"Jamais, depuis 1976 que je suis député,
n'ai-je vu un Parlement d'une aussi grande médiocrité",
a déclaré, jeudi, l'ancien Premier ministre et leader
du MMM, M. Paul Bérenger, au forum sur la Bonne gouvernance
dans le cadre du symposium organisé sur le sujet par la
Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC)
à l'occasion de ses 50 ans.
S'il rend hommage à sir Seewoosagur Ramgoolam d'avoir,
au moment de l'Indépendance, opté pour un Parlement
mauricien s'inspirant du modèle westministérien
qui garantit, notamment, un poste constitutionnel de leader de
l'opposition, M. Bérenger souligne la contradiction entre,
d'une part, la volonté affirmée du gouvernement
du jour de voter un Freedom of Information Act et le
"refus systématique de répondre aux interpellations".
L'ancien Premier ministre loue l'indépendance de la Commission
électorale et de son commissaire de même que l'indépendance
de l'Electoral Supervisory Commission et de son président.
Il estime, néanmoins, nécessaire une réforme
électorale de même qu'un véritable cadre légal
pour régir le financement des partis politiques. À
ce sujet, Paul Bérenger est d'avis que le "petit désaccord"
du MSM sur la question est "surmontable" même
s'il émet des doutes quant à la réelle volonté
du Premier ministre et leader du PTr d'aller de l'avant avec cette
réforme.
Pour M. Bérenger, la bonne gouvernance politique c'est
aussi le "respect des institutions". Il cite,
à cet effet, les "ingérences politiques",
notamment, "à la police". "C'est
la pagaille depuis deux ans. Dans les institutions relevant de
l'État, il y a usurpation des droits des Chief Executives
par des présidents de comités de direction".
Pour lui, ces "executives" auraient dû être
nommés sur la stricte base des compétences. Quant
aux présidents généralement nominés
politiques, il dresse un parallèle entre la nomination
du Dr Swaley Kasenally au Central Electricity Board (CEB) sous
le précédent gouvernement et l'actuel président
de ce corps para-étatique.
"Azordi, pou gagn plas ek pou gard plas, bizin backing
politik", trouve M. Bérenger en citant l'exemple
récent de Mme Shakuntala Jugmohun, "une fonctionnaire
qui a travaillé sous tous les Premiers ministres dont Navin
Ramgoolam entre 1995 et 2000". Sous ce rapport, la déclaration
du ministre des Finances à l'effet qu'il n'avait rien à
faire avec le départ de Mme Jugmohun est "un manque
de respect envers le Premier ministre".
La bonne gouvernance, pour M. Bérenger, passe aussi par
l'avènement d'une télévision privée
"en vue du pluralisme audiovisuel". Ce qui, dit-il,
est possible, notamment, avec le numérique. Il affirme
que, sous le précédent gouvernement, "la
MBC/tv s'était améliorée mais aurait encore
mieux fait avec l'avènement de la concurrence".
Entre autres points soulevés par Paul Bérenger en
vue d'une meilleure bonne gouvernance, la lutte contre la corruption,
notamment, au travers d'une meilleure législation encadrant
les appels d'offres publics "comme le réclame l'Union
européenne".
"Gouvernants redevables entre deux élections"
M. Bérenger dit aussi "faire confiance" au Central
Statistics Office (CSO) de "poursuivre sur la bonne voie"
son travail de publication de statistiques fiables, notamment,
en marge de la constitution d'un nouveau panier pour le calcul
de l'Indice des Prix à la Consommation (CPI). S'il reconnaît,
par ailleurs, l'utilité d'un "bon Peer Review"
en matière de bonne gouvernance dans les pays de la SADC,
l'ancien Premier ministre est d'avis que c'est à l'Union
africaine (UA) qu'aurait dû revenir cet exercice "et
non à la NEPAD, un UA bis".
L'autre intervenant à ce forum, M. Nando Bodha, leader
de l'opposition et secrétaire général du
MSM, a lui, d'abord souligné l'importance de la redevabilité
des gouvernants envers la population entre deux élections.
Aussi, selon lui, dans cette perspective, si les institutions
agissant comme chiens de garde dont les syndicats et les ONG ne
sont pas respectés, il s'agit, en substance, d'une atteinte
à la bonne gouvernance.
M. Bodha a aussi longuement abordé la question de la corruption
et a, lui aussi, souligné l'utilité d'une Procurement
commission comme exigée par l'Union européenne (UE)
comme préalable au débours de fonds au pays. Le
leader de l'opposition critique au passage Transparency International
"dont le dernier rapport sur Maurice date de juillet 2004".
Nando Bodha dit avoir l'impression que quand le PTr est au pouvoir,
"Transparency International a peur de dénoncer les
cas d'irrégularités dans les procédures".
Il cite, sous ce rapport, ce qu'il estime être des "scandales",
notamment, les récentes bourses d'études médicales
en Inde et les conditions d'ouverture de l'Eastern University.
