m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 2 septembre 2007



  Page d'Histoire—L'établissement du système ministériel à Maurice
  Vendredi à Pailles—Debojit Saha et Vinit Singh : Rythmes endiablés
  Concert de L. Supramaniam et Kavita Krishnamurty, dimanche dernier à Pailles—Virtuosité et voix suave…
  Festival de Théâtre de Port Louis 2007—Une grande diversité de styles
  Le 30 septembre prochain, au Centre Swami Vivekananda—Unique concert des Nouvelles Stars à Pailles
  Bientôt à Cité Vallijee—Un atelier de musique pour forger les talents
  L'électricité 15% plus cher à partir de ce mois—Le débranchement !
  Biodiversité végétale—Conservation des forêts indigènes : une stratégie nationale fin 2007
  Surtitre—Ile Plate, île Ronde, Îlot Gabriel: Respecter les réserves naturelles
  Nouveautés et coups de cœur—Natasha Appanah:Les ombres de l'Histoire
  Santé—Peut-on prévenir le cancer du côlon ou en guérir ?
  Cinema—Les 4 Fantastiques
  Cinéma—Dhamaal
  People—Dix ans après la mort de Lady Di : le mythe déchu
  Conservation de la flore et la faune endémique de Maurice—Rs. 2,1 millions pour préserver les passereaux
  Souvenirs—La princesse vue par le poète


Page d'Histoire

L'établissement du système ministériel à Maurice

Le 5 juillet 1957, dans un communiqué adressé à toute la presse du pays, le gouverneur anglais, Sir Robert Scott, fait savoir à la population qu'il a désigné cinq politiciens mauriciens qui siégeront au Conseil Exécutif élargi de la colonie britannique de l'île Maurice. Le Conseil Exécutif était, à l'époque, l'équivalent du Conseil des ministres de nos jours et les cinq personnes choisies par le gouverneur sont Joseph Guy Forget, Peter Gérald Raymond Rault, Renganaden Seeneevassen, Harilall Ramchordas Vaghjee (tous des travaillistes) et l'indépendant Louis Abel Célestin. La démarche du gouverneur Scott, approuvée par le Secrétaire d'État britannique aux colonies, Lord John Profumo, a pour objectif l'établissement du système ministériel dans le pays tel que cela fut décidé, deux ans plus tôt à une Conférence constitutionnelle à Londres et reconfirmé par un accord, Le London Agreement, en début 1957, rendu nécessaire suite à un profond désaccord autour de l'introduction de la Représentation Proportionnelle dans le système électoral mauricien.

La Page d'Histoire de Week-End aujourd'hui revient sur cet événement postindépendance.

Afin de comprendre le contexte législatif de l'époque, il faut d'abord savoir que, sur recommandation de Robert Scott, le Conseil Exécutif élargi se composera de six représentants travaillistes, de trois indépendants et de trois officiels. Dans un télégramme adressé au Bureau Colonial de Londres, Scott souligna qu'il se conformait au paragraphe 5 du London Agreement. Il fallait que le Conseil Exécutif soit élargi de neuf membres afin que le système ministériel puisse entrer en vigueur sur le champ. D'où sa décision de faire entrer au Conseil Exécutif Guy Forget et les quatre autres personnalités précitées. À ces cinq personnalités, dans un télégramme suivant, le gouverneur ajoutera les noms d'Edgar Millien, de Seewoosagur Ramgoolam, de Guy Sauzier et de A.M. Osman. En faisant ses recommandations initiales, le gouverneur précisera qu'il réalise que la proposition de la composition du Conseil Exécutif pourrait ne pas être "in strict conformity with the provisions of paragraphe 4 of the London Agreement". (…) "Having regard to the circumstances that the ministerial system is being effected before the enlargement of the Legislative Council conptemplated in the London Agreement and that the method of election by single transferable vote has had to be used for the last time in respect of four of the Members of Executive Council , I consider the proposed composition fair and reasonable. This arragement derives from the adventitious circumstances to which I have referred above and implies no sort of alteration to the basic principles of the agreed scheme", écrit le gouverneur.

Le feu vert de Profumo

Il ajoute que Millien, Sauzier, Seewoosagur Ramgoolam et A.M. Osman ont été choisis par un vote organisé au sein du Conseil législatif, tandis que pour Abel Célestin et les quatre autres, il a eu des consultations avec les membres du Conseil législatif. Toutefois, le gouverneur se croit obligé de signaler que MM. Célestin, Raymond Rault et Seeneevassen étaient déjà membres du Conseil Exécutif, tandis que les credentials de Guy Forget et Vaghjee sont connus du Secrétaire d'Etat Profumo car ils ont déjà été membres du Conseil législatif.

Le gouverneur Robert Scott avait donc pris des libertés avec les arrangements faits, préalablement, entre les différents partis qui avaient représenté les intérêts divergents des Mauriciens à la Conférence constitutionnelle de Londres de 1955, mais, le Secrétaire d'État aux colonies, le 4 juillet 1957, lui donna quand même son accord pour agir ainsi:

"I have noted the reasons which caused you to feel that during that present transitional stage before effect could be given to the full provisions of the London Agreement and particularly having regard to the unchanged composition of the Legislative Council you would be justified in not applying strictly the formula in paragraph 4 of that document. I agree with your view that there are special circumstances in the introduction of the Ministerial System administratively and wider changes and that the arrangements proposed cannot be regarded as involving any change in the basic principles of the agreed scheme", répondit John Profumo. Avant d'ajouter plus loin… "I trust it will now be possible to proceed with the Ministerial System. I earnestly hope that all in Mauritius will work together in the interests of the Colony as a whole to make this next stage in constitutional development a success".

C'est sur la base du feu vert donné par John Profumo à Sir Robert Scott que le lundi 8 juillet 1957, à 10 h, les personnalités suivantes prennent leurs fonctions et deviennent les touts premiers ministres, entièrement de la population locale, à exercer à ce poste à Maurice:

Ministre pour la coordination des questions financières: Seewoosagur Ramgoolam.

Ministre du Travail: Edgar Millien.

Ministre de la Santé et des Services Sociaux: Guy Forget.

Ministre de l'Instruction et des institutions: Renganaden Seeneevassen.

Ministre des Travaux et des Communications: Guy Sauzier.

Ministres de l'Agriculture et des ressources naturelles: A. M. Osman.

Devinrent également ministres sans portefeuilles assignés des tâches dont la nature devait, toutefois, être sujets à des discussions préliminaires: MM. Harilall Vaghjee, Raymond Rault et le docteur Abel Célestin.

Bissoondoyal et Chadien étaient contre

Mais le système ministériel ne s'imposera pas sans opposition. Deux parlementaires, en particulier, l'insaisissable Sookdeo Bissoondoyal et Francis Chadien furent très mécontents que l'île Maurice ait été, sans doute, la seule colonie britannique au monde à être doté d'un système ministériel avant même que le pays ne soit dirigé, au moins par un Gouvernement Responsable. Abdul Razack Mohamed, en délicatesse déjà avec le Ralliement Mauricien, dont il était leader adjoint avec Jules Koenig, protesta également contre le fait que, selon lui, la communauté musulmane du pays n'était pas adéquatement représentée au Conseil Exécutif malgré la nomination de A.M. Osman comme ministre.

Deux jours avant la nomination des ministres, un débat a lieu au Conseil législatif sur leurs salaires (The Ministers's Salaries Bill). Le gouvernement colonial recommande un salaire annuel de Rs 30 000. Et pour Sookdeo Bissoondoyal et pour le député Francis Chadien (qui avait démissionné du Parti travailliste), tant le poste de ministre que les salaires équivalent à une "trahison envers le pays et envers son peuple". Pour ces deux députés, "jamais n'avait-on vu au monde un pays colonisé avec des ministres locaux avant même que ce pays ne soit doté, au moins, d'un gouvernement autonome, semi-autonome ou d'un gouvernement responsable". Pour le député Chadien, "c'était mettre la charrue devant les bœufs. C'était tromper le peuple". Est-ce juste que l'on vote Rs 30 000 par an pour des personnes qui ont trahi le peuple et le pays, s'interroge Chadien. Avant l'établissement du système ministériel, on aurait dû avoir recours aux élections générales, dit-il. La trahison des travaillistes, selon Francis Chadien "était qu'ils étaient revenus de la Conférence de Londres avec une alternative (le système d'élections par arrondissements ou la représentation proportionnelle à la Suisse) et prétendaient, ensuite, réclamer qu'une commission vienne enquêter sur les effets éventuels de ces deux formules alors qu'ils avaient pour mission de n'accepter à aucun prix la représentation proportionnelle".

Quant à Sookdeo Bissoondoyal, il ne vit dans l'établissement du système ministériel que collusion entre le pouvoir colonial britannique et travaillistes mauriciens. Bissoondoyal se moquera tellement du projet d'établissement du système ministériel qu'il alla jusqu'à se demander si la devise du gouvernement britannique au sujet de ces ministres n'était pas la suivante: "Si je suis ministre,ce n'est pas dans un but sinistre,

sachez seulement que je suis un professionnel,

et l'Etat me doit un sort exceptionnel. Et, le peuple ? Vraiment, vous me le demandez ? Le peuple c'est nous, vous le savez. Tant que Sir Robert sera mon ami, l'on s'émerveillera de notre démocratie !"

