p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007



  Forum de la FSSC sur la Bonne gouvernance—M. Paul Bérenger, ancien PM : "Jamais, depuis 1976, le parlement n'a été aussi médiocre"
  Au Centre Culturel Islamique, vendredi de la semaine dernière—Navin Ramgoolam confirme sa prochaine visite au Pakistan
  C'était mercredi dernier à Paris—Rencontre Bérenger/KoÏchiro Matsuura, DG de l'Unesco
  Ça va se savoir


Forum de la FSSC sur la Bonne gouvernance

M. Paul Bérenger, ancien PM : "Jamais, depuis 1976, le parlement n'a été aussi médiocre"

"Jamais, depuis 1976 que je suis député, n'ai-je vu un Parlement d'une aussi grande médiocrité", a déclaré, jeudi, l'ancien Premier ministre et leader du MMM, M. Paul Bérenger, au forum sur la Bonne gouvernance dans le cadre du symposium organisé sur le sujet par la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC) à l'occasion de ses 50 ans.

S'il rend hommage à sir Seewoosagur Ramgoolam d'avoir, au moment de l'Indépendance, opté pour un Parlement mauricien s'inspirant du modèle westministérien qui garantit, notamment, un poste constitutionnel de leader de l'opposition, M. Bérenger souligne la contradiction entre, d'une part, la volonté affirmée du gouvernement du jour de voter un Freedom of Information Act et le "refus systématique de répondre aux interpellations".

L'ancien Premier ministre loue l'indépendance de la Commission électorale et de son commissaire de même que l'indépendance de l'Electoral Supervisory Commission et de son président. Il estime, néanmoins, nécessaire une réforme électorale de même qu'un véritable cadre légal pour régir le financement des partis politiques. À ce sujet, Paul Bérenger est d'avis que le "petit désaccord" du MSM sur la question est "surmontable" même s'il émet des doutes quant à la réelle volonté du Premier ministre et leader du PTr d'aller de l'avant avec cette réforme.

Pour M. Bérenger, la bonne gouvernance politique c'est aussi le "respect des institutions". Il cite, à cet effet, les "ingérences politiques", notamment, "à la police". "C'est la pagaille depuis deux ans. Dans les institutions relevant de l'État, il y a usurpation des droits des Chief Executives par des présidents de comités de direction".

Pour lui, ces "executives" auraient dû être nommés sur la stricte base des compétences. Quant aux présidents généralement nominés politiques, il dresse un parallèle entre la nomination du Dr Swaley Kasenally au Central Electricity Board (CEB) sous le précédent gouvernement et l'actuel président de ce corps para-étatique.

"Azordi, pou gagn plas ek pou gard plas, bizin backing politik", trouve M. Bérenger en citant l'exemple récent de Mme Shakuntala Jugmohun, "une fonctionnaire qui a travaillé sous tous les Premiers ministres dont Navin Ramgoolam entre 1995 et 2000". Sous ce rapport, la déclaration du ministre des Finances à l'effet qu'il n'avait rien à faire avec le départ de Mme Jugmohun est "un manque de respect envers le Premier ministre".

La bonne gouvernance, pour M. Bérenger, passe aussi par l'avènement d'une télévision privée "en vue du pluralisme audiovisuel". Ce qui, dit-il, est possible, notamment, avec le numérique. Il affirme que, sous le précédent gouvernement, "la MBC/tv s'était améliorée mais aurait encore mieux fait avec l'avènement de la concurrence". Entre autres points soulevés par Paul Bérenger en vue d'une meilleure bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, notamment, au travers d'une meilleure législation encadrant les appels d'offres publics "comme le réclame l'Union européenne".

"Gouvernants redevables entre deux élections"

M. Bérenger dit aussi "faire confiance" au Central Statistics Office (CSO) de "poursuivre sur la bonne voie" son travail de publication de statistiques fiables, notamment, en marge de la constitution d'un nouveau panier pour le calcul de l'Indice des Prix à la Consommation (CPI). S'il reconnaît, par ailleurs, l'utilité d'un "bon Peer Review" en matière de bonne gouvernance dans les pays de la SADC, l'ancien Premier ministre est d'avis que c'est à l'Union africaine (UA) qu'aurait dû revenir cet exercice "et non à la NEPAD, un UA bis".

L'autre intervenant à ce forum, M. Nando Bodha, leader de l'opposition et secrétaire général du MSM, a lui, d'abord souligné l'importance de la redevabilité des gouvernants envers la population entre deux élections. Aussi, selon lui, dans cette perspective, si les institutions agissant comme chiens de garde dont les syndicats et les ONG ne sont pas respectés, il s'agit, en substance, d'une atteinte à la bonne gouvernance.

M. Bodha a aussi longuement abordé la question de la corruption et a, lui aussi, souligné l'utilité d'une Procurement commission comme exigée par l'Union européenne (UE) comme préalable au débours de fonds au pays. Le leader de l'opposition critique au passage Transparency International "dont le dernier rapport sur Maurice date de juillet 2004".

