é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007



Consommation

Lait en poudre: La crise !

Une crise sans précédent se profile en effet à l'horizon avec les difficultés des importateurs d'approvisionner le marché en lait en poudre. Les files d'attentes dans les supermarchés, chaque client avec une boîte de lait en main, caractérisent cette situation qui, selon les indications, devrait persister au-delà du mois de septembre. Pourquoi ? Les suppliers, principalement en Australie et Nouvelle-Zélande, fournissent à compte goutte, alors que les importateurs eux, font du rationnement. Le plus dur, c'est qu'après cette traversée du désert annoncée dans les semaines à venir, les consommateurs devront payer le lait en poudre encore plus cher. Entre 20% et 30%. Il n'est pas à écarter que certaines marques dépassent la barre des Rs 200 le kilo. Les clignotants sont également au rouge pour nombre de produits de première nécessité, dont les céréales, le riz et l'huile de table. Les prix d'été s'annoncent vraiment chauds !

Si vous êtes là au bon moment, vous avez un peu de chance de vous procurer une boîte de lait dans un supermarché. Aussitôt arrivés, les nouveaux stocks s'épuisent en un clin d'œil. En d'autres termes, c'est la politique de "first come, first served" qui prévaut actuellement dans les différents points de vente, alors que certains gérants de supermarché n'autorisent l'achat que d'une seule boîte de lait, d'autres, notamment à Beau-Bassin, en autorisent deux par personnes.

Ce sont là des signes précurseurs d'une situation de crise que d'aucuns qualifient déjà de "sans précédent" et qui devrait perdurer pendant des semaines. Le ministère du Commerce et celui de la Femme font actuellement une enquête sur le terrain - officiellement étude - pour déterminer le stock disponible actuellement et les tendances observées au cours de ces derniers mois en matière de consommation de lait. Nous en connaîtrons peut-être les résultats dans quelques jours, mais dans l'immédiat, les consommateurs et revendeurs sont beaucoup plus préoccupés par ce manque sur le marché.

"Nous avons commandé 200 cartons de lait mercredi, nous n'en avons obtenu que 40", a indiqué un responsable de supermarché des Plaines Wilhems mercredi matin, "certains clients ne comprennent pas et ils veulent leur lait à tout prix. Ils sont disposés à changer de marque du moment qu'ils peuvent s'approvisionner." Les mêmes réactions sont observées dans d'autres régions, où l'approvisionnement est plus difficile ou impossible: "Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai été au supermarché cette semaine pour essayer d'avoir une boîte de lait, mais en vain. Dans les boutiques, c'est peine perdue. Ils n'en ont jamais", explique une ménagère de la région de Flacq.

Un kilo de lait à plus de Rs 200

Les principaux importateurs indiquent que la livraison de lait est instable depuis ces deux derniers mois. "Nous avons passé nos commandes, mais c'est au niveau de la livraison que le problème se pose. Nos fournisseurs ne nous livrent pas le volume qu'il faut. Les commandes accusent du retard et les marques n'arrivent pas toutes en même temps", fait comprendre un des plus gros importateurs de l'île.

Selon les sources autorisées, certaines marques telles que Farmland, Twin Cow ou encore Green Meadow seront indisponibles pendant les quatre prochaines semaines, alors que les marques telles que Red Cow ou Anchor seront disponibles en très petite quantité. "Cette situation risque de persister jusqu'à fin octobre", ajoute un importateur misant s'approvisionnant du marché européen et australien: "Pratiquement tous les exportateurs sont dans la même situation. Nous n'y pouvons rien. Et les prochains stocks qui arriveront seront accompagnés d'une nouvelle révision de prix. Il y a une nouvelle marque de lait qui vient d'être mis sur le marché. Le prix d'un kilo est fixé à Rs 195. C'est pour dire que nous n'avons aucun contrôle sur les prix."

En sus d'une pénurie annoncée, les consommateurs ne seront pas épargnés d'une nouvelle majoration du prix du lait en poudre vers la mi-octobre. "Ce sera entre 20% et 30% !", confirme le Directeur d'une compagnie importatrice. Pour conclure, plusieurs marques de lait pourraient traverser la barre des Rs 200 le mois prochain, alors que d'autres, dont le prix variait entre Rs 150 et Rs 160, devraient passer à plus de Rs 180.

Les nouveaux prix d'été risquent en effet d'être très chauds d'après les prévisions sur le marché international. Trois produits de base sont tirés dans la spirale inflationniste, l'huile de table, le riz et les céréales. "La dernière révision remonte à juillet dernier. Nous pensons qu'une nouvelle révision interviendra le mois prochain. Ce n'est pas définitif, mais compte tenu de la situation au niveau mondial, où le prix du sunflower par exemple a doublé ou encore la production de soja pour le secteur alimentaire est en baisse, cela devrait automatiquement répercuter sur les prix,", explique Paul Clarenc, directeur général de la Mauritius Oil Refineries.

