéressés n'ayant pu se procurer un exemplaire de la première édition mauricienne, une nouvelle édition a été mise sous presse et en circulation. On peut la trouver au Carmel à Bonne Terre, Vacoas, dans les paroisses et les librairies de l'île.

Renouer avec une tradition et un genre littéraire

"Dans les premiers siècles de l'Église, il était de tradition, chez les moines du désert, de se rencontrer et de dialoguer afin de mettre en commun l'expérience spirituelle vécue par chacun," expliquent Anne et Daniel Facérias. "C'est à partir de ces échanges que la doctrine de la méditation et de la prière chrétienne a commencé à se formaliser, et nous avons voulu en proposant cette rencontre entre le cardinal Jean Margéot et Mgr Robert Le Gall, renouer avec cette tradition et son genre littéraire."

La rencontre en question dure neuf jours à l'île Maurice qui "a servi de cadre inattendu à ces entretiens". L'île "n'en est pas moins un lieu de contemplation et de rencontre entre différentes cultures et religions.", donc un cadre tout à fait approprié pour qu'"un ancien moine et un cardinal se retrouvent pour échanger leur expérience et leurs opinions sur la prière, la méditation et la contemplation comme dans les fameuses Collations des pères du désert."

Au vu de leurs "parcours croisés" d'une exceptionnelle fécondité, l'un tirant partie de "ses quarante années de vie bénédictine dans sa nouvelle charge d'évêque" et l'autre de sa découverte, "après soixante-cinq années de vie pastorale", de "la méditation chrétienne dans le milieu multiconfessionnel de son peuple arc-en-ciel où le christianisme est confronté à l'islam, l'hindouisme et au bouddhisme", il est certain que l'exercice proposé par les Facérias vaut son pesant d'or et… le détour.


Les auteurs

Daniel Facérias est titulaire d'un doctorat à la Sorbonne sur les troubadours du XIIe siècle. Il a enregistré des albums comme chanteur, notamment avec Jean-Jacques Goldman. Après un passage à l'Olympia en 1988, il se met à écrire et à réaliser des spectacles à caractère spirituel.

Anne Facérias, après une formation sociale, a travaillé dans le monde de la publicité, l'affichage culturel à Paris et pour le groupe Bayard Presse. Depuis 1990, elle produit et organise l'ensemble des spectacles de Daniel dont, entre autres, Bernard de Clairvaux (avec Michaël Lonsdale de 1990 à 1995), Marie (en France, en Belgique, en Suisse et à l'île de la Réunion de 1992 à 1995), Le Bal des Exclus (avec l'Abbé Pierre dans les Zéniths de France en 1996, en collaboration avec le ministère de la Culture), Maron Lib (à l'île Maurice en 2003, pour commémorer l'abolition de l'esclavage) et Sauvage (à la Réunion, en 2005, sur le Voyage de Bougainville).


Religion

La 46e convention annuelle de la communauté musulmane Ahmadiyya

La 46e convention annuelle (jalsa salana) de la communauté musulmane Ahmadiyya a eu lieu du 24 au 26 août à Trèfles, Rose-Hill, réunissant environ 3 000 fidèles locaux ainsi que des délégués venant de Rodrigues, Seychelles, Mayotte et Madagascar, et des invités d'Europe et d'Asie. Les trois jours ont été consacrés à l'édification spirituelle des membres et au rappel des préceptes enseignés et vécus par le Prophète de l'Islam, qu'il incombe aux fidèles de pratiquer.

La convention a été entrecoupée de la visite et des interventions de nombreux notables dont le vice-Premier ministre Xavier-Luc Duval, les ministres Mahen Gowreesoo et Rama Valayden ainsi que les mairesses Régina Maudar et Mirella Chauvin. L'archevêque Ian Ernest était également présent. L'engagement de la communauté dans les œuvres sociales au bénéfice des ONGs comme Lizié dan la Main, la Mauritius Mental Health Association et Humanity First a été souligné. Le ministre Valayden a rappelé que la communauté musulmane Ahmadiyya finance ses activités de ses propres deniers, ne recherchant pas, par principe, les subsides de l'Etat aux religions. Il a remis 200 copies de la Constitution de Maurice au président de la communauté, M. Mohammed Ameen Jowahir.

La convention avait débuté avec la diffusion du sermon de calife de la communauté. Ce sermon du vendredi est diffusé en direct dans le monde par le biais de la chaîne satelliitaire de la 'Muslim Television Ahmadiyya'. Durant la convention les participants et invités pouvaient faire le tour de nombreux stands où s'affichaient les différentes activités des organisations auxiliaires de la communauté, et visiter une librairie.


