m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 26 août 2007



Ce soir à 18h au Centre Swami Vivekananda, Pailles - Moments de grâce avec le Dr L. Subramaniam et Kavita Krishnamurthy
Le 31 août à Pailles et le 2 septembre à Flacq - Debojit Saha et Vinit Singh en concert
Le week-end prochain au Conservatoire - Steeve Deville: Osons avec lui !
Finale de la Ramayana Chanting Competition - Le Navyuvak Ramayan Mandali et le Vishwanath Mandir Mahila Sabha couronnés
Livres sur la musique - Mémoires musicales
Singing with Saivite Saints
Campagne Dodo 2007 - Des ossements d'animaux datant de 4 000 ans retrouvés
Fêtes de la Cités 2007 - Port-Louis se met à l'heure du patrimoine
Page d'Histoire - La motion de SSR demandant l'Indépendance pour l'île Maurice (22 mars 1967)
Souvenirs - Princesse Indira Devi: "Mes rencontres avec Malcolm de Chazal"
Religion - Trente ans de la Journée Mondiale de Prière des Femmes à Maurice
Le 30 août à Port-Louis - Questionnement sur la culture pour la reprise du Café-Philo
Santé - Épilation: Faire peau neuve…
- Benetton à tout prix
Cinéma - Steppin'
Litéracie kreol - Gid Profeser Literesi, nouvelle publication de LPT
Recette - Monique Petit: Un zeste du passé
Informatique - Le jeudi et vendredi noirs de Skype
Brèves


Ce soir à 18h au Centre Swami Vivekananda, Pailles

Moments de grâce avec le Dr L. Subramaniam et Kavita Krishnamurthy

Kavita Krishnamurthy, célèbre chanteuse de Bollywood et son époux, le Dr L. Subramaniam, violoniste de réputation internationale, donneront un unique concert ce soir à 18h au centre Swami Vivekananda, Pailles. Organisé à l'initiative de l'agence Immedia et de la Parashakti Peetham Cultural Academy de Chebel, ce concert sera d'une durée de trois heures. Il verra également la participation des trois enfants du couple, Bindu Seetaa (chanteuse), Ambi (violoniste) et Narayana Raju Subramaniam (médecin et virtuose).

Ces voix poignantes et cristallines seront accompagnées par les instrumentistes aux sonorités veloutées, dont Sanjay Wandrekar (claviers), Sanjay Marathe (claviers), Dominic Fernandes (guitare basse), Akram Khan (tabla), Raju Kulkarni (octopad), Vasudev Mhatre (dholok), Giridhar Udupa (ghatam) et Ghantasala Satya Sai (mooding). Selon Rama Poonoosamy, directeur d'Immedia, le registre de ces musiciens est varié varié: classique, semi-classique, oriental, global fusion. Il invite les Mauriciens à profiter de cette expérience musicale unique en compagnie de deux grosses pointures de la musique indienne.

Kavita Krishnamurthy et les enfants du violoniste virtuose sont arrivés à Maurice vendredi matin. Le Dr L. Subramaniam a foulé le sol mauricien hier après-midi, venant de Kuala Lumpur, Malaisie. Il profitera de son séjour à Maurice pour discuter des modalités visant à créer une académie de musique en collaboration avec la Parashakti Peetham Cultural Academy.

Avec le Dr L. Subramaniam, c'est un voyage dans un univers musical plein d'évocations qui nous est promis. Des instants magiques avec des variations époustouflantes d'une rare intensité. Le violoniste a déjà dirigé des orchestres philharmoniques américains, européens et indiens. Il compte à son actif plus de 150 albums et a posé sa marque de fabrique à Singapour, Paris, Los Angeles et New Delhi. Il a eu l'occasion de travailler avec un autre virtuose, Lord Yehudi Menuhin et des célébrités comme Stéphane Grappelli, Jean-Pierre Rampal, Steven Seagal, Ruggiero Ricci, entre autres. Il a été associé à la musique de films célèbres comme Salaam Bombay et Mississippi Masala de Mira Nair, Little Buddha de Bernardo Bertulocci et Cotton Mary d'Ismaël Merchant.

Kavita Krishnamurthy chante avec ses tripes. Elle est l'une des rares personnalités du monde musical à jeter des ponts entre les chanteurs d'hier comme Mana Dey et Kishore Kumar et les célébrités d'aujourd'hui comme Sonu Nigam et Shaan. En 1971, alors qu'elle est encore enfant, elle enregistre pour la première fois avec la légendaire Lata Mangeshkar.

Elle effectue ses débuts à Bollywood avec le morceau Maang Bharo Sajno. Mais ce n'est qu'en 1985 qu'elle connaît le succès avec la chanson Tumse Mikkar Na Jaane Kyon du film Pyar Jhukta Nahin. Sa voix mélodieuse a assuré le succès de films comme Sandagar, Hum, Khalnayak, Heer Ranjha, Khudah Gawah et Roop Ki Rani Choron Raja. Elle connaît la consécration avec Hawa Hawai du film Mr India. Kavita est aussi récipiendiaire des Filmfare Awards avec Pyar Hua Chupke Se (1942 - A love story), Mera Piya Ghar Aya (Yaarana) et Aaj Main Upar (Khamoshi). En 2002, elle inscrit encore son nom aux Filmfare Awards avec le morceau Dola Re Dola (Devdas).

Les billets pour ce concert qui s'annonce grandiose sont en vente à Rs 800 (sièges réservés) et Rs 500 et Rs 300 (sièges non réservés) à l'agence Immedia, Port-Louis et dans les magasins Mikado. Ils sont également disponibles à partir de 16h aujourd'hui au centre Swami Vivekananda à Pailles.


Le 31 août à Pailles et le 2 septembre à Flacq

Debojit Saha et Vinit Singh en concert

Debojit Saha et Vinit Singh, respectivement gagnant et runner-up de l'émission Sa Re Ga Ma Pa Challenge 2005, sont attendus à Maurice la semaine prochaine, dans le cadre d'une tournée organisée par la compagnie Bollywood Events. Ces deux étoiles montantes de la chanson indienne se produiront le vendredi 31 août à 19h30 au Swami Vivekananda Centre de Pailles et le dimanche 2 septembre à 15h au stade Auguste Vollaire, Flacq. Debojit Saha et Vinit Singh seront accompagnés de Neha Kakkar, finaliste du concours Indian Idol et de l'humoriste Sikander Sheikh.

Après leur triomphe à Sa Re Ga Ma Pa Challenge 2005, les deux jeunes loups ont vu leurs carrières s'épanouir sous les meilleurs auspices. Sous la houlette du compositeur No 1 de l'Inde, l'incontournable Himesh Reshammiya, Vinit a fait vibrer le public lors de la tournée mondiale de son mentor, l'année dernière. Le Aap Ka Surroor Show a été un succès grâce à ce duo de choc à Pailles, en 2006. Vinit Singh avait promis de revenir cette année. Sa prestation sur scène est très attendue car il a l'habitude de mettre le feu avec des tubes endiablés. Debojit tentera, lui, de justifier la confiance placée en lui par des milliers de mélomanes à travers l'Inde.

Pour le deuxième concert prévu à Flacq, les organisateurs visent un public jeune. Les premiers 5 000 jeunes qui feront leur entrée au stade recevront un t-Shirt dédicacé par Debojit et Vinit. Neha, considérée comme la Shakira indienne, pourrait interpréter certains morceaux qui figurent en bonne place dans les hit-parades européens. Ceux qui veulent rire un bon coup avant le début des examens de fin de cycle secondaire ne manqueront pas d'applaudir Sikander dans ses imitations d'acteurs célèbres comme Amitabh Bachchan.

Les billets pour le concert du 31 août sont en vente à Rs 800 (fauteuil) et à Rs 500 (gradins). Pour le concert du 2 septembre, les billets sont en vente à Rs 300. Vous pouvez réserver vos billets en appelant le 292-2872 ou vous rendre dans les locaux de Bollywood Events, à Astor Court Building, Port-Louis. Les billets sont également en vente dans les magasins Mikado et les supermarchés Winners.


Le week-end prochain au Conservatoire

Steeve Deville: Osons avec lui !

Si on a pu le voir aux côtés de grands noms de la musique locale comme Triton, Kaya ou Menwar, le guitariste Steeve Deville n'en a pas moins nourri, au cours de toutes ces années, une originalité musicale qui s'est cristallisée à travers l'album Ozé, sorti il y a quelques semaines. Loin des sentiers rebattus, il y tente le défi d'une expression où la langue créole explose les habitudes du séga pour flirter avec le jazz et autres rythmes du monde. Une séduisante nouvelle voie que Steeve Deville nous invite à partager en live le week-end prochain au Conservatoire François Mitterrand. Puisque pour ce génial guitariste, c'est sur scène et nulle part ailleurs que se libère la fascinante énergie de la musique !

"Pour moi, la musique c'est la scène, la scène et la scène. L'album, c'est ce qu'on ramène chez soi pour donner à ceux qui n'étaient pas là une petite idée de ce qu'ils ont manqué !" Dixit Steeve Deville, au lendemain de la sortie de son tout premier album, Ozé, et à la veille des deux concerts live qu'il propose au public local les vendredi 31 août et samedi 1er septembre prochain. C'est dire à quel point ils sont importants pour lui, ces deux rendez-vous qu'il a entièrement produits, malgré des moyens très modestes, mais riche d'une phénoménale envie de partage.

Car la musique, cela a toujours été ça pour Steeve Deville: l'envie de partager avec d'autres, musiciens et non-musiciens, cette formidable passion qui l'habite depuis l'enfance. Musique découverte aux coins des rues de la Cité Père Laval, à Quatre-Bornes, où il a grandi et vit toujours. Lieu de sa rencontre avec son pote de toujours, Eric Triton, et avec bien d'autres jeunes pour qui la moindre boîte de beurre vide servait à faire résonner des rythmes indissociables du quotidien.

Pour Steeve Deville, l'instrument de la fascination sera la guitare ramenée à la maison par ses grands frères. Guitare que ce jeune autodidacte ne tardera pas à allumer de rythmes reggae, jazz, funky, soul, épatant la famille et la galerie qui a vite fait de le surnommer Little Stevie, en grand fan de Wonder qu'il est toujours. Et dont il semble partager cette sorte de jubilation musicale si particulière au contact de son instrument.

Il est, de fait, fascinant de voir Steeve Deville poser ses mains sur sa guitare. De l'écouter la rendre bavarde, vive, insolente, se riant des rythmes et des scansions habituelles pour recréer sa propre voix. Une voix musicale qu'il mettra longtemps au service des autres, notamment en signant les arrangements du marquant Zistwar Revoltan de Kaya, en étant la cheville ouvrière du projet Tandela, singulier album de world mauricienne, ou aux côtés de Menwar pour pousser plus loin l'expérience sagaï. Mais une voix qui demandait aussi de pouvoir s'exprimer pleinement pour elle-même, en allant jusqu'au bout de son exigence, de sa créativité et de son originalité propres.

Ce sera donc finalement chose faite avec l'album Ozé. Où Steeve Deville ose dans tous les sens. Sur le plan rythmique, des accords, de l'écriture, des chœurs. Le fruit de cinq ans de travail. Des chansons mûries, rodées dans les pubs et les bars. Au final, dix titres où Steeve Deville se confronte au défi de faire chanter et bouger le créole autrement, pour faire entendre ses aspirations d'amitié, de solidarité, de fraternité, son refus de l'hypocrisie, de la facilité, de la drogue, ses convictions sur la condition d'artiste et de musicien.

