p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 22 juillet 2007



Souveraineté mauricienne sur Tromelin - Paul Bérenger : "Il faut tourner la page de l'épisode de cogestion"
Engagement du MSM - Jamais de politiciens dans l'establishment des institutions
À l'Assemblée nationale, mardi dernier - L'amendement Bérenger en faveur de 10,7% aux salariés touchant jusqu'à Rs 3 000 rejeté
Le 12 août à Réduit - L'aile jeune du MMM invite la jeunesse à se faire entendre
Ça va se savoir
Centrale Thermique du sud - Eric Guimbeau réclame une commission d'enquête
Présence de l'Inde à Agaléga - La presse indienne remet çà
Rencontre MMM/Speaker sur la MBC - La retransmission en direct des travaux parlementaires évoquée
Conseil de district de Moka/Flacq - Le flou persiste quant à la destitution du président Choolhun
Gouvernement/opposition - C'est la guerre des conseillers…
Conseil de district de Moka/Flacq - Le flou persiste quant à la destitution du président Choolhun


Souveraineté mauricienne sur Tromelin

Paul Bérenger : "Il faut tourner la page de l'épisode de cogestion"

L'ancien Premier ministre Paul Bérenger a estimé, hier lors de sa conférence publique sur le thème Maurice et ses dépendances depuis 1814, qu'il faut délier la question de Tromelin de celle des îles éparses. M. Bérenger a soutenu que le cas de la souveraineté mauricienne sur Tromelin remonte au Traité de Paris du 30 mai 1814. Il devait dire qu'il est nécessaire de "tourner la page de l'épisode de cogestion" et a laissé entendre son intention de rencontrer "sur la seule base du patriotisme" le Premier ministre, Navin Ramgoolam, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, pour évoquer ce sujet.

Dans son exposé long d'une heure et demie, le leader du MMM, citant plusieurs sources, a notamment expliqué qu'à la demande de la Chambre des Communes le Baron d'Unienville, archiviste colonial, avait en 1826 été appelé à établir une liste des dépendances de Maurice. Dans un ouvrage intitulé Statistique de Maurice et de ses dépendances publié en français à Paris en 1831, il avait ainsi établi que les Chagos, Rodrigues, Agaléga, St Brandon, Tromelin, St Paul et Amsterdam ainsi que "deux îles imaginaires" étaient ses dépendances. Cette publication, explique M. Bérenger, n'avait alors occasionné aucune protestation des autorités françaises.

Plus tard, en 1877, le British War Office devait lui aussi décrire Tromelin comme une dépendance de Maurice. Tout comme en 1934 par le Map Survey Office du Works Department. En janvier 1953, les autorités françaises devaient, lors d'une réunion africaine de l'Organisation mondiale de météorologie (OMM), obtenir l'ouverture d'une station météo sur Tromelin. Citant sir Harold Walter, ministre des Affaires étrangères en 1978, l'ancien Premier ministre devait dire que les Français s'y étaient installés "après permission de la Grande-Bretagne pour une occupation équivoque et non effective".

Se référant à André Oraison, professeur à l'Université de la Réunion, il devait dire que la permission alors accordée par les Britanniques était dans le cadre d'un "accord de courtoisie" au moment de la célébration du cinquantenaire de l'Entente cordiale franco-britannique. En 1959, a encore indiqué l'intervenant, le directeur de la météo de Maurice devait, lors de la conférence de l'OMM, considérer Tromelin comme une dépendance de Maurice.

"Dans l'éventuelle indépendance de la Réunion"

Citant de nouveau le Pr Oraison, M. Bérenger devait dire que ce dernier considère que l'intérêt des Français de placer, en avril 1960, Tromelin et les îles éparses sous la responsabilité du préfet de la Réunion se situait dans l'hypothèse que la Réunion revendique son indépendance. Au moment de sa révision constitutionnelle en 2003, aucune mention n'est faite de Tromelin et des îles éparses jusqu'à ce qu'elles soient rattachées aux Territoires australs et antarctiques françaises comme cinquième district le 21 février de cette année. Une décision contre laquelle Maurice a protesté en maintenant sa revendication sur l'île.