Examens en kreol/anglais

Prévokbek: défi réussi pour le BEC

Vanessa Momus, Shummoogun Vythalingum, Janick Chung Foo, Vincent Étiennette, Kesseven Cannoosamy… sont en troisième année de prévocationnel et font partie des 12 meilleurs candidats s'étant distingués aux examens du deuxième trimestre. Suivant le programme Prevokbek, ces élèves ont donc participé aux examens en kreol/anglais qui ont eu lieu en juillet dernier. Et des 214 candidats, en troisième année, dans les 10 collèges catholiques, 76% d'entre eux ont réussi et ont reçu leur certificat vendredi dernier, lors de la graduation ceremony organisée au BPS. "Apré trwa zan, nou pa kapav dir ki nou rézilta égal solisyon mirak !", déclarait Gilberte Chung, directrice du Bureau de l'Education Catholique (BEC), lors de son intervention avant la remise des certificats. Le kreol dans la filière préprofessionnelle a cependant fait ses preuves ! Hormis le pourcentage global de réussite, 73% des adolescents ont réussi en anglais, 82% en français, 93% en mathématiques, 92% en Integrated Science et 72% en creative arts. Cependant, le kreol n'est pas présent dans toutes les classes du PVD catholique. L'on note que la filière préprofessionnelle des collèges Lorette ne figure pas sur la liste des établissements ayant participé aux examens de juillet dernier ! Quoi qu'il en soit, les résultats étant satisfaisants et l'effort payant que le BEC envisage même d'étendre les classes du PVD au-delà de trois ans. Il s'avère même que le ministre de l'Education, qui avait participé à une pré-évaluation des résultats, jeudi dernier au BEC, s'est montré très intéressé au programme. Tout en résumant l'arrivée du prevokbek dans l'éducation catholique, succédant aux programmes informels, dans le passé, Gilberte Chung a rappelé qu'en appliquant le kreol morisien en classe, le BEC met en pratique le concept multilinguiste, prôné par l'Unesco.

"Prevokbek enn nouvo simé pou enn nouveau lavi, pou nou servi nou pei." C'est en ces termes que l'Évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, a défini les résultats obtenus au deuxième trimestre. Lorsqu'il y a échec, déclare-t-il, c'est le système éducatif qui échoue et non les élèves ! L'utilisation du kreol dans l'enseignement et l'apprentissage dans le PVD catholique,ont pu, dit-il, être concrétisés grâce à l'effort conjugué des parents, enseignants, élèves et tous ceux qui ont contribué à l'élaboration et la mise en place du programme. En réussissant leurs examens par le biais de leur langue maternelle, les adolescents du PVD peuvent envisager une place dans la société. "Nou pa dir ki dan legliz katolik nou éna tou solisyon. Mé nou kontan montré ki éna enn sémin", soulignait Mgr Piat. Maintenant que le kreol morisien s'est révélé pertinent dans la pédagogie, ce dernier, confie que c'est avec impatience et espoir qu'il attend l'arrivée d'une méthode similaire au prevokbek dans le primaire, notamment pour soutenir les élèves de Std VI. Abondant, presque, dans le même sens que Mgr Piat, Jimmy Harmon, coordonnateur du programme Prevokbek au BEC, a eu un mot particulier pour les parents. Ces derniers, dit-il, peuvent être fiers de leurs enfants. "Apré trwa zan, nou atann ki zot pou kapav engaz zot dan la vi sosyal gras à langaz maternel", souligne-t-il.


Primaire: La GTU craint l'abolition du principe d'ancienneté

La Government Teacher's Union (GTU) est sur le qui-vive ! En effet, la rumeur veut que le critère d'ancienneté soit exclu lors des prochains exercices de promotion dans le milieu de l'enseignement. Ce critère, insiste, Vinod Seegum, président de la GTU, est vital pour les enseignants qui comptent plusieurs années de service. "Avec le principe d'ancienneté, les enseignants n'ont pas à faire la queue devant la porte des ministres, tels des agents de partis, pour une promotion", scande ce dernier. C'est dans cette optique que la GTU mobilise ses délégués, jeudi prochain, à 13h30 au Teachers'Center à Quatre-Bornes.


