m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 5 août 2007



Randonnée - Séductions et solitudes du Sud
Ekspoz nou drwa - Liberté d'expression: L'art pour la défendre
De la Louisiane à Maurice - Terrance Simien, Eric Triton: Des voix qui résonnent encore plus loin
Spectacle Humour 2007 - La vérité sorti dépi labous bann artis
Au VIP Club, le 28 juillet - Rendez-vous réussi de David Vendetta
L'espace swahili, l'océan Indien - Une littérature carrefour
Le Brain Training, un phénomène grandissant
Sivaji–The Boss
Au VIP Club, le 28 juillet - Rendez-vous réussi de David Vendetta
L'espace swahili, l'océan Indien - Une littérature carrefour
Daniella Résidu - En solo avec Sokola
Les élections de 1967 - Plus une bataille idéologique qu'une lutte des ethnies
Eliézer François: - "Je voulais prouver à Duval que Moignac n'avait aucune influence politique"
Candidat PMSD au No 8 - Jodun Poonith:"J'ai combattu l'Indépendance parce que l'idée n'était pas attirante"
En novembre prochain - Parution en GB d'un livre sur Amédée Maingard
Disparitions de Serrault, Bergman, Antonioni - Cris et chuchotements
Brèves
Le sucre:À faire fondre de plaisir !
Êtes-vous au parfum ?


Randonnée

Séductions et solitudes du Sud

Chaque dimanche, Patrick Anodin et son groupe de randonneurs sillonnent les quatre coins de l'île Maurice à la découverte de sites attrayants, pratiquement inaccessibles par les moyens de locomotion et praticables à pied. Ayant préalablement établi le parcours pour toute l'année, le responsable de Pat Loisirs a proposé pour le dimanche 22 juillet l'exploration de la région de Bénarès à Gris-Gris, le long des côtes où une mer crémeuse et des falaises sculptées ou déchiquetées font partie des paysages de grande solitude de cette petite partie du Sud.

Il est 10h. Trois autobus déposent les randonneurs, venus en grand nombre (200 environ), devant les ruines de la sucrerie de Bénarès dont la cheminée se dresse dans un ciel uniformément bleu. Des tuyaux rouillés, d'énormes rochers excavés font partie de ce tableau mélancolique qui représente la fin d'une époque. Pour nous, c'est le point de départ d'un parcours d'environ 18 km qui passe par Bel Air et Rivière des Anguilles, pour finir à Gris-Gris.

Le village de Bénarès, qui se situe entre Savannah et Souillac, offre, à notre arrivée, une tranquillité rare et une sereine beauté. En face de nous, un vaste champ de cannes aboutit aux pieds d'une chaîne de montagnes. Alors que deux vigiles en uniforme nous scrutent curieusement, un sentier nous invite à nous enliser dans une aventure encore inconnue.

En bordure du sentier, sommeillent des maisons vieilles d'un siècle, appartenant à l'établissement sucrier et où résidaient les employés de la propriété. La fermeture de la sucrerie et la démolition du Château de Bénarès ont dirigé une importante proportion de la population du village vers Britannia et d'autres localités du sud.

Le flot humain s'empresse déjà. En famille, en groupes d'amis ou en solitaire, les randonneurs ne redoutent pas l'aventure. Pour égayer le trajet, certains se laissent accompagner par des musiques en polyphonie. Dans ce champ de cannes, un écriteau indique le sentier accédant à la plage de Bénarès. Il fait froid. C'est la période de l'année où la fraîcheur de la nuit dure toute la matinée. L'odeur marine pénètre déjà nos poumons. Entre-temps, nous suivons un sentier serpentant un champ de bananiers qui cache à certains endroits des petits cours d'eau. Arbres fruitiers, nonis, bibasses, filaos, se partagent ce paysage verdoyant qui est à peine plus élevé que le niveau de la mer.

Dans ce petit coin wild du littoral sud où la pêche ou le sport nautique demeurent inexistants, la mer est souvent houleuse et la baignade pas recommandée. La plage de Bénarès, que nous découvrons derrière un rideau de feuillage, est toute bruissante de vagues. Celles-ci savent adopter toutes les nuances de bleu et s'échouent, écumantes, dans de nombreux bassins ou sur la plage rocheuse qui ne laisse au sable que des espaces parcimonieux. La vue est magnifique et le bruit majestueux.

Entre la mer et les bois où tout pousse spontanément dans un désordre exubérant, court une plaine couverte d'un tapis de gazon tondu ras. De-ci, de-là, on entrevoit les nombreux nids suspendus à des vacoas ou "arbres des voyageurs", qui y poussent à profusion. Le manteau végétal est aussi parsemé de cocotiers, de filaos et de "pomme zaco", que certains randonneurs n'hésitent pas à cueillir.

La halte est nécessaire pour contempler les falaises qui jonchent les côtes et qui sont magnifiquement façonnées par le vent et les vagues. Le bleu de la mer où se mettent par endroits des roches échancrées, habille le ciel pur. Une vague repoussant une autre vient lécher les rochers. Au bord, virevolte librement et gaiement un gros cateau vert.

Dans ce décor agréable, la plaine et les hauts talus sont brisés en deux par la rivière Dragon. Un amoncellement de rochers où l'eau se fraie un chemin, aide à entamer la traversée. Cette partie du parcours exige de l'équilibre. Prenant place au pied de la falaise, les promeneurs se livrent au grignotage. Il est 11h20. Il reste encore environ 4 heures de marche. Un minuscule sentier grimpe le long d'une pente. Des randonneurs aux bras nus musculeux aident d'autres à l'escalader pendant que certains s'agrippent à de petites plantes.

Aussitôt le sommet atteint, on se jette sur l'herbe pour admirer de nouveau ce site de grande beauté dont la nature nous a gratifiés le temps d'une promenade. On est très vite frappé par un magnifique spectacle. En effet, sur un fond de plaine verdoyante, d'une mer toute bleue et d'une rivière ponctuée de rochers, les promeneurs habillés de diverses couleurs constituent un tableau impressionnant.

L'ancien établissement sucrier de Bel Air n'est pas loin. Les nuages sont chassés par le vent et, très vite, la chaleur de midi nous épuise. La cueillette d'un fruit est toujours un prétexte pour faire un arrêt et souffler un peu. Bientôt, l'un des vigiles qu'on a aperçus à Bénarès et qui a, bien évidemment, emprunté un autre itinéraire, s'amène à moto. Il veut nous indiquer le chemin. Progressivement, nous pénétrons un endroit paradisiaque parsemé de bassins limpides et poissonneux. Si certains sont couverts de fleurs de lotus, d'autres abritent des "berris rouges".

En nous dirigeant vers Rivière des Anguilles, on ne manquera pas de s'arrêter un instant devant la splendeur d'une nature admirablement préservée. L'infatigable Patrick Anodin nous indique un talus à escalader pour accéder aux lodges d'Andréa - une dizaine de petits pavillons. Surplombant les falaises, les lodges qui portent des noms de poissons et qui comprennent une chambre et une salle de bains, ont été conçus par Union Tourisme, du groupe Union, qui possède et qui gère, entre autres, l'hôtel Preskil. Une allée de coraux nous invite à la visite du restaurant qui s'ouvre sur une vue panoramique. Au pied de cette falaise, viennent s'échouer des vagues bruissantes et écumantes.

Le ciel a revêtu son manteau gris. On est à environ 5 km de la plage de Gris-Gris. Patrick Anodin, la cinquantaine, qui prépare ses sorties en fonction de la saison et du temps, explique que ce parcours est un des plus faciles. Les plus durs sont ce qu'il appelle les excursions, adaptées à des personnes ayant le courage d'entreprendre des longues marches et bénéficiant d'une bonne condition physique. Patrick Anodin pratique la randonnée depuis 1986 et a fondé Pat Loisirs en 2002. Il explique: "Dans les excursions, les escalades et les descentes sont bien plus difficiles. Quant aux expéditions, qui comptent en moyenne 8 à 9 heures de marche, on va à l'extrême limite de nos forces. Et il est nécessaire pour l'équipe de Pat Loisirs, qui est constituée d'une dizaine de membres, d'être munie d'une trousse de secours et d'une civière".

La mer et un vaste champ de cannes qui s'étend jusqu'à l'usine sucrière de St-Aubin sont ceinturés par un sentier abrupt et zigzagant, imprimé de traces de roues de tracteurs. Il est déjà 3h15 et un ciel lavé ne tarde pas à réapparaître. Diverses cultures, dont la pistache, quadrillent le paysage.

Ici, on peut ressentir l'âme de ces solitaires bovins et volailles qui exhalent une odeur capiteuse. On ne quittera pas la région sans explorer la fameuse "Roche qui pleure". Des rouleaux de vagues et des explosions d'écumes irriguent les gens qui s'aventurent trop près.

Nous nous éloignons de toutes ces images spectaculaires qui ourlent le littoral et réalisons la ferveur que les touristes et les randonneurs témoignent à cette région. De la détente et de l'air pur. Nous avons vraiment été bien servis…


Ekspoz nou drwa

Liberté d'expression: L'art pour la défendre

Dans une société où les artistes s'autocensurent et où les intérêts financiers prennent le dessus sur la notion d'indépendance, on gagne à augmenter la liberté de communiquer par tous les moyens - le droit de communiquer pour le plus grand nombre. C'est ce constat qui sous-tend l'action des artistes engagés actuellement dans une réflexion sur la réalité du droit à la liberté d'expression à Maurice. Dans ce contexte où la censure d'opinion, étatique, est remplacée par la censure sociale ou l'autocensure (c'est aussi l'avis des organisateurs de l'exposition Ekspoz nou drwa, à la galerie IBL), il est temps que l'art s'engage. Shakti Callikan, animatrice de l'association Right Now !, sert de moteur à cette manifestation. Elle adopte un profil de rassembleur et entraîne derrière elle des artistes "indépendants" et leurs idées.

C'est sur fond d'Histoire de la liberté d'expression à Maurice que se tient l'exposition Ekspoz nou drwa. Elle souligne le caractère fragile de cette liberté. Nombre d'événements depuis 1970 jusqu'à 2007 en témoignent: la censure de la presse; le bureau du journal Le Mauricien dynamité en 1971; la fermeture du journal Le Militant; l'interdiction de Li, pièce de théâtre de Dev Virahsawmy en 1977; ou plus récemment l'affaire du maillot de bain de Mme Toorab (2007).

Cinéastes, sculpteurs, peintres, dessinateurs, bédéistes, graphistes, caricaturistes, caractérisés par une grande liberté de ton, semblent dire que le contexte mauricien n'est pas propice à la liberté d'expression. Les tabous, non-dits, les nouvelles formes de censure, reviennent se profiler dans leurs œuvres.

La problématique est plus évidente dans le cinéma, nous confie Stéphane Bellerose, jeune cinéaste mauricien. "On n'arrive pas à traiter dans nos films les problèmes universaux tels le Sida, le critère ethnique transgressant tout", dit-il. L'artiste est à l'image de la société dans laquelle il vit. Il s'impose des restrictions, ajoute Stéphane. "Il est impossible de parler de liberté alors que l'espace est de plus en plus restreint avec divers projets. La priorité n'est plus le droit du citoyen mais l'économie."

Le cinéaste présente deux petits films: le premier, sans titre, de 2m30 avec Thierry Françoise, traite d'un personnage qui se débat avec sa conscience pour savoir s'il doit amuser la galerie et prendre le fric ou dire la vérité. Le deuxième, un mini-documentaire, Smile you are on camera, lance le débat sur la caméra de surveillance. Stéphane Bellerose trouve qu'à Maurice, on pratique beaucoup l'autocensure (même dans la presse, avec la présence des sponsors et des mécènes). Pour résumer la situation actuelle, il déclare: "On a parlé du droit d'être libre derrière un masque". Le cinéaste aurait souhaité un débat.

Sohan Lalldharee évoque, lui, ce qu'il appelle la relation paradoxale entre loi et liberté (pouvoir d'agir à sa guise dans les limites légales). Ce jeune graphiste et slammeur présente dans son travail (Oxymore) des affiches désormais dans le paysage culturel mauricien mais en contradiction avec leur support.

Firoz Ghanty, dans It is murder, livre une réflexion sur ces notions de liberté d'expression, d'unité nationale, qui relèvent, selon lui, du politiquement correct et du marketing et sont reprises par des éléments bourgeois.

Laval Ng, bédéiste, trouve que c'est une liberté de pouvoir s'exprimer parce que ça libère les pensées. Mais il parle de l'autocensure apparente dans son dessin, Rêve. Il fait la distinction entre créer librement et présenter une œuvre devant un public avec les contraintes que cela comporte.

On pourrait citer aussi Nirmal Hurry, sculpteur, qui parle aussi d'autocensure par peur de représailles, du mal vu ou du qu'en dira-t-on ? Il évoque certaines interrogations d'artistes: "Ki mo pou gagné apré, travay pas pou vandé".

Shakti Callikan rejoint la majorité des artistes qui exposent actuellement sur le changement de la nature de la censure à Maurice. L'impact des différentes initiatives de la jeune association n'est pas à court terme, dit-elle. Il faut continuer à agir.


De la Louisiane à Maurice

Terrance Simien, Eric Triton: Des voix qui résonnent encore plus loin

Musicien et chanteur, Terrance Simien et son groupe the zydeco ont démontré cette semaine leur capacité de se nourrir de la réalité mauricienne et des artistes qui habitent le pays. Simien a revigoré ses racines créoles dans sa rencontre avec José Thérèse, les élèves du Conservatoire François Mitterrand et d'autres étudiants en atelier de travail ou jam sessions. Chansons originales, traditionnelles, blues… Une musique ethnique qui a pris toute sa dimension en concert.

Nous avons rencontré l'artiste avant sa performance sur scène.