Pour M. Bérenger, en vue de faire encore avancer la cause mauricienne sur Tromelin, il importe de retracer le rapport du gouverneur Farquhar au moment du retour de la Réunion (ex-île Bourbon) à la France de même que des documents cartographiques de l'époque. "Il faut, selon lui, tourner la page sur ce qui arriva en 1999 lors de la réunion de la Commission de l'océan Indien quand le président Chirac demanda de lier la question de Tromelin à celle des îles éparses". Pour lui, toute la question doit être rediscutée avec le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, et son ministre "socialiste" des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Dans la mesure où, en substance, Madagascar ne revendique plus de son côté sa souveraineté sur Tromelin, ayant décidé depuis 1978 de soutenir Maurice sur la question, Paul Bérenger trouve qu'il importe de laisser à ce pays et aux Comores le choix de revendiquer leur souveraineté sur les îles Glorieuses. Quant aux îles St Paul et Amsterdam, Paul Bérenger est d'avis que, bien que Maurice puisse prétendre à la souveraineté sur ces îles, il convient de faire encore plus de recherches.

Dans le cas des Chagos, l'ancien Premier ministre estime que l'arrivée, d'une part en Grande-Bretagne d'un nouveau Premier ministre en la personne de Gordon Brown et de son jeune ministre des Affaires étrangères, David Milliband, et la fin annoncée selon lui du "règne des faucons" aux États Unis avec l'élection présidentielle en point de mire augurent bien pour la revendication mauricienne sur l'archipel.

Paul Bérenger trouve trois raisons qui justifient l'intérêt pour Maurice de ne faire aucune concession sur sa souveraineté sur ses dépendances : la fierté patriotique, la raison stratégique et la raison économique. À une question de l'assistance au sujet d'informations de presse relatives à quelque intérêt de l'Inde pour Agaléga, il devait répondre que la question de souveraineté "est sacrée" sans qu'il ne veuille, dit-il, "pointer du doigt l'Inde".


Engagement du MSM

Jamais de politiciens dans l'establishment des institutions

"Je donne la garantie que lorsque nous reviendrons au gouvernement aucun nominé politique ne sera jamais placé au sein de l'establishment de nos institutions, surtout pas les institutions sensibles, à l'exemple du Mauritius Examinations Syndicate (MES), dans lesquelles la population doit avoir une entière confiance et où doit primer une entière transparence". Cette "garantie", c'est la presse qui l'a arrachée, hier matin, du leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), Pravind Jugnauth, au terme d'une longue conférence de presse que son parti a consacrée à ce qu'il qualifie de "scandales" du moment. Pour Pravind Jugnauth, la source de nombre de scandales qui affectent le pays serait, en partie, "les hommes qui sont nommés à la tête des institutions et à leur affiliation au pouvoir politique actuel qui les autorise à se croire forts et que tout leur est permis".

Le leader du MSM et ancien vice-Premier ministre a d'abord commenté l'affaire de bourses indiennes pour des études de post graduate en médecine à la Banaras Hindu University dans le cadre du programme de coopération technique et économique indien. Cette affaire est cause d'une vive controverse au sein de la profession médicale du pays et à l'Assemblée nationale après qu'il a été établi que deux médecins du service public ni qualifiés, ni éligibles et qui n'avaient même pas fait acte de candidature ont obtenu deux des trois bourses offertes.

Pravind Jugnauth, a fait un appel au Premier ministre pour que l'enquête situe les responsabilités et, "surtout si le chef du gouvernement veut bien que les mots méritocratie et transparence aient un sens et que tous les candidats aient le sentiment d'avoir eu quelle considération". Le MSM accuse le ministre de la Santé, Satish Faugoo, de faire "un véritable affront" à l'Inde en essayant de renvoyer la balle à ce pays. "L'Inde nous aide beaucoup sous le programme de coopération technique et est elle aussi attachée à la bonne gouvernance, la transparence et à la démocratie et elle aussi peut aider à établir la vérité", a déclaré Pravind Jugnauth.

En fait, les onze députés du MSM à l'Assemblée nationale, le leader de l'Opposition, Nando Bodha, en tête, ont adressé une lettre au ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, pour que son pays mène une enquête parallèle dans cette affaire qui suscite une grande controverse.