Le système ministériel obtint malgré tout l'approbation de la majorité au Conseil législatif. Mais il fallut aussi que le Secrétaire Financier de l'époque, un fonctionnaire britannique, y mit toute sa science pour convaincre les honorables membres. Intervenant au cours des débats comme la procédure parlementaire à l'époque lui en donnait le droit, le Secrétaire Financier se permit d'affirmer "qu'il ne croyait pas au sombre tableau brossé par Bissoondoyal et qu'il était convaincu que l'établissement du système ministériel portera ses fruits à l'avenir et que les ministres sauront être à la hauteur de leurs lourdes responsabilités".

L'ironie de l'Histoire voulut que, si le député Francis Chadien reprit plus tard sa place au sein du Parti travailliste pour être battu par… Sookdeo Bissoondoyal lui-même à Rose-Belle aux élections de 1963, Sookdeo Bissoondoyal lui-même devint… ministre des administrations régionales six ans plus tard dans une première coalition appelée "Gouvernement de tous les Partis".


Vendredi à Pailles

Debojit Saha et Vinit Singh : Rythmes endiablés

De la musique diablement vivante ! C'est ce que nous ont proposé vendredi soir, à Pailles, Debojit Saha, le lauréat et Vinit Singh, le finaliste malheureux de Sa Re Ga Ma Pa Challenge 2005, la finaliste du concours Indian Idol, Neha Kakkar et l'humoriste Sikander. Environ 3 500 personnes ont assisté à ce premier show. Selon Bollywood Events, une grosse foule est attendue cet après-midi, à 15 h, au stade Auguste Vollaire de Flacq, pour le deuxième concert de ces artistes indiens destiné surtout aux jeunes.

Debojit qui assure la première partie du spectacle a, avec son charisme dégingandé, fourni une prestation très remarquée. Il a électrisé la foule avec son jeu de scène très physique, son goût pour l'impro et l'interactivité avec le public. Le crooner a exécuté un répertoire de chansons comprenant les vieux succès de Kishore Kumar et de Manna Dey dont Pal Pal Dil Ke Pas Tum Rahti Ho et les succès du moment comme My heart goes Dam Ma Dam et O Jaaniya Re. Son répertoire a surpris plus d'un par son intimité, sa chaleur, cette douce émotion note à note, distillée à travers des morceaux tout en tendresse.

Mais la salle pleine à craquer attendait avec impatience l'arrivée du petit bonhomme de 18 ans de Uttar Pradesh, Vinit Singh qui a fait une entrée remarquable avec la chanson de Rafi, Chand Mera Dil Chandni Ho Tum de Hum Kissé Se Kum Nahin. Il possède une élégance et une légèreté qui ont masqué les failles du micro qui crachotait de temps en temps. La sincérité, les convictions et la voix de Vinit Singh ont fait vaciller une salle entière. Les jeunes reprennent le refrain de Parda Hai Parda (Amar Ackbar Anthony) et font un triomphe à Vinit Singh. Les fans vont être suspendus à ses lèvres, à ses gestes et à ses mouvements. C'est l'extase lorsqu'il descend parmi la foule. C'était un mélange de communion et de bonheur absolu. Avec Dil Ne Tum Ko Choona Hai où il a été rejoint par une jeune Mauricienne, fan de Aishwarya Rai, il a laissé envoler une voix chaude, juste et harmonieuse. Reprenant les vieux succès de Mohammad Rafi et de Kishore Kumar, il a interprété des chansons tendres et rythmées avec des paroles d'amour.

Neha possède une vérité, une sincérité et une élégance qui ont subjugué le public. Elle se sert d'un style romantique pour vanter les pulsions du cœur avec un morceau de sa chanteuse préférée, la légendaire Lata Mangeshkar, Lag Ja Galé Ke Phir Hashi Raat Ho Na Ho et le grand succès de Don, Ye Mera Dil Pyar Ka Deevana. Le public a aussi repris en chœur, Laila O Laila.

Sikandar Shaikh a fait ressentir les émotions d'Amitabh Bachchan avec un dialogue très populaire de Deewar et les réparties comiques extraites de Sholay.

Les gagnants de Hum Tum, Shalinee et Nagesra, ont servi de prélude à ce concert avec un morceau de Salaam-E-Ishq. L'orchestre de Hum Bhi s'est bien tiré d'affaire. Sans plus !

Bollywood Events propose d'autres morceaux entraînants cet après-midi, à 15 h, au stade Auguste Vollaire, à Flacq. Les billets sont en vente à Rs 300 dans les magasins Mikado et les supermarchés Winners. Les étudiants sur présentation de leur carte d'étudiant auront seulement Rs 200 à débourser pour le billet d'entrée. Les premiers à faire leur entrée au stade, obtiendront dans la limite du stock disponible, des t-shirts dédicacés par Debojit et Vinit.


Concert de L. Supramaniam et Kavita Krishnamurty, dimanche dernier à Pailles

Virtuosité et voix suave…

Le Dr L. Subramaniam, considéré comme l'un des plus grands virtuoses du violon au monde, n'a pas failli à sa réputation mondiale, dimanche soir, au centre Swami Vivekananda à Pailles. Dans un répertoire classique qui convenait mieux à son tempérament, tantôt en solo tantôt en duo avec son épouse Kavita Krishnamurthy et son fils Ambhi, il a exploré toutes les possibilités expressives du violon l'enrichissant d'audaces impensables avec des harmoniques doubles et des registres suraigus.

Le virtuose a gratifié le public d'un récital où le jazz et les musiques du monde ont fusionné. Lorsque Kavita l'a rejoint pour le morceau fusion Ganga, on a été séduit par la rigoureuse originalité de ce morceau, par son invention mélodique, incisive et subtile. Il a également rendu, par un morceau très émouvant, un vibrant hommage à son frère aîné, disparu. Son fils Ambhi a déjà l'étoffe d'une vedette et on peut dire que la relève est assurée dans ce domaine. Avec son célèbre père, il sait faire corps avec son orchestre. Les percussions suivent harmonieusement la musique du maître, le courant d'harmonies audacieuses.

Kavita Krishnamurthy, chanteuse à la voix suave et profonde, a assuré la première partie du spectacle. Son style repose sur une assise rythmique impeccable et de beaux textes. En solo, elle a interprété pour le plus grand bonheur du public les morceaux rythmés de Pyar Hua Chupke Se de 1942, A love story, Dola Re de Devdas, Nimbooda de Hum Dil De Chuké Sanam, Hawa Hawai (Mr India) et de Dheemé Dhemé Gaoun (Zubeidaa). Avec son fils Raju Narayan et sa fille Seeta Bindhu, elle a interprété Sunta Hai Mera Khuda (Pukar).

Cette soirée exceptionnelle, organisée par la Parashakti Peetham Cultural Academy et l'agence Immedia, a tenu toutes ses promesses. Ravin Bacchoo, le coordinateur du centre de Chebel, a remercié le swami Umpathy pour avoir fait les démarches nécessaires pour l'arrivée de la famille Subramaniam et la création prochaine d'une académie de musique.


Festival de Théâtre de Port Louis 2007

Une grande diversité de styles

L'édition 2007 du Festival de Théâtre de Port-Louis est l'occasion de constater, malgré une pratique en crise, la variété des genres entre les générations. Du 6 au 16 septembre, 5 troupes présenteront leurs nouvelles créations sur la scène du Théâtre de Port Louis. Des expériences théâtrales qui confirment des valeurs sûres et témoignent de l'éclosion de nouveaux talents.

"Nou envi ki sa teat la retrouv so lame", dit Rama Poonoosamy d'Immedia (organisateur du festival) pour souligner la contribution de divers partenaires dans la promotion du théâtre à Maurice. "Le Théâtre de Port Louis n'est pas fermé et je souhaite sa rénovation au plus vite", ajoute Reza Issack, le Lord maire, qui a donné l'assurance des mesures prises pour le bon déroulement du festival sous le patronage de la Mairie de Port Louis. Il a ajouté que d'ici la fin de l'année un plan sera dégagé pour décider de la rénovation du théâtre. La création théâtrale a accompli ces derniers temps un bond qualitatif. On connaît le succès populaire de certaines troupes. La plupart d'entre elles seront au rendez-vous cette année pour cet événement incontournable dans le secteur.

5 troupes (auteur, metteur en scène et comédiens) présenteront des créations souvent liées à l'actualité quotidienne. Le coup d'envoi du festival sera donné le 6 septembre avec la présentation de Zafer lakur Fami Beber, de la troupe rodriguaise Dark Crystal. 7 comédiens de l'île et un de Maurice évolueront dans une pièce sur l'avortement. Une réflexion sur une question d'actualité à Rodrigues, nous dit Luc Clair, auteur et metteur en scène de la pièce. L'Academy of Film & Theatre présente Golmaal. L'auteur Bulrum Tacouri parle d'une pièce autour du cafouillage dans un pays où le leader du parti au pouvoir exerce une sorte de dictature. Il est question d'un journaliste qui tombe dans les filets d'une fameuse squad.

