Faits et effets— Nature Sleep
Humeur—La République de la banane
Carnet—Grandeur et décadence
Faits et effets...
Nature Sleep
Disparu. En voie d'extinction. Non, vous avez perdu. Ce n'est
pas le dodo. C'est Nature Watch, cette organisation qui avait
fait un énorme tapage avant les élections générales
sur la vallée de Ferney. Ses dirigeants, apparemment tous
bien placés - on n'ose pas parler de "boute",
ce serait trop vulgaire pour ces adeptes, d'un temps de la finesse
patrimoniale - ont disparu non pas dans la vallée, mais
ils ont littéralement sombré dans l'oubli. On ne
sait pas s'ils sont dépités par la tournure des
événements avec le public auquel le privé
demande Rs 90 par tête pour une visite alors que le projet
antérieur prévoyait des accès ouverts et
gratuits pour tout le monde dans la vallée. Mais qu'Arvin
Boolell nous ait rappelé que Nature Watch existe, apparemment,
et qu'elle est "well-known", de lui seul peut-être
mais, pour le grand public inquiet du bradage de notre patrimoine,
cet organisme devrait plutôt être aujourd'hui rebaptisé
Nature Sleep. Ou, à défaut, Valley Watch et Nature
Sleep.
Le jardin de Pamplemousses devient payant. On n'entend pas parler
de Nature Watch. L'accès à ce jardin botanique où
se trouve le Samadhi du Père de la Nation doit être
payant parce qu'il faut assurer les services du Trust qui
s'en occupe dont le paiement des salaires du nominé politique
Chetanand Ramgoolam. Quelques millions que le gouvernement ne
peut pas débourser avec nos sous de contribuables. Il faut
donc nous écorcher davantage en nous faisant payer pour
entrer dans le jardin. Mais, un peu plus loin, à Mapou,
on peut quand même effectuer des paiements excédentaires
de
Rs 14 millions pour un seul contrat de nettoyage !
Avec le Jardin de la Compagnie, totalement refait en 2002, qui
va bientôt être clôturée selon un calendrier
prioritaire élaboré par le Lord Maire Reza Issack,
tout comme le furent aussi ses étals installés sur
le ruisseau du Pouce dont la majorité demeure inoccupée,
on ne doit pas s'étonner qu'un beau jour on vienne demander
au public de payer pour y pénétrer sous prétexte
que la mairie n'a pas assez d'argent pour entretenir ces jardins.
L'Aquatic Business Activities Bill est un texte controversé
qui fait couler beaucoup d'encre depuis que nous avions révélé
que des pans entiers de notre mer seront loués à
bail à des promoteurs même étrangers et qu'ils
seront tout bonnement retirés du domaine public. De nombreuses
voix se sont exprimées pour dire non à ce projet
sauf celle de Nature Watch. Le pont de Macondé, pittoresque
dans cette magnifique crique qui met en relief le profil tourmenté
du sud-ouest, qui fait aussi partie de notre patrimoine, ne sera
pas consolidé à des coûts raisonnables et
pour préserver son cachet, mais sera démoli pour
une structure imposante qui bouchera la vue des flancs de montagne
et de la mer. Rien du côté de Nature Watch !
Les îles et îlots tombent les uns après les
autres entre les mains d'agents politiques et autres prédateurs
alors que Rajesh Bhagwan les avait pratiquement tous convertis
en réserves naturelles, avec ce que cela comporte comme
soins à prendre pour les entretenir et empêcher leur
dégradation. Là aussi silence radio de Nature Watch.
L'îlot Gabriel est devenu la propriété privée
d'un clan, composé de Jayraj Woochit, un activiste travailliste
et de l'avoué Iqbal Dauhoo, celui-là même
qui s'était signalé lors des secousses sur la profession
légale occasionnées par l'enquête sur les
ventes à la barre.