Nando Bodha dit avoir l'impression que quand le PTr est au pouvoir, "Transparency International a peur de dénoncer les cas d'irrégularités dans les procédures". Il cite, sous ce rapport, ce qu'il estime être des "scandales", notamment, les récentes bourses d'études médicales en Inde et les conditions d'ouverture de l'Eastern University.

Pour lui, sous le précédent gouvernement, et sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger, les Premiers ministres d'alors avaient une "tout autre philosophie de gestion". M. Bodha cite, à ce propos, le fait que les candidats battus "n'étaient, alors, jamais nommés au sein des boards. Quand les institutions deviennent des outils politiques, nous basculons dans la tyrannie", estime le leader de l'Opposition pour qui le "pourrissement général favorise la corruption". Nando Bodha rappelle que son parti a déjà pris l'engagement de ne nommer que des "personnes compétentes" comme Chief executives des organismes para-publics et que les présents conflits dans ces corps para-étatiques découlent du fait que "les CEOs et les présidents sont des nominés politiques".

Pour le leader de l'opposition, la vitalité des travaux de l'Assemblée nationale dépend du Leader of the House. Il affirme qu'en leur temps, et sir Anerood et M. Bérenger "répondaient à toutes les PNQ". Il cite, notamment, les réponses par rapport à l'affaire MCB/NPF.

L'Alliance sociale et l'Union Nationale qui avaient aussi été invitées à déléguer des représentants à ce forum sur la bonne gouvernance n'ont pas répondu à l'appel de la FSSC.L'Attorney general, Rama Valayden a, néanmoins, procédé, le matin, à l'ouverture officielle du symposium qui a vu aussi la participation de M. Mohamad Vayid, président du National and Economic Social Council qui a fait un exposé sur la bonne gouvernance de même que M. Sanjay Jagatsihgh, Chartered Financial Analyst qui est aussi intervenu.


Au Centre Culturel Islamique, vendredi de la semaine dernière

Navin Ramgoolam confirme sa prochaine visite au Pakistan

Le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, a confirmé, vendredi, sa prochaine visite au Pakistan qui devrait se faire vers la dernière semaine du mois d'octobre après le mois du Ramadan. C'était au Centre Culturel Islamique lors du lancement d'un magazine souvenir de l'association Friends of Pakistan pour commémorer les 60 ans d'indépendance du Pakistan.

Le chef du gouvernement qui parlait, notamment, en présence du Haut commissaire pakistanais à Maurice, M. Syed Hassan Javed, et du vice-Premier ministre, le Dr Rashid Beebeejaun s'est réjoui du réchauffement des relations entre le Pakistan et l'Inde en rappelant, en substance, que les peuples de ces deux pays partagent des origines communes.

Navin Ramgoolam a expliqué que son gouvernement pratique une diplomatie active en vue de consolider la visibilité du pays dans le monde. Il devait rappeler que les relations diplomatiques avec le Pakistan datent de quelque temps seulement après l'accession de Maurice à l'indépendance et que le premier Haut commissaire mauricien dans ce pays fut M. Ameen Kassenally.

Le Premier ministre a rappelé que l'Accord d'échanges préférentiels entre Maurice et le Pakistan signé lors de la récente visite du ministre pakistanais du Commerce, M. Humayun Akhtar Khan entrera en vigueur, au plus tard, en novembre prochain. Alors que les négociations sont en cours pour l'établissement d'une liaison aérienne directe entre les deux pays, un accord pour faciliter le mouvement réciproque d'hommes d'affaires des deux pays est en voie d'être finalisé.

Navin Ramgoolam a aussi rappelé le récent jumelage de Port-Louis et Karachi. Le chef du gouvernement se réjouit aussi de la construction prochaine de l'Urdu House de même que d'un centre commercial à Plaine Verte avec l'assistance pakistanaise. Confirmant sa prochaine visite au Pakistan, le Premier ministre a rappelé celui effectué part sir Seewoosaguur Ramgoolam dans ce pays en 1971.

Pour sa part, le Haut commissaire pakistanais, M. Sayed Hassan Javed, devait rappeler la signature d'une douzaine d'accords bilatéraux entre Maurice et le Paksitan ces dernières années. Maurice, dit-il, est avec la Chine et le Sri Lanka, l'un des trois seuls pays avec lesquels le Paksitan a signé un Accord d'échanges préférentiels.

M. Javed a loué la "vision" de sir Seewoosagur pour sa politique de "proche collaboration" avec le Pakistan. Pour lui, la coopération entre nos deux pays et réciproquement bénéfique. Le Haut commissaire pakistanais a profité pour rappeler que, dans le cadre du 60e anniversaire de l'indépendance du Paksitan, notre compatriote, M. Goolhamid Beegun, vient d'être décoré par le gouvernement pakistanais pour sa contribution à resserrer les liens entre les deux pays.


