m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007



  Nature—Petites îles: grandes richesses naturelles
  À l'initiative de l'association réunionnaise Tikouti—Collection de "Zistoir lontan pou Marmay Koméla"
  Donovan Victoire, danseur—Une étoile en devenir
  CD—Séga Final, Shè Ra
  Décédé le 6 septembre dernier—Pavarotti : la superstar planétaire de l'art lyrique n'est plus
  Automobile—Toyota : 70 ans et No. 1 mondial
  Collectif jeunes—Jammers: Génération spontanée
  Finale de Jori No. 1 le 23 septembre à Pailles—Ce sera du jamais vu à Maurice, promet Bijaye Madhou, le DG de la MBC
  Le 22 septembre à Pailles—Gold Awards récompensant les meilleurs de la télévision indienne
  Cinéma—Darling
  Recette—A l'heure du Ramadan
  Page d'Histoire—Le "Cher Pont" de la Grande- Rivière Nord Ouest


Nature

Petites îles: grandes richesses naturelles

Un projet touristique dans une réserve naturelle d'intérêt écologique, culturel et historique, suscite actuellement un débat local. L'îlot Gabriel, la plus grande réserve de biodiversité indigène du pays (50%) face à l'île Plate classée patrimoine national fait l'objet de prises de position, de mobilisation, de manifestations autour de l'exploitation touristique. Alors que les principales parties concernées campent sur position, quelques spécialistes de l'environnement et du patrimoine se mettent au vert et misent sur une stratégie de développement qui préserverait l'attrait de Gabriel et d'autres îlots, leur caractère unique et une redéfinition de la notion d'écotourisme. Des réflexions nationales existent sur l'enjeu des îlots autour de Maurice, derniers refuges des espèces animales et végétales.

Les îlots au large des côtes de Maurice sont uniques par leur écosystème. Chaque îlot a développé ce caractère unique par ses caractéristiques (géologie, impacts directs et indirects), éléments déterminants dans la flore et la faune actuelles. Chaque îlot a son potentiel de conservation et abrite des populations de plantes endémiques. L'Ile Ronde et l'Ile aux Aigrettes sont les exemples les plus connus. L'isolation de ces îlots explique le fait qu'ils ont été moins affectés par les impacts environnementaux. Les espèces animales et végétales de ces petites îles ont évolué différemment depuis leur détachement de Maurice. Véritables niches de biodiversité, qui a connu une érosion sur les basses terres de Maurice (destruction des habitats, surexploitation des ressources, menaces des espèces invasives), les îlots se caractérisent par leur fragilité. Sur environ 30 oiseaux, espèces rares, il n'en reste que 13. Sept d'entre eux sont menacés selon le rapport 2002 d'International Union for the Conservation of Nature (IUCN). Les efforts des ONG et les programmes d'élevage en captivité pour protéger les espèces rares ont porté leurs fruits. L'on a noté aucun oiseau endémique disparu depuis la seconde moitié du 19e siècle. Concernant les reptiles (native reptile species) qu'on trouvait autrefois à Maurice, 5 ont disparu et 7 des espèces qui restent se trouvent sur les îlots, parfois même sur une seule île - ce qui les rend vulnérables.


Ces réserves de biodiversité

Du Pigeon rock (Pain de sucre) à l'Île aux Aigrettes, il existe environ 40 îlots autour de Maurice. Certains sont des espaces récréatifs, d'autres sont habités par des propriétaires privés. Bon nombre d'entre eux constituent un attrait comme destination unique et nature intacte. Les îlots ont été classifiés selon le "Islets National Strategic Plan", 2004. Certains sont des "open reserves", d'autres "closed reserve" ou patrimoine national colle l'Ile Plate.

L'île Ronde. C'est un îlot de 219 hectares environ 20 km de la côte nord de Maurice. La végétation de l'île a souffert en raison de l'introduction des lapins et des cabris au 19ème siècle. Lîle a aussi connu des problèmes d'érosion. Des actions ont été prises pour préserver la végétation de l'île. On y trouve les derniers palmiers endémiques. Toutefois, la plupart des plantes indigènes sont menacées par les espèces invasives. L'île Ronde contient aussi une importante population de reptiles.

L'île aux Aigrettes. L'île s'étale sur une superficie de 26 hectares à l'intérieur du lagon, à moins d'un kilomètre de la côte sud-ouest de Maurice. L'île est aussi connue pour avoir servi, comme l'Ile de la Passe, de base militaire. L'île est gérée par la Mauritius Wildlife Foundation qui réussit au cours des années à restaurer la végétation indigène.

L'île Plate et Pigeon Rock. L'île Plate se situe à 11 kms de la côte nord de Maurice. Elle a une superficie de 250 hectares, ce qui fait d'elle la plus grande des îlots du nord. L'île, comme son nom l'indique, est plate avec une fine couche corallienne sur la couche rocheuse. L'île Plate est attachée à l'histoire de l'engagisme. Elle servit comme station de quarantaine pour les victimes de la malaria au cours de la période anglaise. On y trouve des ruines datant de la période française et anglaise. En 2005 et 2006, une équipe de l'Aapravasi Ghat Trust Fund a entrepris deux sessions de travail pour un relevé des ruines sur l'île. Jayshree Mungur, archéologue, fait ressortir l'importance des îlots dans la compréhension de l'histoire de Maurice.

Pigeon rock (Pain de sucre) est une réserve fermée. C'est un îlot rocheux au loin de l'Ile Plate.


L'îlot Gabriel: une nature intacte ?

Gabriel, 42 hectares, se trouve au sud-est de l'Ile Plate à environ 500 mètres. Le lagon entre les deux îles est unique. Il avait été identifié pour être un parc marin par ses richesses. L'îlot Gabriel a le pourcentage le plus élevé de plantes indigènes (50% de la réserve de biodiversité naturelle de toutes les petites îles). L'attrait de Gabriel a longtemps consisté dans sa nature intacte et son côté inaccessible. Jusqu'ici, l'impact environnemental a été assez faible. Vassen Kauppaymoothoo, spécialiste de l'environnement et conseiller technique, met l'accent sur "l'écosystème fragile de cet îlot et préconise une stratégie touristique qui préserverait le caractère unique du lieu".

Depuis samedi dernier l'accès à l'îlot Gabriel est payant. L'exploitation touristique de l'îlot tombe sous la société Ocean Blue. Gabriel a été nettoyé récemment et connaîtra l'aménagement de structures légères, selon les promoteurs. S'il a été reconnu qu'une partie de la végétation a été détruite, on parle de réintroduction d'espèces endémiques. Certains se posent la question si une telle démarche ne risque pas de bouleverser l'écosystème unique de l'îlot. Des botanistes indiquent que toute campagne de désherbage ou de nettoyage doit se faire par étapes par des spécialistes, sous la supervision des officiers du National Parks and Conservation Service et du Département Bois et Forêts.

Au-delà du débat national, Kersley Pynee, Senior technical assistant à l'herbier de Maurice au MSIRI, a mené une étude sur l'îlot en 2006 et parle de son étonnante richesse végétale. Au cours de ce "survey" mené en collaboration avec le National Parks et le Département des Bois et Forêts, certaines espèces qu'on croyait disparues ont été retrouvées. À titre d'exemple, K. Pynee cite le Oldenlandia sieberi Baker var. sieberi, une plante endémique de Maurice (herbe minuscule) qui a été retrouvée sur l'îlot. Cette plante est unique à Gabriel et attire la curiosité des touristes en quête de paysages ou d'espèces naturelles. Parmi les autres espèces endémiques de l'île, on trouve une autre herbe, l'Euphorbia cf viridula. Elle pousse dans la partie est de l'îlot au bord de la plage. Son habitat est spécifique. La plante pousse dans le sable et se nourrit des embruns.

Il faut aussi citer la Psiadia arguta, seule population de baume de l'île Plate qu'on connaît au monde. La plus grande et unique colonie se trouve sur l'îlot Gabriel. Kersley Pynee parle de ces plantes endémiques comme partie importante de notre patrimoine. Des insectes endémiques vivent sur ces plantes. Toute forme de destruction bouleverse l'écosystème de l'îlot. Il faut aussi mentionner la présence d'une bonne colonie de lataniers (Latania loddigesii). Des espèces invasives existent aussi sur l'îlot Gabriel tels Piquant raquette, herbe caille, lastron, herbe tourterelle. Mais il faut savoir que le désherbage doit se faire par des spécialistes.

