Si l'implantation à Maurice de l'hôpital indien de
renommée internationale Apollo est considérée
comme une entreprise d'envergure pour le pays, la Private Medical
Practitionners Association (PMPA) monte au créneau pour
dénoncer plusieurs zones d'ombre. Cela, suivant les propos,
dans la presse cette semaine, du Dr P. Reddy, le président
du conseil d'administration du Apollo Hospitals Group. Assurant
qu'ils accueillent favorablement l'implantation de cet hôpital
hi-tech à Maurice, les médecins privés se
posent toutefois quelques questions, estimant qu'il y a un manque
de transparence.
Outre le nom qui sera attribué à l'hôpital
implanté à Maurice, Bramwell Hospital, les coûts,
"moins chers" qu'il compte pratiquer interpellent
nos médecins privés. L'implication de British American
Investment (BAI), partenaire majoritaire d'Apollo pour le projet,
laisse la PMPA également dubitatif quant à la gestion
journalière des soins de santé que proposera le
Bramwell Hospital.
La PMPA se demande par ailleurs "pourquoi l'hôpital
Apollo à Maurice porte-t-il un autre nom". Selon
les médecins privés, s'il s'agit d'une implantation
"en bonne et due forme" du Apollo Hospital, avec
toute l'expertise et la technologie hi-tech dont il dispose et
pour lesquelles il est reconnu dans le monde, l'hôpital
à Maurice devrait être connu comme le Apollo Hospital
Mauritius Branch.
"L'appellation Bramwell Hospital laisse penser qu'il s'agit
d'un hôpital autre que le renommé Apollo Hospital
en Inde. On parle de tourisme médical
mais la question
est de savoir comment les gens à l'étranger sauront,
à travers le nom Bramwell Hospital, que Maurice propose
des soins hi-tech du Apollo Hospital", soulignent les
médecins.
L'identité réelle du Bramwell Hospital, qui verra
le jour en 2008 à Moka, suscite le doute au sein de la
PMPA, qui se demande si cet hôpital s'installe à
Maurice en apportant à 100% l'expertise et tous les soins
hi-tech qu'il propose en Inde. Se basant sur l'investissement
d'environ Rs 600 millions, dont 75 % de la BAI et le reste de
l'hôpital indien - le protocole d'accord a été
signé, en octobre 2005, entre Dawood Rawat, (n°1 de
BAI) et le Dr P. Reddy, d'Apollo Hospital, en présence
du Premier ministre, Navin Ramgoolam -, la PMPA s'interroge sur
le rapport de forces qui prévaut dans ce partenariat.
"Le partenaire majoritaire, la BAI, n'a aucun know-how
du traitement médical. Mais est-ce que, en tant que
partenaire minoritaire, Apollo (si c'est le véritable
institut qui s'implante à Maurice) aura la possibilité
de prendre les décisions quant au day to day running
de l'hôpital à Maurice ?", questionne le
Dr I. Jowahir.
Avançant que les tarifs pratiqués en Inde par le
Apollo Hospital sont hautement supérieurs aux prix qui
seront pratiqués à Maurice, le président
de la PMPA souligne que "l'annonce des tarifs moins chers
à Maurice que ceux en Inde laisse des doutes quant aux
traitements qui seront fournis dans l'hôpital mauricien".
Qui plus est, fait ressortir le Dr I. Jowahir, ce sont les médecins,
qui ne bénéficieront pas de salaires (selon les
propos du Dr P. Reddy), qui décideront eux-mêmes
de leurs honoraires en fonction des services offerts.
"Les médecins du Apollo Hospital sont des médecins
hautement qualifiés. Quel sera le tarif "moins cher"
qu'ils pratiqueront pour pouvoir recouvrir leurs frais et être
rémunérés selon leurs compétences
?", se demande la PMPA.
"Catégoriser signifie discriminer"
L'association des médecins privés monte également
au créneau par rapport à la catégorisation
des patients, comme annoncé par le Dr P. Reddy. "Quand
on pratique la médecine, il n'y a pas de catégorie
de patients. Les soins sont les mêmes qu'ils s'agissent
de soins dans les hôpitaux ou en cliniques privées.
