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En marge de leur accréditation
Les laboratoires privés contestent le délai de
6 mois imposé par Mauritas
Les propriétaires de 21 laboratoires d'analyses privés,
regroupés au sein de la Private Medical Laboratories Association
(PMLA), montent au créneau pour dénoncer une situation
"injuste" qui leur est imposée. Suivant
la demande du ministère de la Santé aux laboratoires
d'analyses privés de se faire accréditer auprès
de Mauritius Accreditation Service (Mauritas), organisme régulateur
qui s'assurera de la qualité des services offerts, les
propriétaires de ces laboratoires contestent le délai
de six mois auquel ils doivent s'assujettir. Ils déplorent
également les frais additionnels, qu'ils jugent trop élevés,
que ces nouvelles dispositions vont occasionner, impliquant par
là même, une hausse des frais des services offerts
au public. Assurant qu'ils accueillent favorablement la décision
du ministère d'implémenter ces normes de qualité,
les contestataires réclament un moratoire de trois ans
pour soumettre tous les documents exigés.
"Nous avons besoin de plus de temps pour soumettre tous
les documents exigés. Il nous faut un moratoire de trois
ans", indique le secrétaire de la PMLA, Ibrahim
Sheik Yousouf. Si depuis 2005 (lorsque le ministère de
la Santé en a eu assez des plaintes dénonçant
l'incompétence de certains laboratoires), les propriétaires
de laboratoires sont au courant qu'ils devaient se conformer aux
normes internationales, les contestataires indiquent qu'ils ont
eu deux rencontres, en 2006 et en février dernier avec
le ministère de l'Industrie pour expliquer pourquoi, le
délai alloué est trop court. Néanmoins, une
lettre datée du 15 juin, du ministère de la Santé,
les informe qu'ils ont six mois pour demander leur accréditation
au Mauritas, soit jusqu'au 31 décembre 2007. Suivant leur
satisfaction aux critères exigés pour mener à
bien les analyses médicales, l'organisme les reconnaîtra
formellement, à défaut, leur permis d'opération
pourrait ne pas être renouvelé. "Il y a trop
de choses à faire, dont des travaux d'agrandissement pour
certains laboratoires qui sont trop étroits, la soumission
de toute une liste de documents (un Policy Manual), l'accréditation
des fournisseurs d'appareils par l'autorité régulatrice
pour pouvoir être prêts en six mois
C'est pourquoi,
nous demandons trois ans encore", explique Ibrahim Sheik
Yousouf. Ce dernier fait ressortir que l'association n'est nullement
opposée à cette accréditation, mais le délai
imposé par Mauritas est trop court. Autre problème
soulevé, parmi les exigences de Mauritas, le personnel
appropriately qualified à plein temps. "C'est
un gros problème, car nous n'avons pas de gens qualifiés
qui peuvent travailler à plein temps. Avec cette exigence,
il nous faudra faire venir des gens de l'étranger",
souligne Ibrahim Sheik Yousouf. Et cela implique d'énormes
frais. "Nous serons obligés d'augmenter nos tarifs,
et cela, au détriment du public, pour lequel, face au service
reçu dans les hôpitaux publics, nous sommes d'un
grand secours", avance le secrétaire de la PMLA.
Il ajoute que les laboratoires, qui n'ont pas fait provisions
pour ces frais, devront débourser par exemple, Rs 10 000
par jour, pour une prévérification par un expert,
soit Rs 300 000 annuellement, moyennant plusieurs visites de plusieurs
experts par an. "Dans cette optique, nous allons impérativement
devoir augmenter nos coûts, et cela, le public en fera les
frais", déplore Ibrahim Sheik Yousouf. Conscients
qu'ils sont tenus d'offrir un service de qualité au public,
répondant aux normes internationales, les propriétaires
de laboratoires estiment que le ministère devrait leur
accorder un peu plus de temps. En attendant d'obtenir une rencontre
avec le ministre de la Santé, pour discuter des problèmes
d'incompétence de certains laboratoires, qui touchent ce
secteur et éventuellement revoir le délai auquel
ils doivent s'assujettir, les propriétaires de laboratoires
envisagent l'option de débattre leur cas en Cour.
Médicaments inefficaces
Les critères de sélection de fournisseurs resserés
Après l'affaire de médicaments inefficaces distribués
aux patients dans nos hôpitaux, le ministère de la
Santé a resserré ses critères de sélection
de fournisseurs de médicaments. Une nouvelle liste de critères,
incluant le rating des fournisseurs, a été
établie pour assurer et renforcer le contrôle de
qualité des médicaments fournis par les laboratoires
étrangers. Cette liste a été approuvée
par le Central Tender Board. En effet, suite aux résultats
du rapport du laboratoire d'analyse sud-africain, confirmant,
malgré les explications des fabricants indiens qui affirmaient
que les médicaments étaient conformes aux normes,
que l'un des quatre médicaments soupçonnés
d'être inefficaces, destinés aux asthmatiques, diabétiques
ainsi qu'aux hypertendus, mis à la disposition des patients
l'année dernière, le Salbutamol 4 mg, fabriqué
par le laboratoire indien BHD Industries, et destiné aux
asthmatiques, contenait plus de composants chimiques que permis
par la pharmacopée, le ministère a décidé
de mettre sur pied d'un Fact Finding Committee (FFC), afin
de faire la lumière sur cette affaire. Si le ministère
a également indiqué que s'il n'y a aucun problème
avec le Salbutamol 2 mg ainsi que le Metformin Hydrochlroride
500 mg, produits respectivement par les laboratoires indiens FDC
Ltd et Medopharm (parmi les laboratoires cités dans cette
affaire, dont ne figure pas, ce qui est confirmée de source
officielle, la compagnie Leben, comme mentionné par Week-end,
dans son édition du 6 mai dernier), la Santé a décidé
de resserrer la vigilance par rapport aux fournisseurs. Actuellement
d'autres échantillons (une vingtaine) de médicaments
suspects ont été envoyés dans des laboratoires
à l'étranger aux fins d'analyses. Le ministère
attend les résultats. Par ailleurs, un budget, d'environ
Rs 10 M a été voté par le ministère
de la Santé, pour la mise sur pied d'un laboratoire d'analyses
de qualité, à Maurice. Le ministère procédera
prochainement aux appels d'offres pour la fourniture des équipements
de ce laboratoire, qu'il souhaite mettre sur pied dans les plus
brefs délais. Ce laboratoire local vise, entre ses nombreux
objectifs, à protéger la santé publique,
et soutenir le développement de l'industrie pharmaceutique,
ainsi qu'à combattre l'industrie de la contrefaçon
à Maurice. Le ministère a récemment recruté
cinq chimistes, qui bénéficieront de formation étrangère,
pour assurer la bonne marche de ce laboratoire.
Activités de l'AAA
Conférence sur la simplicité dans la publicité
à l'UoM mardi
C'est Piyush Pandey, célèbre publicitaire indien,
qui présidera le jury du concours organisé par l'Association
of Adversiting Agencies (AAA) pour récompenser les meilleures
pubs de l'année. Le visiteur profitera de son séjour
à Maurice pour animer une conférence publique sur
le thème "Simplicity in Creative Advertising."
C'est une personnalité de la publicité internationale
que l'AAA mauricienne a invitée pour présider son
festival annuel, qui récompense les meilleurs travaux de
l'année écoulée. Il s'agit de Piyush Pandey,
Executive Chairman & National Creative Director de la firme
Ogilvy & Mather India and South Asia. Piyush Pandey est né
à Jaipur et a fait ses études au St Stephen's College
de Delhi où il obtint son Master's degree. Après
une incursion dans le sport - il fit du cricket au niveau professionnel
- Pandey exerça plusieurs métiers avant de se joindre
à l'agence de publicité Ogilvy en 1982 comme simple
assistant.
En 1989, il est transféré au département
créatif de l'agence dont il sera nommé le directeur
créatif en 1992 avant d'être nommé National
Creative Director (India) deux ans plus tard avant de devenir
membre du conseil d'administration de l'entreprise. En février
2004, Piyush Pandey devait être nommé directeur exécutif
de Ogilvy and Mather pour l'Inde et l'Asie du Sud. Sous sa direction,
Ogilvy and Mather devait devenir le leader de la publicité
créative en Inde et collectionner les trophées nationaux
et internationaux.