Poignée de main vigoureuse, sourire chaleureux, le musicien américain Terrance Simien lâche ses propos convaincus: "Ma musique vient de mes entrailles. Une musique au contact de diverses influences qui a fait avancer ma carrière et revigoré la culture des créoles de la Louisiane, ancienne de 300 ans". Terrance Simien nous parle de ses contacts et interprétations: de Bob Dylan à Randy Newman. Maintenant, il embrasse ses racines et transmet aux autres. Par sa voix et celle de son accordéon, il définit l'essence du gospel, du jazz, du reggae, représentations d'une certaine forme de musique.

La démarche est radicale et le contenu intense: des chants délirants dans lesquels il raconte son expérience. Des chansons le mettant en parallèle avec l'histoire du peuple créole.

Jeudi dernier, la scène du Conservatoire François Mitterrand s'est transformée en plateforme de rencontres entre artistes. Simien est accompagné de ses cinq musiciens. Il arbore le "rubboard", un instrument inventé pour le groupe zydeco. Avec les musiciens mauriciens, dont José Thérèse et les élèves de l'Atelier Moz'ar, ils figurent une musique spontanée et jubilent dans des jam sesssions.

La rencontre avec José Thérèse sur des accents de reggae est particulièrement intense. Les musiciens célèbrent les traditions et se font les chantres de l'interculturalité. Il faut replacer l'environnement social et culturel de ces improvisations pour les décrypter. Des musiciens mauriciens, Terrance Simien se dit "très impressionné par le niveau de leur musique".

Des rythmes du blues américain, Terrance Simien & the zydeco a exploré un vaste répertoire de chansons originales, traditionnelles et populaires. Après avoir rendu son art accessible à un plus grand nombre dans des concerts gratuits à Maurice, Simien et son groupe renouvellent l'expérience ce soir au Podium de Malabar à Rodrigues, avant de mettre cap sur les Seychelles.


Spectacle Humour 2007

La vérité sorti dépi labous bann artis

Onze ans après le premier spectacle d'humour organisé par Immedia, le succès est toujours au rendez-vous. Plus d'une quinzaine d'humoristes mauriciens ont débarqué sur la scène de l'auditorium Octave Wiehé vendredi soir pour un show brillant. Débordants d'énergie, ils ont brossé un portrait moderne et incisif de notre société.

Le nouveau spectacle Humour 2007 est arrivé ! Époustouflant ! L'équipe s'est renouvelée et a revisité son répertoire en fonction de l'air du temps. Imitateurs, humoristes et comédiens ne manquent pas de zèle, tant par leur présence sur scène que par l'angle d'attaque de leurs sketchs, gags et imitations, qui permettent d'aller sans risques à la rencontre d'un public. Un public qui se reconnaît dans une soirée de franche rigolade et qui sait rire de lui-même dans un spectacle miroir.

Dans ce grand show où se côtoient zougader, étudiantes en délire, homosexuel, personnalités politiques, famille mauricienne d'aujourd'hui, flic corrompu, on reconnaît ces artistes audacieux qui décrivent notre société (toutes communautés confondues) avec un humour dévastateur !

Il y a les hommes orchestres qui animent la scène à eux seuls, à l'instar de Sanjeev Moheeput. Il n'a pas son pareil pour conter les zistwar de chez nous autour de thèmes variés: problem dan biro, problem dan lakaz, britalité polisyèr

Il y a aussi l'infatigable Sam Ammigan dans une palette d'imitations inédites. Il nous avait déjà confié son admiration pour l'art oratoire des politiciens. On le voit sur scène parodiant trois personnalités politiques rompues aux ambiances du 1er mai. L'imitateur glisse facilement dans la peau de ses personnages pour parodier des discours sur le développement économique, les promesses des politiciens, les figures charismatiques ou usées par la politique. Personne n'échappe à sa vision et son humour ravageurs.

Le couple Mamie Clown et Ton Simon (Romenço Juste et Denis Félicité) fonctionne à merveille dans Ena problem pena problem. Dans un zapping époustouflant, Thierry Françoise revisite Like a virgin, tout en gestuel et mimiques. Le tout saupoudré de sous-entendus. Thierry Françoise, artiste évoluant dans un style proche des one-man show américains, mime et chante avec un égal bonheur.

Que dire de la jeune scène féminine ? Wendy Picon, Drishty Lachhman sont des talents prometteurs. Impertinentes, pleines de fraîcheur, elles se lancent dans des numéros très pimentés. Un des temps forts du spectacle est sans doute le sketch Fami zordi. Miroir de notre société et condensé de maux qui la rongent et de problèmes au quotidien: "prostitution éducation", vie à crédit, problem feray, problem dilé, fees lexamin. Gérard Ratinon, Magali D'Avrincourt, Jean-François Louis, entre autres, valsent entre les accents, les tics, les langues… avec un ton caustique, un rien de cynisme et pas mal de finesse.

Yousouf Elahee aime jouer les séducteurs dans des rôles de profs perdus (À poil !) ou de fonctionnaire de police en proie au gres lapat ek fer labous dou. Mais il sait renverser ses personnages habilement. Il se tord de douleur et le public de rire.

Berty Prosper, Stéphane Raynal, Goolam Malleck, Feisal Teeluck et Alberto Levantard virevoltent dans des sketchs traditionnels, sans jamais démériter.

Autodérision, émotion. Le spectacle Humour 2007 à plusieurs voix et plusieurs mains est le pamphlet de notre société. On rit, on réfléchit peut-être. Riyé zamé pa pou fini dan sa péi la…


Au VIP Club, le 28 juillet

Rendez-vous réussi de David Vendetta

Il l'avait promis. Il a tenu sa promesse. David Vendetta était au Rendez-vous, le 28 juillet, au VIP Club, pour une soirée d'enfer. Le DJ international s'est défoncé pour ses fans mauriciens, amoureux de musique electro in da house.

C'est sous les détonations de feux d'artifices, grandioses et spectaculaires, que le public, venu en grand nombre (plus de cinq mille billets vendus) et installé sur la plaine du VIP Club, a accueilli le pro de l'electro-house. L'auteur de Unidos para la musica, Break 4 love, Love to love you baby, entre autres, a animé cette soirée avec du bon son "vendettien". Dans une grande simplicité, avec une parfaite maîtrise des platines et de son public, le roi de l'electro a animé cette grande soirée au son de rythmes électroniques, sa spécialité, avec une impressionnante logistique de jeux de lumière, mise en place par les organisateurs, le VIP Club et Green Dot Events, qui n'ont pas lésiné sur les moyens pour offrir aux fans une soirée mémorable.

L'as des platines, entouré des danseuses locaux, se déhanchant au rythme exotique de ses notes électriques, a assuré une soirée d'enfer pour les clubbers. Nos DJ locaux - David Jay, Giovanni Paul, DJ Lebo et DJ Martino (DJ Mauricien résidant en France depuis une dizaine d'années et de retour à Maurice pour l'événement) n'ont pas pour autant démérité. Dès le début de la soirée, ils ont chauffé à blanc le public, avant que le roi de l'electro ne prenne ensuite le relais vers 1h pour enflammer les pistes du Kart Loisir. Le public s'est défoulé jusqu'aux petites heures du matin dans une ambiance bon enfant…

Toutefois, quelques incidents, dont le feu (sans conséquence) causé par les feux d'artifices, ont marqué cette soirée. Un policier en civil, qui assistait au concert de David Vendetta en compagnie de sa petite amie, a porté plainte contre des membres de la sécurité, qui l'aurait passé à tabac.

"Je reviens en janvier 2008 !"

Pour David Vendetta, cette soirée a été une belle réussite et il a hâte de revenir mixer pour ses fans mauriciens. "Je n'ai jamais vu un peuple aussi accueillant et gentil. Ma venue à Maurice restera pour longtemps gravée dans mon cœur. La soirée était exceptionnelle. Tout ce qui m'importait était de ne pas décevoir ce public qui attendait beaucoup de moi et que je rencontrais pour la première fois. L'organisation de l'événement par Green Dot était parfaite du début à la fin.

Il est prévu que je revienne mixer sur votre Île en janvier 2008 et ce sera avec grand plaisir, car j'ai vraiment eu du mal à vous quitter", nous a-t-il précisé.


L'espace swahili, l'océan Indien

Une littérature carrefour

L'espace swahili et Maurice ont en commun une littérature qui constitue un point de rencontre entre diverses influences. Xavier Garnier, professeur de littérature comparée à l'Université Paris 13 et spécialiste de littérature africaine, partage cette idée. Lors de sa récente visite à Maurice, il a évoqué ces rapprochements entre la vitalité de la littérature en langue swahilie, en Afrique orientale, et la littérature mauricienne. Son livre, Le roman swahili, avec comme sous-titre La notion de "littérature mineure" à l'épreuve (Paris, Khartala, 2006) est aussi une réflexion sur les "petites littératures" dans un contexte de globalisation. L'occasion de quelques découvertes et réévaluations. Rencontre avec l'auteur.

Dans les deux cas: Maurice et les îles et villes de l'espace swahili, il y a cette porte ouverte sur l'océan Indien et l'idée d'une littérature qui est un carrefour. Xavier Garnier précise que dans le cas swahili, cette littérature s'est synthétisée dans une seule langue (le swahili) alors que la littérature mauricienne se déploie en plusieurs langues.

La présence de l'océan, l'appel de l'ailleurs font que ces deux espaces pour l'imaginaire ne sont pas repliés sur eux-mêmes. Ils sont le point de rencontre de diverses influences, même si dans le cas du swahili, l'influence du continent est plus marquée.

Xavier Garnier parle du dynamisme de ces "petites littératures" dans un monde globalisé et mentionne Ananda Devi comme figure importante dans la création mondiale par son écriture singulière et un ton propre à elle. Mais il ajoute que sa connaissance de la littérature mauricienne n'est pas exhaustive.

Poursuivant sur la complicité des îles et leur vitalité littéraire, ce spécialiste de littérature africaine nous fait découvrir l'espace swahili et ouvre la porte à d'autres rapprochements avec Maurice. Quand on lui demande de définir le swahili, Garnier parle d'une bande côtière constituée d'îles et de villes de la côte est de l'Afrique, du Kenya, de la Tanzanie. La littérature en langue swahilie est marquée par une tradition poétique. Il y a ces poètes mythiques attachés à des îles: Mohamed Elburyi, Fumo Lyongo. Il y a aussi une littérature moderne avec l'époque coloniale. Elle s'est développée en langue swahilie (langue bantoue au niveau de la structure, avec des mots empruntés à d'autres langues). On note que cette langue s'est standardisée depuis la période coloniale. On pourrait la considérer comme une langue modernisée - langue qui s'est construite à la façon du créole, avec une évolution rapide.

Xavier Garnier poursuit sur le contexte et les formes littéraires et mentionne dans l'espace swahili une tradition ancienne manuscrite (entre l'oral et l'écrit). Depuis le début du 20e siècle, dit-il, on a basculé dans l'écrit avec le roman, le théâtre et la poésie. Les écrivains se font éditer sur place. Parmi ceux les plus importants, on note les romanciers Shaaban Robert, Euphrase Kezilahabi, Said Ahmed Mohamed, Shafi Adam Shafi et Mohamed Abdulla.

Shaaban Robert est un des fondateurs de la littérature swahilie moderne. Il s'agit d'un poète devenu romancier, mort en 1964. Mohamed Said Abdulla est connu pour ses romans policiers, très lus, qui se déroulent au Zanzibar. Il faut savoir que la littérature swahilie est caractérisée par cette veine du roman policier. Il y a aussi ces textes qui ont le souci constant du monde: romans de voyage, textes sociologiques ou utopistes, ouvrages de science-fiction. Pour ce qui est de la thématique, la littérature swahilie traite des questions suivantes: Comment vivre ensemble ? Comment organiser la société ? Depuis l'effondrement des utopies socialistes, on peut aussi mentionner les problèmes liés à la mondialisation.

En quoi le swahili est-il un espace pour l'imaginaire ? Xavier Garnier répond à cette question en évoquant la langue swahilie qui recueille un vocabulaire venu d'un peu partout. Il y a là une ouverture sur le monde, caractérisée par la présence de l'océan et l'appel vers l'ailleurs. La littérature en langue swahilie n'est pas repliée sur elle-même.

Concernant l'affirmation de l'identité, Garnier dit que ce n'est pas une préoccupation majeure des écrivains de l'espace concerné. Le problème de l'identité n'est abordé par ces derniers que pour se définir comme écrivains africains. Xavier Garnier conclut sur les "petites littératures" et la littérature monde, en parlant d'un changement d'étiquette pour la littérature francophone. Il faut, selon lui, attendre encore un peu pour une définition précise.


Extrait

Le territoire ouvert et édifiant de l'écriture

Dans ce conflit entre les forces de dispersion, qui multiplient les clivages entre partis, chapelles, classes, etc., et les forces unificatrices qui tendent à établir une solidarité entre les hommes pour une plus grande gloire de Dieu, les mots ont un rôle important à jouer. Shaaban Robert croit au pouvoir des mots. Il a souvent recours à l'image de l'arme à feu pour évoquer le langage. Les mots sont comme des balles qui peuvent atteindre leur cible et faire beaucoup de dégâts lorsqu'ils sont mal intentionnés et beaucoup de bien dans le cas contraire:

Les mots ont beaucoup de force, et ils peuvent être employés pour aider ou pour nuire, pour peiner ou pour réjouir, pour bénir ou pour maudire. Les mots peuvent faire beaucoup de dégâts et apporter beaucoup de tristesse, tandis que les mots bénéfiques peuvent faire le bien et apporter beaucoup de joie (Robert, 1971:59).

Les mots que Shaaban dispose ainsi sur papier de façon compulsive forment un tissu d'écritures autonomes. Shaaban écrit des poèmes, des articles, il fait des livres, et il a une conception très précise de son activité d'écrivain. Le territoire de l'écrit est pour lui totalement ouvert: "On dit qu'il n'y a pas de fin aux livres" (Robert, 1971:55).