Un médecin ne travaille pas en fonction de la capacité
de paiement du patient. Catégoriser les patients signifie
discriminer", s'insurge le Dr I. Jowahir.
Les interrogations fusent quant aux procédures qui devront
être suivies en vue d'une catégorisation des patients
qui seront admis au Bramwell Hospital. Rappelant que les soins
en cliniques privées sont payants, mais que cette option
relève du choix des patients, la PMPA fait ressortir que
les soins de santé sont déjà gratuits à
Maurice dans tous les hôpitaux. Dans cette optique, les
soins gratuits à l'hôpital Apollo, basés sur
une catégorisation des patients, soulèvent d'autres
doutes quant aux prix "moins chers" que compte
pratiquer le Bramwell Hospital pour les patients qui, eux, devront
débourser pour y recevoir des soins.
Selon la PMPA, "il y a une zone d'ombre quant au fait
qu'une entreprise privée telle la BAI, motivée par
le profit, annonce des soins gratuits". "La BAI
serait-elle devenue une institution charitable ?" se
demande le Dr I. Jowahir. "Comment l'hôpital compte-t-il
rester viable ?", avancent les médecins du privé,
qui redoutent qu'outre les soins hi-tech du Apollo Hospital le
centre hospitalier indien offre des services de santé déjà
proposés par les cliniques privées et provoque ainsi
une certaine "concurrence déloyale" suivant
les tarifs "moins chers" qui seront proposés.
Assurant qu'elle accueille favorablement l'implantation de l'hôpital
Apollo à Maurice, la PMPA se demande toutefois si la BAI,
qui est un groupe commercial, ne serait pas en train d'utiliser
un prête-nom pour ouvrir une clinique privée, comme
tant d'autres à Maurice, en bénéficiant de
12 arpents de l'État. Quoique volontairement relégués
aux oubliettes par les promoteurs du Apollo Hospital pour la présentation
du projet en présence du Dr P. Reddy, mercredi dernier,
nous avons essayé d'obtenir des renseignements auprès
de la BAI. Mais, une fois de plus, la direction n'a pas souhaité
informer le public sur son projet dans les colonnes de Week-End.
Standard II
Du crayon pour la Pupil Progress Sheet
La Pupil Progress Sheet, introduite en Std II presqu'à
la fin du deuxième trimestre, fait sourciller des enseignants
de cette classe. Ce document concerne trois matières: mathématiques,
français et anglais. Les enseignants ont reçu des
directives pour noter le progrès de leurs élèves
dans ces trois matières. Ce sont précisément
les directives données par les inspecteurs qui étonnent
les instituteurs du primaire. "Ils nous ont demandé
d'utiliser le crayon pour écrire nos observations sur le
progrès des élèves à la fin de chaque
mois !" confie un enseignant.
Si ces directives surprennent, c'est parce que la Pupil Progress
Sheet, formulaire de trois pages, est censée être
un outil qui démontre l'avancement académique de
l'apprenant. Ces notes sont décisives puisqu'elles permettent
de répertorier les enfants qui ont besoin d'un encadrement
spécifique, soit des cours de rattrapage en remedial
classes. Mais, affirme l'enseignant précité,
la requête des inspecteurs a un but précis. "S'il
nous a été demandé d'utiliser le crayon,
c'est pour pouvoir effacer les notes du mois précédent
pour écrire celles en cours." Il se demande: "Si
nous devons effacer nos observations, comment analyser le progrès
des enfants ?"
De son côté, le président de la Government
Teacher's Union, Vinod Seegum, explique que la Pupil
Progress Sheet aurait un autre objectif. Selon lui, ce formulaire
ne relèvera pas d'un exercice mensuel. "Les enseignants
ont déjà remis le formulaire aux maîtres d'école,
qui, à leur tour, doivent ensuite les soumettre au Directorate
de leur zone respective. À ce jour, il n'y a pas eu
de directives pour que le crayon soit utilisé dans la rédaction
des notes. Et il n'est pas non plus question que la Pupil
Progress Sheet serve de préambule au contrôle
continu. Elle n'a été circulée qu'une seule
fois, c'est-à-dire à la fin du deuxième trimestre",
déclare Vinod Seegum.