Qualifié de "the most influential man in India's
advertising" par The Economic Times de
la Grande Péninsule, Pandey est aussi connu pour avoir
"redefined Indian advertising by curing its colonial hangover
and reaching out to the one billion strong Indian masses, by speaking
to them in their own language." Sous sa direction, la
firme a collectionné les récompenses en Inde et
au niveau international - dont plusieurs Lions au festival de
la publicité à Cannes - et contribué à
faire mettre l'Inde sur la carte mondiale de la publicité
créative.
Dans le cadre de son séjour mauricien, Piyush Pandey a
accepté d'animer une conférence publique destinée
à tous ceux qui s'intéressent aux divers métiers
de la publicité et du marketing. Cette conférence
aura lieu mardi prochain 24 juillet à 10 heures à
l'auditorium Octave Wiehe à l'université de Maurice.
Au même endroit et à la même heure le lendemain,
et toujours dans le cadre des activités de l'AAA, Ravin
Lama, CEO du Matinal, animera une autre conférence
publique.
Festival de la diaspora indienne
Ouverture par Navin Ramgoolam et Nitish Kumar du Bihar
Le chef ministre de l'État du Bihar, Nitish Kumar, arrive
à Maurice le jeudi 26 juillet à la tête d'une
importante délégation pour participer au premier
festival de la diaspora indienne organisé par la Global
Organisation of People Origin (GOPIO). La délégation
comprendra quatre ministres, des officiels du gouvernement, des
hommes d'affaires, un groupe d'artistes, des poètes et
des écrivains.
L'ouverture de ce festival est prévue le vendredi 27 juillet.
Elle sera effectuée conjointement par le Premier ministre
Navin Ramgoolam et le Chef ministre du Bihar, Nitish Kumar. Les
membres de la délégation indienne ainsi que les
représentants des organisations socioculturelles seront
présents au Centre Swami Vivekananda à Pailles pour
la cérémonie d'ouverture.
Nitish Kumar et sa délégation auront un programme
très chargé. Il participera, le jour de son arrivée,
à une cérémonie de dépôt de
gerbes sur le samadhi de SSR au jardin des Pamplemousses.
Le samedi 28 juillet, au Centre international de conférences
de Grand-Baie, il sera invité à une rencontre sur
le thème "Invest in Bihar". Organisée
par la GOPIO et le Board of Investment, elle donnera l'occasion
aux hommes d'affaires mauriciens de prendre connaissance des possibilités
d'investissement au Bihar. Le vice-Premier ministre et ministre
des Finances, Rama Sithanen, le ministre des Affaires étrangères,
Madan Dulloo, et le ministre de l'Industrie et du Commerce, Rajesh
Jeetah, ont été invités à y participer.
Nitish Kumar se rendra également à Kewal Nagar,
lieu de naissance de SSR, et à Phuliar (Barlow) où
le premier groupe des travailleurs engagés indiens fut
déployé.
Le dimanche 29, Nitish Kumar assistera au MGI à une conférence
sur la diaspora indienne, placée sous la présidence
du professeur S. Jugessur. Il se rendra aussi à Ganga Talao.
Une conférence sur la jeunesse de la diaspora indienne
est prévue le lundi 30 juillet à l'auditorium Octave
Wiehé. Le Chef ministre du Bihar se rendra également
à l'Aapravasi Ghat à Port-Louis pour rendre hommage
aux travailleurs engagés indiens.
Créativité et développement global
Le collège Sainte-Marie en fait son atout !
Créativité et développement avaient pris
tout leur sens, jeudi denier, au collège Sainte-Marie à
Palma. L'établissement ouvrait ses portes aux parents et
au public, et mettait ce jour-là en relief toutes les activités,
pédagogiques comme artistiques, dont l'unique objectif
est de favoriser le développement global des 120 apprenants
de ce collège confessionnel catholique.
Chaque classe avait été aménagée le
temps d'une exposition sur des thèmes variés: l'évolution
de la langue française et l'espace francophone à
travers le monde, par exemple. Ou encore, à travers des
posters et des plats typiques, des élèves invitant
les visiteurs à faire une incursion dans les murs
anglaises. Entre-temps, les salles réservées au
sport, à l'informatique, la cuisine, aux arts plastiques,
à la couture ou encore aux travaux de bois, mettaient en
exergue les aptitudes des élèves après trois
ans de parcours.
La journée portes ouvertes concluait le deuxième
trimestre, avec la distribution des résultats. Il faut
savoir que le collège favorise le système de contrôle
continu. Dans un peu moins de deux ans, le premier collège
catholique payant s'apprêtera à inscrire ses premiers
candidats aux examens de School Certificate de Cambridge.
Il y a trois ans, lorsque le collège est entré en
opération - à Rose-Hill, dans un premier temps -
, il accueillait 45 élèves. La population estudiantine
a presque triplé: le collège enregistre actuellement
de nombreuses demandes pour une place en Form I en 2008. L'arrivée
de Sainte-Marie dans le secteur éducatif se voulait être
une alternative à la pratique des sièges réservés
dans le secondaire catholique, qui ne pouvait plus être
appliquée.
La responsable de Sainte-Marie, Jeanine Provençal, explique
que l'établissement peut en effet se distinguer des autres
collèges par quelques caractéristiques et des options
qu'il offre. Notamment, le nombre d'élèves (25)
par enseignant, un programme faisant de la place pour l'espagnol,
les travaux de bois (filles et garçons), les classes mixtes,
l'éducation sexuelle
Accueillant des élèves de toutes confessions religieuses,
Sainte-Marie propose des classes de valeurs humaines pour les
non-catholiques pendant la période consacrée à
la classe de religion. Jeanine Provençal explique que durant
la récréation, des surveillants, les form teachers
et discipline masters assurent la discipline et appliquent
les sanctions qui s'imposent. Un panel composé de
parents d'élèves et d'enseignants a été
constitué pour réfléchir sur la discipline,
sujet qui fait débat dans le secondaire.
La responsable de Sainte-Marie précise aussi que le collège
a mis à la disposition de chaque élève, un
enseignant agissant comme tuteur, qui l'aide dans son parcours
académique. Une psychologue est aussi attachée au
collège.
Primaire-Nomination prochaine de 60 DHT
La nomination de 60 Deputy Head Teachers est attendue avec
intérêt dans le secteur primaire, cette semaine.
Dans les jours à venir, des enseignants des écoles
comptant de longues années de carrière seront fixés
sur leurs chances de promotion.
Parmi les candidats en lice, le président de la Government
Teachers Union, Vinod Seegum. Ce dernier a rencontré le
ministre James Burty David en début de semaine, alors que
celui-ci faisait la suppléance à l'Éducation,
en l'absence du ministre Dharam Gokhool. JBD a donné la
garantie au syndicaliste que les assistants maîtres d'école
seront nommés incessamment. "Quelques jours après
cette rencontre, le ministre David m'a appelé pour me dire
que les DHT seront effectivement nommés au cours de cette
semaine", a précisé le président
de la GTU.
Vinod Seegum, qui aspire au poste de DHT après 33 ans de
service, affirme que s'il est nommé, sa nouvelle position
n'aura aucune influence sur ses fonctions au sein du syndicat
des enseignants. "La GTU compte de nombreux membres DHT.
Il ne faut pas oublier que Jugdish Lollbeeharry, qui a été
président du syndicat pendant de longues années,
était déjà DHT", a-t-il déclaré.
Luttant contre une thalassémie majeure
Anaïs Seechurn, 13 ans, veut vivre, tout simplement
Anaïs Seechurn, bientôt 14 ans, se bat contre la
thalassémie majeure, qui diminue ses chances de survie.
Élève en Form II au collège Cosmopolitan,
cette jeune habitante de Grand-Baie doit impérativement
atteindre ses 15 ans pour garder l'espoir de vivre, tout simplement.
