|
L'électricité 15% plus cher à partir de
ce mois
Le débranchement !
C'est maintenant confirmé : l'électricité
coûtera 15% plus cher, en moyenne, à compter de ce
mois de septembre. Une décision rendue nécessaire,
selon le Central Electricity Board (CEB), en raison de déficits
accumulés dus à la hausse des intrants de production
- huile lourde et charbon - et de l'augmentation des intérêts
payables en devises fortes à l'emprunt. Insatisfaite de
cette explication qu'elle juge "récurrente" de
la part du "board" pour justifier, régulièrement,
chaque révision tarifaire à la hausse, l'Association
des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) critique ce qu'elle
estime être l'absence d'une politique énergétique
nationale "cohérente". Elle appelle, en conséquence,
les abonnés à suspendre, jusqu'à nouvel ordre,
le paiement de leurs factures à compter celle de septembre.
La révision tarifaire ratifiée par le comité
de direction du CEB, lundi s'établit comme suit : hausse
de 17% pour les commerces ; 15% de plus pour les industries et
augmentation de 14% pour les abonnés résidentiels.
Dans ce dernier cas, ceux consommant moins de 75 kWh, soit, quelque
35,000 abonnés sur environ 315,000 clients résidentiels
ne paieront que 5% de plus.
La dernière hausse tarifaire de l'électricité
remonte à janvier de l'année dernière et
avait, notamment, été de l'ordre de 10% pour les
abonnés résidentiels. Le CEB met en avant ses pertes
consécutives dont Rs 1,147 million pour l'année
2006 et Rs 207 millions rien que pour les six premiers mois de
2007 pour justifier cette nouvelle augmentation de ses tarifs.
Toujours selon le "board", ces pertes sont dues à
la hausse du prix de l'huile lourde de près de 75% en deux
ans et de celle du charbon de quelque 50%. Le CEB explique encore
que la dépréciation continue de la roupie par rapport,
notamment, au dollar américain et à l'euro fait
que le repaiement en ces devises fortes des intérêts
à l'emprunt s'est considérablement accru.
Ces explications, "récurrentes", selon l'ACIM,
à chaque hausse tarifaire, ne satisfont pas l'association
des consommateurs. "Après la dernière augmentation
qui ne remonte qu'à janvier 2006 et celle de ce mois de
septembre, faut-il comprendre que de telles hausses tarifaires
sont comme une fatalité ?", se demande, ainsi,
M. Jayen Chellum, porte-parole de l'association.
"Abonnés, dindon de la farce"
Alors que, selon lui, la "première priorité",
en matière de production d'électricité, est
de diminuer la dépendance, notamment, sur l'huile lourde,
par l'accroissement de la production à partir de la bagasse,
Jayen Chellum dit avoir l'impression que, sous ce rapport, les
consommateurs sont "le dindon de la farce du tug-of-war
entre le gouvernement et l'industrie sucrière".
Alors que, dit-il, le gouvernement semble opter pour une centrale
fonctionnant exclusivement au charbon, et le ministre de tutelle
et le président du comité de direction du CEB n'ont
fait allusion, lors du récent débat, à la
télévision, de la production à partir de
la bagasse.
Le porte-parole de l'ACIM parle d'"absence de politique
énergétique cohérente" en évoquant
la "mort dans l'uf" du projet d'énergie
éolienne qui avait bénéficié du soutien
des autorités indiennes de même que la sous-utilisation
de l'énergie solaire. Sous ce dernier rapport, M. Chellum
trouve "révélateur" qu'à la Réunion,
30% des chauffe-eaux fonctionnent à l'énergie solaire
contre seulement 7% à Maurice.
Jayen Chellum qui souligne que l'ACIM attend toujours, depuis
2000, la création d'un corps régulateur qui serait,
notamment, investi du pouvoir de justifier ou pas toute nouvelle
hausse des tarifs d'électricité s'interroge sur
les "moyens réels" mis en chantier par le CEB
pour combattre les fraudes sur son réseau.
Il évoque des "lourdes dettes" qui auraient été
"written-off" dans le passé et s'interroge sur
l'utilité pour le CEB de se payer les services d'un président
à plein temps "avec les privilèges associés"
alors même que, dit-il, "on demande aux abonnés
de casquer pour les pertes ! Quand est-il, par ailleurs, de la
promesse de révision du contrat de fourniture à
prix fort signé avec la centrale de Belle-Vue ?"
Outre le poids "conséquent" que représente,
en soi, pour l'abonné, une hausse de 14% sur la facture
résidentielle, l'ACIM prévoit que cette nouvelle
augmentation tarifaire aura un effet boule-de-neige sur les prix
de produits d'utilité courante, notamment, les produits
alimentaires frigorifiés déjà sujets à
une forte inflation.
L'association des consommateurs qui ne se satisfait pas des explications
justifiant cette révision tarifaire appelle, en conséquence,
les abonnés du CEB à suspendre jusqu'à nouvel
ordre, à compter ce mois de septembre, le paiement de leurs
factures d'électricité. M. Chellum explique que
ce mot d'ordre vise aussi à dénoncer la "politique
d'information partiale et antidémocratique" de la
MBC/tv dont la redevance de Rs 100 est amalgamée à
la facture d'électricité.
Économiser l'énergie électrique-Heure
d'été, tarifs différenciés, ampoules
économiques
Compte tenu du poids toujours grandissant de la facture d'électricité
tant sur le budget de l'Etat que sur celui des ménages
et des entrepreneurs, économiser l'énergie électrique
devient, de plus en plus un impératif.
En 1982, alors que le pays était en pleine crise économique,
le nouveau gouvernement du changement MMM/PSM devait introduire
à Maurice l'Heure d'été. Le but visé
était de faire que la plupart des activités économiques
démarrent plus tôt en été.