Ce dernier affirme toutefois que la Pupil Progress Sheet sera
déterminante dans la mise en place des classes de
rattrapage. Vinod Seegum explique encore "que le ministère
travaille actuellement sur un nouveau projet concernant les classes
de rattrapage à l'intention du lower primary. Des
enseignants seront appelés à assurer ces classes
et percevront une allocation".
Par ailleurs, lors d'une réunion au ministère, la
Government Teachers Union a approuvé le calendrier scolaire
de 2008. La rentrée en Std I se fera le 10 janvier, tandis
que les autres classes reprendront le lendemain. Le premier trimestre
prendra fin le 4 avril. La rentrée du deuxième trimestre
est prévue le 21 avril et prendra fin le 11 juillet. C'est
le 11 août que démarrera le troisième trimestre,
tandis que le 7 novembre sera le dernier jour de ce trimestre.
Il revient que les dates des examens de Std I à V du prochain
trimestre n'ont pas encore été finalisées.
Cela devrait être chose faite cette semaine.
Tarifs du CEB : + 15% à partir de septembre
Les tarifs d'électricité accuseront une majoration
de 15% à partir du 1er septembre prochain. Cette question
a été évoquée et entérinée
lors de la réunion du conseil des ministres de vendredi
alors que du côté du QG du Central Electricity Board
(CEB) l'on avance qu'une demande officielle au gouvernement pour
une révision à la hausse du coût de l'énergie
électrique remontait à février de cette année.
Le président du conseil d'administration du CEB, Patrick
Assirvaden, était à la télévision
nationale hier soir, en vue de donner des éclaircissements
sur la mise en application de cette augmentation et de relever
le fait que les groupes les plus vulnérables, soit ceux
bénéficiant des barèmes sociaux du CEB, ne
seront pas pénalisés de plein fouet par cet ajustement.
En effet, il a soutenu que quelque 35 000 familles tombant dans
cette catégorie verront leurs factures mensuelles majorées
de 5% au lieu des 15%. Cette augmentation de 15% des tarifs sera
applicables pour les abonnés industriels et commerciaux
également.
Intervenant lors de la Question Time à l'Assemblée
nationale récemment, le ministre des Utilités publiques,
Abu Kasenally, avait donné des indications sur l'imminence
de cette hausse. Il avait révélé que pour
les premiers six mois de cette année, le CEB avait essuyé
des pertes de Rs 207 millions alors que pour l'exercice financier
se terminant au 31 décembre 2004 le CEB avait enregistré
des profits de Rs 82,7 millions. Les pertes ont été
de Rs 322,1 millions en 2005 et de Rs 1,147 milliard en 2006.
Il avait fait état du poids de l'huile lourde dans les
opérations du CEB et le fait que les prix des produits
pétroliers avaient augmenté de 75% de 2004 à
2006.
Devant cette décision du gouvernement par rapport aux tarifs
d'électricité, les opérateurs dans le transport
en commun, qui ont déjà soumis une demande d'augmentation
de 25% du ticket d'autobus, comptent revenir à la charge
dès cette semaine pour que les autorités fassent
diligence dans leur cas. Dans les milieux de la National Transport
Authority, l'on n'écarte pas l'éventualité
qu'une hausse variant entre 10 et 15% dépendant des stages
soit accordée par le gouvernement.
Hausse annoncée de 15% du tarif d'électricité
Jayen Chellum(ACIM): "Inacceptable tant par son ampleur
que par principe"
"Inacceptable tant par son ampleur que sur une question
de principe". L'Association des Consommateurs de l'île
Maurice (ACIM) rejette toute nouvelle hausse du tarif d'électricité
en l'absence d'un régulateur indépendant capable
de justifier une nouvelle augmentation.
Dans une déclaration à Week-End, Jayen Chellum,
porte-parole de cette association, rappelle sa demande formulée
aussi loin que depuis 2000 pour l'institution d'un corps régulateur
indépendant sur le modèle de l'Information and Communication
Technologies Authority (ICTA) pour les télécommunications.
Cet organisme serait investi du pouvoir d'éplucher les
comptes du Central Electricity Board (CEB) de même que ses
choix d'investissements et sa politique de gestion en vue de justifier
ou non toute nouvelle demande d'augmentation tarifaire.