La troupe Sapsiway est moins loquace sur sa création : Pou Enn Fwa, de Gaston Valayden. La pièce pourrait se résumer, selon l'auteur, à cette petite phrase : "Dans tunel nu lavi pena la limiere dan bout". La troupe Komiko, sous la direction de Miselaine Duval, donne l'assurance d'un spectacle marqué par la recherche autour d'une question : la Promesse. Ce festival national sera aussi marqué par la présentation de Solisyon dan ou lamé de Quisnarajoo Ramana (Mauritius Drama League). L'auteur s'aventure pour la première fois dans une création théâtrale autour du fléau de l'alcool et la souffrance qui en découle. Un message à la clé : Attention à sa fleau la !

Chaque pièce sera présentée deux fois. Les genres varient du théâtre populaire conduits par des pionniers aux pièces avec des accents plus dramatiques.

Programme

Jeudi 6 septembre : Zafer Lakur Fami Beber, Dark crystal.

Vendredi 7 septembre : Golmaal, Academy of Film & Theatre.

Samedi 8 septembre : Promes, Komiko.

Dimanche 9 septembre : Zafer Lakur fami Beber.

Mardi 11 septembre : Golmaal, Academy of Film & Theatre.

Mercredi 12 septembre : Pou Enn Fwa, Trup Sapsiway.

Jeudi 13 septembre : Promes, Komiko.

Vendredi 14 septembre : Solisyon dan ou lamé, Mauritius Drama League.

Samedi 15 septembre : Pou Enn Fwa, Trup Sapsiway.

Dimanche 16 septembre : Solisyon dan ou lamé, Mauritius Drama League.

Du lundi au samedi : spectacle à 20h.

Le dimanche à 14h.

Billets disponibles chez Immedia (Tel 208 1030) et au Théâtre de Port Louis avant chaque spectacle.


Le 30 septembre prochain, au Centre Swami Vivekananda

Unique concert des Nouvelles Stars à Pailles

Julien, Tigane, Gaetane, Pierre et Julie, les finalistes de l'émission de la chaîne française M6, La Nouvelle Star, donneront un unique concert, comme annoncé par Week-End, le 30 septembre, au Centre Swami Vivekananda, Pailles. De 17h à 21 h, les fans de cette émission de télé crochet pourront voir évoluer les cinq finalistes qui donneront en live un aperçu de leurs talents. En duos, trios, ou solo, ils reprendront leur hymne, Le Troisième Sexe d'Indochine, et bien d'autres titres revisités avec brio au cours de la dernière saison de La Nouvelle Star qui s'est terminée en apothéose le 20 juin dernier, et dont le gagnant est Julien Doré. Ce jeune homme originaire de Nîmes, a marqué cette saison de La Nouvelle Star, par son talent, mais aussi par sa personnalité, son originalité et son univers particulier. Ce concert unique, organisé par Events Mauritius, conjointement par la compagnie mauricienne Bao Communication et Hémisphère Events (dirigée par le Réunionnais Yvan Sudre, à qui l'on doit la venue de Raphaël en 2006), s'inscrit dans le cadre de la tournée officielle de la Nouvelle Star 2007. Les chanteurs, qui seront à Maurice à partir du 29, se produiront la veille, à l'île de la Réunion. Les cinq finalistes de l'émission de télé crochet, réadaptée dans le contexte français suivant l'émission anglaise Pop Idol, connaissent un succès grandissant depuis qu'ils ont quitté le Pavillon Baltard, à Paris, où ils ont été appelés à se produire en live intégral, devant le jury, composé de la chanteuse Marianne James, le compositeur André Manoukian, le batteur Manu Katché et le producteur Dove Attia. Ces derniers, rappelons-le, ont dû faire face à des candidats redoublant d'originalité, d'audace, et de vrai talent musical, que nous avons pu suivre au fil des primes hebdomadaires diffusés sur M6. Le public mauricien aura ainsi l'occasion d'apprécier leurs idoles sur la scène mauricienne. Quelque 4 000 personnes sont attendues à cet événement d'envergure dans le paysage musical, dont les billets (vendus uniquement en prévente) seront distribués par le Rézo Otayo. Les places debout coûteront Rs 450 et sur les gradins Rs 600. À noter que la première partie du concert sera assurée par le groupe mauricien Crossbreed.


Bientôt à Cité Vallijee

Un atelier de musique pour forger les talents

Les yeux écarquillés, des enfants écoutent attentivement la mélodie rythmée des percussions et de la guitare basse de Clyde Armoogum. Au fur et à mesure les musiciens assis en demi-cercle, accélèrent le tempo. Pas un mot. Les percussionnistes et le bassiste laissent les visiteurs qui franchissent la porte du centre communautaire le loisir de (re) découvrir les sons, la musique et les instruments. "C'est aux enfants et à tous ceux intéressés d'apprendre à faire leur choix. Ils opteront pour un instrument selon leur coup de cœur", avance Bruno Widley, percussionniste. Le jeune homme, membre actif de l'Association Sable Noir, explique que celle-ci prépare la mise en place d'un atelier de musique pour les habitants de la cité. Pour les encourager à s'y inscrire, les artistes de l'association ont, durant deux jours, vendredi et samedi dernier, animé une séance musicale au centre. Pour informer les habitants sur l'arrivée de l'atelier, l'association a compté sur un mode infaillible. Et Bruno Widley d'expliquer, "comme les nouvelles vont vite dans les cités, la communication s'est faite de bouche à oreille." Une fois les apprenants inscrits, ils seront répartis en groupe. L'idée d'un atelier de musique dans la cité ne date pas d'hier. "Nous avions été initiés aux percussions depuis 1993. Menwar en a été pour quelque chose ! D'ailleurs, grâce à notre formation plusieurs d'entre nous ont eu l'occasion de l'accompagner, ici et ailleurs, pour des spectacles. Maintenant, c'est à notre tour de prendre le relais et d'en faire autant pour les autres, surtout les enfants", explique Bruno Widley. Pour l'instant, les musiciens de Sable Noir n'ont que leur volonté et leurs instruments pour concrétiser leur projet. Le centre a été mis à leur disposition pour accueillir les apprenants. Cet atelier, explique encore, notre interlocuteur est non seulement un moyen de forger les talents de Vallijee, mais se pose également en alternatif aux pièges de la rue. Cette initiative ne peut que renforcer le réservoir d'artistes qu'est la cité Vallijee. Parmi ceux-ci, les Steel Boyz Band.


News-Un sixième album pour Sandra Mayotte

Remise de son opération du cœur, la chanteuse Sandra Mayotte, s'apprête à sortir un sixième album. Encore fragile, après l'expérience difficile qu'elle a traversée, il y a peu, Sandra Mayotte est cependant, plus que jamais, déterminée, à prendre une belle revanche sur la vie. "J'ai envie de vivre ! Et pour sentir que je suis toujours en vie, j'ai besoin de faire quelque chose", nous confie la chanteuse. De plus, la jeune femme a reçu l'aval de son médecin pour reprendre le cours normal de sa vie… mais en douceur. Nous présentant son prochain opus, Sandra Mayotte confie que celui-ci comprendra une dizaine de titres, tous des inédits. Même que cette fois-ci, elle a pris le temps d'écrire deux chansons. "Je dois dire que j'ai été très inspirée quand j'étais à l'hôpital", confie-t-elle encore. Cet album portera les couleurs de l'amour et renfermera sans aucun doute des surprises. Entrant au studio très bientôt, Sandra Mayotte, égérie de Geda production, sera en mesure de présenter son sixième album à son public en octobre prochain.

Le come-back de System R

System R, qui avait habitué le public à un ragga particulier où plusieurs styles trouvaient leur compte, revient très bientôt dans les bacs. En effet, le groupe dont le dernier succès était la fameuse reprise, Lagren kafé, s'était évaporé de la scène locale, avant d'être repêché par un nouveau producteur, en l'occurrence Gérard Louis. Ce dernier, qui est convaincu du talent de cette formation masculine, l'a encouragé à prendre un nouveau virage musical. Ainsi, le prochain album de System R comprendra des morceaux orientés davantage vers le reggae et le seggae. Quoi qu'il en soit, le retour de System R est très attendu !

