p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 2 septembre 2007



  Le leader du MMM vendredi à Beau Bassin—"La population regrette l'équipe SAJ/Paul Bérenger"
  Le MSM réclame la démission du ministre Gokhool—P.Jugnauth : "Vers un conflit permanent entre employés et employeurs"
  Mercredi dernier à Port Louis—Le PM inaugure le Centre des Droits de l'Homme
  Ça va se savoir—Cinq juges de la Cour suprême pour décider du sort d'Hurnam
  Au Centre culturel islamique, vendredi—Navin Ramgoolam confirme sa prochaine visite au Pakistan


Le leader du MMM vendredi à Beau Bassin

"La population regrette l'équipe SAJ/Paul Bérenger"

"La population regrette l'équipe SAJ/Paul Bérenger". Cette déclaration du leader du MMM a été faite lors d'un meeting vendredi. Avant d'y venir, il avait observé que ce qui se passe avec la ferraille, le vol des bancs de la Place d'Armes au nez et à la barbe des policiers de garde devant le Parlement et la tentative de déboulonner le pont de la Grande Rivière Nord Ouest est "symbolique de ce que Maurice est devenue deux ans seulement après les élections générales". "

Dimoune ine joué ar difé et ine remet pays dans la main bann ki ti fini pays-là entre 95 et 2000", a déclaré Paul Bérenger avant de constater que la population regrette l'équipe qu'il formait avec sir Anerood Jugnauth. C'est dans la même foulée qu'il est revenu sur les résultats des dernières élections générales et sur le fait que le peuple mauricien s'est laissé berner par les "promesses de Navin Ramgoolam."

"L'alliance sociale ine gagne par 49%, moins de 50% et nou ti gagne près de 45%, li pa ti beaucoup mais le pays pé paye li beaucoup", a déclaré le leader du MMM. Et de renchérir en prédisant que les prochaines consultations nationales auront lieu "bien avant 2010" et d'en venir à l'éventualité d'un autre 60/0 à la 82 s'il n'y pas de réforme électorale préalable à cette échéance.

Le thème central de l'intervention de Paul Bérenger était que "tout fout le camp dans le pays, kot ou guetter crise, pagaille généralisée, tout en bas-la haut après deux ans au pouvoir de l'alliance sociale". Et il a cité des exemples pour étayer ses propos, en commençant par l'économie avec une inflation qui a doublé en une année et une augmentation de 1,2% pour le seul mois de juillet dernier alors que le ministre des Finances avait annoncé une baisse dès ce mois-là.

Il y a des pénuries partout, a-t-il aussi dénoncé en parlant des fers de construction et en se référant à la fermeture de Desbro, soulignant au passage la désinvolture du gouvernement sur ce dossier mais aussi sur l'industrie sucrière où laboureurs, artisans et petits planteurs feraient les frais du "badinaz" du gouvernement.

"Déclare bhai ar secteur prive éna trois mois, à la hier ine alle à genoux, ine déculotté devant ça même secteur privé-là, ine recevoir dimoune ki li ti zouré éna trois mois", a dit le leader du MMM en guise de commentaire sur la rencontre entre Navin Ramgoolam et Jacques de Navacelle jeudi dernier. Il a aussi estimé que le pays aurait été en banqueroute si l'ancien gouvernement n'avait pas lancé les Integrated Resort Schemes, les Tics et la cybercité et le seafood hub et que l'actuel ne les avait récupérés.

Poursuivant son analyse sectorielle, Paul Bérenger a parlé de l'éducation, qui a été marquée par le problème des frais d'examen, la crise à l'université et la toute dernière qui secoue le Mauritius Examination Syndicate. "Qui va réparer les dégâts causés à ces enfants qui, faute de leurs vrais résultats, ont dû quitter l'école ?" s'est-il demandé.

À la Santé, ce sont les faux médicaments, la pénurie de seringues. Au chapitre du law and order, c'est le Bureau central des statistiques lui-même qui est venu souligner la flambée de la criminalité, un fléau qui frappe les touristes comme jamais auparavant, a souligné l'orateur.