Alphabétisation

Apprendre pour sortir d'Africa Town

Une des poches de pauvreté les plus touchées par le chômage, où la plupart des mères élèvent seules leurs nombreux enfants, Africa Town est un bout de terre perdue dans le sud du pays. Pas toujours scolarisés, des enfants grandissent dans des pièces en tôle délabrées où les pierres tapissent le sol. S'ils n'ont pas accès à l'éducation, la responsabilité incombe aux parents qui ne font pas toujours de celle-ci une priorité. Pour les sensibiliser sur l'importance de l'éducation, une équipe du Centre d'Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens, s'est rendue dans la région, mercredi dernier. Celle-ci, avec la collaboration du conseil de village de Surinam, lancera samedi prochain, un programme éducatif - grâce au financement de l'ambassade des États-Unis - pour les enfants d'Africa Town. Un pied dans la région, permettra aussi à l'organisation, spécialisée dans l'encadrement des victimes d'abus, de sensibiliser les enfants et leurs parents sur les dangers auxquels les plus petits sont exposés.

"Kifer apel isi Africa Town ? Mo pa koné. Sa landrwa la apel kumsa dépi lontan", dit Belinda. Coincé entre la cité EDC de Riambel et la flore clairsemée du littoral sud, Africa Town est une terre d'exil pour une vingtaine de familles venues s'y implanter il y a bien des années. Chacune d'entre elles a bénéficié de quatre perches du crownland, légué par l'Etat il y a quelques années. De son côté le Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups a, comme le stipule son programme d'aide au logement, leur a fourni de la tôle et du bois pour consolider leur habitat ou, dans certains cas, construire un logement relativement décent. "Mais moi, je ne veux plus revenir vivre là. Les conditions de vie ne me conviennent pas", confie Belinda. La jeune femme, au visage agréable, est souriante. Elle ne boude pas pour autant la parcelle de terre qui l'a vue grandir jusqu'à ses 10 ans. Belinda ne se la joue pas prétentieuse. Elle veut rester réaliste. Africa Town est synonyme d'exclusion. Il est l'image même de la pauvreté au sens large du terme. De nombreux enfants ne sont pas scolarisés, ceux qui sont handicapés ne sont pas toujours encadrés… A priori, cet endroit n'a rien de différent des autres crownland habités illégalement par des familles en situation de vulnérabilité. Les maisons sont dépourvues de sanitaires adéquates et de cuisine. Mais, une fois à l'intérieur des maisons de fortune, l'on constate qu'Africa Town a quelque chose de différent - en pire - des autres squats !

Combattre la pauvreté et tout ce qu'elle implique par l'éducation

"Dans le milieu du social, nous connaissons tous Africa Town. C'est l'une des poches de pauvreté les plus touchées de Maurice !", dit d'emblée Rita Venkatasawmy, directrice du Centre d'Education et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM). Accompagnée de Shenaz Hessensaheb, entre autres, de la même organisation, Rita Venkatasawmy passe de case en case. Avec son équipe, la directrice du CEDEM a un message à faire passer. Le 15 prochain, des animateurs de l'ONG seront au centre communautaire de la cité EDC dès 10 heures. Ils y seront pour commencer un programme éducatif spécifique à l'intention des enfants de 3 ans à plus. Ce sera ainsi chaque samedi jusqu'à la fin de l'année. "Nous voulons combattre la pauvreté et tout ce qu'elle implique par l'éducation", avance Rita Venkatasawmy… Le CEDEM n'est pas à sa première visite dans la région. Une première prise de contact, en vue du programme éducatif, s'était avérée nécessaire.

Africa Town. Les pierres çà et là, sont de véritables pièges. Il est préférable d'avoir les yeux rivés au sol pour éviter de se blesser. Mais lorsqu'on se hasarde à jeter un bref coup d'oeil aux alentours ou encore sur les toits des cases, une image, celle des antennes paraboliques dressées, laisse perplexe ! Ce paradoxe en dit long et invite à la réflexion. Ce plaisir matériel, qui propose une coupure avec la réalité et qui fait rêver, a un prix. Et face à l'éducation, c'est l'évasion qui l'emporte. À cause de l'irresponsabilité des adultes, l'éducation de la plupart des enfants d'Africa Town est négligée. Plusieurs raisons sont évoquées. Notamment l'absence de ressources financières. Pourtant, l'éducation est gratuite et l'école primaire gouvernementale la plus proche se trouve à Surinam. Qui plus est, les écoliers et autres collégiens bénéficient du transport gratuit. "Ena paran dir ki zot pena nanié pou met dan dipain zot zenfant", explique Belinda. À l'instar de Maryse, 38 ans et mère de six enfants, dont certains en âge d'être scolarisés ne vont pas à l'école. Priscilla, 26 ans, mère de trois enfants à aussi à sa charge les deux petits de son compagnon, maçon. Toutefois, malgré la précarité de sa maison et ses difficultés financières, la jeune femme fait de l'éducation de ses enfants une priorité. Mais, à Africa Town, l'éducation obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans n'est pas toujours une préoccupation. Après tout qui a pris le temps de sensibiliser les familles de cette poche de pauvreté ? Dans ce coin exclu, les mères de familles sont relativement jeunes. À peine la trentaine. D'autres en ont un peu plus. Mais toutes ont en moyenne 4 enfants.