Natty Jah: Les Réunionnais d'abord

Ce sont les Réunionnais qui auront l'occasion d'apprécier le troisième album de l'interprète de Vanité. En effet, Natty Jah qui rallongera bientôt sa discographie, réserve la surprise, d'abord, à nos voisins, lesquels découvriront le CD du chanteur mauricien en octobre prochain. Promotion oblige, le marché réunionnais reste un secteur important pour nos artistes

Nou Amizé: En attendant la Citadelle

C'est un passage sur scène, très attendu que celui réservé par les cinq anciens compagnons de route. Donnant rendez-vous au public à la Citadelle, le 29 prochain, Désiré François, Alain Ramanissum, Gérard Louis, Bruno François et Alain Lafleur seront réunis comme au bon vieux temps. Comme à l'époque où Cassiya était numéro un dans l'hémicycle de la chanson mauricienne et même réunionnaise. Désiré François reprendra les chansons qu'il a défendues de même que les quatre titres (Kontan, Débarder, Nou tou pareil et Kamarad) de l'album Nou Amizé… Gérard Louis, en fera de même avec Magdalina et Pa souet maler, tandis que les deux Alain de la bande reprendront Arrété ,Maléré, Emmanuel et Ki pou arrivé. À vrai dire, Nou amizé, Séga Cassiya, Kontan aurait pu figurer parmi les autres albums de la longue discographie du groupe, laquelle commence en 1993 ! Le passage des compagnons sur scène, le 29, réveillera un sentiment nostalgique auprès des inconditionnels du groupe. Maintenant que les retrouvailles sont faites, il reste à Gérard Louis de présenter son album solo au public. Le chanteur et musicien qui a rangé au fond d'un tiroir un CD prêt à être lancé, explique que celui-ci lui a donné l'occasion de rendre un hommage très personnel à son ami, l'harmoniciste Sylvio Ravina. Et ceci à travers le morceau Enn 5 er di matin bor lamer. Cet album, dont il préfère taire le titre pour l'instant, aura pour invité Désiré François entre autres…


CD-Bayé Coco, Marclaine Antoine

Marclaine Antoine, fait les choses à l'envers ! Le vieux routier qui a fêté ses 50 ans de carrière, récemment, a fait un cadeau au public. En retour, il peut être certain qu'il fait partie de ces artistes incontournable de la musique mauricienne. Bayé Coco reste un cadeau assez spécial, puisqu'il ne renferme que des compositions musicales, reprises par l'artiste. De Besame Mucho, Tizan Lipié coupé, Wheels, en passant par un pot pourri typiquement local, il interprète à sa façon les grands classiques qui ont fait danser plus d'un.


L'électricité 15% plus cher à partir de ce mois

Le débranchement !

C'est maintenant confirmé : l'électricité coûtera 15% plus cher, en moyenne, à compter de ce mois de septembre. Une décision rendue nécessaire, selon le Central Electricity Board (CEB), en raison de déficits accumulés dus à la hausse des intrants de production - huile lourde et charbon - et de l'augmentation des intérêts payables en devises fortes à l'emprunt. Insatisfaite de cette explication qu'elle juge "récurrente" de la part du "board" pour justifier, régulièrement, chaque révision tarifaire à la hausse, l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) critique ce qu'elle estime être l'absence d'une politique énergétique nationale "cohérente". Elle appelle, en conséquence, les abonnés à suspendre, jusqu'à nouvel ordre, le paiement de leurs factures à compter celle de septembre.

La révision tarifaire ratifiée par le comité de direction du CEB, lundi s'établit comme suit : hausse de 17% pour les commerces ; 15% de plus pour les industries et augmentation de 14% pour les abonnés résidentiels. Dans ce dernier cas, ceux consommant moins de 75 kWh, soit, quelque 35,000 abonnés sur environ 315,000 clients résidentiels ne paieront que 5% de plus.

La dernière hausse tarifaire de l'électricité remonte à janvier de l'année dernière et avait, notamment, été de l'ordre de 10% pour les abonnés résidentiels. Le CEB met en avant ses pertes consécutives dont Rs 1,147 million pour l'année 2006 et Rs 207 millions rien que pour les six premiers mois de 2007 pour justifier cette nouvelle augmentation de ses tarifs.

Toujours selon le "board", ces pertes sont dues à la hausse du prix de l'huile lourde de près de 75% en deux ans et de celle du charbon de quelque 50%. Le CEB explique encore que la dépréciation continue de la roupie par rapport, notamment, au dollar américain et à l'euro fait que le repaiement en ces devises fortes des intérêts à l'emprunt s'est considérablement accru.

Ces explications, "récurrentes", selon l'ACIM, à chaque hausse tarifaire, ne satisfont pas l'association des consommateurs. "Après la dernière augmentation qui ne remonte qu'à janvier 2006 et celle de ce mois de septembre, faut-il comprendre que de telles hausses tarifaires sont comme une fatalité ?", se demande, ainsi, M. Jayen Chellum, porte-parole de l'association.

"Abonnés, dindon de la farce"

Alors que, selon lui, la "première priorité", en matière de production d'électricité, est de diminuer la dépendance, notamment, sur l'huile lourde, par l'accroissement de la production à partir de la bagasse, Jayen Chellum dit avoir l'impression que, sous ce rapport, les consommateurs sont "le dindon de la farce du tug-of-war entre le gouvernement et l'industrie sucrière".

Alors que, dit-il, le gouvernement semble opter pour une centrale fonctionnant exclusivement au charbon, et le ministre de tutelle et le président du comité de direction du CEB n'ont fait allusion, lors du récent débat, à la télévision, de la production à partir de la bagasse.

Le porte-parole de l'ACIM parle d'"absence de politique énergétique cohérente" en évoquant la "mort dans l'œuf" du projet d'énergie éolienne qui avait bénéficié du soutien des autorités indiennes de même que la sous-utilisation de l'énergie solaire. Sous ce dernier rapport, M. Chellum trouve "révélateur" qu'à la Réunion, 30% des chauffe-eaux fonctionnent à l'énergie solaire contre seulement 7% à Maurice.

Jayen Chellum qui souligne que l'ACIM attend toujours, depuis 2000, la création d'un corps régulateur qui serait, notamment, investi du pouvoir de justifier ou pas toute nouvelle hausse des tarifs d'électricité s'interroge sur les "moyens réels" mis en chantier par le CEB pour combattre les fraudes sur son réseau.

Il évoque des "lourdes dettes" qui auraient été "written-off" dans le passé et s'interroge sur l'utilité pour le CEB de se payer les services d'un président à plein temps "avec les privilèges associés" alors même que, dit-il, "on demande aux abonnés de casquer pour les pertes ! Quand est-il, par ailleurs, de la promesse de révision du contrat de fourniture à prix fort signé avec la centrale de Belle-Vue ?"

Outre le poids "conséquent" que représente, en soi, pour l'abonné, une hausse de 14% sur la facture résidentielle, l'ACIM prévoit que cette nouvelle augmentation tarifaire aura un effet boule-de-neige sur les prix de produits d'utilité courante, notamment, les produits alimentaires frigorifiés déjà sujets à une forte inflation.

L'association des consommateurs qui ne se satisfait pas des explications justifiant cette révision tarifaire appelle, en conséquence, les abonnés du CEB à suspendre jusqu'à nouvel ordre, à compter ce mois de septembre, le paiement de leurs factures d'électricité. M. Chellum explique que ce mot d'ordre vise aussi à dénoncer la "politique d'information partiale et antidémocratique" de la MBC/tv dont la redevance de Rs 100 est amalgamée à la facture d'électricité.


Économiser l'énergie électrique-Heure d'été, tarifs différenciés, ampoules économiques…

Compte tenu du poids toujours grandissant de la facture d'électricité tant sur le budget de l'Etat que sur celui des ménages et des entrepreneurs, économiser l'énergie électrique devient, de plus en plus un impératif.

En 1982, alors que le pays était en pleine crise économique, le nouveau gouvernement du changement MMM/PSM devait introduire à Maurice l'Heure d'été. Le but visé était de faire que la plupart des activités économiques démarrent plus tôt en été.

Il était question de prendre le maximum d'avantages de la plus longue période d'ensoleillement des mois d'été et, ainsi, économiser l'énergie. Mis à l'essai, ce projet qui avait, semble-t-il, bouleversé certaines habitudes mais ne devait, toutefois, pas durer.

Plus récemment, certaines entreprises particulièrement énergivores se sont dotées d'équipements capables de diminuer leur consommation d'énergie électrique. Au Central Electricity Board (CEB), il a aussi été question de l'introduction de tarifs différenciés selon les heures en vue de réduire la pression sur la demande durant la période de pointe qui se situe entre 18h00 et 21h00.

Sur un plan plus pratique, l'architecture des bâtiments de même que la disposition intérieure du mobilier peut aider à une meilleure luminosité ne nécessitant pas l'utilisation de la lumière électrique durant la journée. De même, l'utilisation de couleurs sombres est à éviter pour peindre les parois intérieures des pièces.

Il est, par ailleurs, recommandé de s'équiper d'ampoules économiques et autres tubes fluorescents plutôt que d'ampoules à filament plus énergivores. Il est, de même, recommandé de faire intégralement le repassage des linges. Attendre aussi pour que le lave-linges soit mis en fonction à sa capacité maximale.


Biodiversité végétale

Conservation des forêts indigènes : une stratégie nationale fin 2007

L'état de conservation global de nos espèces végétales est dans le rouge. Maurice possède une des flores les plus menacées au monde. Le dernier rapport annuel du MSIRI fait état d'un chiffre alarmant, moins de 2%, c'est ce qui reste de nos forêts indigènes. Les pratiques directes (déforestation) ou indirectes (espèces invasives) ont accéléré de manière dramatique la disparition de nombreuses espèces végétales. Aussi, une stratégie a été dégagée avec l'aide d'un consultant étranger pour préciser la position de Maurice face à la situation. La National Invasive Alien Species Strategy for Mauritius sera prête d'ici fin 2007. Les botanistes s'accordent à dire qu'il faut une attention particulière aux espèces végétales menacées et envisagent les actions nécessaires face au déclin de notre biodiversité.