Actuellement, la maladie déforme sa colonne vertébrale.
Une intervention chirurgicale à La Réunion est vitale
pour Anaïs. Mais ses parents, Annick et Jay Seechurn, n'ont
pas les moyens de payer les frais de l'opération
"Matt Pokora ? Mais c'est mon gendre !", dit
Annick Seechurn en s'esclaffant, taquinant sa fille, Anaïs.
M. Pokora, étoile du R'n'B français, n'a pas épargné
le cur de l'adolescente. Elle en est fan et le trouve, bien
entendu, "génial". Lorsqu'elle surfe sur
Internet, c'est pour suivre l'actualité de la vedette et
visiter aussi les sites du jeune chanteur récemment décédé,
Gregory Lemarchal.
Anaïs est une adolescente à part entière. Au
collège, ses préférences vont aux sciences
et au français. Sa meilleure amie, Anaëlle, écoute
Josué, nouveau venu dans la chanson locale; envoie des
SMS à ses amis. Entre la voile et le volley-ball, son cur
balance. À 13 ans, la jeune fille excelle en voile: elle
est déjà la championne dans sa catégorie.
"J'aime la mer. J'espère bien devenir monitrice
plus tard", confie Anaïs, qui voudrait aussi exercer
le métier de psychologue, "pour être à
l'écoute des enfants qui ont des problèmes".
À Grand-Baie où elle vit, elle était inscrite
à l'école de voile. Sélectionnée,
elle devait faire sa valise pour Dubayy où elle aurait
représenté Maurice lors d'une compétition
internationale. Mais la maladie en a décidé autrement.
Thalassémique, Anaïs vit au rythme des transfusions
sanguines et s'accroche à la vie.
Lorsqu'elle n'est pas en proie à des fièvres violentes,
l'adolescente est confrontée à des douleurs physiques,
surtout après les prises de sang à l'hôpital.
La maladie déforme peu à peu sa colonne vertébrale,
affectant le côté gauche de son dos. Il y a quelques
mois, Anaïs a subi une délicate intervention à
l'hôpital de Bellepierre à La Réunion où
on lui a prélevé un kyste à l'ovaire. Hémorragies
et vertiges font aussi partie du chemin de croix de l'adolescente.
Tout bascule en janvier
"J'ai un problème avec mon sang", explique
Anaïs pour résumer sa maladie. En janvier dernier,
alors qu'elle est au collège, elle perd connaissance. Appelée
en urgence, sa mère la transporte fiévreuse, à
l'hôpital où elle est admise. La leucémie
est évoquée. À sa sortie de l'hôpital,
la jeune fille n'est pas mieux. Ses parents ont recours à
une clinique où des analyses révèlent des
anomalies au niveau des plaquettes. Les Seechurn apprennent que
leur fille ne peut être traitée à Maurice
et on leur conseille de se tourner vers l'Afrique du Sud.
Faute d'argent, La Réunion est choisie. En février
dernier, les Seechurn se rendent au centre hospitalier de Bellepierre.
Le diagnostic tombe: Anaïs est thalassémique et son
état s'est détérioré. La jeune fille
est consciente qu'elle doit désormais lutter contre la
mort. Comme la maladie est héréditaire, les parents
de la jeune fille sont invités à faire un test.
Sa mère ne porte pas le gène, mais pas son père.
Ce dernier a transmis la maladie à ses deux filles.
Il y a 5 ans, alors qu'Anaïs était régulièrement
prise d'accès de fièvre et avait des hémorragies
inquiétantes, le service hospitalier où elle se
rendait pour les soins n'a jamais décelé de complication.
"On la traitait pour sa fièvre !" raconte
Annick Seechurn. Cette dernière sait maintenant qu'il est
impératif qu'Anaïs atteigne ses 15 ans. "Les
médecins réunionnais m'ont expliqué que si
elle dépasse ce cap, ses chances de survie seront grandes",
dit-elle, en gardant espoir. Le 17 août prochain, Anaïs
fêtera ses 14 ans.
"Il m'arrive d'avoir peur"
L'adolescente ne veut pas jouer les braves. "Il m'arrive
d'avoir peur
Quand j'ai très mal et que je pense
ne plus pouvoir me battre. Mais je suis une fille courageuse",
confie-t-elle.
Rentrée de l'hôpital fatiguée, elle se retire
du salon et monte dans sa chambre pour se reposer. Sa petite sur
Gracy-Ann la suit comme son ombre. Pétillante et coquette,
la fillette de trois ans, qui est en maternelle, est aussi thalassémique.
"Pour l'instant, son état ne s'est pas aggravé.
Au prochain déplacement d'Anaïs à La Réunion,
Gracy-Ann sera aussi du voyage où elle commencera un traitement
médical", dit Annick Seechurn.
Avec son mari Jay, c'est un inlassable combat que mène
cette jeune mère de 36 ans pour sauver sa fille aînée.
Tandis qu'il parcourt quotidiennement de longs kilomètres,
dès 6h, pour se rendre au chantier afin de subvenir aux
besoins de sa famille, elle organise des collectes de fonds pour
réunir la somme de Rs 1,5 million nécessaire, dans
un premier temps, pour le traitement de sa fille.
Après un premier appel à la générosité
du public, les Seechurn ont pu obtenir Rs 60 000, qui servent
à l'achat des médicaments et aux paiements des frais
de clinique. "Les médicaments n'étant pas
disponibles à Maurice, on les fait venir de La Réunion.
Anaïs doit prendre ces comprimés chaque 20 jours,
ce qui revient à 169 euros à chaque achat. Parfois,
faute de moyens, on essaye de tricher en sautant un jour. Mais
ça ne marche pas. Anaïs est alors davantage malade",
explique la mère.
À cause de la déformation de sa colonne vertébrale,
une opération est vitale pour Anaïs. L'intervention
chirurgicale, coûteuse, ne peut être pratiquée
qu'au centre hospitalier où elle est traitée.
Anaïs ne peut être soignée à Maurice.
"Lorsque je me rendais à la pharmacie pour acheter
des médicaments, on écarquillait grands les yeux
pour me demander: ki été sa medsinn la ? À
part les transfusions, les analyses et les soins pour ses fièvres
récurrentes, on ne peut rien pour elle ici", déplore
Annick Seechurn.
"Elle parle de la mort avec une sérénité
déconcertante"
La jeune mère se consacre ces derniers temps à l'organisation
du concert de solidarité pour sa fille. Elle court dans
tous les sens pour parvenir à mettre sur pied cette activité.
"Pour placarder les affiches à Grand-Baie et ailleurs,
je me suis même vêtue comme un homme pour le faire
sans attirer l'attention ! Ce soir-là, mon mari travaillait."
S'associant au combat du couple, le magasin Gas de Grand-Baie
a mis en vente des t-shirts. L'argent récolté contribuera
au financement des soins d'Anaïs. De son côté,
le père de Jay Seechurn commercialisera des achards pour
venir en aide à sa petite-fille.
Peu après la découverte de la maladie d'Anaïs,
Annick Seechurn a été contrainte d'abandonner son
travail. "Je cumulais des emplois pour assurer nos dépenses.
Je partais de la maison très tôt et je rentrais tard",
raconte-t-elle. Mais Anaïs a besoin d'une attention constante:
son système immunitaire se fragilise de jour en jour. Vertiges,
pertes de connaissance, fièvres et autres complications
la retiennent loin du collège. Annick salue d'ailleurs
l'établissement qui "réagit promptement
en cas d'urgence, et pour sa compréhension".
Le soir, quand elle dort, les parents d'Anaïs se relayent
pour s'assurer qu'elle respire sans difficultés. Cette
situation engendre une inquiétude: celle de perdre leur
fille aînée. Lorsqu'elle a le moral au plus bas,
Anaïs se blottit contre sa mère et évoque la
mort. "Parfois, elle m'étonne quand elle parle
de la mort avec une sérénité déconcertante.
Elle me dit qu'elle ne sera pas seule là-haut. Sa marraine,
décédée, veillera sur elle."
