a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 2 septembre 2007



  Réforme de lois du travail—"Severance Allowance" punitif maximum de six mois par année
  Employment Relations Bill/Employment Rights Bill—Rejet syndical unanime
  Turbulence à bord du MK 640—"En trois fois, avion-là monté ek descendre !"
  Statistiques—Le parc automobile explose


Réforme de lois du travail

"Severance Allowance" punitif maximum de six mois par année

Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, qui avait à ses côtés l'Attorney General, Rama Valayden, a rendu publique au cours de la semaine écoulée l'ébauche du projet de loi visant à remplacer les dispositions de l'actuel Labour Act. "The Employment Rights Bill", dont Week-End en avait fait état en exclusivité et en primeur dans son édition du 29 juillet dernier, confirme le projet du gouvernement en vue d'instituer un Workfare Programme en faveur des licenciés pour raisons économiques avec le paiement d'une allocation chômage dégressive sur une période d'une année. L'autre changement par rapport au Labour Act concerne la formule de paiement du Severance Allowance au taux punitif. Le taux maximal de trois mois par année de service a été repoussé à un minimum d'un mois d'un mois à un maximum de six mois par année. Des modifications ont également été apportées au nombre de jours de congé de détente et de maladie autorisés.

Week-End récapitule ci-dessous les grandes lignes du The Employment Rights Bill en attendant l'enclenchement des débats entre les partenaires sociaux et l'adoption du texte de loi à l'Assemblée nationale à la reprise de novembre prochain.

- Conditions de travail: la durée des heures de travail sera dorénavant comptabilisée sur la base de quinzaine, soit 90 heures, ou 45 heures par semaine, avec un maximum de 12 heures de travail par jour.

La restriction de travail actif entre 22 heures et 5 heures le matin en faveur des femmes a été abolie au nom de la lutte contre la discrimination sexiste.

Les heures supplémentaires seront calculées sur une base uniforme de 1,5 fois après les premières 90 heures par quinzaine, avec le travail du dimanche et des jours fériés calculés à deux fois le taux normal.

Le travail en période de cyclone avec les classes III et IV en vigueur sera rémunéré à trois fois le taux normal.

Les congés de maternité seront uniformisés pour toutes les catégories avec un maximum de trois accouchements, soit des congés de 12 semaines.

Introduction du concept de congé de paternité, avec cinq jours de congé lors de l'accouchement de la conjointe.

-Congés: Le nombre de jours de congé de maladie est réduit de 21 à 15, soit 120 heures avec possibilité d'accumuler les jours de congé de maladie non utilisés jusqu'à un maximum de 90 jours pour être utilisés en cas de Prolonged Illness.

Le certificat médical attestant d'une maladie devra être soumis à l'employeur au plus tard le quatrième jour d'absence.

-Préavis de licenciement: Sauf dans des cas de contrat à durée déterminée, le préavis de licenciement a été fixé à un mois dans tous les cas de figure. Actuellement, si un employé a moins de trois années de service, l'employeur est tenu à donner un préavis de 15 jours avant la fin du mois alors que dans les cas de plus de trois ans, le prévais est de trois mois.

L'Employment Rights Bill définit les conditions dans lesquelles un employeur ne peut renvoyer un employé et s'appesantit sur la nécessité d'une " Opportunity to Answer any Charges made against him " avant de le sanctionner. Toute interdiction de travail en attendant des procédures disciplinaires devra être On Full Pay. Les licenciés pour des raisons économiques et de compression du personnel sont automatiquement éligibles pour le Wokfare Programme.

-Paiement du Severance Allowance: Le taux punitif de Severance Allowance variera d'un mois à six mois alors qu'actuellement il est uniforme à trois mois par année de service.

Avec l'entrée en vigueur du Workfare Programme, le Termination of Contracts of Service Board (TCSB) sera aboli mais l'employeur sera tenu à informer au préalable le ministère du Travail et des Relations industrielles de toute compression économique du personnel.