C'était mercredi dernier à Paris

Rencontre Bérenger/KoÏchiro Matsuura, DG de l'Unesco

L'ancien Premier ministre Paul Bérenger a rencontré, mercredi dernier, le directeur général de l'Unesco, KoÏchiro Matsuura au siège de cette organisation à Paris. Au menu des entretiens, qui se sont déroulés en présence de notre compatriote Armoogum Parsuramen, membre du conseil de l'exécutif de l'organisation et d'autres membres, l'aide en général accordée à Maurice et, en particulier, la décision d'inscrire l'Aapravasi Ghat sur la liste du patrimoine mondial. Le leader du MMM a dit son appréciation de cette décision de l'Unesco et a dit s'attendre qu'il en soit de même pour le Morne, dossier de demande d'inscription qui est actuellement à l'étude par cette organisation des Nations unies.

Le directeur général de l'Unesco a, de son côté, exprimé ses remerciements à l'île Maurice pour avoir - c'était sous le précédent gouvernement MSM/MMM - été le deuxième pays, après le Canada, à avoir ratifié la Convention sur la diversité culturelle. Koïchiro Matsuura a aussi demandé le soutien de Maurice et des pays de la région à la ratification d'une autre Convention, celle de la protection du patrimoine subaquatique, comme les épaves et autres vestiges du monde marine qui est complémentaire à celle qui porte sur le Droit de la Mer.

Alors qu'il était question du Droit de la Mer au cours de cette rencontre parisienne entre le directeur général de l'Unesco et Paul Bérenger, ont aussi été évoqués plusieurs sujets liés comme l'agitation en cours autour du pôle nord, avec les Russes qui ont installé leur drapeau sur la banquise et le va-et-vient des États-Unis en Antarctique.

Au chapitre de la diversité culturelle, l'exemple mauricien, "non seulement vivant mais vibrant" a été mis en exergue par l'ancien Premier ministre qui souligné le caractère pluriel, au plan de la religion, de la culture et de l'ethnie de la société mauricienne. À aussi été rappelé le fait que Maurice soit un des rares pays à avoir été tant sur la route de l'esclave que celle du coolie engagé.

Paul Bérenger confiait, hier, à son retour au pays, avoir trouvé "assez amusant" que le directeur général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura soit entouré de personnalités issues de la région de l'océan indien, le Mauricien Armoogum Parsuramen, qui agit comme son "bras droit", son chef du protocole qui n'est autre qu'un Réunionnais d'origine chinoise et sa secrétaire qui est une ressortissante de Madagascar.

Le leader du MMM s'était rendu à Paris, samedi de la semaine dernière, en compagnie de sa dernière fille Johanna qui s'y est installée pour des études à La Sorbonne.


Ça va se savoir

Croiser oui, le fer mais pas le regard

Ils croisent le fer mais pas le regard. C'est le cas de le dire pour ces deux ministres qui, après une proximité à toute épreuve affichée en public, ont eu de vifs accrochages, l'un accusant l'autre de tout faire pour gêner son business et de favoriser un autre opérateur. Ceux qui les connaissent de près ont été, en effet, étonnés de voir que, lors de sorties publiques, ces deux collègues du cabinet s'évitent soigneusement.

The Midas touch

Il devait être l'objet d'une PNQ et avait été sauvé par le gong avec la dissolution de l'Assemblée nationale le 10 août 2000. Malgré sa proximité avec le leader du PTr, il avait été "sacrifié" après les propos racistes prononcés au Farmers Service Centre de Rivière du Rempart sur "çà blanc-là!" lors de la campagne électorale de la même année. Après cinq ans de traversée du désert politique, il a pris le relais de Dharam Gokhool comme secrétaire général du PTr. Cela ne l'empêche pas de poursuivre ses affaires.

Cet ancien partenaire de Navin Ramgoolam dans la compagnie Albion Investment, qui avait bénéficié de 47 arpents de terres de l'État à Albion, est maintenant, entre autres, dans les pièces de rechange. Sa compagnie s'appelle Midas Spare Parts Company Ltd. Et coïncidence, la compagnie de ses deux employés qui ont fondé la compagnie qui s'est vu allouer le bail arraché à Ouest Concasseuse, un groupe réunnionais à St Félix, s'appelle… la Midas Corporation. Les connexions grecques de Deva Virahasawmy sont telles que le Premier ministre n'a pas hésité à l'amener dans sa délégation lors de son déplacement à Athènes à l'occasion de la réunion de l'Internationale Socialiste l'année dernière.

Enquête réclamée sur les activités d'un opérateur

Comment avant même l'arrivée de cette commodité en grande demande un opérateur a-t-il pu faire croire à un ministre qu'il allait la vendre à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché local ? C'est la grande question qui taraude ceux qui sont familiers à ce secteur et qui connaissent en tant soit peu le dossier. Une enquête dans le pays d'origine de ses prétendues activités de même que dans celui où il dit importer s'impose, soutiennent-ils, pour établir s'il ne bénéficie pas d'une protection suspecte et s'il n'y a pas un élément de sous-facturation dans toute cette affaire qui sent le roussi depuis plus d'une année.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007