Il était question de prendre le maximum d'avantages de
la plus longue période d'ensoleillement des mois d'été
et, ainsi, économiser l'énergie. Mis à l'essai,
ce projet qui avait, semble-t-il, bouleversé certaines
habitudes mais ne devait, toutefois, pas durer.
Plus récemment, certaines entreprises particulièrement
énergivores se sont dotées d'équipements
capables de diminuer leur consommation d'énergie électrique.
Au Central Electricity Board (CEB), il a aussi été
question de l'introduction de tarifs différenciés
selon les heures en vue de réduire la pression sur la demande
durant la période de pointe qui se situe entre 18h00 et
21h00.
Sur un plan plus pratique, l'architecture des bâtiments
de même que la disposition intérieure du mobilier
peut aider à une meilleure luminosité ne nécessitant
pas l'utilisation de la lumière électrique durant
la journée. De même, l'utilisation de couleurs sombres
est à éviter pour peindre les parois intérieures
des pièces.
Il est, par ailleurs, recommandé de s'équiper d'ampoules
économiques et autres tubes fluorescents plutôt que
d'ampoules à filament plus énergivores. Il est,
de même, recommandé de faire intégralement
le repassage des linges. Attendre aussi pour que le lave-linges
soit mis en fonction à sa capacité maximale.
Biodiversité végétale
Conservation des forêts indigènes : une stratégie
nationale fin 2007
L'état de conservation global de nos espèces végétales
est dans le rouge. Maurice possède une des flores les plus
menacées au monde. Le dernier rapport annuel du MSIRI fait
état d'un chiffre alarmant, moins de 2%, c'est ce qui reste
de nos forêts indigènes. Les pratiques directes (déforestation)
ou indirectes (espèces invasives) ont accéléré
de manière dramatique la disparition de nombreuses espèces
végétales. Aussi, une stratégie a été
dégagée avec l'aide d'un consultant étranger
pour préciser la position de Maurice face à la situation.
La National Invasive Alien Species Strategy for Mauritius sera
prête d'ici fin 2007. Les botanistes s'accordent à
dire qu'il faut une attention particulière aux espèces
végétales menacées et envisagent les actions
nécessaires face au déclin de notre biodiversité.
Elle est principalement concernée par les questions liées
à l'écologie et la conservation. Claudia Baider,
botaniste, en charge de l'Herbier de Maurice au Mauritius Sugar
Industry Research Institute (MSIRI), dit sans détours que
les scénarios les plus réalistes actuellement prévoient
que la majorité de nos espèces végétales
est menacée de disparition. Le public, dit-elle, n'est
pas vraiment conscient de l'importance de nos forêts indigènes.
La moitié de nos plantes sont uniques au monde. Nous avons
perdu une partie de notre flore. Il faut à présent
reclassifier les espèces en voie de disparition. L'espoir
est de revoir une végétation luxuriante est mince.
La plupart de nos forêts ont été détruites.
Que penser des espèces invasives, telle la goyave de chine
importée du Brésil ? Ces espèces remplacent
graduellement les forêts indigènes. De même
les projets de développement dans les zones côtières
ont laissé très peu de végétation.
De cette biodiversité mise à mal, les scientifiques
tentent d'élaborer des stratégies de gestion durable.
La National Invasive Alien Species Strategy for Mauritius est
attendue d'ici fin 2007.
Face à la disparition des espèces végétales,
il est temps de concevoir des études pour faire l'état
des lieux des plantes qu'il nous reste et examiner des actions
urgentes par rapport à la déforestation, destructrice
de la biodiversité culturelle.
Il faut savoir que l'essentiel de nos forêts tropicales
se trouve dans le Parc national, la Vallée de Ferney ou
dans la région de Port Louis, Le Pouce, Calebasses.
Conserver et étudier la végétation-L'Herbier
de Maurice
Il s'agit de la plus grande collection des Mascareignes (Maurice,
Rodrigues, la Réunion) sans compter les échantillons
qui proviennent de Diego Garcia, Agalega, Saint Brandon, les Seychelles.
Premier herbier des Mascareignes par le nombre d'échantillons
conservés (plus de 25 000 d'espèces indigènes
et exotiques) et par le nombre de types qu'il contient, très
représentatif de notre biodiversité végétale.
L'Herbier du MSIRI comprend une vaste collection intégrant
les récoltes des premiers botanistes dans l'île en
1770. L'Herbier est un lieu privilégié où
viennent travailler des chercheurs sur la végétation
de la Mare aux Songes, par exemple. Le public trouvera dans ce
lieu une alcootèque (organes conservés en alcool)
ou une xylothèque (collection de bois et écorces
- la plus emblématique étant le bois d'ébène).
Ce lieu privilégié constitue une partie de l'héritage
du pays. Il est important de préserver cette collection,
nous dit Claudia Baider. Tout est classifié dans son département.
Les informations sont mises à jour. Cette immense collection
est en voie d'informatisation. Une banque de données sera
accessible au public l'année prochaine.
Le Projet Flore des Mascareignes prêt d'ici 2009
Le Projet Flore des Mascareignes est en quelque sorte une description
de toutes les plantes que l'on trouve dans les Mascareignes. Il
s'agit d'une collaboration entre l'Herbier de Maurice, MSIRI,
les Royal Botanic Gardens, Kew (UK) et le Musée d'Histoire
Naturelle de France. En 1973, une population de "Boucle d'oreille",
Trochetia boutonia, a été découverte
sur la montagne Morne Brabant. L'Herbier de Maurice a assuré
sa propagation. Divers volumes de la Flore des Mascareignes ont
été publiés entre 1980 et 2000. Dans les
années 1990, le Bois nacré (Badula platyphylla)
a été redécouvert à Grand Bassin suivie
d'autres découvertes: une population de orchid Angraecum,
de nouvelles espèces de bois de pomme à Magenta.