Des pierres au sol, trois lits et une télé…

Salonee, 36 ans, elle, tient à peine sur ses jambes. Les yeux boursouflés, elle tient dans ses bras, son petit dernier. Maigre et chétif, le garçonnet a 3 ans. Salonee confie que le père du benjamin est parti. Comme les autres d'ailleurs. Dans la pièce en tôle qui lui sert de logement, des pierres tapissent le sol. Trois lits, une télé… et un désordre traduisant l'absence d'hygiène, sont là les biens de Salonee. C'est cet univers que Belinda a voulu fuir. La jeune femme est l'une des huit enfants de Salonee. Placée dans un foyer d'accueil alors qu'elle avait 10 ans, elle a pu échapper à la pauvreté. Et aller à l'école. Cependant, recalée au Certificate of Primary Education, Belinda, prend sa revanche à 19 ans. "Kan mo ti dan foyer, mo ti éna enn sponsor. Mo'nn pran kour ratrapaz ek mo'nn rési pass sizyem. Mo'nn mem contigne aprann ziska nivo form dé", explique Belinda. À sa majorité, elle s'installe chez des proches dans le sud. "Mo lavi diféran aster. Mo pa pou kapav rétourn viv dan kondisyon ki mo'nn kité kan mo ti tipti", concède-t-elle. Aujourd'hui, Belinda veut transmettre ce qu'elle a appris aux enfants d'Africa Town. C'est pourquoi, elle s'est portée volontaire pour prêter main forte au projet du CEDEM. "Grâce à l'éducation, ces enfants pourront se faire une place dans la société", dit-elle en quittant le quartier pour le centre communautaire où l'équipe du CEDEM a donné rendez-vous aux parents.

Attentifs aux explications de Rita Venkatasawmy, les quelques parents d'Africa Town et des environs, qui ont l'intention d'inscrire leurs enfants au programme éducatif découvrent le contenu et l'objectif du projet. "Chaque samedi, nous serons au centre à partir de 10 heures. Nous viendrons de loin et nous nous attendons à ce que les enfants soient présents, car ce projet vise à les aider à sortir de la pauvreté…", commence par dire la directrice du CEDEM. Riambel est la première région du littoral a bénéficié de l'expertise du CEDEM en matière d'éducation. Africa Town succède ainsi à Anoska, la cité Mangalkhan et la cité La Caverne. Intervenant à son tour Ramesh Bondy, le président du conseil de village de Surinam - lequel soutient le projet - interpelle les parents sur leur responsabilité et la nécessité de sortir de l'assistanat. Poursuivant ses explications, Rita Venkatasawmy précise aux parents que les enfants seront initiés à l'anglais et au français à travers une pédagogie interactive : marionnettes, dessin et autres. Les jeunes bénéficiaires devront être réguliers, insiste-t-elle. "Nou pou pran presans zenfan, parey kuma nou finn fer ayer. Ek kouma bann zenfan Anoska, ki'nn travay byen, zot oussi zot pou gaynn lokazyon al an Afrique du Sud si zot apliké", fait ressortir la directrice du CEDEM. En mettant un pied dans la région, l'organisation qui est aussi spécialisée dans l'encadrement des mineurs victimes d'abus, en profitera pour sensibiliser sur les risques auxquels des enfants de régions défavorisées sont exposées. Le programme qui sera lancé samedi prochain, fera ensuite l'objet d'une évaluation.


CTI Needy Students Program

D. Ramdani: "Être boursière, c'est un turning point dans ma vie et dans celle de mes parents"

Les frais des études universitaires sont onéreux. Et pour cause, de nombreux étudiants ne peuvent, faute de moyens financiers poursuivre des études universitaires. Si l'éducation est la clé vers l'amélioration du statut social, au Charles Telfair Institute (CTI), l'accent est mis sur l'accès à l'éducation pour tous. Dans cette optique, depuis plusieurs années, l'établissement a mis en place un programme spécial, afin de venir en aide aux étudiants nécessiteux. Soutenu par plus d'une dizaine de sponsors, le CTI a, à ce jour, pourvu plus de d'une cinquantaine d'étudiants de bourses d'études, pour subvenir à leurs besoins scolaires.