L'ACIM rappelle que la dernière hausse des tarifs d'électricité
- qui avait notamment été de l'ordre de 10% pour
les consommateurs domestiques - ne remonte qu'à janvier
de l'année dernière. Bien que concédant que
le prix de l'huile lourde vient d'augmenter, l'association des
consommateurs souligne que des choix stratégiques du Central
Electricity Board (CEB), notamment le projet de Pointe aux Caves,
sont des sujets à controverses.
"Tout doit être décidé dans la plus
grande transparence. Les abonnés du CEB sont en droit de
tout savoir sur tout, qu'il s'agisse de la production à
partir de la bagasse ou qu'il s'agisse des fraudes commises par
de gros consommateurs", soutient le porte-parole de l'ACIM.
"Ceux qui payent déjà ne peuvent cette fois
payer pour ceux qui n'ont pas payé ! En l'absence d'un
régulateur indépendant qui serait capable d'assurer
une réelle transparence dans les chiffres, il ne saurait
être question d'accepter une nouvelle hausse d'une ampleur
aussi conséquente que 15%", déclare M.
Chellum.
Aux Salines de Rivière Noire, cette après-midi
Laurent Rivet ordonné prêtre
C'est ce dimanche à 14h30 qu'a lieu l'ordination presbytérale
de Laurent Rivet aux Salines de Rivière Noire. La cérémonie,
présidée par l'évêque de Port-Louis,
Mgr Maurice Piat, sera retransmise en direct à la télévision
sur MBC 3. Le jeune ordinand sera entouré de tout le clergé.
Une délégation française de vingt personnes,
comprenant notamment deux prêtres de la paroisse Saint-Pierre-de-l'Océan
de Saint Lazaire (où Laurent Rivet a fait son stage diaconal),
de même que cinq jeunes prêtres de sa promotion issus
de la région nantaise, a fait le déplacement pour
assister à la cérémonie d'ordination.
À la manière du sel qui donne du goût au plat
en se fondant à la cuisson, rappeler aux baptisés
que le chrétien se reconnaît par le bien qu'il fait
discrètement autour de lui: c'est ce que l'ordinand dit
vouloir signifier en choisissant comme thème de son ordination
"Vous êtes le Sel de la Terre", parole de Jésus
à ses disciples dans l'Évangile.
Tout au long de la journée d'hier, les bénévoles
mettaient la dernière main aux préparatifs à
Morcellement Carlos en prévision du rendez-vous de cette
après-midi. Interrogé par Week-End, le père
Georgy Kenny, responsable des vocations au diocèse de Port-Louis,
se disait satisfait de ces préparatifs en cours depuis
deux mois et qui s'est surtout appuyé sur les laïcs
de la paroisse Saint Augustin.
Des dispositions ont été prises pour assurer des
navettes gratuites à l'intention de ceux qui feront le
déplacement par le transport public jusqu'au lieu précis
où se déroulera la cérémonie. Ceux
qui s'y rendront en voiture pourront se garer sur des parkings
aménagés près du site de l'ordination ou
dans les rues avoisinantes.
Vu qu'un important mouvement de foule est prévu à
cette occasion, les autorités policières ont pris
les dispositions nécessaires pour régler le trafic
routier dans la région entre midi et 17h. Il est conseillé
à ceux qui se rendront à la cérémonie
de suivre les directives de la police.
Appelé à être prêtre pour le diocèse
de Port-Louis, Laurent Rivet, 27 ans, qui se destinait à
une carrière d'architecte après l'obtention d'une
bourse d'études australienne, a finalement choisi la prêtrise.
Au terme de deux années de dicernement, il entre au séminaire
diocésain de Beau Bassin en septembre 2001.
Après ses deux années d'études préliminaires,
il termine, à partir de 2003, ses études de séminariste
au séminaire de Nantes, en France. Laurent Rivet a été
ordonné diacre - ultime étape avant de devenir prêtre
- le 24 juin de l'année dernière en la Cathédrale
de Nantes.
Prévocationnel
Délocalisation probable du PVD à la rentrée
de janvier
La délocalisation de la filière prévocationnelle
(PVD) est plus que jamais à l'agenda au ministère
de l'Éducation ! Des hauts cadres du ministère se
sont rencontrés en fin de semaine pour discuter de la question.