Mais le début du 21ème siècle a été
marqué par la redécouverte au Corps de Garde - 138
ans après la dernière collection - d'une population
du plus vieux spécimen déposé à l'Herbier
de Maurice: le Trochetia parviflora (Bois de rose). Le
Projet des Mascareignes s'est enrichi, entre-temps, de nouvelles
espèces telle Cyathea gragaudiana et des orchidées
recensées à la Réunion, entre autres.
Diversité et conservation de la flore mauricienne
Relocalisation d'espèces qu'on croyait disparu
Un des plus rares arbres sub-endémiques de Maurice, le
Ficus densifolia a été retrouvé dans
le Parc national de Gorges de la Rivière Noire. Cet arbre
a été coupé en 1968 pour faire place à
d'autres plantations. Un deuxième arbre a été
localisé à Wooton en 1998 mais a aussi été
abattu pour des travaux d'élargissement de la route. Un
plan d'action pour la conservation de cette espèce sérieusement
menacée est en cours.
De même, une autre plante Myonima vaughanii qu'on
croyait disparue a été relocalisée dans la
forêt de Brise Fer. Cette espèce endémique
de Maurice a été classée "instinct"
en 1998. Autre plante déclarée disparue: une variété
endémique de petites herbes Oldenlandia sieberi
découverte récemment dans la réserve naturelle
de l'îlot Gabriel. Une espèce non identifiée
Euphorbia, endémique de La Réunion a également
été retrouvée à l'îlot Gabriel.
La découverte de cette espèce qui pousse dans des
endroits rocailleux est un record pour Maurice.
Concernant la conservation des espèces rares, les graines
d'une plante endémique sérieusement menacée
Danais sulcata, relocalisées par l'Herbier de Maurice
en 2004, ont germé. Seules 16 plantes de cette espèce
sont connues au monde.
On pourrait citer d'autres exemples de conservation. Au sujet
du Tambalocoque, une étude menée a démontré
que l'arbre du Dodo est moins menacé dans les régions
où les espèces invasives ont été enlevées.
Il faut mentionner aussi les découvertes végétales
à Mare aux Songes par l'équipe hollandaise du Dr
Ridjsidjk. Une importante quantité de matériaux
botaniques a été retrouvée dont les graines
du Tambalacoque. Cette connaissance de la végétation
permettra de reconstruire l'environnement de plus de 3000 ans
de Mare aux Songes.
Par ailleurs, un Native Seed Bank Facility a été
mis sur pied à Maurice en partenariat avec le Parc National,
le Royal Botanica Gardens, Kew et l'Herbier de Maurice. Ce projet
vise à la conservation ex-situ de plantes rares
et menacées à Maurice.
Si Maurice possède l'une des flores les plus menacées
au monde, la conservation des graines ne pourra remplacer la restoration
de l'écosystème à grande échelle mais
une utilisation judicieuse des stratégies ex-situ
telle le seed-banking pourra à long terme maintenir
notre biodiversité.
Surtitre
Ile Plate, île Ronde, Îlot Gabriel: Respecter les
réserves naturelles
Si Maurice veut atteindre un développement touristique
durable, il faut impérativement protéger ses réserves
naturelles. Suite à l'annonce d'un projet d'ecotourisme
sut l'îlot Gabriel et la destruction d'une partie de la
végétation de l'île et des nids d'oiseaux,
la protestation s'élève. Forces vives, habitants
de Grand Baie, défenseurs de l'environnement se sont regroupés
au sein du Front Commun pou sov nou laplaz. Une marche pacifique
est prévue ce matin du Conseil de Village de Grand Baie
jusqu'à la plage publique.
Selon le Management Plan for Offshore Islands, 2004, l'îlot
Gabriel et l'île Plate (patrimoine national) sont des réserves
naturelles. Toute stratégie de développement massif
constitue une menace pour l'écosystème fragile de
ces îles. Il faut savoir que la profondeur entre Maurice
et ses îlots ne dépasse pas les 60 mètres.
La végétation et les animaux de ces îles ont
évolué différemment depuis le détachement
de ces îlots de Maurice. Ile Ronde, Ile Plate, Îlot
Gabriel, le Coin de Mire possèdent un écosystème
unique au monde. Sur certaines de ces îles, on trouve des
reptiles uniques et des plantes endémiques. À titre
d'exemple, le Latania loddigesii, palmier endémique
poussant de manière naturelle sur les îles au nord
de Maurice.
S'agissant de l'îlot Gabriel, il possède le pourcentage
le plus élevé de plantes indigènes (Latana
camara, une herbe) et une population importante d'oiseaux
tropicaux dont le paille-en-queue. La situation actuelle est telle
qu'environ huit catamarans avec 400 personnes à bord par
jour accostent l'île pour des excursions. Selon les spécialistes,
l'îlot Gabriel n'est pas fait pour être loué
et subir une pression touristique supplémentaire. La flore
et la faune de cet îlot sont menacées par toute installation
de structure permanente. Des requins fréquentent le lagon.
On y trouve aussi le corail bleu. Tout projet de restaurant risquerait
de détruire cette niche de biodiversité. Le Front
Commun pou sov nou laplaz préconise des solutions alternatives
aux destructions que l'îlot a subies: rendre public le constat
des Bois et Forêts sur l'ampleur de la destruction sur l'île,
rétablir l'habitat des paille-en-queue, enlever la décoration
artificielle fabriquée avec des coraux à l'entrée
de l'île, laisser fonctionner les petits opérateurs,
entre autres. Si Maurice veut rester une destination unique, il
faut éviter toute structure permanente sur l'îlot
Gabriel et garder intact son écosystème. Un plan
de préservation des îlots comme aux Seychelles est
même préconisé.