En terme de projet "éco-touristique", de nombreux
arbres coupés pour faire place à un restaurant,
ce qui permettra aux promoteurs de se faire de gros sous sur nos
têtes et celles des touristes. Vu la tension qui existe
autour de cet îlot, il est à parier que la situation
continuera à se détériorer si le gouvernement
ne revient pas sur sa décision d'accorder un bail à
une compagnie privée. Le plus tôt il reprend ce qui
est notre bien à tous et qu'il résilie ce bail pour
le confier à une Islet Authority, composé du public
et du privé, pour maintenir les îles, le mieux ce
sera.
L'île aux Bénitiers dont une des conditions du bail
accordé en septembre 2005 est la préservation de
la réserve naturelle va aussi abriter un projet hôtelier
selon ce qu'en a dit le ministre Dulull. Que représentera
la plus-value pour le promoteur sur cette partie de notre patrimoine
loué à Rs 40 000 l'an lorsqu'un hôtel y sera
construit. La même question se pose pour l'îlot Gabriel.
Est-ce normal que des bénéficiaires de terres de
l'état, de tous les Mauriciens, qui n'ont aucune expérience
en matière hôtelière et touristique puissent
utiliser un bail pour faire d'énormes profits. C'est ça
la démocratisation de l'économie. C'est le pillage
de notre patrimoine.
De fortes réserves ont aussi été exprimées
sur le danger de pollution que représentent les projets
de Gamma Coventa et de City Power ou sur le projet de réalignement
de la route côtière de Trou aux Biches alors que
certains manifestaient le dimanche matin et agressaient les agents
de l'ordre lorsque celle de St Félix a été
déviée. On n'a pas entendu parler de Nature Watch.
L'École Onésipho Beaugeard était sur le point
d'être rasé. N'était l'intervention de vrais
défenseurs du patrimoine. Toujours aucun écho de
Nature Watch. De watch, il n'y en a plus. L'artifice médiatique
pré-électoral alimenté par la com du PTr
a vécu. Heureusement qu'il y a des jeunes comme Vina Ballgobin
et Vassen Kaupaymootoo et d'autres, convaincus et sincères
dans leur combat et qui sont de ceux qui "pa guette figir"
pour revendiquer la préservation du patrimoine. Ils méritent
tout notre respect.
Humeur
La République de la banane
Le fonctionnement des procédures judiciaires mauriciennes
continue à interpeller. Ici même, dimanche dernier,
comparaison était faite entre le traitement réservé
à un automobiliste accusé d'avoir menacé
des motards et celui dont ont bénéficié deux
agents politiques ayant menacé, pratiquement dans les mêmes
termes, un membre du Parlement et, qui plus est, membre du Conseil
des ministres. On lira plus loin dans cette édition comment
un architecte a été arrêté, accusé
provisoirement de "larceny by person in receipt of wages"
et libéré sous caution à partir d'une simple
phrase extraite d'un procès-verbal d'une réunion
municipale tenue en 2004.
Maurice est, dit-on, un État de droit. Avec les exemples
cités, il serait peut-être utile de se demander si
le droit en question n'est pas celui du plus fort.
Mais revenons à ce qui s'est passé au Parlement
vendredi de la semaine dernière. Si l'ensemble des Mauriciens
a été choqué que l'on puisse transformer
une partie du Parlement en décor pour série télévisée
de deuxième zone, il semblerait que les politiciens l'aient
pris différemment. Au lieu de condamner sans réserves,
ils ont essayé de se justifier ou d'en tirer un profit
politique.
Pour essayer de dégager la responsabilité de son
Alliance et de son parti de l'agression contre le ministre Baichoo
dans la salle à manger du Parlement, Navin Ramgoolam a
fait fort. Il a fait appel à un "argument" souvent
utilisé par Anerood Jugnauth au cours de sa carrière
politique: le plus que fameux "pas moi ça, li ça".
Le problème est pour essayer de dédouaner son parti
Navin Ramgoolam a fait appel à un énorme LI ça.
