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Le Brain Training, un phénomène grandissant
Malgré ses fonctions exceptionnelles, le cerveau n'est
pas sans faille. Pour préserver sa vitalité, pour
ne pas dire sa jeunesse, il faut l'entraîner sinon
il décline !
Dans le vieillissement cérébral normal, les neurones
ne meurent pas mais ils fonctionnent moins bien. On en arrive
même parfois à avoir des trous de mémoire
ou des problèmes de concentration, autant de phénomènes
inquiétants. Le cerveau se comporte en fait comme un muscle:
si l'on ne l'utilise que dans le cadre normal de nos activités
quotidiennes, il stagne et il peut même décliner.
En revanche, plus on le stimule, mieux il fonctionne.
Des entraînements spécifiques ont même été
mis au point pour développer les principales capacités
cérébrales et les résultats mesurés
à ce stade montrent des augmentations de la capacité
de mémorisation de plus de 25%. Non seulement ces entraînements
donnent du tonus au cerveau mais ils permettraient d'éviter
leur sclérose et le risque de maladies neurodégénératives.
L'un des premiers à mettre au point une vulgarisation du
maintien - pour ne pas dire le développement - du cerveau
est le Dr Kawashima, neuroscientifique japonais et éminent
chercheur de la Brain Imaging Research. Il a développé
avec le fabricant de consoles Nintendo DS un logiciel utilisable
par tous, qui en a fait un programme simple et ludique.
Les programmes d'entraînement du Dr Kawashima
Plus de 10 millions de personnes du monde entier ont adopté
le premier "Programme d'Entraînement Cérébral"
du Dr Kawashima pour Nintendo DS, sorti en juin 2006.
Depuis quelques semaines, le Programme D'Entraînement Cérébral
Avancé du Dr Kawashima est donc sur le marché. Il
propose de nouveaux exercices et de nouvelles évaluations
qui mettront au défi même les cerveaux les mieux
entraînés ! Les jeunes comme les moins jeunes s'amuseront
avec ces exercices qui testent la mémoire, les talents
mathématiques et la perception du joueur. Vous n'aurez
qu'à y consacrer quelques minutes par jour pour entraîner
votre cerveau.
La compacité de la Nintendo DS vous permet de vous entraîner
où vous voulez dès que vous avez un peu de temps.
L'évaluation détermine la vitesse et la précision
avec laquelle vous effectuez les tâches. Vous pourrez ainsi
visualiser votre progression et la manière dont vous stimulez
quotidiennement votre cerveau.
Le Programme D'entraînement Cérébral Avancé
du Dr Kawashima est à la portée de tous. Le joueur
devra tenir la console comme un livre et marquer ses réponses
sur l'écran tactile à l'aide du stylet.
Tous les exercices sont basés sur des tâches simples
mathématiques, cognitives et langagières. Une des
activités vous propose de jouer au Jeu de mains (Caillou,
papier, ciseaux), mais le truc est que, parfois, la réponse
à donner est celle où vous perdez et non pas celle
où vous gagnez. En Mémoire 5x5, vous devez tout
simplement mémoriser la position des chiffres sur une grille.
Les exercices Monnaie vous obligent à calculer le plus
vite possible la monnaie à rendre après un achat.
Le Sudoku, le célèbre casse-tête numérique,
est de retour. Trois niveaux de difficulté et plus de 100
grilles sont à votre disposition !
Vous pouvez jouer avec votre famille et vos amis. En jeu une carte,
deux à seize personnes peuvent choisir parmi quatre exercices
à effectuer à plusieurs.
L'objectif des deux programmes d'entraînement cérébral
du Dr Kawashima (le simple et l'avancé) est donc la stimulation
du cerveau. L'entraînement se déroule en deux temps:
les exercices eux-mêmes, puis l'évaluation des résultats
afin de déterminer "l'âge de votre cerveau".
Au début, cela est carrément vexant lorsque la console
vous annonce par exemple que votre cerveau a 70 ans alors que
vous avez une trentaine d'années. Mais, au fil des jours,
on progresse et on finit par atteindre l'âge idéal
de 20 ans !
La Cérébrale Académie
Avec le Programme d'Entraînement Cérébral
du Dr Kawashima, Nintendo avait poussé à découvrir
l'âge de votre cerveau. Avec Cérébrale Académie,
sorti aussi en 2006, l'un des titres Touchs Generation, la
véritable question qui se pose est plutôt celle de
la taille de votre cerveau ! Alors que l'entraînement cérébral
repose sur une méthode scientifique et sérieuse
d'exercices pour le cerveau visant à lui garder sa prime
jeunesse, Cérébrale Académie est un recueil
amusant de casse-tête, QCM et tests pour l'écran
tactile, conçus pour faire transpirer vos neurones, si
toutefois cela était possible !
Les activités destinées à remuer votre matière
grise se divisent en cinq catégories: Logique, Mémoire,
Analyse, Maths et Formes - toutes présentées par
le mystérieux professeur Neurone monté sur obus,
dans un style coloré très cartoon.
Mais ne vous laissez pas abuser par les jolis graphismes: les
défis de Cérébrale Académie sont retors
!
Dans chaque catégorie, vous retrouverez plusieurs manches
d'agilité mentale, allant des simples additions aux puzzles
à reconstituer, en passant par le décompte de cubes
composant une structure 3D. Vous pouvez également relever
le défi avec jusqu'à sept amis dans des batailles
de cerveaux sans fil pour déterminer celui qui aura le
plus gros, avec une seule carte DS à partager.
Nicole Kidman comme modèle
Célèbre pour ses rôles dans de nombreux films
tels que The Hours et Moulin Rouge et lauréate
d'un Oscar, l'actrice Nicole Kidman possède tout autant
un cerveau brillant qu'un physique de rêve dans la campagne
mondiale conçue pour le nouveau logiciel de développement
personnel de Nintendo.
Dans la presse et sur les chaînes de télévision,
Nicole Kidman gardera son cerveau en forme en découvrant
le Programme d'Entraînement Cérébral Avancé
du Dr Kawashima: quel âge a votre cerveau ? sorti sur Nintendo
DS fin juin en Europe.
Comme plus de 10 millions de personnes, Nicole Kidman utilise
l'Entraînement Cérébral dans sa vie de tous
les jours. Elle a été choisie par Nintendo pour
son immense popularité auprès d'un large public
mais aussi pour son image de femme intelligente, pleine de vie
et sincère.
Sivaji-The Boss
Film tamoul de Shankar
Avec Rajnikanth, Shriya, Vivek, Suman, Mani Vannan
Sivaji -The Boss a fait un véritable tabac lors
de sa sortie sur les écrans le 15 juin dernier au Maharashtra,
au Gujerat, au Bengale et au Bihar. Réalisé au coût
de Rs 820 millions, c'est le film le plus cher du cinéma
indien, devançant même Devdas, qui avait coûté
Rs 500 millions. Selon la critique, le film est un "mass
film with a lot of masala and a message
a message against
child labour, corruption and capitation fees. The film is a sensation.
Never before, has a regional film scored this bag outside home
territory".
Le film a pour décor un village de Chennai déboussolé
par le chômage et la misère. C'est la lassitude de
vivre dans un univers inhumain et sans espoir qui broie peu à
peu les gens.
Shankar, cinéaste hanté par la culpabilité
historique de sa terre natale, raconte l'histoire d'un homme en
quête d'identité dans son propre pays. C'est aussi
l'histoire d'une errance et d'un déracinement. Cette balade
triste dans un labyrinthe de conspirations et de cauchemars d'un
quotidien tissé de tensions et d'échecs sanglants
a fait courir le public car le film est proche de la réalité.
Sivaji (Rajnikant) est un Non Resident Indian (NRI) très
riche qui a passé plusieurs années à l'étranger.
Il a amassé une immense fortune avoisinant Rs 2 milliards.
Il fait son retour en Inde et décide d'investir dans la
construction d'écoles et d'hôpitaux afin d'offrir
des services gratuits aux pauvres. Mais Adiseshan (Suman), le
propriétaire de plusieurs écoles, se met au travers
du chemin de Sivaji parce qu'il craint que l'éducation
gratuite entraîne la fermeture de ses écoles. Adiseshan
veut à tout prix empêcher Sivaji de réaliser
ses projets. Il utilise ses influences politiques et détruit
le rêve de Sivaji. Celui-ci est ruiné. Mais ce dernier
utilise son intelligence afin de récupérer son argent
et devient bientôt très populaire dans le village.
Adisheshan est à son tour ruiné et décide
de tuer Sivaji
La corruption, la fracture sociale, les privilèges font
partie de la vie des gens de Chennai. C'est un film virulent,
sans concession sur la nature humaine qui s'étale dans
toute sa cruauté, sa laideur, sa folie. Sivaji, le milliardaire
établi à l'étranger qui voulait aider à
éliminer la pauvreté dans son pays, voit son rêve
éclater en mille morceaux quand il constate qu'à
chaque étape de son projet de construire des écoles
et des hôpitaux, il y a des gens corrompus qu'on doit soudoyer
pour avoir les permis nécessaires.
Ce film sous-titré en français est actuellement
projeté au cinéma BDC, Quatre-Bornes.
Gandhi, my father
Film d'Anil Kapoor et de Feroz Abbas Khan
Avec Akshaye Khanna, Bhoomika Chawla, Shefali Shah
Le Mahatma Gandhi, l'apôtre de la paix et de la non-violence,
est évoqué dans ce film historique dans lequel Anil
Kapoor fait ses débuts comme réalisateur. Le Mahatma
Gandhi, qui avec Nehru, a grandement contribué à
l'indépendance de l'Inde, n'a pas eu beaucoup de temps
à se consacrer à sa famille. Le fils aîné
du Mahatma n'a pas eu l'occasion de côtoyer son père
car celui-ci était la plupart du temps absent de la maison.
Harilal Gandhi est mort dans l'indifférence, étant
devenu un clochard alcoolique.
Gandhi my father présente une autre facette de la
vie du Mahatma qui a été évoquée que
sommairement dans les livres et les documentaires. Dominique Lapierre,
auteur du best-seller Cette nuit la liberté, a évoqué
cette partie douloureuse de la vie du fils aîné du
Mahatma.
Cash
D'Anubhav Sinha
Avec Ajay Devgan, Zayed Khan, Esha Deol, Suneil Shetty
Au fil des années, Karan (Ajay Devgan) est devenu amer,
bizarre, cinglé. De l'homme qui voulait débarrasser
le monde de ses ordures pour combattre le vice, il n'en reste
rien. Karan s'est découvert une passion pour les armes
à feu et veut réaliser le coup du siècle:
dérober un diamant d'une valeur inestimable en Afrique
du Sud. Cet homme est dangereux. Il n'en est pas à sa première
mission, mais cette fois, il joue gros.