Aujourd'hui, une journée portes ouvertes à l'îlot Gabriel permettra aux visiteurs de mesurer la richesse de sa biodiversité.


À l'initiative de l'association réunionnaise Tikouti

Collection de "Zistoir lontan pou Marmay Koméla"

Le domaine des publications de la Réunion s'est enrichi, au cours de ces derniers mois, d'une série de livrets présentant des contes et "zistoir lontan", mettant en avant la richesse de l'imaginaire créole en version bilingue créole-français. Une initiative de l'association Tikouti, qui a réussi là à réunir les talents conjugués d'artistes comme Axel Gauvin, Boris Gamaleya ou William Zitte entre autres, pour une collection qui fait revivre, et partager, un important patrimoine.

Outre diverses publications ayant trait notamment aux sirandanes ou à diverses questions de fond concernant la place et l'enseignement du créole et du français à la Réunion, l'association Tikouti a donc lancé récemment une Collection baptisée "Zistoir Lontan pou Marmay Koméla". Collection qui se décline en deux séries, la Série 1 étant consacrée aux "Contes Merveilleux" et la Série 2 aux "Zistoir Zanimo".

La série des Contes Merveilleux nous permet ainsi de découvrir un premier livret intitulé Pou in grape létshi - Des letchis pour le Roi. Une des particularités de cette collection résidant justement dans son expression bilingue créole réunionnais- français. Pou in grape létshi est donc une histoire racontée par Janio Técher, recueillie et écrite par Axel Gauvin, qui s'est également chargé de la traduire en français avec la collaboration de Herisoa Payet. Le tout accompagné de dessins du plasticien réunionnais William Zitte. On y découvre l'histoire d'un roi, en convalescence, devenu "mèg konm in zarète poisson". Tourmentée, sa fille cherche chaque jour à lui redonner le goût de la nourriture, utilisant tamarin vert, citron vert ou bilimbi vert. En vain. Le roi finit par exprimer le désir de manger des letchis. Mais où en trouver en plein mois de septembre ? Rassemblant ses garde-champêtres, la princesse leur ordonne de proclamer qu'elle se mariera au premier qui rapportera des letchis à son père. Nouvelle qui va tomber dans l'oreille de monsieur Kasse-Koko-Po-Boir-Delo, père de trois fils, qui possède trois grands letchiers portant chacun une grappe mûre. Appelant son fils Leblan, l'homme le charge de se faire aussi beau qu'il est et d'aller porter une des grappes de letchis à la princesse. Mais en chemin, Leblan rencontre une vielle femme assise sur un rocher, qui lui demande s'il n'y aurait rien dans son sac "po rafréshi la boush". Leblan lui ayant répondu que son sac ne contient que des galets, il aura la surprise, une fois parvenu près de la princesse, de voir que ses letchis se sont effectivement transformés en galets !

Même sort pour le deuxième fils, Legri, qui verra ses letchis se transformer en crapauds. En désespoir de cause, Kasse-Koko-Po-Boir-Delo se résout à envoyer son troisième et dernier fils, Lenoir, toujours déconsidéré, qui n'a même pas de vêtements de qualité à se mettre, mais qui décide d'y aller comme il est, pieds nus comme d'habitude. En chemin, il rencontre et aide la vieille dame en lui donnant quelques-uns de ses letchis. Arrivé devant le roi, ce sont bien des letchis, "bel, roz konm kardinal, gro zépol, ti grin, rienk filipine" qu'il sort de son sac. Ce sera donc lui qui aura la main de la princesse !

La Série 2, Zistoir Zanimo, nous invite à découvrir l'histoire Lièv i sava bal - Lièvre au bal. Histoire créole recueillie et transcrite par Boris Gamaleya, publiée pour la première fois par la revue Bardzour Mascarin, adaptée pour les enfants et traduite en français par Axel Gauvin. Le tout illustré par Fabrice Urbatro.

Le roi donne un bal pour tous les animaux. Tous ? Pas tout à fait. Seulement les animaux à cornes. Désireux d'y aller, un lièvre fringant et séducteur va se fabriquer de jolies petites cornes en cire d'abeille. Succès garanti auprès de toutes les "zanimèl" présentes ! Jusqu'à ce que, étourdi, il éprouve le désir de sortir un peu pour respirer de l'air frais. Or, "dëor néna gro solèy", car "bal zanimo i fé pa la nuite, i fé la zourné ça" ! Devinez la suite !

Témoins de la richesse, de la verve, de la poésie et du mordant de l'imaginaire créole, ces contes et zistoir lontan se révèlent aussi savoureux qu'édifiants. En les publiant, l'association Tikouti apporte une contribution fondamentale à la connaissance et à la transmission d'un patrimoine. Une initiative qui devrait, ici aussi, nous inspirer…


À propos de Tikouti

Le mot tikouti a une double signification. Il désigne d'une part un petit oiseau brun clair, au chant très doux. Il désigne aussi la petite baguette (encore appelée batavèk) servant à frapper la corde du bobre africain ou du tambour hindou.

Créée il y a deux ans, l'association Tikouti a pour objet de contribuer à la promotion de l'enseignement de la LCR (Langue et Culture Régionales de l'île de La Réunion) par la création, la publication et la diffusion de tout matériel pédagogique adéquat.

Les adhérents de Tikouti sont des enseignants de maternelle, du primaire, du secondaire, du supérieur. "Cela ne veut absolument pas dire que nous souhaitons que l'enseignement se fasse

en créole de la maternelle à l'université", précise Laurence Daleau, une des responsables de l'association.

Leur profession de foi fait ainsi ressortir que "la langue et la culture françaises font tout autant partie de l'identité réunionnaise que la langue et la culture créoles" et que "l'enseignement du créole ne va pas à l'encontre de celui du français. Créole et français sont des langues partenaires".

Face à la question linguistique le projet d'action de Tikouti est donc culturel et pédagogique.

Pour en savoir plus sur l'association, ses actions, ses documents et ses publications, une adresse internet : http : //www. tikouti. net


Extraits

Lièv i sava bal - Lièvre au bal

Le Roi la-fé bate tanbour : li fé in gran bal po toute zanimo.

Po toute zanimo ?

Preske toute : po toute çat néna la korne, rienk çat néna la korne.

(…)

Lièv, in pti zène-zan karnér, li. Dann son vativien, li pran konésanse linvitasyon le roi. E li, bal, li yème ça !

Lièv i ariv devan le salon, li louk in kou en ndan : rienk grann gense ! Li akoute : lorkèsse, la mizik ! Séga i sème le son ! Malouya i roule malër ! Anplis le dansé ! La patte i pil, le rin i roul ! Plato salade i passe : zoli salade bien tann, bien pomé, bien fré. Anplis partou zoli pti zanimèl - manmzèl-zanimo, si ou i préfér ! Zoli zanimèl, en zizite, en ponponète, en roz bonbon ! Lièv i mazine :

"Ayayay, oukilé amoin-la !"

Le Roi a fait battre tambour : il donne un grand bal, un bal pour tous les animaux.

Tous les animaux ?

Presque tous : tous ceux qui ont des cornes, rien que ceux qui ont des cornes.

(…)

Lièvre est un petit jeune homme fringant. Lors de ses allers et venues, il prend connaissance de l'invitation du roi. Et lui, Lièvre, le bal, il aime ça !

Il arrive devant la salle de bal, il y jette un oeil : rien que du beau monde ! Il écoute : l'orchestre ! La musique ! Des ségas endiablés, des maloyas d'enfer ! Et la danse ! Les pieds qui pilent, les reins qui roulent ! Et les plateaux de salade qui passent : de la jolie salade, bien pommée, bien tendre, bien fraîche.

Et partout de magnifiques animelles - des demoiselles-animaux, si tu préfères. Des animelles en beauté, pomponées, poudrées, fardées.

"Oh la là ! se dit Lièvre. Je m'y vois déjà !"