Pour lui, sous le précédent gouvernement, et sir
Anerood Jugnauth et Paul Bérenger, les Premiers ministres
d'alors avaient une "tout autre philosophie de gestion".
M. Bodha cite, à ce propos, le fait que les candidats battus
"n'étaient, alors, jamais nommés au sein
des boards. Quand les institutions deviennent des outils politiques,
nous basculons dans la tyrannie", estime le leader de
l'Opposition pour qui le "pourrissement général
favorise la corruption". Nando Bodha rappelle que son
parti a déjà pris l'engagement de ne nommer que
des "personnes compétentes" comme Chief executives
des organismes para-publics et que les présents conflits
dans ces corps para-étatiques découlent du fait
que "les CEOs et les présidents sont des nominés
politiques".
Pour le leader de l'opposition, la vitalité des travaux
de l'Assemblée nationale dépend du Leader of the
House. Il affirme qu'en leur temps, et sir Anerood et M. Bérenger
"répondaient à toutes les PNQ". Il cite,
notamment, les réponses par rapport à l'affaire
MCB/NPF.
L'Alliance sociale et l'Union Nationale qui avaient aussi été
invitées à déléguer des représentants
à ce forum sur la bonne gouvernance n'ont pas répondu
à l'appel de la FSSC.L'Attorney general, Rama Valayden
a, néanmoins, procédé, le matin, à
l'ouverture officielle du symposium qui a vu aussi la participation
de M. Mohamad Vayid, président du National and Economic
Social Council qui a fait un exposé sur la bonne gouvernance
de même que M. Sanjay Jagatsihgh, Chartered Financial Analyst
qui est aussi intervenu.
Au Centre Culturel Islamique, vendredi de la semaine dernière
Navin Ramgoolam confirme sa prochaine visite au Pakistan
Le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, a confirmé,
vendredi, sa prochaine visite au Pakistan qui devrait se faire
vers la dernière semaine du mois d'octobre après
le mois du Ramadan. C'était au Centre Culturel Islamique
lors du lancement d'un magazine souvenir de l'association Friends
of Pakistan pour commémorer les 60 ans d'indépendance
du Pakistan.
Le chef du gouvernement qui parlait, notamment, en présence
du Haut commissaire pakistanais à Maurice, M. Syed Hassan
Javed, et du vice-Premier ministre, le Dr Rashid Beebeejaun s'est
réjoui du réchauffement des relations entre le Pakistan
et l'Inde en rappelant, en substance, que les peuples de ces deux
pays partagent des origines communes.
Navin Ramgoolam a expliqué que son gouvernement pratique
une diplomatie active en vue de consolider la visibilité
du pays dans le monde. Il devait rappeler que les relations diplomatiques
avec le Pakistan datent de quelque temps seulement après
l'accession de Maurice à l'indépendance et que le
premier Haut commissaire mauricien dans ce pays fut M. Ameen Kassenally.
Le Premier ministre a rappelé que l'Accord d'échanges
préférentiels entre Maurice et le Pakistan signé
lors de la récente visite du ministre pakistanais du Commerce,
M. Humayun Akhtar Khan entrera en vigueur, au plus tard, en novembre
prochain. Alors que les négociations sont en cours pour
l'établissement d'une liaison aérienne directe entre
les deux pays, un accord pour faciliter le mouvement réciproque
d'hommes d'affaires des deux pays est en voie d'être finalisé.
Navin Ramgoolam a aussi rappelé le récent jumelage
de Port-Louis et Karachi. Le chef du gouvernement se réjouit
aussi de la construction prochaine de l'Urdu House de même
que d'un centre commercial à Plaine Verte avec l'assistance
pakistanaise. Confirmant sa prochaine visite au Pakistan, le Premier
ministre a rappelé celui effectué part sir Seewoosaguur
Ramgoolam dans ce pays en 1971.
Pour sa part, le Haut commissaire pakistanais, M. Sayed Hassan
Javed, devait rappeler la signature d'une douzaine d'accords bilatéraux
entre Maurice et le Paksitan ces dernières années.
Maurice, dit-il, est avec la Chine et le Sri Lanka, l'un des trois
seuls pays avec lesquels le Paksitan a signé un Accord
d'échanges préférentiels.
M. Javed a loué la "vision" de sir Seewoosagur
pour sa politique de "proche collaboration" avec le
Pakistan. Pour lui, la coopération entre nos deux pays
et réciproquement bénéfique. Le Haut commissaire
pakistanais a profité pour rappeler que, dans le cadre
du 60e anniversaire de l'indépendance du Paksitan, notre
compatriote, M. Goolhamid Beegun, vient d'être décoré
par le gouvernement pakistanais pour sa contribution à
resserrer les liens entre les deux pays.