Selon nos informations, il est plus que probable qu'à la
rentrée de 2008, les élèves du PVD des collèges
d'État et même du privé seront répartis
dans des établissements ayant un taux de population estudiantine
relativement bas. De ce fait, à l'avenir, ces collèges
auront pour vocation l'accueil et l'éducation des enfants
qui ne peuvent être canalisés dans le mainstream.
Il revient qu'une quarantaine de collèges ne procédera
pas à l'admission en PVD lors de la rentrée de
janvier prochain.
La délocalisation du PVD avait été évoquée
au tout début du mandat du ministre de l'Éducation,
Dharam Gokhool. Certains établissements d'État n'avaient
pas caché leur empressement de mettre fin à des
classes prévocationnelles. Cette question a toujours soulevé
des débats. D'une part, il y a ceux qui défendent
l'intégration du PVD dans le mainstream et conçoivent
toute séparation comme une ségrégation à
l'égard des enfants de la filière préprofessionnelle.
D'autre part, il y a aussi ceux qui trouvent que le PVD devrait
avoir une entité, indépendamment du mainstream.
Naraindranath Gopee de la Government Secondary School Teachers'
Union, est de ceux qui pensent qu'une délocalisation favoriserait
une concentration d'effort et un déploiement de moyen pour
rehausser la qualité de l'éducation dans le PVD.
Il affirme que le syndicat qu'il représente avait déjà
identifié quatre établissements qui pourraient être
convertis en collèges professionnels: les SSS Régis
Chaperon, Abdool Razack Mohamed, Marcel Cabon et La Gaulette.
"Cependant, ces collèges devraient être gérés
par l'IVTB."
Du côté des collèges privés, c'est
un peu la surprise. "Nous n'avons pas été
avertis d'un éventuel changement concernant le PVD. D'ailleurs,
contrairement aux précédentes années où
le ministère nous informe, dès juin-juillet, sur
certaines modalités concernant l'admission, nous n'avons
reçu aucune directive cette fois", déclare
Tejnarain Chumroo, de la Fédération des Managers
des Collèges Privés.
"Nous avons beaucoup investi dans les classes de PVD.
Si le gouvernement adopte une quelconque mesure l'année
prochaine, il devra prendre cet investissement en considération",
dit, pour sa part, Harris Bachwa, de la même fédération.
EIILM Mauritius Branch
Toujours pas d'accréditation pour six cours qui débuteront
le 13 août
Confiant la semaine dernière de recevoir, à la fin
du mois de juillet, les accréditations pour six autres
programmes d'études que l'EIILM Mauritius Branch compte
démarrer à la rentrée universitaire, le 13
août, Sunil Jeetah, Chief Executive de l'institution mauricienne
gérée par la Ramnath Jeetah Trust (RJT), est toujours
dans l'expectative. Sunil Jeetah annonçait haut et fort
la semaine dernière que lors du prochain board meeting
de la TEC, sa demande d'accréditation afin de pouvoir dispenser
des cours menant au MBA Business Administration, BA in Computer
Application, BA in Journalism and Mass Communication, BA in Advertising,
BA in Hospitality Management et BA in Fashion and Marketing, pour
lesquels l'EIILM Mauritius Branch a effectué des publicités
et qui figurent toujours sur son site web, allait être approuvée.
"Contentwise, cela a déjà été
approuvé, mais cette semaine, après le board meeting
de la TEC, nous aurons toutes les autorisations. C'est un exercice
de procédure que nous avons suivi", expliquait-il.
Or, malgré les nombreuses réunions du board de la
TEC cette semaine, aucune décision n'a été
prise à ce sujet. Avare de commentaires, le directeur de
la TEC, Praveen Mohadeb, nous a toutefois fait comprendre que
le board étudie toujours la demande et qu'une décision
sera prise en temps et lieu.
Ainsi, jusqu'ici un seul programme d'études a été
accrédité par la TEC. Mais l'institution sera opérationnelle
à partir du 13 août prochain. Selon Sunil Jeetah,
"l'opposition perd son temps avec toutes ces allégations.
Je lance un défi à Nando Bodha de venir prouver
qu'on est en faute. Il se base sur ses propres interprétations,
et tous ces arguments sont concentrés autour de l'UCG.