Avec Jalill Auckbaraullee à la batterie, Mayeven Murden au mridangam, James Brasse aux percussions et Didier Baniaux à la basse, Steeve Deville nous invite à le rejoindre le week-end prochain pour oser, avec lui, sortir des sentiers rebattus. Une offre qui ne se boude pas. Rendez-vous à honorer donc les vendredi 31 août et samedi 1er septembre à 20h au Conservatoire de Musique François Mitterrand à Quatre-Bornes.

Les billets sont en vente à Rs 200 à travers le Rézo Otayo et à la porte.


Finale de la Ramayana Chanting Competition

Le Navyuvak Ramayan Mandali et le Vishwanath Mandir Mahila Sabha couronnés

La finale de la Ramayana Chanting Competition organisée par la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation a eu lieu le lundi 20 août au Centre Culturel Indira Gandhi, Phœnix. C'est le Navyuvak Ramayan Mandali de Rivière du Rempart qui a remporté le premier prix (section traditionnelle), doté d'un cash prize de Rs 20 000 et des copies du Ramcharitmanas. Le second prix (Rs 10 000) a été décerné à l'équipe de Notre Dame Kalimata Mandir.

Dans la catégorie moderne, le premier prix de Rs 20 000 a été octroyé au Vishwanath Mandir Mahila Sabha de Vacoas. Le Nageshwarnath Mandir de Bois Jacot, Amaury, arrivé second, a remporté un cash prize de Rs 10 000 et d'autres trophées. Le troisième prix (Rs 5 000) a été remis à l'équipe de Poudre D'Or Sarvajanik Shivalaye.

Somduth Dulthummun, le président de la MSDTF, nous a indiqué que les préliminaires avaient été organisés depuis le 22 juin dans sept localités du pays: Flic en Flac, Montagne Longue, Rivière du Rempart, Montagne Blanche, Curepipe, Camp Diable et Quatre Cocos. Cent groupes se sont fait inscrire dans la catégorie moderne et vingt-cinq dans la catégorie traditionnelle. Les demi-finales ont eu lieu les 7 et le 8 août au siège de la MSDTF, à Port-Louis. Six groupes ont été choisis dans la catégorie moderne et deux groupes dans la catégorie traditionnelle.

Les participants ont eu une formation sur la musique et le rythme dispensée par des formateurs de la MSDTF avant les préliminaires. Les équipes sélectionnées ont également poursuivi leur formation jusqu'à la finale. M. Dulthummun nous a précisé que cette compétition est importante pour ceux qui veulent lire et comprendre le Ramayana. Selon lui, le Ramayana est un trésor pour propager les valeurs familiales et morales et pour la bonne gouvernance.

L'équipe championne de l'année prochaine aura l'occasion de séjourner en Inde ou en Afrique du Sud, si les négociations aboutissent, nous a précisé M. Dulthummun.


Livres sur la musique

Mémoires musicales

Il y a quelques années encore, les ouvrages consacrés à la musique indienne (traditionnelle ou populaire) étaient rares à Maurice. C'est à peine si ce domaine intéressait les chercheurs en musique, les enseignants et autres passionnés du genre. Aujourd'hui, le thème suscite de nombreux travaux, les plus récents étant ceux du Dr Gautami Bhagat Ramyad (Global impact of Indian music) et d'Adi Sankara Perumal (Singing with Saivite Saints). Deux ouvrages en anglais qui font l'actualité du livre "musical" par la somme d'informations compilées et la démarche dynamique des auteurs.

La présentation de Gautami Bhagat Ramyad n'exige pas de grands éclaircissements: elle est une joueuse de sitar renommée, née à Montagne Longue. Elle est aussi issue de la famille du célèbre poète de langue hindi B.M. Bhagat, qui a contribué à la promotion de la langue hindi à Maurice. Il fut aussi chanteur. "Mon père voulait que je chante ses poèmes et ma mère voulait que je joue au sitar", nous avoue Mme Ramyad pour expliquer l'origine de sa passion de la musique.

Elle explore dans Global impact of Indian music (with special reference to Mauritius; Sanjay Prakashan Publisher, India) le domaine de la musique hindoustanie du nord de l'Inde (instrumentale et vocale) et la danse khatak. Son livre sur les origines de la musique indienne dans le continent et son évolution comprend une partie importante sur les différentes formes de musique indienne développées à Maurice (musique dévotionnelle, folklorique, populaire) depuis l'arrivée des premiers immigrants indiens jusqu'en 1980.

L'auteur part d'un vide: "I found that there were records of printed materials on other cultural aspects of Mauritius but very little on Indian music. Only few scattered written information was available. I could find a few books of Dr. I. Nundlall and some articles in newspapers. I interviewed Mr. & Mrs. Nandkishore and some other musicians who were eager to talk about their experience concerning Indian Classical Music in Mauritius", écrit-elle dans son avant-propos. Son livre est en fait le prolongement d'une thèse intitulée "The Development of Hindustani Classical Music in Mauritius from 1960 onwards", soutenue en 2004.

Certaines figures de la musique indienne à Maurice et quatre grandes tendances s'imposent comme une évidence dans le livre du Dr Ramyad. Après une introduction très documentée sur la musique indienne, elle adopte une approche sociologique et historique pour décrire la vie culturelle et sociale des premiers Indiens à Maurice. On apprend qu'ils sont arrivés de l'Inde avec leurs instruments de musique: le dholak (tambour), manjira (cymbales). Des instruments qu'on trouve encore dans la musique folklorique.

Les immigrants indiens accompagnaient les différentes étapes de la vie (naissance, communion, mariage, mort) par la musique de leur pays. Les sankaras concernaient leur vie quotidienne. Les chants et danses folkloriques en bhojpuri rythmaient particulièrement certaines activités saisonnières, comme le labourage, la culture, la récolte. Mme Ramyad cite en exemple Jantsar, Ropni, Katni. Les immigrants indiens avaient apporté avec eux leurs livres sacrés et chantaient à la gloire de Dieu. Elle traite aussi des musiques pratiquées par les autres communautés indiennes: "Tamils, Marathi, Gujrati, Telegu, Muslims."

L'évolution de la musique indienne à Maurice est passée par les aspects spirituels, folkloriques et populaires (musiques de films). La musique classique indienne a pris de l'ampleur à Maurice depuis son enseignement par diverses institutions et musiciens. Gautami Ramyad cite l'ouverture de l'École de la Musique et de la Danse à Vandermeesh, le département de musique indienne au MGI. Elle fait aussi la part belle aux pionniers de cette musique: le Dr I. Nundlall, le couple Nandkishore (School of Indian Music and Dance) et le Professeur Vishwanath. V. Shrikhande, premier directeur du département de musique et danses indiennes au MGI.

Le Dr Ramyad distingue 4 grandes tendances dans l'évolution de la musique indienne à Maurice: spirituelle, classique, folklorique, musique populaire. La musique traditionnelle se perpétue. Les instruments qui suscitent le plus d'intérêt sont: le tabla, le sitar, le violon, le mridangam (dans la musique carnatique).

L'auteur souligne, par ailleurs, la contribution des associations, organisations, ministères et des médias dans la promotion de la musique classique indienne à Maurice.

À signaler des informations complémentaires précieuses à la fin du livre comme l'interview du Dr B.M. Bhagat (Madhukar). Autant d'éléments rassemblés par l'auteur qui rendent compte de l'évolution brillante de la musique indienne à Maurice.


Singing with Saivite Saints

Adi Sankara Perumal apporte sa contribution à la culture tamoule et brasse les traditions musicales du sud de l'Inde dans Singing with Saivite Saints (AS Production, Inde). Le lecteur aura bien vite compris l'utilité pratique de l'ouvrage. C'est la formule du livre musical qui est ici adoptée, représentant un genre méconnu jusqu'ici à Maurice.

Quel est le but poursuivi ? L'ouvrage de A. S Perumal, sérieusement documenté, traite des traditions sivaïtes (Shiva, être suprême). L'auteur avoue son attirance pour les temples de Shiva à Chidambaram (Tamil Nadu) dans le sud de l'Inde. En 2007, il entreprend des recherches sur ces temples et les chants pieux au dieu Shiva, les Tirumurai, une collection de chants interprétés par les saints depuis le 6e siècle avant notre ère. L'auteur nous dit qu'à Maurice, on chante ces chansons sans vraiment connaître leur signification. À qui sont-elles dédiées ? Dans quels temples ont-elles été composées et dédiées à qui ? Le lecteur trouvera des éléments de réponse dans le livre de M. Perumal qui consacre treize chapitres autour des saints descendus sur terre selon la religion sivaïte.

Le titre du livre renvoie aux saints sivaïtes qui ont composé des chants à la gloire de Shiva à la fin du 6e siècle. L'auteur établit la liste des compositeurs ayant rendu hommage à ce dieu jusqu'en 1964. Un CD (8 titres) complémentaire à la lecture du livre illustre les différents chapitres du livre musical.

Adi Sankara Perumal a jugé la nécessité de réhabiliter 4 grandes figures de la musique carnatique, dont la réputation s'est obscurcie: Gnanasambandar, Appar, Sundrar, Manickkavasagar. Ils sont les compositeurs des 8 des 12 livrets de la collection de chants (Tirumurai). La reproduction de textes de chansons et leur traduction sont des documents pour la compréhension de l'évolution de la musique carnatique à Maurice. A.S. Perumal évoque le Tillai Nataraja Temple (le centre de l'univers dans la mythologie indienne) à Chidambaram. Les 13 saints sivaïtes évoqués dans les 13 chapitres du livre ont séjourné dans ce temple, d'où leur inspiration.

Perumal, qui a donné récemment un récital de chant à l'Institut Mahatma Gandhi est lui-même un spécialiste de la musique carnatique (vocale). Ses efforts pour décentraliser l'enseignement de la musique carnatique à Maurice ont été salués à juste titre: "This book in English would be an inspiring and attractive introduction to the Saivite culture of the Tamizh country. And when we realise that the author is a citizen of Mauritius, our admiration goes up. Now we look forward to researchy writings on music from this young post-graduate in music." (Dr. N. Ramanathan, musicologue).


Campagne Dodo 2007

Des ossements d'animaux datant de 4 000 ans retrouvés

Mare aux Songes est un site toujours en fouilles. La poursuite des recherches par les scientifiques hollandais et mauriciens dans ce cimetière de fossile naturel - l'un des plus riches au monde - a permis de retrouver un échantillon d'ossements d'animaux. Ces fossiles dateraient de 4 000 ans. Un record ! Une découverte qui vient enrichir la collection d'ossements découverts jusqu'ici et améliorer les connaissances géologiques, stratigraphiques et hydrologiques du site.

L'écrin sédimentaire de Mare aux Songes révèle progressivement qu'il y a eu d'autres volatiles que le dodo dans ce site recouvert de sédiments, accumulé avec le temps. Il faut savoir que Mare aux Songes est un site d'enfouissement. La poursuite des recherches cette année par l'équipe du Dr Kenneth Rijsdijk devait affiner la séquence stratigraphique du lieu. Ce qui était au départ une campagne de travaux géologiques a tourné à la découverte de dépôt d'ossements d'animaux.

Cette nouvelle fouille permettra d'éclairer l'histoire, la signification et l'ancienneté de ces ossements. Les scientifiques du Dodo Research Programme (DRP) ont isolé au début de leurs travaux un carré d'environ 4m x 4m. Une tranchée a été creusée autour. Des feuilles de tôle et des pierres (pôle d'air) y ont été insérées. L'idée était d'avoir un carré sec, avec des sondes pour faires remonter l'eau, afin de mener à bien les recherches. C'est en préparant ce carré qu'un échantillon de 4 000 ossements environ a été découvert. Les travaux d'excavation n'ont pas continué. Ils se feront au cours de la prochaine campagne.