"Anplis partou zoli pti zanimèl - manmzèl-zanimo, si ou i préfér ! Zoli zanimèl, en zizite, en ponponète, en roz bonbon !


Donovan Victoire, danseur

Une étoile en devenir

En avril dernier, au Concours International de Danse, Région Sud, qui a eu lieu en France, l'unique participant mauricien, Donovan Victoire, évinçait les 699 autres danseurs venus d'Europe et d'ailleurs. Il décroche alors la médaille d'or. Bientôt 17 ans, Donovan Victoire évolue à l'école de danse (EPSE) de la chorégraphe Anne-Marie Porras à Montpellier depuis un peu plus de deux ans. "Adopté" par le danseur étoile Rudy Bryans, Donovan Victoire, vise un diplôme d'Etat en classique moderne. Suivant ainsi les traces de son frère, Stephen Bongarçon. Sous l'œil bienveillant de Rudy Bryans, Donovan se prépare aussi à passer les auditions en vue d'intégrer la compagnie de Maurice Béjart…

C'est l'histoire peu ordinaire d'un garçon qui croyait que son avenir serait plus ou moins… ordinaire ! Cette histoire est celle de Donovan Victoire, bientôt 17 ans. Il y a cinq ans, il se voyait danseur dans le circuit hôtelier. C'est dans cet univers, où paillettes et strass, costumes colorés et tenues tropicales sont de rigueur pour les chorégraphies les plus variées, que Donovan Victoire se voyait évoluer. D'ailleurs, c'est dans ce circuit qu'il a fait ses premiers pas. Il avait alors à peine 13 ans ! Il pensait aussi à cette époque faire un métier en parallèle. "J'aimais les travaux manuels. J'adorais poser les carreaux", confie l'adolescent. Mais, un jour, une chance inouïe s'est présentée à Donovan. Une audition, suivie d'une sélection le mène à Paris. Il y intègre une école de danse. Notamment l'AID, école internationale de musique, chant, danse, mime et de théâtre. Dans cet établissement, réservoir de prédilection pour un certain Kamel Ouali, des élèves les plus talentueux sont sélectionnés pour des comédies musicales : entre autres Le Roi Soleil. Puis, comme il le dit, Donovan Victoire "descend" à Montpellier où l'attendent la chorégraphe Anne-Marie Porras et Rudy Bryans.

La diversité, son atout

Danseur étoile, maître de scène, Rudy Bryans est un nom, une référence dans le monde de la danse. "Depuis, Donovan est comme un fils pour Rudy Bryans. Aussi bien pour Anne-Marie Porras. Ils aiment dire que nous sommes leurs fils mauriciens !", lance Stephen Bongarçon, le frère de l'adolescent. Lui-même, animant des ateliers de danse fusion à l'école du couple Porras/Bryans, Stephen Bongarçon a été formé à Montpellier et détient depuis son passage, un diplôme d'État français en danse contemporaine. Après presque trois ans à l'école d'Anne-Marie Porras, Donovan Victoire s'apprête à passer au niveau professionnel, en octobre prochain. Comme son aîné, il veut aussi décrocher un diplôme d'État. Mais Donovan voit plus loin. Il vise la compagnie de Maurice Béjart ! C'est dans la troupe, sélecte, du plus grand qu'il veut faire carrière et fouler les scènes les plus prestigieuses d'Europe. Pour y arriver, Donovan Victoire se prépare déjà. C'est sous le regard bienveillant et les conseils de Rudy Bryans que le jeune mauricien peaufine technique et expression. Le travail est dur et les sacrifices sont exigeants. Pour être retenu et faire partie de la compagnie Béjart, la compétition est rude. "J'ai la chance de maîtriser plusieurs styles : indiens, contemporain, jazz, hip-hop, et j'arrive à les fusionner sans problème. Ceci est un atout et peut jouer en ma faveur", explique Donovan Victoire. Car même si en avril dernier, lors du Concours International de Danse, Région Sud, il a évincé 699 participants venus d'Europe pour décrocher la médaille d'or, le Mauricie, sait qu'intégrer la compagnie Béjart ne sera pas chose aisée.

De Carmen à La Belle Hélène

Depuis qu'il a mis le cap sur l'hexagone, en 2003, Donovan Victoire revient à Maurice pour la première fois. Le petit garçon de 10 ans, qui voulait le jour des fiançailles de son frère, Stephen, s'essayer au hip-hop et qui a fait sa première télé au concours Ti Mambo, est devenu grand… Aujourd'hui, sa vie est rythmée par la danse où le classique contemporain tient une grande place dans son quotidien. Scolarisé à Montpellier, Donovan Victoire, jongle entre les études et ses cours à l'EPSE, l'école d'Anne-Marie Porras. Trop modeste pour confier qu'il arrache souvent des larmes au jury qui scrute ses moindres mouvements et expressions lors des examens de fin de trimestre, Donovan écoute son frère raconter cette anecdote. "J'ai eu l'occasion de le voir danser à l'école et j'ai vu des membres du jury émus au point d'avoir la larme à l'œil en regardant Donovan danser !" Avec en moyenne 18 sur 20, le jeune mauricien reste de loin un des meilleurs éléments de l'école. Ce qui l'a propulsé sur différentes scènes où il a exécuté des solos. "Lors des examens internes, des producteurs de spectacles sont toujours dans les parages. Ils viennent chercher les meilleurs pour monter des spectacles. C'est comme ça qu'en avril dernier j'ai pu jouer dans La Belle Hélène, mise en scène par Bruno Agati, autre chorégraphe connu. Il y a eu San Francisco Ballet dirigé par Elvis Thompson et Carmen, sous la férule de Jean-Paul Scapita", raconte Donovan Victoire. Et ce dernier de confier qu'il rêve un jour d'être à l'affiche de Don Quichotte, Le Corsaire…


CD

Séga Final, Shè Ra

L'une est Shévrine Étiennette et l'autre, Rachel Appapoulay. Et lorsque les deux demoiselles se retrouvent en studio le temps d'un album, le duo devient Shè Ra. Depuis deux semaines, les deux jeunes femmes ont débarqué en force dans les bacs avec Séga Final. Si elles ont été mises en lumière et flirte sur les ondes grâce à cet album, il faut dire que Shè Ra est loin d'être novice dans le circuit. Choristes, elles ont accompagné une pléiade d'artistes et participé sur de nombreux albums. Avec l'expérience acquise tant sur les albums que dans le secteur hôtelier, il était temps pour les deux jeunes femmes de faire leur preuve autrement. Et c'est Gérad Louis, qui depuis quelque temps déjà était à la recherche de nouvelles voix féminines, qui leur offre l'occasion de se défendre sur Séga Final. Le musicien, avec la collaboration de Dallon leur propose quatre morceaux respectivement. Du séga d'ambiance et tout ce qu'il faut comme ingrédient pour en faire un album chaloupé, Séga Final renferme Guetté ki metté, Frédérik, Lamour nou deux, Li pa pou nou…


Décédé le 6 septembre dernier

Pavarotti : la superstar planétaire de l'art lyrique n'est plus

Le célèbre chanteur d'opéra Luciano Pavarotti est décédé jeudi dernier, 6 septembre, à 71 ans, dans sa ville natale de Modène, dans le nord-est de l'Italie, à l'issue d'un long combat contre le cancer. Plus encore qu'Enrico Caruso et Maria Callas, Luciano Pavarotti s'était imposé, grâce à sa voix unique, comme la superstar planétaire de l'art lyrique. Sortant l'opéra de son carcan "élitiste" pour lui donner une popularité inégalée.

Né à Modène le 12 octobre 1935, Luciano Pavarotti est fils d'un boulanger italien, par ailleurs ténor remarquable et vedette de la chorale locale. Luciano, lui, se destine initialement à l'enseignement. Mais ayant découvert qu'il a, lui aussi, une voix, il travaille avec le ténor Arrigo Pola et en 1961, âgé de 25 ans, il foule pour la première fois les planches en professionnel, en incarnant Rodolfo, héros de La Bohème de Giacomo Puccini, au Teatro Municipale de Reggio nell'Emilia. C'est ce même rôle qui lui permettra d'accéder véritablement à la notoriété en 1963, un soir où, à Covent Garden, il est appelé à remplacer, à la dernière minute, le ténor Giuseppe di Stefano. Sa prestation enthousiasme public et critique. Dès lors, on ne l'arrêtera plus, et les portes des salles les plus prestigieuses s'ouvrent devant lui. En 1972, il crée le délire au Metropolitan Opera de New York en enchaînant sans difficulté les neuf contre-uts de l'air "Ah mes amis, quel jour de fête" de La fille du régiment de Donizetti.