-Flexicurity/Workfare Programme: Avec le projet d'allouer une allocation-chômage dégressive pendant une période maximale de 12 mois, les employeurs et les employés seront appelés à contribuer financièrement, soit

une majoration de 0,5% jusqu'à 1% du Levy sur la masse salariale versée par les employeurs au National Training Fund;

une réorientation de deux tiers du Levy, soit 1% du Payroll, pour le financement du Workfare Programme, qui sera géré par le National Pensions Fund;

un Recycling Fee payable par les employeurs pour chaque employé licencié pour raisons économique, au taux suivant:

trois jours de salaires de base par année de service pour les employés ayant au minimum 12 et un maximum de 36 mois de service;

six jours de salaires de base par année de service pour ceux entre 37 mois et 120 mois de service;

dix jours de salaires de base par année de service pour ceux entre 121 mois et 240 mois de service

et 15 jours par année de service pour ceux de plus de 240 mois de service.

De leur côté, les employés seront appelés à faire des Savings représentant 1% de leurs salaires de base à être versés au National Savings Fund. Ce montant accumulé et des intérêts retourneront aux employés à leur départ à la retraite et serviront également à soutenir financièrement les employés pendant la période de recyclage.

- Allocation-chômage temporaire: Le Transition Unemployment Benefit sera payable pendant la période de recyclage jusqu'à un maximum de 12 mois.

L'allocation-chômage sera payable aux bénéficiaires comme suit:

90% des salaires de base de l'employé pendant les trois premiers mois;

60% pour les prochains trois mois

et 30% pour les prochains six mois.

L'allocation minimale sera de Rs 3 000 par mois alors que ceux qui seront engagés dans des programmes de formation sous l'égide de l'Empowerment Programme bénéficieront de Stipend de Rs 3 000 par mois. D'autre part, les contributions au Fonds national de Pension de tout employé licencié et bénéficiant des allocations du Workfare Programme Fund seront versées pendant une période d'une année ou jusqu'à ce qu'ils retrouvent du travail.

- Violence au travail: Le nouveau texte de loi prévoit des dispositions pour lutter contre la violence sur les sites du travail. Ainsi, des amendes variant entre Rs 10 000 et Rs 75 000 de même que des peines de prison n'excédant pas deux ans sont prévues contre les coupables.


Droit de grève sous conditions !

Les conditions en vue de permettre aux employés de se mettre en grève domineront en grande partie les débats sur les nouvelles dispositions de l'Employment Relations Bill ", qui devra être présenté à l'Assemblée nationale en novembre prochain dans le cadre de la réforme des lois du travail imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Dorénavant, les sapeurs-pompiers et les fonctionnaires employés à la Prison auront le droit de se syndiquer dorénavant. LMais ce ne sera pas le cas pour les membres de la force policière.

Déjà, les Battle Lines ont été tirées avec les principaux dirigeants syndicaux qualifiant de farce la proposition officielle au sujet du droit de grève. De son côté, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, défend le fait que la position du gouvernement de l'Alliance Sociale est révolutionnaire. Par ailleurs, le National Remuneration Board sera maintenu alors que l'Industrial Relations Commission sera transformée en Commision for Conciliation and Mediation. Le Permanent Arbitration Tribunal changera de nom pour devenir l'Employment Relations Trubunal.

Les points saillants de l'Employment Relations Bill sont les suivants:

-Litiges industriels: Le projet de loi prévoit que tout accord de convention collective sera d'une durée de 36 mois ou toute autre période prolongée comme il sera stipulé dans l'accord.

Des litiges industriels seront portés à la connaissance du secrétaire permanent au ministère du Travail et des Relations industrielles après des Meaningful Negotiations sur une durée d'au moins trois mois. Contrairement aux dispositions de l'actuel Industrial Relations Act (IRA), l'ébauche du nouveau texte de loi prévoit qu'une partie du litige peut être rejetée sans affecter les autres aspects du problème relevant des relations industrielles. Sous l'IRA, si une partie du litige est rejetée, le dossier complet subit le même sort.