Mais c'est aussi en Anaïs que ses parents puisent leur force
pour continuer leur combat. "Son sourire le matin est
ma motivation", confie Jay Seechurn. Ce dernier se culpabilise
d'avoir transmis cette maladie génétique à
ses enfants et a dû mal à l'accepter. Tout comme
Anaïs, ce n'est que récemment qu'il a appris qu'il
est porteur du gène de la thalassémie
Des artistes se mobilisent
Une palette d'artistes a constitué une véritable
chaîne de solidarité pour venir en aide aux Seechurn.
Désiré François, Nitin Chinien, Sandra Mayotte,
Alain Ramanisum et Ravana, Hardy Meunier, Natty Jah, David Couronne,
Josué, Kathy Martin et Patrick Balikdor: ils donneront
un concert le 29 juillet au Kilimanjaro Hall (ex-Le Bambous),
à Grand-Baie à partir de 15h. Les billets (Rs 200)
sont en vente dans les points suivants: Gas, Vicky Snack, le restaurant
Vieille Rouge à Grand-Baie et Otentik Vibes, Rose-Hill.
L'animation sera assurée par Shirley Chumroo.
L'argent récolté servira à financer l'intervention
chirurgicale d'Anaïs. Le public peut aussi contribuer en
faisant parvenir leur don sur le compte suivant de la jeune fille
à la MCB: 162654189.
La thalassémie en quelques mots
La thalassémie est un trouble sanguin héréditaire
qui affecte la production d'hémoglobine: les globules rouges
ne peuvent pas transporter autant d'oxygène dont l'organisme
a besoin. Cette maladie héréditaire se caractérise
par un certain nombre d'anémies survenant chez l'enfant.
Elle est transmise le plus souvent selon un mode autosomique récessif
- il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie
génétique sur un chromosome non sexuel pour que
l'enfant présente l'affection. Autrement dit, le gène
en cause doit être reçu du père et de la mère
pour que l'enfant développe la maladie. En dehors de l'anémie,
le sang contient des globules rouges (hématies) dont la
caractéristique majeure est la microcytose, c'est-à-dire
la diminution de leur taille par rapport à un globule rouge
normal.
En matière de classification, on distingue l'alphathalassémie,
la bêtathalassémie homozygote (appelée thalassémie
majeure, anémie de Cooley, anémie méditerranéenne),
la bêtathalassémie hétérozygote (appelée
thalassémie mineure, syndrome de Rietti-Greppi-Micheli),
la thalassémie S, la thalassodrépanocytose, l'anémie
microcytaire drépanocytaire de Silvestroni-Bianco. Les
symptômes survenant au cours des thalassémies sont
identiques mais varient en gravité de l'une à l'autre.
Tribune-Jeunes du secondaire: drogue, sida
Cherchons les vraies causes
Les journaux du week-end dernier ont alerté sur la hausse
de la drogue et les risques de sida dans le milieu des étudiants.
Alcool, drogue avec échange de seringues, mais aussi permissivité
sexuelle où les jeunes font face à des risques de
maladies sexuellement transmissibles et de grossesses précoces.
Il y a là une spirale qui va peser de plus en lourd sur
notre société.
Avec des familles en butte à des problèmes et des
souffrances à cause de l'avenir des enfants concernés.
Avec des soins de santé très couteux pour soigner
les MST et les séropositifs.
Avec une route pénible et longue pour essayer de sortir
des tentacules de l'alcool et de la drogue.
Avec des jeunes dépendants de l'État, au lieu de
devenir des citoyens responsables, capables d'entrer dans le monde
du travail.
Cette réalité à regarder en face explique
déjà le climat de violence qui grandit dans le pays.
Une insécurité qui affecte aussi les Mauriciens
sans ces problèmes de drogue et de sida mais qui, du jour
au lendemain, vivent des traumatismes de vols et de violence qui
les perturbent à jamais. La plupart de ceux arrêtés
pour ces délits ont moins de 30 ans. Une enquête
sociologique révélerait que, dans la majorité
de ces cas, ils ont eu une enfance perturbée.
Constater, analyser, alerter. Puis quoi faire ? Dans quelle mesure
ces problèmes alarmants reflètent-ils l'état
de santé de nos familles mauriciennes ? En d'autres mots,
dans quelle mesure, la société adulte d'aujourd'hui
est en partie responsable des problèmes dans lesquels certains
jeunes s'enfoncent ?
Un premier constat
Nos enfants ont certes plus de confort matériel qu'auparavant
avec nos supermarchés qui ne désemplissent pas
Mais les enfants ont-ils suffisamment de cette sécurité
affective et de cette qualité de présence de leurs
parents dont ils ont tellement besoin dans les dix premières
années de leur vie ?
Comment sont-ils écoutés, valorisés, fortifiés
par un quota d'amour éclairé qui les éduque
vraiment ?
Comment ont-ils appris à s'aimer, à s'accepter et
à vivre en société avec ce qu'ils sont?
Qu'ont-ils découvert de l'amour au sein de leurs familles
avec des parents capables de s'aimer dans la durée, qui
ont trouvé un temps pour rire ensemble et un temps pour
prier ensemble. Pour partager des souvenirs de moments heureux
même si tout n'a jamais été et ne sera jamais
parfait. A chaque famille son constat. Mais il est un fait que
les enfants se construisent surtout avant l'adolescence. Après
ils sont largués au large des influences et de leurs choix
personnels.
Un deuxième constat
Nombreux sont ceux, dans notre société d'adultes,
qui considèrent normale la permissivité sexuelle
ambiante. Il y a un laissez-faire et une démission qui
disent que les tabous sont maintenant tombés. Les jeunes
suivent leurs pulsions. Ils sont moins sollicités à
vivre dans une certaine maitrise sexuelle.
Combien d'adultes pensent encore qu'une des grandes richesses
à inculquer aux jeunes est de les inviter à une
attente positive pour mieux découvrir les multiples tonalités
de l'amour, du sexe et du plaisir sexuel. Ces premières
amours encore fragiles débouchent trop souvent sur des
actes sexuels, parfois lourds de séquelles et de souffrances.
Il y a un message positif à savoir transmettre pour que
l'adolescence soit considérée une étape aussi
importante pour l'éducation à la réussite
en amour, comme elle l'est pour la maitrise des études
et la formation professionnelle.
Si la situation empire, comme l'indique le titre de Week-End
de dimanche dernier, quelle est notre part de responsabilité,
à nous, les adultes de la société mauricienne
?
Monique Dinan
Rentrée académique 2007-2008 à l'UoM
Nouveaux modules, indépendants, pour démocratiser
l'accès aux études universitaires
Pour la nouvelle année académique 2007-2008, l'Université
de Maurice (UoM) innove et propose de nouvelles options académiques.
À travers l'introduction des stand alone modules,
l'UoM souhaite démocratiser l'accès aux études
universitaires à Maurice. Ces nouveaux modules sont en
effet des programmes d'études indépendants, visant,
soit (avec accumulation de crédits), à des diplômes
de fin d'études, soit à apporter la connaissance
au public en général qui peuvent s'y inscrire en
auditeurs libres. Autre innovation parmi ces nouveaux cours, l'implémentation
d'un cours sur les langues créoles.
Face à la demande et aux besoins de formations rapides,
l'UoM a décidé d'introduire pour la nouvelle rentrée
universitaire 2007-2008, de nouveaux modules. Les Stand Alone
Modules, comme l'indique l'intitulé, sont des programmes
d'études sans aucun rattachement à une quelconque
filière menant, avec accumulation de crédits, à
l'obtention de diplômes universitaires. Le but de
cette nouvelle donne au sein de l'UoM, est de démocratiser
l'accès aux études universitaires à un plus
grand nombre. Dans cette optique, ces programmes d'études,
incluant entre autres: Nutrition, Diet & Health, Diabetes
& Footcare, Probability & Statistics, Small
business Management, Mauritian Economy, Political
Communication, et Introduction to Creole Languages, sont
ouverts au public en général, moyennant satisfactions
aux critères d'admissions approuvées par l'administration
de l'UoM. Ces programmes d'études s'adressent également
aux auditeurs libres, qui, sous réservent de leur assiduité
aux cours, obtiendront un Certificate of attendance en
fin d'études. Pour plus de renseignements sur ces cours,
les intéressés peuvent d'ores et déjà
consulter le site web de l'université - http://www.uom.ac.mu/admissions
-.