Pour les jeunes boursiers, ce programme mis en place par le CTI, pour les étudiants nécessiteux représente l'accomplissement d'un rêve. "Cette bourse, c'est une grande chance que j'ai eue", souligne un des bénéficiaires. "Cela représente beaucoup pour moi. Les études au CTI, c'est un turning point dans ma vie et dans celle de mes parents", avance Diana Ramdani. Cette jeune fille, benjamine d'une famille de deux enfants, dont la mère est au foyer et le père maçon, figure parmi les bénéficiaires des bourses offertes par onze sponsors du CTI, qui ont aidé financièrement les étudiants à entreprendre et poursuivre des études universitaires. Sans cette bourse, raconte Diana Ramdani, elle n'aurait jamais pu se payer des études dans un tel institut. "Après le HSC, je pensais suivre des cours d'ACCA. J'envisageais de travailler un peu pour pouvoir financer mes études, car mes parents n'ont pas les moyens", explique-t-elle. Toutefois, grâce à une annonce dans les journaux, elle soumet sa candidature pour les bourses offertes par les sponsors, en vue des études universitaires au CTI. Pendant trois ans, la firme MultiConsult, (spécialisée dans l'offshore), un des sponsors, a financé ses études, à la hauteur de Rs 300 000, en vue de l'obtention d'un BCom Accounting & Finance. Actuellement, il reste un semestre à cette jeune fille avant de terminer ses études universitaires. Diana Ramdani se dit heureuse d'avoir pu se tracer une voie professionnelle, comme ses autres camarades, grâce à l'aide des sponsors. Remerciant ses bienfaiteurs "pour la confiance qu'ils ont placée en moi", Diana Ramdani souligne "j'espère pouvoir être à la hauteur. Merci d'avoir changé ma vie".

Thierry Buffon, David de LaPeyre et Jhonyvan Anthonie, font également partie de ceux qui ont pu poursuivre leurs études grâce aux bourses d'études offertes par les sponsors. Pour Jhonyvan Anthonie "les études universitaires, c'était impensable pour moi. Mes parents n'ont pas les moyens". Grâce à son bienfaiteur, Robin Harel (le président du CTI), il poursuit actuellement des études menant à un BCom Public Relations & Management. "Après le secondaire, j'envisageais de faire un Diploma en Graphic Design à l'IVTB. Je souhaitais un degré, faute de moyens financiers, je me serai contenté d'un Diploma. Mais aujourd'hui, grâce à l'aide de mon mentor, je peux aspirer à mieux dans la vie", fait ressortir ce jeune homme. Ainsi, si les bourses d'études offertes motivent ces jeunes, ils estiment également qu'il existe une certaine pression qui leur fait travailler davantage. "Nous avons un devoir envers nos bienfaiteurs. Il y a la confiance placée en nous. En poursuivant des études universitaires, on fait la fierté des parents, mais aussi ceux des sponsors", indiquent ces jeunes. En ce qu'il s'agit des études tertiaires à Maurice, ces jeunes estiment que les autorités n'offrent pas de grandes opportunités aux nécessiteux. "Certaines entreprises du secteur privé offrent des bourses, mais plus d'aide serait souhaitable, car de nombreux jeunes, capables, n'ont pas les moyens d'aller à l'université. L'accès à l'éducation est un luxe pour certains. Plus il y aura de bourses, plus de jeunes seront amenés à grimper les échelons sociaux", estiment ces étudiants. Le directeur du CTI, Éric Charoux, souhaitant que ces bénéficiaires tirent avantage de l'opportunité qui leur est offerte pour grimper les échelons sociaux, tout en contribuant au développement du pays, indique, lui, qu'il "envisage that with the growth of our institution into this country's first private university, we shall be offering even more opportunities to those deserving students aspiring to tertiary education". La CTI espère que d'autres entreprises se joindront à ce programme d'aide, afin de donner l'opportunité à un plus grand nombre de jeunes nécessiteux à l'accès aux études universitaires.


Congestion portuaire

Des étudiants en attente de leurs manuels scolaires

Deux navires, avec à leur bord des marchandises pour le marché local - dont des commandes de livres pour les étudiants d'un établissement scolaire -, et qui devaient accoster Maurice, ces derniers jours, ont préféré transborder ailleurs. Ceci en raison de l'attente de sept à neuf jours en rade avant que ne commencent leurs opérations. Ce changement de trajectoire provoque un retard dans la livraison des marchandises, avec pour conséquences, des étudiants toujours en attente de leurs manuels scolaires.