"Le PTr, c'est synonyme de scandales et de corruption", a aussi observé le leader du MMM, qui s'est attardé sur l'affaire Varma qui a dit avoir adressé une seule lettre de demande de travail alors que lui-même a rendu publique celle qu'il a adressée au Medical Council, sur l'affaire St Félix et des terres arrachées d'un investisseur étranger pour les donner à deux employés du secrétaire général du PTr, Deva Virahsawmy, la Beach Authority et sa gestion scandaleuse des plages, l'îlot Gabriel où il y a un véritable pillage.

"Perte de majorité à MT :bel-bel l'argent pé marché"

Bérenger a, sous ce même chapitre, évoqué un autre "mari scandale, la perte de la majorité mauricienne au sein de Mauritius Telecom". "Ena bel-bel l'argent pé marché pour diluer majorité gouvernement et National Pension Fund dans MT", a-t-il allégué avant de revenir sur ses critiques contre le choix de Angidi Chettiar comme vice-président de la République.

Sur les incidents survenus au Parlement, lui aussi "en bas-la haut" avec ce fait sans précédent de "tapeurs de l'Alliance sociale" venus menacer de mort le ministre Anil Baichoo, Bérenger a déclaré : "Bizin koné ki senla derrière çà." Il a estimé "honteux et lâche" que le Premier ministre a soutenu qu'il s'agit de deux agents de feu sir Gaëtan Duval alors que Rosario Draboucon a, déclaration après déclaration, affirmé son allégeance travailliste et ramgoolamienne.

Le leader du MMM s'est aussi interrogé sur les raisons pour lesquelles un des agresseurs a obtenu une caution de Rs 15 000 alors qu'il était déjà sous caution. "Qui est intervenu auprès de la police pour qu'elle n'objecte pas à la caution, çà doit être soit Navin Ramgoolam ou Rama Valayden !" a-t-il soutenu pour dénoncer "le pourrissement de toutes les institutions", y compris les municipalités et les conseils de district.

A aussi été dénoncée la politique "dominer" qui a frappé Shakuntala Jugmohun et d'autres cadres juste après les dernières élections et la mésaventure du conducteur Shanawaz Caunhye, "enn ti zeness ki fine accusé de attempt at murder parski line refuse cède la place à son altesse Rashid Beebeejaun." "Aster ou pou bizin al à genoux dan la croisée kan son altesse traversé. Sa kalité l'arrogance, dominer, abus de pouvoir là jamais ine éna coumsa !" a-t-il observé en y incluant aussi les marchands ambulants.

Après avoir aussi critiqué le caractère "injuste et discriminatoire" du NRPT et la taxe sur les intérêts qui frappent l'épargne, Bérenger a évoqué "la honte nationale pour toute l'île Maurice" qu'est la MBC et s'est demandé si la population regarde même la MBC et le fiasco des JIOI après "l'élan patriotique extraordinaire" qui avait marqué ceux de 2003, égratignant au passage Sylvio Tang "enn bon garçon" mais aussi "enn clown" tout comme celui qui l'a accompagné dans la débâcle malgache, Asraf Dulull.

C'est Arianne Navarre-Marie qui a été la première intervenante avec un discours axé sur les difficultés de vivre des Mauriciens et "le leurre que représente l'Empowerment Programme". Ajay Gunness s'est pour sa part appesanti sur le scandale au MES et a réclamé la démission de Lucien Finette, Sam Lauthan a critiqué le Dr Beebeejaun, "qui a dû quitter trois fois sa circonscription en quatrième vitresse", Vishnu Lutchmeenaraidoo a promis l'abolition du NRPT et de la taxe sur les épargnes qui frappe même les enfants, Alan Ganoo a évoqué "l'affaiblissement du gouvernement et de Navin Ramgoolam" et Jayen Cuttaree a dit que si "SSR avait pris 15 ans, de 67 à 82, pour conduire le pays au chaos, il n'a fallu que deux ans à son fils pour arriver au même résultat".