Elle est principalement concernée par les questions liées à l'écologie et la conservation. Claudia Baider, botaniste, en charge de l'Herbier de Maurice au Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI), dit sans détours que les scénarios les plus réalistes actuellement prévoient que la majorité de nos espèces végétales est menacée de disparition. Le public, dit-elle, n'est pas vraiment conscient de l'importance de nos forêts indigènes. La moitié de nos plantes sont uniques au monde. Nous avons perdu une partie de notre flore. Il faut à présent reclassifier les espèces en voie de disparition. L'espoir est de revoir une végétation luxuriante est mince. La plupart de nos forêts ont été détruites. Que penser des espèces invasives, telle la goyave de chine importée du Brésil ? Ces espèces remplacent graduellement les forêts indigènes. De même les projets de développement dans les zones côtières ont laissé très peu de végétation. De cette biodiversité mise à mal, les scientifiques tentent d'élaborer des stratégies de gestion durable. La National Invasive Alien Species Strategy for Mauritius est attendue d'ici fin 2007.

Face à la disparition des espèces végétales, il est temps de concevoir des études pour faire l'état des lieux des plantes qu'il nous reste et examiner des actions urgentes par rapport à la déforestation, destructrice de la biodiversité culturelle.

Il faut savoir que l'essentiel de nos forêts tropicales se trouve dans le Parc national, la Vallée de Ferney ou dans la région de Port Louis, Le Pouce, Calebasses.

Conserver et étudier la végétation-L'Herbier de Maurice

Il s'agit de la plus grande collection des Mascareignes (Maurice, Rodrigues, la Réunion) sans compter les échantillons qui proviennent de Diego Garcia, Agalega, Saint Brandon, les Seychelles. Premier herbier des Mascareignes par le nombre d'échantillons conservés (plus de 25 000 d'espèces indigènes et exotiques) et par le nombre de types qu'il contient, très représentatif de notre biodiversité végétale.

L'Herbier du MSIRI comprend une vaste collection intégrant les récoltes des premiers botanistes dans l'île en 1770. L'Herbier est un lieu privilégié où viennent travailler des chercheurs sur la végétation de la Mare aux Songes, par exemple. Le public trouvera dans ce lieu une alcootèque (organes conservés en alcool) ou une xylothèque (collection de bois et écorces - la plus emblématique étant le bois d'ébène).

Ce lieu privilégié constitue une partie de l'héritage du pays. Il est important de préserver cette collection, nous dit Claudia Baider. Tout est classifié dans son département. Les informations sont mises à jour. Cette immense collection est en voie d'informatisation. Une banque de données sera accessible au public l'année prochaine.

Le Projet Flore des Mascareignes prêt d'ici 2009

Le Projet Flore des Mascareignes est en quelque sorte une description de toutes les plantes que l'on trouve dans les Mascareignes. Il s'agit d'une collaboration entre l'Herbier de Maurice, MSIRI, les Royal Botanic Gardens, Kew (UK) et le Musée d'Histoire Naturelle de France. En 1973, une population de "Boucle d'oreille", Trochetia boutonia, a été découverte sur la montagne Morne Brabant. L'Herbier de Maurice a assuré sa propagation. Divers volumes de la Flore des Mascareignes ont été publiés entre 1980 et 2000. Dans les années 1990, le Bois nacré (Badula platyphylla) a été redécouvert à Grand Bassin suivie d'autres découvertes: une population de orchid Angraecum, de nouvelles espèces de bois de pomme à Magenta. Mais le début du 21ème siècle a été marqué par la redécouverte au Corps de Garde - 138 ans après la dernière collection - d'une population du plus vieux spécimen déposé à l'Herbier de Maurice: le Trochetia parviflora (Bois de rose). Le Projet des Mascareignes s'est enrichi, entre-temps, de nouvelles espèces telle Cyathea gragaudiana et des orchidées recensées à la Réunion, entre autres.

Diversité et conservation de la flore mauricienne

Relocalisation d'espèces qu'on croyait disparu

Un des plus rares arbres sub-endémiques de Maurice, le Ficus densifolia a été retrouvé dans le Parc national de Gorges de la Rivière Noire. Cet arbre a été coupé en 1968 pour faire place à d'autres plantations. Un deuxième arbre a été localisé à Wooton en 1998 mais a aussi été abattu pour des travaux d'élargissement de la route. Un plan d'action pour la conservation de cette espèce sérieusement menacée est en cours.

De même, une autre plante Myonima vaughanii qu'on croyait disparue a été relocalisée dans la forêt de Brise Fer. Cette espèce endémique de Maurice a été classée "instinct" en 1998. Autre plante déclarée disparue: une variété endémique de petites herbes Oldenlandia sieberi découverte récemment dans la réserve naturelle de l'îlot Gabriel. Une espèce non identifiée Euphorbia, endémique de La Réunion a également été retrouvée à l'îlot Gabriel. La découverte de cette espèce qui pousse dans des endroits rocailleux est un record pour Maurice.

Concernant la conservation des espèces rares, les graines d'une plante endémique sérieusement menacée Danais sulcata, relocalisées par l'Herbier de Maurice en 2004, ont germé. Seules 16 plantes de cette espèce sont connues au monde.

On pourrait citer d'autres exemples de conservation. Au sujet du Tambalocoque, une étude menée a démontré que l'arbre du Dodo est moins menacé dans les régions où les espèces invasives ont été enlevées.

Il faut mentionner aussi les découvertes végétales à Mare aux Songes par l'équipe hollandaise du Dr Ridjsidjk. Une importante quantité de matériaux botaniques a été retrouvée dont les graines du Tambalacoque. Cette connaissance de la végétation permettra de reconstruire l'environnement de plus de 3000 ans de Mare aux Songes.

Par ailleurs, un Native Seed Bank Facility a été mis sur pied à Maurice en partenariat avec le Parc National, le Royal Botanica Gardens, Kew et l'Herbier de Maurice. Ce projet vise à la conservation ex-situ de plantes rares et menacées à Maurice.

Si Maurice possède l'une des flores les plus menacées au monde, la conservation des graines ne pourra remplacer la restoration de l'écosystème à grande échelle mais une utilisation judicieuse des stratégies ex-situ telle le seed-banking pourra à long terme maintenir notre biodiversité.


Surtitre

Ile Plate, île Ronde, Îlot Gabriel: Respecter les réserves naturelles

Si Maurice veut atteindre un développement touristique durable, il faut impérativement protéger ses réserves naturelles. Suite à l'annonce d'un projet d'ecotourisme sut l'îlot Gabriel et la destruction d'une partie de la végétation de l'île et des nids d'oiseaux, la protestation s'élève. Forces vives, habitants de Grand Baie, défenseurs de l'environnement se sont regroupés au sein du Front Commun pou sov nou laplaz. Une marche pacifique est prévue ce matin du Conseil de Village de Grand Baie jusqu'à la plage publique.

Selon le Management Plan for Offshore Islands, 2004, l'îlot Gabriel et l'île Plate (patrimoine national) sont des réserves naturelles. Toute stratégie de développement massif constitue une menace pour l'écosystème fragile de ces îles. Il faut savoir que la profondeur entre Maurice et ses îlots ne dépasse pas les 60 mètres. La végétation et les animaux de ces îles ont évolué différemment depuis le détachement de ces îlots de Maurice. Ile Ronde, Ile Plate, Îlot Gabriel, le Coin de Mire possèdent un écosystème unique au monde. Sur certaines de ces îles, on trouve des reptiles uniques et des plantes endémiques. À titre d'exemple, le Latania loddigesii, palmier endémique poussant de manière naturelle sur les îles au nord de Maurice.

S'agissant de l'îlot Gabriel, il possède le pourcentage le plus élevé de plantes indigènes (Latana camara, une herbe) et une population importante d'oiseaux tropicaux dont le paille-en-queue. La situation actuelle est telle qu'environ huit catamarans avec 400 personnes à bord par jour accostent l'île pour des excursions. Selon les spécialistes, l'îlot Gabriel n'est pas fait pour être loué et subir une pression touristique supplémentaire. La flore et la faune de cet îlot sont menacées par toute installation de structure permanente. Des requins fréquentent le lagon. On y trouve aussi le corail bleu. Tout projet de restaurant risquerait de détruire cette niche de biodiversité. Le Front Commun pou sov nou laplaz préconise des solutions alternatives aux destructions que l'îlot a subies: rendre public le constat des Bois et Forêts sur l'ampleur de la destruction sur l'île, rétablir l'habitat des paille-en-queue, enlever la décoration artificielle fabriquée avec des coraux à l'entrée de l'île, laisser fonctionner les petits opérateurs, entre autres. Si Maurice veut rester une destination unique, il faut éviter toute structure permanente sur l'îlot Gabriel et garder intact son écosystème. Un plan de préservation des îlots comme aux Seychelles est même préconisé.


Nouveautés et coups de cœur

Natasha Appanah:Les ombres de l'Histoire

Dans le Dernier Frère (L'Olivier), Natasha Appanah traite magistralement de la difficulté de se confronter au passé. Avec une pudeur qui épouse la thématique de son dernier roman, elle peint, à travers le souvenir, la rencontre de deux enfants dans "cette prison de Beau-Bassin où étaient enfermés des juifs refoulés de Palestine". La romancière invite le lecteur à démêler avec son narrateur l'écheveau d'une vérité confuse: l'histoire de David, un garçon juif exilé et la fraternisation avec Raj qui lui ressemble comme un frère pour le meilleur et pour le pire. Natasha Appanah signe là un texte puissant qui consiste en des explosions d'images dans une narration agencée par des réseaux de symboles et de motifs récurrents.