Pour réaliser son coup, il doit impérativement fouiller
dans la faune douteuse des quartiers chauds, puisant chez ceux
qui veulent devenir riches comme lui. Il mijote son coup mais
il réalise qu'il ne pourra le faire sans le concours de
vrais professionnels. C'est ainsi qu'il loue les services de spécialistes
du genre: Lucky (Ritesh Deshmukh), Danny (Zayed Khan) et Puja
(Esha Deol). Mais il y a un obstacle à travers son chemin:
sa girlfriend Shania (Shamita Shetty), un agent de sécurité
chargé de veiller sur le diamant. Mais Karan ne s'en soucie
guère. Pour mener à bien cette périlleuse
mission, il s'est adjoint les services du chef de la pègre,
Angad (Suneil Shetty) et d'Aditi (Dia Mirza).
Karan découvre bientôt que les mécanismes
sont complexes, les traîtrises courantes, les coups bas
pouvant être fatals. Lucky, Danny et Puja veulent sa peau.
Ses relations avec Shania ne sont pas au beau fixe. Sa réputation
et son bonheur sont en jeu. Karan doit tenter l'impossible pour
récupérer son argent, son amour et même lutter
pour sa survie
Pallavi Sharma, vedette du Punjab
Pallavi Sharma représente le renouveau du cinéma
bhojpuri. Dans un monde en pleine mutation, cette fine fleur du
Punjab voudrait marquer de son empreinte un cinéma qui
s'exporte de plus en plus. Elle était chez nous dans le
cadre du premier Festival de la diaspora indienne. C'est une des
actrices les plus sollicitées aujourd'hui. Elle raconte
avoir travaillé très dur pour intégrer le
club très select des vedettes du cinéma bhojpuri.
Sa simplicité et sa franchise vous frappent dès
le premier abord. Pallavi Sharma nous parle de son parcours qui
l'a vu côtoyer des professionnels de la danse classique.
Elle termine actuellement sa licence en danse classique pour ensuite
se consacrer entièrement au cinéma. Son amour pour
le travail bien fait lui a permis de récolter des succès
dans les séries télévisées comme Sauten
Dila Re et Bhole Baadshah.
Pallavi Sharma voudrait insuffler une bouffée d'oxygène
à l'industrie cinématographique indienne et annonce
qu'elle tournera très prochainement dans un film de Bollywood.
Elle déclare que le cinéma bhojpuri est très
populaire au Bihar et a un bel avenir avec l'émergence
des nouveaux talents.
Pallavi Sharma voudrait vivre pleinement sa passion du cinéma
et également son amour pour la danse classique. Elle a
été très applaudie lors de sa prestation
sur scène lors des représentations de la troupe
culturelle indienne à travers le pays.
Sanjay Dutt condamné à six ans de prison
L'acteur Sanjay Dutt a été condamné mardi
à six ans de prison pour possession illégale d'armes
à feu. L'acteur qui vient de célébrer son
48e anniversaire le 29 juillet a fait appel contre le jugement
du juge anti-terroriste Promod Kode. Il a été incarcéré
à la prison d'Arthur Road dans le sud de l'Inde et a été
traité comme les autres prisonniers.
Sanjay Dutt est suspecté d'avoir été partie
prenante dans les attentats à la bombe en mars 1993 qui
avait fait 257 morts et environ 700 blessés à Mumbai.
Il a déjà passé 18 mois en prison pour ce
délit.
Au VIP Club, le 28 juillet
Rendez-vous réussi de David Vendetta
Il l'avait promis. Il a tenu sa promesse. David Vendetta était
au Rendez-vous, le 28 juillet, au VIP Club, pour une soirée
d'enfer. Le DJ international s'est défoncé pour
ses fans mauriciens, amoureux de musique electro in da house.
C'est sous les détonations de feux d'artifices, grandioses
et spectaculaires, que le public, venu en grand nombre (plus de
cinq mille billets vendus) et installé sur la plaine du
VIP Club, a accueilli le pro de l'electro-house. L'auteur de Unidos
para la musica, Break 4 love, Love to love you baby,
entre autres, a animé cette soirée avec du bon son
"vendettien". Dans une grande simplicité, avec
une parfaite maîtrise des platines et de son public, le
roi de l'electro a animé cette grande soirée au
son de rythmes électroniques, sa spécialité,
avec une impressionnante logistique de jeux de lumière,
mise en place par les organisateurs, le VIP Club et Green Dot
Events, qui n'ont pas lésiné sur les moyens pour
offrir aux fans une soirée mémorable.
L'as des platines, entouré des danseuses locaux, se déhanchant
au rythme exotique de ses notes électriques, a assuré
une soirée d'enfer pour les clubbers. Nos DJ locaux - David
Jay, Giovanni Paul, DJ Lebo et DJ Martino (DJ Mauricien résidant
en France depuis une dizaine d'années et de retour à
Maurice pour l'événement) n'ont pas pour autant
démérité. Dès le début de la
soirée, ils ont chauffé à blanc le public,
avant que le roi de l'electro ne prenne ensuite le relais
vers 1h pour enflammer les pistes du Kart Loisir. Le public s'est
défoulé jusqu'aux petites heures du matin dans une
ambiance bon enfant
Toutefois, quelques incidents, dont le feu (sans conséquence)
causé par les feux d'artifices, ont marqué cette
soirée. Un policier en civil, qui assistait au concert
de David Vendetta en compagnie de sa petite amie, a porté
plainte contre des membres de la sécurité, qui l'aurait
passé à tabac.
"Je reviens en janvier 2008 !"
Pour David Vendetta, cette soirée a été une
belle réussite et il a hâte de revenir mixer pour
ses fans mauriciens. "Je n'ai jamais vu un peuple aussi
accueillant et gentil. Ma venue à Maurice restera pour
longtemps gravée dans mon cur. La soirée était
exceptionnelle. Tout ce qui m'importait était de ne pas
décevoir ce public qui attendait beaucoup de moi et que
je rencontrais pour la première fois. L'organisation de
l'événement par Green Dot était parfaite
du début à la fin.
Il est prévu que je revienne mixer sur votre Île
en janvier 2008 et ce sera avec grand plaisir, car j'ai vraiment
eu du mal à vous quitter", nous a-t-il précisé.
L'espace swahili, l'océan Indien
Une littérature carrefour
L'espace swahili et Maurice ont en commun une littérature
qui constitue un point de rencontre entre diverses influences.
Xavier Garnier, professeur de littérature comparée
à l'Université Paris 13 et spécialiste de
littérature africaine, partage cette idée. Lors
de sa récente visite à Maurice, il a évoqué
ces rapprochements entre la vitalité de la littérature
en langue swahilie, en Afrique orientale, et la littérature
mauricienne. Son livre, Le roman swahili, avec comme sous-titre
La notion de "littérature mineure" à
l'épreuve (Paris, Khartala, 2006) est aussi une réflexion
sur les "petites littératures" dans un contexte
de globalisation. L'occasion de quelques découvertes et
réévaluations. Rencontre avec l'auteur.
Dans les deux cas: Maurice et les îles et villes de l'espace
swahili, il y a cette porte ouverte sur l'océan Indien
et l'idée d'une littérature qui est un carrefour.
Xavier Garnier précise que dans le cas swahili, cette littérature
s'est synthétisée dans une seule langue (le swahili)
alors que la littérature mauricienne se déploie
en plusieurs langues.
La présence de l'océan, l'appel de l'ailleurs font
que ces deux espaces pour l'imaginaire ne sont pas repliés
sur eux-mêmes. Ils sont le point de rencontre de diverses
influences, même si dans le cas du swahili, l'influence
du continent est plus marquée.
Xavier Garnier parle du dynamisme de ces "petites littératures"
dans un monde globalisé et mentionne Ananda Devi comme
figure importante dans la création mondiale par son écriture
singulière et un ton propre à elle. Mais il ajoute
que sa connaissance de la littérature mauricienne n'est
pas exhaustive.
Poursuivant sur la complicité des îles et leur vitalité
littéraire, ce spécialiste de littérature
africaine nous fait découvrir l'espace swahili et ouvre
la porte à d'autres rapprochements avec Maurice. Quand
on lui demande de définir le swahili, Garnier parle d'une
bande côtière constituée d'îles et de
villes de la côte est de l'Afrique, du Kenya, de la Tanzanie.
La littérature en langue swahilie est marquée par
une tradition poétique. Il y a ces poètes mythiques
attachés à des îles: Mohamed Elburyi, Fumo
Lyongo. Il y a aussi une littérature moderne avec l'époque
coloniale. Elle s'est développée en langue swahilie
(langue bantoue au niveau de la structure, avec des mots empruntés
à d'autres langues). On note que cette langue s'est standardisée
depuis la période coloniale. On pourrait la considérer
comme une langue modernisée - langue qui s'est construite
à la façon du créole, avec une évolution
rapide.
Xavier Garnier poursuit sur le contexte et les formes littéraires
et mentionne dans l'espace swahili une tradition ancienne manuscrite
(entre l'oral et l'écrit). Depuis le début du 20e
siècle, dit-il, on a basculé dans l'écrit
avec le roman, le théâtre et la poésie. Les
écrivains se font éditer sur place. Parmi ceux les
plus importants, on note les romanciers Shaaban Robert, Euphrase
Kezilahabi, Said Ahmed Mohamed, Shafi Adam Shafi et Mohamed Abdulla.
Shaaban Robert est un des fondateurs de la littérature
swahilie moderne. Il s'agit d'un poète devenu romancier,
mort en 1964. Mohamed Said Abdulla est connu pour ses romans policiers,
très lus, qui se déroulent au Zanzibar. Il faut
savoir que la littérature swahilie est caractérisée
par cette veine du roman policier. Il y a aussi ces textes qui
ont le souci constant du monde: romans de voyage, textes sociologiques
ou utopistes, ouvrages de science-fiction. Pour ce qui est de
la thématique, la littérature swahilie traite des
questions suivantes: Comment vivre ensemble ? Comment organiser
la société ? Depuis l'effondrement des utopies socialistes,
on peut aussi mentionner les problèmes liés à
la mondialisation.
En quoi le swahili est-il un espace pour l'imaginaire ? Xavier
Garnier répond à cette question en évoquant
la langue swahilie qui recueille un vocabulaire venu d'un peu
partout. Il y a là une ouverture sur le monde, caractérisée
par la présence de l'océan et l'appel vers l'ailleurs.
La littérature en langue swahilie n'est pas repliée
sur elle-même.
Concernant l'affirmation de l'identité, Garnier dit que
ce n'est pas une préoccupation majeure des écrivains
de l'espace concerné. Le problème de l'identité
n'est abordé par ces derniers que pour se définir
comme écrivains africains. Xavier Garnier conclut sur les
"petites littératures" et la littérature
monde, en parlant d'un changement d'étiquette pour la littérature
francophone. Il faut, selon lui, attendre encore un peu pour une
définition précise.