Nouveautés et coups de cur
Natasha Appanah:Les ombres de l'Histoire
Dans le Dernier Frère (L'Olivier), Natasha Appanah
traite magistralement de la difficulté de se confronter
au passé. Avec une pudeur qui épouse la thématique
de son dernier roman, elle peint, à travers le souvenir,
la rencontre de deux enfants dans "cette prison de Beau-Bassin
où étaient enfermés des juifs refoulés
de Palestine". La romancière invite le lecteur
à démêler avec son narrateur l'écheveau
d'une vérité confuse: l'histoire de David, un garçon
juif exilé et la fraternisation avec Raj qui lui ressemble
comme un frère pour le meilleur et pour le pire. Natasha
Appanah signe là un texte puissant qui consiste en des
explosions d'images dans une narration agencée par des
réseaux de symboles et de motifs récurrents.
Le Dernier frère s'élabore en autant de fragments
qui font corps avec le recul d'une vision qui se souvient. Dès
l'ouverture tout est dit, mais tout reste à déchiffrer:
"Cela fait longtemps que je sais que David est dans ce
cimetière, avec les autres, qui sont morts de fatigue,
de dysenterie, de typhus, de tristesse, de folie. Pendant les
années où le souvenir de David ne me quittait pas
un instant, j'étais trop jeune pour venir ici et affronter
cela
Il faut croire que je n'ai pas eu le courage et franchement,
je pensais que je n'y arriverais jamais. Et voilà, aujourd'hui,
parce que j'ai rêvé de David, ça m'a semblé
facile, évident, je n'ai pas peur, je ne suis pas triste."
Après soixante ans, un vieil homme arrive à percer
le douloureux secret d'une rencontre en 1945 et sonder une souffrance
dont il a pris conscience. Brouillés par la distance, tous
les éléments du roman sont éparpillés
sur plus de 200 pages: les fantômes de l'Histoire, le voile
jeté sur un passé douloureux qui creuse le silence
entre les êtres (l'éloignement de Raj de son père,
la perte de ses deux frères); mais aussi le feu d'une enfance
qui parvient à se découper un espace de joie dans
la nature et la rencontre avec le frère attendu. Tout se
passe en huis clos, camp sucrier, prison et même les rares
fois où l'on sort on voit la forêt. Le narrateur
est un homme plus tout à fait jeune, empêtré
dans lui-même, secoué par des rappels de l'enfance
et des incursions dans l'Histoire. Il se souvient de son enfance
avec ses frères, Anil et Vinod, à Mapou. Le cadre
doublement insulaire d'une nature à la fois maternelle
et vénéneuse est très prégnant (nous
passions de l'enfer du camp au paradis
notre vie de boue
et de cendre s'est arrêtée peu après le jour
de l'an 1944
). Très vite Raj, le personnage principal,
va perdre ses deux frères et fuir avec ses parents le camp
de Mapou pour un autre camp à Beau-Bassin là où
sont enfermés des réfugiés juifs. L'histoire
semble se dérouler sous le rouleau compresseur du destin:
"A l'instant même où le tonnerre a crevé,
nous avions une impression qu'une main géante et malfaisante
venait nous enlever Vinod et Anil et que la maison de Beau-Bassin,
la forêt, la prison, la nouvelle école, les longs
mois depuis ce jour à Mapou, que tout cela s'était
volatisé d'un coup, et notre cur et notre douleur
étaient de nouveau à vif. C'est pour des moments
pareils qu'il faudrait un mot pour dire ce qu'on devient à
jamais quand on perd un frère, un fils."
À la clôture de l'espace et aux forces du destin,
s'opposent la quête et la rencontre avec le dernier frère:
"Je retrouvais ma cachette devant les barbelés
de la prison, et j'attendais David
On perçoit très
rarement le changement en soi, on le voit plus tard à la
lumière des événements et de nos réactions
je le sentais ce changement, j'avais l'impression de grandir,
de pousser tels les arbres autour de moi et il me semblait que
le souffle de la forêt était pour quelque chose.
Je restais chétif, mes vêtements dansaient sur moi,
ma mère pouvait encore fermer sa main autour de mon mollet
mais en moi, il y avait cet espoir nouveau, la promesse d'une
vie moins solitaire et le lien qui s'est créé entre
David et moi." Raj et David, l'un exilé sans avoir
quitté son pays, l'autre déraciné, blessé,
hostile à tout climat hostile. Mais la connivence avec
la mort est très présente dans le roman: la maison
happée, la nature dévoratrice et bientôt David
emporté par la maladie.
Cet environnement hostile revêt une valeur ambivalente.
Aux objets et aux plantes s'attache une magie tantôt bénéfique,
tantôt redoutable. Nous sommes dans un monde peuplé
de signes, de breuvages magiques. La perruche rouge s'inscrit
dans la thématique du sang. "
la perruche
s'est envolée en traçant d'une traînée
rouge dans l'air le cercle que nous formions, ma mère,
David et moi. C'était magnifique et irréel de le
voir tourner comme cela, on aurait dit qu'elle nous bénissait,
on aurait dit qu'elle se nourrissait de nous avant de disparaître
"
La dernière partie du roman développe (dans un extrait
de presse) la dimension juive qui rend la rencontre avec David
significative: le 26 décembre 1940, l'Atlantic accoste
à Port Louis avec à son bord quelque 1500 juifs
qui fuient le nazisme; ils sont internés à la prison
de Beau-Bassin. Au cours de 4 années d'exil, 127 d'entre
eux moururent et furent enterrés à Saint Martin.
On distingue ainsi la circularité et la symétrie
entre le début et la fin du roman (Le narrateur au cimetière
Saint Martin, le deuil accompli) et le geste libérateur
que l'acte narratif tente d'effectuer. En replongeant dans son
passé, le narrateur va se libérer de ses obsessions.
Son fil devient le destinataire investi de perpétuer le
souvenir: "
je me dis que je raconterai tout à
l'heure à mon fils l'histoire de David, pour que lui aussi
se souvienne."