Une Three-Pronged Approach est prévue en vue de résoudre des litiges industriels:

(a) le ministère du Travail et des Relations industrielles peut intervenir en vue de faciliter la recherche de solutions dans une période de vingt jours ou plus dépendant du souhait des parties concernées;

(b) si le litige n'est pas résolu, le dossier est soumis à une nouvelle instance de conciliation, soit la Commission for Conciliation and Mediation pour enquête et solution dans un délai minimal de 30 jours;

(c) tout accord intervenu au niveau du ministère ou de la Commission sera Binding. En cas de poursuite de la dispute, la partie qui aura déclaré litige aura le choix soit de soumettre le cas pour arbitrage à l'Employment Relations Tribunal soit un recours à une grève. Deux conditions sont imposées: un vote en faveur de la grève et un préavis de dix jours au ministre du Travail et des Relations industrielles.

-Service minimal: Le projet de loi prévoit un service minimal en cas de grève dans les services suivants; la fourniture d'eau potable; le secteur de l'électricité, l'Aviation civile et l'aéroport, le service téléphonique, le transport des passagers et le convoyage des marchandises, le port, la douane, la collecte des ordures ménagères, les services de santé à l'hôpital, l'éducation, la radio et la télévision et les services hôteliers.

-Situation de crise nationale: Si la durée d'une grève légale affecte de manière irréversible l'économie et met en danger des emplois ou encore que le Premier ministre est d'avis que la poursuite de la grève peut mettre en danger des vies humaines, la santé ou encore la sécurité de la population, le Premier ministre peut avoir recours à deux options, soit

(a) une demande auprès de l'Employment Relations Tribunal pour l'établissement d'un service minimal dans des cas où cette condition n'est pas prévue

(b) une requête à la Cour suprême pour émettre un Order for an Injunction interdisant la poursuite de la grève.

Sous l'actuel IRA, le Premier ministre détient la prérogative de décréter une grève illégale.

-Enregistrement des syndicats: Le Registrar dispose d'un délai de 30 jours pour décider ou non de procéder à l'enregistrement d'un syndicat.

Le Minimum Membership pour former un syndicat passe de sept à 30 dans un " souci " gouvernemental d'avoir des syndicats aux reins solides. La période de transition sera de deux ans en vue de permettre aux syndicats de se conformer à cette nouvelle exigence légale.

-L'engagement dans des activités menaçant la sécurité publique ne constituera plus d'excuse pour l'interdiction d'un syndicat comme c'est le cas sous l'IRA.

-Un négociateur nommé lors d'une assemblée générale des membres du syndicat ne devra plus rencontrer d'objection de l'employeur pour avoir accès aux lieux de travail des membres.

Les syndicats bénéficieront d'une certaine flexibilité pour l'organisation du scrutin. Ils n'auront plus à avoir besoin de solliciter l'autorisation expresse du Registrar au sujet de tout vote qui doit être pris.

-L'approbation du ministre ne sera plus nécessaire pour certaines dépenses encourues par les syndicats. Des cas de Misapplication of Funds peuvent être soulevés par un syndiqué et non cinq comme préconisé par l'IRA.

-L'Employment Relations Tribunal: Ce tribunal disposera d'un délai maximal de 90 jours por se prononcer au sujet des appels contre des décisions du Registrar ou encore de tout Award suite à un litige industriel déclaré.

l La Commission for Conciliation and Mediation aura un délai de 30 jours pour faire connaître ses conclusions sur tout litige porté à l'attention de cette instance.

-" Recognition ": Des critères spécifiques sont imposés pour la Recognition que ce soit sur le plan des firmes ou encore de l'industie, soit

Recognition: 30% des employés dans une entreprise;

Joint Negotiating Panel: plus de 30% et moins de 50% des employés et

Sole Recognition: plus de 50%.

L'Employent Relations Tribunal devra se prononcer dans un délai maximal de 90 jours dans tout litige relatif à la révocation de la Recognition.

-Time-Off: Des provisions pour le Time Off avec paie en faveur des délégués syndicaux feront partie de la loi alors que sous l'IRA, cette possibilité n'est mentionnée que dans le Code of Practice.