Ce territoire de l'écrit est le terreau sur lequel doivent se former les jeunes générations… C'est par le contact de l'écrit que les hommes pourront sortir de leurs intérêts particuliers, prendre une distance par rapport à eux-mêmes et entrer dans le territoire des mots.

(Le roman swahili de Xavier Garnier)


Le Brain Training, un phénomène grandissant

Malgré ses fonctions exceptionnelles, le cerveau n'est pas sans faille. Pour préserver sa vitalité, pour ne pas dire sa jeunesse, il faut l'entraîner sinon… il décline !

Dans le vieillissement cérébral normal, les neurones ne meurent pas mais ils fonctionnent moins bien. On en arrive même parfois à avoir des trous de mémoire ou des problèmes de concentration, autant de phénomènes inquiétants. Le cerveau se comporte en fait comme un muscle: si l'on ne l'utilise que dans le cadre normal de nos activités quotidiennes, il stagne et il peut même décliner. En revanche, plus on le stimule, mieux il fonctionne.

Des entraînements spécifiques ont même été mis au point pour développer les principales capacités cérébrales et les résultats mesurés à ce stade montrent des augmentations de la capacité de mémorisation de plus de 25%. Non seulement ces entraînements donnent du tonus au cerveau mais ils permettraient d'éviter leur sclérose et le risque de maladies neurodégénératives.

L'un des premiers à mettre au point une vulgarisation du maintien - pour ne pas dire le développement - du cerveau est le Dr Kawashima, neuroscientifique japonais et éminent chercheur de la Brain Imaging Research. Il a développé avec le fabricant de consoles Nintendo DS un logiciel utilisable par tous, qui en a fait un programme simple et ludique.

Les programmes d'entraînement du Dr Kawashima

Plus de 10 millions de personnes du monde entier ont adopté le premier "Programme d'Entraînement Cérébral" du Dr Kawashima pour Nintendo DS, sorti en juin 2006.

Depuis quelques semaines, le Programme D'Entraînement Cérébral Avancé du Dr Kawashima est donc sur le marché. Il propose de nouveaux exercices et de nouvelles évaluations qui mettront au défi même les cerveaux les mieux entraînés ! Les jeunes comme les moins jeunes s'amuseront avec ces exercices qui testent la mémoire, les talents mathématiques et la perception du joueur. Vous n'aurez qu'à y consacrer quelques minutes par jour pour entraîner votre cerveau.

La compacité de la Nintendo DS vous permet de vous entraîner où vous voulez dès que vous avez un peu de temps. L'évaluation détermine la vitesse et la précision avec laquelle vous effectuez les tâches. Vous pourrez ainsi visualiser votre progression et la manière dont vous stimulez quotidiennement votre cerveau.

Le Programme D'entraînement Cérébral Avancé du Dr Kawashima est à la portée de tous. Le joueur devra tenir la console comme un livre et marquer ses réponses sur l'écran tactile à l'aide du stylet.

Tous les exercices sont basés sur des tâches simples mathématiques, cognitives et langagières. Une des activités vous propose de jouer au Jeu de mains (Caillou, papier, ciseaux), mais le truc est que, parfois, la réponse à donner est celle où vous perdez et non pas celle où vous gagnez. En Mémoire 5x5, vous devez tout simplement mémoriser la position des chiffres sur une grille. Les exercices Monnaie vous obligent à calculer le plus vite possible la monnaie à rendre après un achat.

Le Sudoku, le célèbre casse-tête numérique, est de retour. Trois niveaux de difficulté et plus de 100 grilles sont à votre disposition !

Vous pouvez jouer avec votre famille et vos amis. En jeu une carte, deux à seize personnes peuvent choisir parmi quatre exercices à effectuer à plusieurs.

L'objectif des deux programmes d'entraînement cérébral du Dr Kawashima (le simple et l'avancé) est donc la stimulation du cerveau. L'entraînement se déroule en deux temps: les exercices eux-mêmes, puis l'évaluation des résultats afin de déterminer "l'âge de votre cerveau". Au début, cela est carrément vexant lorsque la console vous annonce par exemple que votre cerveau a 70 ans alors que vous avez une trentaine d'années. Mais, au fil des jours, on progresse et on finit par atteindre l'âge idéal de 20 ans !

La Cérébrale Académie

Avec le Programme d'Entraînement Cérébral du Dr Kawashima, Nintendo avait poussé à découvrir l'âge de votre cerveau. Avec Cérébrale Académie, sorti aussi en 2006, l'un des titres Touchs Generation, la véritable question qui se pose est plutôt celle de la taille de votre cerveau ! Alors que l'entraînement cérébral repose sur une méthode scientifique et sérieuse d'exercices pour le cerveau visant à lui garder sa prime jeunesse, Cérébrale Académie est un recueil amusant de casse-tête, QCM et tests pour l'écran tactile, conçus pour faire transpirer vos neurones, si toutefois cela était possible !

Les activités destinées à remuer votre matière grise se divisent en cinq catégories: Logique, Mémoire, Analyse, Maths et Formes - toutes présentées par le mystérieux professeur Neurone monté sur obus, dans un style coloré très cartoon.

Mais ne vous laissez pas abuser par les jolis graphismes: les défis de Cérébrale Académie sont retors !

Dans chaque catégorie, vous retrouverez plusieurs manches d'agilité mentale, allant des simples additions aux puzzles à reconstituer, en passant par le décompte de cubes composant une structure 3D. Vous pouvez également relever le défi avec jusqu'à sept amis dans des batailles de cerveaux sans fil pour déterminer celui qui aura le plus gros, avec une seule carte DS à partager.

Nicole Kidman comme modèle

Célèbre pour ses rôles dans de nombreux films tels que The Hours et Moulin Rouge et lauréate d'un Oscar, l'actrice Nicole Kidman possède tout autant un cerveau brillant qu'un physique de rêve dans la campagne mondiale conçue pour le nouveau logiciel de développement personnel de Nintendo.

Dans la presse et sur les chaînes de télévision, Nicole Kidman gardera son cerveau en forme en découvrant le Programme d'Entraînement Cérébral Avancé du Dr Kawashima: quel âge a votre cerveau ? sorti sur Nintendo DS fin juin en Europe.

Comme plus de 10 millions de personnes, Nicole Kidman utilise l'Entraînement Cérébral dans sa vie de tous les jours. Elle a été choisie par Nintendo pour son immense popularité auprès d'un large public mais aussi pour son image de femme intelligente, pleine de vie et sincère.


Sivaji-The Boss

Film tamoul de Shankar

Avec Rajnikanth, Shriya, Vivek, Suman, Mani Vannan…

Sivaji -The Boss a fait un véritable tabac lors de sa sortie sur les écrans le 15 juin dernier au Maharashtra, au Gujerat, au Bengale et au Bihar. Réalisé au coût de Rs 820 millions, c'est le film le plus cher du cinéma indien, devançant même Devdas, qui avait coûté Rs 500 millions. Selon la critique, le film est un "mass film with a lot of masala and a message… a message against child labour, corruption and capitation fees. The film is a sensation. Never before, has a regional film scored this bag outside home territory".

Le film a pour décor un village de Chennai déboussolé par le chômage et la misère. C'est la lassitude de vivre dans un univers inhumain et sans espoir qui broie peu à peu les gens.

Shankar, cinéaste hanté par la culpabilité historique de sa terre natale, raconte l'histoire d'un homme en quête d'identité dans son propre pays. C'est aussi l'histoire d'une errance et d'un déracinement. Cette balade triste dans un labyrinthe de conspirations et de cauchemars d'un quotidien tissé de tensions et d'échecs sanglants a fait courir le public car le film est proche de la réalité.

Sivaji (Rajnikant) est un Non Resident Indian (NRI) très riche qui a passé plusieurs années à l'étranger. Il a amassé une immense fortune avoisinant Rs 2 milliards. Il fait son retour en Inde et décide d'investir dans la construction d'écoles et d'hôpitaux afin d'offrir des services gratuits aux pauvres. Mais Adiseshan (Suman), le propriétaire de plusieurs écoles, se met au travers du chemin de Sivaji parce qu'il craint que l'éducation gratuite entraîne la fermeture de ses écoles. Adiseshan veut à tout prix empêcher Sivaji de réaliser ses projets. Il utilise ses influences politiques et détruit le rêve de Sivaji. Celui-ci est ruiné. Mais ce dernier utilise son intelligence afin de récupérer son argent et devient bientôt très populaire dans le village. Adisheshan est à son tour ruiné et décide de tuer Sivaji…

La corruption, la fracture sociale, les privilèges font partie de la vie des gens de Chennai. C'est un film virulent, sans concession sur la nature humaine qui s'étale dans toute sa cruauté, sa laideur, sa folie. Sivaji, le milliardaire établi à l'étranger qui voulait aider à éliminer la pauvreté dans son pays, voit son rêve éclater en mille morceaux quand il constate qu'à chaque étape de son projet de construire des écoles et des hôpitaux, il y a des gens corrompus qu'on doit soudoyer pour avoir les permis nécessaires.

Ce film sous-titré en français est actuellement projeté au cinéma BDC, Quatre-Bornes.

Gandhi, my father

Film d'Anil Kapoor et de Feroz Abbas Khan

Avec Akshaye Khanna, Bhoomika Chawla, Shefali Shah…

Le Mahatma Gandhi, l'apôtre de la paix et de la non-violence, est évoqué dans ce film historique dans lequel Anil Kapoor fait ses débuts comme réalisateur. Le Mahatma Gandhi, qui avec Nehru, a grandement contribué à l'indépendance de l'Inde, n'a pas eu beaucoup de temps à se consacrer à sa famille. Le fils aîné du Mahatma n'a pas eu l'occasion de côtoyer son père car celui-ci était la plupart du temps absent de la maison. Harilal Gandhi est mort dans l'indifférence, étant devenu un clochard alcoolique.

Gandhi my father présente une autre facette de la vie du Mahatma qui a été évoquée que sommairement dans les livres et les documentaires. Dominique Lapierre, auteur du best-seller Cette nuit la liberté, a évoqué cette partie douloureuse de la vie du fils aîné du Mahatma.

Cash

D'Anubhav Sinha

Avec Ajay Devgan, Zayed Khan, Esha Deol, Suneil Shetty…

Au fil des années, Karan (Ajay Devgan) est devenu amer, bizarre, cinglé. De l'homme qui voulait débarrasser le monde de ses ordures pour combattre le vice, il n'en reste rien. Karan s'est découvert une passion pour les armes à feu et veut réaliser le coup du siècle: dérober un diamant d'une valeur inestimable en Afrique du Sud. Cet homme est dangereux. Il n'en est pas à sa première mission, mais cette fois, il joue gros.

Pour réaliser son coup, il doit impérativement fouiller dans la faune douteuse des quartiers chauds, puisant chez ceux qui veulent devenir riches comme lui. Il mijote son coup mais il réalise qu'il ne pourra le faire sans le concours de vrais professionnels. C'est ainsi qu'il loue les services de spécialistes du genre: Lucky (Ritesh Deshmukh), Danny (Zayed Khan) et Puja (Esha Deol). Mais il y a un obstacle à travers son chemin: sa girlfriend Shania (Shamita Shetty), un agent de sécurité chargé de veiller sur le diamant. Mais Karan ne s'en soucie guère. Pour mener à bien cette périlleuse mission, il s'est adjoint les services du chef de la pègre, Angad (Suneil Shetty) et d'Aditi (Dia Mirza).

Karan découvre bientôt que les mécanismes sont complexes, les traîtrises courantes, les coups bas pouvant être fatals. Lucky, Danny et Puja veulent sa peau. Ses relations avec Shania ne sont pas au beau fixe. Sa réputation et son bonheur sont en jeu. Karan doit tenter l'impossible pour récupérer son argent, son amour et même lutter pour sa survie…

Pallavi Sharma, vedette du Punjab

Pallavi Sharma représente le renouveau du cinéma bhojpuri. Dans un monde en pleine mutation, cette fine fleur du Punjab voudrait marquer de son empreinte un cinéma qui s'exporte de plus en plus. Elle était chez nous dans le cadre du premier Festival de la diaspora indienne. C'est une des actrices les plus sollicitées aujourd'hui. Elle raconte avoir travaillé très dur pour intégrer le club très select des vedettes du cinéma bhojpuri.

Sa simplicité et sa franchise vous frappent dès le premier abord. Pallavi Sharma nous parle de son parcours qui l'a vu côtoyer des professionnels de la danse classique. Elle termine actuellement sa licence en danse classique pour ensuite se consacrer entièrement au cinéma. Son amour pour le travail bien fait lui a permis de récolter des succès dans les séries télévisées comme Sauten Dila Re et Bhole Baadshah.

Pallavi Sharma voudrait insuffler une bouffée d'oxygène à l'industrie cinématographique indienne et annonce qu'elle tournera très prochainement dans un film de Bollywood. Elle déclare que le cinéma bhojpuri est très populaire au Bihar et a un bel avenir avec l'émergence des nouveaux talents.

Pallavi Sharma voudrait vivre pleinement sa passion du cinéma et également son amour pour la danse classique. Elle a été très applaudie lors de sa prestation sur scène lors des représentations de la troupe culturelle indienne à travers le pays.

Sanjay Dutt condamné à six ans de prison

L'acteur Sanjay Dutt a été condamné mardi à six ans de prison pour possession illégale d'armes à feu. L'acteur qui vient de célébrer son 48e anniversaire le 29 juillet a fait appel contre le jugement du juge anti-terroriste Promod Kode. Il a été incarcéré à la prison d'Arthur Road dans le sud de l'Inde et a été traité comme les autres prisonniers.

Sanjay Dutt est suspecté d'avoir été partie prenante dans les attentats à la bombe en mars 1993 qui avait fait 257 morts et environ 700 blessés à Mumbai. Il a déjà passé 18 mois en prison pour ce délit.