C'était mercredi dernier à Paris
Rencontre Bérenger/KoÏchiro Matsuura, DG de l'Unesco
L'ancien Premier ministre Paul Bérenger a rencontré,
mercredi dernier, le directeur général de l'Unesco,
KoÏchiro Matsuura au siège de cette organisation à
Paris. Au menu des entretiens, qui se sont déroulés
en présence de notre compatriote Armoogum Parsuramen, membre
du conseil de l'exécutif de l'organisation et d'autres
membres, l'aide en général accordée à
Maurice et, en particulier, la décision d'inscrire l'Aapravasi
Ghat sur la liste du patrimoine mondial. Le leader du MMM a dit
son appréciation de cette décision de l'Unesco et
a dit s'attendre qu'il en soit de même pour le Morne, dossier
de demande d'inscription qui est actuellement à l'étude
par cette organisation des Nations unies.
Le directeur général de l'Unesco a, de son côté,
exprimé ses remerciements à l'île Maurice
pour avoir - c'était sous le précédent gouvernement
MSM/MMM - été le deuxième pays, après
le Canada, à avoir ratifié la Convention sur la
diversité culturelle. Koïchiro Matsuura a aussi demandé
le soutien de Maurice et des pays de la région à
la ratification d'une autre Convention, celle de la protection
du patrimoine subaquatique, comme les épaves et autres
vestiges du monde marine qui est complémentaire à
celle qui porte sur le Droit de la Mer.
Alors qu'il était question du Droit de la Mer au cours
de cette rencontre parisienne entre le directeur général
de l'Unesco et Paul Bérenger, ont aussi été
évoqués plusieurs sujets liés comme l'agitation
en cours autour du pôle nord, avec les Russes qui ont installé
leur drapeau sur la banquise et le va-et-vient des États-Unis
en Antarctique.
Au chapitre de la diversité culturelle, l'exemple mauricien,
"non seulement vivant mais vibrant" a été
mis en exergue par l'ancien Premier ministre qui souligné
le caractère pluriel, au plan de la religion, de la culture
et de l'ethnie de la société mauricienne. À
aussi été rappelé le fait que Maurice soit
un des rares pays à avoir été tant sur la
route de l'esclave que celle du coolie engagé.
Paul Bérenger confiait, hier, à son retour au pays,
avoir trouvé "assez amusant" que le directeur
général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura soit
entouré de personnalités issues de la région
de l'océan indien, le Mauricien Armoogum Parsuramen, qui
agit comme son "bras droit", son chef du protocole qui
n'est autre qu'un Réunionnais d'origine chinoise et sa
secrétaire qui est une ressortissante de Madagascar.
Le leader du MMM s'était rendu à Paris, samedi de
la semaine dernière, en compagnie de sa dernière
fille Johanna qui s'y est installée pour des études
à La Sorbonne.
Ça va se savoir
Croiser oui, le fer mais pas le regard
Ils croisent le fer mais pas le regard. C'est le cas de le dire
pour ces deux ministres qui, après une proximité
à toute épreuve affichée en public, ont eu
de vifs accrochages, l'un accusant l'autre de tout faire pour
gêner son business et de favoriser un autre opérateur.
Ceux qui les connaissent de près ont été,
en effet, étonnés de voir que, lors de sorties publiques,
ces deux collègues du cabinet s'évitent soigneusement.
The Midas touch
Il devait être l'objet d'une PNQ et avait été
sauvé par le gong avec la dissolution de l'Assemblée
nationale le 10 août 2000. Malgré sa proximité
avec le leader du PTr, il avait été "sacrifié"
après les propos racistes prononcés au Farmers Service
Centre de Rivière du Rempart sur "çà
blanc-là!" lors de la campagne électorale
de la même année. Après cinq ans de traversée
du désert politique, il a pris le relais de Dharam Gokhool
comme secrétaire général du PTr. Cela ne
l'empêche pas de poursuivre ses affaires.
Cet ancien partenaire de Navin Ramgoolam dans la compagnie Albion
Investment, qui avait bénéficié de 47 arpents
de terres de l'État à Albion, est maintenant, entre
autres, dans les pièces de rechange. Sa compagnie s'appelle
Midas Spare Parts Company Ltd. Et coïncidence, la compagnie
de ses deux employés qui ont fondé la compagnie
qui s'est vu allouer le bail arraché à Ouest Concasseuse,
un groupe réunnionais à St Félix, s'appelle
la Midas Corporation. Les connexions grecques de Deva Virahasawmy
sont telles que le Premier ministre n'a pas hésité
à l'amener dans sa délégation lors de son
déplacement à Athènes à l'occasion
de la réunion de l'Internationale Socialiste l'année
dernière.
Enquête réclamée sur les activités
d'un opérateur
Comment avant même l'arrivée de cette commodité
en grande demande un opérateur a-t-il pu faire croire à
un ministre qu'il allait la vendre à un prix inférieur
à celui pratiqué sur le marché local ? C'est
la grande question qui taraude ceux qui sont familiers à
ce secteur et qui connaissent en tant soit peu le dossier. Une
enquête dans le pays d'origine de ses prétendues
activités de même que dans celui où il dit
importer s'impose, soutiennent-ils, pour établir s'il ne
bénéficie pas d'une protection suspecte et s'il
n'y a pas un élément de sous-facturation dans toute
cette affaire qui sent le roussi depuis plus d'une année.