Selon le Premier ministre, les tapeurs qui ont menacé de
mort un ministre et pris à partie le Speaker de l'Assemblée
Législative ne sont pas agents travaillistes mais des agents
du PMSD. Pas le PM de Xavier Duval ni celui qu'a hérité
Maurice Allet. Non, les fauteurs de trouble parlementaire de vendredi
de la semaine dernière sont des agents du PMSD de
Gaëtan Duval ! C'est vrai que Gaëtan Duval était
capable de beaucoup de choses et il s'en vantait. Mais quand même
fomenter de là où il se trouve l'affaire de vendredi
de la semaine dernière ! Feu le leader du PMSD a dû
se retourner dans son caveau du cimetière St Jean où
il repose depuis plus de dix ans. De rire. S'il faut prendre au
sérieux cette remarque premierministérielle ce serait
donc Gaëtan Duval qui serait le commanditaire de l'agression
au Parlement ! On attend encore une mise au point de Maurice Allet
pour condamner l'offense faite à son leader. Là
on risque d'attendre longtemps, Maurice étant occupé
depuis plus d'un an à attendre le fauteuil ministériel
qu'on lui a promis pour qu'il passe de l'opposition dans le camp
de la majorité
Tous cherchent à capitaliser
sur ce qui s'est passé au Parlement vendredi dernier. Ramgoolam
en affirmant que les agresseurs n'étaient pas des agents
rouges. Bérenger en soulignant que Navin Ramgoolam n'a
pas défendu avec assez de vigueur Anil Baichoo, le ministre
agressé à qui l'on prête depuis deux ans l'intention
de quitter le gouvernement pour l'opposition. Intention prêtée
qui lui a valu d'ailleurs les menaces que l'on sait.
Engagés dans leurs tentatives de récupérer
à leur profit les retombés de l'incident, les politiques
ont perdu de vue l'essentiel. Depuis vendredi de la semaine dernière,
le Parlement mauricien n'a rien à envier à ceux
des Républiques bananières, dont certaines séquences
figurent au top des bêtisiers de la télévision
internationale. Après avoir été pendant des
siècles l'île du sucre, Maurice est, en l'espace
de quelques mois, en train de se transformer en République
de la banane.
Carnet
Grandeur et décadence
Commençons par féliciter Michael Chung qui a soumis
sa démission comme président de la Fédération
Mauricienne de Basket-Ball (FMBB) après la débâcle
des sélections nationales aux Jeux des îles de Tana.
Mais il faut dire qu'il assume l'incompétence ce ceux qui
étaient là avant lui et qui n'ont jamais cherché
à bouger le petit doigt pour remettre cette discipline
sur les rails. Malheureusement, beaucoup n'ont pas eu la même
attitude que Michael Chung, car parmi les 14 autres présidents
qui étaient à Tana, certains auraient dû démissionner
avant même de quitter Madagascar.
Félicitons également le nouveau président
de la Fédération mauricienne d'Haltérophilie
(FMH), Alain Constant qui élu en petit comité samedi
d'avant, s'est beaucoup appesanti, mercredi, sur la nouvelle vision
et la politique d'ouverture qu'il compte mener. Nous pouvons donc
imaginer que dans les jours qui viennent, Alain Constant prendra
son téléphone afin de parler avec Ivan Andoin et
qu'il invitera ce dernier à venir travailler pour le bien
de l'haltérophilie à Maurice. Nous voulons aussi
penser qu'Alain Constant n'est pas une marionnette entre les mains
de Fatimah Rummun et que cette dernière, bien que son fils
soit membre de ce nouveau comité, ne continuera pas à
tirer les ficelles. Ni qu'elle cherchera à " caser
" son fils comme elle a toujours tenté de le faire
depuis 2003.
Félicitons également le ministre de la Jeunesse
et des Sports, Sylvio Tang, qui a annoncé sur les ondes
d'une radio privée, sa décision de déléguer
un médecin à toutes les compétitions nationales.