Une voix solaire et lumineuse

S'il n'a jamais caché qu'il ne savait pas lire une partition, Pavarotti impose sa réputation par "son remarquable instinct musical, la beauté solaire de son timbre, la luminosité de sa voix, la spontanéité de son chant", pour reprendre les termes de Michel Parouty.

Sa réputation déjà bien établie dans le monde de l'opéra, l'imposant ténor à la barbe noire, surnommé "Big P", "Lucky Luciano" ou "Le Tenorissimo", n'aura de cesse de faire sortir ce genre de son carcan "élitiste", chantant aux côtés de ses amis Bono, Sting, Céline Dion, Florent Pagny, Zucchero, Liza Minnelli ou George Michael lors de ses concerts caritatifs baptisés "Pavarotti and Friends".

Son concert dans les majestueuses ruines des thermes de Caracalla à Rome, à l'occasion de la Coupe du monde de football disputée en Italie en 1990, le propulse au rang de superstar planétaire. Ce concert, suivi à la télévision par 800 millions de personnes à travers le monde, fait exploser les ventes de disques d'opéra et permet à l'air "Nessum dorma", extrait de l'opéra Turandot de Giacommo Puccini, de trouver une place inattendue parmi les autres chants dans les stades.

Déjà père de trois filles, Pavarotti avait épousé en 2003 Nicoletta Mantovani, son assistante, de 34 ans sa cadette. Celle-ci, enceinte de jumeaux, ayant donné naissance à un garçon mort-né, le chanteur affligé avait reporté toute son affection sur la petite fille survivante, Alice, pour laquelle il avait enregistré Ti Adoro (Je t'adore), son premier album solo depuis quinze ans.

De sérieux problèmes de santé

De sérieux problèmes de santé, certains dus à son poids, perturbaient l'activité du chanteur depuis quelques années. En 2004, à New York, il avait fait ses adieux officiels à la scène dans La Tosca, et se limitait à quelques récitals pour une tournée d'adieu.

Sa dernière prestation en public remonte finalement à février 2006, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Turin. En juillet 2006, il est opéré à New York d'une tumeur au pancréas, puis se retire dans sa villa de Modène et annule, quelques mois plus tard, sa première apparition en public depuis l'intervention.

"Il était resté optimiste, il était certain de pouvoir surmonter la maladie et était déterminé à revenir sur scène pour pouvoir achever sa tournée d'adieux", raconte son agent. Selon lui, Pavarotti projettait de terminer un enregistrement de chants sacrés et de dévoiler la prochaine étape d'un concours international portant son nom destiné à révéler les plus belles voix. Pavarotti, qui avait créé il y a deux ans une école pour jeunes chanteurs à Modène, donnait par ailleurs, jusqu'à encore quelques semaines avant sa mort, plusieurs heures de cours par jour dans sa villa de vacances à Pesaro, sur la côte adriatique.

L'annonce du décès de Pavarotti, le 6 septembre dernier, a créé une émotion internationale. Depuis jeudi dernier, un flot ininterrompu d'admirateurs et d'afficionados a défilé dans la cathédrale de Modène où sa dépouille mortelle a été exposée jusqu'à ses funérailles prévues pour hier après-midi.

Pavarotti n'est plus. Mais il nous laisse en tête des airs inoubliables et des disques et DVD figureront toujours parmi les best-sellers du lyrique.


Ils disent de lui…

° "Il est l'un des rares artistes à avoir touché la vie des gens de tous milieux à travers le monde. À travers les nombreuses émissions auxquelles il a participé, ses enregistrements et ses concerts, il a fait connaître l'extraordinaire puissance de l'opéra à des gens qui peut-être n'auraient jamais connu l'opéra ou le chant classique. En faisant cela, il a enrichi leurs vies", souligne dans un communiqué le Royal Opera House de Covent Garden, à Londres.

° "Il y avait des ténors, et puis il y a eu Pavarotti", souligne le réalisateur italien Franco Zeffirelli.

° Resteront inoubliables "sa voix divine" et son sens de l'humour, déclare le ténor espagnol Placido Domingo, qui avait chanté aux côtés de Pavarotti et de Jose Carreras dans le cadre de la tournée des "Trois ténors".


Unique incursion à l'écran

Au milieu de tous les triomphes éclatants enregistrés en tant que chanteur, Luciano Pavarotti ne connut qu'un seul échec. Il eut pour nom Yes, Giorgio, film de Franklin J. Schaffner tourné en 1982, unique incursion du ténor à l'écran.

Avec plus de succès, Pavarotti s'était aussi, depuis 1988, intéressé à la mise en scène, avec La Favorite de Donizetti (Venise, 1988) et La Bohème (Fano, 2004).


Automobile

Toyota : 70 ans et No. 1 mondial

Le Japonais Toyota, ancien fabricant de métiers à tisser, reconverti dans le moteur à explosion, a fêté, mardi dernier, ses 70 ans après s'être offert avec un peu d'avance un beau cadeau d'anniversaire: la couronne de premier constructeur automobile mondial. Il devance ainsi le géant américain General Motors.

Géant industriel au succès écrasant, inventeur d'un système de production, le "toyotisme", imité dans le monde entier, pionnier des moteurs hybrides et d'autres technologies "propres", Toyota reste aussi une entreprise typiquement japonaise qui cultive les traditions d'égalitarisme et d'humilité.

Tout au long de son histoire, ce groupe automobile a su se détacher du lot. Il a été fondé officiellement le 28 août 1937 par Kiichiro Toyoda, héritier d'une famille de magnats de l'industrie. Son père, Sakichi Toyoda, avait été l'inventeur d'un métier à tisser automatique en 1924. Toutefois, la famille Toyoda a préféré le nom "Toyota ", la lettre T, écrit en japonais, portant bonheur.

Passionné d'automobile, Kiichiro parcourt l'Europe et les États-Unis pour enquêter sur ce moyen de locomotion et importer la technologie au Japon. Il fonde d'abord une division auto au sein de l'entreprise de métiers à tisser familiale en 1933 puis, quatre ans plus tard, fonde Toyota Motor Corporation.

Aujourd'hui, basé à Toyota City, près de Nagoya (centre), le groupe est la plus grosse entreprise du pays en termes de chiffre d'affaires, de bénéfices, d'employés (286.000) et de capitalisation boursière. En 2007, il prévoit même de produire 9,42 millions de véhicules, ce qui devrait confirmer son titre de premier constructeur mondial, qu'il a dérobé à l'américain General Motors. Ironie du sort, Toyota fête cette année ses 50 ans de présence aux États-Unis, devenu son marché numéro un.

Selon les médias, Toyota prévoit de franchir en 2009 la barre des 10 millions de véhicules produits, une première mondiale pour un constructeur. Un succès que le groupe doit avant tout au fameux "toyotisme", philosophie basée sur le principe d'amélioration continue le traitement immédiat de tout problème et l'élimination totale du gaspillage. Au prix d'une gestion à flux tendu des effectifs, critiquée par les syndicats à l'étranger.

Le fondateur Kiichiro Toyoda, constamment améliorée par ses successeurs et adoptée avec plus ou moins de succès par de nombreuses sociétés de tous secteurs dans le monde, la "méthode Toyota" se double d'une stratégie commerciale particulièrement flexible. Cette stratégie se fonde toujours sur la philosophie du premier responsable des ventes du groupe, Shotaro Kamiya, débauché chez… General Motors en 1935, deux ans avant la naissance de Toyota. "Pour offrir au consommateur une vraie satisfaction, nous devons être flexibles et répondre aux changements des besoins des clients", déclarait Kamiya, dont l'une des devises était: "Le client d'abord, le concessionnaire ensuite, le constructeur enfin."