Au VIP Club, le 28 juillet

Rendez-vous réussi de David Vendetta

Il l'avait promis. Il a tenu sa promesse. David Vendetta était au Rendez-vous, le 28 juillet, au VIP Club, pour une soirée d'enfer. Le DJ international s'est défoncé pour ses fans mauriciens, amoureux de musique electro in da house.

C'est sous les détonations de feux d'artifices, grandioses et spectaculaires, que le public, venu en grand nombre (plus de cinq mille billets vendus) et installé sur la plaine du VIP Club, a accueilli le pro de l'electro-house. L'auteur de Unidos para la musica, Break 4 love, Love to love you baby, entre autres, a animé cette soirée avec du bon son "vendettien". Dans une grande simplicité, avec une parfaite maîtrise des platines et de son public, le roi de l'electro a animé cette grande soirée au son de rythmes électroniques, sa spécialité, avec une impressionnante logistique de jeux de lumière, mise en place par les organisateurs, le VIP Club et Green Dot Events, qui n'ont pas lésiné sur les moyens pour offrir aux fans une soirée mémorable.

L'as des platines, entouré des danseuses locaux, se déhanchant au rythme exotique de ses notes électriques, a assuré une soirée d'enfer pour les clubbers. Nos DJ locaux - David Jay, Giovanni Paul, DJ Lebo et DJ Martino (DJ Mauricien résidant en France depuis une dizaine d'années et de retour à Maurice pour l'événement) n'ont pas pour autant démérité. Dès le début de la soirée, ils ont chauffé à blanc le public, avant que le roi de l'electro ne prenne ensuite le relais vers 1h pour enflammer les pistes du Kart Loisir. Le public s'est défoulé jusqu'aux petites heures du matin dans une ambiance bon enfant…

Toutefois, quelques incidents, dont le feu (sans conséquence) causé par les feux d'artifices, ont marqué cette soirée. Un policier en civil, qui assistait au concert de David Vendetta en compagnie de sa petite amie, a porté plainte contre des membres de la sécurité, qui l'aurait passé à tabac.

"Je reviens en janvier 2008 !"

Pour David Vendetta, cette soirée a été une belle réussite et il a hâte de revenir mixer pour ses fans mauriciens. "Je n'ai jamais vu un peuple aussi accueillant et gentil. Ma venue à Maurice restera pour longtemps gravée dans mon cœur. La soirée était exceptionnelle. Tout ce qui m'importait était de ne pas décevoir ce public qui attendait beaucoup de moi et que je rencontrais pour la première fois. L'organisation de l'événement par Green Dot était parfaite du début à la fin.

Il est prévu que je revienne mixer sur votre Île en janvier 2008 et ce sera avec grand plaisir, car j'ai vraiment eu du mal à vous quitter", nous a-t-il précisé.


L'espace swahili, l'océan Indien

Une littérature carrefour

L'espace swahili et Maurice ont en commun une littérature qui constitue un point de rencontre entre diverses influences. Xavier Garnier, professeur de littérature comparée à l'Université Paris 13 et spécialiste de littérature africaine, partage cette idée. Lors de sa récente visite à Maurice, il a évoqué ces rapprochements entre la vitalité de la littérature en langue swahilie, en Afrique orientale, et la littérature mauricienne. Son livre, Le roman swahili, avec comme sous-titre La notion de "littérature mineure" à l'épreuve (Paris, Khartala, 2006) est aussi une réflexion sur les "petites littératures" dans un contexte de globalisation. L'occasion de quelques découvertes et réévaluations. Rencontre avec l'auteur.

Dans les deux cas: Maurice et les îles et villes de l'espace swahili, il y a cette porte ouverte sur l'océan Indien et l'idée d'une littérature qui est un carrefour. Xavier Garnier précise que dans le cas swahili, cette littérature s'est synthétisée dans une seule langue (le swahili) alors que la littérature mauricienne se déploie en plusieurs langues.

La présence de l'océan, l'appel de l'ailleurs font que ces deux espaces pour l'imaginaire ne sont pas repliés sur eux-mêmes. Ils sont le point de rencontre de diverses influences, même si dans le cas du swahili, l'influence du continent est plus marquée.

Xavier Garnier parle du dynamisme de ces "petites littératures" dans un monde globalisé et mentionne Ananda Devi comme figure importante dans la création mondiale par son écriture singulière et un ton propre à elle. Mais il ajoute que sa connaissance de la littérature mauricienne n'est pas exhaustive.

Poursuivant sur la complicité des îles et leur vitalité littéraire, ce spécialiste de littérature africaine nous fait découvrir l'espace swahili et ouvre la porte à d'autres rapprochements avec Maurice. Quand on lui demande de définir le swahili, Garnier parle d'une bande côtière constituée d'îles et de villes de la côte est de l'Afrique, du Kenya, de la Tanzanie. La littérature en langue swahilie est marquée par une tradition poétique. Il y a ces poètes mythiques attachés à des îles: Mohamed Elburyi, Fumo Lyongo. Il y a aussi une littérature moderne avec l'époque coloniale. Elle s'est développée en langue swahilie (langue bantoue au niveau de la structure, avec des mots empruntés à d'autres langues). On note que cette langue s'est standardisée depuis la période coloniale. On pourrait la considérer comme une langue modernisée - langue qui s'est construite à la façon du créole, avec une évolution rapide.

Xavier Garnier poursuit sur le contexte et les formes littéraires et mentionne dans l'espace swahili une tradition ancienne manuscrite (entre l'oral et l'écrit). Depuis le début du 20e siècle, dit-il, on a basculé dans l'écrit avec le roman, le théâtre et la poésie. Les écrivains se font éditer sur place. Parmi ceux les plus importants, on note les romanciers Shaaban Robert, Euphrase Kezilahabi, Said Ahmed Mohamed, Shafi Adam Shafi et Mohamed Abdulla.

Shaaban Robert est un des fondateurs de la littérature swahilie moderne. Il s'agit d'un poète devenu romancier, mort en 1964. Mohamed Said Abdulla est connu pour ses romans policiers, très lus, qui se déroulent au Zanzibar. Il faut savoir que la littérature swahilie est caractérisée par cette veine du roman policier. Il y a aussi ces textes qui ont le souci constant du monde: romans de voyage, textes sociologiques ou utopistes, ouvrages de science-fiction. Pour ce qui est de la thématique, la littérature swahilie traite des questions suivantes: Comment vivre ensemble ? Comment organiser la société ? Depuis l'effondrement des utopies socialistes, on peut aussi mentionner les problèmes liés à la mondialisation.

En quoi le swahili est-il un espace pour l'imaginaire ? Xavier Garnier répond à cette question en évoquant la langue swahilie qui recueille un vocabulaire venu d'un peu partout. Il y a là une ouverture sur le monde, caractérisée par la présence de l'océan et l'appel vers l'ailleurs. La littérature en langue swahilie n'est pas repliée sur elle-même.

Concernant l'affirmation de l'identité, Garnier dit que ce n'est pas une préoccupation majeure des écrivains de l'espace concerné. Le problème de l'identité n'est abordé par ces derniers que pour se définir comme écrivains africains. Xavier Garnier conclut sur les "petites littératures" et la littérature monde, en parlant d'un changement d'étiquette pour la littérature francophone. Il faut, selon lui, attendre encore un peu pour une définition précise.


Extrait- Le territoire ouvert et édifiant de l'écriture

Dans ce conflit entre les forces de dispersion, qui multiplient les clivages entre partis, chapelles, classes, etc., et les forces unificatrices qui tendent à établir une solidarité entre les hommes pour une plus grande gloire de Dieu, les mots ont un rôle important à jouer. Shaaban Robert croit au pouvoir des mots. Il a souvent recours à l'image de l'arme à feu pour évoquer le langage. Les mots sont comme des balles qui peuvent atteindre leur cible et faire beaucoup de dégâts lorsqu'ils sont mal intentionnés et beaucoup de bien dans le cas contraire:

Les mots ont beaucoup de force, et ils peuvent être employés pour aider ou pour nuire, pour peiner ou pour réjouir, pour bénir ou pour maudire. Les mots peuvent faire beaucoup de dégâts et apporter beaucoup de tristesse, tandis que les mots bénéfiques peuvent faire le bien et apporter beaucoup de joie (Robert, 1971:59).

Les mots que Shaaban dispose ainsi sur papier de façon compulsive forment un tissu d'écritures autonomes. Shaaban écrit des poèmes, des articles, il fait des livres, et il a une conception très précise de son activité d'écrivain. Le territoire de l'écrit est pour lui totalement ouvert: "On dit qu'il n'y a pas de fin aux livres" (Robert, 1971:55).

Ce territoire de l'écrit est le terreau sur lequel doivent se former les jeunes générations… C'est par le contact de l'écrit que les hommes pourront sortir de leurs intérêts particuliers, prendre une distance par rapport à eux-mêmes et entrer dans le territoire des mots.

(Le roman swahili de Xavier Garnier)


Le 12 août prochain-Concert en faveur de La Pointe Tamarin

L'association La Pointe Tamarin mène, depuis 2003, une action très porteuse visant à amener le développement de l'enfant à travers la créativité. Ce en particulier pour contrer la fatalité de l'échec au CPE. Aujourd'hui, ses divers ateliers accueillent quelque 250 enfants et jeunes de Tamarin et des alentours, et leur offrent un espace d'expression et de création dont on a pu mesurer la qualité lors de l'expo-bilan organisée à la fin de juin dernier.

L'association a toutefois besoin d'assurer un budget de Rs 150 000 pour pouvoir continuer l'action de ses ateliers Art et Musique, voire de son atelier Théâtre. Dans ce contexte, un concert de levée de fonds est organisé dimanche prochain, 12 août, sur le terrain de foot de Tamarin. Ce concert, qui se déroulera de 13h à 18h, réunira des artistes comme OSB, Negro Pou Lavi, Zot Sa, Ras Nininn, Ras Poldo, Clarel Armel, Evolozik et Zanzak, un des initiateurs de cette association.

L'entrée est fixée à Rs 100 et le public est invité à venir nombreux soutenir cette initiative.


Daniella Résidu

En solo avec Sokola

Sokola, le premier album solo de Daniella Résidu, est attendu dans les bacs. Laissant le soin à des compositeurs confirmés de lui écrire ses textes, la chanteuse de Zenes Ki ti la annonce un album qui accordera une grande place à l'ambiance. Sokola, une production de Cassiya Ltd, est la continuité d'un riche parcours pendant lequel Daniella Résidu n'a cessé de se forger.

Elle se lance en solo comme une grande ! Daniella Résidu ne dit pas pour autant adieu à son groupe, Zenes Ki ti la. Elle prend juste le temps de faire un album, Sokola, de le promouvoir. Et ensuite, ce sera reparti pour la voix de Zenes Ki ti la.

Daniella Résidu, 32 ans, ne cherche pas à s'affirmer. Après Sofé Ravanne en 1997, les albums qui ont suivi ont dévoilé une chanteuse faite pour le séga typique et une jeune femme qui a du cran pour le séga d'ambiance. Avec le temps, elle s'est forgée au point où on peut dire sans se tromper que Daniella Résidu est à coup sûr une ambassadrice du séga mauricien. C'est bien elle, la fille de Petite Rivière, qui se retrouve aux quatre coins du monde pour défendre les couleurs de la musique locale avec les titres de son groupe.

Sokola ! Avec un tel titre, équivoque pour titiller l'imagination, il est probable que Daniella Résidu annonce le ton de son premier opus ! Comme Roger Clency, Marcelino Chaton ou encore Jean-Claude Gaspard, elle taquine l'esprit. Un brin coquine, Daniella ? En tout cas, elle se prête au jeu. Du titre éponyme, écrit par Gaëtan Héroseau, la chanteuse explique: "Sokola est dans la même lignée que Tialani Tialana." Pour soutenir cette précision, elle fredonne: "Mo pe donn twa sokola, mo pe donn twa gato coco, to pa kontan…" Ce séga raconte la vie d'un jeune couple dont le ménage commence à battre de l'aile, ajoute-t-elle.

Compositeurs masculins pour feeling féminin

Pour cette expérience en solo, Daniella Résidu a confié la composition des textes à une équipe exclusivement masculine. Celle-ci est composée de Gaëtan Héroseau, Alain Auriant, Désiré Victor et Sylvio Louise. "Je ne me sens pas prête pour écrire. Je trouve qu'il m'est difficile de transposer mes émotions sur papier. Je préfère donc laisser cette tâche aux autres, ceux qui me connaissent. Gaëtan connaît bien mon style. Alain, c'est moi qui lui ai demandé d'écrire un séga sur l'amitié. Comme je lui fais confiance, je savais qu'il capterait immédiatement ce que j'attendais. Avec Désiré, le courant passe puisque nous avons déjà chanté ensemble."

Quant à Sylvio Louise, aussi de Petite Rivière, qui d'autre que lui aurait pu écrire Lé konseyer ? Ce séga décrit des situations cocasses vécues par quelqu'un pensant donner de bons conseils qui s'avèrent finalement négatifs. Pour Lé konseyer, Daniella Résidu ne se contente pas d'être l'interprète. La jeune femme s'est avérée bonne… conseillère, puisqu'elle a aussi contribué à la composition du texte.

Sokola renferme neuf morceaux, alternant typique et ambiance. Daniella concède que l'enregistrement de l'album n'a pas toujours été facile. "Mais grâce au soutien d'Yves Elahee, j'ai pu retrouver la confiance à chaque moment de doute."