Face à cette nouvelle découverte, une nouvelle interprétation de l'environnement du dodo se dégage. La collection d'ossements s'enrichit avec beaucoup d'études statistiques, selon le Dr Anwar Janoo, scientifique mauricien. Il n'est pas exclu qu'il y ait eu d'autres volatiles que le dodo à Mare aux Songes. La partie micro-analytique de cette campagne 2007 fera la lumière sur cela. Une scientifique hollandaise travaille sur les petits vertébrés alors qu'une autre chercheuse s'occupe de la partie botanique. Des découpes effectuées dans des troncs d'arbres sur le site sont une autre manière de dater les découvertes.

Le bilan de la campagne 2007 de recherches sur le dodo est définitivement positif. Les fouilles ont été effectuées avec l'autorisation et le soutien logistique de Mon Trésor Mon Désert Ltée, avec le feu vert du National Heritage Fund. Le Dodo Research Programme est une initiative internationale dont l'objectif est d'analyser les couches fossiles à Mare aux Songes. Il faut se pencher sur les raisons qui ont conduit au dépôt des ossements dans le site. Les recherches sont menées par une équipe de 50 scientifiques de différentes organisations, dont le National Heritage Fund, le Mauritius Museums Council, l'Université de Maurice, l'Université d'Amsterdam et le Natural History Museum of London, entre autres. Les fouilles sont co-sponrisées par WWWF-Netherlands.

Les analyses faites par les chercheurs du DRP révèlent que Mare aux Songes est l'un des plus riches et des plus récents (moins de 5 000 ans) cimetières de fossile naturel au monde. C'est aussi le seul qui existe jusqu'ici sur une île. La poursuite des recherches vise à donner à Mare aux Songes une renommée mondiale.


Fêtes de la Cités 2007

Port-Louis se met à l'heure du patrimoine

"Port-Louis d'hier, passerelle de demain". C'est le thème qu'a choisi la mairie de Port-Louis pour l'édition 2007 des Fêtes de la Cité. Un programme qui a débuté le vendredi 21 août dernier et qui se prolongera jusqu'au 2 septembre prochain, avec un volet culturel qui fait la part belle à la redécouverte et revalorisation du patrimoine.

S'il comporte aussi des épreuves sportives, des dons de cadeaux aux hospices, couvents, orphelinats et crèches de la ville, l'ouverture d'un centre ophtalmologique à Plaine Verte et une journée de dépistage du Sida (le 31 août sur l'esplanade des droits humains), le calendrier des Fêtes de la Cité 2007 fait la part belle à des activités culturelles axées autour du patrimoine.

On peut ainsi y relever, ce dimanche 26 août, la projection de "Films lépok lontan" au Cinéma Majestic, et la tenue, à partir de 15h au Champ de Mars, d'une fête pour les enfants qui proposera de redécouvrir cerfs-volants, jeux d'antan et courses à bicyclette, aux côtés de promenades sur des poneys ou autos tamponneuses.

Vestiges et vertiges

Demain, lundi 27 août, sera inaugurée à 11h, une exposition de photos sur le thème "Vestiges et vertiges" proposée avec l'aide de Jaffar Hossen Sobha, connu pour ses photos du vieux Port-Louis. Dans l'après-midi, une compétition réservée aux enseignants leur proposera de porter une réflexion sur une photo du patrimoine. Un concours de photos sur le thème "Patrimoine et cases créoles" est aussi prévu le jeudi 30 août.

Le mardi 28 août débutera, à 10h, un concours et expo-vente autour du "Carri lontan", alors que le mercredi 29 sera consacré à un quiz inter-collèges sur le patrimoine portlouisien.

Le vendredi 31 août débutera avec une "Fête du Livre" et culminera avec le dévoilement de deux plaques, l'une donnant le nom de Rémy Ollier au foyer du Théâtre de Port-Louis, l'autre donnant le nom de Léoville L'Homme à la bibliothèque municipale. Cette journée prendra fin avec un programme "Raconte ène zistoire-Sirandanes-Jeu de mots" au Café du Vieux Conseil à partir de 19h. Samedi verra la tenue d'une Chasse au Trésor dans la matinée et d'un spectacle culturel sur l'esplanade des droits humains à partir de 19h.

Un programme dont on peut espérer qu'il servira à conscientiser le plus grand nombre autour d'un patrimoine non seulement portlouisien, mais aussi national, en nette décrépitude…


Page d'Histoire

La motion de SSR demandant l'Indépendance pour l'île Maurice (22 mars 1967)

À un moment où le journaliste historien Yvan Martial a lancé l'excellente l'idée d'une plaque commémorative, il nous a semblé également intéressant que, pour bien connaître l'histoire de leur pays, les jeunes devraient prendre connaissance de ce que fut le discours de Sir Seewoosagur Ramgoolam - celui qui devint alors le 1er Premier ministre du pays - ainsi que de l'ambiance qui prévalut ce jour-là au sein de ce qui était encore l'Assemblée législative.

C'est plus exactement à 23h45, que les membres de la majorité parlementaire (Parti Travailliste, Independant Forward Block et Comité d'Action Musulman) votent par acclamations la motion de Sir Seewoosagur Ramgoolam demandant l'Indépendance de l'île Maurice "dans le plus bref délai et cela au sein du Commonwealth britannique".

Les débats, constate Le Mauricien, journal qui avait combattu l'Indépendance, "ont été très animés, mais Sir Seewoosagur Ramgoolam, en tant que meneur, a fait preuve de modération dans son discours". Le journal a trouvé "remarquables les interventions des indépendantistes Satcam Boolell, Veerasamy Ringadoo et Raymond Rault, lesquels ont porté les importantes délibérations à un haut niveau". Fut jugé "non moins brillant le discours de Gaëtan Duval, le leader de l'opposition, qui ne s'est nullement prononcé contre le vœu de la majorité bien qu'il fît ressortir que les résultats des élections générales du 7 août, sur lesquels SSR se fondait pour présenter sa motion n'étaient pas définitifs parce que des pétitions avaient été logées pour contester ces résultats dans certaines circonscriptions".

Toujours selon Le Mauricien, se démarquèrent du lot, les interventions de jeunes parlementaires débutants comme Guy Ollivry et Raymond Rivet (PMSD), Preedath Mewasing (Parti de l'Indépendance) et Yousouf Mohamed. Par contre, le leader de l'Independant Forward Block, Sookdeo Bissoondoyal, allié à ce moment-là de SSR, mit le feu aux poudres en affirmant avoir été l'objet d'une tentative de corruption visant à l'inciter à voter contre la motion contre promesse d'argent et du poste de Premier ministre si les neuf voix de son parti se désolidarisaient de l'Indépendance.

C'est à 14h20 que Sir Seewwoosagur se lève pour présenter sa motion. Celle-ci se lit comme suit :

"That this Assembly requests Her Majesty's Government in the United Kingdom to take the necessary steps to give effect, as soon as praticable this year, to the desire of the people of Mauritius to accede to Independance within the Commonwealth of Nations and to transmit to others Commonwealth Governments the wish of Mauritius to be admitted to membership of the Commonwealth on the attainment of Independance".

Sir Seewoosagur, dit que sa motion "n'est que l'expression de la volonté du peuple manifestée sans équivoque lors du scrutin du 7 août. Maurice va prendre sa place parmi les nations libres du monde. C'est le cours inexorable de l'Histoire. En cette occasion, les cœurs de tous les Mauriciens sont remplis de joie car le pays sera enfin libre. Notre petite île a donné au monde l'exemple de son courage et de sa détermination". SSR rend hommage à ceux qui, à travers les années, ont lutté pour l'émancipation du peuple, de Remy Ollier à Edgar Laurent et Raoul Rivet et il évoque la mémoire d'Anquetil, de Rozemont et de Seeneevassen.

"Nos cœurs, dit SSR, sont reconnaissants à ces hommes qui ont lutté de toutes leurs forces. La bataille a été dure, mais elle n'a pas été vaine. Une époque prend fin ici, une autre s'ouvre à nous ! Ce pays sera désormais notre patrie. Pour elle, nous devrons donner le meilleur de nous-mêmes, car, que nous le voulions ou pas, nous vivrons et mourrons ici."

"La liberté n'a fait de mal à personne" (SSR dixit)

Sir Seewoosagur évoque la lutte entreprise par le peuple britannique pour sa libération et par les peuples du Canada et de l'Australie. Puis, il fait une incursion dans l'Histoire de Maurice pour démontrer qu'en 1794, alors que le pays était encore l'île de France, il s'était rebellé contre le gouvernement central. SSR résume alors les évolutions constitutionnelles que le pays a connues depuis Sir William Newton à ce 22 août 1967. Il déplore que les forces réactionnaires aient tout fait pour entraver le progrès. Des gens qui sont dotés d'intelligence pourtant font preuve d'obscurantisme. Même de nos jours quelques Mauriciens croient encore à la supériorité d'une classe. Les cœurs n'ont pas beaucoup changé depuis Sir Henry Leclézio. Quelques-uns ont monopolisé l'économie et la politique pendant 100 ans. Ils luttent encore pour préserver leurs privilèges féodaux et défendre leurs "vested interests". Pourquoi avoir peur de l'Indépendance. La liberté n'a fait de mal à personne s'écrie SSR en citant des États africains qui ont pris leurs places parmi les nations libres du monde : le Kenya, la Tanzanie, la République malgache où, dit-il, le niveau de vie a augmenté.

Sir Seewoosagur dit croire que "l'Indépendance donnera de solides garanties à la démocratie à Maurice. Il ne nie pas les difficultés économiques, mais affirme que la formule d'association avec la Grande-Bretagne (prônée par le PMSD) ne nous aurait pas permis de les résoudre". Territoire associé, Maurice aurait subi toute récession économique qui se serait produite en Grande- Bretagne. Des territoires plus petits que l'île Maurice ont accédé à l'Indépendance. Le Premier ministre demande à ceux-là qui se sont opposés à l'Indépendance d'être réalistes et de penser au vent de changement qui balaie le continent africain depuis 20 ans et qui a libéré maints pays. Le vieux monde a péri et aucune lamentation ne le fera revivre.

Sir Seewoosagur fait un appel pour qu'aucun Mauricien ne se comporte comme un enfant. L'indépendance, affirme-t-il, ne peut séparer l'île Maurice de la Grande-Bretagne. Au contraire, nos liens avec notre ancienne métropole et avec les autres pays libres du Commonwealth seront plus étroits. Nous travaillerons avec l'Angleterre sur une base d'égalité dans une atmosphère de respect mutuel et d'égalité. Sa Majesté viendra à Maurice et le gouverneur général aura des pouvoirs étendus qui sauvegarderont les droits de tous. Nous resserrerons nos liens avec la France et un nouvel horizon s'ouvrira à nous. Les Nations unies et d'autres organismes internationaux pourront nous aider davantage.

SSR fit ressortir que notre petite nation divisée en groupes ethniques émergera plus forte et plus unie. Notre pays sera notre espoir. Ce sera la fin du colonialisme et de la discrimination sous quelque forme que ce soit. Nous forgerons une conscience nationale. Le Premier ministre cite Roger Pezzani (politicien en vue des années 20 30) qui assure que "les erreurs du passé ne seront pas commises de nouveau". Je fais un appel à mes amis de l'Opposition Je leur demande de ne pas céder à des sentiments émotifs et de ne pas donner libre cours à leur imagination. Je leur demande de se rendre que seul un État souverain peut résoudre les problèmes auxquels nous avons à faire face. La formule d'association ne nous accorderait aucun privilège et n'assurait pas l'entrée automatique des Mauriciens en Grande - Bretagne. Cette formule d'association ne facilitera pas notre entrée dans le Marché commun européen. Le pour et le contre de cette formule a été bien pesé. Si le gouvernement l'a écartée, c'est qu'elle ne peut pas servir les intérêts supérieurs du pays.