Extrait- Le territoire ouvert et édifiant de l'écriture
Dans ce conflit entre les forces de dispersion, qui multiplient
les clivages entre partis, chapelles, classes, etc., et les forces
unificatrices qui tendent à établir une solidarité
entre les hommes pour une plus grande gloire de Dieu, les mots
ont un rôle important à jouer. Shaaban Robert croit
au pouvoir des mots. Il a souvent recours à l'image de
l'arme à feu pour évoquer le langage. Les mots sont
comme des balles qui peuvent atteindre leur cible et faire beaucoup
de dégâts lorsqu'ils sont mal intentionnés
et beaucoup de bien dans le cas contraire:
Les mots ont beaucoup de force, et ils peuvent être employés
pour aider ou pour nuire, pour peiner ou pour réjouir,
pour bénir ou pour maudire. Les mots peuvent faire beaucoup
de dégâts et apporter beaucoup de tristesse, tandis
que les mots bénéfiques peuvent faire le bien et
apporter beaucoup de joie (Robert, 1971:59).
Les mots que Shaaban dispose ainsi sur papier de façon
compulsive forment un tissu d'écritures autonomes. Shaaban
écrit des poèmes, des articles, il fait des livres,
et il a une conception très précise de son activité
d'écrivain. Le territoire de l'écrit est pour lui
totalement ouvert: "On dit qu'il n'y a pas de fin aux
livres" (Robert, 1971:55).
Ce territoire de l'écrit est le terreau sur lequel doivent
se former les jeunes générations
C'est par
le contact de l'écrit que les hommes pourront sortir de
leurs intérêts particuliers, prendre une distance
par rapport à eux-mêmes et entrer dans le territoire
des mots.
(Le roman swahili de Xavier Garnier)
Le 12 août prochain-Concert en faveur de La Pointe Tamarin
L'association La Pointe Tamarin mène, depuis 2003, une
action très porteuse visant à amener le développement
de l'enfant à travers la créativité. Ce en
particulier pour contrer la fatalité de l'échec
au CPE. Aujourd'hui, ses divers ateliers accueillent quelque 250
enfants et jeunes de Tamarin et des alentours, et leur offrent
un espace d'expression et de création dont on a pu mesurer
la qualité lors de l'expo-bilan organisée à
la fin de juin dernier.
L'association a toutefois besoin d'assurer un budget de Rs 150
000 pour pouvoir continuer l'action de ses ateliers Art et Musique,
voire de son atelier Théâtre. Dans ce contexte, un
concert de levée de fonds est organisé dimanche
prochain, 12 août, sur le terrain de foot de Tamarin. Ce
concert, qui se déroulera de 13h à 18h, réunira
des artistes comme OSB, Negro Pou Lavi, Zot Sa, Ras Nininn, Ras
Poldo, Clarel Armel, Evolozik et Zanzak, un des initiateurs de
cette association.
L'entrée est fixée à Rs 100 et le public
est invité à venir nombreux soutenir cette initiative.
Daniella Résidu
En solo avec Sokola
Sokola, le premier album solo de Daniella Résidu,
est attendu dans les bacs. Laissant le soin à des compositeurs
confirmés de lui écrire ses textes, la chanteuse
de Zenes Ki ti la annonce un album qui accordera une grande place
à l'ambiance. Sokola, une production de Cassiya
Ltd, est la continuité d'un riche parcours pendant lequel
Daniella Résidu n'a cessé de se forger.
Elle se lance en solo comme une grande ! Daniella Résidu
ne dit pas pour autant adieu à son groupe, Zenes Ki ti
la. Elle prend juste le temps de faire un album, Sokola, de
le promouvoir. Et ensuite, ce sera reparti pour la voix de Zenes
Ki ti la.
Daniella Résidu, 32 ans, ne cherche pas à s'affirmer.
Après Sofé Ravanne en 1997, les albums qui ont suivi
ont dévoilé une chanteuse faite pour le séga
typique et une jeune femme qui a du cran pour le séga d'ambiance.
Avec le temps, elle s'est forgée au point où on
peut dire sans se tromper que Daniella Résidu est à
coup sûr une ambassadrice du séga mauricien. C'est
bien elle, la fille de Petite Rivière, qui se retrouve
aux quatre coins du monde pour défendre les couleurs de
la musique locale avec les titres de son groupe.
Sokola ! Avec un tel titre, équivoque pour titiller
l'imagination, il est probable que Daniella Résidu annonce
le ton de son premier opus ! Comme Roger Clency, Marcelino Chaton
ou encore Jean-Claude Gaspard, elle taquine l'esprit. Un brin
coquine, Daniella ? En tout cas, elle se prête au jeu. Du
titre éponyme, écrit par Gaëtan Héroseau,
la chanteuse explique: "Sokola est dans la même
lignée que Tialani Tialana." Pour soutenir
cette précision, elle fredonne: "Mo pe donn twa
sokola, mo pe donn twa gato coco, to pa kontan
"
Ce séga raconte la vie d'un jeune couple dont le ménage
commence à battre de l'aile, ajoute-t-elle.
Compositeurs masculins pour feeling féminin
Pour cette expérience en solo, Daniella Résidu a
confié la composition des textes à une équipe
exclusivement masculine. Celle-ci est composée de Gaëtan
Héroseau, Alain Auriant, Désiré Victor et
Sylvio Louise. "Je ne me sens pas prête pour écrire.
Je trouve qu'il m'est difficile de transposer mes émotions
sur papier. Je préfère donc laisser cette tâche
aux autres, ceux qui me connaissent. Gaëtan connaît
bien mon style. Alain, c'est moi qui lui ai demandé d'écrire
un séga sur l'amitié. Comme je lui fais confiance,
je savais qu'il capterait immédiatement ce que j'attendais.
Avec Désiré, le courant passe puisque nous avons
déjà chanté ensemble."
Quant à Sylvio Louise, aussi de Petite Rivière,
qui d'autre que lui aurait pu écrire Lé konseyer
? Ce séga décrit des situations cocasses vécues
par quelqu'un pensant donner de bons conseils qui s'avèrent
finalement négatifs. Pour Lé konseyer, Daniella
Résidu ne se contente pas d'être l'interprète.
La jeune femme s'est avérée bonne
conseillère,
puisqu'elle a aussi contribué à la composition du
texte.
Sokola renferme neuf morceaux, alternant typique et ambiance.
Daniella concède que l'enregistrement de l'album n'a pas
toujours été facile. "Mais grâce au
soutien d'Yves Elahee, j'ai pu retrouver la confiance à
chaque moment de doute."
Nouvo Zénérasyon pour danser le séga
Comme c'est le cas pour plusieurs artistes locaux, c'est grâce
à un concours que le talent de Daniella Résidu s'est
dévoilé au grand public. Pour ne pas déroger
à la tradition, elle et son groupe n'avaient pas raflé
le premier prix. En 1997, avec Zenes Ti Rivière, elle prend
la troisième place avec Sakenn so sans. À
l'époque, elle est aux côtés de Nancy Derougère,
aujourd'hui reine incontestée du séga mauricien,
aussi membre de Zenes Ti Rivière. Mais quelque temps après
la révélation du groupe, Nancy fait route à
part et embrasse la carrière qu'on connaît. Quant
à Daniella Résidu, elle s'en va aussi, après
6 ans de route avec le groupe. Elle s'engage alors avec Zenes
Ki ti la. "C'est un groupe familial. Mon frère,
Jean-Alain et mes cousins en font partie", raconte la
chanteuse.
Le séga lui a ouvert les portes du monde, dit-elle. "J'ai
la chance de voyager grâce au séga. De faire des
rencontres. En Suisse, par exemple, où je me suis produite,
j'ai été surprise de voir des personnes du pays
chanter le séga mauricien. Sur scène, j'étais
accompagnée par deux choristes suisses !"
Le séga, comme la musique, c'est aussi une affaire de famille.
Sa mère, Catherine Résidu, était danseuse
de séga. "Elle accompagnait des groupes à
l'hôtel. Lorsque j'ai commencé à chanter,
elle a arrêté la danse." Dans un certain
sens, Daniella a pris la relève. En effet, depuis trois
mois, la jeune femme a ouvert une école de danse, Nouvo
Zénérasyon, destiné aux enfants. Chaque vendredi,
la chanteuse anime, chez elle, un cours d'initiation au séga
à l'intention des fillettes de la région. "L'idée
m'est venue quand ma cousine, qui devait participer à un
spectacle, est venue me voir pour que je l'aide à monter
une chorégraphie. Le séga s'apprend ! Il y a des
pas, des mouvements et des techniques qui lui sont propres. On
ne danse pas un séga typique comme on danserait un séga
d'ambiance", explique la spécialiste.
Les élections de 1967
Plus une bataille idéologique qu'une lutte des ethnies
Le 7 août 1967, deux ans après que la Grande-Bretagne
eut déjà décidé, à la Conférence
constitutionnelle de Lancaster House (septembre 1965) que l'île
Maurice "sera une nation souveraine", les électeurs
mauriciens se pressèrent aux urnes de quarante nouvelles
circonscriptions pour participer aux élections générales.
Cette consultation générale, définitivement
la plus passionnée du siècle dernier depuis l'avènement
du suffrage universel dans le pays en 1959, fut un tournant. Ces
élections désignèrent les fils du sol qui,
trois ans plus tard (le 12 mars 1968), allaient prendre la relève
de nos anciens maîtres coloniaux anglais et assumer l'avenir
de la jeune nation mauricienne.
Mardi prochain, 7 août, ce sera donc le quarantième
anniversaire du triomphe du Parti de l'Indépendance (qui
regroupait le Parti Travailliste de Sir Seewoosagur Ramgoolam,
l'Independent Forward Block de Sookdeo Bissoondoyal et le Comité
d'Action Musulman de Sir Abdool Razack Mohamed) au détriment
des partisans de "l'Association/Intégration"
avec la Grande-Bretagne, massés derrière Parti Mauricien
Social Démocrate de Gaëtan Duval
Toutefois, subsistent encore des récriminations - sans
doute séquelles d'un passé meurtri (l'esclavage,
le travail engagé, la domination) - et il reste à
s'attaquer à une perception tenace et entretenue selon
laquelle l'île Maurice ne doit son statut d'État
libre qu'au seul fait de l'adhésion d'une quelconque communauté
majoritaire. En fait, malgré le fait que 44% de la population
votèrent contre l'Indépendance, jamais élections
n'avaient autant démontré que le progrès
ici ne peut se faire sans la contribution de tous.