-Check-Off: Aussitôt son enregistrement, tout syndicat sera en mesure de réclamer le Check Off alors que sous l'IRA, les conditions sont imposées, notamment les Negotiating Rughts et un membership de plus de 200.

-Victimisation: Tout cas de victimisation et de discrimination sera sévèrement sanctionné sous le nouvel Employment Rights Bill. Les contrevenants seront passibles d'une amende de Rs 75 000 et l'employeur n'aura plus le droit au silence dans des procès criminels instruits à ce sujet.


Employment Relations Bill/Employment Rights Bill-Rejet syndical unanime

Deux projets de loi qui ne font pas justice aux salariés et qui ne défendent que les seuls intérêts des employeurs: c'est, en substance, ce qu'estime, unanimement, le mouvement syndical de l'Employment Relations Bill et de l'Employment Rights Bill. Lors d'un point de presse, hier, MM. Tulsiraj Benydin, Radhakrisna Sadien, Atma Shanto, Cassam Kureeman, Reeaz Chutoo et Mmes Nicole Allet et Jane Ragoo, dirigeants de la Plate-forme syndicale NTUC/MLC/MTUC ont rejeté les principales dispositions de ces projets de loi en remplacement de l'Industrial Relations Act (IRA) et du Labour Act, particulièrement, celle relative au Droit de grève.

Pour la Plate-forme syndicale, les deux projets de législation industrielle s'inscrivent dans la lignée de la philosophie "néolibérale" des deux budgets du gouvernement de l'Alliance sociale comme le témoigne, selon elle, l'accueil favorable qui leur a été accordé par le patronat. Pour ses dirigeants, hormis quelques aspects "cosmétiques" tel l'introduction de la Paternity Leave, les deux "bills" font fi des principales propositions syndicales et tendent à une telle flexibilité à l'embauche qu'ils prévoient une grande précarisation de l'emploi.

Le principal point en litige demeure le Droit de grève "que les syndicats attendent depuis plus de trente ans". Pour la Plateforme syndicale, les conditions y relatives imposées dans l'Employment Relations Bill - vote à bulletin secret, discussions "meaningful" préalables pendant 90 jours, accord de l'ensemble des salariés et non des seuls syndiqués, droit de recours en Justice du Premier ministre en cas d'Acute National Crisis, droit du patronat d'intervenir auprès du Tribunal d'Arbitrage Permanent (TAP) - sont telles que le recours à la grève sera, comme avec l'IRA, "quasi-impossible".

La Plate-forme syndicale doute que les deux projets de loi soient conformes aux Conventions du Travail du Bureau International du Travail (BIT), notamment, la Convention 87 ratifiée par le gouvernement. Ses dirigeants prévoient, par ailleurs, une encore plus grande prolifération de syndicats dans la mesure où le projet de loi en remplacement de l'IRA permet à des syndicats non reconnus de prélever des cotisations par le système de "check-off".

L'interdiction de déclarer des litiges à la suite de la publication de recommandations salariales est aussi contestée. Les syndicalistes s'interrogent aussi sur ceux qui, dorénavant, représenteront les intérêts des salariés sur des instances comme le National Remuneration Board (NRB) et craignent une répétition des nominations faites au sein du National Pay Council (NPC). Quant à l'Unemployment Benefit, ils expliquent que l'on "reprendra d'une main ce que l'on donne de l'autre" dans la mesure où le gouvernement se propose, pour ce faire, de puiser du National Savings Fund.

Pour ce qui concerne l'Employment Rights Bill, la Plate-forme syndicale prévoit une "zone-franchisation" des secteurs non couverts par un Remuneration Order avec, notamment, l'extension de huit à douze heures de la journée de travail.

Les syndicalistes expliquent que le projet de loi permet aussi sept jours de travail d'affilé ainsi que des heures supplémentaires obligatoires. Un "recul pour la femme" et une mesure "au détriment des enfants". Autres points au détriment des salariées, selon les syndicalistes: le maintien du congé de maternité à douze semaines "alors que le BIT recommande quatorze semaines".

