p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 5 août 2007



Les lettres de Yatin Varma - L'affaire soulevée de nouveau mardi prochain
Le Comité de soutien à Yatin Varma - "Un complot; du character assassination !"
Infrastructure routière - Le MSM contre le projet de feux de signalisation au Caudan
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE, MARDI DERNIER - Dharam Gokhool de nouveau sur le gril
Visite du Chef ministre du Bihar, Nitish Kumar - Un retour aux sources riche en événements
Les incongruités du dossier EIILM - Nando Bodha : "La TEC n'a pas assumé son rôle de régulateur"
Ça va se savoir
Bob Choolhun destitué - Élection, demain, du nouveau président de Moka/Flacq


Les lettres de Yatin Varma

L'affaire soulevée de nouveau mardi prochain

La nouvelle de la lettre de Yatin Varma proposant ses services à au moins un ministre contre rémunération, publiée en primeur dans nos colonnes le 24 juin, a pris d'énormes proportions. L'affaire a fait l'objet d'une lettre de l'ancien ministre Anil Gayan à l'ICAC et elle revient devant l'Assemblée nationale ce mardi avec deux interpellations d'Ajay Gunness et d'Arianne Navarre-Marie portant sur son recrutement par les casinos et la possibilité que ce cas soit référé au Bar Council. Le MSM a, depuis le week-end dernier, réclamé sa démission du comité parlementaire de l'ICAC. Quant au principal intéressé, il a confirmé qu'il démissionnerait comme président du comité parlementaire sur l'ICAC si cette commission initie une enquête sur lui, et a adressé des correspondances où il dit estimer n'avoir rien fait de mal. Ses partisans dans la circonscription No 12 ont, par ailleurs, mis sur pied un comité qui a pour vocation de le soutenir.

À l'Assemblée nationale, mardi prochain, Ajay Gunness demandera au vice-Premier ministre et ministre des Finances les procédures qui ont été adoptées par les casinos de Maurice pour le recrutement de Yatin Varma comme conseiller légal de la compagnie en 2006 et pour le cas de Ramsamy v/s les Casinos de Maurice. Cette question a fait surface après que copies d'une lettre que l'avocat-parlementaire avait adressée à un haut cadre des casinos ont circulé et dont la teneur a été publiée dans le Défi Plus de la semaine d'avant.

Cette lettre, en date du 12 septembre 2006, signée Yatin Varma, consistait à dire à M. Woodun, l'Administrative & Support, Services Manager, de rappeler à Iqbal Mallam-Hasham, qui avait décidé de se passer de ses services (voir la nouvelle à cet effet parue dans le Week-End du 24 septembre 2006) que "Hon. Rama Sithanen, Deputy Prime Minister and Minister of Finance appointed me and the decision (celle de le révoquer) should come from him and no one else".

La teneur de cette lettre, qui implique Rama Sithanen, est contestée par l'entourage du ministre, qui soutient qu'il est inexact de dire que c'est le ministre qui a nommé Yatin Varma comme conseiller légal des casinos. Il serait donc intéressant de savoir comment Rama Sithanen, à qui la question d'Ajay Gunness est adressée, va répondre mardi prochain. Ce qui est certain, par contre, c'est que la correspondance de Yatin Varma a eu des résultats puisque Iqbal Mallam-Hasham a été désavoué et que l'avocat-parlementaire a été maintenu à son poste de conseiller légal des casinos. En témoigne la réponse de Vasant Bunwaree qui, en sa qualité de ministre des Finances par intérim, indiquait, le 17 juillet, que le député était toujours le conseiller légal des casinos.

Si la semaine à venir s'annonce mouvementée pour Yatin Varma, celle qui s'est écoulée ne l'était pas moins. Lundi, jour de la réunion du comité parlementaire sur l'ICAC, les deux élus du MSM qui y siègent ont réitéré la position de leur parti selon laquelle son président doit démissionner en attendant les conclusions de l'enquête referrée à l'ICAC. La députée du MMM, Françoise Labelle, étonnamment plus nuancée, soutenait certes la position du MSM, mais elle ajoutait, sur les ondes de Radio One, qu'elle n'en faisait pas une affaire politique.

Comme il n'y avait pas de nouvelles du côté de l'ICAC, Yatin Varma est resté à son poste de président du comité parlementaire sur la commission alors qu'Anil Gayan - qui, comme annoncé par Week-End la semaine dernière, avait adressé une lettre à la commission lui demandant d'ouvrir une enquête - ne cachait pas son exaspération devant la non-réaction de la commission. Il annonçait déjà son intention de saisir la cour suprême en vue d'obtenir un writ of mandamus obligeant l'ICAC à se conformer à la loi.

Après ses déclarations dans Week-End la semaine dernière, Yatin Varma, critiqué sur plusieurs fronts, décidait, mercredi, de réagir de manière plus élaborée en adressant des explications par écrit à toute la presse. Dans ce communiqué, il écrit que "it is surprising that a private letter given in person as personal note to a Minister has gone into hands of the Opposition and the press".

Confirmant qu'il a "offered my services", il dit penser qu'il y a, derrière tout cela, a "well planned systematic political campaign aimed at causing me harm in my political, professional and family life…". Yatin Varma, qui n'a pas encore démissionné de la présidence du comité sur l'ICAC, semble considérer son annonce d'une éventuelle démission comme un haut et unique fait d'armes. Il reproche même à la presse de ne pas apprécier cette intention à sa juste mesure. Il écrit ainsi que "it is unfortunate that some persons of the press find this a non-event".