En dépit de ce qu'on a toujours voulu faire accroire, les
allégeances communautaires ou ethniques ne furent pas nettes
en 1967. Il fallait tordre le cou à des préjugés
et, une fois n'est pas coutume, pour la première fois,
notre page d'Histoire fait intervenir deux acteurs encore vivants
de l'événement qui est raconté. Le choix
est délibérément provocateur: Eliézer
François était un bouillant élément
créole passé du PMSD au Parti Travailliste pour
soutenir le camp de l'Indépendance, tandis que Jodun Poonith
était un jeune intellectuel hindou fraîchement émoulu
du Collège Royal de Port-Louis, qui se rangea du côté
de Gaëtan Duval. Il affirme avoir par conviction: l'Indépendance,
à ce moment-là, "n'était pas une
brillante idée". Nous publions leurs témoignages
plus loin.
Lorsque le 7 août 1967, les électeurs mauriciens
âgés de 21 ans (l'âge légal alors pour
voter) se rendent aux urnes, ils n'ont que deux possibilités:
voter pour l'Indépendance ou pour l'Association/Intégration
avec la Grande-Bretagne, ce deuxième choix étant
censé offrir une grande ouverture vers les pays du Marché
Commun européen. Mais, à la parfaite connaissance
des principaux dirigeants politiques locaux de l'époque
- tant ceux des travaillistes et de leurs alliés que de
l'opposition PMSD - , il y avait un grand bluff derrière
tout ce remue-ménage. À la Conférence constitutionnelle
de Lancaster House (Londres), les Anglais, enfin assurés
de nous avoir volé les Chagos, avaient fini de statuer:
qu'importent les résultats des élections, le parti
qui en sortirait vainqueur n'aurait d'autre choix que de demander
l'Indépendance, qui sera alors automatiquement accordée.
Duval, l'indépendantiste !
Gaëtan Duval, le chef de file des opposants, était
au courant de l'inéluctabilité de l'Indépendance.
Au psychiatre Cader Raman, incontournable confident de tous les
leaders d'opinions de l'époque, il avait confié
qu'il était profondément convaincu que "jamais
les Anglais ne voudront donner le statut de nation intégrée
(ou associée) à l'île Maurice", et
que "la priorité du PMSD était de remporter
les élections". Selon le Dr Raman, Duval lui avait
dit clairement que "si le PMSD gagnait, il demanderait
l'intégration/association, mais si, après huit mois,
les Anglais refusaient toujours, il (Gaëtan Duval)
allait déclarer l'Indépendance". La confidence
de Duval à Raman fut publiée dans un livre intitulé
Not a Paradise, I love you, Mauritius, quatre ans avant
le décès du leader du PMSD et celui-ci n'y apporta
jamais de démenti.
En réalité donc, le seul suspense demeurait de savoir
qui allait prendre les leviers de commande dans le pays après
l'Indépendance. Mais ces élections générales
de 1967 comportaient trois nouveautés: (i) Rodrigues, importante
dépendance habitée de Maurice, privée de
parole jusqu'alors, allait voter pour la première fois
(il y avait plus de 7 000 électeurs); (ii) tous les candidats
étaient contraints de décliner leur appartenance
ethnique pour les besoins de l'allocation des sièges correctifs;
et (iii) les agents électoraux obtenaient une reconnaissance
légale qui facilitait leurs mouvements dans l'enceinte
des bureaux de vote.
Une campagne sous forte tension
La campagne électorale fut menée sous forte tension
et de multiples incidents éclatèrent. Les deux principaux
camps les attribuèrent - à des desseins cyniques
- des connotations communales dangereuses. On fit usage pour la
première fois de la télévision, permettant
aux ténors des partis concurrents d'amener leurs messages
politiques dans les foyers et les centres sociaux. Les coups bas
ne se comptèrent plus, à l'exemple de Sir Seewoosagur
Ramgoolam rendant public, avec la complicité de Londres,
le rapport salarial Gardner-Brown pour le service civil, le 23
mars, avant d'annoncer, un mois plus tard, la tenue des élections
pour août, en période de coupe de la canne, donc
de plein-emploi ! En sus, le Parti de l'Indépendance annonça
l'octroi de l'éducation gratuite (qui ne vint toutefois
qu'en janvier
1977).
De son côté, face aux mesures électoralistes,
le PMSD, soutenu à fond la caisse par de gros intérêts
privés, dont l'industrie sucrière et ses barons
à l'instar de Claude Noël, avec pour responsable de
campagne à Quatre-Bornes Paul Rico de Chastegnier Dumée
(récemment décoré par l'actuel gouvernement),
ne fut pas en reste. En sus de l'appui de nombreux journaux influents,
dont Le Mauricien et Le Cernéen, le parti
de Gaëtan Duval contourna les limites imposées au
temps d'antenne en faisant intervenir une radio-pirate que les
autorités policières furent tout bonnement incapables
de localiser et qui émettait à partir d'un bateau
plaisance ancré au large du Morne. Le PMSD promit, entre
autres, la cogestion dans les entreprises et l'abaissement des
loyers des maisonnettes de la CHA
Les résultats de la course ne furent néanmoins pas
surprenants et conformes à la logique mathématique
électorale de l'époque. Déjà solidement
implanté dans les régions rurales depuis 1948 et
malgré un certain effritement de l'électorat travailliste
ouvrier dans les faubourgs urbains, Sir Seewoosagur Ramgoolam
eut la main heureuse de reconduire son alliance avec le CAM de
Sir Abdool Razack Mohamed, mais surtout en obtenant l'appui de
son rival mortel qu'était Sookdeo Bissoondoyal, leader
de l'influent Independent Forward Bloc.
La surprise travailliste au No 4
En fait, le Parti de l'Indépendance fit table rase dans
toutes les circonscriptions rurales (du No 5 au No 14) et la bataille
ne devait se jouer que dans deux circonscriptions marginales -
La Caverne/Phoenix et Vacoas/Floréal. Non seulement le
PMSD perdit effectivement ces deux circonscriptions, mais, contre
toutes les prévisions, aussi celle de Port-Louis Nord/Montagne
Longue (No 4). Alors qu'on prétendait les faubourgs de
Roche Bois, Ste Croix, Briquetterie et autres Cité La Cure
alignés sur le camp de Gaëtan Duval, le "King
Créole", ceux qui tablaient sur des réflexes
communaux de la part de leurs électeurs se retrouvèrent
le bec dans l'eau. Cette circonscription No 4, majoritairement
créole, choisit comme députés les indépendantistes
Mohabeer Foogooa (53,7% des voix), Raouf Bundhun (53,6%) et Raymond
Rault (53,2%), contre Jean Alex Rima (45,7%), Hamid Rossenkhan
(45,5%) et Narainduth Sookhoo (44,6%), tous du PMSD.
Les illustres perdants des élections de 1967 furent nombreux
dans les deux camps: Guy Forget, Régis Chaperon, Guy Balancy,
Willy Dupré, Micheal Leal (ces derniers malgré le
soutien journalistique de l'Express), les dissidents travaillistes
Maurice Curé et Edgar Millien, Tangavel Narrainen (un meneur
du PMSD), Sir Abdool Razack Mohamed, et, surtout, Jules Koenig.
Vieillissant et fatigué, Jules Koenig avait cédé
le leadership du PMSD à Gaëtan Duval. Kamikaze volontaire,
il avait choisi de quitter un siège assuré à
Beau Bassin/Petite Rivière pour essayer de jouer, auprès
de l'électorat musulman du No 15, sur sa popularité
d'homme de loi défenseur de la veuve et de l'orphelin afin
de récupérer cette circonscription marginale, où
il habitait, dans l'escarcelle de son parti. Son calcul se révéla
désastreux. Fier comme pas deux, il refusa d'entrer par
la fenêtre à l'Assemblée législative.
Contrairement à l'électorat musulman de Plaine Verte,
à plus de 50% en faveur de l'Association/Intégration,
au point de descendre le titanesque Sir Abdool Razack Mohamed
de son piédestal, celui de La Caverne/Phoenix se rallia
à l'Indépendance.
Une des analyses - parmi les plus pertinentes - faite du résultat
de la consultation populaire de 1967 est à mettre au compte
de Jean-Antoine Koenig, auteur de Jules Koenig, une vie pour
la justice, publié en 1992. "Les élections
de 1967 ne sont strictement pas comparables aux précédents.
L'enjeu de l'Indépendance avait introduit dans la problématique
un élément capital qui déborde le cadre des
partis, des idéologies, des personnalités. Ce facteur
explique en partie la faiblesse de l'élément créole
au Parti de l'Indépendance et la défaite de Jules
Koenig et d'autres leaders traditionnels, tels Guy Forget ou Razack
Mohamed. Il rend compte également du gonflement des voix
"bleues" dans une situation de bipolarité proche
du Référendum. Mais si, avec une réserve,
la remontée du Parti Mauricien demeure impressionnante
à partir de 1960, ce parti ne s'imposera jamais à
l'électorat. De même que le Gouvernement Responsable
et le suffrage universel, chevaux de bataille des travaillistes
dans les années 50, avaient été acquis en
1959, l'Association/Intégration ne pouvait pas gagner contre
l'Indépendance en 1967. Pourquoi, d'ailleurs, l'Association
l'aurait-elle emporté à une période où
le vent du changement (le fameux Wind of Change constaté
par nul autre que l'ancien Premier ministre Harold Macmillan)
balayait les anciennes places fortes coloniales en Afrique et
ailleurs ?", écrit Jean Antoine Koenig.
Le virage à 180° du PMSD
L'échec du PMSD était écrit sur les murs
malgré ses fonds de campagne astronomiques déversés
à l'américaine. Mais le fait demeure que Gaëtan
Duval fit des efforts colossaux pour transformer cette formation
d'un parti sectaire de résistance contre ce que Koenig
et les élites blanches, créoles et musulmanes craignaient
être une menace "d'hégémonie hindoue",
en un grand parti de minorités. Mais il faut également
entendre de toutes les minorités, y compris les castes
et sous-castes de la communauté hindoue. Effectivement,
après des bagarres raciales en 1965 à l'Escalier
et Trois Boutiques, Gaëtan Duval prit conscience que son
parti se devait de se soustraire de la mainmise qu'y exerçaient
les gros bourgeois, blancs en particulier. Et, surtout, de rompre
avec l'image anti-hindoue que lui avait forgée le fameux
Noël Marrier d'Unienville (NMU) et Koenig lui-même,
avec une malencontreuse réflexion qu'on avait attribué
à ce dernier dans son combat contre le suffrage universel.
Une sale plaisanterie à propos de "met razoir dan
lamé zaco!"
Dès 1965, Duval voulut donc rebaptiser le PMSD "Parti
National", lui faisant faire un virage à 180°
en recrutant nombre d'hindous. Duval remplaça, sincèrement,
un insultant slogan des élections de 1963 chez les bleus,
"Malbar nou pa oulé", par "Hindou, mon frère".