Nouvo Zénérasyon pour danser le séga

Comme c'est le cas pour plusieurs artistes locaux, c'est grâce à un concours que le talent de Daniella Résidu s'est dévoilé au grand public. Pour ne pas déroger à la tradition, elle et son groupe n'avaient pas raflé le premier prix. En 1997, avec Zenes Ti Rivière, elle prend la troisième place avec Sakenn so sans. À l'époque, elle est aux côtés de Nancy Derougère, aujourd'hui reine incontestée du séga mauricien, aussi membre de Zenes Ti Rivière. Mais quelque temps après la révélation du groupe, Nancy fait route à part et embrasse la carrière qu'on connaît. Quant à Daniella Résidu, elle s'en va aussi, après 6 ans de route avec le groupe. Elle s'engage alors avec Zenes Ki ti la. "C'est un groupe familial. Mon frère, Jean-Alain et mes cousins en font partie", raconte la chanteuse.

Le séga lui a ouvert les portes du monde, dit-elle. "J'ai la chance de voyager grâce au séga. De faire des rencontres. En Suisse, par exemple, où je me suis produite, j'ai été surprise de voir des personnes du pays chanter le séga mauricien. Sur scène, j'étais accompagnée par deux choristes suisses !"

Le séga, comme la musique, c'est aussi une affaire de famille. Sa mère, Catherine Résidu, était danseuse de séga. "Elle accompagnait des groupes à l'hôtel. Lorsque j'ai commencé à chanter, elle a arrêté la danse." Dans un certain sens, Daniella a pris la relève. En effet, depuis trois mois, la jeune femme a ouvert une école de danse, Nouvo Zénérasyon, destiné aux enfants. Chaque vendredi, la chanteuse anime, chez elle, un cours d'initiation au séga à l'intention des fillettes de la région. "L'idée m'est venue quand ma cousine, qui devait participer à un spectacle, est venue me voir pour que je l'aide à monter une chorégraphie. Le séga s'apprend ! Il y a des pas, des mouvements et des techniques qui lui sont propres. On ne danse pas un séga typique comme on danserait un séga d'ambiance", explique la spécialiste.


Les élections de 1967

Plus une bataille idéologique qu'une lutte des ethnies

Le 7 août 1967, deux ans après que la Grande-Bretagne eut déjà décidé, à la Conférence constitutionnelle de Lancaster House (septembre 1965) que l'île Maurice "sera une nation souveraine", les électeurs mauriciens se pressèrent aux urnes de quarante nouvelles circonscriptions pour participer aux élections générales. Cette consultation générale, définitivement la plus passionnée du siècle dernier depuis l'avènement du suffrage universel dans le pays en 1959, fut un tournant. Ces élections désignèrent les fils du sol qui, trois ans plus tard (le 12 mars 1968), allaient prendre la relève de nos anciens maîtres coloniaux anglais et assumer l'avenir de la jeune nation mauricienne.

Mardi prochain, 7 août, ce sera donc le quarantième anniversaire du triomphe du Parti de l'Indépendance (qui regroupait le Parti Travailliste de Sir Seewoosagur Ramgoolam, l'Independent Forward Block de Sookdeo Bissoondoyal et le Comité d'Action Musulman de Sir Abdool Razack Mohamed) au détriment des partisans de "l'Association/Intégration" avec la Grande-Bretagne, massés derrière Parti Mauricien Social Démocrate de Gaëtan Duval…

Toutefois, subsistent encore des récriminations - sans doute séquelles d'un passé meurtri (l'esclavage, le travail engagé, la domination) - et il reste à s'attaquer à une perception tenace et entretenue selon laquelle l'île Maurice ne doit son statut d'État libre qu'au seul fait de l'adhésion d'une quelconque communauté majoritaire. En fait, malgré le fait que 44% de la population votèrent contre l'Indépendance, jamais élections n'avaient autant démontré que le progrès ici ne peut se faire sans la contribution de tous.

En dépit de ce qu'on a toujours voulu faire accroire, les allégeances communautaires ou ethniques ne furent pas nettes en 1967. Il fallait tordre le cou à des préjugés et, une fois n'est pas coutume, pour la première fois, notre page d'Histoire fait intervenir deux acteurs encore vivants de l'événement qui est raconté. Le choix est délibérément provocateur: Eliézer François était un bouillant élément créole passé du PMSD au Parti Travailliste pour soutenir le camp de l'Indépendance, tandis que Jodun Poonith était un jeune intellectuel hindou fraîchement émoulu du Collège Royal de Port-Louis, qui se rangea du côté de Gaëtan Duval. Il affirme avoir par conviction: l'Indépendance, à ce moment-là, "n'était pas une brillante idée". Nous publions leurs témoignages plus loin.

Lorsque le 7 août 1967, les électeurs mauriciens âgés de 21 ans (l'âge légal alors pour voter) se rendent aux urnes, ils n'ont que deux possibilités: voter pour l'Indépendance ou pour l'Association/Intégration avec la Grande-Bretagne, ce deuxième choix étant censé offrir une grande ouverture vers les pays du Marché Commun européen. Mais, à la parfaite connaissance des principaux dirigeants politiques locaux de l'époque - tant ceux des travaillistes et de leurs alliés que de l'opposition PMSD - , il y avait un grand bluff derrière tout ce remue-ménage. À la Conférence constitutionnelle de Lancaster House (Londres), les Anglais, enfin assurés de nous avoir volé les Chagos, avaient fini de statuer: qu'importent les résultats des élections, le parti qui en sortirait vainqueur n'aurait d'autre choix que de demander l'Indépendance, qui sera alors automatiquement accordée.

Duval, l'indépendantiste !

Gaëtan Duval, le chef de file des opposants, était au courant de l'inéluctabilité de l'Indépendance. Au psychiatre Cader Raman, incontournable confident de tous les leaders d'opinions de l'époque, il avait confié qu'il était profondément convaincu que "jamais les Anglais ne voudront donner le statut de nation intégrée (ou associée) à l'île Maurice", et que "la priorité du PMSD était de remporter les élections". Selon le Dr Raman, Duval lui avait dit clairement que "si le PMSD gagnait, il demanderait l'intégration/association, mais si, après huit mois, les Anglais refusaient toujours, il (Gaëtan Duval) allait déclarer l'Indépendance". La confidence de Duval à Raman fut publiée dans un livre intitulé Not a Paradise, I love you, Mauritius, quatre ans avant le décès du leader du PMSD et celui-ci n'y apporta jamais de démenti.

En réalité donc, le seul suspense demeurait de savoir qui allait prendre les leviers de commande dans le pays après l'Indépendance. Mais ces élections générales de 1967 comportaient trois nouveautés: (i) Rodrigues, importante dépendance habitée de Maurice, privée de parole jusqu'alors, allait voter pour la première fois (il y avait plus de 7 000 électeurs); (ii) tous les candidats étaient contraints de décliner leur appartenance ethnique pour les besoins de l'allocation des sièges correctifs; et (iii) les agents électoraux obtenaient une reconnaissance légale qui facilitait leurs mouvements dans l'enceinte des bureaux de vote.

Une campagne sous forte tension

La campagne électorale fut menée sous forte tension et de multiples incidents éclatèrent. Les deux principaux camps les attribuèrent - à des desseins cyniques - des connotations communales dangereuses. On fit usage pour la première fois de la télévision, permettant aux ténors des partis concurrents d'amener leurs messages politiques dans les foyers et les centres sociaux. Les coups bas ne se comptèrent plus, à l'exemple de Sir Seewoosagur Ramgoolam rendant public, avec la complicité de Londres, le rapport salarial Gardner-Brown pour le service civil, le 23 mars, avant d'annoncer, un mois plus tard, la tenue des élections pour août, en période de coupe de la canne, donc de plein-emploi ! En sus, le Parti de l'Indépendance annonça l'octroi de l'éducation gratuite (qui ne vint toutefois qu'en janvier… 1977).

De son côté, face aux mesures électoralistes, le PMSD, soutenu à fond la caisse par de gros intérêts privés, dont l'industrie sucrière et ses barons à l'instar de Claude Noël, avec pour responsable de campagne à Quatre-Bornes Paul Rico de Chastegnier Dumée (récemment décoré par l'actuel gouvernement), ne fut pas en reste. En sus de l'appui de nombreux journaux influents, dont Le Mauricien et Le Cernéen, le parti de Gaëtan Duval contourna les limites imposées au temps d'antenne en faisant intervenir une radio-pirate que les autorités policières furent tout bonnement incapables de localiser et qui émettait à partir d'un bateau plaisance ancré au large du Morne. Le PMSD promit, entre autres, la cogestion dans les entreprises et l'abaissement des loyers des maisonnettes de la CHA…

Les résultats de la course ne furent néanmoins pas surprenants et conformes à la logique mathématique électorale de l'époque. Déjà solidement implanté dans les régions rurales depuis 1948 et malgré un certain effritement de l'électorat travailliste ouvrier dans les faubourgs urbains, Sir Seewoosagur Ramgoolam eut la main heureuse de reconduire son alliance avec le CAM de Sir Abdool Razack Mohamed, mais surtout en obtenant l'appui de son rival mortel qu'était Sookdeo Bissoondoyal, leader de l'influent Independent Forward Bloc.

La surprise travailliste au No 4

En fait, le Parti de l'Indépendance fit table rase dans toutes les circonscriptions rurales (du No 5 au No 14) et la bataille ne devait se jouer que dans deux circonscriptions marginales - La Caverne/Phoenix et Vacoas/Floréal. Non seulement le PMSD perdit effectivement ces deux circonscriptions, mais, contre toutes les prévisions, aussi celle de Port-Louis Nord/Montagne Longue (No 4). Alors qu'on prétendait les faubourgs de Roche Bois, Ste Croix, Briquetterie et autres Cité La Cure alignés sur le camp de Gaëtan Duval, le "King Créole", ceux qui tablaient sur des réflexes communaux de la part de leurs électeurs se retrouvèrent le bec dans l'eau. Cette circonscription No 4, majoritairement créole, choisit comme députés les indépendantistes Mohabeer Foogooa (53,7% des voix), Raouf Bundhun (53,6%) et Raymond Rault (53,2%), contre Jean Alex Rima (45,7%), Hamid Rossenkhan (45,5%) et Narainduth Sookhoo (44,6%), tous du PMSD.

Les illustres perdants des élections de 1967 furent nombreux dans les deux camps: Guy Forget, Régis Chaperon, Guy Balancy, Willy Dupré, Micheal Leal (ces derniers malgré le soutien journalistique de l'Express), les dissidents travaillistes Maurice Curé et Edgar Millien, Tangavel Narrainen (un meneur du PMSD), Sir Abdool Razack Mohamed, et, surtout, Jules Koenig.

Vieillissant et fatigué, Jules Koenig avait cédé le leadership du PMSD à Gaëtan Duval. Kamikaze volontaire, il avait choisi de quitter un siège assuré à Beau Bassin/Petite Rivière pour essayer de jouer, auprès de l'électorat musulman du No 15, sur sa popularité d'homme de loi défenseur de la veuve et de l'orphelin afin de récupérer cette circonscription marginale, où il habitait, dans l'escarcelle de son parti. Son calcul se révéla désastreux. Fier comme pas deux, il refusa d'entrer par la fenêtre à l'Assemblée législative. Contrairement à l'électorat musulman de Plaine Verte, à plus de 50% en faveur de l'Association/Intégration, au point de descendre le titanesque Sir Abdool Razack Mohamed de son piédestal, celui de La Caverne/Phoenix se rallia à l'Indépendance.

Une des analyses - parmi les plus pertinentes - faite du résultat de la consultation populaire de 1967 est à mettre au compte de Jean-Antoine Koenig, auteur de Jules Koenig, une vie pour la justice, publié en 1992. "Les élections de 1967 ne sont strictement pas comparables aux précédents. L'enjeu de l'Indépendance avait introduit dans la problématique un élément capital qui déborde le cadre des partis, des idéologies, des personnalités. Ce facteur explique en partie la faiblesse de l'élément créole au Parti de l'Indépendance et la défaite de Jules Koenig et d'autres leaders traditionnels, tels Guy Forget ou Razack Mohamed. Il rend compte également du gonflement des voix "bleues" dans une situation de bipolarité proche du Référendum. Mais si, avec une réserve, la remontée du Parti Mauricien demeure impressionnante à partir de 1960, ce parti ne s'imposera jamais à l'électorat. De même que le Gouvernement Responsable et le suffrage universel, chevaux de bataille des travaillistes dans les années 50, avaient été acquis en 1959, l'Association/Intégration ne pouvait pas gagner contre l'Indépendance en 1967. Pourquoi, d'ailleurs, l'Association l'aurait-elle emporté à une période où le vent du changement (le fameux Wind of Change constaté par nul autre que l'ancien Premier ministre Harold Macmillan) balayait les anciennes places fortes coloniales en Afrique et ailleurs ?", écrit Jean Antoine Koenig.

Le virage à 180° du PMSD

L'échec du PMSD était écrit sur les murs malgré ses fonds de campagne astronomiques déversés à l'américaine. Mais le fait demeure que Gaëtan Duval fit des efforts colossaux pour transformer cette formation d'un parti sectaire de résistance contre ce que Koenig et les élites blanches, créoles et musulmanes craignaient être une menace "d'hégémonie hindoue", en un grand parti de minorités. Mais il faut également entendre de toutes les minorités, y compris les castes et sous-castes de la communauté hindoue. Effectivement, après des bagarres raciales en 1965 à l'Escalier et Trois Boutiques, Gaëtan Duval prit conscience que son parti se devait de se soustraire de la mainmise qu'y exerçaient les gros bourgeois, blancs en particulier. Et, surtout, de rompre avec l'image anti-hindoue que lui avait forgée le fameux Noël Marrier d'Unienville (NMU) et Koenig lui-même, avec une malencontreuse réflexion qu'on avait attribué à ce dernier dans son combat contre le suffrage universel. Une sale plaisanterie à propos de "met razoir dan lamé zaco!"

Dès 1965, Duval voulut donc rebaptiser le PMSD "Parti National", lui faisant faire un virage à 180° en recrutant nombre d'hindous. Duval remplaça, sincèrement, un insultant slogan des élections de 1963 chez les bleus, "Malbar nou pa oulé", par "Hindou, mon frère". On ne peut pas dire que Gaëtan Duval n'a pas connu une certaine réussite dans cette démarche, car pas moins de 25 candidats PMSD, sur 60, briguèrent les suffrages sous la dénomination "Hindu". Furent-ils tous des traîtres à leur "communauté" ?