Les agents à la rescousse

On ne voit pas en quoi son annonce de démission est un exploit rarissime dans les annales politiques pour lui valoir d'être salué par les médias. Avant lui, on a eu le cas d'Ivan Collendavelloo, qui avait démissionné comme député après que Sol Kerzner, le grand patron de Sun Resorts, eut été impliqué dans une affaire de pot-de-vin, non pas à Maurice mais en Afrique du Sud, et dans qui était alors connu comme les "bantoustans". Il l'avait fait parce qu'il avait signé, en même temps qu'un magistrat qui l'avait sollicité, la demande de naturalisation du Sud-Africain.

Il y a aussi eu Mukeshwar Choonee, qui avait démissionné comme ministre après qu'il fut interpellé par l'ICAC, et qui avait été rétabli à son poste après que le Directeur des Poursuites Publiques eut rayé les charges qui pesaient contre lui. Il y a de nombreux cas comme ceux-là qui témoignent d'une réaction de principes encore plus spontanée que cette annonce de démission de Yatin Varma.

Dans ses explications, l'avocat-parlementaire dit aussi que sa lettre incriminée du 25 février 2007, dans laquelle il propose ses services, est celle de l'avocat et non celle du député. Encore qu'on notera qu'il a pris soin de ne pas omettre le "Hon." dans la lettre adressée à un ministre.

Le Bar Council, qui s'est réuni mardi, a, entre autres dossiers, évoqué le cas de Yatin Varma. Mais il a décidé d'attendre de voir ce que fait l'ICAC avant de se prononcer sur toute cette affaire. Dans le milieu des avocats, ils sont nombreux à dire que la lettre constitue en elle-même un motif suffisant pour que le conseil de l'ordre s'y penche sans tarder.

En terme de soutien, le député ne peut pas compter sur son colistier Vasant Bunwaree, avec qui il entretient des relations plus que mouvementées. Il avait réclamé la démission du ministre du Travail et des Relations industrielles après que le nom de ce dernier a paru dans un document de la MCB produit en cour suprême dans l'affaire du méga-scandale de détournement des fonds du NPF. Le député a d'ailleurs posé une question parlementaire cette semaine sur l'enquête des experts de N'Tan sur ce scandale.

L'avocat-parlementaire semble ne plus pouvoir compter non plus sur son autre colistier, Richard Duval. Dans une déclaration à News on Sunday, vendredi dernier, ce dernier a souhaité que Yatin Varma vienne dire s'il a offert ses services à des départements qui relèvent de la responsabilité de Vasant Bunwaree. Il l'a invité à révéler publiquement tous les postes de conseillers légaux obtenus et à démissionner de tous les organismes parapublics, y compris du comité parlementaire de l'ICAC.

Dans cette querelle de mots entre élus de la même circonscription, ce qui serait en jeu, c'est le positionnement pour un poste ministériel, que certains estiment imminent. Yatin Varma autant que Richard Duval s'estiment qualifiés pour entrer au conseil des ministres. D'où la toute nouvelle hostilité entre eux, alors que, dans un passé assez récent, ils faisaient cause commune contre le Dr Bunwaree.

C'est parmi ses agents que Yatin Varma peut, ces jours-ci, trouver un peu de réconfort. Ils sont, en effet, venus à sa rescousse en fin de semaine. Sous l'impulsion de Gérard Raojee, son bras droit dans la circonscription, un comité de soutien a été mis sur pied. Une première conférence de presse a été tenue vendredi au Domaine les Pailles pour exprimer un soutien indéfectible au premier député de Mahébourg/Plaine Magnien, dont le travail sur le terrain a été salué, et pour réclamer que le Premier ministre initie une enquête sur les conditions dans lesquelles une lettre adressée à un ministre s'est retrouvée entre les mains de l'opposition et de la presse. Affaire à suivre…


Le Comité de soutien à Yatin Varma

"Un complot; du character assassination !"

"Du Varma bashing; un complot; un exercice de character assassination". C'est ainsi qu'un Comité de soutien à Yatin Varma qualifie la parution dans la presse de lettres du premier député de Mahébourg/Plaine Magnien et président du Comité parlementaire sur l'ICAC proposant ses services comme avocat.

Pour Gérard Raojee, porte-parole de ce Comité de soutien, une campagne de "Varma bashing" est en cours dans la circonscription de Mahébourg/Plaine Magnien depuis la dernière campagne électorale. "Des lettres et des tracts ont circulé dans le seul but de nuire à sa personne. Mais cela ne lui a pas empêché d'être élu en tête de liste au No 12".

D'après le porte-parole du Comité de soutien au député travailliste, Yatin Varma est le seul député de Mahébourg/Plaine Magnien qui, depuis les élections, reçoit régulièrement ses mandants. "On le voit régulièrement dans les rues, au marché, à la rencontre de ceux qui l'ont élu".

Gérard Raojee trouve une seule explication au fait qu'une lettre "remise en main propre à un ministre" ait été subséquemment publiée dans la presse: "Il s'agit d'un complot; d'un exercice de character assassination". Il trouve "tout à l'honneur de M. Varma" d'avoir déclaré être disposé à step down si l'ICAC trouvait qu'il y a matière à enquêter dans l'affaire qui le concerne. Un exemple qui, déclare M. Raojee, "n'a pas été suivi par d'autres".

Pour, donc, contrer la "cabale" contre le premier député de Mahébourg/Plaine Magnien, un Comité de soutien a été institué. Ce comité, explique son principal animateur, regroupe, à ce stade, une cinquantaine de personnes, tous sympathisants de l'Alliance sociale, dont des conseillers de villages et de district.

Comme pour convaincre que les membres sont de la majorité gouvernementale, Gérard Raojee cite le nom de Navin Chitamun de Trois Boutiques, "membre de l'exécutif du PTr et Campaign Manager de l'Alliance sociale au No 12 lors des dernières élections".

Le comité se réunit ce dimanche en vue de finaliser une campagne de réunions dans les divers quartiers de la circonscription, qui déboucheront sur la tenue d'un grand congrès et d'un meeting public.