Un nouveau chapitre de notre petite histoire est écrit, dit SSR. Sachons donner un nouveau sens à l'Unité dans une si riche diversité. Sir Seewoosagur dit espérer que les membres de l'Opposition se montreront à la hauteur de leur tâche, qu'ils feront preuve d'un tempérament d'hommes d'État. Il les avertit, par contre, que le gouvernement ira de l'avant avec l'Indépendance et ne cédera à aucune pression et à aucune menace d'intimidation.

La motion de SSR fut secondée par le député ministre et adjoint leader du Parti travailliste, Guy Forget.

Duval : "J'ai beaucoup apprécié l'attitude de SSR"

Le discours de Sir Seewoosagur Ramgoolam démontra avait les qualités d'un grand leader modéré, mais, celui du Leader de l'Opposition, Gaëtan Duval, dont le parti avait été le grand perdant des élections, mais de justesse (44% au PMSD contre 54% au Parti de l'Indépendance) fut tout aussi mémorable. Le leader du PMSD réitérera ses doutes qu'un petit pays de 750 000 âmes comme Maurice puisse survivre de ses propres moyens avec déjà 50 000 chômeurs, un déficit budgétaire qui se dégrade d'année en année et un marché du sucre déjà incertain. Mais, il promit que son parti coopérera pleinement tant que la Constitution du pays ne sera pas violée dans sa lettre et dans son esprit.

Les députés PMSD firent un walk-out après le dîner parlementaire en protestation des accusations, selon eux calomnieuses, de Sookdeo Bissoondoyal. Mais, dans une lettre publique, dès le lendemain pour expliquer ce walk-out, Gaëtan Duval écrivit ce qui suit :

"Je dois à la vérité de dire que j'ai beaucoup apprécié l'attitude de Sir Seewoosagur lui-même tout au long des débats". Avec recul, on peut dire maintenant que cette appréciation de Duval de la modestie de SSR, lequel savait qu'il allait hérité d'un pays difficile - était déjà les prémises d'une coalition "coûte que coûte" qui allait s'ensuivre…


Souvenirs

Princesse Indira Devi: "Mes rencontres avec Malcolm de Chazal"

En 1968, à l'invitation d'amis, la princesse Indira Devi d'une des familles princières d'Hyderabad effectua une visite à l'île Maurice. Lors de son séjour, elle fut présentée à Malcolm de Chazal qui lui consacra plusieurs chroniques dans le quotidien Advance. Trente-huit ans après, la princesse effectue actuellement son troisième séjour à Maurice. Pour Week-End, elle a bienveillamment accepté d'évoquer ses rencontres avec le penseur mauricien.

Très impliquée dans la vie culturelle indienne, la princesse Indira Devi avait parmi ses relations des indiennes originaires du Gujerat qui avaient épousé des Mauriciens. C'est par ces relations qu'elle avait entendu parler de Maurice. Elle était également la présidente d'une association culturelle et c'est à ce titre qu'elle fut invitée, en 1968, à procéder à la pose de la première pierre d'un bâtiment de Andra Maha Sabha. Au cours de son séjour, la princesse est présentée aux personnalités du pays en commençant par le Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam. "Au cours d'une de nos conversations, sir Seewoosagur, qui était un homme très cultivé et savait que je m'intéressais à la littérature, a suggéré que je fasse la connaissance de Malcolm de Chazal. Il a demandé que des démarches soient faites dans ce sens. Le poète mauricien était aussi connu pour son originalité que pour ses œuvres et quand on lui a dit que je souhaitais faire sa connaissance, il a simplement demandé:

qui c'est ? sans répondre à la proposition. Sa réponse ne venant pas, j'étais persuadé que j'allais quitter Maurice sans rencontrer Malcolm de Chazal. Et puis, un jour avant mon départ, je suis allée me promener au Morne avec M. Kissoonsingh Hazareesingh et son épouse et Vijay Joypaul. Quand nous sommes arrivés au Morne, on nous a dit que M. de Chazal était au bout de la plage. M. Hazareesingh m'a dit: Allons à sa rencontre. Et c'est ainsi que j'ai rencontré pour la première fois Malcolm de Chazal qui était en costume noir avec son légendaire chapeau sur la plage du Morne. Ses premiers mots après m'avoir été présentée ont été:

- Tout le monde me dit que je dois vous rencontrer. Je ne vois pas pourquoi je devrais le faire. Pourquoi insistez-vous pour faire ma connaissance ?

- Parce que si je quitte Maurice sans vous avoir rencontré mon séjour serait incomplet. On m'a dit qu'on ne peut pas connaître Maurice sans avoir rencontré Malcolm de Chazal.

- Que voulez-vous savoir de moi ?

- Tout ce que vous voudrez bien me dire.

- Alors allons marcher.

Et nous sommes allés faire une promenade sur la plage du Morne. Lui avec son costume et son chapeau noir, moi avec mon sari et mes sandalettes qui s'enfonçaient dans le sable. Il m'a posé des questions sur ce que je savais de lui, sur son œuvre et m'a promis de m'envoyer une copie de son livre Sens Plastique. Il m'a ensuite emmené dans une partie de l'hôtel où il peignait, m'a montré quelques-uns de ses dessins et m'a demandé de lui dire ce que j'en pensais. Je lui ai dit que j'étais incapable de le faire et il m'a demandé de choisir une de ses peintures, qui à mon avis se ressemblaient toutes. J'en ai choisi une et il m'a demandé la raison de mon choix. Diplomatiquement, je lui ai dit que cette peinture me rappellerait mon passage au Morne et surtout ma rencontre avec Malcolm de Chazal. Il a semblé très satisfait de ma réponse et m'a dit: "Ah, je vois que vous comprenez ma peinture", et m'a offert plusieurs autres peintures en me demandant à chaque fois de lui dire ce que j'en pensais. Il a été satisfait de mes réponses et je suis repartie avec, je crois, une demi-douzaine de peintures."

La princesse Indira Devi quitte Maurice le lendemain et quelques jours plus tard, Malcolm de Chazal publie sa version de la rencontre dans la chronique qu'il animait dans le quotidien Advance. Il y fera allusion dans plusieurs autres chroniques au point où la rencontre entre la princesse indienne et le penseur mauricien devient un des sujets de conversation de l'île. La rencontre sera suivie d'un échange de lettres entre le Morne et Hyderabad et de l'envoi d'un exemplaire de Sens Plastique.

"Nous sommes allés faire une promenade sur la plage du Morne. Lui avec son costume et son chapeau noir, moi avec mon sari et mes sandalettes qui s'enfonçaient dans le sable"

La deuxième rencontre aura lieu en 1979. Cette année-là, la princesse est invitée par le Premier ministre pour donner une conférence à l'université de Maurice.

"Au cours de ce séjour officiel, j'ai habité au château du Réduit et un soir je ne sais plus comment, l'épouse du gouverneur général, Lady Williams, a parlé de Malcolm de Chazal. À l'époque, tout le monde était au courant de ma rencontre avec le penseur qui en avait beaucoup parlé dans un journal. Comme j'étais censée être la seule personne écoutée de Malcolm de Chazal, Lady Williams m'a demandé de lui rendre un service. Je devais demander à Malcolm s'il accepterait de recevoir le Order of the British Empire. Je ne me sentais pas capable de le faire, mais Lady Williams a tellement insisté que j'ai accepté de transmettre la demande. Cela s'est passé à Grand Baie dans un hôtel qui ne doit plus exister aujourd'hui et où nous avions déjeuné. J'ai transmis la demande au dessert. Malcolm a posé ses couverts avec force et crié: "Moi OBE ? Moi m'agenouiller aux pieds d'une femme même si c'est une reine ! Jamais, je n'accepterai une telle proposition." J'ai passé le week-end suivant au Morne et j'avais invité Lady Williams à dîner en conviant également Malcolm sans trop croire qu'il accepterait. Mais il est venu. Quand il est arrivé, il a demandé que l'on éteigne les lumières de la pièce où nous nous trouvions. J'ai été prise de court mais ai accédé à son désir et il s'est assis. Quelques instants plus tard, lady Williams est arrivée et nous avons dîné dans une semi-obscurité car il n'y avait que les lumières du couloir qui étaient allumées. Malcolm a entretenu une conversation avec Lady Williams qui parlait de musique. À un moment donné, il a évoqué la proposition de lui décerner le OBE qu'il a, une fois de plus refusé, mis son chapeau et a quitté la pièce. Je crois que ce fut la seule rencontre, dans l'obscurité, entre l'épouse du gouverneur général et Malcolm." Pour la princesse Indira Devi, Malcolm de Chazal "était indéniablement un grand intellectuel qui avait beaucoup lu. Il parlait beaucoup de lui, de son œuvre, de sa peinture et de sa vision du monde. Il avait un niveau de pensée exceptionnel et des théories révolutionnaires, en tout cas très en avance sur son temps, ce qui explique qu'il n'était pas compris par la majeure partie de ses contemporains. Il était, comme le sont les êtres exceptionnels, passionnants et passionnés avec des contradictions. Il disait ne pas avoir besoin de décorations tout en voulant être reconnu pour ses pensées et ses écrits et aimait la publicité." La princesse rencontrera plusieurs fois le penseur lors de son deuxième séjour à Maurice. "Chacune de nos rencontres s'est déroulée de manière totalement imprévisible. Nous avons eu de longues discussions, disons plutôt de longues déclarations de lui avec souvent des questions inattendues qu'il me posait. J'ai même aidé les journalistes de Paris Match à réaliser une interview de lui. Bernard Violet, un photographe français a réalisé une série de photos d'une de nos rencontres au Morne. Malcolm avait accepté de poser pour le photographe mais a demandé que ce soit moi qui lui transmette les questions des journalistes pour l'interview qui a été, je crois, publiée dans Paris Match. Après ces deux premières visites, nous avons échangé quelques lettres et j'ai suivi, de loin, son parcours et sa renommée de plus en plus grandissante. Je me rappelle avoir entendu parler de la possibilité qu'il soit proposé pour le prix Nobel et j'ai pensé qu'il avait dû apprécier la démarche. Pas pour le prix, mais pour avoir été jugé digne d'être considéré comme un candidat, ce qui était une reconnaissance de son talent."

La troisième visite à Maurice de la princesse Indira Devi est en quelque sorte un grand retour sur le passé. "Je viens de perdre mon époux au mois de mai et j'avais besoin de quitter Hyderabad pour me changer les idées. J'ai choisi de revenir à Maurice, où j'ai d'excellents amis, pour essayer de retrouver les traces d'une période heureuse. Je souhaite aller me promener au Morne tout en redoutant le changement que cette région a obligatoirement connu au cours des trente-six dernières années." L'actuelle visite à Maurice de la princesse Indira Devi a également un autre objectif. "J'ai rencontré le Premier ministre et lui ai promis de retourner à l'État mauricien les peintures que Malcolm de Chazal m'avait offertes, sauf une que je vais garder. J'ai entendu dire qu'une fondation avait été créée pour honorer la mémoire de Malcolm de Chazal. Je pense que ces tableaux y seront à leur place et donneront l'occasion aux Mauriciens de les admirer."


Profil

La princesse Indira Devi est la fille aînée du Rajah Dhanrajgir descendant d'une des familles princières d'Hyderabad. Après un long séjour effectué à Bombay, la famille revient s'installer à Hyderabad au Gyan Bagh Palace, la demeure familiale. Tout en faisant ses études secondaires, la princesse évolue à la cour royale du septième Nizam d'Hyderabad, commence à faire de la peinture puis découvre la poésie et publiera plusieurs ouvrages. La princesse Indira Devi épousera Seshendra Sharma, un célèbre poète et écrivain télégou qui s'était également spécialisé dans la traduction d'œuvres de la littérature télégoue en anglais. Le poète Seshendra Sharma est mort au mois de mai de cette année.