Les stand alone modules proposent également une
opportunité aux intéressés d'être initiés
à la langue créole. En effet, parmi la liste des
95 stand alone modules proposé par l'UoM, on note
l'implémentation d'un cours sur la langue créole:
Introduction to Creole Languages. Si le créolistique
figure, depuis plus de 6 ans, au sein des programmes d'études
de Langues, notamment pour le MA Language Studies modules,
il s'agit d'un module optionnel. Néanmoins, précise
Arnaud Carpouran, chargé de cours à l'UoM, cette
option a toujours été choisie par la totalité
des étudiants jusqu'ici. "Nous ne pouvions continuer
à fonctionner dans l'anomalie face aux études de
langue créoles. Les langues créoles font partie
intégrante des programmes d'études en Europe et
même en Asie. Dans un pays, comme le nôtre, où
la réalité créolophone est omniprésente,
nous ne pouvons rester à la traîne", explique
le chargé de cours, qui a mis en place ce nouveau module.
Pour la première fois, le mot créole apparaît
dans le libellé d'un programme d'études à
Maurice. Un grand pas en avant, selon le linguiste, estimant que
le mot langue créole, à travers cette reconnaissance
universitaire, prendra une autre signification. L'Introduction
to Creole Languages est, en effet, un cours d'initiation aux
études de langues créoles, utilisées dans
différentes parties du globe. Si l'accent sera mis sur
le créole mauricien, avec notamment les différentes
mutations que cette langue a connues jusqu'aujourd'hui, ce programme
d'études tend également à introduire les
participants en terre créolistique. "Le créole
est utilisé par tous, mais les gens ne savent pas grand-chose
de cette langue qui leur est proche. Qui plus est, à Maurice,
on a tendance à être braqué sur le créole
mauricien. Or, le créole existe dans différentes
parties du monde. Ce cours permettra aux intéressés
de découvrir d'autres pays qui utilisent la langue créole",
souligne Arnaud Carpouran. Il précise toutefois que ce
nouveau module à dimension universitaire, ne prétend
aucunement à enseigner aux Mauriciens comment écrire
le créole, mais simplement, avoir un nouveau regard, une
nouvelle connaissance de notre langue.
Énergie renouvelable
France Thomas:Le fermier qui transforme les déchets
des animaux en biogaz
Comment se débarrasser de la grande quantité
de lisier produite quotidiennement dans sa ferme sans incommoder
le voisinage ou perturber l'environnement ? La question fait toujours
débat chez les éleveurs comme chez les autorités.
Un éleveur a développé un système
permettant de transformer les déchets de ses animaux en
biogaz. Depuis deux ans, il a rangé ses bonbonnes de gaz
dans un coin car il produit son propre gaz. Il en utilise autant
qu'il le veut pour cuisiner, faire bouillir l'eau, préparer
les repas de ses animaux quotidiennement, voire en partager avec
son voisin.
Cette méthode de revalorisation des déchets a
été adoptée par France Thomas, éleveur
de 67 ans, qui songe maintenant à mettre au point un système
pour embouteiller le gaz et produire de l'électricité.
"Ce sont mes deux prochains objectifs", confesse-t-il
à Week-End, qui l'a rencontré mercredi matin
dans sa ferme à Calebasses.
Des terres que leurs parents leur ont léguées et
qui étaient sous culture de cannes pendant des années,
les frères Thomas les ont finalement transformées
en une petite ferme d'élevage de porcs. Ils n'ont pas pour
autant arrêté de cultiver la terre ou planter des
légumes, mais leur principale activité est l'élevage
porcin. C'est France, le cadet des frères Thomas, qui s'en
occupe. Malgré le poids de l'âge, il ne s'en lasse
pas. Son rêve est de transformer cet élevage en une
ferme intégrée. Il en a tellement vu en Australie
et entendu parler à Maurice, qu'il n'arrive plus à
se défaire de cette idée.
Le vieil homme peut s'enorgueillir d'avoir évolué
dans cette direction avec la mise en place d'un système
de transformation du lisier provenant de ses parcs en énergie.
L'élimination des déchets des animaux reste un problème
majeur dans le secteur agricole. Chez les petits éleveurs
de porcs, le problème est plus compliqué pour de
nombreuses raisons, les principales étant en relation avec
l'environnement, la santé et le voisinage. Les discussions
sont en cours avec le gouvernement pour trouver une solution durable
à ce type d'activités.
Le fermier de Calebasses, lui, n'a pas voulu rester les bras croisés,
attendant que les autorités viennent lui proposer des solutions
ou l'aider à trouver des alternatives pour l'élimination
des déchets. Depuis deux ans et demi, il a mis en place
un système lui permettant de canaliser, à l'aide
d'un réseau de conduits, tout le lisier de sa ferme vers
un seul point: un digestor; un énorme "tank"
hermétique dans lequel tous les déchets sont entassés
quotidiennement, et qui, après une durée de fermentation,
commencent à libérer du gaz (voir explication technique
plus loin).
Quinze ans en Australie
Depuis un peu plus de deux ans, France Thomas récupère
cette énergie à travers des
installations qui lui permettent d'utiliser le biogaz dans sa
cuisine et aussi dans le parc pour préparer à manger
pour ses animaux. Et, d'autre part, de récupérer
l'eau usée pour ses besoins d'irrigation ou de lavage.
Les eaux usées sont en effet canalisées vers des
bassins naturels, et sont ensuite réutilisées dans
la ferme. "Le professeur Chan m'a grandement aidé
pour mettre en place les installations", avoue-t-il.
L'idée de produire du biogaz dans sa ferme a été
importée d'Australie. France Thomas y a vécu pendant
plus de quinze ans. La disparition inattendue de son épouse
ainsi que le choix de son fils, expert-comptable, de rentrer à
Maurice pour se mettre au service d'une association caritative,
le poussent à regagner sa terre natale pour réaliser
son rêve d'y installer une ferme intégrée.
"L'idée de produire du biogaz vient effectivement
de l'Australie. J'avais visité une ferme qui en produisait
en très grandes quantités et qui l'utilisait pour
produire et vendre de l'électricité à la
State Electricity Commission (NDLR: l'équivalent du
CEB à Maurice). La différence est que c'est une
très grande ferme, avec plus de 15 000 animaux",
raconte-t-il.
Un an après la mise en place du système, les méthodes
de cet ancien enseignant du primaire lui valent la visite du vice-Premier
ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Quelque temps
après, celle des autres ministres du gouvernement, dont
Arvin Boolell, Satish Faugoo et Rama Valayden. "Ils étaient
à la fois intéressés et étonnés.
Cette méthode leur avait sans doute permis de voir loin
pour les autres éleveurs et fermiers dans le pays. Ils
estimaient que ma ferme pourrait servir de modèle aux autres
et que c'était un moyen de venir à bout des by-products.
Mais ils ne se sont pas encore décidés",
dit-il avec une dose de déception.
Son rêve: une ferme intégrée
Il ne se décourage pas pour autant. Conscient que sa ferme
aurait pu servir de projet pilote, il pense pouvoir aller jusqu'au
bout de son rêve, même si les moyens financiers font
défaut. "J'essaie petit à petit d'améliorer
les installations pour, par exemple, quantifier et évaluer
le volume de gaz produit. Mes prochains objectifs sont d'essayer
d'embouteiller le gaz et tenter de produire de l'électricité.
Avec le nombre d'animaux que j'ai, je pense pouvoir produire de
l'électricité pour au moins cinq familles",
affirme-t-il.
Pour France Thomas, la réalisation d'un tel projet permettrait
à la communauté des éleveurs d'avancer. "Ils
ont été nombreux à venir visiter ma ferme.