"Que le gouvernement choisisse son camp !", prévient la Plate-forme syndicale qui a décidé d'instituer deux comités pour éplucher encore plus en détail les deux projets de loi. Elle soumettra, après analyse, ses contre-propositions dans le délai fixé. La Plate-forme syndicale compte, dans la préparation de ses contre-propositions, solliciter l'assistance du BIT de même que celle de la Confédération Mondiale du Travail (CMT).


M. Suttyadeo Tengur (GHTU) :"Une honte pour le PTr"

M. Suttyadeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers'Union (GHTU) trouve "machiavélique" la disposition de l'Employment Relations Bill qui permet à 30% de syndiqués contestant la direction de leur syndicat d'avoir une "joint negociation right". Ce qui, dit-il, est une "menace pour les grands syndicats forts".

Pour lui, cela ne peut qu'occasionner une "prolifération de syndicats". Il explique que, sous ce rapport, l'Industrial Relations Act de 1973 fait figure de loi "avant-gardiste" car, en dépit de ses défauts, il favorisait l'émergence de "syndicats forts". Aussi trouve-t-il nécessaire de rejeter cette "loi Bunwaree" qui constitue "une honte" pour le PTr.

Autre critique de M. Tengur: l'obligation, désormais, de former un syndicat avec un minimum de 30 salariés contre seulement sept sous l'IRA. Ce qui, dit-il, va à l'encontre de la Section 13 de la Constitution relative à la protection du Droit d'association. Le président de la GTU trouve, lui aussi, trop contraignantes les conditions permettant le déclenchement d'une grève sous le nouveau projet de loi.

Pour sa part, M. Jugdish Lollbeharry, ex-président du Mauritius Labour Congress (MLC) et de la Government Teachers' Union (GTU) critique particulièrement la disposition de l'Employment Relations Bill relative au nombre qu'il juge "trop élevé" de secteurs où le projet de loi garantit un service minimal en cas de grève dont celui de l'Education.

Lui aussi est d'avis que les conditions imposées quant au recours à la grève sont tellement contraignantes qu'elles la rend quasiment impossible.


Turbulence à bord du MK 640

"En trois fois, avion-là monté ek descendre !"

Les passagers sur le vol MK 640 d'Air Mauritius à destination de Hong Kong ont eu le choc de leur vie jeudi matin peu avant l'approche de l'aéroport international de Hong Kong. L'Airbus A 340, qui avait quitté Maurice la veille au soir, s'est retrouvé dans des zones de turbulences inattendues et monstres, aux dires des spécialistes. Les membres d'équipage, qui avaient entamé le dernier service à bord, soit le petit-déjeuner, n'ont pas eu l'occasion de prévenir les passagers des dangers avec la traversée de cette zone d'instabilité et de leur demander d'attacher leurs ceintures. Dans un premier temps, le bilan est des plus lourds avec plus d'une trentaine de passagers et membres d'équipage souffrant de contusions après avoir été projetés dans tous les sens et une forte dose d'émotion pour les autres. La chance est que l'appareil se trouvait à environ une demi-heure de vol de l'aéroport de Hong Kong et la situation ne devait pas dégénérer outre mesure.

Les témoignages recueillis par Week-End indiquent que jusqu'au moment du passage dans cette zone de turbulences, le vol MK 640 s'était passé sans encombre. "C'était jeudi matin. L'atterrissage était prévu dans une demi-heure au moins. Les membres du personnel naviguant étaient occupés à servir le petit-déjeuner et il y avait des passagers qui circulaient dans les couloirs de l'avion se préparant avant l'atterrissage de l'avion. Il n'y avait rien d'anormal à signaler", a fait comprendre un des passagers à bord de l'Airbus A 340-300 à un de ses proches, qui l'attendait à l'aéroport de Hong Kong.

"Puis tout d'un coup. C'était la catastrophe. L'appareil était pris dans une zone de turbulences. Mon beau-frère m'a dit que: En trois fois, avion nek monté ek descendre. Kumadir avion-là ti pe perdi altitid. Ban sok-là ti mari violan. Panique à bord", a déclaré à Week-End Azad Parouty, qui est rentré à Maurice de Hong Kong par le vol retour de l'Airbus A 340-300, jeudi soir.