Interrogé quant au stand des deux colistiers de leur favori, M. Raojee parle de l'"ingratitude" du député Richard Duval qui, dit-il, "était venu, pour les dernières élections, pleurer dans les bras de Yatin Varma pour se faire élire".


Infrastructure routière

Le MSM contre le projet de feux de signalisation au Caudan

Le Premier ministre a, cette semaine, exigé que tout le dossier d'installation de feux de signalisation au rond-point de Caudan soit réexaminé. Si maintenant, comme tout semble l'indiquer, ce projet est abandonné, ou même modifié, en sus de la presse qui n'a eu de cesse d'en relever les dessous peu reluisants, sans doute le Mouvement socialiste militant (MSM) y aura également grandement contribué…

Effectivement, alors que l'exécution du projet était déjà sur la voie rapide, le leader du MSM, Pravind Jugnauth l'avait sévèrement critiqué, le considérant carrément "scandaleux". "Ce projet de remplacement du rond-point de Caudan par des feux de signalisation est soi-disant pour résoudre le problème d'embouteillage sur ce tronçon de la route nationale aux heures de pointe. Mais c'est tout simplement un scandale et ce sera de l'argent jeté à l'eau", avait fait ressortir Pravind Jugnauth lors d'une rencontre avec la presse le 21 juillet dernier. À l'Assemblée nationale également, Sunil Dowarkasing, député du parti blanc et orange, continue à harceler le gouvernement contre le projet à travers des interpellations.

Pravind Jugnauth avait cité le rapport d'études dans lequel Julian Aron (consultant de la firme étrangère BCEOM) a conclu que "s'il s'agissait de décongestionner le traffic routier simplement en remplaçant un rond - point par des feux de signalisation, l'objectif ne sera pas atteint et il vaudrait mieux une do nothing measure en attendant la mise en service de la route reliant Moka via Malenga". Cette route est censée dévier une grosse partie de la circulation venant du nord du pays vers le centre de l'île.

Selon le leader du MSM, "il n'y avait nul besoin d'être expert pour arriver à une telle conclusion. Mais puisque le gouvernement a choisi des experts, il faut maintenant écouter ce consultant et abandonner le projet qui va coûter au pays quelque Rs 65 millions pour rien".

Selon Pravind Jugnauth, dès le départ même, il y avait un parfum de scandale quand, en juillet 2006, BCEOM s'est vu octroyer sans appel d'offres un contrat pour évaluer l'impact des feux de signalisation le matin et l'après-midi. Pravind Jugnauth avait fait remarquer que BCEOM s'est vu payer Rs 7,5 millions pour ce travail, mais elle l'aurait sous-traitée avec la firme Lux Consult au coût de seulement... Rs 207 500 ! "On peut donc déduire que si appel d'offres il y avait eu ce travail d'évaluation aurait pu coûter encore moins !", avait signalé le leader du MSM.

Toujours selon Pravind Jugnauth, en dépit de l'avis défavorable de Julian Aron en février dernier, la Road Developmemt Authority (RDA) a, à l'encontre de toutes les procédures, alloué le contrat pour les travaux à A. J Maurel (Rs 58 millions) et Soobany and Sons (Rs 7 millions) pour les équipements. Le leader du MSM affirme qu'une vidéoconférence a eu lieu au 15e étage de la Telecom Tower au cours de laquelle Julian Aron a réitéré sa "do nothing measure", mais, selon Pravind Jugnauth, "de manière inacceptable, la RDA, dont le Chief Executive était présent à la vidéoconférence, a maintenu le projet".

Pour Pravind Jugnauth, "la RDA ne peut pas octroyer le contrat sans avoir l'approbation du conseil des ministres". Le leader du MSM avait fait un appel au vice-Premier ministre et ministre du Transport intérieur, Rashid Beebeejaun, lui priant "d'être vigilant au cas où il ne serait pas au courant de ce qui se trame, et ce pour afin que le pays ne gaspille pas Rs 65 millions en une période économique difficile".

Le MSM avait annoncé qu'il allait "veiller au grain" et il semble que l'évolution du dossier lui a donné raison au vu de la démarche du Premier ministre.


A L'ASSEMBLÉE NATIONALE, MARDI DERNIER

Dharam Gokhool de nouveau sur le gril

Dharam Gokhool, ministre de l'Éducation, était, de nouveau, sur le gril, mardi, à l'Assemblée nationale, sur l'affaire du permis octroyé à l'université des Jeetah. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne s'est pas beaucoup amélioré depuis la semaine précédente puisqu'il a eu des réponses approximatives à plusieurs interpellations supplémentaires. Lorsqu'il ne trouvait pas les réponses, il renvoyait le leader de l'opposition à la Tertiary Education Commission (TEC). En dépit des questions restées sans réponse et des zones d'ombre non éclaircies, le ministre n'a pas réagi positivement à la demande de Nando Bodha pour l'institution d'une commission d'enquête mais il a néanmoins dit "être prêt à prendre ses responsabilités" s'il était établi qu'il y a eu irrégularités dans l'octroi du permis à la Eastern Institute for Integrated Learning in Management.

Dans ses premières réponses, le ministre avait indiqué que le promoteur avait évoqué 7 cours mais qu'il n'a finalement soumis qu'un seul à la TEC, celui de Bachelor in Administration, et que les cours n'ont pas encore démarré. Aux premières questions supplémentaires de Nando Bodha sur les dispositions qui régissent les universités en Inde (qui couvrent aussi les branches à l'étranger) et un jugement de la Cour Suprême y relatif, Dharam Gokhool a soutenu ne pas être un homme de loi et ne pouvoir interpréter les textes cités.