On ne peut pas dire que Gaëtan Duval n'a pas connu une certaine
réussite dans cette démarche, car pas moins de 25
candidats PMSD, sur 60, briguèrent les suffrages sous la
dénomination "Hindu". Furent-ils tous des traîtres
à leur "communauté" ?
Il faudra bien qu'un jour on réalise que les élections
générales de 1967 furent, avant tout, une bataille
idéologique (la soif de l'Indépendance et de l'émancipation
contre l'assurance
de jouir de la tutelle britannique) bien plus qu'une lutte des
communautés et des ethnies !
Eliézer François:
"Je voulais prouver à Duval que Moignac n'avait
aucune influence politique"
Eliézer François quitta le PMSD, dont il était
un conseiller municipal à Port-Louis, après avoir
été privé de tickets aux élections
générales de 1967 dans la circonscription de Port-Louis
Ouest/GRNO. Il se retrouva candidat travailliste pro-indépendance
à Beau Bassin/Petite Rivière aux côtés
de Hassenjee Edoo et Jean L'Homme.
En tant que conseiller municipal du PMSD, comment figurez-vous
sur la liste travailliste aux élections de 1967 ?
De prime abord, j'aimerais préciser que la politique a
été un accident dans ma vie. Quoique, comme Edith
Piaf, je pourrais dire: "Non, je ne regrette rien."
Car, malgré les ennuis, les mesquineries et les jalousies
que j'ai dû affronter durant toute cette carrière,
la politique m'a permis de servir tous mes concitoyens, surtout
ceux qui sont considérés comme les plus démunis,
les plus mal foutus, à commencer par les dockers, stevedores
et les autres travailleurs du Port. Jusqu'à présent,
je lutte à côté de tous ceux et celles qui
habitent les régions défavorisées comme Roche
Bois, Ste Croix, Cité La Cure, Tranquebar, Cassis, Barkly,
Camp Levieux, Petite Rivière, Rivière Noire, etc
En 1964, je fus élu conseiller municipal PMSD sans opposition.
À l'approche des élections générales
de 1967, malgré le fait que j'avais une bonne chance pour
être élu au No1 sous la bannière du PMSD,
Gaëtan Duval décida de se présenter avec Augustin
Moignac et Monaf Fakira comme colistiers. Suite à cet évincement,
ainsi qu'à d'autres intrigues, je décidai de démissionner
du PMSD et en même temps, cesser avec la politique.
Environ deux semaines plus tard, deux stevedores, Luc Ramsamy
et Paul Ahsing, vinrent me voir aux Salines pendant que je faisais
du volley-ball avec des jeunes de l'endroit. Ils me proposèrent
de venir réorganiser leur syndicat dans le port et d'accepter
de poser ma candidature avec le Parti travailliste au No1. Sans
même essayer de savoir s'ils étaient des émissaires
ou pas, cette proposition me tenta car elle pourrait me permettre
de prouver à Gaëtan Duval que j'étais mieux
côté que Moignac et Fakira au No1.
Cependant, lors de ma rencontre avec Sir Seewoosagur Ramgoolam,
en présence de ses ministres, au moment de l'investiture,
on me proposa à la place du No 1, le No 20 (Beau Bassin/Petite
Rivière) qui représentait un vrai tombeau pour les
candidats travaillistes. D'emblée, je refusai la proposition.
Mais, après avoir réfléchi pendant un moment,
j'acceptai d'aller au No 20, à la grande joie de Sir Seewoosagur
Ramgoolam et de tous ceux présents.
Pourquoi ai-je accepté d'être un candidat du Parti
travailliste? Premièrement, je pensais que si j'arrivais
à être élu député, je pourrais
mieux aider ces stevedores qui étaient venus me
voir, à réorganiser leur syndicat dans le port.
Deuxièmement, je voulais prouver à Duval que Moignac
n'avait aucune influence politique sur les dockers et stevedores
malgré que ces derniers fussent à 99,9% avec le
PMSD en 1967.
En tant que créole, vous sentiez-vous à l'aise
dans ce camp, malgré la tension communale qui existait
lors des élections ?
Je surprendrais beaucoup en disant que personnellement, je ne
me suis pas laissé dominer par l'idée de la tension
communale. De par ma profession comme enseignant, j'étais
condamné à uvrer pour l'apaisement de toute
tension communale. J'avais à enseigner à des jeunes
gens et des jeunes filles de 16-19 ans, en SC et HSC. Donc, cela
me permettait de me sentir à l'aise, quel que soit le camp
politique dans lequel je me trouvais. Le PMSD militait pour une
association avec la Grande-Bretagne. Beaucoup de créoles
avaient peur de l'indépendance et ils partaient pour s'établir
dans d'autres pays. Est-ce qu'ils avaient raison ? Personne ne
peut répondre par oui ou par non.
Néanmoins, je pense que maintenant que Maurice est une
République, chaque groupe ethnique a droit à une
part du gâteau national. Nos dirigeants doivent travailler
pour le bien-être de tous les Mauriciens, sans aucune distinction
de race, de classe, de communauté, de caste ou de religion.
Ce sera la seule façon pour nous tous, créoles,
hindous, musulmans, chinois, blancs, de vivre dans la paix et
l'harmonie. En bref, c'est le mauricianisme qui doit primer en
tout et pour tout.
Aux élections de 1967, Eliézer François sortit
quatrième, battu de 1 811 voix par le dernier élu
PMSD, Sham Panchoo. Mais il sera récupéré
comme député correctif. En 1973, il vote contre
l'Industrial Relations Act de SSR et retourne au PMSD dont
il devient le porte-drapeau aux élections générales
de 1976. Il devient ministre du Logement et chef du groupe PMSD
à l'Assemblée législative après la
défaite de Gaëtan Duval à Port-Louis Nord/Montagne
Longue. Mais, en 1981, suite à une scission au sein du
PMSD, il s'en éloigne définitivement. M. François
vit maintenant entre l'île Maurice et l'Australie. Il est
toujours actif sur le terrain politico-social.
Candidat PMSD au No 8
Jodun Poonith:"J'ai combattu l'Indépendance parce
que l'idée n'était pas attirante"
Lors des élections de 1967, Jodun Poonith (aujourd'hui
manager d'une compagnie) avait été candidat du PMSD
dans la circonscription No 8 (Moka/Quartier Militaire) avec pour
colistiers l'avocat Robert Rey et Harrydeo Ramchurn. Il avait
combattu l'Indépendance. Il affirme "n'avoir jamais
regretté cette prise de position".
Ancien élève du Collège Royal de Port-Louis,
M. Jodun Poonith avait tout juste 25 ans lorsque Gaëtan Duval,
qui tournait déjà à Grand-Gaube et Poudre
d'Or, avait remarqué sa verve lors d'une compétition
de débats entre jeunes.
"Gaëtan est venu vers moi à la fin de ce débat,
m'a serré la main et il m'a demandé si cela ne m'intéressait
pas de lui donner un coup de main. Je lui ai dit oui et ce pour
plusieurs raisons".
"On était jeunes et on avait tous des idées
sur le devenir de l'île Maurice. Toute la démagogie
communale qui avait cours alors n'avait pas d'importance pour
nous et, de toute façon, en ce qui concernait mes proches
et moi, on ne vivait pas avec ce genre de visières. Être
candidat à ces élections a été pour
moi une expérience exaltante qui a marqué ma vie
jusqu'à nos jours, en ce qu'il m'a permis d'être
confronté à la masse.
Le thème que nous défendions au PMSD était
difficile, à contre-courant de l'Histoire. J'étais
contre l'Indépendance. Déjà, à l'époque,
beaucoup de pays africains et asiatiques l'avaient acquise et
à voir ce qui s'y passait ne m'avait pas paru une idée
attirante. C'était la misère noire qui y régnait.
À l'opposé, l'Angleterre était encore puissante
et y être rattaché offrait un horizon très
vaste aux Mauriciens. D'ailleurs, bien de nos compatriotes qui
étaient déjà en Angleterre à l'époque
ont choisi d'y rester et d'autres ensuite sont partis les rejoindre
après l'Indépendance et sont devenus depuis très
prospères. C'est l'Histoire, on n'y peut rien".
Selon Jodun Poonith, "malgré tous les stéréotypes
qu'on propageait sur le semblant de divisions à l'époque
parmi la population voulant à faire accroire que l'Indépendance
et l'Association/Intégration auraient été
le choix de communautés précises, il n'en fut rien
dans les faits. Ce sont certains dirigeants qui ont fabriqué
cette idée de la division communale. J'ai été
candidat à Moka/Quartier Militaire et je jure que jamais
lors de la campagne, quelqu'un m'a adressé un mot déplacé
ou m'a traité de traître envers ma communauté.
Dire que telle ou telle communauté a été
pour ou contre l'Indépendance est une analyse réductrice.
Un jour, mes colistiers et moi, nous avions été
tenir une réunion avec les artisans sur la sucrerie Mon
Désert Alma. Ils étaient majoritairement créoles.
Ils nous ont dit: "Nou finn fini désidé pou
vot Travayis nou, selma nou pou ekout zot !"
Pour M. Poonith, "devenue indépendante, l'île
Maurice a connu le marasme économique après 1968.
Mais, ensuite, elle a eu la chance, vers la fin du règne
de Sir Seewoosagur Ramgoolam et entre 1983 et 1990, sous Anerood
Jugnauth, d'avoir su attirer les investisseurs sud-asiatiques,
particulièrement ceux qui fuyaient Hong-Kong. L'atout de
Maurice a aussi été également le taux d'alphabétisation
de sa population et la faculté de celle-ci d'avoir su évoluer
d'une économie axée uniquement sur la monoculture
de la canne vers l'industrialisation. Autrement, on ne sait pas
ce qui se serait passé".
Toujours selon M. Poonith, "après SSR, Jugnauth
et aussi Gaëtan Duval, le pays cherche encore un leader de
la même trempe pour avancer plus loin. Paul Bérenger
aurait pu en être un, mais il a un handicap
"
Aux élections de 1967, Jodun Poonith se classa en 6e position
avec 3 470 voix (26,4 %) sur un total de 13,131 votants. Mais
il faut dire qu'il avait eu pour adversaires trois ténors
nommés Veerasamy Ringadoo, Mahess Teeluck et Yousouf Mohamed.
En novembre prochain
Parution en GB d'un livre sur Amédée Maingard
Behind Enemy Lines with the SAS - The story of Amédée
Maingard, SOE Agent: c'est le titre d'un livre sur
Amédée Maingard écrit par Paul Mc Cue, qui
sera officiellement lancé par l'éditeur britannique
Pen and Sword, dans la première quinzaine de novembre 2007.
Des commandes peuvent d'ores et déjà être
placées à travers Amazon.