Il n'y a pas de secret. Cela se fait ailleurs: en Australie et
en Europe comme en Asie", ajoute-t-il. La question est
toutefois de savoir si le projet est économiquement viable,
compte tenu de la taille des fermes à Maurice. Le manque
d'informations et l'absence d'une expertise technique constituent
également un sérieux obstacle. "Cela pourrait
devenir tellement facile si nous avions déjà le
know-how à Maurice. Cela permettrait également
de cerner tout ce qui touche à l'aspect sécurité",
concède-t-il.
Entre-temps, France Thomas multiplie ses démarches auprès
de ses amis et contacts pour mettre la main sur un générateur
de "seconde main". Qui lui permettra de passer à
l'étape suivante de son projet: utiliser le biogaz pour
alimenter sa ferme en électricité. Une initiative
à saluer et à encourager
Fiche technique-Le biogaz ou biométhane
Le biogaz est le gaz produit par la fermentation de matières
organiques animales ou végétales en l'absence d'oxygène.
Des fermes et les centres d'enfouissement de déchets en
produisent en grande quantité dans le monde. Mais les techniques
modernes permettent aujourd'hui de convertir le biogaz (composé
entre 50% et 70% de méthane) en énergie, pour produire,
par exemple, de l'électricité. Un projet dans ce
sens avait déjà été envisagé,
en 2002, au centre d'enfouissement de Mare Chicose en vue de produire
de l'électricité pour le compte du Central Electricity
Board.
La fermentation des déchets est également appelée
méthanisation. Un processus qui peut aussi se faire naturellement
là où il y a une forte quantité de déchets,
ou être provoqué artificiellement dans des digesteurs.
C'est justement cette méthode que France Thomas a développée
dans sa ferme: la digestion anaérobie. Cette technique
de transformation a été adoptée dans les
pays développés au début des années
80 dans les grandes fermes.
Le biogaz est ainsi la forme renouvelable de l'énergie
fossile très courante qu'est le gaz naturel, qui, lui,
contient essentiellement du méthane, mais aussi du butane,
du propane et d'autres éléments. On peut aussi utiliser
le terme biométhane. Sa récupération est
aujourd'hui considérée comme une façon de
réduire le gaz à effet de serre. Le méthane
est en fait un gaz à effet de serre bien plus puissant
que le dioxyde de carbone (CO2) produit par sa combustion. Il
n'en reste pas moins vrai que son impact est largement moindre.
À titre d'exemple, une molécule de méthane
(CH4) équivaut à 21 molécules de dioxyde
de carbone (CO2) en termes d'effet de serre.
Selon son président, M. Dana Chengen :
"Il n'est pas question de dissolution du MACOSS"
Il n'est pas question de dissolution du Mauritius Council of Social
Services (MACOSS) dans le cadre de l'exercice de révision
du fonctionnement du monde associatif en cours a laissé
entendre, en substance, mercredi, M. Dana Chengen, président
de ce Conseil.
Mettre bon ordre dans le secteur des Organisations Non-gouvernementales
(ONG) : tel se veut l'exercice auquel s'adonne le MACOSS. À
cet effet, des consultants locaux et étrangers travaillent
depuis deux ans sur un certain nombre de rapports qui seront rendus
publics en septembre prochain. Il s'agira, par la suite, de les
mettre en pratique. Ce projet de remise en ordre bénéficie
du soutien du ministère de la Sécurité sociale
et du Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD).
Il s'agira, indique M. Chengen, de revoir le mode de fonctionnement
du secteur et de rendre plus efficients les services du MACOSS.
Les règlements régissant les ONG seront, ainsi,
revus en vue, entre autres, de plus de transparence, d'indépendance
et du respect d'un code de conduite. Il est aussi question d'une
NGO Academy pour la formation technique des cadres.
Dans la perspective du souhait formulé lors de la présentation
du budget par le ministre des Finances en matière de "corporate
social responsability", le MACOSS est en consultation avec
le secteur privé en vue d'une meilleure collaboration.
Une "task force" sous la présidence de Mme Manda
Boolell planche sur la question.
Il est, à cet effet, rappelé que les finances sont
"le parent pauvre" du Conseil. Sur les Rs 2.5 millions
qui lui ont été fournies par l'État en 2006/2007
pour les 250 ONG sous sa responsabilité, le MACOSS a dû
consacrer Rs 1.4 million rien que pour les rémunérations
de ses salariés. En déduisant de ce qui reste les
frais de communications, il ne reste pas grand-chose, explique
M. Chengen, pour le financement des projets.
Par ailleurs, l'Assemblée générale annuelle
du Conseil a lieu le 25 août prochain. Un tiers de l'exécutif
sera, à cette occasion, renouvelé conformément
aux règlements internes du MACOSS. Lors de cette réunion,
le Conseil devra, notamment, élire son président.
À partir de mardi prochain
Tariq Ramadan de retour pour une nouvelle série de conférences
Le professeur Tariq Ramadan, islamologue de renommée mondiale,
sera de nouveau au pays à partir de mardi pour une nouvelle
série de conférences et de sessions de formation.
Pour cette huitième visite à Maurice de l'universitaire
musulman actuellement Senior Research Fellow au St Anthony's College
de l'université d'Oxford, le comité local de coordination
a choisi comme thème principal "Construire la Confiance".
Hormis les conférences nationales et les sessions de formation
prévues à l'intention particulière de ses
coreligionnaires, Tariq Ramadan sera aussi l'invité principal
à deux forums-débat jeudi prochain, 26 juillet.
D'abord, dans la matinée, à 9h00 à la mairie
de Quatre-Bornes, il sera l'invité du Conseil des Religions
lors d'une interaction sur le thème "Le Sécularisme
contemporain et l'inter-religieux: Quelle attitude adopter ?".
Dans l'après-midi de jeudi, à 16h00, l'islamologue
sera au British Council où il interviendra en anglais sur
le thème "Islam and Democracy". Notamment élu
"Européen de l'Année 2006" par European
Voice//The Economist, Tariq Ramadan, qui est aujourd'hui installé
à Londres, a reçu, cette année, le prix d'excellence
spéciale "Foi et Action".
Décerné par le mensuel Muslim News, ce prix
lui a été attribué pour sa contribution académique
et intellectuelle à la pensée islamique, de manière
générale, et dans le domaine de la construction
d'une identité européenne et musulmane, en particulier.
Cette nouvelle série de conférences et de sessions
de formation s'étendra jusqu'au 5 août prochain.
À l'initiative du Mauritius Research Council
Lancement d'une académie des sciences et technologies
Maurice dispose depuis vendredi de sa première académie
des sciences et technologies, qui a été lancée
par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors d'une cérémonie
officielle organisée au Rajiv Gandhi Science Centre. Cette
institution regroupe les scientifiques et chercheurs qui ont obtenu
un doctorat dans leur domaine respectif depuis une dizaine d'années.
La cérémonie de lancement s'est déroulée
en présence de l'éminent scientifique indien le
professeur Balasubramanian, secrétaire général
de l'Academy for the developing World et président de la
Indian Academy of Science.
Le président du Mauritius Research Council et premier président
de l'académie des sciences et technologies, Soodursun Jagessur,
a souligné d'entrée que cette institution n'a rien
à faire avec une police academy ou une académie
de danse. " It is for the first time in the history of
Mauritius that we have set up a proper Academy of Science and
Technology, an academy that groups some of the best brains in
our country and in our diaspora, ready to serve the motherland
in full earnest, and offer advice on scientific and technological
solutions to some of the problems we face. This honorific society
of distinguished persons in scientific and engineering pursuits
is dedicated to the promotion of science and technology for the
general welfare ", a-t-il expliqué.
Le peu d'intérêt que porte à la recherche
et le développement le secteur privé maurien a été
dénoncé. En dehors de la recherche dans le domaine
sucrier, le secteur privé a très peu contribué
à la recherche et au développement en général
alors que dans certains pays sa contribution atteint le niveau
de 40% du budget consacré à cette activité
essentielle.