Extrait
je ne savais pas qu'il y avait une guerre mondiale qui
durait depuis quatre ans, quand David m'avait demandé,
à l'hôpital, si j'étais juif, je ne savais
pas ce que ça voulait dire, j'ai dit non parce que j'avais
la vague impression que juif désignait une maladie puisque
j'étais dans un hôpital, je n'ai jamais entendu parler
de l'Allemagne, je ne savais pas grand-chose en réalité.
J'avais trouvé David, un ami inespéré, un
cadeau tombé du ciel et en ce début d'année
1945, c'est tout qui comptait pour moi.
Pour lui dire que les frères étaient morts, je
l'ai imité, j'ai fermé les yeux et j'ai basculé
la tête sur le côté. Mais alors, bien sûr,
ce nud qui s'est serré en moi et qui est monté,
monté, monté
.
Les Bâtisseurs de l'Île Maurice-Pierres tombales
et patrimoine
La découverte d'ossements humains autour du cimetière
de l'Enfoncement : c'est autour de cette trouvaille et des images
du passé qu'est construit Les Bâtisseurs de l'Île
Maurice (Héritage, Tamarin, Maurice), ouvrage collectif.
Pour l'anecdote : le Père Gabriel Igou, qui a séjourné
presque un demi-siècle à Maurice, meurt en 1764
et est enterré au cimetière de l'Enfoncement. Deux
siècles et demi après sa mort, la pierre tombale
de ce premier curé de Port Louis fait surface le 2 novembre
2005. Une découverte aux alentours du site lors de travaux
sur un chantier. Les autorités concernées, les ONG
et autres passionnés d'histoire et de patrimoine se sont
mobilisés pour la conservation des pierres tombales historiques
et les ossements des bâtisseurs de Maurice.
Abondamment illustré, le livre fournit des informations
historiques sur une période donnée. Il aborde également
des études archéologiques et des questions liées
à l'héritage culturel, le patrimoine lié
au développement durable. Huit chapitres développés
par des spécialistes pour dire l'importance de la sauvegarde
du patrimoine local et la transmission de l'Histoire.
Santé
Peut-on prévenir le cancer du côlon ou en guérir
?
Ce fait, pour le moins alarmant, a été souligné
dans la presse locale l'année dernière. Une fois
le côlon et le rectum atteints par le cancer, le risque
que le mal progresse et affecte d'autres tissus et organes du
corps est bien réel. Cette métastase* peut mettre
à mal toute guérison complète du cancer.
Pour faire le tour de la question, Week-End a rencontré
le Dr Faisal Abbasakoor, consultant chirurgien général
et côlo-rectal et "Surgical Oncologist", dont
la formation médicale a été assurée
au Royaume-Uni.
Les symptômes du mal sont nombreux - fatigue, faiblesse,
modification du transit des selles comme la diarrhée ou
constipation, présence de sang dans la selle, perte de
poids, douleur à l'abdomen ou gonflement abdominal. Qu'en
est-il des causes du cancer côlo-rectal ? "La médecine
a établi que le cancer côlo-rectal ne se communique
pas d'un sujet à un autre, mais certaines personnes sont
plus exposées que d'autres à ce type de cancer,"
explique le Dr Faisal Abbasakoor. Les facteurs de risque sont
connus dont la consommation élevée de graisse, l'antécédent
familial, la présence de polypes dans le gros intestin,
et la colite ulcéreuse chronique. Toutefois le mal peut
être détecté à temps grâce à
des tests dont nous parle le Dr Abbasakoor. "Un lavement
avec un produit de contraste ou une coloscopie est pratiqué
pour confirmer le diagnostic et localiser la tumeur."
Comment prévenir le cancer du côlon
Étant donné que les cancers du côlon sont
souvent à un stade avancé au moment de leur détection,
le meilleur moyen pour ne pas en arriver là est de les
détecter assez tôt et d'enlever les polypes précancéreux
avant qu'elles n'évoluent en cancer. Il est significatif
que même si le cancer s'est déjà développé,
une détection précoce favorise la guérison
du mal par une excision chirurgicale du cancer avant que le mal
ne se répande à d'autres parties du corps.
"Dans certains pays, à partir de 50 ans, une coloscopie
de dépistage du rectum et du colon gauche est recommandée,"
souligne le Dr Faisal Abbasakoor. La coloscopie est un examen
du rectum et du colon à l'aide d'un endoscope flexible.
"Des études récentes ont établi que
le recours à la coloscopie de dépistage du rectum
et du colon gauche peut réduire sensiblement le taux de
mortalité par cancer du côlon, un bon résultat
que l'on doit à une détection précoce de
polypes ou d'un début de cancer chez les patients qui ne
présentent aucun symptôme," ajoute le Dr Faisal
Abbasakoor. Cependant, si un polype ou un cancer est décelé,
une coloscopie complète est recommandée. Il est
notable que la plupart de polypes du côlon peuvent être
complètement enlevés par la coloscopie sans que
l'on ait à recourir à la chirurgie conventionnelle,
si bien que la médecine recommande depuis peu le recours
au dépistage par coloscopie complète à la
place de dépistage du colon gauche seulement pour les individus
en bonne santé dans la tranche d'âge 50-55 ans. "Toutefois,
on recommande aux patients dont le risque de développer
un cancer côlorectal est élevé, de recourir
à la coloscopie complète avant l'âge de 50
ans," déclare le Dr Faisal Abbasakoor.
Comment traiter et survivre à un cancer du côlon
Le traitement le plus connu pour le cancer côlo-rectal demeure
la chirurgie qui doit respecter les critères oncologiques,
mais le pronostic de survie post-opératoire dépend
de la progression du cancer. S'il y a eu métastase* les
chances de survie sont bien moindres, autrement les patients peuvent
s'attendre à vivre plus longtemps.
Toutefois, chez certains patients, la métastase* n'est
pas détectable au cours de l'intervention chirurgicale.