Le 5 août 2001 était dévoilé à
Port-Louis, à côté de Rogers House, un buste
d'Amédée Maingard, réputé pour sa
contribution au développement du tourisme, de l'hôtellerie
et de l'aviation à Maurice. Un homme qui fut également
connu pour le rôle joué lors de la Seconde Guerre
mondiale, tel qu'exposé notamment par l'auteur Paul Mc
Cue dans le livre intitulé SAS Operation Bulbasket.
Publié en 1997, ce livre avait pour principaux protagonistes
Amédée Maingard du SOE et John Tonkin des SAS (les
Commandos Britanniques). Leur rencontre eut lieu en France, le
matin du débarquement du 6 juin 1944. McCue disait notamment
dans ce livre, qu'en cours d'écriture, il avait réalisé
avoir découvert suffisamment de documents pour écrire
un livre sur Amédée Maingard en particulier.
C'est à partir de là, que trois Mauriciens proches
d'Amédée Maingard, nommément Jan Maingard
(son fils), Alain Antelme, et Louis René Dalais, ont fait
le nécessaire pour encourager et aider Paul McCue à
écrire ce livre. Après dix années de travail
et de coopération, Behind Enemy Lines with the SAS -
The story of Amédée Maingard, SOE Agent, est
donc prêt.
Si un lancement officiel est prévu à Maurice, en
présence de l'auteur, vers fin octobre-début novembre
2007, il est d'ores et déjà possible de commander
le livre de Amazon.fr ou de Amazon.uk, avec livraison à
partir du 15 novembre 2007. Quelque 300 exemplaires seront disponibles
à Maurice à partir du lancement officiel.
Diaspora Créole-Nancy Derougère,la
reine séga
Kasket Velour, le séga qui inaugure cet album, donne
tout simplement envie d'écouter Diaspora Créole
jusqu'au dernier titre. Comme le prouve le résultat,
Zotsa Music Production Ltd de Mario Justin n'a pas hésité
à déployer l'artillerie lourde pour cet album. Et
c'est donc sans risque que l'on peut avancer que ce cinquième
opus de l'égérie de Zotsa sera parmi les albums
qui marqueront l'année.
Avec Diaspora Créole, Nancy Derougère ne
fait que confirmer sa place sur la première marche du podium.
Reine du séga mauricien, elle jongle avec les styles en
apportant sa touche personnelle et affiche la forme au fur et
à mesure que défilent les 13 ségas (Olilae,
Kiltir dezil, Tou sa lamour, Mokit mo pei, Fi
) de Diaspora
Créole. Si Nancy V, medley phare de l'album,
reste particulièrement accrocheur par son dynamisme, on
aurait pourtant souhaité qu'il soit un séga à
part entière et non un assemblage de succès. Il
réunit Blakkayo, Monaster, Evoloziq, Double K, Ti Zom et
Nancy.
Parmi les autres auteurs qui ont contribué à cet
album, l'on retrouve Mario Justin, Sedley Assonne, Menwar, Alain
Auriant et Marcel Poinen. En ce qui concerne l'arrangement musical,
Mario Justin a abattu un travail méticuleux et particulièrement
riche en influences.
Au Laribluz, le 10 août -Musique, slam et peinture pour
"une bouffée d'air frais"
Trois mois après la mémorable soirée organisée
le 12 mai dernier, le pub curepipien Laribluz remet ça
en proposant, le vendredi 10 août, une nouvelle soirée
musique, slam et peinture. Ce dans le but d'apporter une "bouffée
d'air frais", tant aux artistes locaux qui ont trouvé
là un nouvel espace d'expression privilégié,
qu'au public qui peut y rencontrer, dans un lieu convivial, divers
animateurs de notre scène artistique.
Pour la soirée du 10 août, qui débutera à
22h, le programme prévoit une partie musicale qui sera
animée par pas moins de dix groupes et artistes, dans des
styles allant du rock au folk. On pourra ainsi y retrouver, ou
découvrir, L'Instant Pig, La Foule, Crossbreed, Gitans,
Blue Sky Tribe, Paco, Nicholas Larché, Lagasé, Arnaud
Décube et Jammers. Le slam fera aussi entendre sa voix
avec des artistes comme Daniella Bastien, Mordikiss et Djam'l.
Enfin, le volet peinture sera animé par le groupe Evazyon,
qui devrait être rejoint par d'autres invités.
L'entrée pour cette soirée est fixée à
Rs 100.
Le 12 août prochain-Concert en faveur de La Pointe Tamarin
L'association La Pointe Tamarin mène, depuis 2003, une
action très porteuse visant à amener le développement
de l'enfant à travers la créativité. Ce en
particulier pour contrer la fatalité de l'échec
au CPE. Aujourd'hui, ses divers ateliers accueillent quelque 250
enfants et jeunes de Tamarin et des alentours, et leur offrent
un espace d'expression et de création dont on a pu mesurer
la qualité lors de l'expo-bilan organisée à
la fin de juin dernier.
L'association a toutefois besoin d'assurer un budget de Rs 150
000 pour pouvoir continuer l'action de ses ateliers Art et Musique,
voire de son atelier Théâtre. Dans ce contexte, un
concert de levée de fonds est organisé dimanche
prochain, 12 août, sur le terrain de foot de Tamarin. Ce
concert, qui se déroulera de 13h à 18h, réunira
des artistes comme OSB, Negro Pou Lavi, Zot Sa, Ras Nininn, Ras
Poldo, Clarel Armel, Evolozik et Zanzak, un des initiateurs de
cette association.
L'entrée est fixée à Rs 100 et le public
est invité à venir nombreux soutenir cette initiative.
Apartés, Tome II-La parole de l'autre
C'est parce qu'ils ont le verbe chaleureux, haut, parfois secret,
parce qu'ils suscitent la curiosité en laissant se dérouler
leurs vies, qu'ils ont été écoutés.
Alain Gordon-Gentil, journaliste écrivain, qui publie un
livre d'entretiens (Apartés, Tome II, Pamplemousses
Productions) n'en doutait pas quand il a entrepris cette quête
de confidences, de réflexions de personnalités d'horizons
diverses. Et il a saisi cette parole.
Avant de lire le livre lancé samedi dernier Chez Tante
Athalie, en présence d'amis, dont le Premier ministre Navin
Ramgoolam, on entend Alain Gordon-Gentil habité par le
lieu et l'esprit de l'enfance. Il est ensuite saisi par ce qui
touche le plus dans le livre: le désir de connaître
l'autre et livre en passant sa conception du journalisme. "Je
ne me suis jamais engagé dans le journalisme pour autre
chose que cela. Le désir d'apprendre, de savoir qui est
l'autre, de rentrer dans l'intimité des vies. Être
journaliste, c'est d'abord pour moi être curieux. Si l'écriture
qui transmet cette curiosité touche le lecteur, elle apporte
un supplément d'âme et c'est cela de gagné
"
Au fil des pages d'Apartés, Tome II, on grappillera
des anecdotes, on découvrira l'engagement personnel de
diverses personnalités. Musiciens, scientifiques, comédiens,
personnalités politiques: ils livrent dans les interviews
une image de nos sociétés. Chacun essaie de dire
sa vérité, révèle parfois ses paradoxes.
Mais la parole tient bon. Les entretiens gardent la trace de paroles
fortes.
Les lecteurs curieux retrouveront dans leur journal habituel une
nouvelle série d'Apartés à partir
du mois prochain.
Disparitions de Serrault, Bergman, Antonioni
Cris et chuchotements
Un acteur polymorphe, qui savait passer du burlesque aux personnages
tourmentés avec un égal bonheur; le cinéaste
par excellence de la bourgeoisie italienne (dont il était
issu) qui a utilisé avec brio sa caméra pour partager
sa vision du monde et ses obsessions; et celui qui aura sondé
comme personne l'être humain et ses sublimes tragédies.
On pourrait ainsi résumer la carrière de ces trois
monstres sacrés qui viennent de nous quitter. La longévité
artistique de Michel Serrault, d'Ingmar Bergman et de Michelangelo
Antonioni et leurs riches filmographies se moquent bien évidemment
des raccourcis journalistiques. Chacun a apporté à
sa manière la part de rêve et de réflexion
que le cinéma laisse dans la mémoire et le cur
des hommes. Ces images que l'on garde au fond de soi parce qu'elles
nous émeuvent, nous font rire, nous poussent à nous
pencher sur nos faiblesses et nos incohérences, ces images
qui laissent des traces sur l'écran noir de nos nuits blanches,
elles sont là pour nous rappeler que si la vie n'est pas
un roman, le cinéma est aussi un art.
Alors, oui. Résumer la carrière de trois monstres
sacrés par des formules relève certainement de la
folie. Qu'elle soit en cage ou pour identifier une femme par une
sonate d'automne. On peut jouer avec les mots d'auteur et les
maux qui prennent de la hauteur par un mouvement de caméra,
mais on doit surtout laisser la parole aux images, à la
beauté, au silence.
Serrault, Bergman, Antonioni vont nous manquer. Dans le cinéma
qui se respecte et qui nous respecte, réalisme, rigueur
et rire n'ont pas de nationalité. Le talent n'a pas de
patrie. Il est dans le regard de Monsieur Arnaud, de Liv Ullmann,
de Monica Vitti
Michel Serrault-Talent fou sorti de sa cage
En plus de 50 ans de carrière à l'écran,
ce comédien venu du cabaret s'est imposé comme le
caméléon du cinéma français, tantôt
amuseur ou caustique, désabusé ou déjanté,
souvent déroutant, toujours juste.
Né le 24 janvier 1928 à Brunoy, dans l'Essonne,
le jeune Michel Serrault pense d'abord avoir une vocation de prêtre
mais renonce rapidement aux ordres. Après un passage éclair
au Séminaire, il se destine au théâtre. Refusé
au Conservatoire, il signe son premier contrat en 1946. Après
son service militaire, il bifurque vers le cabaret. C'est ainsi
qu'il rencontre en 1952 son compère et ami Jean Poiret.
Mais le grand tournant de sa carrière intervient le 1er
février 1973, à l'occasion de la création,
au théâtre du Palais royal à Paris, de La
cage aux folles. Cette pièce de Jean Poiret, qui va
connaître une carrière triomphale avant d'être
portée à l'écran, fera de Michel Serrault
une véritable star. Pendant plus de cinq ans, il jouera
le rôle d'Albin Mougeotte, alias Zaza Napoli, vedette d'une
boîte de nuit tenue par son compagnon Renato. Un rôle
qui lui vaut en 1979 le César de l'interprétation
masculine pour sa prestation dans l'adaptation de la pièce
à l'écran par Edouard Molinaro.