Le Dernier frère s'élabore en autant de fragments qui font corps avec le recul d'une vision qui se souvient. Dès l'ouverture tout est dit, mais tout reste à déchiffrer: "Cela fait longtemps que je sais que David est dans ce cimetière, avec les autres, qui sont morts de fatigue, de dysenterie, de typhus, de tristesse, de folie. Pendant les années où le souvenir de David ne me quittait pas un instant, j'étais trop jeune pour venir ici et affronter cela… Il faut croire que je n'ai pas eu le courage et franchement, je pensais que je n'y arriverais jamais. Et voilà, aujourd'hui, parce que j'ai rêvé de David, ça m'a semblé facile, évident, je n'ai pas peur, je ne suis pas triste." Après soixante ans, un vieil homme arrive à percer le douloureux secret d'une rencontre en 1945 et sonder une souffrance dont il a pris conscience. Brouillés par la distance, tous les éléments du roman sont éparpillés sur plus de 200 pages: les fantômes de l'Histoire, le voile jeté sur un passé douloureux qui creuse le silence entre les êtres (l'éloignement de Raj de son père, la perte de ses deux frères); mais aussi le feu d'une enfance qui parvient à se découper un espace de joie dans la nature et la rencontre avec le frère attendu. Tout se passe en huis clos, camp sucrier, prison et même les rares fois où l'on sort on voit la forêt. Le narrateur est un homme plus tout à fait jeune, empêtré dans lui-même, secoué par des rappels de l'enfance et des incursions dans l'Histoire. Il se souvient de son enfance avec ses frères, Anil et Vinod, à Mapou. Le cadre doublement insulaire d'une nature à la fois maternelle et vénéneuse est très prégnant (nous passions de l'enfer du camp au paradis… notre vie de boue et de cendre s'est arrêtée peu après le jour de l'an 1944…). Très vite Raj, le personnage principal, va perdre ses deux frères et fuir avec ses parents le camp de Mapou pour un autre camp à Beau-Bassin là où sont enfermés des réfugiés juifs. L'histoire semble se dérouler sous le rouleau compresseur du destin: "A l'instant même où le tonnerre a crevé, nous avions une impression qu'une main géante et malfaisante venait nous enlever Vinod et Anil et que la maison de Beau-Bassin, la forêt, la prison, la nouvelle école, les longs mois depuis ce jour à Mapou, que tout cela s'était volatisé d'un coup, et notre cœur et notre douleur étaient de nouveau à vif. C'est pour des moments pareils qu'il faudrait un mot pour dire ce qu'on devient à jamais quand on perd un frère, un fils."

À la clôture de l'espace et aux forces du destin, s'opposent la quête et la rencontre avec le dernier frère: "Je retrouvais ma cachette devant les barbelés de la prison, et j'attendais David… On perçoit très rarement le changement en soi, on le voit plus tard à la lumière des événements et de nos réactions… je le sentais ce changement, j'avais l'impression de grandir, de pousser tels les arbres autour de moi et il me semblait que le souffle de la forêt était pour quelque chose. Je restais chétif, mes vêtements dansaient sur moi, ma mère pouvait encore fermer sa main autour de mon mollet mais en moi, il y avait cet espoir nouveau, la promesse d'une vie moins solitaire et le lien qui s'est créé entre David et moi." Raj et David, l'un exilé sans avoir quitté son pays, l'autre déraciné, blessé, hostile à tout climat hostile. Mais la connivence avec la mort est très présente dans le roman: la maison happée, la nature dévoratrice et bientôt David emporté par la maladie.

Cet environnement hostile revêt une valeur ambivalente. Aux objets et aux plantes s'attache une magie tantôt bénéfique, tantôt redoutable. Nous sommes dans un monde peuplé de signes, de breuvages magiques. La perruche rouge s'inscrit dans la thématique du sang. "… la perruche s'est envolée en traçant d'une traînée rouge dans l'air le cercle que nous formions, ma mère, David et moi. C'était magnifique et irréel de le voir tourner comme cela, on aurait dit qu'elle nous bénissait, on aurait dit qu'elle se nourrissait de nous avant de disparaître…"

La dernière partie du roman développe (dans un extrait de presse) la dimension juive qui rend la rencontre avec David significative: le 26 décembre 1940, l'Atlantic accoste à Port Louis avec à son bord quelque 1500 juifs qui fuient le nazisme; ils sont internés à la prison de Beau-Bassin. Au cours de 4 années d'exil, 127 d'entre eux moururent et furent enterrés à Saint Martin. On distingue ainsi la circularité et la symétrie entre le début et la fin du roman (Le narrateur au cimetière Saint Martin, le deuil accompli) et le geste libérateur que l'acte narratif tente d'effectuer. En replongeant dans son passé, le narrateur va se libérer de ses obsessions. Son fil devient le destinataire investi de perpétuer le souvenir: "…je me dis que je raconterai tout à l'heure à mon fils l'histoire de David, pour que lui aussi se souvienne."

Extrait

… je ne savais pas qu'il y avait une guerre mondiale qui durait depuis quatre ans, quand David m'avait demandé, à l'hôpital, si j'étais juif, je ne savais pas ce que ça voulait dire, j'ai dit non parce que j'avais la vague impression que juif désignait une maladie puisque j'étais dans un hôpital, je n'ai jamais entendu parler de l'Allemagne, je ne savais pas grand-chose en réalité. J'avais trouvé David, un ami inespéré, un cadeau tombé du ciel et en ce début d'année 1945, c'est tout qui comptait pour moi.

Pour lui dire que les frères étaient morts, je l'ai imité, j'ai fermé les yeux et j'ai basculé la tête sur le côté. Mais alors, bien sûr, ce nœud qui s'est serré en moi et qui est monté, monté, monté….

Les Bâtisseurs de l'Île Maurice-Pierres tombales et patrimoine

La découverte d'ossements humains autour du cimetière de l'Enfoncement : c'est autour de cette trouvaille et des images du passé qu'est construit Les Bâtisseurs de l'Île Maurice (Héritage, Tamarin, Maurice), ouvrage collectif. Pour l'anecdote : le Père Gabriel Igou, qui a séjourné presque un demi-siècle à Maurice, meurt en 1764 et est enterré au cimetière de l'Enfoncement. Deux siècles et demi après sa mort, la pierre tombale de ce premier curé de Port Louis fait surface le 2 novembre 2005. Une découverte aux alentours du site lors de travaux sur un chantier. Les autorités concernées, les ONG et autres passionnés d'histoire et de patrimoine se sont mobilisés pour la conservation des pierres tombales historiques et les ossements des bâtisseurs de Maurice.

Abondamment illustré, le livre fournit des informations historiques sur une période donnée. Il aborde également des études archéologiques et des questions liées à l'héritage culturel, le patrimoine lié au développement durable. Huit chapitres développés par des spécialistes pour dire l'importance de la sauvegarde du patrimoine local et la transmission de l'Histoire.


Santé

Peut-on prévenir le cancer du côlon ou en guérir ?

Ce fait, pour le moins alarmant, a été souligné dans la presse locale l'année dernière. Une fois le côlon et le rectum atteints par le cancer, le risque que le mal progresse et affecte d'autres tissus et organes du corps est bien réel. Cette métastase* peut mettre à mal toute guérison complète du cancer. Pour faire le tour de la question, Week-End a rencontré le Dr Faisal Abbasakoor, consultant chirurgien général et côlo-rectal et "Surgical Oncologist", dont la formation médicale a été assurée au Royaume-Uni.

Les symptômes du mal sont nombreux - fatigue, faiblesse, modification du transit des selles comme la diarrhée ou constipation, présence de sang dans la selle, perte de poids, douleur à l'abdomen ou gonflement abdominal. Qu'en est-il des causes du cancer côlo-rectal ? "La médecine a établi que le cancer côlo-rectal ne se communique pas d'un sujet à un autre, mais certaines personnes sont plus exposées que d'autres à ce type de cancer," explique le Dr Faisal Abbasakoor. Les facteurs de risque sont connus dont la consommation élevée de graisse, l'antécédent familial, la présence de polypes dans le gros intestin, et la colite ulcéreuse chronique. Toutefois le mal peut être détecté à temps grâce à des tests dont nous parle le Dr Abbasakoor. "Un lavement avec un produit de contraste ou une coloscopie est pratiqué pour confirmer le diagnostic et localiser la tumeur."

Comment prévenir le cancer du côlon

Étant donné que les cancers du côlon sont souvent à un stade avancé au moment de leur détection, le meilleur moyen pour ne pas en arriver là est de les détecter assez tôt et d'enlever les polypes précancéreux avant qu'elles n'évoluent en cancer. Il est significatif que même si le cancer s'est déjà développé, une détection précoce favorise la guérison du mal par une excision chirurgicale du cancer avant que le mal ne se répande à d'autres parties du corps.