Ces patients risquent une réapparition locale ou distante
de la tumeur. Mais avec la chimiothérapie, il est possible
de repousser la réapparition de la tumeur et d'augmenter
les chances de survie. D'autre part, la radiothérapie est
utilisée dans le traitement du cancer du rectum.
Du fait des risques de résurgence, le suivi s'avère
essentiel après la chirurgie. "Le suivi est important
après le traitement du cancer côlorectal," prévient
notre interlocuteur. Ce suivi se fait de diverses manières
dont des examens médicaux et radiographiques, l'échographie,
CT scan de l'abdomen et du pelvis et parfois du thorax et des
marqueurs tumoraux comme la CEA. Le Dr Faisal Abbasakoor a fait
état des mérites de ces divers tests. "Un CEA
en hausse peut signifier une résurgence ou une métastase*.
Avec un CT scan de l'abdomen et du pelvis on peut détecter
la réapparition d'une tumeur au foie, au bassin ou ailleurs,
alors qu'une coloscopie est en mesure de mettre à jour
la résurgence de polypes ou d'un cancer dans le gros intestin."
B. Burrun
*Amas de cellules cancéreuses consécutif à
la dissémination à distance (par voie sanguine ou
lymphatique) à partir du foyer primitif.
Cinema
Les 4 Fantastiques
Le quatuor de Marvel se prépare à célébrer
le mariage de Sue Storm (Jessica Alba) et Reed Richards
(Loan Gruffudd) lorsqu'une nouvelle menace s'abat sur le
monde. Un mystérieux personnage surgit de l'espace et provoque
d'étranges phénomènes sur la Terre. Nos héros
découvriront le dessein secret de cet être aux pouvoirs
surprenants et la menace qu'il fait peser sur notre planète,
mais ils vont aussi voir ressurgir leur ennemi juré
Face au danger, amis et ennemis vont devoir unir leurs forces
comme jamais
L'événement majeur du début du film est le
sensationnel mariage de Reed et Sue. Connu par des générations
de fans de la série, ce "Mariage du siècle"
eut lieu en 1965 dans le numéro 3 de "Fantastic Four
King Size Annual". Dans l'univers Marvel, ce mariage prit
une dimension comparable à l'union historique de Lady Di
et du Prince Charles. Durant la cérémonie, l'arrivée
du Surfer d'Argent provoque partout sur Terre de mystérieuses
anomalies et destructions qui obligent les 4 Fantastiques à
intervenir.
Ce Surfeur d'argent, est la plus belle créature spatiale
qu'on ait rencontrée depuis longtemps sur un écran:
une silhouette altière soudée à sa planche
et dotée d'une grande noblesse de caractère. Face
aux "quatre acteurs", qui ont autant de charisme que
des super-jouets, cette figure tragique entièrement conçue
et animée par ordinateur donne, paradoxalement, un petit
supplément d'émotion et d'épaisseur au divertissement.
Animées en CGI (mais modelé sur Doug Jones - le
Pan du Labyrinthe - et doublé par Lawrence Fishburne),
les apparitions du planchiste tourmenté apportent une tonalité
plus sombre et plus mélancolique au film.
Le Surfer d'Argent fait sa première apparition en 1966
dans le numéro 48 de la série "Fantastic Four".
Créé par Stan Lee (qui, comme dans le premier épisode,
fait une brève apparition dans le film lors du mariage
)
et Jack Kirby pendant les prémices de l'explosion de la
contre-culture américaine des années 60, le Surfer
d'Argent est devenu un personnage incontournable de l'univers
Marvel. Très souvent présent dans les aventures
des 4 Fantastiques, plusieurs séries à son nom seront
aussi publiées et totaliseront 146 numéros en l'espace
d'une trentaine d'années.
Né sous le nom de Norrin Radd, le Surfer d'Argent est une
des entités cosmiques les plus nobles et les plus tourmentées
de l'univers Marvel. Errant à travers l'espace sur son
surf, il peut absorber et manipuler les énergies cosmiques
de l'univers. En sacrifiant sa vie au service de Galactus pour
sauver sa planète et la femme qu'il aime, il accède
véritablement au statut de héros tragique. En faisant
cela, il devient le héraut de son maître et provoque
la destruction d'autres planètes et espèces partout
dans l'univers.
Ce film à grand renfort d'effets spéciaux (comme
la course poursuite de la torche avec le Surfer dans la ville),
parvient à nous faire passer un moment agréable.
Shrek le troisième
Réalisé par Chris Miller.
Avec Alain Chabat, Med Hondo, Barbara Tissier Plus
Film américain.
Les aventures de l'ogre des marais ont encore de beaux jours devant
elles. Après Shrek, Shrek 2 et le petit dernier Shrek Le
Troisième, la saga promet de s'agrandir d'ici 2010 avec
la sortie de Shrek 4 ! Et ce n'est pas fini
Depuis ses premiers
pas en 2001, Shrek a crée autour de lui une mythologie
tellement forte que des personnages secondaires sont aujourd'hui
pressentis pour des "spin-off". En l'occurrence, Le
Chat Potté aura droit à sa première aventure
solo en 2010.
Comme à son habitude Shrek s'empare de tous les mythes
et, cette fois, ce sont les Chevaliers de la Table ronde qui en
prennent pour leur grade ! Dans l'univers de l'ogre des marais,
le roi Arthur est un rebelle doublé d'un loser. Bien évidemment,
le Roi Arthur n'est pas le seul à passer dans la moulinette
Dreamworks. D'autres personnages symboliques, tels que Merlin
l'Enchanteur et Sir Lancelot sont parodiés à souhait.