Jean-Pierre Mocky, avec lequel il collaborera à dix reprises,
lui offrira ensuite des rôles décalés et grinçants,
comme celui de Jérémie, étrangleur de femmes
dans L'Ibis rouge (1975). Michel Serrault est désormais
loin de ce comédien au physique anodin, contraint un temps
d'enchaîner les comédies alimentaires. Il joue un
banquier troublant (L'Argent des autres, de Christian de
Chalonge, 1978), un notable de province en smoking, accusé
de pédophilie (Garde à vue, de Claude Miller,
1981; nouveau César d'interprétation), un détective
obsessionnel (Mortelle Randonnée, de Claude Miller,
1983), un ministre de l'intérieur (Le Bon Plaisir,
de Francis Girod, 1984), un rentier ayant raté sa vie (Nelly
et Monsieur Arnaud, de Claude Sautet, 1995; troisième
César). Il ne faut pas oublier son rôle inoubliable
dans Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol
(1982), monstre qu'il gratifie de sautes de voix et sautillements
de jambes pour souligner son dérangement mental, et dans
Docteur Petiot de Christian de Chalonge (1990), tueur en
série qu'il interprète à la Mabuse, vampire
au regard halluciné, maquillage expressionniste, mouvements
saccadés de la tête et du buste.
Michel Serrault sait alterner les genres avec bonheur. Il le prouve
cette même année 1995 en signant un retour réussi
à la comédie dans Le Bonheur est dans le pré
d'Etienne Chatiliez. La nouvelle génération ne l'oublie
pas. Mathieu Kassovitz fait de lui un tueur professionnel dans
Assassin(s) (1997), tandis que Christian Carion le transforme
en vieux paysan bougon se laissant attendrir par Mathilde Seigner
dans Une Hirondelle a fait le printemps (2001).
Ingmar Bergman-Le regard du vertige
Ingmar Bergman, souvent acclamé comme un maître du
cinéma suédois, a réalisé au fil de
sa longue carrière plus de quarante films où, avec
une vision souvent tragique, il a sondé la complexité
des rapports entre hommes et femmes.
Né le 14 juillet 1918 à Uppsala, au nord de Stockholm,
fils de pasteur, il a été très marqué
par son éducation religieuse, sévère et austère.
Il fait ses études à l'université de Stockholm
et apprend la mise en scène au théâtre, en
montant avec une troupe étudiante des pièces de
Strindberg et Shakespeare. À partir de 1944, il mène
de front une double carrière théâtrale et
cinématographique. Il monte une cinquantaine de pièces
et écrit une dizaine de scénarios.
D'abord assistant réalisateur, Ingmar Bergman sort son
premier film, Crise, en 1945. En 1955, il connaît
son premier succès international avec Sourires d'une
nuit d'été, une comédie grinçante
qui, présentée l'année suivante au festival
de Cannes, sert de modèle à la "nouvelle vague"
française. Il commence à explorer les thèmes
qui fonderont l'essentiel de son uvre: l'angoisse de l'homme
face à la mort, l'amour, la solitude et l'"infinie
tristesse du monde sans Dieu".
Dans sa riche filmographie, on peut relever les films suivants:
Les Fraises sauvages (1957), Cris et chuchotements
(1972), Scènes de la vie conjugale (1974), Sonate
d'automne (1978). Force des gros plans, importance attachée
aux visages, soin accordé à la lumière par
son chef-opérateur de toujours, Sven Nyqvist (décédé
en 2006), utilisation des retours en arrière et fondus-enchaînés
deviennent la respiration des films bergmaniens. Son cinéma
est le plus souvent tragique.
En 1982, il tourne Fanny et Alexandre, une somptueuse uvre
testament sur son enfance et sa passion du spectacle, couronnée
par quatre Oscars.
Depuis la disparition de sa dernière femme, Ingrid von
Rosen, en 1995, Ingmar Bergman résidait seul une grande
partie de l'année sur l'île de Farö, en mer
Baltique, qui servit de décor à plusieurs de ses
films. Commandeur de la Légion d'honneur, membre de l'Académie
des lettres de Suède, dramaturge réputé,
Bergman a révélé les dessous de sa vie privée
et professionnelle dans ses livres, Laterna magica (1987),
Images (1993) et Enfants du dimanche (1994), adapté
au cinéma par son fils, Daniel. Marié cinq fois,
Ingmar Bergman a eu neuf enfants.
Michelangelo Antonioni-La fragilité des sentiments
Michelangelo Antonioni était le cinéaste de l'incommunicabilité,
du mal de vivre, de l'amour impossible. Il a su exprimer en profondeur
les inquiétudes et les angoisses contemporaines.
Il est né le 29 septembre 1912 à Ferrare d'une famille
bourgeoise. Il avait d'abord été critique de cinéma
dans une revue locale avant d'aller à Rome suivre les cours
du Centre expérimental du cinéma et de collaborer
à la revue Cinéma, considérés
comme des centres de résistance au fascisme. En 1942 à
Paris, il est l'assistant de Marcel Carné, qui tourne Les
visiteurs du soir, et devient ensuite le co-scénariste
de Le retour d'un pilote de Roberto Rossellini.
C'est en 1943 qu'il tourne son premier documentaire, Les gens
du Pô, film qui raconte la dure vie des pêcheurs
et des bateliers de ce fleuve et s'inscrit dans la veine du néo-réalisme.
Il réalise son premier long-métrage, Chronique
d'un amour, en 1950.
Son style s'affirme dans sa trilogie: L'Avventura en 1960,
La notte (La nuit, 1961) et L'eclisse (L'éclipse,
1962), interprétée par Monica Vitti, son actrice
fétiche, sa compagne et sa muse pendant une dizaine d'années.
L'Avventura est considéré comme la naissance
d'un cinéma introspectif. Antonioni a choisi de raconter
la difficulté des rapports humains et la fragilité
des sentiments. Il atteint la consécration avec Blow
up (1967), qui raconte l'histoire d'un photographe de mode
qui découvre sur ses clichés qu'il a été
témoin d'un assassinat à Londres.
Avec une vingtaine de films, il a connu la consécration
internationale: Lion d'or à la Biennale de Venise en 1964
pour Désert rouge, Palme d'or au festival de Cannes
en 1967 pour Blow up, Prix spécial du jury à
Cannes pour Identification d'une femme en 1982, Oscar à
Hollywood pour l'ensemble de sa carrière en 1995 et Lion
d'or pour sa carrière à Venise en 1997.
Le public se détournera pourtant peu à peu de ses
films, considérés comme difficiles d'accès
même s'ils sont parfaitement aboutis sur le plan esthétique.
À moitié paralysé par une attaque cérébrale
en 1985, Antonioni avait reçu l'hommage de tout le cinéma
italien lors d'une soirée à Rome pour ses 90 ans,
en septembre 2002.
Ces dernières années, très diminué
par la maladie, il s'était réfugié dans le
monde de la couleur, réalisant des collages et des mobiles
qui avaient été exposés à Rome en
octobre 2006.
Brèves
Nou Amizé, Séga Cassiya-Content lancé
à La Réunion
L'album Nou Amizé, Séga Cassiya-Content,
annoncé par les anciens membres du groupe Cassiya, a été
lancé à La Réunion en fin de semaine. Pour
l'occasion, Désiré François, Alain Ramanisum,
Gérard Louis, Bruno François et Alain Lafleur se
sont retrouvés à La Réunion pour assurer
la promotion de l'album. Celui-ci sera probablement dévoilé
aux Mauriciens le 15 août, au retour de Désiré
François de l'Australie où il doit se produire sur
scène.
Sandra Mayotte hospitalisée
La chanteuse Sandra Mayotte traverse une épreuve difficile
actuellement. Malade, l'interprète de Makalapo est
hospitalisée. Des complications liées à une
artère bouchée la retiennent loin de ses activités
artistiques. Cependant, son restaurant à Trou aux Biches,
le Boathouse, reste ouvert pour accueillir les gourmets
et des artistes qui animent chaque samedi des soirées musicales
et thématiques.
Le sucre:À faire fondre de plaisir !
Ne serait-ce que pour une petite fois, si on oubliait tous les
maux et les mauvais mots qu'on lui associe pour succomber à
sa douceur ? Après tout, il a bien de bons côtés,
le sucre ! Bon, c'est vrai, comme pour toute chose, son abus est
néfaste. Mais lorsqu'il est convenablement dosé,
allez, reconnaissons-le: le sucre, qu'il se décline en
cristaux ou en cubes, qu'il soit doré, blanc ou roux, met
goût et saveur en relief.
En cuisine, il joue avec la carte du contraste pour apporter subtilité
et caractère. En pâtisserie et dessert, où
il est indispensable, il affirme la texture, donne du croustillant
et agrémente le goût. Matière malléable
pour être sculptée et transformée, le sucre
ramène à l'enfance
C'est dans cet univers que Gilles Refloc'h, maître artisan
pâtissier, nous invite à faire une douce incursion.
Devant ses uvres imprégnées de féerie,
de magie et d'exotisme, l'on ne peut que
fondre. Il crée
des personnages et autres sujets colorés et attachants
pour les plus petits, mais il fait aussi rêver les plus
grands en reproduisant des éléments de la faune
et de la flore.
Pâte d'amande, chocolat, sucre
Ces matières
sont devenues la base de décor qui rehaussent la pâtisserie
signée Gilles Refloc'h. Ses pièces sont avant tout
un régal pour la vue. Dans le stand où il s'affaire
à la décoration de trois gâteaux, le professionnel
français, invité au Festival de Cannes
à
Sucre de l'Aventure du Sucre, met en exergue son savoir-faire
en pastillage tout en vantant les qualités du sucre mauricien.
Il est unique ! Et lorsqu'un produit est unique, tout est dit
!
Gilles Refloc'h, qui a créé son enseigne ("Pain
de sucre et Cacao"), transmet depuis des années la
technique du pastillage aux professionnels mauriciens. Et pour
ceux qui aiment bien jouer aux Chefs devant leurs fourneaux, l'invité
de l'Aventure du Sucre ne les encourage pas à appliquer
le sucre tiré ou sucre soufflé: technique consistant
à travailler le sucre sous une source de chaleur afin de
le modeler. Comme alternative à cette méthode un
peu compliquée, ils leur conseillent de travailler à
partir de la pâte d'amande, qui s'imprègne facilement
de couleur alimentaire, et en s'inspirant de livres de modelage.
Avec comme ingrédients clés la passion et la créativité,
il n'y a aucune raison pour que la réussite ne soit pas
au rendez-vous !
Les douze merveilles de Maurice
Le sucre mauricien se décline en douze variétés.
Demerara standard. De couleur or, il est idéal
pour la crème brûlée, sucrer le café,
les céréales et saupoudrer les gâteaux et
fruits.
Demerara sec. Transformé en forme de cube,
il convient aux entremets, laitages, boissons chaudes et viennoiseries.
Demerara fin. Brun doré, c'est un exhausteur
de goût qui sied à la pâtisserie.
Golden semoule. Prisé dans la pâtisserie
industrielle, il est conseillé pour sucrer les cocktails.
Granule café. D'un brun profond doré,
ce sucre se dissout lentement. Il trouve sa place dans le fameux
Irish coffee et relève en décoration.