C'était la mobilisation des grands jours vendredi à la rue Dr Reid à Beau-Bassin pour ce qui se voulait l'entame d'une série de rassemblements publics mais aussi pour marquer les 25 ans de présence de Rajesh Bhagwan dans la circonscription avec un premier mandat de conseiller municipal obtenu en décembre 1982. C'est d'ailleurs le député de Beau Bassin/Petite Rivière depuis 1983 qui a lui-même présidé ce rassemblement.


Le MSM réclame la démission du ministre Gokhool

P.Jugnauth : "Vers un conflit permanent entre employés et employeurs"

"L'irresponsabilité, l'incompétence et les nombreuses bavures" du ministre de l'éducation ont été au centre de la conférence de presse du MSM, hier, au Sun Trust Building. Pravind Jugnauth a indiqué rappeler les nombreuses crises auxquelles ce secteur a dû faire face ces derniers temps, citant "le calvaire des enfants qui prennent part aux examens de C.P.E, la suppression des subsides de SC/HSC, le scandale de l'Eastern University, et récemment la crise financière à l'université de Maurice". Mais pire encore, le scandale qui secoue le Mauritius Examinations Syndicate (MES), avec la découverte d'une erreur de l'organisme dans l'envoi des résultats de français pour les examens de SC, à Cambridge pour 234 élèves.

"Nous avions dès le départ dénoncé la nomination politique à la tête du MES. Nous avions dit que c'est une chose inacceptable. Et aujourd'hui le flou s'insère dans la tête de la population mauricienne quant à l'influence politique au sein de cette instance", rappelle P. Jugnauth. Il assure ne pas mettre en doute les compétences du directeur du MES, Lucien Finette, et confie ne rien avoir contre sa personne, mais "il y a une perception que la politique s'ingère dans les affaires de cette instance". L'erreur commise par le MES est inacceptable selon le MSM et l'organisme est à blâmer. Toutefois, indique P. Jugnauth, c'est le ministre de l'éducation, Dharam Gokhool qui est le plus fautif. Ce dernier, en possession de cette information a tardé pour réagir. "Ce n'est que lorsque Lucien Finette a dénoncé ces faits publiquement et réclamé une commission d'enquête, que le ministre est venu de l'avant", s'insurge P. Jugnauth. Pour le MSM, cette attitude relève du "je m'en foutisme", du ministre de l'Éducation, concernant le dossier de l'Éducation en général. Le MSM estime que le ministre de l'Éducation est en train de jouer avec l'avenir des enfants mauriciens, et qu'au lieu de prendre des sanctions contre les responsables au sein du MES, c'est lui-même qui devrait être sanctionné. Le mouvement réclame la démission du ministre de l'Éducation. P. Jugnauth s'élève également contre la situation à l'école primaire de Chitrakoot, où au troisième trimestre, à deux mois des examens du C.P.E, les élèves doivent être transférés à l'école primaire de Vallée des Prêtres, suivant l'état déplorable des locaux de l'école. "Nous l'avions prévu, et projetions un autre espace pour les élèves de Chitrakoot, Mais le ministre Gokhool n'a pas jugé nécessaire de construire une nouvelle école. Voilà le résultat maintenant, au détriment des enfants", déplore le leader du MSM. Il s'interroge sur le concept de l'Éducation du gouvernement de l'alliance sociale, et réclame la démission du ministre de l'éducation.