A d'autres questions du même genre et déjà, à court d'arguments, le ministre se contentera de dire que la TEC devra assumer ses responsabilités par rapport à ce que stipule la loi, encore qu'il a émis l'opinion que tout a été fait dans le cadre des règlements en vigueur à Maurice. "Fail fail !" s'exclameront les députés de l'opposition pour qualifier la qualité des réponses données par le ministre de l'Éducation.

S'empêtrant davantage dans ses explications sur les documents soumis au conseil d'administration de la TEC par rapport à la demande de la famille Jeetah, le ministre ira même jusqu'à dire que ce n'est pas nécessaire que cette instance dirigeante du TEC soit mise en présence de tous les documents avant de prendre une décision. Il a aussi soutenu que la Eastern University n'a pas besoin de l'autorisation de la University Grants Commission pour opérer.

Devant tant d'approximation, le leader de l'opposition va réitérer sa demande d'une commission d'enquête en insistant que cela ne devrait pas poser de problème si le gouvernement n'a rien à cacher, mais sa demande n'a pas été agréée. Le ministre n'a pas bénéficié de beaucoup de soutien vocal de la part de ses collègues dont certains et, non des moindres, affichaient un air embarrassé.

Le seul à tenter de venir à sa rescousse ne fut autre que Shakeel Mohamed qui a voulu démontrer que le leader de l'opposition avait eu une interprétation erronée du jugement de la Haute Cour de l'Inde qui a clarifié les pouvoirs de l'UGC sur les universités et qu'il avait ainsi "induit le Parlement en erreur", ce qui devait susciter de très vives réactions des bancs de l'opposition.

Le Speaker est intervenu pour demander au back bencher travailliste de retirer ses propos, ce qu'il a fait mais en voulant y mettre un bémol; mais il a été interrompu par la présidence qui a exigé qu'il retire ses propos sans condition. Même rappel à l'ordre abrupt de Kailash Purryag à Dharam Gokhool qui voulait en rajouter et à qui il a été rappelé que les opinions sur le jugement sont une affaire d'appréciation.

La MRA après N'Tan

Le Premier ministre a, en réponse à une question de Yatin Varma, indiqué que les conclusions du rapport N'Tan ont été reprises par la Mauritius Revenue Authority' (MRA) et que c'est le conseil d'administration qui avait, collectivement, pris la décision de ne pas demander à la firme d'enquêteurs singapouriens de poursuivre ses investigations.

Il a rappelé que les travaux entrepris en 2003/2004 ont coûté Rs 66 millions à la Banque de Maurice et que la poursuite des travaux d'enquête aurait représenté la bagatelle de Rs 300 millions. Rajesh Bhagwan a profité de cette occasion pour tenter de glisser une question supplémentaire sur Teeren Appasamy et les procédures en vue de son extradition mais en a été empêché par le Speaker, qui a statué que cela n'a rien à voir avec la question originale. Le bouillant député a alors lancé qu'il croyait que "Valayden ti pé al rod li !".

Les prix ont, par ailleurs, occupé une bonne partie du Question Time avec l'annonce de la ministre de la Protection des Consommateurs, Indranee Seebun qu'elle allait organiser une réunion avec les importateurs de lait et des grains secs afin de discuter de la situation, marquée par la pénurie et les hausses de prix.

Plusieurs parlementaires, dont les plus insistants auront été Rajesh Bhagwan, Ajay Gunness et Jayen Cuttaree, avaient soulevé les nombreux problèmes de pénurie et de marché noir après une hausse de 118% des prix du gros pois et 105% de dholl gramme.

À Yatin Varma qui déplorait l'absence d'uniformisation des prix d'un même article et d'un meilleur contrôle des inspecteurs de ce ministère, la ministre a dit que c'est aussi aux consommateurs de rapporter les cas d'abus. Répondant à Nita Deerpalsing sur la nécessité d'assurer une sécurité alimentaire dans le pays, Arvin Boolell a, lui, énuméré les mesures initiées en vue d'augmenter la production locale de nourriture et de lait alors que Jayen Cuttaree a préconisé la production à grande échelle de lait au moyen d'un regroupement des petits éleveurs de vache pour que les coûts baissent.

À Sunil Dowarkasing qui s'intéressait au sort de Creambell, le ministre a expliqué qu'après le retrait de son partenaire sud-africain le promoteur indien n'a pas donné suite à son projet de laiterie. L'Assemblée nationale a aussi approuvé deux textes, le premier inscrit au nom du Premier ministre, le Civil Aviation, Hijacking and other Offences (Amendment) Bill qui punit sévèrement les perturbateurs en vol et la Vallée d'Osterlog Endemic Garden Foundation Act (du ministre de l'Agro-Industrie, Arvin Boolell) qui, comme son nom l'indique, crée une fondation pour gérer la vallée qui se trouve à proximité de Le Val.

Plusieurs interventions à l'ajournement, celles de Joe Lesjongard sur l'Unesco (voir plus bas), de Maya Hanoomanjee sur l'accident de Pomponette (qui a coûté la vie à un couple de retraités) et de Françoise Labelle sur l'insécurité routière à Route Sadally.


Fait marquant-Radios privées: une loi à venir, déclare le Premier ministre

Les questions initiales de Rajesh Bhagwan portaient sur le traitement partisan de l'information à la MBC, et ce en violation des dispositions de la loi qui régit la corporation. À la suite des questions supplémentaires de l'opposition, Navin Ramgoolam a soutenu avoir subi le même traitement lorsqu'il était leader de l'opposition et que même les directives de l'Independent Broadcasting Authority (IBA) changeaient d'orientation. À une question de Joe Lesjongard, le PM a indiqué n'avoir aucune objection à ce que les travaux parlementaires soient retransmis en direct, comme l'a demandé aussi Shakeel Mohamed. Par ailleurs, Navin Ramgoolam a dénoncé la "désinformation" sur les radios privées notamment, et a dit que c'est pour cela que "we are coming with a law !".