"Plusieurs personnes, dont des membres d'équipage et des passagers furent projetés dans l'avion Bann sekuss-là toi pe lev zot ek pille zot ! Zotte ti croire ki la fin ine vini ! Ne comprenant pas ce qui se passait et ne sachant pas ce qui les attendait, les passagers pouvaient à peine contenir leurs émotions alors que d'autres se plaignaient des coups reçus. Ce fut un véritable moment de panique. Les membres d'équipage pris par surprise étaient quelque peu dépassés par les événements, ce qui n'a pas simplifié la situation. Mais heureusement, les pilotes avaient repris la situation bien en main", a poursuivi ce témoin à peine débarqué à l'aéroport de Hong Kong jeudi matin. Il avait reçu un coup à la tête lors des différentes secousses de l'avion, mais il a préféré quitter l'aérogare le plus vite possible dans une tentative d'oublier ce cauchemar qu'il venait de vivre.

Sur la piste d'atterrissage de l'aéroport de Hong Kong, des dispositions avaient été prises pour le transfert rapide des plus touchés parmi les passagers et membres d'équipage. Pas moins de quatre ambulances étaient en Stand-By. Une trentaine de personnes débarquant du vol MK 640 d'Air Mauritius devaient subir des examens médicaux préliminaires à la clinique de l'aéroport. Des dégâts avaient été notés dans une vingtaine de sièges à l'arrière de l'appareil aussi bien qu'aux parois intérieures.

Le département de Communications and Corporate Affairs d'Air Mauritius, dont l'Executive Vice-President est Donald Payen, confirmait que de ce groupe de passagers et membres d'équipage à se faire soigner à la clinique, quinze passagers et cinq membres d'équipage furent transportés au Princess Margaret Hospital de Hong Kong pour des soins approfondis. De ces vingt, seuls deux passagers ont dû passer la nuit en observation à l'hôpital avant d'obtenir leur décharge vendredi matin. Les membres d'équipage de ce vol devraient être de retour à Maurice en début de semaine.

Pour répondre à des critiques suite à ce qui s'est passé sur le vol MK 640, Air Mauritius note dans un communiqué émis vendredi après-midi, peu avant le départ de Donald Payen pour Hong Kong, que "la priorité du personnel d'Air Mauritius à Hong Kong a été de veiller au bien-être des passagers à leur débarquement à Hong Kong". Il rappelle que les membres du personnel à Hong Kong ont accompagné les blessés à l'hôpital tout en assurant le contact avec Maurice. Des dispositions ont également été prises pour le transfert des passagers avec des connexions vers d'autres régions dans cette partie du monde.

Après une inspection générale de l'appareil par les services spécialisés à Hong Kong, l'Airbus A 304-300 a pu assurer le vol retour le même jour. Mais la vingtaine de sièges endommagés avait été bloqués pour des besoins de sécurité. Le nécessaire aux sièges en question et les réparations aux dégâts à l'intérieur de l'avion devaient être effectués en fin de semaine.


Turbulences en vol-Consignes à respecter scrupuleusement !

Plateaux, tasses, assiettes, fourchettes, cuillères… qui volent; trolleys qui déambulent sans contrôle le long des couloirs; passagers qui sont projetés hors de leurs sièges. Ce sont des scènes qui se produisent à bord des avions pris dans des zones de turbulences, surtout quand celles-ci ne sont pas signalées. Résultat: des blessés, parfois graves, tant parmi les passagers que parmi le personnel naviguant.

"C'est une des raisons, sinon LA raison principale, pour laquelle les membres de l'équipage recommandent constamment aux passagers de garder leurs ceintures de sécurité bouclée." Membre du personnel naviguant de la flotte aérienne nationale, notre interlocuteur explique que "les zones de turbulences sont fréquentes." Il se souvient qu'il était affecté sur un vol à destination de Hong Kong, justement, il y a quelque temps, quand l'avion à bord duquel il se trouvait, fut pris dans une zone de fortes turbulences.