Outre le secteur de l'éducation, le MSM a commenté les deux projets de lois, l'Employment Relations Bill et l'Employment Rights Bill, présentés par le ministre du travail, Vasant Bunwaree. Selon P. Jugnauth, ces changements vont crée plus de méfiance entre les employés et les employeurs, et seront sources de plus de conflits entre ces deux classes. Se disant "bien tracassé" pour la classe des travailleurs, P. Jugnauth soutient que les projets de lois introduisent un nouveau système d'esclavage. "Avek sa bann laloi la, Bunwaree pe fer travayer vinn paillasson", dit-il, ajoutant le Employment Rights Bill donnera licence au patron de "hire & fire à n'importe quel moment", soutient le leader du MSM. Ce dernier, critique également, entre autres, la proposition qu'il n'y ait plus d'arbitrage par le Termination of Contracts Service Board, instance qui avait été mise en place pour éviter que les résiliations de contrats ne soient arbitraires. P. Jugnauth a indiqué que ses commentaires découlent d'un premier constat de ces deux projets de lois, et souligne qu'une commission du MSM travaillera sur ce dossier pour éplucher toutes ses failles. Il a ensuite abordé la question du Law & Order dans le pays, en particulier, l'agression qui a eu lieu la semaine dernière à l'Assemblée Nationale, contre le ministre de l'Environnement, anil Baichoo, en présence du Speaker, et autres parlementaires. Selon P. Jugnauth, ce qui s'est produit est inacceptable. Le MSM condamne sans réserve cette agression, et estime que le Speaker ainsi que le leader of the house, Navin Ramgoolam, auraient dû prendre leurs responsabilités. "Nous sommes très concernés par ce problème et nos parlementaires ont envoyé une lettre au Speaker pour exprimer notre inquiétude. C'est un très mauvais signal pour l'Assemblée Nationale", a indiqué P. Jugnauth.

"La majorité pep souhaite enn gouvernman MSM/MMM, avec Pravind Jugnauth comme Premier ministre"

Répondant aux questions de la presse, le leader du MSM, a soutenu qu'il est "totalement d'accord avec les propos du leader du MMM, Paul Bérenger", disant que l'opposition doit prendre ses responsabilités. Selon P. Jugnauth, le MSM n'a pas à s'interroger sur la question, car "nou pe fer nou travay, tant au niveau du parlement, qu'au niveau de la population". Il a toutefois fait ressortir que "concrètement bizin guetté ki sann la ki pe pran so responsabilité". P. Jugnauth a ajouté qu'il est d'accord que l'opposition ne doit pas être divisée, mais s'il s'agit d'unification, "c'est d'une unification du MSM/MMM". D'autant plus, selon le leader du MSM, de ce qu'il retient de ses contacts avec la population "la majorité pep souhaite enn gouvernman MSM/MMM, avec Pravind Jugnauth comme Premier ministre". Selon P. Jugnauth, il faut regarder la réalité du pays. "Fodé guette lintéré pays et non pas lintéré personnel", soutient P. Jugnauth, ajoutant que pour une alliance orange et mauve, il faut une communication entre les leaders des deux partis, ainsi qu'une consultation des dirigeants des partis. Avançant qu'il n'y a aucune communication entre lui et Paul Bérenger, le leader du MSM a fait ressortir qu'"une alliance ne peut pas se faire par courtoisie, mais avec la volonté; Kan tou lédé leaders commans cozé".


Mercredi dernier à Port Louis

Le PM inaugure le Centre des Droits de l'Homme

Le pays compte depuis mercredi dernier un Centre des Droits de l'Homme. Inauguré par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, ce centre a été obtenu après un engagement personnel du ministre de l'Attorney Général, M. Rama Valyden, lequel avait pu convaincre le ministère des Finances d'y consacrer 1.1 million de roupies dans le budget national. Le centre a également permis de sauver une ancienne cour de justice de Port Louis qui était vouée à la démolition.