Carburants : "Pourquoi Mangalore Refineries ?"

Des affaires "scandaleuses" que le leader du MSM a évoquées, hier matin, deux visent le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah. Selon Pravind Jugnauth, "la façon dont ce ministre a engagé l'île Maurice pour trois ans dans son approvisionnement en carburants auprès de la compagnie indienne Mangalore Refineries et, ensuite, dans la manière dont il a également géré le dossier du fer de construction sont proprement des scandales". Selon le leader du MSM, Maurice achètera du carburant pour une somme de Rs 60 milliards de Mangalore Refineries.

"Il n'y a lieu d'être pour ou contre cette compagnie indienne, mais le gouvernement n'a donné aucune raison de son choix et il n'y a eu aucun appel d'offres international ou local qui aurait peut-être été plus bénéfique au pays. Rien qu'en Inde, au moins, trois fournisseurs de renommée mondiale auraient pu faire des propositions : le n°1 pétrolier indien Indian Oil, Barath Petroleum et Hindustan Petroleum", a déclaré Pravind Jugnauth, tout en se demandant si ces compagnies avaient été contactées.

Toujours selon le leader du MSM, le ministre Jeetah a prétendu que le pays a économisé Rs 350 millions l'année dernière sur les importations de carburants et que les économies à venir seront de l'ordre de Rs 1 milliard. "Mais, en l'absence de compétiteurs pour la fourniture, on ne sait sur quel benchmark le ministre se base pour avancer ces chiffres d'autant que, dans les faits, les prix des carburants ont régulièrement augmenté. Il faut savoir si la population en a bénéficié, sinon où atterrissent les économies réalisées. Tout cela exige des explications", a affirmé Pravind Jugnauth.

Il a dénoncé la tendance que prennent des responsables des institutions, comme au Central Electricity Board, à contracter des accords avec certains promoteurs proches du pouvoir sans recourir à des appels d'offres, à délivrer des lettres d'intention sans prendre en compte les intérêts de la population. Le leader du MSM a aussi déploré le fait que, lorsqu'il est interpellé à l'Assemblée nationale sur la question énergétique, le ministre de l'Énergie, Abu Kasenally, "ne fait aucun effort pour expliquer".

"Rs 16 M de windfall gains pour Murray and Roberts !"

Pour ce qui est du fer de construction, le leader du MSM a rendu la politique de libéralisation du marché du ministre du Commerce responsable "d'avoir poussé à la fermeture une usine locale (en l'occurrence Desbro) et d'avoir fait jeter sur le pavé quelque 200 pères de famille". "De plus, non - seulement", d'après Pravind Jugnauth, "cette politique a mené à la paralysie du secteur de la construction à travers la pénurie de barres de fer et au marché noir qui a fait doubler les prix du matériau, elle a aussi permis à la firme sud-africaine Murray and Roberts de réaliser des windfall gains de Rs 16 millions sur une cargaison de barres. Cette cargaison était déjà stockée à la douane avant que le ministre n'accorde une augmentation de prix de 20%.

"La pagaille partout !"

L'analyse de la situation générale de la gestion des institutions du pays a amené Pravind Jugnauth à conclure à "une pagaille et un malaise qui règne partout, minant la bonne gestion". Il a énuméré la liste suivante : "Au Port, MPA contre Cargo Handling Corporation, conseiller du PM contre président de la MPA, à Airports of Mauritius Dan Maraye (homme du Premier ministre) contre Roshan Seetohul (homme de Xavier Duval), au CEB, au Conseil de district de Moka-Flacq des conseillers travaillistes conteste le président Choolun, lui-même membre du Bureau national du même parti pourtant élu, chez Enterprise Mauritius Amédée Darga est en guerre contre le directeur exécutif, à Air Mauritius, après Nirvan Veerassamy qui cherchait à mettre de l'ordre, c'est maintenant Dinesh Burrenchobay qui part. Dans le secteur informatique (qui, il y a deux ans, était appelé à se développer, selon Jugnauth), le "ministre-lauréat" qui en sait toujours plus que tout le monde se bat contre Jean Suzanne, le conseiller du Premier ministre en la matière, lequel qui se plaint que son plan de développement reste bloqué depuis deux ans. Dans les Administrations régionales, le lord-maire critique ouvertement le ministre David, à BBRH des conseillers de l'Alliance sociale votent un blâme contre un membre de leur propre groupe, à la SEHDA Vijay Ramgoolam dit ne plus pouvoir travailler avec le ministre Rajesh Jeetah."