"Dans certains pays, à partir de 50 ans, une coloscopie de dépistage du rectum et du colon gauche est recommandée," souligne le Dr Faisal Abbasakoor. La coloscopie est un examen du rectum et du colon à l'aide d'un endoscope flexible. "Des études récentes ont établi que le recours à la coloscopie de dépistage du rectum et du colon gauche peut réduire sensiblement le taux de mortalité par cancer du côlon, un bon résultat que l'on doit à une détection précoce de polypes ou d'un début de cancer chez les patients qui ne présentent aucun symptôme," ajoute le Dr Faisal Abbasakoor. Cependant, si un polype ou un cancer est décelé, une coloscopie complète est recommandée. Il est notable que la plupart de polypes du côlon peuvent être complètement enlevés par la coloscopie sans que l'on ait à recourir à la chirurgie conventionnelle, si bien que la médecine recommande depuis peu le recours au dépistage par coloscopie complète à la place de dépistage du colon gauche seulement pour les individus en bonne santé dans la tranche d'âge 50-55 ans. "Toutefois, on recommande aux patients dont le risque de développer un cancer côlorectal est élevé, de recourir à la coloscopie complète avant l'âge de 50 ans," déclare le Dr Faisal Abbasakoor.

Comment traiter et survivre à un cancer du côlon

Le traitement le plus connu pour le cancer côlo-rectal demeure la chirurgie qui doit respecter les critères oncologiques, mais le pronostic de survie post-opératoire dépend de la progression du cancer. S'il y a eu métastase* les chances de survie sont bien moindres, autrement les patients peuvent s'attendre à vivre plus longtemps.

Toutefois, chez certains patients, la métastase* n'est pas détectable au cours de l'intervention chirurgicale. Ces patients risquent une réapparition locale ou distante de la tumeur. Mais avec la chimiothérapie, il est possible de repousser la réapparition de la tumeur et d'augmenter les chances de survie. D'autre part, la radiothérapie est utilisée dans le traitement du cancer du rectum.

Du fait des risques de résurgence, le suivi s'avère essentiel après la chirurgie. "Le suivi est important après le traitement du cancer côlorectal," prévient notre interlocuteur. Ce suivi se fait de diverses manières dont des examens médicaux et radiographiques, l'échographie, CT scan de l'abdomen et du pelvis et parfois du thorax et des marqueurs tumoraux comme la CEA. Le Dr Faisal Abbasakoor a fait état des mérites de ces divers tests. "Un CEA en hausse peut signifier une résurgence ou une métastase*. Avec un CT scan de l'abdomen et du pelvis on peut détecter la réapparition d'une tumeur au foie, au bassin ou ailleurs, alors qu'une coloscopie est en mesure de mettre à jour la résurgence de polypes ou d'un cancer dans le gros intestin."

B. Burrun

*Amas de cellules cancéreuses consécutif à la dissémination à distance (par voie sanguine ou lymphatique) à partir du foyer primitif.


Cinema

Les 4 Fantastiques

Le quatuor de Marvel se prépare à célébrer le mariage de Sue Storm (Jessica Alba) et Reed Richards (Loan Gruffudd) lorsqu'une nouvelle menace s'abat sur le monde. Un mystérieux personnage surgit de l'espace et provoque d'étranges phénomènes sur la Terre. Nos héros découvriront le dessein secret de cet être aux pouvoirs surprenants et la menace qu'il fait peser sur notre planète, mais ils vont aussi voir ressurgir leur ennemi juré… Face au danger, amis et ennemis vont devoir unir leurs forces comme jamais…

L'événement majeur du début du film est le sensationnel mariage de Reed et Sue. Connu par des générations de fans de la série, ce "Mariage du siècle" eut lieu en 1965 dans le numéro 3 de "Fantastic Four King Size Annual". Dans l'univers Marvel, ce mariage prit une dimension comparable à l'union historique de Lady Di et du Prince Charles. Durant la cérémonie, l'arrivée du Surfer d'Argent provoque partout sur Terre de mystérieuses anomalies et destructions qui obligent les 4 Fantastiques à intervenir.

Ce Surfeur d'argent, est la plus belle créature spatiale qu'on ait rencontrée depuis longtemps sur un écran: une silhouette altière soudée à sa planche et dotée d'une grande noblesse de caractère. Face aux "quatre acteurs", qui ont autant de charisme que des super-jouets, cette figure tragique entièrement conçue et animée par ordinateur donne, paradoxalement, un petit supplément d'émotion et d'épaisseur au divertissement. Animées en CGI (mais modelé sur Doug Jones - le Pan du Labyrinthe - et doublé par Lawrence Fishburne), les apparitions du planchiste tourmenté apportent une tonalité plus sombre et plus mélancolique au film.

Le Surfer d'Argent fait sa première apparition en 1966 dans le numéro 48 de la série "Fantastic Four". Créé par Stan Lee (qui, comme dans le premier épisode, fait une brève apparition dans le film lors du mariage…) et Jack Kirby pendant les prémices de l'explosion de la contre-culture américaine des années 60, le Surfer d'Argent est devenu un personnage incontournable de l'univers Marvel. Très souvent présent dans les aventures des 4 Fantastiques, plusieurs séries à son nom seront aussi publiées et totaliseront 146 numéros en l'espace d'une trentaine d'années.

Né sous le nom de Norrin Radd, le Surfer d'Argent est une des entités cosmiques les plus nobles et les plus tourmentées de l'univers Marvel. Errant à travers l'espace sur son surf, il peut absorber et manipuler les énergies cosmiques de l'univers. En sacrifiant sa vie au service de Galactus pour sauver sa planète et la femme qu'il aime, il accède véritablement au statut de héros tragique. En faisant cela, il devient le héraut de son maître et provoque la destruction d'autres planètes et espèces partout dans l'univers.

Ce film à grand renfort d'effets spéciaux (comme la course poursuite de la torche avec le Surfer dans la ville), parvient à nous faire passer un moment agréable.


Shrek le troisième

Réalisé par Chris Miller.

Avec Alain Chabat, Med Hondo, Barbara Tissier Plus…

Film américain.

Les aventures de l'ogre des marais ont encore de beaux jours devant elles. Après Shrek, Shrek 2 et le petit dernier Shrek Le Troisième, la saga promet de s'agrandir d'ici 2010 avec la sortie de Shrek 4 ! Et ce n'est pas fini… Depuis ses premiers pas en 2001, Shrek a crée autour de lui une mythologie tellement forte que des personnages secondaires sont aujourd'hui pressentis pour des "spin-off". En l'occurrence, Le Chat Potté aura droit à sa première aventure solo en 2010.

Comme à son habitude Shrek s'empare de tous les mythes et, cette fois, ce sont les Chevaliers de la Table ronde qui en prennent pour leur grade ! Dans l'univers de l'ogre des marais, le roi Arthur est un rebelle doublé d'un loser. Bien évidemment, le Roi Arthur n'est pas le seul à passer dans la moulinette Dreamworks. D'autres personnages symboliques, tels que Merlin l'Enchanteur et Sir Lancelot sont parodiés à souhait. Quant à la dame du Lac, elle apparaît sous des traits assez étonnants…

Ce nouvel épisode ne perd en rien de sa verve comique et de son ton un peu subversif. Fort de son trio gagnant (l'ogre, l'âne et le chat), Shrek 3 surfe encore sur la vague d'un succès certain en offrant des gags à gogo, des nouveaux personnages fort sympathiques (Merlin, Blanche Neige etc.) et un graphisme hallucinant. En effet, Dreamworks se démarque une nouvelle fois par une qualité technique en nette amélioration depuis le premier épisode. Alors que les deux premiers épisodes de la saga avaient été sélectionnés pour le Festival de Cannes, Shrek le troisième ne montera jamais les célèbres marches. D'ailleurs, aucun film d'animation ne figure dans la compétition cannoise de 2007. Nominés en 2001 et en 2004, Shrek et Shrek 2 avaient crée la surprise et montré qu'un long-métrage d'animation avait sa place à Cannes.

Qu'importe que le film soit primé ou non, les petits et les grands auront de grandes joies à le voir car il est difficile de résister devant le couple le plus glamour de la planète: Shrek et Fiona !


Cinéma

Dhamaal

Comédie de Indra Kumar

Avec Sanjay Dutt, Arshad Warsi, Riteish Deshmukh

Un quatuor de bandits calamiteux se retrouve devant le cadavre d'un criminel et s'attire ensuite les pires ennuis. Ils ne sont pas antipathiques, pas sympathiques non plus. Ils sont juste à l'image de toute production bollywoodienne: caricaturale et décousue. Indra Kumar, après le succès de Pyare Mohun, a réuni le duo de choc de Lage Raho Munnabhai, Sanjay Dutt et Arshad Warsi pour cette comédie truculente. Le réalisateur, selon la critique indienne, réussit à insuffler de la gravité qui ne pèse pas et une loufoquerie qui n'est jamais ridicule. Sanjay Dutt se révèle irrésistible dans la peau d'un policier victime de la colère de ses supérieurs. Dans cette guerre de nerfs, le policier et les bandits finissent par faire la paix. La partition musicale est l'oeuvre de Adnan Sami. Le scénario n'est guère surprenant. Ce qui risque de décevoir les fans de Sanjay Dutt en liberté conditionnelle depuis la semaine dernière suite à sa condamnation de six ans pour les attentats meurtriers de 1993 à Mumbai.