Les prix resteront durablement élevés…

Du côté des supermarchés, on annonce déjà que l'huile de table locale ou importée devrait enregistrer une hausse variant entre Rs 5 et Rs 10 dès le mois prochain. Cela s'applique également pour les céréales. À titre d'exemple, les céréales en provenance d'Allemagne devraient connaître une importante majoration selon les dernières indications. Les spéculations se multiplient actuellement sur le marché mondial. Les stocks de blé sont actuellement au plus bas et la récolte mondiale est prévue à la baisse pour cause de sécheresse en Australie et en Ukraine, de pluies en Europe et la demande croissante mondiale, où l'Inde et la Chine figurent en pôle position. La "ruée vers les biocarburants" n'est pas pour faciliter les choses, d'autant qu'une bonne partie des terres qui étaient destinées à la production alimentaire ont été converties pour la production du "pétrole vert."

La situation s'annonce également difficile pour le riz, qui provient majoritairement du Pakistan. Les importateurs indiquent que la nouvelle récolte, moins généreuse, pourrait avoir un nouvel impact sur cette denrée dans les semaines à venir. Quoi qu'il en soit, la production agricole dans le monde arrive difficilement à répondre à la demande. Les différentes analyses se rejoignent donc sur un point: les prix resteront durablement élevés ou la tendance inflationniste enregistrée depuis ces derniers 18 mois est loin d'être ralentie (voir bar-chart). Et les produits les plus concernés sont ceux qui sont le moins transformés dont, la brique de lait, le fromage, le beurre, les pâtes, la viande, les œufs, le poulet. Cest produits, qui viennent de connaître une augmentation pour cause de majoration du tarif d'électricité, ont peu de chances d'échapper à la prochaine flambée des prix. En Europe, déjà, de grandes entreprises, Danone, Nestlé, Lindt ou Lactalis, ont annoncé des hausses de tarifs.


À compter de demain: Hausse moyenne de 11% des bières de Phœnix Beverages Ltd

Phœnix Beverages Ltd, brasseur des bières Phœnix, Blue Marlin, Warsteiner et Guinness, annonce une majoration moyenne de 11% du prix de ces produits à compter demain, 10 septembre. À titre indicatif, le prix de détail recommandé de la cannette (300 ml) de Phœnix passera de Rs 23.00 à Rs 25.00 ; celui de la bouteille (650 ml) de Phœnix passera de Rs 33.00 à Rs 37.50 alors que la bouteille (650 ml) de Guinness se vendra à Rs 40.00 au lieu de Rs 35.00.

La brasserie explique ces augmentations par la "hausse foudroyante" des matières premières au cours de l'année dues, selon Phœnix Beverages Ltd, aux "très mauvaises conditions climatiques" en Australie et en Europe. Outre les hausses du malt et du houblon par 68% et 100% respectivement, la brasserie indique qu'elle a, en sus, dû subir des hausses des éléments d'emballage, du fret et des produits pétroliers.

"Les dures réalités de l'économie globale frappent malheureusement aujourd'hui notre industrie", explique, dans un communiqué, M. Richard Wooding, CEO de Phœnix Beverages Ltd. Le communiqué laisse entrevoir une possible révision prochaine d'autres produits du groupe PBL.


Contrairement au démenti officiel: L'ACIM soutient qu'il y a bel et bien pénurie de lait en poudre

Contrairement au démenti officiel, l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) soutient, après enquête, qu'il y a bel et bien pénurie de lait en poudre suur le marché. Selon cette nouvelle enquête de l'association des consommateurs, il en ressort que sur 24 supermarchés contactés à travers l'île, plus de 66% soutiennent être en rupture de stock de lait en poudre. Sur 23 boutiques contactées, 87% indiquaient, tout aussi, ne pas disposer de stock de lait en poudre.

Par ailleurs, après un calcul "scientifique" de l'incidence de la hausse moyenne de 15% des tarifs d'électricité sur les commerces, l'ACIM s'élève contre la hausse recommandée de Rs 1.50 par logement de boisson fraîche faite aux commerçants par la Shop Owners Association (SOA).

Pour l'ACIM, cette hausse représente 75 fois le coût réel de l'augmentation de l'électricité sur les commerces. Selon le calcul de l'association, l'eau embouteillée de même que les boissons gazeuses ne devraient augmenter, en fait, que dans une fourchette de 3 sous à 9 sous selon le logement de boisson fraîche vendue.



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 9 septembre 2007