"Partout où le gouvernement a installé ses hommes au sein de l'establishment, c'est la pagaille", a commenté Pravind Jugnauth. D'où, à une question de Week-End qui lui a rappelé que la politisation des institutions a été récurrente sous tous les régimes, la "garantie" donnée par Pravind Jugnauth.

Le leader du MSM a d'autre part appelé le gouvernement à cesser de "tir manzé" de la population mais, au contraire, par exemple, de diminuer les arriérés dûs par les occupants des cités ex-CHA afin que ceux-ci puissent réellement devenir propriétaires du terrain et des maisonnettes qu'ils occupent. Pravind Jugnauth a aussi critiqué l'expulsion "brutale" dans le courant de la semaine de familles qui squattaient depuis des années des terres de l'État à Pointe des Lascars.

"Le MSM n'encourage certainement pas le squatting des terres de l'État, mais nous dénonçons la façon de faire du gouvernement. Il faut régulariser le cas des squatters actuels mais en imposant une date butoir afin que d'autres personnes ne viennent grossir leur nombre. Les squatters actuels ont fait des sacrifices et certains parmi ont construit leurs maisons en dur sans compter que parmi les expulsés il y a des femmes enceintes qui maintenant se retrouvent à la rue", a soutenu le leader du MSM.


À l'Assemblée nationale, mardi dernier

L'amendement Bérenger en faveur de 10,7% aux salariés touchant jusqu'à Rs 3 000 rejeté

À 29 voix contre et 15 pour, la majorité a rejeté l'amendement de Paul Bérenger proposant le paiement d'une compensation de 10,7%, proportionnelle au taux d'inflation, aux salariés touchant jusqu'à Rs 3 000, et Rs 400 pour la fourchette de Rs 3 000 à Rs 6 500; Rs 500 pour les Rs 6 500/Rs 8 000; et Rs 600 pour les Rs 8 000 à monter. Pas moins de 26 absences, dont 17 dans les rangs du gouvernement, 5 dans ceux de l'opposition et des quatre élus de Rodrigues, lors de ce vote pris après que l'auteur de l'amendement eut demandé un décompte des voix à l'examen en comité du texte.

Les débats sur l'Additional Remuneration Bill - bien engagés pourtant par l'auteur, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree - devaient complètement dérailler à un certain moment, certains à l'instar de Xavier Duval, rouvrant un argumentaire général sur la politique économique du gouvernement comme si on en était encore aux délibérations sur le budget, et Shakeel Mohamed, dont les propos auraient pu parfois être associés à une motion de blâme contre Paul Bérenger.

Le Speaker, qui a été moins sévère que d'habitude sur de tels écarts, a jeté le blâme sur l'Attorney General, Rama Valayden, à qui il a, en deux occasions, imputé la responsabilité de cet écart du débat du sujet principal, qui était le paiement d'une compensation salariale, puisqu'il avait fait référence aux anciens combattants et au dossier de la vente à la barre.

À la présentation du texte, Vasant Bunwaree a rappelé que le taux arrêté a été celui recommandé par le National Pay Council, organisme tripartite permanent. Il a indiqué que les représentants des travailleurs ont insisté sur le rétablissement du pouvoir d'achat des salariés en proposant 11% pour ceux recevant jusqu'à Rs 8 000, tandis que ceux des employeurs ont, pour leur part, suggéré 5,5% pour les plus faibles salaires afin de ne pas annuler le "fragile economic recovery" enregistré.

C'est en tenant compte de plusieurs paramètres, dont l'état de l'économie, celui de l'emploi, la capacité de payer, que le NPC est arrivé avec un chiffre de 8,7% pour les salariés qui touchent Rs 3 000, Rs 300 pour les Rs 3 000/Rs 6 500, Rs 350 pour les Rs 6 500 et Rs 400 pour ceux qui sont payés Rs 8 000 et plus par mois. Ces propositions ont, selon Vasant Bunwaree, aidé à "créer un climat positif dans le pays", n'était-ce la pression constante sur les prix. Il a aussi annoncé que le texte de cette année fait provision pour le paiement de la compensation à tous les travailleurs à temps partiel, quel que soit le nombre d'heures fourni.