" En dépit du fait que Maurice est partie prenante
dans les conventions internationales comme le Lagos Plan of Action
et les organisations comme le NEPAD qui recommandent que le budget
de recherche et de développement soit porté à
un minimum de 1,2% du produit intérieur brut (PIB),
Maurice n'y consacre que 0,3% de son PIB ", a
souligné Soodursun Jugessur. Il a observé que Singapour
consacre dix fois plus à la recerche.
Soodursun Jugessur a lancé appel au Premier ministre :
" If really we want our scientists and technologists to
have the necessary tools to make us competitive with respect to
other nations, then we have to empower them. " Un appel
a également été lancé au secteur privé
pour qu'il revoit sa contribution à la recherche et au
développement et pour aider les scientifiques mauriciens
" to embark on new avenues of research in gene therapy,
stem cells, genomics, nanotechnology, solar, wave, wind and biomass
energy, amongst others. "
L'invité d'honneur de l'académie, le Pr Balasubramanian
a pour sa part souligné l'importance des idées émergeant
de la recherche qui nécessitent des fois des investissements
considérables. Lesquelles idées transformées
par le biais de la technologie en des produits utilitaires peuvent
transformer la vie dans la société moderne et faire
la fortune aussi bien des chercheurs que du pays qui les héberge.
Il a cité, entre autres, le téléphone cellulaire
qui est aujourd'hui à la portée de tout le monde.
Le Pr Balasubramanian a mentionné les budgets consacrés
par des pays comme Singapour, Cuba, Israël à la recherche.
Israël comme Singapour consacrent 7 % de leur PIB à
la recherche et le développement alors que Cuba y consacre
3%. Il a souhaité que Maurice double son budget alloué
à la recherche l'année prochaine et l'année
d'après. Le scientifique indien a en outre invité
les académiciens mauriciens à concentrer leurs recherches
sur des sujets spécifiquement mauriciens.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a lui aussi insisté
sur l'importance de la science et la technologie pour un petit
pays comme Maurice. Répondant à la demande d'augmentation
des fonds, Navin Ramgoolam a souligné la nécessité
de s'adapter et de s'améliorer constamment et le gouvernement,
dit-il, est disposé à prendre les dispositions appropriées
en fonction de ses priorités. Il a souligné la nécessité
d'adopter une approche multidisciplinaire dans le domaine de la
science et a déploré le manque d'intérêt
des jeunes pour les questions scientifiques.
La Mauritius Academy of Science and Technology (MAST) s'est fixée
pour mission de promouvoir l'excellence dans les domaines la science,
de la technologie, de l'innovation pour le développement
et le bien-être humain. Elle a pour objectifs la création
d'un forum pour les échanges d'idées et pour le
partage de la connaissance parmi les scientifiques, la promotion
et la comprehension du rôle de la science et de la technologie
pour le développement et le bien-être humain, la
promotion de la créativité dans le domaine de la
science et de la technologie, de manière à favoriser
le développement personnel des membres de l'académie
en général, l'encouragement des études multidisciplinaires
de manière à mieux comprendre les implications de
la science et de la technologie, l'établissement des relations
entre l'académie et les organisations nationales, régionales
et internationales, l'octroi des palmes académiques, des
prix des honneurs, la promotion de l'éthique professionnelle
au niveau de la recherche scientifique, le soutien de la dissémination
et de partage de la connaissance à travers les activités
publiques.
Le comité exécutif de l'académie est présidé
par Soodursun Jagessur. Il a pour vice-présidents Jean-Claude
Autrey et Seewant Bhoojedhur. Arjoon Suddhoo agit comme secrétaire
et est assisté de Ameenah Gurib-Fakim. Sunil Dutt Dharam
Rughooputh occupe la fonction de trésorier. Il est assisté
de Yousuf Modarbocus. Indurlall Fagoonee occupe les fonctions
de PRO. Les membres sont Michael Atchia, Mohammad Abed Peerally,
Claude Ricaud. Harry Raghooputh et M. Mohamedbhai figurent également
parmi les membres fondateurs de l'académie.
Notons que le Premier ministre ainsi que le Pr Balasubramanian
ont été faits Honory Fellows de la nouvelle académie
des sciences et des technologies.
Le 29 juillet à Port-Louis
Concert contre la brutalité policière
Eric Triton, Nitish Joganah et d'autres artistes participeront
à un concert contre la brutalité par les officiers
de l'État, le dimanche 29 juillet au Théâtre
de Port-Louis. À travers cette mobilisation, la communauté
artistique souhaite sensibiliser le public sur ce fléau,
tout en faisant appel aux autorités.
Cette initiative suit l'agression dont a été victime
Nitin Chinien par des officiers de police, il y a quelques semaines
à Curepipe. Le concert de dimanche prochain sera organisé
par le comité de soutien créé en sa faveur
et qui réunit les membres de Justice, des artistes (entre
autres, le groupe Latanier, Jean-Jacques Arjoon
) de même
que des travailleurs sociaux, dont Dhiren Moher. La municipalité
de Port-Louis s'est étroitement associée à
cette mobilisation appelant au respect des individus. Après
le concert, des victimes de brutalités policières
allumeront des bougies devant le théâtre.
Pour assister à cet événement, les membres
du public devront réserver leurs sièges. Les réservations
peuvent être faites sur le 208-2132 et le 208-4074.
L'Église Presbytérienne de Maurice au service
des ressortissants malgaches
Cela fait douze ans que l'Eglise Presbytérienne de Maurice
reçoit des ressortissants malgaches résidant ou
de passage à Maurice. Dimanche dernier, un culte d'actions
de grâces en l'église presbytérienne St-André
a salué l'intégration de cette communauté
de chrétiens au sein de la société mauricienne
et sa contribution à l'enrichissement de la chrétienté
mauricienne.
C'est le 18 juin 1995, avec l'arrivée du pasteur Lala Rakotoarisoa,
que le projet d'"un culte en malgache à l'intention
des Malgaches travaillant à l'Ile Maurice"* a
effectivement démarré. Dès le départ,
des efforts sont faits pour rassembler les ressortissants malgaches
qui séjournent à Maurice. Cela débouche sur
l'organisation d'un premier service de culte à St-André
qui demeure à ce jour le siège national de la communauté
cuménique malgache (les Malgaches fréquentant
St-André sont de diverses dénominations chrétiennes
- catholiques, anglicanes, presbytérienne) dans l'île.
"Pour le premier culte, une quarantaine de Malgaches avaient
fait le déplacement." *
Aujourd'hui, une centaine de Malgaches dont des ouvriers d'usine
et des membres du service diplomatique malgache à Maurice
assistent ou participent au culte à St-André le
troisième dimanche du mois. Cette présence malgache
favorise naturellement des échanges au plan culturel, à
travers des expos ventes de produits artisanaux malgaches, des
présentations de danse folklorique malgache, etc. et contribue
sans doute au développement de l'cuménisme
chrétien et à la consolidation des liens d'amitié
entre les deux peuples.
Le culte d'actions de grâces a été concélébré
par le Modérateur de l'Eglise Presbytérienne à
Maurice, le pasteur France Cangy, et le pasteur Gérard
David avec le soutien des notables de St-André dont Alice
Derblay et Maurice Davantin ainsi que la brillante chorale malgache
Mpanarato. Pour son homélie, le Modérateur s'est
inspiré de la commission du Christ à Ses disciples:
"Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les
enseignez-les
" pour rappeler à l'assistance
la mission essentielle de l'Église au service de l'humanité.
Les chants liturgiques ont été entonnés simultanément,
dans une parfaite harmonie, en malgache et en français,
entraînés par la chorale Mpanarato.
La chorale Mpanarato a offert comme bouquet pour ce 12e anniversaire
une interprétation magistrale de Mifalia Ianao (Soyez
joyeux) et Fiangonanana - ô (L'Église) alors
que son porte-parole, Bruno Ratolojananary, a fait savoir aux
presbytériens de Maurice combien les ressortissants malgaches
leur sont reconnaissants pour leur sens de l'accueil.
B. Burrun
* Bulletin des Églises Protestantes - Océan Indien,
septembre 1995, Maurice Davantin
Fun Fair
Un fun fair aura lieu le dimanche 5 août à partir
de 10h dans la cour de l'église presbytérienne St-André,
à l'angle de la rue Farquhar et la Route Royale à
Rose-Hill, non loin de Kentucky Fried Chicken.