Il aura, néanmoins, fallu la mort du tireur Jean Ali Emilien
dans des conditions pour le moins choquantes, pour qu'une telle
décision soit prise. Nous osons penser donc que le MJS
s'assurera que le centre médico-sportif dispose de suffisamment
de médecins pour pouvoir mettre en pratique la décision
du ministre. Nous osons aussi imaginer que dès demain,
le ministre trouvera les moyens pour aider les fédérations
à trouver un bien meilleur " deal " avec
les compagnies d'assurance pour que tous les sportifs de ce pays
puissent être assurés comme le préconise le
Sports Act.
Félicitons encore une fois Sylvio Tang pour avoir décidé
de rencontrer le Français Nicholas Héry et engagé
des discussions sur les possibilités qui existent pour
qu'il occupe le poste de directeur technique national de judo.
Des voix au MJS disent que les discussions ont été
positives. Souhaitons que Nicolas Hery n'aura pas à attendre
des mois et des mois avant que la que la question ne soit réglée.
Félicitons le volleyeur Neeraj Moonien qui a lancé,
dimanche dernier, un appel pour fonder une association de joueurs
pour que ces derniers ne soient pas les premières victimes
des dirigeants de l'AMVB. Imaginons que le nouveau président
de l'AMVB qui a salué la démarche, ne va pas tenter
de faire de cette association en devenir, un outil pour servir
ses intérêts.
Félicitons aussi le président de la Fédération
mauricienne de Tennis qui a reconnu, mardi, sur les ondes d'une
autre radio privée, les difficultés que sa discipline
éprouve pour fonctionner en accord avec le Sports Act
et que le coût de la pratique du tennis à Maurice
est élevé. Imaginons, de ce fait, que Jean-Michel
Giraud arrive à trouver la bonne équation afin que
le tennis à Maurice ne se résume pas uniquement
à une affaire d'argent ni à une question de respect
du Sports Act car c'est se voiler la face si l'on croit
que des amendements à cette loi - ô combien nécessaires
dans le cas présent - vont rehausser le niveau de notre
sport. Imaginons également que Jean-Michel Giraud repensera
aussi à la question de l'installation d'un centre privé
sur les terres de Petit Camp et qui pour l'heure, est en opposition
avec la formule des 3D sur laquelle est basé le sport mauricien.
Sinon le besoin de " démocratiser ", sera
davantage évoqué lorsque l'on parle du tennis mauricien.
Disons, cependant, toute notre inquiétude devant le retour
en puissance des " bannis " au sein des fédérations.
Le week-end dernier peut être considéré, à
juste titre, comme l'un des plus noirs du sport mauricien. Samedi
dernier, l'élection d'Haroon Durbass comme membre du comité
directeur de la Fédération mauricienne d'Haltérophilie
nous a renvoyés à la figure une triste constante.
Le renouvellement est quasi-impossible dans le sport mauricien.
Connu dans le monde du culturisme avec les conséquences
que l'on connaît, son passage au sein de l'Association mauricienne
de Badminton n'a également pas été sans heurts.
Notamment avec un sévère blâme de la Fédération
Internationale. Difficile aussi à comprendre le saut de
Yeyha Bundhun de la fédération de tir à l'arc
à celle d'haltérophilie. Il y a dans ces deux élections
une logique que l'on arrive difficilement à comprendre
et comment elles vont servir à la cause du sport.
Difficile aussi à comprendre la logique de l'élection,
au sein de l'Association mauricienne de Volley-Ball (AMVB). Naz
Teeroovengadum a été banni en premier lieu au sein
de cette même AMVB, puis au sein du sport corporatif et
pour terminer au sein du badminton, dans la même foulée
qu'Haroon Durbass. Doit-on penser, qu'à Maurice, il est
de plus en plus difficile de trouver des dirigeants sportifs,
pour qu'à chaque fois, il soit nécessaire de retirer
des squelettes dans les placards ?
Si tel est le cas, il va sans dire qu'à Maurice, le motto
" servir le sport " n'est pas toujours LA CONDITION
à être respectée pour être dirigeant
sportif.
Grandeur et décadence
|
o p i n i o n
|
WEEK-END --- dimanche 2 septembre 2007
|