Le leader de l'opposition a, d'emblée, dit soutenir l'amendement circulé par Paul Bérenger, même s'il aurait souhaité que le seuil pour la compensation intégrale soit porté à Rs 4 000. Nando Bodha a critiqué la "tragic farce" qu'est le NPC, et le calcul de facteurs qui n'ont rien à voir avec le taux d'inflation et la perte du pouvoir d'achat. Il a estimé que la grosse majorité des salariés, soit 155 460, ne touchera que Rs 300 de compensation.

Il n'a pas manqué de rappeler que le précédent gouvernement MSM/MMM avait toujours compensé les bas salaires intégralement et que le seuil était chaque année revu à la hausse. Il a aussi souligné que le gouvernement a donné l'occasion aux grandes compagnies d'économiser Rs 1 milliard avec la baisse de la taxe à 15% et à d'autres d'avoir plus d'entrée d'argent avec la dévaluation. En fait, il y a un "early harvest" avec "bef travay, souval manzé" et "billions to the corporate sector and peanuts for workers", a dénoncé le leader de l'opposition.

Le prochain intervenant, Rama Valayden, s'est fait le chantre de la protection des emplois plutôt que l'octroi d'une compensation intégrale qui peut tuer les entreprises. Il a également mis l'accent sur le choc pétrolier et céréalier qui sévit à travers le monde et qui est source de pression sur les prix. Il a souligné ce que le gouvernement a entrepris pour les anciens combattants et les victimes de la vente à la barre.

"Usurpateur, hypocrite et cynique"

Lorsque Paul Bérenger s'est levé pour s'adresser à la chambre, certains de ses opposants les plus constants, comme Nita Deerpaslingh, Rihun Hawoldar et Yatin Varma, ont quitté l'hémicycle pour ne pas l'écouter. Cela n'a pas eu l'air de le préoccuper puisqu'il a démarré son intervention sur les chapeaux de roue. Il a souligné que le doublement du taux d'inflation, "cette hypertaxe sur les pauvres", de 5% à 10,7%, d'une année à l'autre, est le seul fait du gouvernement et qu'il a en conséquence le devoir de compenser adéquatement les bas et moyens salaires.

Le leader du MMM a dit qu'il est difficile de ne pas rigoler lorsqu'on entend Vasant Bunwaree et Rama Valayden parler du NPC, un "comité de farceurs", "full of usurpateurs who do not even represent themselves and certainly not the workers of this country !" et dont le plus grand avait même soutenu qu'il s'attendait, après ses recommandations de 8,7%, à ce que le gouvernement améliore ce chiffre.

Ne mâchant toujours pas ses mots, il a dit considérer comme "hypocrite et cynique" que le gouvernement lance un appel aux autres pour qu'il paie plus que les 8,7% alors que lui-même accorde ce taux aux pensionnés, veuves, orphelins et handicapés. Paul Bérenger a aussi mis sur le compte de la malhonnêteté intellectuelle l'équation compensation intégrale/création d'emplois. Il a maintenu que le gouvernement a les moyens de payer 10,7% aux bénéficiaires des prestations sociales, avec les Rs 2 milliards de revenus supplémentaires qu'il a engrangés sous forme de taxe l'année dernière et le même montant de plus qu'il recevra cette année.

Shakeel Mohamed s'était à peine mis debout, juste après, que l'ensemble de l'opposition, toujours remontée contre ce qui est considéré comme une "indélicatesse" de sa part, s'est retiré de la chambre. Seule Maya Hanoomanjee est restée car elle devait prendre la parole juste après le député de la majorité. Celui-ci a dit que l'on devrait cesser avec cette façon de dire certaines choses lorsqu'on est dans l'opposition et le contraire une fois arrivé au gouvernement, et que cela est valable pour tous les partis.