Attitudes-Beach Authority: James Burty David justifie…

Le ministre des Administrations Régionales, qui a tenu à rappeler que c'est lui qui a instauré une Audit Squad à son ministère pour veiller à ce que tous les services relèvent de cette instance, a justifié le fait que les laboureurs recrutés en dépit des procédures par la Beach Authority aient été, pour la plupart, issus de sa propre circonscription et de celles avoisinantes au motif qu'ils ne peuvent être "debarred" de cet accès à l'emploi.

Quant au cas du fils d'un employé du ministère qui a déjà défrayé la chronique, James Burty David a éludé la question de Rajesh Bhagwan en choisissant de revenir sur les 11 conseillers dont disposait l'ancien ministre de l'Environnement et qui ont coûté Rs 5,8 millions en 5 ans - ce qui est finalement bien peu puisque chaque conseiller touchait légèrement plus de Rs 9,000 en moyenne par mois. Rappelons que parmi les conseillers visés, il y a un certain Kurshid Kasenally qui n'est autre que le frère du ministre des Services Publics et qui, lui a été maintenu à son poste depuis juillet 2005.


Un bureau de Rs 16 millions à l'Unesco, mais le site, lui, est… très pauvre

La question de Françoise Labelle sur l'absence de toute référence au projet d'inscription du Morne sur le site du bureau permanent mauricien n'a pu être prise dans les temps mais Joe Lesjongard a profité de l'ajournement pour dénoncer le fait que ce site web, réactualisé le 31 juillet, soit de très mauvaise qualité et pauvre en information tant sur l'Aapravasi Ghat que le Morne. Par contre, on peut y trouver les noms de Dharam Gokhool comme président de la commission nationale de l'Unesco à Maurice avec en tant que vice-présidents… Motee Ramdass et Sangeet Fowdar ! Le député n'a pas manqué de rappeler qu'il y a quelques jours à peine le gouvernement a justifié les… Rs 16 millions que cette mission permanente auprès de l'Unesco coûtent aux contribuables.


Mardi prochain-Le Finance Bill en plat de résistance…

Le gros morceau de la séance de mardi prochain ne sera autre que le très attendu Finance Bill dont les provisions avalisent les mesures annoncées dans le dernier Budget. Sinon, il y aura la présentation, en première lecture, du Merchant Shipping Bill et un Question Time très fourni sur des thèmes de brûlante actualité.

Pour le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sont prévues quinze interpellations sur la police, sa Traffic Branch et ses critères physiques de sélection, la MBC, la drogue, le décès accidentel d'un jeune garçon de 7 ans, un match annulé à Bain des Dames, les voitures des présidents d'organismes à temps partiel mais aussi et surtout le vol de la ferraille, ainsi que le Télédon organisé pour venir en aide aux familles des disparus des King Fish.

D'autres dossiers de brûlante actualité reviendront en force lorsque les autres ministres auront à répondre. Parmi ceux-là, les suites données à la décision de la commission européenne concernant les visas Schengen, la Beach Authority, les bourses indiennes, le Business Facilitation Act et les expatriés, le National Pay Council, les attributions de la Road Development Authority, les projets CT Power et Gamma/Coventa, les abus du transport gratuit, les Pas Géométriques et l'île aux Bénitiers, et la Tertiary Education Commission.


Visite du Chef ministre du Bihar, Nitish Kumar

Un retour aux sources riche en événements

Nitish Kumar, le Chef ministre du Bihar, s'est rendu dimanche après-midi à Ganga Talao et a participé à la cérémonie de Shiv Abhishek au Kashi Vishwanath Mandir. Les prières ont été conduites par l'acharya Ramjanma Mishra, assisté du Shambhoonath, Pandit en présence du président du Hindu Maha Sabha, Satish Goburdhun, du ministre Janardhan Singh Sigriwal, de la députée Renu Devi et de Mahen Utchanah, président de GOPIO. Nitish Kumar a procédé à l'ablution successive du shivling avec une multitude d'offrandes. L'eau sacrée ramenée de Patna où coule le Gange a été déversée dans le lac sacré.

Aapravasi Ghat: une visite chargée d'émotions

Le Chef ministre du Bihar a débuté sa journée extrêmement chargée dimanche dernier par une visite à l'Aapravasi Ghat. Une visite empreinte d'émotions où les souffrances et les tribulations des immigrants indiens qui ont foulé le sol mauricien entre 1834 et 1890 ont profondément ému le distingué visiteur. En gravissant les marches empruntées par les travailleurs engagés et en visitant les infrastructures de pierre, il n'a pas manqué de dire qu'il pouvait entendre les cris et les pleurs de ces travailleurs indiens qui ont grandement contribué au développement de Maurice. Il a exprimé sa satisfaction que ce site a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Nitish Kumar a rappelé que 60% de la population d'origine indienne à Maurice est originaire du Bihar. Il a affirmé que cette visite lui a fait revivre un moment inoubliable. Les Biharis, a-t-il dit, sont passés par des moments difficiles. En dépit des souffrances, les injustices et les tortures qu'ils ont subies, ils ont travaillé dur pour le développement du pays. Il a fait les éloges de SSR qui a beaucoup œuvré pour la promotion des valeurs culturelles.

Au MGI: liens de sang entre Maurice et le Bihar

Le chef de l'État du Bihar s'est ensuite rendu au MGI pour la cérémonie d'ouverture de la conférence sur la diaspora indienne. Il a mis l'accent sur les liens de sang qui unissent le Bihar à Maurice et s'est dit très honoré d'être le premier Chef ministre à visiter Maurice. Il s'est dit heureux de constater que le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, le PM Navin Ramgoolam et plusieurs autres ministres, ont leurs racines au Bihar.