"J'ai eu à peine le temps de m'asseoir et de m'accrocher que l'avion était pris dans des secousses très violentes !" Il poursuit: "Je crois que c'est une région où il y a souvent des risques de fortes turbulences. On traverse, à un certain moment, l'équateur et il y a divers courants dans cette partie du globe qui provoquent des secousses et causent ainsi beaucoup de turbulences. Certaines sont prévisibles, certes, mais parfois, elles ne le sont pas."

Il explique que "le personnel naviguant a à peine le temps, souvent, dans ce genre de situation, de veiller à sa propre sécurité. Celle des passagers est primordiale ! Et c'est d'ailleurs notre mission, à nous, membres de l'équipage. Les passagers voient dans leurs voyages l'aspect commercial de l'entreprise. Pour nous, personnel naviguant, notre souci premier est de veiller que les passagers arrivent et fassent le voyage dans les meilleures conditions de sécurité. Notre formation est d'ailleurs basée essentiellement sur cela."

"Ils sont de nombreux passagers qui ne se rendent pas compte de l'importance du port de la ceinture de sécurité pendant toute la durée du vol," ajoute-t-il. "Souvent, parce qu'ils nous voient marcher alors que le commandant a donné des instructions de garder les ceintures bouclées, pour les passagers, ils pensent qu'il n'y a pas de dangers. Ils font preuve de négligence. Ils n'attachent pas leurs ceintures, marchent dans les couloirs, vont aux toilettes… Et c'est là que parfois des incidents peuvent se produire si l'avion se retrouve dans une zone de turbulence. La personne qui n'est pas bien attachée à son siège et qui est debout, ou qui marche, peut se voir propulsée à l'autre bout du couloir ! Sans oublier qu'elle peut se cogner la tête aux accoudoirs, tomber et se heurter et se blesser !", poursuit-il.

Ce qui s'est passé sur le vol d'Air Mauritius à destination de Hong Kong est un scénario qui se rapproche de ce type d'incident, à la différence que "c'était une zone de turbulence qui n'avait pas été identifiée ni signalée. C'est la raison pour laquelle il y a eu plusieurs personnes qui se sont blessées."

Lors du passage de l'avion dans une zone de turbulences, l'équipage prépare les passagers et les différents membres sont affectés à des responsabilités précises. "Dans ces cas de figure, nous procédons de la même manière que quand il s'agit de l'atterrissage", rappelle ce membre d'équipage avec plusieurs années d'expérience. Ainsi, les trolleys sont rangés. Les plateaux et autres éléments ayant servi durant les repas sont soigneusement ramassés. "Les couloirs doivent être évacués de tout objet pouvant représenter un danger. Nous passons de compartiment en compartiment pour vérifier si les passagers sont bien "strapped", si les enfants sont bien attachés à leurs sièges; s'il y a des bébés à bord, qu'ils ne se trouvent pas dans les bras de leurs parents, par exemple. Tous les objets, comme les écouteurs qui sont fournis aux passagers, doivent être bien rangés afin d'éviter que quand l'avion traverse la zone de turbulence, ils volent dans toutes les directions et représentent un danger potentiel pour les passagers et le personnel."

"Tous les avions sont conçus pour résister aux différentes formes de secousses violentes comme quand ils sont pris dans des tempêtes et des zones de turbulences. Cependant, les passagers ont une responsabilité partagée pour ce qui est de leur propre sécurité. C'est la raison pour laquelle il leur est recommandé de respecter les consignes de sécurité scrupuleusement", devait-il conclure.


Statistiques

Le parc automobile explose

Au train où évolue le parc automobile, les 2020 kilomètres de routes risquent d'être insuffisant pour accommoder tous les véhicules de l'île. Le pays a en effet franchi un nouveau seuil en juin, se rapprochant, selon les experts, de plus en plus du point de saturation. 326 501: c'est le nombre de véhicules circulant actuellement sur routes. Entre janvier et juin de cette année, 7061 nouveaux venus se sont joints à une flotte, qui se cesse de s'accroître chaque jour; soit 20 nouvelles unités par jour.