Cette culture d'entreprise rigoureuse, réactive et à l'écoute des usagers a permis à Toyota de prévoir avec une bonne longueur d'avance sur ses concurrents l'engouement mondial pour les voitures "propres" et économes en carburant, une stratégie à la clé de son foudroyant succès. Autre particularité: la présence très forte des vertus nippones traditionnelles, notamment l'égalitarisme. À titre d'exemple, les augmentations de salaires sont les mêmes pour tout le monde, du PDG à l'ouvrier de base.

La modestie est également de mise. Le vice-président, Akio Toyoda, avait déclaré: "Il existe un conte à propos de trois dentistes: le premier affirme sur son enseigne qu'il est le meilleur dentiste du monde. Un autre qu'il est le meilleur du pays. Le troisième dit qu'il est le meilleur de la ville. Finalement, les patients choisissent le meilleur dentiste de la ville. Je dis toujours: soyons le meilleur constructeur automobile de la ville".


43 ans à Maurice…

La marque Toyoya est présente à Maurice depuis 43 ans. C'est en 1964 que la compagnie Beechand and Co Ltd qui, après avoir obtenu la représentation exclusive de la marque automobile dans l'île, commence à importer les premiers véhicules de la marque Toyota. L'année dernière, la même marque est passée sous la bannière de Toyota (Mauritius) Ltd qui compte aujourd'hui deux showrooms dans l'île, notamment à Vacoas et Port-Louis. Le concessionnaire propose aujourd'hui une gamme (Yaris, Corola, Avensis, Crown, Hilux, Raider etc.) de véhicules de la marque Toyota, allant des petites cylindrées aux grosses, en passant par les minis vans et véhicules utilitaires (2x4 et 4x4). Toyota est un des leaders automobile à Maurice étant constamment en concurrence avec une autre japonaise, Nissan. Durant ces treize dernières années, Nissan est resté on "top". Ces deux marques représentent plus de 40% des parts du marché. Selon les derniers statistiques, Toyota occupe 19% des parts du marché. Son Managing Director, Arvind Issur, se dit confiant que Toyota a encore de beaux jours devant lui.


Au salon de Francfort: Soupçons de plagiat sur un constructeur chinois

Présenter en Allemagne des copies de voiture allemande ? Ce n'est pas une blague mais le pari d'un constructeur chinois. Il se défend bien entendu de fabriquer des "copies". Mais les Allemands sont furieux…

Les Chinois avaient fait une première apparition à Francfort, le plus grand salon automobile du monde, il y a deux ans, avec trois constructeurs. Cette année, ils seront quatre à présenter leur modèle au public du 13 au 23 septembre. Mais cette participation fait déjà grincer des dents en Allemagne. Car l'un d'entre eux, Shuanghuan, doit dévoiler deux modèles qui rappellent fortement la petite citadine Smart Fortwo de DaimlerChrysler et une ancienne version du tout-terrain X5 de BMW, dont la production a été abandonnée l'an dernier. Du coup, les groupes de Stuttgart (Sud-Ouest) et de Munich (Sud) sont montés au créneau cette semaine, brandissant la menace de poursuites judiciaires.

"Nous examinons en ce moment toutes les options juridiques possibles en Europe et en particulier en Allemagne contre le (tout-terrain) CEO", a indiqué un porte-parole de BMW à l'AFP en début de semaine. L'avertissement semble avoir été entendu. "Shuanghuan ne prévoit pas d'aller au salon de Francfort ou d'y présenter aucune voiture", a fait savoir un porte-parole en Chine.

Mais l'affaire n'est pas aussi simple. Car le fabricant n'a jamais prévu de présenter en personne ses véhicules à l'IAA, mais a confié ce soin à son représentant pour l'Europe, China Automobile Deutschland. Ce dernier laisse entendre un tout autre son de cloche. "Nous prévoyons, comme avant, d'être présents avec notre stand" et d'y présenter la citadine "Noble" et le tout-terrain "CEO", a déclaré un porte-parole, qui affirme ne pas avoir reçu de contre-ordre en provenance de Chine.


Collectif jeunes

Jammers: Génération spontanée

À travers un vaste éventail d'expressions, les Jammers, un regroupement de jeunes, sont confrontés à leurs propres questionnements mais n'en reste pas moins une passerelle essentielle dans la promotion des arts dans l'île Maurice contemporaine.

Mais qui sont donc les Jammers ? Ils se caractérisent par la force de leur jeunesse et leur spontanéité. Ils sont neuf: Karen, Daniella, Véronique, Jean-Lou, Simon, Sohan, Gilbert, Hashish et Stéfan. C'est lors d'une soirée particulièrement foisonnante de musiques et d'idées à Baie du Tombeau en avril 2005 qu'ils se sont rencontrés et ont décidé de poursuivre des activités à forte dimension sociale et culturelle. Le défi à relever pour le collectif: favoriser l'interaction entre la création locale et les jeunes. À travers différentes stratégies (peinture, sculpture, théâtre, musique, poésie) leurs soirées restent une formidable vitrine de la production artistique locale. Ils interrogent une île plurielle et des cultures en prise avec leur environnement immédiat. Pour preuve, les soirées musicales organisées depuis 2005, des Jam sessions dans leur jargon. Les Jammers vont au-delà de l'échange artistique: "La création d'espaces d'échange ne se résume pas à des clubs de rencontre ou de soutien. La démarche des Jammers se situe dans cette volonté de réduire le fossé entre différentes catégories sociales. Nous n'avons pas la prétention de tout changer, mais nous voulons donner la chance à ceux qui veulent s'exprimer", disent les principaux responsables du collectif. Les activités de Jammers ont donné lieu à de belles rencontres souvent empreintes d'une forte dimension sociale pour aider ceux qui sont en difficultés. Ainsi la Jam Session est un espace ouvert sur l'art, parfois à l'état brut mais dans une ambiance tellement chaleureuse. À la fois musicales et poétiques les Jam Sessions offrent aux jeunes une plate-forme où diverses formations dans différents domaines peuvent se côtoyer et s'enrichir mutuellement. Pour certains ces Jam Sessions sont simplement un espace d'éveil ou de délire musical.

Enn ti soirée seryé pou Xavier ek Donn enn sans lavi

En novembre 2006, les Jammers ont organisé avec la participation d'artistes de renom, Menwar, Eric Triton, Zanzak, Jean-Claude Émilien, une soirée musicale. L'objectif était de lever des fonds pour financer l'opération de Xavier, un adolescent rodriguais atteint d'aplasie médullaire. La manifestation a été suivie d'une opération médiatique pour faciliter une quête publique pour la même cause.

"Donn enn sans lavi", c'est le slogan des Jammers pour faire prendre conscience que la vie est précieuse et qu'il faut lui donner un sens ou une chance. C'est dans ce double contexte que les Jammers ont participé à l'opération Candlelight, initiée par RAPID, à Simé Rel, Rivière du Rempart. Ainsi, ils ont apporté un questionnement à plusieurs niveaux: pourquoi ne pas accorder un certain pouvoir aux habitants de la localité pour qu'ils puissent devenir les acteurs de la soirée; leur permettre de vivre pleinement le slogan "Partaz Twa" à travers différents ateliers de travail.

Les Jammers affirment qu'ils soutiennent toute forme d'action, tout mouvement ou toute activité visant le partage. Ils ont participé récemment à l'exposition organisée par Right Now autour de la liberté d'expression à Maurice.

Le logo de Jammers, ce cœur coloré d'un chaleureux, atteste bien de la volonté du collectif de s'ouvrir et de s'adapter à l'autre mais surtout de communiquer leurs vives émotions.


Finale de Jori No. 1 le 23 septembre à Pailles

Ce sera du jamais vu à Maurice, promet Bijaye Madhou, le DG de la MBC

Après plusieurs renvois, la finale de Jori No. 1, concours de chants organisé par la MBC aura lieu le dimanche 23 septembre, de 14 h à 19 au Centre Swami Vivekananda à Pailles. Des chanteurs étrangers dont les noms n'ont pas été finalisés jusqu'ici animeront le spectacle, a annoncé le directeur général de la MBC, M. Bijaye Madhou. "Ce sera du jamais vu à Maurice", a déclaré le responsable de la MBC avec des jeux de lumière, un décor somptueux et des numéros de chants et de danses époustouflants. La MBC utilisera les décors conçus par les promoteurs des Gold Awards qui auront lieu la veille au même endroit. Des petites modifications sont prévues au niveau du décor avec l'accord des décorateurs étrangers.