Qui plus est, devant le centre trônera, désormais, la statue d'Anjalay Coupan, la femme martyre tuée lors d'une fusillade au cours d'une manifestation/grève des travailleurs de l'industrie sucrière, en 1947. La statue d'Anjalay regardera, dorénavant, d'un regard franc la Cour suprême et, ainsi, forcera passants et touristes de s'enquérir, au moins, sur une partie du combat ouvrier de ce pays…

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, était en grande conversation avec son ministre de la Justice et Attorney General, M. Rama Valayden, mercredi après-midi au moment où, lors de l'inauguration du centre, Zul Ramiah, président de la Mauritius Society of Authors et chanteur engagé toujours reprenait "Diego", une chanson des années début 80 dénonçant la déportation des Chagossiens de leurs îles natales par les gouvernements Anglais et Américains afin de construire leur base militaire. Bien qu'il soit maintenant passé de l'autre côté de la barrière politique en rejoignant le camp des travaillistes, contre lequel il luttait à la mesure de son talent à l'époque, Ramiah n'a rien modifié de son texte et pourfend toujours les "complices", volontaires ou involontaires des puissantes nations responsables qui avaient décidé de commettre l'ignominie envers les Chagossiens-Mauriciens. En principe, l'évocation de cette "complicité" aurait dû avoir gêné Navin Ramgoolam puisque son père, Sir Seewoosagur, est directement visé. Mais, Navin Ramgoolam a eu raison de ne pas en prendre ombrage: "Le Centre des Droits de l'homme qui ouvre ses portes n'appartient ni à moi, ni au ministre de la Justice, mais au peuple mauricien", a-t-il dit.

Pour ceux qui, comme nous, ont connu le bâtiment qui abrite le centre du temps où il servait de Cour de Justice première division de Port Louis, mais surtout l'état de délabrement dans lequel il était tombé, il est difficile de ne pas reconnaître que l'Attorney General a fait là un très grand effort en réussissant à le transformer de nos jours en un sanctuaire par où "passeront désormais toutes les complaintes contre les atteintes aux droits des humains à Maurice". Et pour le Premier ministre et pour le ministre Rama Valayden, il faudra faire de l'île Maurice un modèle de respect des droits de l'homme dans la région de l'Ocean Indien.

Disposant amplement d'espace, dont des salles de conférences qui seront mises à la disposition des Organisations non gouvernementales militantes tout en abritant aussi les bureaux de la Law Reform Commission, le Centre des Droits de l'Homme sera ouvert à tous. "Même le MMM pourra y tenir ses conférences de presse du MMM", a ironisé l'Attorney General sans doute pour faire mieux remarquer qu'aucun membre de ce parti d'Opposition n'avait cru bon de marquer de sa présence la cérémonie d'ouverture. Effectivement, des opposants au gouvernement, seule la députée MSM de Curepipe-Midlands, Mme Mireille Martin avait fait le déplacement. Les Droits de l'Homme, nous a-t-elle dit, "ne devraient faire l'objet d'aucune querelle".

Le Premier ministre s'est dit fier d'être associé à l'ouverture du centre car, selon lui, la démarche cadre bien avec le postulat du gouvernement de "put people first". Lors de son allocution, Navin Ramgoolam a cité son professeur de la London School of Economics, Lord Scarman, qui n'avait de cesse de répéter que "la garantie de la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans une Constitution écrite n'est pas une garantie en elle-même". Friand de citations, le Premier ministre a aussi appelé à sa rescousse le Professeur Abel de Smith, celui qui avait eu la tâche d'écrire la Constitution de Maurice en compagnie de l'ancien chef juge Lallah. Abel de Smith, a-t-il dit, avait affirmé son attachement aux droits humains mais non sans souligner qu'il faut toujours une machinerie qui pour veiller à ce que ces droits soient effectivement protégés.

Le Premier ministre envisage le Centre des Droits de l'Homme comme le "focal point" de toutes les activités se rapportant à l'information, l'éducation et la formation dans le domaine de la défense des droits humains dans le pays.