Derrière un fait divers meurtrier se dessine le profil de cinq personnages, l'inspecteur de police Kabir Nayak (Sanjay Dutt), Roy (Riteish Deshmuck) détective privé, Aditya (Arshad Warsi) musicien raté, Manav (Javed Jaffrey) l'idiot de service et Boman (Ashish Chowdhry) personnage sympathique mais qui attire sur lui toutes sortes de problèmes. Roy, Aditya, Manav et Boman sont heureux dans leurs rôles de petits truands jusqu'au jour où ils tentent de sauver Bose (Prem Chopra) un bandit notoire. Ce criminel est aussi recherché depuis dix ans par l'inspecteur Kabir Nayak. Alors qu'il était sur le point d'accomplir sa mission, il découvre Bose, mort. Il oriente son enquête vers le quatuor de malfaiteurs…


People

Dix ans après la mort de Lady Di : le mythe déchu

Le 31 août 1997, la princesse Diana et Dodi al-Fayed mouraient tragiquement à Paris, créant une immense émotion. Dix ans après l'accident qui coûta la vie à la princesse Diana, son ami Dodi et leur chauffeur, la ferveur populaire s'est peu à peu tarie.

Un "Dianaland" kitsch dans les Midlands, une fontaine à Hyde Park constamment en panne, une petite aire de jeux pour enfants à Kensington Gardens et un sinistre mémorial au pied d'un escalier du grand magasin Harrods: il reste peu de chose de l'émotion qui avait saisi les Britanniques après l'accident. Les donations du public au Diana Princess of Wales Memorial Fund sont tombées de 20 millions de livres (48,2 millions de francs) en 1997 à 222 000 livres en 2006.

Pleine de compassion, mais manipulatrice

À lire les sondages, les Windsor ont regagné leur prestige. Aujourd'hui, 38% des Britanniques accepteraient une reine Camilla, l'ennemie jurée de Diana, contre 15% il y a dix ans.

Que s'est-il passé dans l'intervalle ? Le royaume est d'abord embarrassé par son identification à l'époque avec une personnalité certes pleine de compassion, mais manipulatrice, certes victime de la vindicte royale mais aussi d'une phobie de la persécution.

Un deuxième élément est la chute de popularité des deux héros du jour, Lord Spencer, le frère de Diana, et Mohammed al-Fayed, le père de Dodi. Après les obsèques, Charles Spencer, grâce à son discours anti Windsor à l'abbaye de Westminster, est au sommet de la popularité, et le royaume partage le deuil d'Al Fayed. Pourtant, leurs erreurs provoqueront un formidable revirement de l'opinion publique en faveur de la souveraine et de l'héritier au trône. Le navrant spectacle du divorce hyper médiatisé du cadet de Diana en Afrique du Sud, survenu deux mois seulement après les funérailles, lui a donné un profil de coureur de jupons impénitent.

Mohammed al-Fayed, autrefois applaudi, est devenu l'autre méchant de cette saga. Ses accusations fantasques contre la famille royale choquent. Dans son rapport publié le 14 décembre 2006, l'ex-chef de Scotland Yard, Lord Stevens, écarte catégoriquement la théorie de la conspiration. À l'issue de l'enquête de trois ans menée par la police britannique, " Opération Paget " conclut qu'il n'y a aucune preuve permettant d'établir un lien entre le mari de la reine et les services secrets britanniques MI6, comme l'affirme Mohamed Al Fayed.

Une monarchie à l'image redorée

Enfin, le succès du film de Stephen Frears The Queen, dont la reine est l'héroïne, souligne la reconquête de l'opinion orchestrée par les Windsor. La monarchie a modernisé son image grâce notamment au recrutement d'une nouvelle génération de courtisans et à l'aide de conseillers en communications hors pair.

De nos jours, une majorité des sujets souhaitent voir le prince Charles succéder à sa mère. Les Britanniques sont redevenus légitimistes, considérant la monarchie, malgré les scandales des années 90, comme un point fixe dans la tourmente.

(extrait de la tribune de Genève)

Diana était "la meilleure mère du monde", se souvient le prince Harry

Dix ans après la mort de Lady Di, son fils cadet, le prince Harry, a fait l'éloge de "la meilleure mère du monde", lors de la messe célébrée vendredi en la Chapelle des Gardes, près du palais de Buckingham à Londres, dix ans jour pour jour après l'accident de voiture fatal sous le pont de l'Alma à Paris.

"Comme d'autres ont pu l'éprouver, perdre un parent si brutalement, à un si jeune âge, est incroyablement dur et triste. Cet événement a changé nos vies pour toujours, comme ça a dû être le cas pour quiconque a perdu quelqu'un cette nuit-là", a déclaré le prince Harry, qui avait 12 ans lorsque sa mère est morte.

"Mais ce qui est bien plus important pour nous et pour l'avenir, c'est que nous nous souvenons de notre mère comme elle aurait aimé que l'on se souvienne d'elle: Quelqu'un qui aimait s'amuser, quelqu'un de généreux, de terre à terre et totalement authentique".

"Pour nous, deux enfants aimants, elle était tout simplement la meilleure mère du monde", a déclaré le frère cadet du prince William.

La reine Elizabeth II, qui s'était vue reprocher son manque apparent d'émotion lors de la mort de Diana, participait à la cérémonie. En revanche, Camilla Parker-Bowles, qui a épousé l'héritier de la couronne d'Angleterre en avril 2005, n'y assistait pas. "Après réflexion, je pense que ma présence pourrait divertir l'attention de l'objectif réel de l'événement, qui est de se remémorer la vie et l'œuvre de Diana", avait expliqué l'ancienne maîtresse du prince Charles, accusée à l'époque d'avoir brisé le mariage de ce dernier avec Lady Di.

La cérémonie de vendredi était retransmise en direct par au moins deux chaînes - signe que le pouvoir télégénique de la princesse a peu faibli. Cinq cents invités ont été conviés. Des proches de la princesse, famille ou amis comme le chanteur Elton John. Le Premier ministre Gordon Brown et ses deux prédécesseurs, Tony Blair et John Major, ont également assisté à la cérémonie.

Devant le palais de Kensington, où résidait Diana, les admirateurs ont déposé bouquets de fleurs, poèmes et photos à la mémoire de la "princesse du peuple".


Conservation de la flore et la faune endémique de Maurice

Rs. 2,1 millions pour préserver les passereaux

Un projet de réhabilitation du Cardinal de Maurice (Faudia rubra) au coût de Rs 2, 1 millions: La HSBC s'engage sur les trois prochaines années dans une campagne pour la sauvegarde des espèces en danger en partenariat avec La Mauritian Wildlife Foundation.

Les passereaux, oiseaux chanteurs, endémiques de Maurice et menacés d'extinction, feront l'objet d'une grande campagne de préservation. Au-delà du simple financement, la HSBC se lance dans un programme de sensibilisation de la population sur les enjeux de l'environnement. Cette campagne prendra la forme de marque pages illustrant l'espèce en danger. Le grand public et les élèves des écoles primaires sont ciblés. Il faut savoir, par ailleurs, qu'un groupe de volontaires effectue des visites régulières à l'île aux Aigrettes où le cardinal de Maurice est élevé en captivité. L'aide financière à la MWF servira au maintien de ces oiseaux dans leur habitat naturel et leur gestion quand ils seront relâchés dans des zones protégées. Le financement permettra aussi l'achat de matériaux spécialisés. La MWF a fait ressortir les risques encourus dans le travail de conservation de la flore et la faune endémique de Maurice par manque de soutien financier et autre.

Le Cardinal de Maurice a été classifié espèce menacée en 2002 par la MWF. Le nombre de ces oiseaux endémiques est passé de 260 à 93 paires de 1974 à 2003. L'espèce est élevée en captivité sur l'île aux Aigrettes (dans un programme de préservation des passereaux) pour s'assurer de sa survie. On compte 132 oiseaux de cette espèce sur l'îlot.


Souvenirs

La princesse vue par le poète

Dans notre édition de la semaine dernière, nous avons eu le privilège de vous proposer les souvenirs que la princesse indienne Indira Devi, de passage à Maurice, a gardé de ses premières rencontres avec le poète mauricien Malcolm de Chazal, en 1968. Pour compléter cette évocation, nous vous proposons ce que le poète mauricien a écrit de cette rencontre. Voici la chronique que Malcolm de Chazal a consacrée à cette rencontre le 19 novembre 1968 dans le quotidien ADVANCE.

Courrier

Je viens de prendre connaissance, avec plaisir, de votre article dans le journal et suis très heureuse que vous ayez remémoré l'existence de Malcolm de Chazal.

Beaucoup de personnes ne savent pas que la Fondation existe et fonctionne sans comité depuis août 2005, date à laquelle les membres du comité ont été révoqués avec effet immédiat.

Je garde l'espoir que le gouvernement et le Ministère des Arts et de la Culture nommeront un nouveau comité dans un proche avenir.

Salutations.

Claudie Constantin

Coordinatrice

Fondation Malcolm de Chazal

Rue du Vieux Conseil,

Port Louis.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 2 septembre 2007