Il a annoncé qu'il a invité le PM à se rendre au Bihar au début de l'année prochaine pour dévoiler la statue de SSR à Patna. Son gouvernement est prêt à aider si Maurice décide d'introduire l'étude du bhojpuri dans les écoles. Nalanda Open University, qui offre les cours en MA en bhojpuri, pourrait aider à la réalisation de ce projet. Son gouvernement fera un don de livres en bhojpuri de plus de Rs 1 million au MGI. À travers la Bihar Foundation et la fondation Trace your roots, les Mauriciens pourront retracer leurs racines au Bihar. Maurice est le pays de la coexistence pacifique et malgré la divergence des religions, les gens vivent en harmonie, a-t-il affirmé.

Le ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, a annoncé la création d'un centre de diaspora indienne au MGI. Nitish Kumar et sa délégation ont ensuite visité le musée consacré à l'immigration indienne.

Phooliyar: appel pour la promotion du bhojpuri

À Phooliyar, Barlow, endroit où les premiers immigrants indiens se sont installés, Nitish Kumar a fait un appel aux Mauriciens pour la préservation et la promotion du bhojpuri. Il a promis l'aide de l'État de Bihar pour ceux voulant retracer leurs racines à travers le programme "Trace your roots". Mahen Gowressoo, le ministre des Arts et de la Culture et Mahen Utchanah, le président du GOPIO ont souhaité que le bhojpuri retrouve ses lettres de noblesse à Maurice. Nitin Seetah, le président du conseil de district de Pamplemousses/Rivière du Rempart a déclaré qu'il allait bientôt déposer une motion pour l'adoption d'un village de Bihar. Il a aussi souhaité un jumelage entre le conseil du nord et la ville de Patna, la capitale de Bihar.

Lundi, Nitish Kumar a aussi reçu la visite du leader de l'opposition, Nando Bodha, et de l'ancien PM, Paul Bérenger, à l'hôtel Maritim. Il a également rencontré les investisseurs mauriciens au centre de conférences de Grand-Baie. Dans la soirée de mardi, il a assisté à une réception organisée par l'Islamic Cultural Centre en présence du VPM, Rashid Beebeejaun, du ministre Janardhan Singh Sigriwal, des ministres Mahen Gowressoo, Abu Kasenally, Mahen Utchanah, Reza Issack et du président du board de l'Islamic Cultural Centre, Abdool Saleb Nazir.

Nitish Kumar et sa délégation ont quitté le pays mercredi soir.


Publications-Nitish Kumar lance un magazine sur la diaspora indienne

Nitish Kumar a lancé dimanche au MGI une publication de GOPIO à l'occasion de la conférence internationale sur la diaspora indienne. La rédaction, composée de Radha Mohun Nunkoo, Dev Luchmun et Ramasawmy Madré, a effectué un bon travail de recherche sur les immigrants indiens. Cette publication contient les messages du PM, Navin Ramgoolam, de Nitish Kumar, de Mahen Utchanah, le président de GOPIO et de Mookhesswur Choonee, le haut-commissaire de Maurice en Inde.

Mme Saloni Deerpalsingh, la responsable du musée sur l'immigration indienne au MGI, apporte sa contribution dans un article intitulé "An overview of indentured labour immigration in Mauritius". Mookhessur Choonee fait une réflexion sur "Calcutta Se Chutal Jahaj Pawaniya Dhire Chalo". Suchita Ramdin, en charge du Rabindranath Tagore Institute, donne son point de vue sur "Tapping the roots of bhojpuri oral poetry ideas and experience that shaped the history of Mauritius". Les autres articles sont signés Amenah Jahangeer-Chojoo, Anand Neewoor, Dr Roodrasen Neewoor, professeur Soodursun Jugessur et Premchand Boojhawon.


Les incongruités du dossier EIILM

Nando Bodha : "La TEC n'a pas assumé son rôle de régulateur"

La polémique sur l'implantation à Maurice, de l'Eastern Institute for Integrated Learning in Management University (EIILM) Sikkim continue. Documents à l'appui, le leader de l'opposition, Nando Bodha, a, mardi dernier, lors de la PNQ, une fois de plus, souligné, plusieurs zones d'ombre. S'interrogeant sur la valeur des diplômes qui seront délivrés par l'EIILM, Nando Bodha maintient que les procédures n'ont pas été respectées dans l'accréditation du permis d'opération de la EIILM University, en tant que branche à Maurice. Pour Nando Bodha, les faits tendent à démontrer que la Tertiary Education Commission (TEC) aurait tergiversé sur les conditions qu'elle doit respecter. Il soutient ses propos en brandissant le protocole d'accord, signé, le 18 avril dernier, entre la TEC et la University Grants Commission (UGC) de l'Inde. Mais le directeur de la TEC, Praveen Mohadeb, réfute ses propos, arguant que ce protocole d'accord n'implique pas l'approbation de l'UCG pour la reconnaissance d'une université privée. De même, souligne-t-il, afin de rassurer les esprits, il n'y a aucun doute quant à la valeur et la reconnaissance des diplômes qui seront délivrées par l'EIILM. "La TEC dispose d'une lettre de la National Assessment and Accreditation Council (NAAC) de l'Inde, confirmant qu'un diplôme délivré par une université privée, créée par un State Law, est valable, en dehors de l'État", assure Praveen Mohadeb. Entretemps, si le ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, a fait comprendre qu'il est prêt à assumer ses responsabilités au cas où le leader de l'opposition arrive à prouver quoi que ce soit, pour des raisons qui demeurent encore floues, le secrétaire de la TEC, Anil Chinniah, est parti en retraite prématurée. Il a annoncé cette décision au board, jeudi dernier.