Il faudra bien qu'un jour on réalise que les élections générales de 1967 furent, avant tout, une bataille idéologique (la soif de l'Indépendance et de l'émancipation contre l'assurance

de jouir de la tutelle britannique) bien plus qu'une lutte des communautés et des ethnies !


Eliézer François:

"Je voulais prouver à Duval que Moignac n'avait aucune influence politique"

Eliézer François quitta le PMSD, dont il était un conseiller municipal à Port-Louis, après avoir été privé de tickets aux élections générales de 1967 dans la circonscription de Port-Louis Ouest/GRNO. Il se retrouva candidat travailliste pro-indépendance à Beau Bassin/Petite Rivière aux côtés de Hassenjee Edoo et Jean L'Homme.

En tant que conseiller municipal du PMSD, comment figurez-vous sur la liste travailliste aux élections de 1967 ?

De prime abord, j'aimerais préciser que la politique a été un accident dans ma vie. Quoique, comme Edith Piaf, je pourrais dire: "Non, je ne regrette rien." Car, malgré les ennuis, les mesquineries et les jalousies que j'ai dû affronter durant toute cette carrière, la politique m'a permis de servir tous mes concitoyens, surtout ceux qui sont considérés comme les plus démunis, les plus mal foutus, à commencer par les dockers, stevedores et les autres travailleurs du Port. Jusqu'à présent, je lutte à côté de tous ceux et celles qui habitent les régions défavorisées comme Roche Bois, Ste Croix, Cité La Cure, Tranquebar, Cassis, Barkly, Camp Levieux, Petite Rivière, Rivière Noire, etc…

En 1964, je fus élu conseiller municipal PMSD sans opposition. À l'approche des élections générales de 1967, malgré le fait que j'avais une bonne chance pour être élu au No1 sous la bannière du PMSD, Gaëtan Duval décida de se présenter avec Augustin Moignac et Monaf Fakira comme colistiers. Suite à cet évincement, ainsi qu'à d'autres intrigues, je décidai de démissionner du PMSD et en même temps, cesser avec la politique.

Environ deux semaines plus tard, deux stevedores, Luc Ramsamy et Paul Ahsing, vinrent me voir aux Salines pendant que je faisais du volley-ball avec des jeunes de l'endroit. Ils me proposèrent de venir réorganiser leur syndicat dans le port et d'accepter de poser ma candidature avec le Parti travailliste au No1. Sans même essayer de savoir s'ils étaient des émissaires ou pas, cette proposition me tenta car elle pourrait me permettre de prouver à Gaëtan Duval que j'étais mieux côté que Moignac et Fakira au No1.

Cependant, lors de ma rencontre avec Sir Seewoosagur Ramgoolam, en présence de ses ministres, au moment de l'investiture, on me proposa à la place du No 1, le No 20 (Beau Bassin/Petite Rivière) qui représentait un vrai tombeau pour les candidats travaillistes. D'emblée, je refusai la proposition. Mais, après avoir réfléchi pendant un moment, j'acceptai d'aller au No 20, à la grande joie de Sir Seewoosagur Ramgoolam et de tous ceux présents.

Pourquoi ai-je accepté d'être un candidat du Parti travailliste? Premièrement, je pensais que si j'arrivais à être élu député, je pourrais mieux aider ces stevedores qui étaient venus me voir, à réorganiser leur syndicat dans le port. Deuxièmement, je voulais prouver à Duval que Moignac n'avait aucune influence politique sur les dockers et stevedores malgré que ces derniers fussent à 99,9% avec le PMSD en 1967.

En tant que créole, vous sentiez-vous à l'aise dans ce camp, malgré la tension communale qui existait lors des élections ?

Je surprendrais beaucoup en disant que personnellement, je ne me suis pas laissé dominer par l'idée de la tension communale. De par ma profession comme enseignant, j'étais condamné à œuvrer pour l'apaisement de toute tension communale. J'avais à enseigner à des jeunes gens et des jeunes filles de 16-19 ans, en SC et HSC. Donc, cela me permettait de me sentir à l'aise, quel que soit le camp politique dans lequel je me trouvais. Le PMSD militait pour une association avec la Grande-Bretagne. Beaucoup de créoles avaient peur de l'indépendance et ils partaient pour s'établir dans d'autres pays. Est-ce qu'ils avaient raison ? Personne ne peut répondre par oui ou par non.

Néanmoins, je pense que maintenant que Maurice est une République, chaque groupe ethnique a droit à une part du gâteau national. Nos dirigeants doivent travailler pour le bien-être de tous les Mauriciens, sans aucune distinction de race, de classe, de communauté, de caste ou de religion. Ce sera la seule façon pour nous tous, créoles, hindous, musulmans, chinois, blancs, de vivre dans la paix et l'harmonie. En bref, c'est le mauricianisme qui doit primer en tout et pour tout.

Aux élections de 1967, Eliézer François sortit quatrième, battu de 1 811 voix par le dernier élu PMSD, Sham Panchoo. Mais il sera récupéré comme député correctif. En 1973, il vote contre l'Industrial Relations Act de SSR et retourne au PMSD dont il devient le porte-drapeau aux élections générales de 1976. Il devient ministre du Logement et chef du groupe PMSD à l'Assemblée législative après la défaite de Gaëtan Duval à Port-Louis Nord/Montagne Longue. Mais, en 1981, suite à une scission au sein du PMSD, il s'en éloigne définitivement. M. François vit maintenant entre l'île Maurice et l'Australie. Il est toujours actif sur le terrain politico-social.


Candidat PMSD au No 8

Jodun Poonith:"J'ai combattu l'Indépendance parce que l'idée n'était pas attirante"

Lors des élections de 1967, Jodun Poonith (aujourd'hui manager d'une compagnie) avait été candidat du PMSD dans la circonscription No 8 (Moka/Quartier Militaire) avec pour colistiers l'avocat Robert Rey et Harrydeo Ramchurn. Il avait combattu l'Indépendance. Il affirme "n'avoir jamais regretté cette prise de position".

Ancien élève du Collège Royal de Port-Louis, M. Jodun Poonith avait tout juste 25 ans lorsque Gaëtan Duval, qui tournait déjà à Grand-Gaube et Poudre d'Or, avait remarqué sa verve lors d'une compétition de débats entre jeunes.

"Gaëtan est venu vers moi à la fin de ce débat, m'a serré la main et il m'a demandé si cela ne m'intéressait pas de lui donner un coup de main. Je lui ai dit oui et ce pour plusieurs raisons".

"On était jeunes et on avait tous des idées sur le devenir de l'île Maurice. Toute la démagogie communale qui avait cours alors n'avait pas d'importance pour nous et, de toute façon, en ce qui concernait mes proches et moi, on ne vivait pas avec ce genre de visières. Être candidat à ces élections a été pour moi une expérience exaltante qui a marqué ma vie jusqu'à nos jours, en ce qu'il m'a permis d'être confronté à la masse.

Le thème que nous défendions au PMSD était difficile, à contre-courant de l'Histoire. J'étais contre l'Indépendance. Déjà, à l'époque, beaucoup de pays africains et asiatiques l'avaient acquise et à voir ce qui s'y passait ne m'avait pas paru une idée attirante. C'était la misère noire qui y régnait. À l'opposé, l'Angleterre était encore puissante et y être rattaché offrait un horizon très vaste aux Mauriciens. D'ailleurs, bien de nos compatriotes qui étaient déjà en Angleterre à l'époque ont choisi d'y rester et d'autres ensuite sont partis les rejoindre après l'Indépendance et sont devenus depuis très prospères. C'est l'Histoire, on n'y peut rien".

Selon Jodun Poonith, "malgré tous les stéréotypes qu'on propageait sur le semblant de divisions à l'époque parmi la population voulant à faire accroire que l'Indépendance et l'Association/Intégration auraient été le choix de communautés précises, il n'en fut rien dans les faits. Ce sont certains dirigeants qui ont fabriqué cette idée de la division communale. J'ai été candidat à Moka/Quartier Militaire et je jure que jamais lors de la campagne, quelqu'un m'a adressé un mot déplacé ou m'a traité de traître envers ma communauté. Dire que telle ou telle communauté a été pour ou contre l'Indépendance est une analyse réductrice. Un jour, mes colistiers et moi, nous avions été tenir une réunion avec les artisans sur la sucrerie Mon Désert Alma. Ils étaient majoritairement créoles. Ils nous ont dit: "Nou finn fini désidé pou vot Travayis nou, selma nou pou ekout zot !"

Pour M. Poonith, "devenue indépendante, l'île Maurice a connu le marasme économique après 1968. Mais, ensuite, elle a eu la chance, vers la fin du règne de Sir Seewoosagur Ramgoolam et entre 1983 et 1990, sous Anerood Jugnauth, d'avoir su attirer les investisseurs sud-asiatiques, particulièrement ceux qui fuyaient Hong-Kong. L'atout de Maurice a aussi été également le taux d'alphabétisation de sa population et la faculté de celle-ci d'avoir su évoluer d'une économie axée uniquement sur la monoculture de la canne vers l'industrialisation. Autrement, on ne sait pas ce qui se serait passé".

Toujours selon M. Poonith, "après SSR, Jugnauth et aussi Gaëtan Duval, le pays cherche encore un leader de la même trempe pour avancer plus loin. Paul Bérenger aurait pu en être un, mais il a un handicap…"

Aux élections de 1967, Jodun Poonith se classa en 6e position avec 3 470 voix (26,4 %) sur un total de 13,131 votants. Mais il faut dire qu'il avait eu pour adversaires trois ténors nommés Veerasamy Ringadoo, Mahess Teeluck et Yousouf Mohamed.


En novembre prochain

Parution en GB d'un livre sur Amédée Maingard

Behind Enemy Lines with the SAS - The story of Amédée Maingard, SOE Agent: c'est le titre d'un livre sur Amédée Maingard écrit par Paul Mc Cue, qui sera officiellement lancé par l'éditeur britannique Pen and Sword, dans la première quinzaine de novembre 2007. Des commandes peuvent d'ores et déjà être placées à travers Amazon.

Le 5 août 2001 était dévoilé à Port-Louis, à côté de Rogers House, un buste d'Amédée Maingard, réputé pour sa contribution au développement du tourisme, de l'hôtellerie et de l'aviation à Maurice. Un homme qui fut également connu pour le rôle joué lors de la Seconde Guerre mondiale, tel qu'exposé notamment par l'auteur Paul Mc Cue dans le livre intitulé SAS Operation Bulbasket. Publié en 1997, ce livre avait pour principaux protagonistes Amédée Maingard du SOE et John Tonkin des SAS (les Commandos Britanniques). Leur rencontre eut lieu en France, le matin du débarquement du 6 juin 1944. McCue disait notamment dans ce livre, qu'en cours d'écriture, il avait réalisé avoir découvert suffisamment de documents pour écrire un livre sur Amédée Maingard en particulier.

C'est à partir de là, que trois Mauriciens proches d'Amédée Maingard, nommément Jan Maingard (son fils), Alain Antelme, et Louis René Dalais, ont fait le nécessaire pour encourager et aider Paul McCue à écrire ce livre. Après dix années de travail et de coopération, Behind Enemy Lines with the SAS - The story of Amédée Maingard, SOE Agent, est donc prêt.

Si un lancement officiel est prévu à Maurice, en présence de l'auteur, vers fin octobre-début novembre 2007, il est d'ores et déjà possible de commander le livre de Amazon.fr ou de Amazon.uk, avec livraison à partir du 15 novembre 2007. Quelque 300 exemplaires seront disponibles à Maurice à partir du lancement officiel.

Diaspora Créole-Nancy Derougère,la reine séga…

Kasket Velour, le séga qui inaugure cet album, donne tout simplement envie d'écouter Diaspora Créole jusqu'au dernier titre. Comme le prouve le résultat, Zotsa Music Production Ltd de Mario Justin n'a pas hésité à déployer l'artillerie lourde pour cet album. Et c'est donc sans risque que l'on peut avancer que ce cinquième opus de l'égérie de Zotsa sera parmi les albums qui marqueront l'année.

Avec Diaspora Créole, Nancy Derougère ne fait que confirmer sa place sur la première marche du podium. Reine du séga mauricien, elle jongle avec les styles en apportant sa touche personnelle et affiche la forme au fur et à mesure que défilent les 13 ségas (Olilae, Kiltir dezil, Tou sa lamour, Mokit mo pei, Fi…) de Diaspora Créole. Si Nancy V, medley phare de l'album, reste particulièrement accrocheur par son dynamisme, on aurait pourtant souhaité qu'il soit un séga à part entière et non un assemblage de succès. Il réunit Blakkayo, Monaster, Evoloziq, Double K, Ti Zom et Nancy.

Parmi les autres auteurs qui ont contribué à cet album, l'on retrouve Mario Justin, Sedley Assonne, Menwar, Alain Auriant et Marcel Poinen. En ce qui concerne l'arrangement musical, Mario Justin a abattu un travail méticuleux et particulièrement riche en influences.

Au Laribluz, le 10 août -Musique, slam et peinture pour "une bouffée d'air frais"

Trois mois après la mémorable soirée organisée le 12 mai dernier, le pub curepipien Laribluz remet ça en proposant, le vendredi 10 août, une nouvelle soirée musique, slam et peinture. Ce dans le but d'apporter une "bouffée d'air frais", tant aux artistes locaux qui ont trouvé là un nouvel espace d'expression privilégié, qu'au public qui peut y rencontrer, dans un lieu convivial, divers animateurs de notre scène artistique.