Pour le reste de son intervention, pas grand-chose sur le texte lui-même, si ce n'est de parler de Paul Bérenger et "d'hypocrite" - mot qu'il retirera, comme l'avait fait Nando Bodha, la semaine dernière - et de rappeler que Bérenger n'avait pas présidé les tripartites lui-même en 2003 et qu'il avait envoyé Sushil Khushiram à sa place. En sus de faire des éloges appuyés au Premier ministre, Shakeel Mohamed a aussi félicité Rajesh Jeetah pour son travail à l'Industrie. Il a fini quand même par dire quelques mots sur les prix. Le député a préconisé un certain contrôle temporaire des prix, la commission sur la compétition ne pouvant tout régler à elle seule.

Lui succédant à la tribune, Maya Hanoomanjee s'est est donné à cœur joie en rappelant certains des propos tenus par Navin Ramgoolam sur des textes similaires entre 2000 et 2005, dont le fait qu'il n'avait jamais entendu une firme du privé dire qu'il avait la "capacity to pay !"

Le dernier intervenant, le ministre du Tourisme, Xavier Duval, a répété les propos tenus lors des débats sur le budget. Il a précisé que le "early harvest is not here yet" et que la récolte n'est que dans le budget, d'où l'impossibilité dans la conjoncture de jouer au Père Noël. Il s'est félicité que le secteur du tourisme ait décidé de payer plus que ce qui est prévu par le gouvernement.

Dans son résumé des débats, Vasant Bunwaree a dit que 72% des entreprises du privé ont, l'année dernière, payé plus que ce qui avait été décidé par l'État.

Comme c'était le premier décompte des voix, certains des nouveaux élus ont été un peu confus lors du vote, à l'instar du Dr Mungur, qui a dit "of course, yes", pour finir par dire non à l'amendement Bérenger.

À l'ajournement des travaux, Rajesh Bhagwan a évoqué le problème de Tisha Ramloll, décédé après une intervention chirurgicale à l'hôpital Jeetoo. Satish Faugoo a dit qu'une enquête a été initiée.


Fait marquant-MSM/MMM : Ça se réchauffe

Ça se réchauffe visiblement entre le MSM et le MMM au Parlement. Après le walk-out de l'opposition, initié par Nando Bodha la semaine dernière, pour protester contre l'attitude de Shakeel Mohamed, on a assisté cette semaine à un échange de politesses entre le leader du MMM et celui de l'opposition, ce dernier annonçant d'emblée le soutien à son amendement, une démarche pour laquelle il a été chaudement remercié. Il n'y a pas longtemps, lors des débats budgétaires, certaines absences lors des interventions de chefs de groupes étaient soigneusement orchestrées.


Attitudes

Cette "autre manière de faire la politique"

Il est toujours intéressant d'écouter Shakeel Mohamed. Pas toujours pour la qualité de ses arguments, mais pour sa manière de les présenter, lui, qui dit être, d'ailleurs, très penché pour le théâtre. Et il ne s'en prive pas. Le député qui préconise une "autre manière de faire la politique" devrait commencer par faire sienne cette maxime. Il serait alors promis certainement à un bel avenir.

Après la PNQ

C'est après la Private Notice Question que le leader du MMM a fait son entrée dans l'hémicycle. Renseignement pris, c'est en raison du fait qu'il préparait son amendement à l'Additional Remuneration Bill. D'autres sources indiquent qu'il ne voulait pas être là au moment des questions sur le contrat de buanderie, marquées par de vifs échanges entre gouvernement et opposition, James Burty David et Rajesh Bhagwan à l'affrontement, comme d'habitude.


Mardi prochain-Coup de projecteur sur la MBC

Coup de projecteur sur la MBC, mardi prochain, avec quatre des vingt-trois questions qui y sont consacrées adressées au Premier ministre. Ajay Gunness ouvre la série avec une interpellation sur Datta Ramyead. Sujet qui est aussi l'objet d'une question de Mahen Jhugroo. Et de deux autres, signées Alan Ganoo sur la participation de la MBC au sommet des médias en Malaisie et Dany Perrier sur les conditions de service de Prem Seebaluck.