800 participants avaient envoyé leur candidature. Seulement 108 ont été retenus pour participer aux 14 préliminaires. Les deux semi-finales ont été âprement disputées et six duos ont été retenus pour la finale. La présentation est assurée par Aditya Lama et Swayamprabha Bauhadoor. Le jury est composé de Belal Lallmohamed, Pratima Ghura, Vishal Mungroo et Sunil Deerpaul. Les participants ont eu à s'improviser sur un morceau choisi par le jury. Ce concours est destiné aux jeunes de 12 à 25 ans.

Les duos sélectionnés pour la finale sont :

Khushboo Kaur Panchoo - Pankaj Mohabeer

Khushboo Kaur Panchoo, encore très jeune voue une grande passion pour la danse classique indienne. Son époux Kevin l'a soutenue tout au long de la compétition surtout en ce qu'il s'agit des répétitions. Son partenaire Pankaj Mohadeer a la musique dans le sang puisque son oncle était également un chanteur réputé.

Bhovidya Sonu Pawan - Akshay Joorun

Bhovidya Sonu Pawan, étudiante au collège Queen Elizabeth, a comme passe-temps favori, la danse. Elle a conquis le jury en dansant sur les airs entraînants de la chanson, Mehbooba Mehbooba de Sholay. Akshay Joorun, son partenaire avec sa voix limpide est sur le point de réaliser le rêve de son père, Ashok Joorun qui n'avait pas eu trop de chance avec la compétition Geet Gata Chal.

Devina Baboobudjnauth - Vishal Rajendranath Mukool

La belle voix de Devina devra lui ouvrir les portes du succès. Elle a séduit le public avec les morceaux, Kehta Hai Dil et Oh Mere Sonare. Son partenaire, Vishal Rajendranath Mukool, policier de profession est un fin danseur.

Maniella Azie - Hemant Jaggapah

Maniella est une véritable déesse de la danse. Elle possède un style et une aisance sur scène dont on se souviendra pour longtemps encore. Hemant Jappapah ne peut que donner le meilleur de lui-même face à son partenaire, rompu au métier de la danse.

Artee Sewduth - Natraj Beekhy

Artee Sewduth est la fille de Vinod Sewduth dont la popularité concernant les chants en bhojpuri a dépassé les frontières. Natraj Beekhy, candidat malheureux de Hum Bhi se retrouve en finale et espère avec sa belle voix conquérir le jury lors de la finale.

Bhavna Rama - Roshan Mahadoo

Bhavna Rama semble être faite pour la danse et ses mouvements gracieux et bien synchronisés laissent entrevoir qu'elle a un bel avenir. Son partenaire Roshan Mahadoo possède beaucoup de sincérité et de générosité dans la voix.


Le 22 septembre à Pailles

Gold Awards récompensant les meilleurs de la télévision indienne

The First Global Television Awards aussi connu comme The Gold Awards, aura lieu le 22 septembre au Centre Swami Vivekananda à Pailles. Le spectacle sera d'une durée de trois heures et demie et l'équipe technique est déjà en place pour la mise en place du décor et des effets spéciaux. Les artistes arrivent à Maurice le 21 septembre et ce show télévisuel sera diffusé le 7 octobre sur la chaîne Zee TV. Environ 300 artistes sont attendus chez nous pour ce grand moment de la télévision qui aura lieu pour la première fois en dehors du territoire indien.

Les vedettes de la télévision indienne fouleront le sol mauricien pour une cérémonie de remise de prix récompensant les acteurs, réalisateurs, metteur en scène ayant brillé dans les séries télévisées. Les vedettes du petit écran ainsi que les chorégraphes et danseurs assureront le spectacle comme cela a été le cas pour le Zee Cine Awards en 2005.

Le Gold Awards est une collaboration conjointe entre les promoteurs Vikaas Kalantri et Pooja Ghai de White Leaf Entertainment et Anuj Saxena de Maverick Productions Private Limited . Le jury sera composé des célébrités comme Ravi Chopra (directeur), Mithun Chakravorty (acteur), Rati Agnihotri (actrice), Poonam Dhillon (actrice), Amod Sharma, le directeur d'Air India et Gita Hari, journaliste de Gold Magazine.`

Les billets sont déjà en vente sur le rézo Otayo. Les prix sont, Gold: Rs 5000, Silver: Rs 2 500, Bronze: Rs 1000.

Gold Awards Nominees

POPULAR CATEGORY

BEST ACTOR

1. Shakti Anand - Nikhil Smarth

(Ek Ladki Anjani Si)

2. Rajeev Khandelwal - Captain Rajveer

(Left right Left)

3. Varun Badola - Sandip

(Ek Chabi Hai Pados Mein)

4. Hussain - Sumit Wadhva

(Kumkum)

5. Apoorva Agnihotri

(Kaajal - Dev Pratap Singh)

BEST ACTRESS

1. Raj Shree Vaidya - Saloni

(Saat Phere… Saloni Ka Safar)

2. Smriti Irani - Vasudha Raisighanya

(Viruddh)

3. Benaf - Baby

(Ba Bahu Aur Baby)

4. Juhi Parmar - Kumkum

(Kumkum)

5. Reena Kapoor - Pari

(Who Rahne Wali Mehlon Ki)


Cinéma

Darling

Thriller de Ram Gopal Varma.

Avec Fardeen Khan, Esha Deol, Isha Koppikar.

Ce triangle d'amour parvient par son dépouillement et un ton presque insolite à retenir l'intérêt du spectateur. L'histoire d'amour entre un homme, sa femme et sa maîtresse est bien connue et le cinéma indien est un de ceux qui l'a sans doute la plus utilisée. La qualité de l'interprétation l'emporte aisément sur les artifices d'un scénario où on reconnaît mal la marque de fabrique de Ram Gopal Varma. L'atmosphère oppressante dans laquelle plongent les principaux protagonistes après la mort de Esha Deol et la bande originale signée Himesh Reshammiya et Pritam sont les autres atouts de ce film. Tous ces personnages enchevêtrés donnent corps à une intrigue psychologique bien-pensante.

Darling raconte l'histoire d'un couple pas comme les autres. Aditya Soman (Fardeen Khan) est un jeune cadre menant une vie tranquille auprès d'Ashvini (Isha Koppikar), femme au foyer, qui le couvre de bonheur. Aditya est également aux petits soins pour son enfant en bas âge. Un mauvais vent va s'abattre sur le couple lorsque la secrétaire de Aditya, la sulfureuse Gita Menon (Esha Deol), s'immisce dans la vie du couple. Aditya ne pouvant contrôler sa passion a une liaison amoureuse avec Gita. Celle-ci tombe enceinte et veut que Aditya quitte le toit conjugal pour vivre avec elle. Au cours d'une dispute, Gita meurt accidentellement. Alors que tout semble rentrer dans l'ordre, le fantôme de Gita resurgit et commence à troubler Aditya. Cette jeune femme au cœur blessé veut briser l'équilibre de sa vie conjugale. Aditya angoissée, est en proie à l'incompréhension et au désastre psychologique. La maîtresse possessive rôde dans la maison et Ashvini qui ne comprend rien à ce qui arrive à son mari ne peut accepter que son mari soit en proie à des crises de désespoir. La fracture du couple est imminente. Des réactions en chaîne provoquent la montée de la paranoïa.

Darling bénéficie d'une bande musicale signée Himesh Reshammiya et Pritam. Les morceaux, Tadap, Tadap, Akele Tanha et Sathiya par Adnan Sani et Pritam sont très populaires auprès des mélomanes. Dans Darling, la peur est omniprésente et Ram Gopal Varma, un spécialiste du genre fait monter l'adrénaline. Il récidive car Kaun et Bhoot ont connu des succès au box-office.


Toujours à l'affiche

Ram Gopal Varma Ki Aag

Film d'action de Ram Gopal Varma.

Avec: Amitabh Bachchan, Ajay Devgan, Prashant Raj, Sushmita Sen.