De nouveaux documents à l'appui, dont une correspondance de la University Grants Commission (UGC) de l'Inde, le leader de l'opposition est revenu avec force, mardi dernier, au Parlement, sur l'implantation de EIILM University à Maurice. Nando Bodha soutient que le Memorandum of Understanding (MoU) signé en avril dernier entre la TEC et l'UGC portant sur l'enregistrement et l'accréditation des institutions tertiaires n'a pas été respecté. Maintenant que l'UCG est le Apex Body dans le secteur tertiaire de l'éducation en Inde, Nando Bodha souligne que l'EIILM ne fait pas partie de la liste des universités qui figurent sur le site web de l'UGC. De même, indique-t-il, une correspondance adressée à Directeur de la TEC, en date du 28 mars 2007, émanant de l'UCG et signée d'Ashok Mahajan, Under Secretary de cette instance au sujet de l'EIILM de Sikkim indique clairement que l'université de Sikkim, ne fait pas partie de universités reconnues par l'UCG."In this regard, I am directed to inform you that Eastern Institute for Integrated Learning in Management University (EIILM) Sikkim is not included on the list of Universities being maintained under section 2 (f) of the UGC Act 1956", indique Ashock Mahajan. Le silence de la TEC à ce sujet aux membres de son board suscite des interrogations, fait ressortir Nando Bodha. Il avance également qu'outre le fait d'avoir ignoré la teneur de la section 3 de ces UGC Regulations, la TEC serait allée à l'encontre du MoU signé en avril dernier avec l'UGC. "Les paragraphes 9 et 10, qui concernent respectivement la Mutual Recognition of Qualifications et la collaboration entre ces deux organismes et qui traitent des consultations entre la TEC et l'UGC pour l'enregistrement et la reconnaissance des institutions tertiaires du MoU signé entre en avril dernier, le démontrent clairement", soutient Nando Bodha.

En effet, le paragraphe 9 du protocole d'accord souligne que "both parties commit themselves to collaborate on issues pertaining to recognition and equivalence of qualifications according to rules and procedures in the respective countries (in terms of quality and standards)". Mais pour le directeur de la TEC, ce MoU, entre la TEC et l'UGC, n'implique pas l'approbation de l'UCG pour la reconnaissance d'une université privée."La TEC et l'UGC sont deux instances régulatrices, chacune avec ses propres règlements. L'accord qui a été signé entre les deux parties n'implique pas que l'une d'entre les deux a son mot à dire quant à l'accréditation qu'elle donne à une université", soutient Praveen Mohadeb. Il ajoute que le protocole d'accord est principalement axé sur le capacity building. Praveen Mohadeb réfute catégoriquement les propos du leader de l'opposition, affirmant que "tout a été fait selon les règlements de la TEC" et que l'EIILM University Mauritius Branch opère en toute légalité. Le leader de l'opposition n'en démord pas et réitère sa demande en vue de l'institution d'une commission d'enquête au sujet des procédures adoptées pour l'enregistrement et l'accréditation de l'EIILM Mauritius university Branch. Nando Bodha lance également un appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour qu'il soit saisi de ce dossier en vue d'élucider les zones d'ombre dans cette affaire. "Outre l'intégrité des institutions régulatrices dans le secteur de l'éducation, notamment la TEC, ce dossier concerne non seulement Maurice mais également l'Inde. Il y va aussi bien de l'avenir des étudiants mauriciens qui aspirent à des études supérieures que des relations entre deux Etats", rappelle le leader de l'opposition. Si le ministre de l'Éducation n'a pas encore accédé à la demande du leader de l'opposition pour la mise sur pied d'une commission d'enquête, Dharam Gokhool a fait comprendre qu'il est prêt à assumer ses responsabilités au cas où le leader de l'opposition arrive à prouver ce qu'il avance. Par ailleurs, des changements ont eu lieu cette semaine au sein de la TEC, suivant le retour au pays du directeur. Selon nos informations, le board s'est réuni plusieurs fois cette semaine, et pour des raisons qui demeurent encore floues, le secrétaire de la TEC, Anil Chinniah, chargé de distribuer les documents aux membres du board, est parti en retraite prématurée. Sa décision a été annoncée au board, jeudi dernier. Sans entrer dans les détails, Praveen Mohadeb indique qu'il s'agit d'une décision personnelle, et que le secrétaire de la TEC est en droit, malgré ses cinquante bougies, de prendre, comme n'importe qui, une retraite avant l'heure…


Ça va se savoir

Arvin Boolell fait machine arrière sur le rapport KPMG

Le ministre de l'Agro-Industrie, Arvin Boolell, a dû faire machine arrière sur le rapport du bureau d'experts-conseils KPMG au sujet de la restructuration du cess dans l'industrie sucrière. Devant le tollé soulevé par les conclusions du rapport de KPMG, le ministre avait jugé utile de présider une séance de travail avec les responsables et les représentants des syndicats des corps para-étatiques financés par le cess. Cette séance de travail s'est déroulée à la salle Bonâme du Réduit, hier matin.

Le ministre Boolell et les consultants de la firme KPMG ont eu fort à faire pour endiguer les flots de protestations et de critiques fusant de partout contre le rapport. En conclusion, la décision d'efasé refer fut prise.

Mais certains craignent une volte-face, comme ce fut le cas dans l'affaire de l'étude de sharing of revenue dans l'industrie sucrière. Lors de la réunion avec la MSPA, il avait été annoncé que cette étude avait été abandonnée. Mais après la réunion, un communiqué était publié fixant les modalités de cette étude du Management Audit Bureau.

Radier de Macondé: Contrat alloué sans mention du prix à payer

Le contrat pour la construction du radier de Macondé a été enfin alloué. Les travaux pourront démarrer très bientôt et les usagers de cette partie de la route de Rivière Noire auront moins de soucis en période de pluies diluviennes. Mais le hic dans cette affaire est que le contrat a été alloué sans aucune mention du prix. Les autorités ont soumis une demande au contracteur choisi pour qu'il révise à la baisse le prix coté pour les travaux. Les coûts sont de Rs 200 millions, alors qu'initialement, le prix était estimé à Rs 140 millions.