Il y a à peine deux ans, le ratio véhicules (voiture, 2x4 ou 4x4) pour 1000 têtes d'habitants était de 100: 1000 ou 1 véhicule pour 10 personnes. À juin de cette année, ce même ratio est désormais de 1 véhicule pour 8 habitants. Si l'on prend toutes les catégories de véhicules, cela se résumerait à 3 véhicules pour 10 personnes. C'est pour démontrer la vitesse à laquelle le parc automobile évolue. En juin 2005, le nombre de véhicule n'avait pas encore traversé à la barre des 300 000 unités. Les chiffres du Central Statistic Office (CHO) indiquaient un total de 297 992. En deux ans, 28 509 nouveaux véhicules ont été mis sur route, soit une hausse de 10%.

La flotte du pays au complet représente 326 501 véhicules, notamment voitures, véhicules utilitaires, camions, vans, autobus, motocyclettes ou encore cyclomoteurs. Le nombre total de véhicules à la fin de l'année, selon la même tendance, devrait avoisiner les 333 000 véhicules. Durant ce premier semestre, la National Transport Authority (NTA) a enregistré 8661 nouveaux véhicules importés, dont 6141 véhicules neufs et 2 520 véhicules d'occasion. Pendant cette même période, un nombre important de véhicules a été déclaré hors circuit, 2 384 unités.

Dans la catégorie de voitures et véhicules utilitaires, 4 401 unités ont été mises sur route. Ce qui constitue une hausse légèrement supérieure par rapport à l'année dernière, indiquant toutefois que les voitures d'occasion ont une meilleure cote que les neuves: 2 137 contre 1 781. Par contre les véhicules utilitaires neuf sont mieux vendus que les "reconditionned", soit 841 contre 68. Ces deux types de véhicules représentent 42% du parc automobile.

Compte tenu de l'évolution démographique et la croissance économique, les experts indiquent ainsi que Maurice devrait atteindre le seuil de saturation beaucoup plus tôt que prévu. La situation serait déjà alarmante en terme de densité routière sur les "main roads" et la quantité de véhicules sur nos routes par rapport à la population. Ils prédisent un scénario catastrophe d'ici 2015 en se basant sur la tendance notée durant ces vingt dernières années. En effet, le pays enregistre 100 000 véhicules additionnels en moyenne chaque dix ans. De 1985 à 2005, le nombre de véhicules a triplé passant de100 000 à plus de 300 000. Parallèlement, le réseau routier n'a pas connu l'expansion espérée.

Les dernières analyses indiquent les répercussions sur le trafic routier seront encore plus désastreuses si l'on tient en compte la tendance prononcée pour l'utilisation de la voiture particulière et l'incapacité des gouvernants de mettre en application des mesures pour régler le problème de congestion à Port-Louis.

D'après la plus récente étude réalisée sur la congestion routière à Port-Louis, 92 000 véhicules passent par Port-Louis ou pénètrent la capitale chaque. 46% utilisent le corridor rond-point de Caudan-Quai D pour se diriger ou quitter le nord de l'île. Ce qui représente presque un tier du nombre total de véhicules dénombré à Maurice.


De janvier à juin 2007-19 931 véhicules impliqués dans des accidents

Le nombre de d'accidents et les véhicules qui en sont impliqués ne cessent d'augmenter. Entre janvier et juin de cette année, 19 931 véhicules sont été impliqués dans des accidents routiers. Par contre le nombre d'accidents rapport à la police se chiffre à 10 030. Les statistiques ne sont guère rassurantes quant à la gravité des accidents qui se sont produits pendant cette même période. 64 cas d'accidents fatals ont été enregistrés pendant cette même période, soit 20 cas de plus par rapport à l'année dernière. Et 71 personnes au total sont décédées après avoir été impliquées dans ces mêmes accidents. Alors que 202 personnes ont été "seriously injured".



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 2 septembre 2007