En effet, si une partie de la commande de livres scolaires effectuée depuis juin dernier par le proviseur a été livrée, une autre partie est toujours en attente. Les étudiants doivent encore patienter jusqu'au 16 septembre, avant de recevoir leurs manuels. Dans une communication envoyée à leur client, en date du 5 septembre, les courtiers indiquent qu'en raison de la congestion portuaire, le navire CMA CGM GALILEE VOY NM037S "expected to arrive to Port Louis on 07/09/2007 will have to wait for berthing only on 16/09/07 next week. In this respect will suffer an expected delay of nine days leaving our Principal with no other alternative than to skips call Port Louis". Il s'agit d'un navire qui transporte parmi ses marchandises, les bouquins scolaires. Déjà, le client avait dû prévenir l'établissement scolaire, le 28 août dernier, que la livraison des manuels scolaires devait être retardée car des marchandises, le 22 août dernier à bord du navire Tasmania, avaient été rechargées sur le navire MSC Delhi. Le premier navire avait préféré transbordé à l'île de la Réunion. À ce jour, si une partie des ouvrages scolaires commandés a pu être livrée la semaine dernière, l'institut scolaire, dont la rentrée a eu lieu le 2 septembre, accuse néanmoins un retard dans la livraison de certains manuels. Par ailleurs, outre les étudiants pénalisés par ce retard de livraison, les opérateurs du port estiment que la situation dans le milieu ne s'améliore guère. Et si d'aucuns qualifient la congestion portuaire comme récurrente depuis 2003-2004, on rappelle qu'il y a un "mismatch entre la capacité du volume de trafic portuaire et la demande". "Pour remédier à cela, il faut des infrastructures et un nouveau mode de gestion", souligne-t-on. Que des décisions pour décongestionner le port soient vite implémentées…


Au Rajcoomar Gujadhur SSS, hier matin, premier job fair régional de l'AHRIM

Les hôteliers rencontrent les sans emplois de l'Est

Pourvoir les personnes sans emplois des régions Est et Ouest, en opportunités de formation et de placement, tel est l'objectif de l'Association des Hôteliers et Restaurants de l'île Maurice (AHRIM) qui a organisé, hier un job fair, au Rajcoomar Gujadhur SSS. Plus d'un millier de personnes se sont rendus à ce job fair, organisé conjointement avec l'Empowerment Programme, en vue de s'enquérir des perspectives de formation et d'emploi que leur propose l'AHRIM. À ce stade, selon nos informations, quelque 1170 d'entre elles se sont inscrites en vue de suivre les formations qui seront dispensées dans les dix hôtels de l'Est, présents à ce job fair. Les candidats qui seront retenus pour les différentes formations dans divers secteurs de l'hôtellerie, obtiendront, après 10 mois de cours, un certificat, attestant de leurs compétences dans le domaine. Les candidats recevront également une allocation mensuelle. Ces personnes pourront par la suite être employés par l'un des hôtels de la région. Il s'agit du premier job fair organisé par l'AHRIM pour cette année. L'association souhaite faire de job fair, un projet régional. Le prochain job fair se tiendra le samedi 15 septembre prochain, au Bambous B. Government School, entre 10 h et 14 h.


Transimages 5 au MGI

Création sur le web d'une "Discothèque mauricienne du Souvenir"

Se pencher sur l'amplification des possibilités de production d'images artistiques que fournissent les possibilités du numérique. C'est ce que propose Transimages 5, exposition présentée par Synesthésie sur l'invitation du CCB, qui se tiendra du 19-26 septembre prochain à Moka. Avec en point d'orgue la création sur internet, en collaboration avec Mauritius Telecom, d'une "Discothèque mauricienne du Souvenir"…

Forte des possibilités du numérique, une nouvelle génération d'artistes "travaille autour de la fiction et fait basculer notre rapport au réel dans une temporalité où l'imaginaire et le concret se traversent". C'est ce que vise à montrer l'exposition Transimages 5.

Enrichies par les innovations des technologies de l'image et du son, ces œuvres, nous dit-on, "nous entraînent à vivre la plasticité et les transformations du régime de l'image. Leurs formes composites nous font comprendre l'impermanence de notre relation au réel, elles expriment la part de mystère que chacun porte en soi. Par leur pouvoir transitionnel, ces "transimages" nous font faire un saut dans l'inconnu, dans un champ de forces et de dynamiques qui rend perceptible les mutations actuelles des modes de représentation. En hybridant expérience et fiction, elles proposent des lectures actives d'un vécu contemporain qu'elles réinventent".