Religion

Trente ans de la Journée Mondiale de Prière des Femmes à Maurice

La Journée Mondiale de Prière (JMP) des Femmes a été observée pour la première fois à Maurice en 1977. On en est à la trentième année de son observation dans l'île. L'événement a été marqué d'une pierre blanche le vendredi 17 août lors d'un service d'action de grâces en l'église presbytérienne de St-André à Rose-Hill. Jusqu'au 16 septembre, une exposition sur la JMP à Maurice et dans le monde est ouverte aux visiteurs les dimanches, de 9h30 à 10h30, au Geneva Hall, église St-André, Rose-Hill.

Un grand nombre de fidèles, majoritairement des dames, des églises adventiste, anglicane, catholique et presbytérienne, a écouté avec attention le Père H. De St-Pern (catholique), le Vénérable Archidiacre James Wong (anglican), le Pasteur Agnel Barbe (adventiste) et le Pasteur Rodney Curpanen (presbytérien) parler sur l'amour, la joie, la paix et l'encouragement respectivement. Étaient aussi présents Mgr Ian Ernest, Évêque de Maurice et Archevêque de l'Océan Indien, le Pasteur Marc Etive, directeur de la Société Biblique, et le Pasteur France Cangy, Modérateur de l'Eglise presbytérienne.

Une initiative signée Mary James en 1887

La JMP est un mouvement animé par des femmes chrétiennes. Ces dernières se réunissent chaque année pour observer une journée commune pour prier et servir. "Les femmes chrétiennes sont amenées à se servir de leurs talents dans et pour la société. À travers le mouvement, les femmes affirment que la prière et l'action sont inséparables, que les deux ont une influence importante dans la société." *

Le mouvement a été initié au dernier quart du 19e siècle par Mary James, l'épouse d'un pasteur presbytérien, qui était, à l'époque, présidente du "Board of Home Missions" de l'Église Presbytérienne aux États-Unis. En 1887, elle plaida pour l'institution d'"une Journée Mondiale de Prière dans le cadre d'une confession des péchés individuels et nationaux avec offrandes qui montrent la pénitence." (Idem) En 1890, deux membres de l'Église Baptiste, Helen Montgomery et Lucy Peabody, réclamèrent, à leur tour, une JMP pour les Missions de l'Église Outre-Mer, avec accent sur "l'alphabétisation et la création des centres éducatifs des femmes en Afrique, en Asie et en Amérique Latine". (Idem) Au fil du temps, "les deux journées devenaient une et le mouvement s'étendait au Canada". (Idem)

La JMP s'étendait à l'Europe à l'issue de la Conférence Mondiale Missionnaire à Jérusalem en 1928. Dans les pays meurtris par les guerres mondiales, l'hydre du racisme et les génocides, les animatrices et membres de la JMP se trouvèrent face à de nombreux défis à relever pour "le rétablissement des valeurs morales… la mission du Christ dans un monde déchiré". (Idem) La conjoncture apporta une touche œcuménique à la JMP et offrit aux femmes chrétiennes "l'occasion à planifier, à organiser et à diriger des cultes". (Idem)

La JMP introduite à Maurice via l'UMOFC en 1977

La JMP est marquée chaque année par une journée annuelle de célébration fixée au premier vendredi de mars. Chaque année, l'ordre du culte est préparé par un groupe de femmes d'un pays membre. Le pays organisateur est désigné par un comité international qui se réunit tous les quatre ans dans un pays différent. En 1970, la participation croissante des femmes de l'Église catholique s'est traduite par la nomination de deux femmes de l'"Union Mondiale des Organisations Féminines Catholique" (UMOFC) au comité exécutif.

C'est en adhérant, à travers les Écoles Ménagères dont la cheville ouvrière était la regrettée France Boyer de la Giroday, à l'UMOFC que Maurice a été informée de l'existence de la JMP. France Levantard, déléguée des Écoles Ménagères aux assises de l'UMOFC, a obtenu du siège de la JMP à New York le matériel et la documentation requis pour l'organisation de la première journée mondiale de prière à Maurice le 1er vendredi de mars 1977, avec catholiques et anglicans se joignant dans cet exercice. Dans les années 1980, une décentralisation de JMP a amené à la création d'une vingtaine de centres d'animation auxquels se sont joints aussi les presbytériens et les adventistes.

La JMP à Maurice est chapeautée par un comité national comprenant une trentaine de membres qui sont responsables de la célébration annuelle de la JMP dans leurs centres respectifs. Une réunion mensuelle donne l'occasion à ces membres d'étudier la Bible en commun (étude qui est animée par Alice Derblay), de préparer la célébration annuelle de la JMP et de choisir les institutions charitables qui bénéficieront des dons de la JMP mauricienne. Le siège national de la JMP se trouve actuellement à l'église St-André à Rose-Hill.

*"La Journée Mondiale de Prière" par Elizabeth Crosby, in Sève et Vigne, No. 74, janvier/février 1974


Le comité international

Depuis 1968, avec le nombre de pays et régions adhérents avoisinant les 170, un comité international comprenant des représentantes des Comités nationaux et régionaux s'occupe de tout ce qui touche à l'administration et à l'organisation de la JMP. Le comité international se réunit tous les quatre ans dans une partie du monde différente: Suède (1968), Thaïlande (1970), Mexique (1974), Zambie (1978), Allemagne (1982), USA (1986), Jamaïque (1990), Australie (1995), Afrique du Sud (1999), Angleterre (2003) et Canada (2007). Depuis 1995, l'île Maurice est invitée au comité international, et a été représentée, tour à tour, par France Levantard, Diana Douce, Ginette Dennemont, Stella Blackburn et Floriane Laventure.

Entre autres activités, le comité international élit un Comité exécutif œcuménique et représentatif des traditions catholique, orthodoxe et protestante, et composée d'une présidente, d'une trésorière et de représentantes d'Afrique, d'Asie, d'Europe, d'Amérique Latine, du Moyen Orient, d'Amérique du Nord et du Pacifique, et choisit les thèmes futurs et les rédactrices des liturgies. Ainsi, les thèmes choisis pour la JMP de 2007 et de 2008 sont respectivement "Unis sous la tente de Dieu" et "La sagesse de Dieu apporte une compréhension nouvelle".


Le 30 août à Port-Louis

Questionnement sur la culture pour la reprise du Café-Philo

"La culture est-elle un facteur d'humanisation ?" C'est la question qui sera au centre du Café-Philo, qui reprend ses activités le 30 août prochain après une interruption liée aux vacances d'hiver.

Proposé et animé par Joseph Cardella, professeur de philosophie au Lycée des Mascareignes, le Café-Philo a proposé, depuis le début de cette année, des rendez-vous permettant une véritable discussion et des échanges approfondis autour de thèmes divers, directement liés à l'actualité comme celui sur la laïcité et la liberté religieuse au lendemain de "l'affaire des haut-parleurs", ou alors plus généraux. Avec la particularité non pas d'inviter le public à venir prendre connaissance des vues de quelques invités, mais au contraire de laisser la discussion ouverte entre les personnes présentes.

Cette fois, c'est donc la culture - et son éventuelle capacité d'humanisation - qui sera au centre des discussions de l'édition du Café-Philo, prévue pour ce jeudi 30 août 2007 à 17h30, au bar Lotus on the Square, à côté du Théâtre de Port-Louis.

En attendant ce rendez-vous, les intéressés peuvent toujours se connecter sur le site internet www.cafephilomaurice.com pour écouter le débat qui a eu lieu en avril 2007 sur "Laïcité et religions: Quelles relations ? Pour quelle tolérance ?"


Santé

Épilation: Faire peau neuve…

L'épilation de toutes les zones du corps chez l'homme comme chez la femme fait véritablement partie de la vie quotidienne. Dans nos sociétés, la beauté physique inclut un entretien des poils. Selon la nature chimique et hormonale, certaines femmes sont aussi velues que ces messieurs et en souffrent. Le corps est naturellement recouvert de poils. Les jambes sont les parties les plus "touchées", mais les bras, les aisselles, etc… ne sont pas épargnés. L'épilation est le seul remède à ce problème de pilosité. S'épiler oui, mais comment ? Du simple rasoir aux méthodes les plus sophistiquées, en passant par les différentes sortes de cire, le choix est impressionnant ! De quoi décourager les poils les plus résistants.

Il existe en effet, plusieurs méthodes d'épilation: rasoir, crème épilatoire, mousse, cire ou laser… Économiques ou coûteuses, douces ou douloureuses, rapides ou compliquées, durables ou temporaires, les méthodes d'épilation sont d'abord une question de choix personnel. Si le rasage est pratique et économique, certains s'épilent au spray ou à la crème d'épilation. D'autres préfèrent les crèmes dépilatoires ou encore la cire. Les épilations à long terme ou dites définitives sont celles faites par électrolyse, par laser ou par lumière pulsée.

Nous vous proposons un aperçu de ces différentes méthodes:

Le rasage

Utilisé quasi quotidiennement, le rasoir est l'accessoire beauté indispensable pour les femmes. Rapide et sans douleur, économique et facile, il est parfait quand on est pressé. Toutefois, le rasage laisse la peau sèche et souvent irritée, et la vitesse de repousse est trop rapide. En effet, comme on coupe le poil au ras de la peau, la repousse est immédiate (comme la barbe des messieurs !). Le poil devient plus foncé, donc plus visible, et il faut s'y soumettre quasiment chaque jour pour avoir la jambe douce.

La crème ou le lait épilatoire

Agit comme le rasoir, mais de façon légèrement plus prononcée. La substance chimique contenue dans ces crèmes ou laits dissout le poil durant le temps de pose. Au rinçage, le poil s'en va avec l'eau. La peau est immédiatement douce, mais la repousse est drue, comme pour le rasoir. Si les crèmes épilatoires contiennent des principes actifs hydratant la peau, ces produits sont très forts et causent chez les peaux sensibles différentes réactions allergiques - plaques rouges, apparitions de petites lésions ou boutons ou gonflement de la zone touchée. L'épilation de poils faite par produits chimiques doit être effectuée environ toutes les trois semaines.

La cire

L'épilation à la cire, qu'elle soit faite à la maison ou chez l'esthéticienne, est une méthode tout indiquée pour les aisselles, les jambes et le maillot. L'utilisation de la cire froide réside dans l'application de bandes encollées, recouvertes de cire poisseuse (qu'on retrouve en grandes surfaces) sur la peau. On retire la bande d'un coup sec et les poils sont entraînés avec la cire. Le problème consiste à retirer ensuite les résidus de cire restant sur la peau.

La cire chaude. La cire chaude traditionnelle se présente généralement sous la forme de petites billes de résine à faire fondre. Cette cire, réutilisable, doit être chauffée dans un appareil ou au bain-marie. Il est conseillé d'effectuer la veille un gommage des jambes pour désincruster les cellules mortes et les poils qui repoussent sous la peau. À l'aide d'une spatule en bois ou d'un roll-on (qui déverse une dose de cire en continu), la cire à épiler s'applique sur la peau. Une fois sèche, on l'arrache d'un coup sec du bout des doigts en tirant dans le sens inverse de la pousse. La chaleur ouvre les pores de la peau et permet un arrachage facile des poils.

La cire tiède. La cire est chauffée à la température adéquate et s'applique sur la peau au moyen d'une spatule ou d'un applicateur spécial, en couche aussi fine que possible. On applique ensuite une bande de coton et on tire d'un coup sec. La chaleur de la cire détend la peau, ce qui relâche le poil, qui s'arrache plus aisément. Le secret d'une bonne épilation à la cire tiède réside dans la finesse de la couche de cire: plus elle est fine, mieux c'est ! Cette cire, à base de sucre, se rince à l'eau tiède.