Selon nos informations, un des tout premiers groupes d'aggrieved persons qui entendraient solliciter l'utilisation le centre pour faire entendre leurs doléances serait celui des travailleurs sociaux des rues qui ont été privés de leur gagne-pain par le ministère de la Sécurité sociale après les dernières élections générales. Selon un porte-parole de groupe, ces travailleurs sociaux licenciés estiment avoir été victimes de représailles politiques injustes alors même qu'un des premiers droits de l'humain est celui du droit au travail. "Nous projetions effectivement d'organiser une manifestation le jour même de l'ouverture du Centre des Droits de l'Homme, mais par manque de coordination, cette manif a été abandonnée, mais nous reviendrons à la charge sous peu et nous espérons que nous ne serons pas déclarés persona non grata quand nous demanderons le droit d'y coordonner notre mouvement", a déclaré ce porte-parole.


Ça va se savoir

Cinq juges de la Cour suprême pour décider du sort d'Hurnam

Dev Hurnam, qui a retrouvé la liberté depuis le week-end dernier après avoir purgé une peine d'emprisonnement à Beau-Bassin, fera face à cinq juges de la Cour suprême à partir de mardi. En effet, le comité disciplinaire, qui décidera de la carrière professionnelle de ce membre du barreau, comprend le Senior Puisne Judge, Keshoe Matadeen, les juges Eddy Balancy, Paul Lam Sang Leen, Premila Balgobin et Saheeda Peeroo.

Les délibérations de ce comité disciplinaire, qui se dérouleront tous les jours, auront lieu dans la salle d'audience n°4 de la Cour suprême. Dev Hurnam s'apprête à livrer une rude bataille pour conserver son statut professionnel d'avocat. Il aurait assigné plusieurs témoins, dont Me Ashley Hurhanghee. Ce comité disciplinaire a été institué suite à une initiative de l'Attorney General, Rama Valayden, au terme des dispositions du Law Practioners Act. Un autre comité disciplinaire pourrait être nommé incessamment pour se prononcer sur les délits reprochés au notaire Marcel Joson.

Sécurité sociale : les orphelins attendent la promesse budgétaire

Dans le discours du budget 2007-08, mention était faite d'un doublement des prestations sociales versées en faveur des orphelins. Le discours du budget a été prononcé le 15 juin et le budget adopté à la fin de ce même mois. Mais, jusqu'ici, ces orphelins sont encore avec leurs Rs 1 150 par mois. Toutes les démarches entreprises pour avoir de plus amples renseignements sur cette mesure budgétaire sont demeurées vaines, sauf qu'une nouvelle condition est évoquée : les orphelins doivent être des étudiants pour en bénéficier alors que tel n'est pas le cas jusqu'ici pour ceux âgés de moins de 15 ans.

D'autre part, la Sécurité sociale fait toujours face à un problème de fraude. Une équipe de limiers du Central CID, menée par le surintendant Bala Kamatchi, devra se rendre à Rodrigues pour enquêter sur des cas de détournements de la pension pour un montant de l'ordre de Rs 50 000. Un fonctionnaire de la Sécurité sociale de Rodrigues serait dans le collimateur de policiers.

Les éloges de Anil Baichoo à SAJ

Est-ce un éloge à SAJ qui a provoqué le courroux des deux agents travaillistes Clovis Azie et Bouba Drabucan ? Certains disent que oui et d'autres non. La veille de son agression en pleine salle à manger de l'Assemblée Nationale, le ministre de l'Environnement, Anil Baichoo, avait, lors d'une activité dans une école de sa circonscription, à Flacq fait les éloges de Sir Anerood Jugnauth et des années où il était Premier ministre. La presse n'y était pas mais ceux qui y assistaient en ont parlé après les incidents de vendredi dernier. Interrogé par Radio Plus jeudi sur ses propos, Anil Baichoo n'est pas passé par quatre chemins pour non seulement confirmer ce qu'il a dit mais ajouter aussi que "fodé ou enn coco piqué pou ou pa rekonet saki Anerood Jugnauth ine fer pou sa pays-là !".