Le programme Transimages a commencé en 2002. À chaque exposition, le projet se modifie et s'enrichit. Après la France et le Japon, Transimages, dans sa cinquième version, présente au MGI à Moka des vidéos de dix-sept artistes européens, dont des photographies, une vidéo de Régine Cirotteau, des dessins et des vidéos de Pierre-Jean Giloux, des vidéos de Brigitte Zieger et Rémy Marlot, ainsi qu'une sélection d'œuvres du Centre d'art virtuel de Synesthésie.

Construire la cartographie musicale de Maurice

À cela vient s'ajouter "un projet interactif inédit créé pour les Mauriciens", intitulé "Le Temps d'une Chanson, la Discothèque du Souvenir", et réalisé en partenariat avec Mauritius Telecom. Il s'agit, nous dit-on, de constituer une discothèque à partir du souvenir de chacun lié à une chanson qui marqua de façon essentielle un événement, une action, un sentiment, une notion.

Inspiré par Georges Pérec et de son célèbre "Je me souviens", ce projet autour de la constitution d'une discothèque du souvenir met en jeu plusieurs espaces: celui d'une mémoire collective, celui de la sensation, du souvenir, l'espace du récit et de la couleur. L'internaute pourra déposer sur le site un souvenir textuel lié à une chanson, une grille chromatique lui permettra d'associer cette chanson à une couleur. Le participant inscrira le

nom de la chanson, son auteur ou interprète tout en décrivant son souvenir en un maximum de 12 mots à partir de la formule récurrente "je me souviens de cette chanson" servant de leitmotiv ou de ritournelle. Chaque fragment, chaque chanson, chaque récit participeront à "construire la cartographie musicale de l'Ile Maurice". À découvrir…


Brèves

35 ans de relations Maurice/Chine: La Semaine chinoise démarre mardi

C'est mardi, 11 septembre, que démarre la Semaine chinoise organisée pour célébrer les 35 ans de relations diplomatiques Maurice/Chine. Le lancement officiel de ces activités se fera par le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, dans la soirée de mercredi au Mahatma Gandhi Institute (MGI) à Moka.

Entre autres activités prévues figurent une exposition de photos à la galerie IBL à Port-Louis, des démonstrations de Kung-fu dans les collèges de l'île par deux venus de Chine, des matches de foot opposant l'équipe championne de Meizhou à des clubs locaux, des démonstrations d'art culinaire ainsi que des consultations gratuites par deux spécialistes en médecine traditionnelle chinoise.

En mer méditerranéenne: Heureuse rencontre à bord de l'Orient Queen

Heureuse rencontre que celle faite à la mi-juin en mer méditerranéenne par un groupe de quatre couples d'amis mauriciens. Partis pour une première croisière dans les eaux grecques à bord de l'Orient Queen, ces Mauriciens dont un couple qui fêtait ses noces d'argent devaient, en effet, être agréablement surpris de constater que 17 compatriotes faisaient partie de l'équipage de ce paquebot de la compagnie maritime grecque, Louis Hellenic Cruises.

Parmi eux, une Rodriguaise originaire de Baie-aux-Huîtres. "Ils étaient tous vraiment heureux que nous arrivions fraîchement de Maurice, car c'est la première fois qu'ils accueillaient des Mauriciens en provenance de l'île", explique Mme Marie-France Hardy qui faisait partie du voyage. Les rares autres Mauriciens qui ont embarqué sur ce paquebot sont, en effet, des Mauriciens expatriés.

Ainsi, pour les 17 compatriotes membres de l'équipage de l'Orient Queen, la présence des huit passagers mauriciens à bord pour cette traditionnelle croisière grecque était comme un petit peu de soleil mauricien sur la Méditerranée. Et comme pour confirmer le sens profond de l'hospitalier des Mauriciens, ils ont tout fait pour assurer un service impeccable à ces hôtes spéciaux.

Malades inopérables à Maurice: La mairie de Quatre-Bornes lance un Teledon ce vendredi

Pour soutenir les malades inopérables à Maurice et en difficulté financière, la mairie de Quatre-Bornes organise un Teledon, ce vendredi. Des donation boxes seront installées, ce jour-là, dès 9 h 30 dans les points suivants: la salle des fêtes de la municipalité, Shoprite, Super U, Jumbo, Orchard Center et à la foire de Quatre-Bornes. Un numéro de compte: 61010100009724, à été ouvert à la State Bank of Mauritius. Le public peut téléphoner au 4644443 pour ses promesses de don.

Air Mauritius: Menace de manifestation de l'Intersyndicale

L'Intersyndicale d'Air Mauritius qui revendique la représentativité de 85% des salariés de la compagnie d'aviation nationale menace de manifester contre la direction d'Air Mauritius au cas où un nouveau protocole d'accord acceptable n'est pas signé dans le meilleur délai.