Les épilateurs électriques

C'est un ressort mobile qui saisit les poils et les arrache sans ménagement. Certains appareils disposent de disques qui agissent comme des pinces à épiler et d'un petit "masseur" qui a pour but de désensibiliser les terminaisons nerveuses avant l'arrachage du poil. Le défaut de ces appareils est que parfois le poil est cassé avant d'être arraché. Les jambes seront bien épilées, mais il n'y a pas de réelle sensation de douceur de la peau.

L'épilation électrique. Cette méthode utilise une aiguille insérée dans le bulbe pileux, jusqu'à la racine du poil. Une faible décharge est lancée, ce qui a pour effet de tuer la racine. Le poil s'arrache sans effort et, privé de racine, ne repousse plus. C'est un traitement de longue haleine, pas vraiment agréable et relativement cher. Mais c'est le seul qui, semble-t-il, débarrasse vraiment à vie des poils.

L'épilation au laser. Ce principe équivaut à régler une lumière sur une longueur d'onde particulière, qui détruit le poil en faisant exploser la mélanine qu'il contient. Selon la couleur de la peau et celle du poil, il faudra utiliser un appareil spécifique. Au passage de la lumière, les premiers poils sont détruits (environ 10% de la totalité). Il faut donc renouveler les séances afin de traquer la totalité du duvet. Les poils ont un cycle de vie de deux ans et le laser ne "prend" pas ceux en phase de pousse. Le traitement laser est donc un traitement long et assez onéreux. De plus, environ 25% des poils repoussent au bout de 2 à 3 ans. Il faut donc refaire quelques séances pour terminer l'opération. L'épilation laser est plus une épilation longue durée qu'une épilation définitive.


Soins rasage

Restez dans votre bain une bonne dizaine de minutes pour que la peau ramollisse légèrement. Appliquez ensuite une couche de mousse à raser ou simplement un peu de savon pour que le rasoir glisse plus facilement sur la peau. Utilisez une lame bien coupante pour ne pas irriter la peau. Rasez-vous par petits mouvements réguliers sans appuyer trop fortement sur le rasoir. Partez de la cheville et remontez jusqu'au genou sans vous interrompre. Faites de même tout autour de la jambe et terminez par les petites retouches. Rincez puis appliquez une crème hydratante sans alcool pour réhydrater la peau et éviter les inflammations. Pour les aisselles, évitez de mettre du déodorant juste après le rasage au risque d'irriter votre peau. À noter qu'il existe aussi des rasoirs mécaniques "spécial femmes" qui déposent sur la peau une fine pellicule d'aloe vera aux propriétés adoucissantes.


Conseils à suivre

- Attendre que vos poils atteignent la longueur idéale de 5 mm sur les jambes et de 6 mm sur le maillot avant de vous épiler.

- Préparer l'épilation du maillot en coupant aux ciseaux les poils les plus longs et appliquez pendant les quelques jours précédant l'épilation une solution exfoliante qui vous évitera les risques de poils incarnés.

- Chasser les résidus de cire après l'épilation en utilisant les lingettes imbibées d'huiles essentielles bactéricides et d'huiles nourrissantes.


Benetton à tout prix

L'enseigne de Benetton - véritable mythe de mode et de marketing dans le monde - a été lancée avec l'ouverture d'une première boutique, l'unique dans l'océan Indien, le 22 août à Floréal. Gérée par le jeune Italo-Mauricien Erman Indirli, l'unité du prestigieux groupe italien de l'habillement propose pour fin hiver et début été 2007, des collections complètes pour homme, femme et enfant, toutes fabriquées en Italie. Si la gamme proposée par l'United Colors of Benetton est notamment centrée sur les teintes vives et les nuances, celle de Sisley, autre marque du groupe Benetton, offre des vêtements très "trendy" dans des styles variés: casual ou élégance.

Avec un investissement de Rs 7 m dans cette nouvelle unité, Erman Indirli, directeur à 26 ans de deux entreprises, dont la vinicole Les caves du roi, compte réaliser un joli coup à Maurice. "Beaucoup de gens cherchent la qualité et sont prêts à payer le prix", avance-t-il. Il précise: "Nous visons une clientèle haut de gamme, dont les touristes".

Tout commence en 2006. Après avoir fait une analyse du marché mauricien ainsi que de l'emplacement et la stratégie, le groupe Benetton - dont les magasins sont souvent caractérisés par leurs emplacements prestigieux dans les centres historiques et commerciaux - décide de donner son aval pour l'ouverture d'une boutique à Floréal ainsi qu'au Caudan Waterfront, Port-Louis (celle-ci sera opérationnelle en décembre 2007), Quatre-Bornes et Grand-Baie (ouverture prévue pour 2010), les autres sites n'étant pas idéals pour cette marque de renommée internationale.

L'unité de Floréal est divisée en deux départements, avec, au rez-de-chaussée L'United Colors of Benetton et à l'étage Sisley. Elle emploie actuellement une dizaine de personnes, dont une Marketing Manager d'origine italienne. La boutique, autorisée et certifiée par Benetton, est interdite de commercialiser d'autres produits que ceux de la marque italienne.

Chez Benetton, il n'est pas question que le look soit négligé. Pour ceux qui veulent craquer pour les derniers caprices de la mode, la marque a déniché dans la gamme de l'United Colors of Benetton et Sisley, quelques "must-have" au meilleur rapport tendance/prix. Ainsi, des jeans se vendent de Rs 2 300 à Rs 3 500, des chemises pour hommes coûtent Rs 1 000 à Rs 1 500. Chez Sisley, les vêtements sont vendus à partir de Rs 2 800 à Rs 5 000 et pour les enfants à partir de Rs 800. En attendant la confirmation du Area Manager de la branche africaine pour un éventuel défilé de mode, Erman Indirli nous présente quelques-unes des collections qu'il vient tout juste de recevoir.


Hautes en couleurs

Chez l'United Colors of Benetton, la tendance est interprétée à travers une palette éclatante, ciblant tous les âges et répondant à toutes les envies. On retrouve beaucoup de basiques de bonne qualité, en particulier dans des vêtements déclinés dans des dizaines de coloris. La marque italienne ose les couleurs flashy sans se soucier des tendances.

Dans toutes les collections, toutes les matières et les couleurs sont présentes. Ainsi, dans cette mode joyeuse et estivale, nous retrouvons le jaune, le rouge, le vert, entre autres dans des imprimés "fleurs et feuillages". L'omniprésence des fleurs n'échappe pas. Elles sont partout et nageront toute la saison dans un océan de couleurs pour rendre aux filles la féminité qu'elles semblent perdre. Une envie de nature où se mêlent des accords de vert très variés, des plus acides aux plus tendres. Quant au jean, il s'impose toujours en vêtement fétiche de la saison.

Pour éviter l'overdose de couleurs, l'United Colors of Benetton habille les filles en uni ou à pois. Quant à Sisley, elle offre des collections toujours plus tendances, en adéquation avec les nouveaux goûts de leur clientèle phare: les jeunes.

La boutique de Floréal compte lancer à la fin du mois de septembre une gamme de lingerie ainsi que des accessoires de luxe - bijoux en or, sacs à main et ceintures.


Visuels chocs

Chez Benetton, la communication par l'image prend tout son sens: les visuels chocs s'imposent pour attirer l'attention. En ce moment, sur les divers billboards placés à divers endroits de Maurice, on peut voir une femme vêtue d'une mini-jupe très sexy assise sur un homme.

Rien de choquant comparé aux publicités de Benetton dans les années 90. En effet, les campagnes publicitaires imaginées par Oliviero Toscani ont été très controversées partout dans le monde. Benetton avait décidé de bouleverser l'opinion publique et de réveiller les consciences dans ces campagnes. Nous avons eu droit à une religieuse estampillée du signe VIH, un soldat qui a une cuillère à la place d'un bras, une chaise électrique, un enfant trisomique. La pub signée Benetton dérange et scandalise mais ne peut laisser indifférente et c'est peut-être la clé de son succès.


Passion héritée

Avant de prendre les commandes de Benetton à Maurice, Erman Indirli est d'abord connu pour produire du vin italien sur l'île depuis mai 2005. Après ses études tertiaires à l'European School of Economics en Italie en 2004 et détenteur d'un degré en Eco et Finances, il retourne sur son île natale pour lancer une entreprise vinicole avec son père: Les caves du roi. Élaboré à base de moût concentré de raisin venu tout droit du sud de l'Italie, le produit a su trouver sa place sur le marché grâce à la volonté de son créateur et à une stratégie commerciale ambitieuse.

Distribués sous diverses marques, les produits Les caves du roi sont vendus en bouteille de verre de 750 ml et connaissent un certain succès sur le marché local, du fait de son prix abordable - entre Rs 36.75 et Rs 81.

Par ailleurs, le jeune entrepreneur envisage de diversifier ses activités et de conquérir les marchés de la Communauté de développement d'Afrique Australe (SADC) et du Marché Commun pour l'Afrique de l'Est (COMESA), afin d'y écouler 50% de sa production.


L'histoire de Benetton

Des mégastores en surnombre, une vente de 130 millions de produits par an et un chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euro. Quand on pense à Benetton, on est loin de se douter que tout a commencé dans une petite famille de Trévise, en Italie, il y a plus de quarante ans. À cette époque, Luciano Benetton se lance sans le sou. Son point de départ: la maille que tricote sa sœur Giuliana. Dès ses débuts dans le monde du textile, Luciano et sa sœur optent pour une organisation aussi simple qu'efficace: Giuliana crée, Luciano vend. De fil en aiguille, le succès se fait sentir.

En 1963, la famille Benetton ouvre sa première boutique et, trois ans plus tard, la première usine est inaugurée. La clé de ce succès: la couleur. À une époque où la mode n'ose pas encore les teintes vives, l'entrepreneur italien propose des créations centrées sur le jeune, le bleu, le vert... Au total, plus de 48 coloris sont rapidement disponibles par saison et par collection.

C'est en 1974 que Sisley intègre le groupe Benetton, qui achète le nom. Mais c'est seulement en 1985 que Sisley trouve sa place avec sa personnalité au sein du groupe. Sisley a maintenant plus de 800 points de vente partout dans le monde et cible notamment les jeunes consommateurs.

Aujourd'hui, en plus de 40 ans de règne sur la mode italienne, le bilan du clan Benetton est éloquent: 5 000 boutiques dans 120 pays et un chiffre d'affaires plus qu'honorable.

Au-delà de la mode, la diversification version Benetton passe aussi par d'autres secteurs: le sport (Formule 1), la grande distribution, la restauration, les télécommunications, les autoroutes. En 40 ans, le clan Benetton a ainsi su faire de son entreprise familiale une multinationale toujours reconnue.


Cinéma

Steppin'

Dancing Kings

De Sylvain White

Avec Columbus Short, Meagan Good, Ne-Yo…

Durée: 1h54

En quittant les quartiers pauvres de L.A. pour étudier dans la plus prestigieuse université d'Atlanta, DJ Williams intègre un monde dont il ignore tout. Grâce à ses qualités d'athlète, il était chez lui un champion de street dance. Mais dans ce repaire de l'élite, il ne se sent pas à sa place.

À la Truth University, DJ découvre également le stepping, une danse qui trouve ses racines dans la boot dance africaine. Lorsque le jeune homme démontre ses qualités de danseur dans un club local, il attire l'attention des fraternités. Même la très belle April a remarqué son talent, ce qui n'est pas du goût de son petit ami, Grant, l'une des stars de Mu Gamma Xi. DJ décide de rejoindre la fraternité rivale, Theta Nu Theta. Son style atypique et spectaculaire ravive la compétition et remet en cause la suprématie de Mu Gamma Xi...