Communiqué du Diocèse anglican de Maurice
Le communiqué du Vatican, "Réponses aux quelques
questions concernant certains aspects de la doctrine de l'Église",
vient tout simplement reformuler ce que l'Église Catholique
Romaine a toujours affirmé. Cette déclaration ne
fait que redéfinir les paramètres de sa compréhension
doctrinale de l'Église et vient ainsi clarifier son identité.
Ce n'est pas une surprise - car cette affirmation se repose selon
l'Église Catholique Romaine sur la succession apostolique
et est personnifiée par la Papauté.
Mais je voudrais souligner que malgré que cet énoncé
peut paraître troublant, il ne vient pas minimiser l'affirmation
que les "autres églises" sont utilisées
par le Saint Esprit comme "instruments de salut".
Comme Anglicans, nous croyons que l'Église est présente
là où l'Évangile est proclamé et les
sacrements sont administrés. La caractéristique
de la "vraie Église" est marquée par son
adhésion à la doctrine apostolique: l'autorité
de la vraie église est valide seulement quand la vérité
apostolique est respectée. Ainsi, elle est indépendante
de la reconnaissance de l'Église Catholique Romaine.
Nous ne croyons pas non plus que la validité des sacrements
dépend de notre soumission à la papauté.
Les "réponses aux questions" venant du Vatican
ne viennent pas changer mon engagement envers l'cuménisme.
Je suis d'accord avec le Cardinal Walter Kasper, Président
du conseil Pontifical pour la Promotion de l'Unité entre
Chrétiens, quand il a affirmé que tout mouvement
cuménique doit s'enraciner dans un cuménisme
de vie. C'est un cuménisme qui se vit à un
niveau local et personnel à travers des activités
- telles que la prière, les études bibliques et
le service avec les chrétiens d'autres traditions. L'unité
entre les chrétiens existe déjà par le baptême
en Jésus Christ, qui sert comme un signe d'espérance
que nos églises ne seront pas toujours séparées.
Il est vrai que cette affirmation peut susciter des souffrances,
mais comme je l'ai affirmé plus haut, je suis convaincu
que l'Église n'existe que par sa fidélité
à la doctrine apostolique et là je voudrais m'associer
à la Lutheran Augsburg Confession, qui définit
ma compréhension doctrinale de l'Église. Et elle
ne contient aucune déficience.
"The visible Church of Christ is a congregation of faithful
men, in which the pure Word of God is preached, and the Sacraments
be duly ministered according to Christ's ordinance in all those
things that of necessity are requisite to the same." Article
XIX
Je tiens aussi à être fidele à l'héritage
Anglican sur la question d'autorité et je voudrais ici
me référer au rapport final de l'ARCIC 1.
"The First Vatican Council of 1870 uses the language of
"divine right" of the successors of Peter. This language
has no clear interpretation in modern Roman Catholic theology.
If it is understood as affirming that the universal primacy of
the Bishop of Rome is part of God's design for the universal koinonia
then it need not be a matter of disagreement. But if it were further
implied that as long as a church is not in communion with the
Bishop of Rome, it is regarded by the Roman Catholic church as
less than fully a church, a difficulty would remain: for some
this difficulty would be removed by simply restoring communion,
but to others the implication would itself be an obstacle to entering
into communion with Rome."
Mgr Ian Ernest
21-Jul-2007
Notre réponse
Nous sommes surpris que vous ayez été surpris par
notre éditorial de dimanche dernier.
Soyons honnêtes pour reconnaître que les propos du
cardinal William Levada ont soulevé un véritable
tollé auprès des autres églises chrétiennes:
protestantes, anglicanes, coptes, justement parce que leurs adeptes
se sont sentis subitement "exclus" du processus de dialogue
inter-religieux initié par le Concile Vatican II au début
des années 60.
Nous croyons savoir que ce qui vous a surpris, pour ne pas dire
gêné, dans ce que nous considérons comme coup
de frein au dialogue, c'est d'avoir qualifié les nouveaux
"exclus" de l'Église catholique de "païens".
Ce qualificatif a été, hélas, jusque dans
un passé pas très lointain, souvent la "marque"
du non-baptisé. Au primaire, à l'heure de la classe
de catéchisme, la "miss" nous disait: "Les
catholiques, restez en classe, les païens allez jouer dehors
"
Tout le drame du manichéisme religieux réside dans
ces propos-là: vous êtes la lumière, eux les
ténèbres; vous incarnez le Christ, eux Lucifer.
Ce qui amplifiait l'exclusion de l'autre ! Quand elle n'intervenait
pas au sein même de l'Église
Vous avez sans
doute entendu parler "d'enterrements de premières
et secondes classes"; "de bancs réservés",
et de la prêtrise réservée à une seule
communauté
Nous remarquons que pour vous, tout au moins dans votre conclusion,
le dialogue demeure
Alléluia !
La Bible Society Resource Centre opérationnel à
Trou-aux-Biches
La première phase de construction et d'aménagement
du Centre de Formation et de Loisirs de la Société
Biblique de Maurice s'est achevée au début de ce
mois. Le complexe comprenant salles de conférence et de
comité, cuisine et salles à manger, dortoirs garçons
et filles, servira à des rencontres et des échanges
entre jeunes, des camps et des colonies de vacances, et l'organisation
de séminaires, conférences, retraites et sessions
de formation pour tous les groupes d'âge.
L'achèvement de cette première phase offre la possibilité
à la Société Biblique de Maurice et à
ses partenaires (églises chrétiennes et ONGs) à
mettre en pratique, dès le départ, un programme
mis au point pour contrer l'usage abusif d'alcool, la consommation
de drogues et les comportements violents en milieu jeune. Des
représentants de quartiers sensibles et à risque
en sont partie prenant, leur rôle consistant à identifier
sportifs, artistes, musiciens de renom de leur région,
ayant brillé dans leur discipline respective, susceptibles
de servir de role models pour les jeunes. Les modèles choisis
seront des personnes ressources pour des ateliers de travail et
de formation, etc. soutenus par une banque de compétences
en matière de santé, de réhabilitation et
de counselling, indépendamment de leur affiliation religieuse.
Les facilités disponibles au Centre de Ressources
Situé à 5 minutes de la plage publique de Trou-aux-Biches,
le Centre de Ressources occupe une superficie de 8000 pieds carrés
comprenant une salle de conférences (capacité: 250
personnes), une salle de comités, 2 salles à manger
de 36 places chacune, une cuisine, 2 dortoirs de 36 places pour
filles, de dortoirs de 28 places pour garçons, et un studio
pour l'animateur principal. Le lieu est aussi doté d'un
terrain de récréation et d'un parking spacieux.
Mauriciens et étrangers désireux d'utiliser le centre
pour l'organisation des réunions, conférences, sessions
de formation, colloques et séminaires, résidentiels
ou non, peuvent faire leur réservation dès maintenant
par téléphone (670-1118), fax (674-4776) ou e-mail:
HYPERLINK "mailto: bibsoc@intnet.mu" bibsoc@intnet.mu.
À l'église Saint Sacrement de Cassis, mardi
Cérémonie religieuse en mémoire de Mary-Ann
Both-John
Mardi prochain aura lieu la cérémonie religieuse
en mémoire de la chanteuse Mary-Ann Both-John, décédée
samedi dernier à La Réunion. Les cendres de la chanteuse
mauricienne, incinérée à l'île sur,
seront remises à ses proches demain, avant d'être
exposées à partir de 10h dans une chapelle ardente
à l'église Saint Sacrement à Cassis, là
où elle avait fait ses débuts en chantant du gospel.
La cérémonie religieuse aura lieu à 16h.
Le convoi funéraire se dirigera ensuite au cimetière
St Georges, Les Salines.
Mary-Ann Both-John a rendu l'âme dans un centre hospitalier
à La Réunion où elle était en traitement.
La chanteuse n'a pas pu vaincre la maladie qui la rongeait depuis
quelques années.
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