Pour la soirée du 10 août, qui débutera à 22h, le programme prévoit une partie musicale qui sera animée par pas moins de dix groupes et artistes, dans des styles allant du rock au folk. On pourra ainsi y retrouver, ou découvrir, L'Instant Pig, La Foule, Crossbreed, Gitans, Blue Sky Tribe, Paco, Nicholas Larché, Lagasé, Arnaud Décube et Jammers. Le slam fera aussi entendre sa voix avec des artistes comme Daniella Bastien, Mordikiss et Djam'l. Enfin, le volet peinture sera animé par le groupe Evazyon, qui devrait être rejoint par d'autres invités.

L'entrée pour cette soirée est fixée à Rs 100.

Le 12 août prochain-Concert en faveur de La Pointe Tamarin

L'association La Pointe Tamarin mène, depuis 2003, une action très porteuse visant à amener le développement de l'enfant à travers la créativité. Ce en particulier pour contrer la fatalité de l'échec au CPE. Aujourd'hui, ses divers ateliers accueillent quelque 250 enfants et jeunes de Tamarin et des alentours, et leur offrent un espace d'expression et de création dont on a pu mesurer la qualité lors de l'expo-bilan organisée à la fin de juin dernier.

L'association a toutefois besoin d'assurer un budget de Rs 150 000 pour pouvoir continuer l'action de ses ateliers Art et Musique, voire de son atelier Théâtre. Dans ce contexte, un concert de levée de fonds est organisé dimanche prochain, 12 août, sur le terrain de foot de Tamarin. Ce concert, qui se déroulera de 13h à 18h, réunira des artistes comme OSB, Negro Pou Lavi, Zot Sa, Ras Nininn, Ras Poldo, Clarel Armel, Evolozik et Zanzak, un des initiateurs de cette association.

L'entrée est fixée à Rs 100 et le public est invité à venir nombreux soutenir cette initiative.

Apartés, Tome II-La parole de l'autre

C'est parce qu'ils ont le verbe chaleureux, haut, parfois secret, parce qu'ils suscitent la curiosité en laissant se dérouler leurs vies, qu'ils ont été écoutés. Alain Gordon-Gentil, journaliste écrivain, qui publie un livre d'entretiens (Apartés, Tome II, Pamplemousses Productions) n'en doutait pas quand il a entrepris cette quête de confidences, de réflexions de personnalités d'horizons diverses. Et il a saisi cette parole.

Avant de lire le livre lancé samedi dernier Chez Tante Athalie, en présence d'amis, dont le Premier ministre Navin Ramgoolam, on entend Alain Gordon-Gentil habité par le lieu et l'esprit de l'enfance. Il est ensuite saisi par ce qui touche le plus dans le livre: le désir de connaître l'autre et livre en passant sa conception du journalisme. "Je ne me suis jamais engagé dans le journalisme pour autre chose que cela. Le désir d'apprendre, de savoir qui est l'autre, de rentrer dans l'intimité des vies. Être journaliste, c'est d'abord pour moi être curieux. Si l'écriture qui transmet cette curiosité touche le lecteur, elle apporte un supplément d'âme et c'est cela de gagné…"

Au fil des pages d'Apartés, Tome II, on grappillera des anecdotes, on découvrira l'engagement personnel de diverses personnalités. Musiciens, scientifiques, comédiens, personnalités politiques: ils livrent dans les interviews une image de nos sociétés. Chacun essaie de dire sa vérité, révèle parfois ses paradoxes. Mais la parole tient bon. Les entretiens gardent la trace de paroles fortes.

Les lecteurs curieux retrouveront dans leur journal habituel une nouvelle série d'Apartés à partir du mois prochain.


Disparitions de Serrault, Bergman, Antonioni

Cris et chuchotements

Un acteur polymorphe, qui savait passer du burlesque aux personnages tourmentés avec un égal bonheur; le cinéaste par excellence de la bourgeoisie italienne (dont il était issu) qui a utilisé avec brio sa caméra pour partager sa vision du monde et ses obsessions; et celui qui aura sondé comme personne l'être humain et ses sublimes tragédies. On pourrait ainsi résumer la carrière de ces trois monstres sacrés qui viennent de nous quitter. La longévité artistique de Michel Serrault, d'Ingmar Bergman et de Michelangelo Antonioni et leurs riches filmographies se moquent bien évidemment des raccourcis journalistiques. Chacun a apporté à sa manière la part de rêve et de réflexion que le cinéma laisse dans la mémoire et le cœur des hommes. Ces images que l'on garde au fond de soi parce qu'elles nous émeuvent, nous font rire, nous poussent à nous pencher sur nos faiblesses et nos incohérences, ces images qui laissent des traces sur l'écran noir de nos nuits blanches, elles sont là pour nous rappeler que si la vie n'est pas un roman, le cinéma est aussi un art.

Alors, oui. Résumer la carrière de trois monstres sacrés par des formules relève certainement de la folie. Qu'elle soit en cage ou pour identifier une femme par une sonate d'automne. On peut jouer avec les mots d'auteur et les maux qui prennent de la hauteur par un mouvement de caméra, mais on doit surtout laisser la parole aux images, à la beauté, au silence.

Serrault, Bergman, Antonioni vont nous manquer. Dans le cinéma qui se respecte et qui nous respecte, réalisme, rigueur et rire n'ont pas de nationalité. Le talent n'a pas de patrie. Il est dans le regard de Monsieur Arnaud, de Liv Ullmann, de Monica Vitti…


Michel Serrault-Talent fou sorti de sa cage

En plus de 50 ans de carrière à l'écran, ce comédien venu du cabaret s'est imposé comme le caméléon du cinéma français, tantôt amuseur ou caustique, désabusé ou déjanté, souvent déroutant, toujours juste.

Né le 24 janvier 1928 à Brunoy, dans l'Essonne, le jeune Michel Serrault pense d'abord avoir une vocation de prêtre mais renonce rapidement aux ordres. Après un passage éclair au Séminaire, il se destine au théâtre. Refusé au Conservatoire, il signe son premier contrat en 1946. Après son service militaire, il bifurque vers le cabaret. C'est ainsi qu'il rencontre en 1952 son compère et ami Jean Poiret.

Mais le grand tournant de sa carrière intervient le 1er février 1973, à l'occasion de la création, au théâtre du Palais royal à Paris, de La cage aux folles. Cette pièce de Jean Poiret, qui va connaître une carrière triomphale avant d'être portée à l'écran, fera de Michel Serrault une véritable star. Pendant plus de cinq ans, il jouera le rôle d'Albin Mougeotte, alias Zaza Napoli, vedette d'une boîte de nuit tenue par son compagnon Renato. Un rôle qui lui vaut en 1979 le César de l'interprétation masculine pour sa prestation dans l'adaptation de la pièce à l'écran par Edouard Molinaro.

Jean-Pierre Mocky, avec lequel il collaborera à dix reprises, lui offrira ensuite des rôles décalés et grinçants, comme celui de Jérémie, étrangleur de femmes dans L'Ibis rouge (1975). Michel Serrault est désormais loin de ce comédien au physique anodin, contraint un temps d'enchaîner les comédies alimentaires. Il joue un banquier troublant (L'Argent des autres, de Christian de Chalonge, 1978), un notable de province en smoking, accusé de pédophilie (Garde à vue, de Claude Miller, 1981; nouveau César d'interprétation), un détective obsessionnel (Mortelle Randonnée, de Claude Miller, 1983), un ministre de l'intérieur (Le Bon Plaisir, de Francis Girod, 1984), un rentier ayant raté sa vie (Nelly et Monsieur Arnaud, de Claude Sautet, 1995; troisième César). Il ne faut pas oublier son rôle inoubliable dans Les Fantômes du chapelier de Claude Chabrol (1982), monstre qu'il gratifie de sautes de voix et sautillements de jambes pour souligner son dérangement mental, et dans Docteur Petiot de Christian de Chalonge (1990), tueur en série qu'il interprète à la Mabuse, vampire au regard halluciné, maquillage expressionniste, mouvements saccadés de la tête et du buste.

Michel Serrault sait alterner les genres avec bonheur. Il le prouve cette même année 1995 en signant un retour réussi à la comédie dans Le Bonheur est dans le pré d'Etienne Chatiliez. La nouvelle génération ne l'oublie pas. Mathieu Kassovitz fait de lui un tueur professionnel dans Assassin(s) (1997), tandis que Christian Carion le transforme en vieux paysan bougon se laissant attendrir par Mathilde Seigner dans Une Hirondelle a fait le printemps (2001).

Ingmar Bergman-Le regard du vertige

Ingmar Bergman, souvent acclamé comme un maître du cinéma suédois, a réalisé au fil de sa longue carrière plus de quarante films où, avec une vision souvent tragique, il a sondé la complexité des rapports entre hommes et femmes.

Né le 14 juillet 1918 à Uppsala, au nord de Stockholm, fils de pasteur, il a été très marqué par son éducation religieuse, sévère et austère. Il fait ses études à l'université de Stockholm et apprend la mise en scène au théâtre, en montant avec une troupe étudiante des pièces de Strindberg et Shakespeare. À partir de 1944, il mène de front une double carrière théâtrale et cinématographique. Il monte une cinquantaine de pièces et écrit une dizaine de scénarios.

D'abord assistant réalisateur, Ingmar Bergman sort son premier film, Crise, en 1945. En 1955, il connaît son premier succès international avec Sourires d'une nuit d'été, une comédie grinçante qui, présentée l'année suivante au festival de Cannes, sert de modèle à la "nouvelle vague" française. Il commence à explorer les thèmes qui fonderont l'essentiel de son œuvre: l'angoisse de l'homme face à la mort, l'amour, la solitude et l'"infinie tristesse du monde sans Dieu".

Dans sa riche filmographie, on peut relever les films suivants: Les Fraises sauvages (1957), Cris et chuchotements (1972), Scènes de la vie conjugale (1974), Sonate d'automne (1978). Force des gros plans, importance attachée aux visages, soin accordé à la lumière par son chef-opérateur de toujours, Sven Nyqvist (décédé en 2006), utilisation des retours en arrière et fondus-enchaînés deviennent la respiration des films bergmaniens. Son cinéma est le plus souvent tragique.

En 1982, il tourne Fanny et Alexandre, une somptueuse œuvre testament sur son enfance et sa passion du spectacle, couronnée par quatre Oscars.

Depuis la disparition de sa dernière femme, Ingrid von Rosen, en 1995, Ingmar Bergman résidait seul une grande partie de l'année sur l'île de Farö, en mer Baltique, qui servit de décor à plusieurs de ses films. Commandeur de la Légion d'honneur, membre de l'Académie des lettres de Suède, dramaturge réputé, Bergman a révélé les dessous de sa vie privée et professionnelle dans ses livres, Laterna magica (1987), Images (1993) et Enfants du dimanche (1994), adapté au cinéma par son fils, Daniel. Marié cinq fois, Ingmar Bergman a eu neuf enfants.

Michelangelo Antonioni-La fragilité des sentiments

Michelangelo Antonioni était le cinéaste de l'incommunicabilité, du mal de vivre, de l'amour impossible. Il a su exprimer en profondeur les inquiétudes et les angoisses contemporaines.

Il est né le 29 septembre 1912 à Ferrare d'une famille bourgeoise. Il avait d'abord été critique de cinéma dans une revue locale avant d'aller à Rome suivre les cours du Centre expérimental du cinéma et de collaborer à la revue Cinéma, considérés comme des centres de résistance au fascisme. En 1942 à Paris, il est l'assistant de Marcel Carné, qui tourne Les visiteurs du soir, et devient ensuite le co-scénariste de Le retour d'un pilote de Roberto Rossellini.

C'est en 1943 qu'il tourne son premier documentaire, Les gens du Pô, film qui raconte la dure vie des pêcheurs et des bateliers de ce fleuve et s'inscrit dans la veine du néo-réalisme. Il réalise son premier long-métrage, Chronique d'un amour, en 1950.

Son style s'affirme dans sa trilogie: L'Avventura en 1960, La notte (La nuit, 1961) et L'eclisse (L'éclipse, 1962), interprétée par Monica Vitti, son actrice fétiche, sa compagne et sa muse pendant une dizaine d'années. L'Avventura est considéré comme la naissance d'un cinéma introspectif. Antonioni a choisi de raconter la difficulté des rapports humains et la fragilité des sentiments. Il atteint la consécration avec Blow up (1967), qui raconte l'histoire d'un photographe de mode qui découvre sur ses clichés qu'il a été témoin d'un assassinat à Londres.

Avec une vingtaine de films, il a connu la consécration internationale: Lion d'or à la Biennale de Venise en 1964 pour Désert rouge, Palme d'or au festival de Cannes en 1967 pour Blow up, Prix spécial du jury à Cannes pour Identification d'une femme en 1982, Oscar à Hollywood pour l'ensemble de sa carrière en 1995 et Lion d'or pour sa carrière à Venise en 1997.

Le public se détournera pourtant peu à peu de ses films, considérés comme difficiles d'accès même s'ils sont parfaitement aboutis sur le plan esthétique.

À moitié paralysé par une attaque cérébrale en 1985, Antonioni avait reçu l'hommage de tout le cinéma italien lors d'une soirée à Rome pour ses 90 ans, en septembre 2002.

Ces dernières années, très diminué par la maladie, il s'était réfugié dans le monde de la couleur, réalisant des collages et des mobiles qui avaient été exposés à Rome en octobre 2006.


Brèves

Nou Amizé, Séga Cassiya-Content lancé à La Réunion

L'album Nou Amizé, Séga Cassiya-Content, annoncé par les anciens membres du groupe Cassiya, a été lancé à La Réunion en fin de semaine. Pour l'occasion, Désiré François, Alain Ramanisum, Gérard Louis, Bruno François et Alain Lafleur se sont retrouvés à La Réunion pour assurer la promotion de l'album. Celui-ci sera probablement dévoilé aux Mauriciens le 15 août, au retour de Désiré François de l'Australie où il doit se produire sur scène.