Le réalisateur franco-américain Sylvain White signe un film qui met en scène le stepping, discipline qui s'est imposée comme une tradition sur les campus afro-américains. Elle combine des pas et des figures méticuleusement réglés avec des chants et des mouvements de percussion des mains et des pieds. Le chorégraphe Dave Scott explique: "Le stepping a commencé avec des éléments traditionnels africains comme la percussion corporelle et les mouvements de groupe coordonnés. Les fraternités ont ajouté des pas et figures d'une précision extrême. Pour le film, nous avons encore voulu actualiser cela en intégrant des figures de street dance et des mouvements acrobatiques."

Signalons que ce long-métrage, sorti le 12 janvier aux États-Unis, y a remporté plus de 61 millions de dollars de recettes. Soit près de cinq fois l'équivalent de son budget, à hauteur de 13 millions de dollars.


La découverte Colombus

Sylvain White a fait des castings dans tous les États-Unis afin de trouver des danseurs capables de jouer la comédie, et inversement des acteurs capables de danser. Le réalisateur précise qu'"il fallait des talents hors du commun tant au plan dramatique qu'au plan de la danse". Le choix de l'acteur principal a été le plus rapide, Columbus Short (DJ Williams) s'est imposé comme une évidence, autant pour ses qualités d'acteur que pour ses qualités de danseur. Columbus Short est également un chorégraphe très demandé. Il a notamment réalisé les chorégraphies pour les tournées des chanteuses Britney Spears et Ashanti.


Ciné News

Emma dans la cour des grandes

Le site Premiere.com vient de publier la liste des 100 femmes les plus influentes d'Hollywood. Entre les productrices décisionnaires (Paula Wagner ou Kathleen Kennedy) on trouve les actrices Helen Mirren (The Queen), Julia Roberts, Kate Winslet ou encore Nicole Kidman. La surprise vient de l'apparition de la jeune Emma Watson (Hermione dans Harry Potter). Cette dernière doit son entrée dans la liste à son salaire et sa présence dans la saga jusqu'en 2010.

Nicole Kidman se livre…

Nicole Kidman va retrouver le réalisateur et le scénariste de The hours. Le dramaturge David Hare vient en effet de rendre à Stephen Daldry le script de The reader d'après le roman de Bernhard Schlink. En Allemagne, juste après la Seconde Guerre mondiale, une femme analphabète a une liaison torride avec un adolescent. Elle disparaît. Des années plus tard ils se retrouvent: lui est devenu étudiant en droit, elle est jugée pour crimes de guerre. Un zeste de thriller et un soupçon d'érotisme pour Nicole Kidman et Ralph Fiennes…

Dollars Carrey

Le contrat de Jim Carrey pour Yes Man, sa prochaine comédie, risque de bousculer la donne hollywoodienne. L'acteur ne touchera pas de salaire direct pour son rôle, mais plus de 36% des recettes, une fois les coûts de production, copie et promotion déduits. Un vrai coup de poker pouvant lui rapporter des dizaines de millions de $ ou… quelques miettes. Ce type de contrat existait déjà dans le milieu indépendant, mais c'est une première pour un gros studio.

De Niro sans Scorsese ?

Ce n'est peut-être qu'une rumeur mais elle est insistante: Martin Scorsese se serait retiré de Frankie Machine, le nouveau film de gangsters qu'il devait réaliser avec De Niro. Tiré du roman de Don Winslow, le film raconte comment un ancien tueur à gages doit reprendre du service à la demande d'un mafieux.

Wonder Katie ?

Une nouvelle rumeur circule à Hollywood concernant Katie Holmes. Mme Tom Cruise aurait apparemment rencontré l'équipe de production du film Wonder Woman. Une source proche de l'actrice aurait également révélé que cette dernière voyait à travers ce rôle un moyen de revenir sur le devant de la scène


CInéma

Heyy Babyy

Comédie romantique de Sajid Khan

Avec Akshay Kumar, Fardeen Khan, Riteish Deshmukh, Vidya Balan…

Aroush (Akshay Kumar), Ali (Fardeen Khan) et Tanmay (Riteish Deshmukh), trois jeunes célibataires ont une drôle de façon de vivre. Contrairement aux bigots et aux hypocrites, ils refusent de se voiler pudiquement la face et la sexualité est une réalité qui gouverne leurs vies. Littéralement affamés d'amour, ils font de belles conquêtes à Sydney. Aroush mène la belle vie dans le night-club où il travaille. Tanmay amuse les enfants en assumant le rôle d'Eddy Teddy. Ali, jeune homme au physique de beau ténébreux, a 100% de réussite auprès des femmes, mais il est aussi un parieur invétéré, attendant patiemment son tour pour récolter une grosse cagnotte.

Nos trois héros gais, fantaisistes et spontanés qui rêvent d'établir leurs bases à Sydney, découvrent un bébé devant leur porte. Aroush, Tanmay et Ali se retrouvent donc avec un bébé sous les bras. Leur vie bascule: ils se retrouvent à changer les couches et calmer les sautes d'humeur du petit. Après plusieurs difficultés, le trio de séducteur devient de bons pères, toujours aux petits soins avec le petit.

La qualité de l'interprétation l'emporte aisément sur les artifices d'un scénario dans lequel on reconnaît mal la marque du producteur Sajid Nadiawala. La recette est bien connue et le cinéma indien est un de ceux qui l'a sans doute le plus utilisée. Sajid Khan nous offre une comédie vive et bien chevillée en ne négligeant pas le drame humain qu'est l'abandon d'un bébé. Les difficultés de nos héros à élever un enfant donnent lieu à des scènes plaisantes et les dialogues sont bien ficelés. Ceux qui adorent les tirades bien senties trouveront leur compte.

Akshay Kumar qui a abandonné son blouson de justicier pour s'essayer à la comédie tient le film à bout de bras tandis que Vidya Balan (Parimeeta et Lege Raho Munnabhai) se découvre une âme vengeresse. Rappelons que Shah Rukh Khan fait une apparition spéciale en dansant sur le rythme de Mast Kalandar.


Buddha Mar Gaya

Comédie de Rahul Rawail

Avec Paresh Rawal, Anupam Kher, Om Puri, Rakhi Sawant

Laxmikant Kabadiya, aussi connu comme LK, est un des industriels les plus riches de l'Inde. Lui qui avait commencé au bas de l'échelle avec la vente de vieilles ferrailles est aujourd'hui un magnat de la construction. Dans l'entreprise qu'il dirige, tout le monde est emballé par l'idée que la compagnie va bientôt être cotée en bourse. Ce qui le placerait comme l'un des plus puissants de la Grande Péninsule.

Les choses prennent une autre tournure lorsqu'à la date prévue pour l'entrée en bourse, LK meurt dans les bras d'une belle créature. La famille est horrifiée, non pas par la mort du vieil homme mais parce que personne ne voudra acheter les actions cotées en bourse. Ils décident de cacher la mort de LK pour deux jours encore, en attendant que prennent fin les transactions boursières. Mais une série d'événements amène la famille à repousser l'annonce de la mort de LK…


Bollywood News

Vacances mauriciennes pour Govinda

L'acteur Govinda, qui vient d'effectuer son retour triomphal à l'écran avec les succès de Bhagam Bhaag et de Partner, a choisi de se reposer sous le soleil mauricien en compagnie de son chorégraphe Ganesh. Govinda, un habitué de l'île Maurice pour avoir déjà tourné Hum, Albela et Bade Miyan Chotte Miyan chez nous a choisi une fois de plus notre île pour se la couler douce.

Né le 21 décembre 1963 à Virar, une localité de Mumbai, Govinda, de son vrai nom Govind Arun Ahuja, a fait ses débuts dans le Tanbadan, film de son oncle Anand, en 1986. Pranlal Mehta le remarqua durant le tournage de ce film et lui confia un rôle dans Love 86 aux côtés du Neelam. Mais c'est Ilzaam (1986) qui l'a véritablement fait connaître. Après une série de succès, il commença à signer des films à la chaîne même s'il ne se sentait pas en sécurité à Bollywood. "I thought I'd buy an autorickshaw once I made some money. So that even if I didn't click as an actor, I'd at least have another source of livehood", devait-il confier. En 1987, il fait un tabac au box-office avec les succès de Khudgarz, Marte Dam Tak et Sindoor.

Après un long passage à vide, il revient au-devant de la scène avec Shikari, Haseena Maan Jayegi et Akhiyon Se Goli Maare. Après les succès de Bhagam Bhaag et Partner, il est à nouveau très sollicité à Bollywood.

Sanjay Dutt en liberté provisoire

L'acteur Sanjay Dutt, condamné à six ans de prison le 31 juillet dernier, a obtenu une liberté provisoire lundi de la cour suprême jusqu'à ce qu'une copie du jugement lui soit remise par le juge P.D. Kode. Il avait été trouvé coupable de possession d'armes à feu ayant été utilisées par les séries d'attentats à la bombe en 1993 à Mumbai. Un panel de trois membres a décidé de libérer Sanjay Dutt et cinq autres condamnés car ces derniers n'avaient pas encore obtenu une copie du jugement. Cette liberté provisoire prendrait fin dès qu'ils seraient en possession d'une copie du document.

Sanjay Dutt a accueilli la nouvelle de sa libération sous caution avec un ouf de soulagement. Les conditions de détention à la prison de Yerawada, à Pune, étaient particulièrement rigoureuses. Sa sœur Priya, qui est également une députée du Congress, parti au pouvoir, avait multiplié les démarches pour la remise en liberté de son frère. Les producteurs sont également heureux car ils risquaient de perdre Rs 500 millions investies dans les films de Sanju Baba. Ils estiment pouvoir compléter les films à temps avant la nouvelle comparution en cour de l'enfant terrible du cinéma indien. Sanjay Dutt doit cependant rester au pays car une interdiction de quitter le territoire pèse sur lui.

Selon le producteur Subhash Ghai, la liberté provisoire de Sanjay Dutt est "the result of the prayers of millions that he has got justice. My family and I are extremely happy that now Sanju can breathe easy and follow his father's footsteps in serving the nation. He has been punished enough for his mistakes. Now let him make his late father, family and nation proud of him. I am sure he will do that through".


Au CCB

L'Inde vue par Louis Malle

Dix ans après la mort de Louis Malle, le centre culturel français Charles Baudelaire invite le public mauricien à la découverte de l'Inde vue par le cinéaste, dans un contexte où ce continent est particulièrement présent dans le monde.

Du lundi 27 août au samedi 1er septembre, L'Inde fantôme, un documentaire en sept parties et Calcutta, un long-métrage, seront projetés gratuitement dans la salle polyvalente du centre, en présence de Robert Grélier, historien et critique d'art.

Louis Malle, surtout connu pour ses fictions, réalise en 1968 un documentaire intitulé l'Inde fantôme. Sept films de 52 minutes chacun qui renvoient aussi bien à la complexité à appréhender ce pays et ses habitants qu'aux fantômes qui hantent le cinéaste pendant le tournage. Louis Malle écrira dans son journal de bord: "Comment peut-on être indien ? Comment peut-on être cinéaste ?" Autant de questions qui surgiront peut-être chez le public lors de la projection de cet aspect singulier de l'œuvre de Louis Malle. Le carnet de voyage du cinéaste, publié par Gallimard en 2005, éclaire l'histoire d'un documentaire singulier.

L'histoire de cette aventure indienne est la suivante: Louis Malle, écrit Robert Grélier, est invité en 1967 en Inde dans le cadre d'une semaine de cinéma. "Malle s'attend certes à un choc culturel mais celui-ci est bien plus violent qu'il ne l'a prévu. L'Inde le stupéfie par son opacité. Il est fasciné par cette culture qu'il ne comprend pas et ne peut assimiler, surtout en si peu de temps."

