United colours des hypocrites !
Voilà une affiche qui n'aura jamais atteint le degré
de scandale soulevé par les précédentes affiches
de United Colours of Benetton et qui, pourtant, chez nous, a fait
l'objet de discussions au Conseil des ministres au point où
elles ont été enlevées des billboards, sur
ordre de quelques hypocrites d'un genre (mâle ou femelle
?) nouveau.
Les différentes campagnes d'affichages de Benetton, depuis
la création du groupe publicitaire, en 1965, ont fait scandale,
justement parce qu'elles se voulaient provocatrices. Derrière
chacune des affiches, il y a des symboles forts qui sont censés
provoquer chez l'opinion publique des réactions. Positives
ou négatives, peu importe, dans la mesure où les
réactions sont là. Voilà l'essentiel derrière
les affichages. "Je suis un immense provocateur",
chantait déjà Léo Ferré.
Du baiser du curé à une nonne, en passant par ce
sein d'une noire allaitant un bébé à la peau
blanche, ou encore cet homme qui étreint un sidéen
sur son lit de mort, ces images - qui n'ont pas été
véhiculées chez nous - ont, certes, choqué
plus d'une âme sensible. Et si, choc il y a eu, c'est que
pour son créateur, Oliviero Toscani, l'objectif a été
atteint: pousser l'opinion à réagir !
Chez nous, les tartuffes qui ont décidé de gommer
la dernière campagne de Benetton ont, par conséquence,
contribué à donner plus de
publicité
à une publicité qui n'en demandait pas moins pour
son rayonnement.
En ce sens, le ministre James Burty David, s'exprimant dans l'édition
du Mauricien d'hier matin, a raison lorsqu'il vient dénoncer
"l'esprit morose et pudibond des censeurs." On peut
regretter qu'il se soit manifesté sur le tard, mais force
est de constater que le directeur de Communication du Parti travailliste
ne saurait s'exprimer en son nom personnel, selon la formule d'usage.
Pour le ministre David, je cite: "Les publicités
Benetton ont l'art de provoquer. C'est une preuve que les concepteurs
ont de l'imagination et de l'audace. En voulant créer une
polémique autour de la récente affiche, certains
esprits étroits n'ont réussi qu'à multiplier
les effets de cette publicité. Tout le monde en parle.
Des journaux l'ont même imprimé gratuitement. Résultat
voulu pour le publicitaire
" , conclut James Burty
David !
Il n'y a pas de meilleure analyse que celle de JBD: Benetton a
réalisé, à Maurice, plus que ce son concepteur
aurait espéré et son photographe, Oliviero Toscani,
devrait être aux anges. Les critiques, eu égard à
ses créations, ont pour objet à le motiver davantage
si l'on en croit les réactions de ses détracteurs.
"Je m'en fous, dit-il, lorsqu'on rejette mes créations.
Au contraire, c'est un grand honneur qu'on me fait
"
Pour revenir, enfin, à l'affiche censurée, les féministes
- dont je fais partie - devraient se réjouir, parce qu'elle
symbolise la suprématie de la femme sur l'homme
Est-ce
cela qui a provoqué l'ire de ces libidineux qui nous gouvernent
? Ne vivons-nous pas, après tout, dans une société
matriarcale et qui faisait dire à Beaumarchais dans Le
mariage de Figaro: "On vient
c'est elle, ce n'est
personne. La nuit est noire en diable et me voilà faisant
le sot métier de mari
"
Et si c'était, là, le message de Beaumarchais à
Benetton
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007
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