Quant à la dame du Lac, elle apparaît sous des traits
assez étonnants
Ce nouvel épisode ne perd en rien de sa verve comique et
de son ton un peu subversif. Fort de son trio gagnant (l'ogre,
l'âne et le chat), Shrek 3 surfe encore sur la vague d'un
succès certain en offrant des gags à gogo, des nouveaux
personnages fort sympathiques (Merlin, Blanche Neige etc.) et
un graphisme hallucinant. En effet, Dreamworks se démarque
une nouvelle fois par une qualité technique en nette amélioration
depuis le premier épisode. Alors que les deux premiers
épisodes de la saga avaient été sélectionnés
pour le Festival de Cannes, Shrek le troisième ne montera
jamais les célèbres marches. D'ailleurs, aucun film
d'animation ne figure dans la compétition cannoise de 2007.
Nominés en 2001 et en 2004, Shrek et Shrek 2 avaient crée
la surprise et montré qu'un long-métrage d'animation
avait sa place à Cannes.
Qu'importe que le film soit primé ou non, les petits et
les grands auront de grandes joies à le voir car il est
difficile de résister devant le couple le plus glamour
de la planète: Shrek et Fiona !
Cinéma
Dhamaal
Comédie de Indra Kumar
Avec Sanjay Dutt, Arshad Warsi, Riteish Deshmukh
Un quatuor de bandits calamiteux se retrouve devant le cadavre
d'un criminel et s'attire ensuite les pires ennuis. Ils ne sont
pas antipathiques, pas sympathiques non plus. Ils sont juste à
l'image de toute production bollywoodienne: caricaturale et décousue.
Indra Kumar, après le succès de Pyare Mohun,
a réuni le duo de choc de Lage Raho Munnabhai, Sanjay
Dutt et Arshad Warsi pour cette comédie truculente. Le
réalisateur, selon la critique indienne, réussit
à insuffler de la gravité qui ne pèse pas
et une loufoquerie qui n'est jamais ridicule. Sanjay Dutt se révèle
irrésistible dans la peau d'un policier victime de la colère
de ses supérieurs. Dans cette guerre de nerfs, le policier
et les bandits finissent par faire la paix. La partition musicale
est l'oeuvre de Adnan Sami. Le scénario n'est guère
surprenant. Ce qui risque de décevoir les fans de Sanjay
Dutt en liberté conditionnelle depuis la semaine dernière
suite à sa condamnation de six ans pour les attentats meurtriers
de 1993 à Mumbai.
Derrière un fait divers meurtrier se dessine le profil
de cinq personnages, l'inspecteur de police Kabir Nayak (Sanjay
Dutt), Roy (Riteish Deshmuck) détective privé, Aditya
(Arshad Warsi) musicien raté, Manav (Javed Jaffrey) l'idiot
de service et Boman (Ashish Chowdhry) personnage sympathique mais
qui attire sur lui toutes sortes de problèmes. Roy, Aditya,
Manav et Boman sont heureux dans leurs rôles de petits truands
jusqu'au jour où ils tentent de sauver Bose (Prem Chopra)
un bandit notoire. Ce criminel est aussi recherché depuis
dix ans par l'inspecteur Kabir Nayak. Alors qu'il était
sur le point d'accomplir sa mission, il découvre Bose,
mort. Il oriente son enquête vers le quatuor de malfaiteurs
People
Dix ans après la mort de Lady Di : le mythe déchu
Le 31 août 1997, la princesse Diana et Dodi al-Fayed mouraient
tragiquement à Paris, créant une immense émotion.
Dix ans après l'accident qui coûta la vie à
la princesse Diana, son ami Dodi et leur chauffeur, la ferveur
populaire s'est peu à peu tarie.
Un "Dianaland" kitsch dans les Midlands, une fontaine
à Hyde Park constamment en panne, une petite aire de jeux
pour enfants à Kensington Gardens et un sinistre mémorial
au pied d'un escalier du grand magasin Harrods: il reste peu de
chose de l'émotion qui avait saisi les Britanniques après
l'accident. Les donations du public au Diana Princess of Wales
Memorial Fund sont tombées de 20 millions de livres (48,2
millions de francs) en 1997 à 222 000 livres en 2006.
Pleine de compassion, mais manipulatrice
À lire les sondages, les Windsor ont regagné leur
prestige. Aujourd'hui, 38% des Britanniques accepteraient une
reine Camilla, l'ennemie jurée de Diana, contre 15% il
y a dix ans.
Que s'est-il passé dans l'intervalle ? Le royaume est d'abord
embarrassé par son identification à l'époque
avec une personnalité certes pleine de compassion, mais
manipulatrice, certes victime de la vindicte royale mais aussi
d'une phobie de la persécution.
Un deuxième élément est la chute de popularité
des deux héros du jour, Lord Spencer, le frère de
Diana, et Mohammed al-Fayed, le père de Dodi. Après
les obsèques, Charles Spencer, grâce à son
discours anti Windsor à l'abbaye de Westminster, est au
sommet de la popularité, et le royaume partage le deuil
d'Al Fayed. Pourtant, leurs erreurs provoqueront un formidable
revirement de l'opinion publique en faveur de la souveraine et
de l'héritier au trône. Le navrant spectacle du divorce
hyper médiatisé du cadet de Diana en Afrique du
Sud, survenu deux mois seulement après les funérailles,
lui a donné un profil de coureur de jupons impénitent.
Mohammed al-Fayed, autrefois applaudi, est devenu l'autre méchant
de cette saga. Ses accusations fantasques contre la famille royale
choquent. Dans son rapport publié le 14 décembre
2006, l'ex-chef de Scotland Yard, Lord Stevens, écarte
catégoriquement la théorie de la conspiration. À
l'issue de l'enquête de trois ans menée par la police
britannique, " Opération Paget " conclut qu'il
n'y a aucune preuve permettant d'établir un lien entre
le mari de la reine et les services secrets britanniques MI6,
comme l'affirme Mohamed Al Fayed.