Les autres questions pour le Premier ministre concernent la police, les agressions sur les enseignants, l'achat de véhicules, les étrangers qui ont obtenu le statut de résidents, le Fast Track Committee, la drogue, l'incendie des champs de cannes de Riche Terre. Parmi les autres interpellations, les fraudes à la sécurité sociale, les scandales à la Beach Authority, les casinos, le dépotoir de Roche Bois, et le contrat de buanderie dans les hôpitaux et celui des produits pétroliers avec la raffinerie indienne de Mangalore.

Trois projets de loi, The Financial Services Bill, The Securities (Amendment) Bill, The Insurance (Amendment) Bill, inscrits au nom du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, seront aussi débattus.


Le 12 août à Réduit

L'aile jeune du MMM invite la jeunesse à se faire entendre

Sonder la jeunesse mauricienne, cerner ses attentes et lui proposer un programme qui réponde à ses aspirations. Tel est le nouveau défi que s'est lancé l'aile jeune du MMM, le 12 août prochain, lors d'un rassemblement à l'auditorium Octave Wiehé, Réduit, en présence du leader du parti, Paul Bérenger.

L'aile jeune du MMM a dévoilé, la semaine dernière, les objectifs de cette activité dont le thème est Lavwa zeness. Le président de cette instance, Jimmy Chovrimootoo, a déclaré que cette grande rencontre cible les jeunes de 15 à 25 ans. Quatre thèmes seront développés: l'éducation, le mauricianisme, l'écologie et les loisirs. "Nous envisageons même de faire la synthèse de ces quatre thèmes pour élaborer notre prochain programme électoral à l'intention des jeunes", avance Jimmy Chovrimootoo.

La présentation de ces thèmes, placés sous la responsabilité de Danen Beemadoo, Stanley Harmon, Fabiani Balisson et Cheryll Rayapen, se fera sous forme de sketchs, chants et autres. Une animation musicale clôturera la journée du 12 août. Jimmy Chovrimootoo a invité les intéressés à consulter le blog suivant: www.zenesmoris.org et à écrire à info@zenesmoris.org.


Ça va se savoir

Nouvelles cylindrées pour le gouvernement

Les cylindrées qu'utilisent le Premier ministre, le vice-Premier ministre et certains autres ministres qui atteignent leurs quatre ans au début de l'année prochaine seront remplacées. Le gouvernement, qui a porté la période de renouvellement de ces voitures de trois ans à quatre ans, a décidé de placer des commandes pour des BMW, des Mercedes mais aussi des Audi.

Nando Bodha au dîner d'Asraf Dulull

La présence du leader de l'opposition au dîner que le ministre du Logement, Asraf Dulull a offert, lundi, en l'honneur de la ministre australienne Michelle Roberts n'est pas passée inaperçue. Renseignements pris, c'est que l'urbaniste Nando Bodha avait sollicité une rencontre avec la visiteuse mais qu'il lui fut expliqué que son emploi du temps était trop chargé pour permettre cela. Seul créneau identifié, le dîner de lundi et la petite réception qui précède. C'est ainsi que le leader de l'opposition s'est retrouvé, pour ainsi dire, à la table d'Asraf Dulull.

Le départ discret de Anil Baichoo

Anil Baichoo, qui a suivi le débat sur la compensation salariale, mardi, s'est discrètement éclipsé au moment où Vasant Bunwaree procédait au résumé des interventions. Il n'était donc pas dans l'hémicycle pour voter le rejet de l'amendement de Paul Bérenger proposant une compensation de 10,7% aux travailleurs qui touchent jusqu'à Rs 3 000. La question qui se pose aujourd'hui encore est celle se savoir s'il avait été prévenu que le leader du MMM demanderait un décompte des voix, question d'enregistrer, une à une, la posture des ministres et autres députés présents.

Réunion Jeetah/Ramgoolam demain

Une réunion est prévue entre le ministre Rajesh Jeetah et le directeur de la Small Enterprise and Handicraft Development Authority (SEHDA) demain en vue de trouver un terrain d'entente après les vifs différends entre les deux hommes qui avaient atteint la place publique en fin de semaine. C'est l'ingérence du ministre qui est reprochée à la SEHDA avec le projet de faire embaucher la fille du Constituency Clerk qui a été refusé par le conseil d'administration de cet organisme. Rajesh Jeetah semble entretenir des rapports difficiles avec certains cadres opérant dans les services tombant sous la tutelle de son ministère. On se souviendra qu'un haut fonctionnaire, las de ses agissements, a obtenu du Premier ministre, qu'il soit muté ailleurs.