Babban (Amitabh Bachchan) est un bandit de la pire espèce qui est connu pour ses atrocités. C'est aussi un psychopathe, un dur à cuire que la ville de Mumbai ne serait que trop heureuse de s'en débarrasser. Mais cet homme sans scrupule se terre dans les touts à l'égout et les ruines. Il traîne sa silhouette dans les quartiers chauds et sème la mort sur son passage. Il veut s'approprier d'un terrain occupé depuis longtemps par les artisans de la ville. Ceux qui le défient sont voués à une mort certaine. L'inspecteur Narashimha (Mohanlal) est plus que déterminé à débarrasser la ville de cette ordure. Il parvient à arrêter Babban mais celui-ci parvient à s'échapper. La vengeance de Babban sera terrible. Il tue les proches de Narashimha et comme il est un sadique, il trouve beaucoup de plaisir à sectionner les doigts de l'inspecteur. Au cours de la fusillade, Durga Devi (Sushmita Sen) perd son mari. Ayant pris sa retraite de la police, le regard de Narashimha pose sur Raj (Prashant Raj) et Hero (Ajay Devgan), deux jeunes venus chercher fortune en ville. Il y a aussi dans cette histoire, Ghungroo (Nisha Kothari), la seule conductrice de rickshaw de Mumbai.

Si Sholay, le film culte de Ramesh Sippy avait frappé fort en 1975, cette deuxième mouture de Ram Gopal Varma est décevante à plus d'un titre. Les acteurs ne sont guère convaincants et la musique de A.R. Rahman est insipide.

Dhamaal

Comédie de Indra Kumar

Avec: Sanjay Dutt, Arshad Warsi, Riteish Deshmukh

Derrière un fait divers meurtrier se dessine le profil de cinq personnages, l'inspecteur de police Kabir Nayak (Sanjay Dutt), Roy (Riteish Deshmukh) détective privé, Aditya (Arshad Warsi) musicien raté, Manav (Javed Jaffrey), l'idiot de service et Boman (Ashish Chowdhry), personnage sympathique mais qui attire sur lui toutes sortes de problèmes. Roy, Aditya, Manav et Boman sont heureux dans leurs rôles de petits truands jusqu'au jour où ils tentent de sauver Bose (Prem Chopra), un bandit notoire. Ce criminel est aussi recherché depuis dix ans par l'inspecteur Kabir Nayak. Alors qu'il est sur le point d'accomplir sa mission, il découvre Bose, mort. Il oriente son enquête vers le quatuor de malfaiteurs…


Recette

A l'heure du Ramadan

À la veille du Ramadan, Mansoora Issany, nous rappelle que la cuisine durant cette période de recueillement doit être généreuse et être synonyme de partage. Avoir toujours un couvert en plus à sa table pour le voisin ou celui qui passe est un devoir. Qui aime cuisiner, nous dit Mansoora Issany, figure connue dans le milieu culinaire, cultive l'altruisme. Et comme l'alimentation tient une place spécifique durant le Ramadan, aussi, à l'heure de l'Iftaar, conseille-t-elle, qu'il est important de manger équilibré et sain. Mais, rien n'empêche de se faire plaisir et de varier les repas. D'ailleurs, n'est-il pas astucieux de préparer une liste de menus pouvant être préparés chaque après-midi après l'appel du Muezzin ? Soupes, potages, galettes, petits gâteaux, mousses aux fruits… autant de recettes qui peuvent varier les repas de l'après-midi. Et si le lait se fait rare sur les étagères, pour l'incontournable alouda, celui-ci peut être, alors, remplacé par du oat mill, lequel est mélangé à de l'eau du jus de citron et tokmaria. Autre recette qui serait assurément appréciée à l'heure de l'Iftaar : farata sucré. Pour cela, il suffit de préparer le farata avec de la farine, du yaourt et du mantègue et cuire selon la méthode traditionnelle. La galette est ensuite farcie de carotte râpée, cuite dans du sucre, du lait et de l'élaïti. Il faut laisser sécher la farce avant utilisation. Après avoir mangé équilibré durant le Ramada, rien n'empêche de se faire plaisir le jour de Eid Ul Fitr avec l'inconditionnel briyani et des gâteaux sucrés…


Galettes de crème de maïs

Vous pouvez étaler la pâte sur un plateau allant au four. Enfournez pendant 15-20 minutes. Coupez selon les formes désirées ou avec un emporte-pièce.

Ingrédients : 150 g de poulet coupé en petits morceaux, 250 g de crème de maïs, 1 oeuf, 2 c. à soupe de farine (self-raising), 1-2 piment vert, 1 botte de cotomili, 1 petit oignon, thym, persil, 1/2 c. à soupe de purée d'ail et gingembre, 1 c. à soupe d'huile d'olive, sel et poivre.

Préparation : Dans un bol, bien mélanger le poulet, une pincée de sel, du poivre (à volonté), la purée d'ail et de gingembre, l'œuf, la crème de maïs, l'huile, l'oignon coupé finement, les herbes et le piment coupé en petits morceaux. Incorporez la farine. Mélangez. Dans une poêle chaude et légèrement huilée, étalez de petites boules de pâte à l'aide d'une cuillère. Cuire les deux côtés.


Poulet au paprika (sans matière grasse)

Vous pouvez remplacer les filets par des morceaux de blanc et le paprika par du tandoori.

Ingrédients : 150g de filet de poulet, un pot de yaourt nature, 1/2 c. à soupe de maïzena, 1 c. soupe de poudre de paprika, 2-3 gousses d'ail écrasées, 1 c. à soupe de pâte de piment rouge, 20g de grains de sésame, le jus d'un citron pressé et du sel.

Préparation : Marinez les filets avec le sel, le jus de citron et le paprika. Chauffez une poêle, cuire le poulet sans le griller. Réservez. Dans la même poêle, sautez les grains de sésame, l'ail. Remuez. Ajoutez la pâte de piment. Remuez. Mélangez un peu de yaourt et la maïzena. Incorporez à la préparation et remuez. Ajoutez les filets et le reste de yaourt. Laissez mijoter pendant quelques minutes.


Feuille de chou farcie aux légumes, dans sa sauce de curry

Le chatini coco peut être remplacé par une salade de tomate ou un chatini de cotomili.

Ingrédients : Un chou moyen, 50-100g de légumes coupés en petits dés, un petit poivron, 50g de fromage râpé, 2 c. à café de pâte de tamarin, 1/2 c. à café de purée d'ail et de gingembre, 1 c. à soupe de poudre de massala, 200g de purée de tomate, 1/2 c. à café de sel, 1 c. à café de miel, du piment vert, un peu de chatini coco.

Préparation : Blanchir le chou entier dans de l'eau salée et bouillante ou pendant une 1/2 heure dans de l'eau salée et tiède. Dans un saladier, salez les légumes, ajoutez le chatini coco et le fromage. Mélangez. Effeuillez le chou. Farcissez chaque feuille de légumes et enroulez. Ramenez les rebords sur le centre et collez avec un peu de farine délayée dans de l'eau. Verser un filet d'huile d'olive dans un wok. Chauffez. Faites revenir les feuilles, sans les cuire. Réservez une fois dorées. Dans le même wok, roussir l'ail, la poudre de curry, la purée de tomate et le sel. Ajoutez le poivron coupé en lanières et le piment coupé. Diluez le tamarin et versez dans le wok. Remuez. Si la sauce est trop épaisse, ajoutez un peu d'eau, ensuite le miel et les feuilles de chou. Laissez mijoter pendant 10 minutes. Parsemez d'oignons frits avant de servir.


Astuce

Pour avoir à portée de mains des oignons frits. Râpez des petits oignons et enfournez à 180°c, jusqu'à ce qu'ils caramélisent. Ils prennent alors une couleur dorée. Laissez sécher et conservez dans un bocal hermétique. Ils se conservent pendant un an !


Page d'Histoire

Le "Cher Pont" de la Grande- Rivière Nord Ouest

Dans leur incroyable soif de mettre la main sur tout ce qui est fer et qui ne connaît pas de bornes, des voleurs ont eu le culot, récemment, d'enlever des pièces du pont suspendu désaffecté de la Grande- Rivière Nord Ouest pour ensuite les revendre comme de la vieille ferraille. Or, ce pont, qui a longtemps servi au trafic routier entre Port Louis (le chef lieu du pays), les Plaines Wilhems et la Rivière-Noire est chargé d'histoire.