Une monarchie à l'image redorée
Enfin, le succès du film de Stephen Frears The Queen, dont
la reine est l'héroïne, souligne la reconquête
de l'opinion orchestrée par les Windsor. La monarchie a
modernisé son image grâce notamment au recrutement
d'une nouvelle génération de courtisans et à
l'aide de conseillers en communications hors pair.
De nos jours, une majorité des sujets souhaitent voir le
prince Charles succéder à sa mère. Les Britanniques
sont redevenus légitimistes, considérant la monarchie,
malgré les scandales des années 90, comme un point
fixe dans la tourmente.
(extrait de la tribune de Genève)
Diana était "la meilleure mère du monde",
se souvient le prince Harry
Dix ans après la mort de Lady Di, son fils cadet, le prince
Harry, a fait l'éloge de "la meilleure mère
du monde", lors de la messe célébrée
vendredi en la Chapelle des Gardes, près du palais de Buckingham
à Londres, dix ans jour pour jour après l'accident
de voiture fatal sous le pont de l'Alma à Paris.
"Comme d'autres ont pu l'éprouver, perdre un parent
si brutalement, à un si jeune âge, est incroyablement
dur et triste. Cet événement a changé nos
vies pour toujours, comme ça a dû être le cas
pour quiconque a perdu quelqu'un cette nuit-là",
a déclaré le prince Harry, qui avait 12 ans lorsque
sa mère est morte.
"Mais ce qui est bien plus important pour nous et pour
l'avenir, c'est que nous nous souvenons de notre mère comme
elle aurait aimé que l'on se souvienne d'elle: Quelqu'un
qui aimait s'amuser, quelqu'un de généreux, de terre
à terre et totalement authentique".
"Pour nous, deux enfants aimants, elle était tout
simplement la meilleure mère du monde", a déclaré
le frère cadet du prince William.
La reine Elizabeth II, qui s'était vue reprocher son manque
apparent d'émotion lors de la mort de Diana, participait
à la cérémonie. En revanche, Camilla Parker-Bowles,
qui a épousé l'héritier de la couronne d'Angleterre
en avril 2005, n'y assistait pas. "Après réflexion,
je pense que ma présence pourrait divertir l'attention
de l'objectif réel de l'événement, qui est
de se remémorer la vie et l'uvre de Diana",
avait expliqué l'ancienne maîtresse du prince Charles,
accusée à l'époque d'avoir brisé le
mariage de ce dernier avec Lady Di.
La cérémonie de vendredi était retransmise
en direct par au moins deux chaînes - signe que le pouvoir
télégénique de la princesse a peu faibli.
Cinq cents invités ont été conviés.
Des proches de la princesse, famille ou amis comme le chanteur
Elton John. Le Premier ministre Gordon Brown et ses deux prédécesseurs,
Tony Blair et John Major, ont également assisté
à la cérémonie.
Devant le palais de Kensington, où résidait Diana,
les admirateurs ont déposé bouquets de fleurs, poèmes
et photos à la mémoire de la "princesse
du peuple".
Conservation de la flore et la faune endémique de Maurice
Rs. 2,1 millions pour préserver les passereaux
Un projet de réhabilitation du Cardinal de Maurice (Faudia
rubra) au coût de Rs 2, 1 millions: La HSBC s'engage
sur les trois prochaines années dans une campagne pour
la sauvegarde des espèces en danger en partenariat avec
La Mauritian Wildlife Foundation.
Les passereaux, oiseaux chanteurs, endémiques de Maurice
et menacés d'extinction, feront l'objet d'une grande campagne
de préservation. Au-delà du simple financement,
la HSBC se lance dans un programme de sensibilisation de la population
sur les enjeux de l'environnement. Cette campagne prendra la forme
de marque pages illustrant l'espèce en danger. Le grand
public et les élèves des écoles primaires
sont ciblés. Il faut savoir, par ailleurs, qu'un groupe
de volontaires effectue des visites régulières à
l'île aux Aigrettes où le cardinal de Maurice est
élevé en captivité. L'aide financière
à la MWF servira au maintien de ces oiseaux dans leur habitat
naturel et leur gestion quand ils seront relâchés
dans des zones protégées. Le financement permettra
aussi l'achat de matériaux spécialisés. La
MWF a fait ressortir les risques encourus dans le travail de conservation
de la flore et la faune endémique de Maurice par manque
de soutien financier et autre.
Le Cardinal de Maurice a été classifié espèce
menacée en 2002 par la MWF. Le nombre de ces oiseaux endémiques
est passé de 260 à 93 paires de 1974 à 2003.
L'espèce est élevée en captivité sur
l'île aux Aigrettes (dans un programme de préservation
des passereaux) pour s'assurer de sa survie. On compte 132 oiseaux
de cette espèce sur l'îlot.
Souvenirs
La princesse vue par le poète
Dans notre édition de la semaine dernière, nous
avons eu le privilège de vous proposer les souvenirs que
la princesse indienne Indira Devi, de passage à Maurice,
a gardé de ses premières rencontres avec le poète
mauricien Malcolm de Chazal, en 1968. Pour compléter cette
évocation, nous vous proposons ce que le poète mauricien
a écrit de cette rencontre. Voici la chronique que Malcolm
de Chazal a consacrée à cette rencontre le 19 novembre
1968 dans le quotidien ADVANCE.
Courrier
Je viens de prendre connaissance, avec plaisir, de votre article
dans le journal et suis très heureuse que vous ayez remémoré
l'existence de Malcolm de Chazal.
Beaucoup de personnes ne savent pas que la Fondation existe et
fonctionne sans comité depuis août 2005, date à
laquelle les membres du comité ont été révoqués
avec effet immédiat.
Je garde l'espoir que le gouvernement et le Ministère des
Arts et de la Culture nommeront un nouveau comité dans
un proche avenir.
Salutations.
Claudie Constantin
Coordinatrice
Fondation Malcolm de Chazal
Rue du Vieux Conseil,
Port Louis.
| ||||||||||