Golden. Avec son arôme délicat, il
se retrouve en confiserie et participe à la chaptalisation
du vin.
Muscado brun. Sucre mou aux grains fins et bruns,
il est idéal pour la confection des cookies, pain d'épices,
tartes
Sucre mélasse. Noir parce qu'il contient
un maximum de mélasse, ce sucre relève les toffees,
puddings et autres gâteaux aux fruits, voire chatinis et
achards. Il a des qualités nutritionnelles puisqu'il contient
fer, magnésium, potassium et calcium.
Brun foncé mou. Nouvelle variété
de couleur brune, il peut être utilisé dans une palette
de recettes: sauces aigres-douces, marinades
Brun clair mou. Sucre ambré à grains
très fins, il est indiqué pour des recettes exotiques:
banane flambée, salade de fruits
Muscovado clair. Avec un arôme doux, ce sucre
d'un brun pâle s'accorde parfaitement aux desserts gratinés.
Roux spécial. Gardant les éléments
naturels contenus dans le pur jus de canne, on le retrouve sur
des rayons diététiques.
Ananas rôti au beurre de cannelle et son sorbet à
la noix de coco
Recette figurant sur la carte du restaurant Le Fangourin, réalisée
par le chef Sanjay Dhawootallea et son aide Rajesh. Facile à
préparer, cette recette met en relief l'exotisme des fruits
qui la composent.
Ingrédients
5 rondelles d'ananas, 150 g de sucre blanc, 2 bâtons de
cannelle, 10 g de poudre de cannelle, 25 g de beurre, 17 ml de
jus d'ananas, une boule de glace au coco et 2-3 feuilles de menthe
pour la décoration.
Préparation
Aligner les rondelles d'ananas dans un moule. Saupoudrer de sucre
et de cannelle en poudre. Étaler des noisettes de beurre
sur les rondelles. Verser le jus d'ananas.
Puis, placer les bâtons de cannelle sur les fruits avant
d'enfourner à 180°c, pendant 15 à 20 minutes.
Retirer du moule et placer les fruits cuits dans le jus sur une
assiette. Servir avec la boule de glace et décorer avec
les feuilles de menthe.
Crème brûlée
Recette figurant sur la carte du restaurant Le Fangourin, réalisée
par le chef Sanjay Dhawootallea et son aide Rajesh. La vanille
peut être remplacée par la cannelle, l'élaïti,
ou l'anis étoilé.
Ingrédients
30 g de sucre blanc, 15 g de sucre demerara standard, 85 ml de
crème fraîche, 55 ml de lait, 2 jaunes d'ufs
et 1-2 c. à café d'essence de vanille.
Préparation
Dans un saladier, fouetter les jaunes d'ufs et le sucre
blanc jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Dans
un autre saladier, incorporer le lait et la crème fraîche.
Fouetter légèrement. Verser le mélange crème/lait
dans le premier saladier tout en remuant. Mettre, à l'aide
d'une louche, la crème dans un ramequin.
La crème doit être cuite au four au bain-marie. Pour
cela, placer le ramequin dans un plat contenant de l'eau. Enfourner
à 150°C pendant 20-25 minutes. Retirer. Garder au
réfrigérateur pendant 4-5 heures. Arroser la crème
de demerara.
Pour caraméliser le sucre, ceux disposant d'un petit chalumeau
peuvent procéder à l'aide de cet appareil pour cuisine.
Faute de chalumeau, passer rapidement au four (mode gril).
Astuce
Pour réussir un caramel, ajouter quelques gouttes de jus
de citron pressé, peu avant la fin de la cuisson.
Êtes-vous au parfum ?
Floral, boisé, cuir, fougère, Chypre, capiteux
ou ambré
Le parfum est un mélange subtil de
fragrances qui titille nos sens. Mis au point par des créateurs
inspirés (ces fameux "nez" qui savent mélanger
les essences), baptisés de noms évocateurs, souvent
griffés par les plus grands noms de la mode, les parfums
séduisent non seulement les femmes, mais aussi les hommes.
Irrésistible, gai, pétillant, frais, sexy, doux,
confortable, gourmand, sensuel ou mystérieux. Arme de séduction
pour certains, le parfum se décline sous divers caractères.
C'est ce qui le distingue et le personnalise. Toutefois, face
à la palette d'appellations - soie de parfum, eau de parfum,
eau de toilette, eau fraîche, etc. - disponible sur le marché,
il est souvent difficile à choisir.
En effet, le choix d'un parfum est un acte purement personnel
qui peut se faire selon plusieurs critères: peau, personnalité,
style, émotion
Selon une conseillère en parfumerie,
un parfum se choisit avant tout en fonction du type de peau et
de l'acidité de celle-ci.
Chaque peau a un pH et une salinité différents,
qui modifient les odeurs. "Un parfum qui sied à
la maman peut ne pas convenir à une jeune fille",
explique une des conseillères de vente. En effet, il faut
savoir qu'une fragrance est composée d'une certaine quantité
de parfum, d'alcool et d'eau. Selon le niveau de concentration
de ces trois composants, un parfum aura une appellation précise:
eau légère, eau de Cologne, eau de toilette ou eau
de parfum (environ 18% de taux de concentration).
Le parfum est constitué de trois notes principales, qui
caractérisent son odeur et font sa personnalité.
Pour que naisse un parfum, il faut en effet mêler plusieurs
dizaines d'essences, et choisir ce que les spécialistes
appellent une "note de tête" (l'odeur que l'on
perçoit tout de suite), une "note de cur"
(qui donne son caractère au parfum) et une "note de
fond", qui fixe le tout, évoquant le thème
du parfum.
Du mélange entre notes fruitées ou vertes, boisées,
fleuries ou animales, naîtra le parfum. Et c'est avec la
dernière note que l'on peut juger de sa tenue sur vous.
"Si après trente minutes, vous ne sentez plus le
parfum, cela peut signifier qu'il vous va bien", explique
une conseillère de vente. En effet, s'il met notre sens
olfactif en éveil, ce produit évanescent par excellence
doit avant tout convenir à notre peau et à notre
personnalité
À chacun son parfum
Les parfumeurs destinent souvent leurs produits à une catégorie
précise de personnes (à l'instar des femmes actives,
chics, sportives, impulsives, tendres
). Le floral est un
parfum qui utilise les senteurs de fleurs. Certaines sont légères,
comme la violette ou le muguet; d'autres capiteuses, comme la
tubéreuse et l'iris. Quant à la rose et au jasmin,
elles se situent entre les deux. Les parfums floraux font partie
d'une gamme très vaste et sont appropriés pour les
femmes féminines qui aiment la simplicité. Toutefois,
selon la composition florale, ils peuvent convenir aux femmes
qui aiment la sophistication.
Idéal pour les femmes espiègles et gourmandes ou
pour les femmes-enfants, le parfum fruité est une substance
aux notes sucrées, douces et fraîches. Il peut être
gourmand comme le chocolat, la fraise, la mangue (pour la gamme
exotique). Le Chypre ou le boisé est basé sur un
accord de mousse de chêne. Les effluves de ce parfum viennent
de la mousse de bois et rappellent la forêt. Ce type de
fragrance convient aux femmes de nature discrète, qui aiment
les fragrances subtiles et végétales.
Les eaux fraîches (hespéridées) sont basées
sur des odeurs d'agrumes (citron, orange, bergamote, cédrat)
ou de zestes (pamplemousse, mandarine). Ce type de parfum est
destiné aux femmes natures qui aiment les senteurs légères
et fraîches. Grâce à sa fraîcheur, il
est idéal en été.
L'oriental, approprié pour les femmes sensuelles ou sulfureuses
qui aiment créer le trouble dans leur entourage masculin,
est un parfum d'un accord chaud et voluptueux d'ambre, de vanille,
de cannelle ou même de bois. La gent masculine préfère
les notes aromatiques, assez légères, car elles
donnent une nouvelle interprétation de la séduction.
Pour trouver le parfum idéal, à moins d'un coup
de cur, il est conseillé d'essayer les parfums sur
des mouillettes (morceaux de papier) avant de faire son choix.
Lorsqu'une fragrance vous convient, essayez-le sur l'intérieur
de votre poignet. Cette zone chaude du corps (car bien irriguée)
permet au parfum de bien se développer. Des senteurs trop
fortes peuvent être source de migraines, voire de nausées,
aussi bien pour la personne qui les porte que pour son entourage.
Il est conseillé de toujours se parfumer en petites quantités.
Deux à trois vaporisations (derrière les oreilles
et dans le creux des seins - pour éveiller les sens d'autrui)
pour un parfum qu'on porte en soirée et trois à
quatre vaporisations d'eau de toilette (dans le cou et au creux
des coudes) suffisent pour un produit que l'on porte durant la
journée. Lorsqu'un parfum vous plaît vraiment, vous
pouvez le vaporiser entre le cou et le buste, pour pouvoir le
sentir toute la journée. Si, à la fin de la journée,
vous éprouvez encore du plaisir à sentir la fragrance,
c'est que vous avez trouvé le parfum qu'il vous faut !
Quelques astuces
- Avant de fixer votre choix, testez-en quelques-uns. Mais ne
vous précipitez pas sur plusieurs flacons. Testez-les,
les uns après les autres, car votre nez va être rapidement
saturé et vous risquez d'avoir mal à la tête.
- Ne vaporisez pas le parfum dans l'air, devant vous. L'air, chargé
en molécules odoriférantes, fera que vous ne sentirez
rien.
- N'essayez pas le parfum sur la peau d'une autre personne. Chaque
peau a un pH et une salinité différents, qui modifient
les odeurs.
- Essayez les parfums sur des mouillettes et s'il vous convient,
essayez-les sur l'intérieur de votre poignet, une zone
chaude du corps, qui permet au parfum de bien se développer.
Fragments de fragrances
Ambré. Sous cette dénomination, quelquefois
appelés "orientaux", sont groupés les
parfums ayant des notes douces, poudrées, vanillées.
Capiteux. Se dit d'une odeur, d'une composition, d'un parfum
qui produit une surexcitation des sens.
Cuir. Qualificatif d'un type d'odeur, des notes sèches,
très sèches parfois, essayant de reproduire l'odeur
caractéristique du cuir (fumées, bois brûlé,
bouleau, tabac ) et des notes de tête ayant des inflexions
florales.
Fougère. Cette dominante de fantaisie comprend un
accord généralement réalisé avec des
notes lavandées, boisées, mousse de chêne,
coumarine, bergamote
Hespéridées. On entend par "hespéridées"
les huiles essentielles obtenues par expression du zeste des fruits
tels que bergamote, citron, orange, mandarine
. associés
aux produits de l'oranger. C'est dans ce groupe que l'on trouve
les premières "Eau de Cologne" utilisées
par les hommes et les femmes.
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