Le pont suspendu de la Grande-Rivière Nord Ouest avait remplacé en 1846 un ancien pont de bois, avant d'être lui-même mit hors d'usage par celui, entièrement bétonné, en service de nos jours. Un poète l'a même chanté…

Selon Léon Huet de Froberville, collaborateur des "Archives de Maurice" en 1922, il n'est guère probable qu'on ait construit sur la Grande-Rivière, un pont quelconque digne de ce nom avant 1769, l'année où l'hôpital civil fut bâti au-delà de la rivière. À l'époque, un ancien pont de bois était situé à environ quatre cents pieds plus bas que le pont suspendu. Le chemin qui y menait est un morceau de la grand-route qui va droit à la rivière, tandis que le chemin qui mène au pont suspendu tourne à gauche (en sortant de Port Louis). Ce vieux chemin, qui était conservé jusqu'en 1922, était appelé le "Chemin des Français" (ndlr : s'y trouvait aussi à l'emplacement où se trouve maintenant le siège du journal Le Défi, un vieux cimetière des Français). Peu élevé, en raison de la nature du terrain de la rive droite, le vieux pont de bois était parfois endommagé et il a pu même être détruit par les crues d'eau. Il fut plusieurs fois réparé et, dans le but d'en diminuer la portée, la rive droite fut comblée sur une assez grande étendue. Mais, cette chaussée ne résistant pas davantage aux fortes crues d'eau, le gouvernement décida, en 1836, d'ériger le pont suspendu que l'on voit maintenant.

Toujours selon de Froberville, c'est le lieutenant colonel J.A. Lloyd, inspecteur général et ingénieur civil du gouvernement, qui fut chargé par le gouverneur britannique Sir William Nicolay de la construction du pont suspendu en fer.

Avant d'être nommé ingénieur du gouvernement, le lieutenant colonel Lloyd, dont les connaissances et l'habilité étaient reconnues, avait fait partie du corps de génie de la Colombie britannique.

Les dimensions du pont de la Grande-Rivière telles qu'elles furent décidées par Lloyd et les dépenses qu'il fallait encourir pour sa construction furent vivement critiquées par des habitants en raison de l'état financier de ce qu'était à l'époque la colonie britannique de l'île Maurice. Commencé en 1837, le pont ne put être achevé qu'en septembre 1846, soit onze années plus tard. Sa longueur totale est de 566 pieds. Il mesure, de culée en culée, 154 pieds, 9 pouces. La partie du pont suspendu, proprement dit, a 170 pieds de longueur et 30 pieds de hauteur. Le reste du creux de la rivière est traversé par un pont de pierre composé de trois arches.

La pont de la Grande-Rivière Nord Ouest fut le premier grand pont construit à Maurice selon Léon Huet de Froberville. Et, s'il est convenu que l'on ne doit pas voir dans cette structure un chef-d'œuvre d'architecture, il faut, selon de Froberville, reconnaître que c'est un beau travail qui a fort bien résisté aux ouragans et aux débordements depuis. Mais, le pont avait coûté tellement (33,000 livres sterlings soit Rs 2 millions au taux de change actuel) que nos pères le désignaient comme "Ce cher pont" pendant sa lente construction et très longtemps après.

Léon Huet de Froberville trouva regrettable qu'on n'ait pas donné une plus grande largeur au pont, afin de permettre à deux voitures d'y passer de front. Mais, en 1837, il fallait se contenter de ces proportions pour ne pas augmenter les dépenses que l'on trouvait déjà très élevées.

La petite prairie sous le pont

Jusqu'en 1922, on trouvait sur le pont un avis gravé sur un carré de bois, appliqué contre une des tours, qui menaçait de peines sévères les piétons qui, au lieu de suivre les trottoirs courant de chaque côté du pont, passeraient par la voie du milieu exclusivement réservée aux voitures. Le pont suspendu avait été plusieurs fois réparé au siècle dernier, mais n'a subi aucune modification.

Fait qui n'avait pas échappé à de Froberville, l'eau de la rivière se divisait autrefois et passait en partie sous le pont suspendu et en partie sous les arches du pont de pierre. L'eau de la rivière, cependant, prenait rarement la seconde direction. L'espace que l'eau ne recouvrait presque plus, formait alors dans le lit même de la rivière, une petite prairie où venaient paître les bœufs de la localité. Cette prairie est la continuation d'un ancien terrain où avaient été érigés des moulins qui appartenaient à la Compagnie des Indes. (ndlr : à nos jours encore il existe des ruines de ces moulins et la petite prairie est également encore là et sert, à l'occasion, de lieu de spectacles en plein air. Toutefois, cet usage culturel qu'on en fait serait bientôt menacé de par sa trop grande proximité avec des lieux de cultes qui y ont fleuri).

Léon Huet de Froberville, qui agrémentait ses chroniques historiques d'un certain lyrisme, fit remarquer que "lorsque appuyé au parapet du pont, toujours éventé de brises, on s'oublie à contempler l'immense lit de la rivière qui mesure plus de quatre cent pieds de largeur". D'un côté, il est presque partout couvert d'arbres, de friches et de rochers, de l'autre, c'est une seule masse liquide qui, paresseusement va se mêler aux eaux marines. Et quel spectacle grandiose et agréable, même aux esprits les moins bucoliques, lorsqu'au temps des débordements, la rivière devient fleuve et se précipite en torrents, couvrant d'une écume blanche la plus grande partie de cette vallée ! De nos jours, elle est morte la verte vallée…

Le chant d'un poète anonyme

Avant de tourner la page d'histoire du pont de la Grande-Rivière Nord Ouest, Froberville (dont il faut se rappeler qu'il écrit en 1922) invita ses lecteurs à écouter chanter un poète anonyme dans les stances suivantes empruntées à une ode

intitulée Le Pont de la Grande - Rivière. L'impression que ressentait ce poète, à la vue du nouveau pont construit par le lieutenant colonel Lloyd était sans doute celle de toute la communauté, pensa de Froberville. Et, si l'on ne découvre pas dans ces stances l'harmonie enchanteresse des vers des grands poètes d'alors, cela n'empêche pas de trouver heureux le parallèle entre le vieux pont de bois souvent emporté par l'immense avalanche et le nouveau pont qui restera pendant des siècles infinis.

Ainsi écrivit le poète anonyme dont d'aucuns croient que ce fut… de Froberville lui-même :

… Autrefois, dans ces jours où la noire tempête

Qu'atirrait sur les monts leur gigantesque crète,

S'y fondait en torrents qui roulaient avec bruits,

Semblant plus menaçant dans l'ombre de la nuit,

promptement emporté par l'immense avalanche

Allait se perdre en mer l'antique pont en planche.

Aujourd'hui sur nos monts d'une sombre couleur

L'ouragan peut venir secouer sa fureur ;

Les eaux peuvent descendre en masses menaçantes

Et la couvrir parfois en leurs cours furieux ;

L'Océan peut, aidant le fleuve audacieux,

Vers toi le repousser pas ses vagues puissantes.

Tu ne tomberas pas ; tous les flots obstinés

Du fleuve et de la mer contre toi déchaînés,

Contre tes bras de fer, contre tes pieds de pierre,

Verront s'anéantir leur écume et leurs bruits

Et, debout, étalant ta masse à la lumière,

tu resteras pendant des siècles infinis.

Léon Huet de Froberville, se désola, dès cette époque, "que la durée que prophétise le poète anonyme pour le pont sera, hélas ! réduite à soixante quinze ans puisque le gouvernement envisageait déjà la question de reconstruire le pont".

Tout compte fait, il n'y eut jamais de reconstruction et le pont de la Grande-Rivière Nord Ouest fut tout simplement fermé à la circulation à la fin des années 1980 parce qu'il était devenu trop fragile et surtout inadapté aux véhicules modernes plus spacieux et à l'accroissement du trafic routier. Fut alors mis en service le pont actuellement en service.

Mais, là n'est sans doute pas une raison pour les voleurs de ferraille de détruire ce qui aurait déjà avoir été décrété un monument historique.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007