Or, nous sommes une université privée et nous n'avons
pas besoin de l'UGC".
La RJT a initié depuis lundi dernier des procédures
en cour suprême pour réclamer des dommages et intérêts
de Rs 50 millions chacun à Nando Bodha et Pravind Jugnauth,
leader de l'opposition et leader du MSM respectivement, par rapport
à ce qu'il considère comme étant des "false
and malicious allegations" faites lors d'un point de presse
du MSM, le mercredi 25 juillet. L'affaire sera entendue le 29
novembre prochain devant la cour suprême.
L'INFORMATIQUE À LA MAISON
Un jeu d'enfant que de faire l'apprentissage de ses parents
!
À l'école ils apprennent les bases de l'informatique.
À la maison, l'ordinateur n'est plus confiné à
son rôle pédagogique. Monopolisant le PC familial,
ils explorent la sphère de l'informatique afin de la maîtriser
suffisamment pour, à leur tour, initier leurs parents à
certains programmes, voire les dépanner. Bluffés
par le niveau de leurs enfants, les parents rencontrés
ne peuvent que concéder sur ce plan, qu'ils redeviennent
élèves !
Pragati pensait ne plus retrouver le fichier dans lequel elle
avait sauvegardé la jolie maison rouge qu'elle avait réalisée
auparavant. Ses beaux yeux clairs rivés sur l'écran
de l'ordinateur, la fillette découvre avec surprise que
son dessin est toujours là. "Pourquoi ne pas ajouter
une niche pour ton toutou à côté de la maison
?", lui suggère sa mère, Nirupa Ittoo.
Et Pragati d'exécuter cette proposition en faisant glisser
la souris de son ordinateur. À 9 ans, la petite fille ne
se lasse pas de découvrir l'univers de l'informatique.
À l'école gouvernementale Shri Shamboonath, où
elle est en Std IV, l'ICT est sa matière préférée.
Et ce n'est pas un hasard qu'elle soit sortie première
en classe avec 100/100 dans cette matière lors des épreuves
des deux trimestres écoulés. "Ce n'est pas
toujours que j'ai 100. Parfois j'ai 99 ou 98", dit-elle.
Pour Pragati, l'ordinateur est plus qu'un outil qui lui permet
de développer son sens de créativité.
"Je vais sur Microsoft Word pour écrire mes notes
de ICT. Comme ça je n'ai pas besoin d'écrire dans
un cahier et perdre du temps", confie la fillette. Même
si pour l'instant, elle n'a pas encore atteint le niveau de sa
sur aînée, Pallavi, 13 ans, Pargati est en
tout cas meilleure en informatique que son père, Raj. Ce
que concède ce dernier, chauffeur dans une compagnie privée.
Et il va sans dire que dans très peu de temps, les deux
surs devanceront leur mère, Nirupa, Chief Welfare
Officer à la municipalité de Curepipe. Pallavi,
en Form II au Collège Notre Dame, raconte non sans fierté
qu'il lui arrive de dépanner sa mère, "lorsque
celle-ci est bloquée sur internet".
Ils ont 8, 13, 14 ou 17 ans, pour les plus grands. Leur aisance
en informatique déconcerte toujours leurs proches. Lorsque
le fameux computer fait son entrée pour la première
fois à la maison, il a un objectif spécifique: devenir
un outil clé dans l'éducation des enfants. "J'en
voulais pour mes filles", indique Bala Caullee, cadre
dans le secteur privé. "Et aussi pour suivre la
tendance", reconnaît-il. "Comme je prenais
des cours à l'université, un ordinateur s'avérait
nécessaire pour mes travaux, puis il est très vite
devenu le " computer " des enfants", explique
Nirupa Ittoo. Bien vite l'ordinateur ne s'est plus limité
à la sphère pédagogique. L'accès à
l'ordinateur a aussi encouragé les plus curieux à
développer leur sens de créativité artistique,
pour les uns, et aptitude informatique pour les autres. De ce
fait, bien souvent, la plupart des écoliers et collégiens
qui manient parfaitement cet outil, deviennent vite d'astucieux
autodidactes. À l'exemple de Jean-Daniel qui est en Form
III; ce collégien de 14 ans n'avait jamais travaillé
sur un ordinateur jusqu'à récemment, soit en décembre
dernier, lorsque ses parents achètent un PC. "En
7 mois, Jean-Daniel a appris à écrire des lettres,
télécharger de la musique et les graver sur CD.