Sandra Mayotte hospitalisée

La chanteuse Sandra Mayotte traverse une épreuve difficile actuellement. Malade, l'interprète de Makalapo est hospitalisée. Des complications liées à une artère bouchée la retiennent loin de ses activités artistiques. Cependant, son restaurant à Trou aux Biches, le Boathouse, reste ouvert pour accueillir les gourmets et des artistes qui animent chaque samedi des soirées musicales et thématiques.


Le sucre:À faire fondre de plaisir !

Ne serait-ce que pour une petite fois, si on oubliait tous les maux et les mauvais mots qu'on lui associe pour succomber à sa douceur ? Après tout, il a bien de bons côtés, le sucre ! Bon, c'est vrai, comme pour toute chose, son abus est néfaste. Mais lorsqu'il est convenablement dosé, allez, reconnaissons-le: le sucre, qu'il se décline en cristaux ou en cubes, qu'il soit doré, blanc ou roux, met goût et saveur en relief.

En cuisine, il joue avec la carte du contraste pour apporter subtilité et caractère. En pâtisserie et dessert, où il est indispensable, il affirme la texture, donne du croustillant et agrémente le goût. Matière malléable pour être sculptée et transformée, le sucre ramène à l'enfance…

C'est dans cet univers que Gilles Refloc'h, maître artisan pâtissier, nous invite à faire une douce incursion. Devant ses œuvres imprégnées de féerie, de magie et d'exotisme, l'on ne peut que… fondre. Il crée des personnages et autres sujets colorés et attachants pour les plus petits, mais il fait aussi rêver les plus grands en reproduisant des éléments de la faune et de la flore.

Pâte d'amande, chocolat, sucre… Ces matières sont devenues la base de décor qui rehaussent la pâtisserie signée Gilles Refloc'h. Ses pièces sont avant tout un régal pour la vue. Dans le stand où il s'affaire à la décoration de trois gâteaux, le professionnel français, invité au Festival de Cannes… à Sucre de l'Aventure du Sucre, met en exergue son savoir-faire en pastillage tout en vantant les qualités du sucre mauricien. Il est unique ! Et lorsqu'un produit est unique, tout est dit !

Gilles Refloc'h, qui a créé son enseigne ("Pain de sucre et Cacao"), transmet depuis des années la technique du pastillage aux professionnels mauriciens. Et pour ceux qui aiment bien jouer aux Chefs devant leurs fourneaux, l'invité de l'Aventure du Sucre ne les encourage pas à appliquer le sucre tiré ou sucre soufflé: technique consistant à travailler le sucre sous une source de chaleur afin de le modeler. Comme alternative à cette méthode un peu compliquée, ils leur conseillent de travailler à partir de la pâte d'amande, qui s'imprègne facilement de couleur alimentaire, et en s'inspirant de livres de modelage. Avec comme ingrédients clés la passion et la créativité, il n'y a aucune raison pour que la réussite ne soit pas au rendez-vous !

Les douze merveilles de Maurice

Le sucre mauricien se décline en douze variétés.

Demerara standard. De couleur or, il est idéal pour la crème brûlée, sucrer le café, les céréales et saupoudrer les gâteaux et fruits.

Demerara sec. Transformé en forme de cube, il convient aux entremets, laitages, boissons chaudes et viennoiseries.

Demerara fin. Brun doré, c'est un exhausteur de goût qui sied à la pâtisserie.

Golden semoule. Prisé dans la pâtisserie industrielle, il est conseillé pour sucrer les cocktails.

Granule café. D'un brun profond doré, ce sucre se dissout lentement. Il trouve sa place dans le fameux Irish coffee et relève en décoration.

Golden. Avec son arôme délicat, il se retrouve en confiserie et participe à la chaptalisation du vin.

Muscado brun. Sucre mou aux grains fins et bruns, il est idéal pour la confection des cookies, pain d'épices, tartes…

Sucre mélasse. Noir parce qu'il contient un maximum de mélasse, ce sucre relève les toffees, puddings et autres gâteaux aux fruits, voire chatinis et achards. Il a des qualités nutritionnelles puisqu'il contient fer, magnésium, potassium et calcium.

Brun foncé mou. Nouvelle variété de couleur brune, il peut être utilisé dans une palette de recettes: sauces aigres-douces, marinades…

Brun clair mou. Sucre ambré à grains très fins, il est indiqué pour des recettes exotiques: banane flambée, salade de fruits…

Muscovado clair. Avec un arôme doux, ce sucre d'un brun pâle s'accorde parfaitement aux desserts gratinés.

Roux spécial. Gardant les éléments naturels contenus dans le pur jus de canne, on le retrouve sur des rayons diététiques.

Ananas rôti au beurre de cannelle et son sorbet à la noix de coco

Recette figurant sur la carte du restaurant Le Fangourin, réalisée par le chef Sanjay Dhawootallea et son aide Rajesh. Facile à préparer, cette recette met en relief l'exotisme des fruits qui la composent.

Ingrédients

5 rondelles d'ananas, 150 g de sucre blanc, 2 bâtons de cannelle, 10 g de poudre de cannelle, 25 g de beurre, 17 ml de jus d'ananas, une boule de glace au coco et 2-3 feuilles de menthe pour la décoration.

Préparation

Aligner les rondelles d'ananas dans un moule. Saupoudrer de sucre et de cannelle en poudre. Étaler des noisettes de beurre sur les rondelles. Verser le jus d'ananas.

Puis, placer les bâtons de cannelle sur les fruits avant d'enfourner à 180°c, pendant 15 à 20 minutes.

Retirer du moule et placer les fruits cuits dans le jus sur une assiette. Servir avec la boule de glace et décorer avec les feuilles de menthe.

Crème brûlée

Recette figurant sur la carte du restaurant Le Fangourin, réalisée par le chef Sanjay Dhawootallea et son aide Rajesh. La vanille peut être remplacée par la cannelle, l'élaïti, ou l'anis étoilé.

Ingrédients

30 g de sucre blanc, 15 g de sucre demerara standard, 85 ml de crème fraîche, 55 ml de lait, 2 jaunes d'œufs et 1-2 c. à café d'essence de vanille.

Préparation

Dans un saladier, fouetter les jaunes d'œufs et le sucre blanc jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Dans un autre saladier, incorporer le lait et la crème fraîche. Fouetter légèrement. Verser le mélange crème/lait dans le premier saladier tout en remuant. Mettre, à l'aide d'une louche, la crème dans un ramequin.

La crème doit être cuite au four au bain-marie. Pour cela, placer le ramequin dans un plat contenant de l'eau. Enfourner à 150°C pendant 20-25 minutes. Retirer. Garder au réfrigérateur pendant 4-5 heures. Arroser la crème de demerara.

Pour caraméliser le sucre, ceux disposant d'un petit chalumeau peuvent procéder à l'aide de cet appareil pour cuisine. Faute de chalumeau, passer rapidement au four (mode gril).

Astuce

Pour réussir un caramel, ajouter quelques gouttes de jus de citron pressé, peu avant la fin de la cuisson.


Êtes-vous au parfum ?

Floral, boisé, cuir, fougère, Chypre, capiteux ou ambré… Le parfum est un mélange subtil de fragrances qui titille nos sens. Mis au point par des créateurs inspirés (ces fameux "nez" qui savent mélanger les essences), baptisés de noms évocateurs, souvent griffés par les plus grands noms de la mode, les parfums séduisent non seulement les femmes, mais aussi les hommes. Irrésistible, gai, pétillant, frais, sexy, doux, confortable, gourmand, sensuel ou mystérieux. Arme de séduction pour certains, le parfum se décline sous divers caractères. C'est ce qui le distingue et le personnalise. Toutefois, face à la palette d'appellations - soie de parfum, eau de parfum, eau de toilette, eau fraîche, etc. - disponible sur le marché, il est souvent difficile à choisir.

En effet, le choix d'un parfum est un acte purement personnel qui peut se faire selon plusieurs critères: peau, personnalité, style, émotion… Selon une conseillère en parfumerie, un parfum se choisit avant tout en fonction du type de peau et de l'acidité de celle-ci.

Chaque peau a un pH et une salinité différents, qui modifient les odeurs. "Un parfum qui sied à la maman peut ne pas convenir à une jeune fille", explique une des conseillères de vente. En effet, il faut savoir qu'une fragrance est composée d'une certaine quantité de parfum, d'alcool et d'eau. Selon le niveau de concentration de ces trois composants, un parfum aura une appellation précise: eau légère, eau de Cologne, eau de toilette ou eau de parfum (environ 18% de taux de concentration).

Le parfum est constitué de trois notes principales, qui caractérisent son odeur et font sa personnalité. Pour que naisse un parfum, il faut en effet mêler plusieurs dizaines d'essences, et choisir ce que les spécialistes appellent une "note de tête" (l'odeur que l'on perçoit tout de suite), une "note de cœur" (qui donne son caractère au parfum) et une "note de fond", qui fixe le tout, évoquant le thème du parfum.

Du mélange entre notes fruitées ou vertes, boisées, fleuries ou animales, naîtra le parfum. Et c'est avec la dernière note que l'on peut juger de sa tenue sur vous. "Si après trente minutes, vous ne sentez plus le parfum, cela peut signifier qu'il vous va bien", explique une conseillère de vente. En effet, s'il met notre sens olfactif en éveil, ce produit évanescent par excellence doit avant tout convenir à notre peau et à notre personnalité…

À chacun son parfum

Les parfumeurs destinent souvent leurs produits à une catégorie précise de personnes (à l'instar des femmes actives, chics, sportives, impulsives, tendres…). Le floral est un parfum qui utilise les senteurs de fleurs. Certaines sont légères, comme la violette ou le muguet; d'autres capiteuses, comme la tubéreuse et l'iris. Quant à la rose et au jasmin, elles se situent entre les deux. Les parfums floraux font partie d'une gamme très vaste et sont appropriés pour les femmes féminines qui aiment la simplicité. Toutefois, selon la composition florale, ils peuvent convenir aux femmes qui aiment la sophistication.

Idéal pour les femmes espiègles et gourmandes ou pour les femmes-enfants, le parfum fruité est une substance aux notes sucrées, douces et fraîches. Il peut être gourmand comme le chocolat, la fraise, la mangue (pour la gamme exotique). Le Chypre ou le boisé est basé sur un accord de mousse de chêne. Les effluves de ce parfum viennent de la mousse de bois et rappellent la forêt. Ce type de fragrance convient aux femmes de nature discrète, qui aiment les fragrances subtiles et végétales.

Les eaux fraîches (hespéridées) sont basées sur des odeurs d'agrumes (citron, orange, bergamote, cédrat) ou de zestes (pamplemousse, mandarine). Ce type de parfum est destiné aux femmes natures qui aiment les senteurs légères et fraîches. Grâce à sa fraîcheur, il est idéal en été.

L'oriental, approprié pour les femmes sensuelles ou sulfureuses qui aiment créer le trouble dans leur entourage masculin, est un parfum d'un accord chaud et voluptueux d'ambre, de vanille, de cannelle ou même de bois. La gent masculine préfère les notes aromatiques, assez légères, car elles donnent une nouvelle interprétation de la séduction.

Pour trouver le parfum idéal, à moins d'un coup de cœur, il est conseillé d'essayer les parfums sur des mouillettes (morceaux de papier) avant de faire son choix. Lorsqu'une fragrance vous convient, essayez-le sur l'intérieur de votre poignet. Cette zone chaude du corps (car bien irriguée) permet au parfum de bien se développer. Des senteurs trop fortes peuvent être source de migraines, voire de nausées, aussi bien pour la personne qui les porte que pour son entourage.

Il est conseillé de toujours se parfumer en petites quantités. Deux à trois vaporisations (derrière les oreilles et dans le creux des seins - pour éveiller les sens d'autrui) pour un parfum qu'on porte en soirée et trois à quatre vaporisations d'eau de toilette (dans le cou et au creux des coudes) suffisent pour un produit que l'on porte durant la journée. Lorsqu'un parfum vous plaît vraiment, vous pouvez le vaporiser entre le cou et le buste, pour pouvoir le sentir toute la journée. Si, à la fin de la journée, vous éprouvez encore du plaisir à sentir la fragrance, c'est que vous avez trouvé le parfum qu'il vous faut !


Quelques astuces

- Avant de fixer votre choix, testez-en quelques-uns. Mais ne vous précipitez pas sur plusieurs flacons. Testez-les, les uns après les autres, car votre nez va être rapidement saturé et vous risquez d'avoir mal à la tête.

- Ne vaporisez pas le parfum dans l'air, devant vous. L'air, chargé en molécules odoriférantes, fera que vous ne sentirez rien.

- N'essayez pas le parfum sur la peau d'une autre personne. Chaque peau a un pH et une salinité différents, qui modifient les odeurs.

- Essayez les parfums sur des mouillettes et s'il vous convient, essayez-les sur l'intérieur de votre poignet, une zone chaude du corps, qui permet au parfum de bien se développer.


Fragments de fragrances

Ambré. Sous cette dénomination, quelquefois appelés "orientaux", sont groupés les parfums ayant des notes douces, poudrées, vanillées.

Capiteux. Se dit d'une odeur, d'une composition, d'un parfum qui produit une surexcitation des sens.

Cuir. Qualificatif d'un type d'odeur, des notes sèches, très sèches parfois, essayant de reproduire l'odeur caractéristique du cuir (fumées, bois brûlé, bouleau, tabac ) et des notes de tête ayant des inflexions florales.

Fougère. Cette dominante de fantaisie comprend un accord généralement réalisé avec des notes lavandées, boisées, mousse de chêne, coumarine, bergamote…

Hespéridées. On entend par "hespéridées" les huiles essentielles obtenues par expression du zeste des fruits tels que bergamote, citron, orange, mandarine…. associés aux produits de l'oranger. C'est dans ce groupe que l'on trouve les premières "Eau de Cologne" utilisées par les hommes et les femmes.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 5 août 2007