Le nouveau radier de Macondé, qui traversera la baie, sera construit sur pilotis. Mais aucune étude d'Environment Impact Assessment (EIA) n'a été entreprise en vue du démarrage des travaux dans cette partie de l'île. La Road Development Authority (RDA) affirme pouvoir assumer les responsabilités à cet effet.

Un président de corps para-étatique sommé de rembourser Rs 300 000

Un ministre a sommé un président d'un des corps publics tombant sous sa responsabilité de rembourser dans les meilleurs délais une somme de Rs 300 000 suite à des dépenses effectuées à l'aide de la carte de crédit de cet organisme. Le ministre s'est fait un devoir de faire courir la nouvelle du remboursement dans ce secteur parce que ces deux personnalités, même si elles ont été en première ligne de la campagne électorale pour l'Alliance sociale, no longer see eye to eye. Le président du corps para-étatique était parti en mission et avait profité de la carte de crédit de cet organisme pour compléter des emplettes personnelles de Rs 300 000. Mais dès son retour à Maurice, il a dû obtempérer aux directives ministérielles, sans faire du cinéma.

Une station-service à l'endroit où était prévu un échangeur

Véritable casse-tête pour les ingénieurs du ministère des Infrastructures publiques avec la construction d'une station-service à la hauteur de Sorèze sur l'autoroute. En effet, cette station-service a été construite à l'endroit même où était prévu un échangeur. Vis-à-vis de cette station-service, des promoteurs avaient déjà soumis des plans pour un important développement commercial nécessitant des aménagements routiers spécifiques pour le trafic transitant à cet endroit. Mais qui ira demander aux responsables d'Indian Oil de stopper les travaux ? Aucun volontaire n'est venu de l'avant pour exécuter cette mission plus que délicate.

Bunwaree enquête sur la fuite de l'Employment Rights Bill

Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, n'était pas content du tout dimanche dernier. En effet, Week-End avait gâché son plaisir en publiant en exclusivité et en primeur de larges extraits de l'Employment Rights Bill, qui viendra remplacer le Labour Act. Très tôt lundi matin, il a convoqué ses plus proches collaborateurs au ministère en vue de tenter d'identifier l'auteur de cette fuite. Mais en vain. Il devait même soulever la question lors de la réunion ministérielle de l'après-midi consacrée à ce même projet de loi. Il devait tempêter à l'effet que six mois d'efforts pour éviter des fuites n'ont pas eu les effets escomptés à la veille d'une présentation en grande pompe de ces nouvelles dispositions de la loi-cadre du monde du travail.

Dénonciations à la MPA

Des lettres de dénonciations circulent à la Mauritius Ports Authority. Pour ce qui semble être le début d'une longue, il y a l'affaire du tanker Galileo, transportant 35 000 tonnes de produits pétroliers, qui a été admis dans notre port alors qu'il est interdit ailleurs en raison des risques que cela comporte. Mais aussi celle de la commission d'enquête sur le déversement d'hydrocarbures dans le port en début d'année, ce qui avait causé une pollution jusqu'à la marina du Caudan. Il est allégué que l'enquête a été étouffée parce qu'un responsable d'une unité du port, incriminé, serait le proche parent d'un ministre travailliste et que son frère serait aussi le conseiller d'un autre membre du gouvernement. Les deux dossiers devraient être soumis à l'ICAC pour enquête.

Bourse obtenue on "false pretence"

C'est le "talk of the campus". Le fils d'une personnalité politique aurait bénéficié d'une bourse d'études de quatre ans dans une importante université de la Grande-Bretagne après que son père a fait valoir qu'il était dans l'impossibilité de payer les cours étant donné son statut de unemployed. Or, consultant à cette période et rémunéré en devises, il était conseiller de plusieurs compagnies tant locales qu'étrangères. Tous les moyens sont bons…


Bob Choolhun destitué

Élection, demain, du nouveau président de Moka/Flacq

Le conseil de district de Moka/Flacq va s'élire un nouveau président demain, après la destitution, lundi dernier, du président élu le 2 juillet, Bob Choolhun. C'est vraisemblablement sur Tapeshwarsing Bissoondoyal que devrait porter le choix de la majorité des conseillers.

Après le rejet, lundi matin, par la juge Mme Saheda Peeroo de sa demande d'injonction contre la tenue d'une réunion spéciale du conseil le même jour en vue de débattre d'une motion de blâme contre sa personne, M. Choolhun a été destitué par une majorité de 27 contre 8.

Élu le 2 juillet par 21 voix contre 14, contre la volonté des dirigeants de l'Alliance gouvernementale, Bob Choolhun a résisté à l'épreuve d'une première motion de blâme le 17 juillet dernier, l'auteur de la motion, Sonalall Seeburrun, choisissant de ne pas soutenir sa démarche à la dernière minute.

Il restait à savoir si une nouvelle motion de blâme contre le président pouvait être inscrite à l'ordre du jour avant une période de six mois. C'est ce sur quoi la cour suprême a tranché lundi, en validant la tenue, le même jour, d'une réunion spéciale du conseil pour débattre d'une nouvelle motion de blâme contre le président, inscrite à l'initiative de sept conseillers.

Cette "affaire Choolhun" a, on le sait, pris une certaine connotation avec des organisations Rajput criant à la victimisation d'un des leurs. Reste à savoir si le nouveau président qui sera élu pourra travailler dans la sérénité, et quelle sera, à l'avenir, l'incidence de cette affaire sur le jeu politique à l'est mais aussi au plan national.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 5 août 2007