Il joue aussi, quand il ne regarde pas de films", raconte
Doris Mootoo, la mère du garçon.
Les parents ne peuvent alors que constater la rapidité
avec laquelle leurs ados maîtrisent cette "chose"
qu'est l'informatique. "Je n'y comprends rien, quand il
s'agit des jeux" , concède l'enseignant et syndicaliste
Sunil Jhugroo. Lorsqu'il offre un ordinateur à son fils,
Nashil, classé 35e au Certificate of Primary Education
(CPE), Sunil Jhugroo est loin de se douter qu'il se retrouverait
en position
d'élève face à son fils
aîné ! C'est auprès de Nashil et de sa fille,
Kushboo, 14 ans, que le syndicaliste va chercher de l'aide pour
rédiger ses papiers. "Je me souviens qu'au début,
ils m'aidaient à envoyer mes mails. Je ramenais les résultats
de mes élèves à la maison et ils me montraient
comment les mettre sur Excel." Depuis, Sunil Jhugroo
n'a pu rattraper ses enfants à ce plan. Il concède
même qu'il devrait songer à prendre des cours en
informatique. Comme lui, Doris Mootoo a aussi recours à
"l'expertise" de son fils quand elle est appelée
à rédiger des notes pour les besoins de son travail,
entre autres. Entretemps, Nashil, lui, maîtrise déjà
le programme Microsoft Publisher, lui permettant de modifier
les photos numériques prises avec sa caméra. Une
possibilité utile pour les projets scolaires, précise
le jeune garçon, mais afin d'intégrer de nouveaux
programmes et rester dans le coup, il est impératif d'upgrade
l'ordinateur. Ce qui revient à un investissement de pas
moins de Rs 5 000.
Barbie online
"Je suis épaté quand Drishti me dit: Pas
comme ci, pas comme ça, lorsqu'on est devant le computer
! Une chose est certaine: elle est plus forte que moi !"
affirme Bala Caulee en parlant de sa benjamine, 8 ans. Selon notre
interlocuteur, la fillette a quasiment monopolisé l'ordinateur
familial. Familial ? Pas tout à fait. "Je dispose
d'un ordinateur au bureau et ça me suffit ! Quand j'ai
besoin de rédiger un rapport, j'écris mes notes
sur papier et c'est mon épouse, Brinda, qui se charge de
les transposer sur l'ordinateur ! Je crois qu'elle le fait sur
un programme qui s'appelle Word, quelque chose du genre !"
ajoute Bala Caullee, visiblement heureux de pouvoir déléguer
cette tâche. Le même bonheur s'entend dans la voix
du jeune père, lorsqu'il raconte comment, à 8 ans,
Drishti a fait preuve d'ingéniosité face à
son PC. "D'abord, elle sait comment écrire une
lettre, introduire un CD pour jouer, écouter de la musique,
regarder des photos, un film ou des clips. Elle adore ça
! Mais lorsqu'elle fait des recherches sur internet, c'est pour
tout savoir sur Barbie. Il n'y a que Barbie, Barbie et Barbie
!" confie-t-il.
Avec le début de la English Premier League, il n'y
a aucun doute: Nashil passera plus de temps sur internet. Fan
de foot et de Liverpool, chaque minute passée sur le net
est consacrée à ce sport. Chez les Jhugroo, comme
les Ittoo, Caullee et Mootoo, l'accès à Internet
fait l'objet d'une surveillance parentale. Comme les parents ont
affaire à de plus calés qu'eux, ils confient faire
de leur mieux pour contrôler les sites visités. C'est
ainsi que le syndicaliste n'hésite pas à rallumer
l'ordinateur et scruter chaque site consulté par ses deux
enfants. "Je ne saurais ouvrir la page internet seule.
Alors à chaque fois que Jean-Daniel va sur internet, je
suis à ses côtés" , laisse entendre
pour sa part Doris Mootoo.
SOBAH, NADÈGE, CHANDRIKA
"Kan ti fek pran kour, nou ti inpé per létan
nou get komputer la ek so souri"