Lors d'une conférence de presse au courant de la semaine, les dirigeants de l'Intersyndicale dont MM. Moteelall Manic et Raj Jugurnauth et Mme Narvada Beeneessreesingh de même que leur conseiller technique, M. Awadh Balluck de la FSSC ont fustigé la direction de la compagnie pour son "absence de volonté à négocier" alors que, disent-ils, le dernier protocole d'accord liant direction et salariés est arrivé à expiration depuis avril 2005.

Cet accord, disent-ils, est pourtant renouvelable tous les trois ans. Les dirigeants syndicaux qui accusent la direction de vouloir faire du "cost cutting" sur la tête des salariés rejettent toute idée de refus de "back pay".

Enquête de la MEF sur la compensation: 55.8% des entreprises privées ont payé davantage

55.8% des entreprises du secteur privé ont payé une compensation salariale supérieure à celle entérinée par le gouvernement. C'est ce que révèle une enquête de la Mauritius Employers'Federation (MEF) entreprise entre les mois de mai et juillet auprès de 421 entreprises. Selon la fédération patronale, l'an dernier, 54.2% des entreprises du privé avaient payé plus que le quantum officiel.

L'enquête de la MEF indique que la moyenne de la compensation payée par les entreprises ayant fait un effort additionnel est de 8.2%. Un chiffre, "bien au-delà" de la moyenne de la compensation approuvée par le gouvernement (quelque 5%). Selon les chiffres de la fédération patronale, toujours, 20% des entreprises qui ont payé plus ont accordé une compensation dépassant les 10%.

Dans une Lettre aux parlementaires: Tengur réitère ses critiques contre L'Employment Relations Bill

Dans une Lettre ouverte aux parlementaires, M. Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers'Union (GHTU) réitère que l'Employment Relations Bill rendu public la semaine d'avant "menace l'intérêt des travailleurs" et entraînera la "mort lente des syndicats". M. Tengur conteste la Section 57 de l'ébauche du projet de loi qui prévoit que des négociations peuvent se faire entre le patronat et un syndicat reconnu "avec un joint panel ou avec les représentants des travailleurs désignés par ces derniers".

Une situation qui, déclare le syndicaliste, va contre les intérêts des travailleurs et au détriment des syndicats. Pour M. Tengur, si cette philosophie est adoptée, "feu SSR qui a présenté l'IRA en 1973 et qui voulait des syndicats forts et unis se retournera dans sa tombe". Le président de la GHTU explique que la Section 58 de l'IRA garantit la représentativité des seuls syndicats forts et prévient, en conséquence, la prolifération des syndicats.

Exposition ce mercredi à Curepipe: Hommage aux Frères des Écoles Chrétiennes

En 1877, la Congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes fonde le collège St-Joseph. Depuis, l'établissement qui a formé et instruit des milliers de jeunes garçons a connu un parcours qui fait de lui une référence en matière d'éducation. Pour rendre hommage à la contribution importante des Frères des Écoles Chrétiennes - également fondateurs des collèges St Mary's, La confiance et des écoles Ste-Thérèse (Curepipe), St-Jean Bosco, St Enfant Jésus et de La Salle - le collège St-Joseph organise une exposition le 12 prochain à la salle des fêtes de l'hôtel de ville de Curepipe. Des documents historiques : registres biographiques, photos, ouvrages pédagogiques, estampes, gravures, etc. seront dévoilés pour la première fois au public. Pour l'occasion, Raoul Lucas, maître de conférences à l'université de la Réunion, chercheur et écrivain, animera une conférence à l'issue de l'inauguration de l'exposition prévue à 13 heures.

Chitrakoot GS: La PTA de Vallée des prêtres s'associe au combat

Les parents d'élèves de l'école de Vallée des Prêtres s'allient au combat de leurs pairs de Chitrakoot Government School. En effet, dans un communiqué publié après une réunion entre les parents d'élèves des deux écoles vendredi dernier, il revient que celle de Vallée des Prêtres attend toujours une communication officielle du ministère de l'Education. Celui-ci, ayant envisagé le transfert des écoliers de Chitrakoot à Vallée des Prêtres, n'a toujours pas informé cette école quant à l'arrivée des nouveaux élèves. L'Union des Forces Vives pour la Sauvegarde de Chitrakoot GS, par l'intermédiaire de son président, Jean-Michel de Senneville, annonce une rencontre élargie cette semaine entre les parents d'élèves des deux écoles en vue de définir la marche à suivre.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007