La lettre qui dérange

Non, ce n'est pas une nouvelle lettre de Yatin Varma. C'est une correspondance d'un policier qui dénonce ce qu'il considère une politique de deux poids deux mesures dans l'affaire Dev Hurnam. Il avance une thèse de complot pour soutenir que certains ont négocié pour être mis hors de cause dans cette affaire après concertation entre hommes de loi et officiers de l'ADSU. Il faut dire que les faits mentionnés ont le mérite d'être précis. Reste à savoir ce qu'il y aura comme suite dans cette affaire.

Sucre : le rapport du comité Beebeejaun attendu cette semaine

Le sous-comité Beebeejaun, institué dans le cadre du dialogue gouvernement/Mauritius Sugar Producers' Association (MSPA) sur la réforme sucrière, a mis les bouchées doubles au cours de la semaine écoulée. Cette instance, qui s'occupe du volet énergétique de la réforme, a eu des séances de travail avec les représentants des sucreries FUEL, Médine et Beau-Champ au sujet de leurs projets de centrales thermiques. Les indications sont que le rapport devra être soumis au Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans les prochains jours. Cette étape devra relancer les perspectives d'un overall package sur la réforme de l'industrie sucrière avec la baisse de 36% du prix garanti et le démantèlement du Protocole-Sucre.


Au Centre culturel islamique, vendredi

Navin Ramgoolam confirme sa prochaine visite au Pakistan

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé vendredi sa prochaine visite au Pakistan qui devrait se faire vers la dernière semaine du mois d'octobre après le mois du Ramadan. C'était au Centre culturel islamique lors du lancement d'un magazine souvenir de l'association Friends of Pakistan pour commémorer les 60 ans d'indépendance de ce pays.

Le chef du gouvernement qui parlait notamment en présence du haut commissaire pakistanais à Maurice, Syed Hassan Javed, et du vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, s'est réjoui du réchauffement des relations entre le Pakistan et l'Inde en rappelant en substance que les peuples de ces deux pays partagent des origines communes.

Navin Ramgoolam a expliqué que son gouvernement pratique une diplomatie active en vue de consolider la visibilité du pays dans le monde. Il devait rappeler que les relations diplomatiques avec le Pakistan datent de quelque temps seulement après l'accession de Maurice à l'indépendance et que le premier haut commissaire mauricien dans ce pays fut Ameen Kassenally.

Le Premier ministre a rappelé que l'Accord d'échanges préférentiels entre Maurice et le Pakistan signé lors de la récente visite du ministre pakistanais du Commerce, Humayun Akhtar Khan, entrera en vigueur au plus tard en novembre prochain. Alors que les négociations sont en cours pour l'établissement d'une liaison aérienne directe entre les deux pays, un accord pour faciliter le mouvement réciproque d'hommes d'affaires des deux pays est en voie d'être finalisé.

Navin Ramgoolam a aussi rappelé le récent jumelage de Port-Louis et Karachi. Le chef du gouvernement se réjouit aussi de la construction prochaine de la Urdu House de même que d'un centre commercial à Plaine Verte avec l'assistance pakistanaise. Confirmant sa prochaine visite au Pakistan, le Premier ministre a rappelé celui effectué part sir Seewoosagur Ramgoolam dans ce pays en 1971.

Pour sa part, Sayed Hassan Javed devait rappeler la signature d'une douzaine d'accords bilatéraux entre Maurice et le Pakistan ces dernières années. Maurice, dit-il, est avec la Chine et le Sri Lanka l'un des trois seuls pays avec lesquels le Pakistan a signé un Accord d'échanges préférentiels.

M. Javed a loué la "vision" de sir Seewoosagur pour sa politique de "proche collaboration" avec le Pakistan. Pour lui, la coopération entre nos deux pays et réciproquement bénéfique. Le haut commissaire pakistanais a profité pour rappeler que, dans le cadre du 60e anniversaire de l'indépendance du Pakistan, notre compatriote Goolhamid Beegun vient d'être décoré par le gouvernement pakistanais pour sa contribution à resserrer les liens entre les deux pays.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 2 septembre 2007