Le cinéaste retourne en Inde pour filmer et s'interroger sur la misère, le système de castes, la religion, le voyage, principaux thèmes des sept films de l'Inde fantôme et de Calcutta. Soulignons que ce long-métrage sera présenté en ouverture de cette semaine du cinéma au CCB, le lundi 27 août à 19h.


Programmation

Mardi 28 août à 19h: La caméra impossible

Mercredi 29 août à 19h: Choses vues à Madras

Jeudi 30 août à 19h: La religion

Vendredi 31 août à 19h: La tentation du rêve

Vendredi 31 août à 20h30: Regard sur les castes

Samedi 1er septembre à 19h: Les étrangères en Inde

Samedi 1er septembre à 20h30: Bombay - L'Inde future


Litéracie kreol

Gid Profeser Literesi, nouvelle publication de LPT

Lancée vendredi après-midi au siège de Ledikasyon pu Travayer, la nouvelle publication, Gid Profeser Literesi, du mouvement, est un outil complet pour soutenir le processus de l'apprentissage de l'écriture et la lecture. Guide étoffé, le manuel en kreol, certes, donne aussi des pistes aux enseignants de matières générales. "En général, après sa formation, l'enseignant n'a que sa craie pour seul outil. Puis, il se retrouve entre quatre murs. Pourquoi ? Parce que l'Education n'a jamais songé à un guide de travail pour lui (…) Outre l'aspect technique, le guide contribue au développement de l'enseignant", relève d'emblée Nita Ragoonundhun, du département de français à l'institut pédagogique. À travers le manuel, explique cette dernière, l'enseignant (re) découvre son rôle et parvient aussi à développer des méthodes pour faciliter l'apprentissage chez l'apprenant. Publié à deux semaines de la célébration de la journée de litéracie, Gid Profeser literesi, souligne Alain Ah-Vee de LPT, est un moyen de promouvoir et encourager l'apprentissage de la langue maternelle, dans un contexte, dit-il où celle-ci est réprimée par le pouvoir économique et politique. "Aprann langaz maternel, li pa selman enn drwa, mé li ousi importan", dit-il. C'est dans cette optique, expliquent Alain Ah-Vee et Lindsey Collen, que la Mauritius Qualifications Authority fait fausse route en insistant sur les tests d'aptitude en anglais et en français dans le cadre du National Certificate in Adult Literacy à l'intention des adultes qui n'ont pas décroché le Certificate of Primary Education. Dans une longue lettre qu'il a envoyée au ministre de l'Education et au directeur de la MQA, LPT proteste contre l'approche des deux instances. La langue utilisée pour l'évaluation des candidats devrait selon LPT être le kreol. Il rappelle que les recalés du CPE ont déjà des difficultés de compréhension lorsqu'il s'agit du français et de l'anglais. Et pour soutenir ses arguments, LPT relève clairement les phrases formulées dans un anglais approximatif par la… MQA, dans le papier menant au certificat. LPT qui dénonce la participation de certaine organisation non-gouvernementale dans l'élaboration de ce test, demande au ministère de revoir sa conception.


Recette

Monique Petit: Un zeste du passé

Toutes les occasions sont bonnes pour sortir la vieille caraille afin de préparer l'atni. Depuis qu'une ancienne collègue de l'usine où elle a travaillé pendant 24 ans lui a livré cette recette, visiblement d'origine orientale, Monique Petit en a fait sa spécialité.

À L'Escalier où elle a passé la majeure partie de sa vie, Monique, 58 ans, respire la joie de vivre. François, son époux, ses trois enfants et sept petits-enfants sont le secret de son bonheur. Quand elle sort les casseroles tous les jours pour préparer les repas, c'est naturellement avec amour qu'elle se met à la tâche, confie-t-elle.

Monique Petit fait partie de ces rencontres qui marquent. Généreuse et spontanée, elle arrive avec aisance à faire défiler les images du passé. Au temps où elle accompagnait ses parents à la mer pour ramasser ces coquillages aux noms savoureux: bigorneau, tec-tec, brisan, zéro, bétail, lasiet louis, bénitier, et en faire un bon bouillon. "Les coquillages bétail et zéro, on ne pouvait les préparer qu'en rougaille", précise notre invitée.

Puisque, par la faute des hommes, les coquillages sont moins abondants, cette époque fait partie des souvenirs. En revanche, comme la terre ne nous a pas encore privés de manioc, Monique se fait un devoir de perpétuer une tradition culinaire. Ainsi, le fameux katkat manioc est même devenu un plat de fête. "Kan éna enn fet, mo fer enn bon katkat manioc-mouton, satini bonnfam tifi ek enn ti ver divin", dit-elle en inondant sa cuisine de son rire contagieux. Le satini bonnfam tifi n'est autre qu'un chatini de pommes d'amour au gingembre, comme l'aimait préparer la belle-mère de Monique.

Lorsqu'elle n'est pas dans sa cuisine, Monique prend des cours d'artisanat, s'occupe de sa nouvelle maison et regarde la télévision. Une vie tranquille qu'elle savoure, depuis 39 ans, aux côtés de François. Chez elle, Monique garde précieusement deux souvenirs. Une image de la Sainte Famille et un fer à repasser. Les deux objets, un héritage de son père né en 1892, ont plus de 100 ans…


Atni

Parfumer le riz en ajoutant un peu d'élaïti pendant la cuisson.

Le riz peut être préparé en marmite. Dans ce cas, éteindre le feu avant la fin de la cuisson et ajouter trois tasses d'eau à la fin de la recette avant de repasser sur le feu ou en rice cooker. Cuire complètement et chauffer à la fin de la recette.

Le poisson ou le poulet peut remplacer la viande hachée.

Pour 4-6 personnes

Ingrédients

500 g de riz déjà cuit, 400 g de viande hachée, 500 g de pomme de terre en cubes, 300 g de carotte en cubes, 200 g de haricots en cubes, 400 g d'oignons détaillés, une botte de cotomili, 2 gousses d'ail, du gingembre, 2 c. à soupe de mantègue, 2 c. à soupe d'huile, 2 c. à soupe d'épices pour briyani (Atni), 1 pincée d'anis en poudre, 1 c. à. café d'ajinomoto, du sel et une pincée de couleur (rouge) alimentaire.

Préparation

Mettre les pommes à tremper dans un peu d'eau. Ajouter une pincée de couleur alimentaire. Réduire, l'ail, le gingembre et 200 g d'oignons en purée et réserver.

Chauffer l'huile dans une grosse caraille. Réduire le feu. Faire revenir 200 g d'oignon sans les frire. Retirer une fois dorés et réserver.

Verser les haricots et les carottes dans l'huile, remuer et saler légèrement. Ne pas laisser cuire, pour préserver le croquant des légumes. Retirer et réserver. Égoutter les pommes de terre. Les dorer dans la même caraille. Retirer et réserver.

Frire la viande hachée, sans ajouter de l'huile, puisque la viande contient de la matière grasse qui activera la friture. Saler. Ajouter les légumes, puis la purée d'ail/gingembre/oignon, remuer. Parsemer les épices et l'anis en poudre sur la préparation et remuer.

Dans une marmite ou un rice cooker, étaler une couche de riz, puis la préparation légumes/viande. Alterner pour finir avec une couche de riz. Parsemer de cotomili ciselés finement, les oignons frits, des noisettes de mantègue et l'ajinomoto.


Achard de tiges de brèdes petsaï

Nettoyer et enlever les feuilles des tiges. Couper finement la partie tendre et arrondie des tiges dans le sens de la longueur.

Chauffer de l'huile dans une caraille. Réduire le feu. Ajouter 1 c. à café de purée d'ail et d'oignon, de safran en poudre, grains de moutarde écrasé et une pincée de méthi. Roussir. Ajouter les tiges détaillées. Bien remuer. Saler. Verser 2 c. à soupe de vinaigre, remuer.

Couvrir et laisser sur le feu pendant quelques minutes.


Mousaka au corned beef

Couper les bringelles (la quantité varie selon la grosseur du légume) en lamelles dans le sens de la longueur. Frire légèrement, saler et réserver.

Roussir le corned beef avec un peu d'ail écrasé, d'oignon et de thym. Chemiser le fond d'un moule avec les lamelles frites, puis étaler une couche de corned beef. Alterner pour finir avec les bringelles.

Dans un bol, fouetter un œuf entier, 2 c. à soupe de lait en poudre, 2 c. à soupe de farine, une pincée d'ajinomoto. Verser sur la dernière couche de bringelle. Enfourner à 180°C pendant 10 minutes. Parsemer de fromage râpé, de poivre et passer au four pour dorer.


Informatique

Le jeudi et vendredi noirs de Skype

Après quelques messages laconiques sur son blog, Skype est revenu le lundi 20 août dernier sur les causes de sa panne. En effet, une grande partie de ses utilisateurs, répartis dans le monde entier, n'a pas été en mesure de se connecter à son service de téléphonie sur Internet pendant 48 heures dans la semaine du 15 août, deux jours de panne qualifiés par ses utilisateurs comme le jeudi et vendredi noirs de Skype. Le retour à la normale n'est intervenu que dans la journée de samedi, et non pas vendredi comme cela avait été annoncé.

Skype réaffirme que la panne n'est absolument pas liée à une attaque sur ses serveurs. Elle provient, selon l'opérateur, d'une mise à jour qu'il a lui-même envoyée à ses utilisateurs. "Ce nombre anormalement élevé de redémarrages a affecté les ressources du réseau de Skype. Ceci a provoqué un déluge de requêtes de log in, qui, combiné avec le manque de ressources peer to peer de notre réseau, a provoqué une réaction en chaîne, laquelle a eu un impact critique." C'est du moins ce que la société affirmait dans un premier temps, avant finalement, d'incriminer le système de mise à jour de Windows (Windows update).

Selon les dernières explications publiées dans la journée de lundi, c'est la mise à jour et la reconnexion au service de Skype de nombreux PC, en un laps de temps très court, qui a causé la saturation du réseau.

Une grande majorité des utilisateurs concernés

Le système de restauration interne de Skype n'a pas pu prendre la relève. "Cet événement a révélé un bug logiciel, passé inaperçu jusqu'ici, à l'intérieur de l'algorithme d'attribution qui a empêché la fonction de restauration de fonctionner rapidement", révèle l'opérateur sur son blog.

Quant au nombre d'utilisateurs touchés, et les précautions prises par l'opérateur pour éviter qu'une telle panne ne se reproduise, Skype se montre encore une fois très discrète. Il explique juste que ces problèmes ont concerné "une grande majorité de ses utilisateurs". Au travers le monde, plus de 200 millions d'internautes utilisent les services de voix sur IP de l'opérateur. Par ailleurs, une nouvelle version du logiciel client (5.3.5.0214) de Skype a été mise en ligne samedi dernier sur le site de l'éditeur.


Skype c'est quoi ?

Téléphoner depuis son ordinateur ne relève plus du défi technique. Aujourd'hui, plusieurs millions d'internautes passent tout ou partie de leurs communications téléphoniques via le Web, en recourant pour l'essentiel aux fournisseurs d'accès à Internet utilisant l'ADSL. En parallèle, les logiciels qui permettent de téléphoner sans téléphone - grâce à un microphone - sont devenus plus simples d'utilisation et surtout beaucoup plus riches en fonctionnalités. C'est le cas de Skype, le logiciel édité par la société américaine du même nom, pionnière sur le marché et tombée dans l'escarcelle du cybermarchand eBay en 2005..

Aujourd'hui, Skype revendique pas moins de 100 millions d'utilisateurs dans le monde, dont quelques milliers à Maurice. À l'origine, il s'agit d'