Allocations mensuelles de Rs 105 000 pour Bijaye Madhoo

Bijaye Madhoo reçoit des allocations mensuelles de Rs 105 000, un peu moins que son prédécesseur Torriden Chellapermal mais pour des qualifications qui ne sont absolument pas comparables. Et, pour la fréquence des voyages, l'actuel directeur aussi tous les records. Quant au président, à temps partiel, du conseil d'administration de la MBC, c'est une enveloppe de Rs 27,000 qu'il touche chaque mois.

Un ambassadeur s'intéresse au poste de Deputy SG de la COMESA

Un ambassadeur en poste depuis plusieurs années dans une des plus importantes chancelleries mauriciennes en Europe envisage sérieusement une reconversion en tant que fonctionnaire international. Rompu aux exercices de négociations et de lobbying, le diplomate mauricien lorgne le poste de Deputy Secretary General de la COMESA. Cette démarche devrait obtenir le soutien officiel du gouvernement dans la mesure où le ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, n'aurait aucune objection à ce sujet.

Le départ de cet ambassadeur pour la COMESA devra provoquer une musical chair dans les missions diplomatiques mauriciennes à l'étranger avec l'actuel Secretary for Foreign Affairs probablement affecté en tant qu'ambassadeur dans cette importante capitale en Europe. Mais, à ce jour, l'on préfère, diplomatiquement, ne pas commenter ces développements à venir.

Le PRB à Rodrigues à la fin du mois

Une importante mission du Pay Research Bureau (PRB) dirigée par son directeur général, M.B. Appanah, se rendra à Rodrigues à la fin de ce mois. Ce déplacement s'inscrit dans le cadre des consultations du PRB avec les syndicats en vue de la publication du nouveau rapport sur les salaires et conditions de service dans le service civil et les corps para-étatiques en mai 2008. La Rodrigues Governemnt Employees Association (RGEA) met actuellement les bouchées doubles dans la rédaction du mémoire à être soumis au PRB.

L'une des principales revendications de la RGEA est la réinstauration de la Rodriguan COLA vu que les prix en vigueur dans l'île sont nettement supérieurs à ceux de Maurice. L'exemple type demeure les prix de vente au détail du riz ration et de la farine. Les fonctionnaires de Rodrigues réclament également des stuctures adaptées en vue de permettre l'épanouissement de l'autonomie avec le pouvoir exercé par le conseil exécutif de la Rodrigues Regional Assembly.

Un directeur veut racheter une des unités du groupe pour son fils

Un des membres du conseil d'administration d'un important groupe du secteur privé a jeté son dévolu sur une des filiales. En effet, dans le cadre de la restructuration, ce conglomérat a pris la décision de se débarrasser d'une des unités engagées dans la filière des produits alimentaires de qualité. Mais ce directeur n'a trouvé mieux de postuler comme un des principaux racheteurs des assets. Mais, officiellement, la transaction se fera au nom d'un de ses fils, maintenant les family jewels within the family. En tout cas, des cadres de cette entreprise s'étaient regroupés en vue de soumettre une offre pour le rachat de la compagnie. Devant les démarches du directeur, ces employés ont abandonné toute illusion de voir leur offre être retenue.

La MRA se met à l'heure de la " Performance Appraisal "

Devant le retard accumulé et pour ne pas pénaliser indûment les employés par rapport à leurs increments à partir de la fin de juillet, la Mauritius Revenue Authority a préféré avoir recours à une Abridged Performance Appraisal pour 2006-07. C'est ce qu'indique un mémorandum en date du 16 juillet et portant la signature de Sudhamo Lall, directeur général de la MRA.

Tout semble indiquer que les increments ne seront pas payés à la fin de ce mois vu que l'exercice de performance appraisal en version abrégée durera pendant les mois de juillet et août. À partir du mois prochain, la direction générale de la MRA s'engagera dans un More Detailed Performance Review Process pour 2007-08. C'est ce qu'indique toujours le directeur général de la MRA à son personnel.

La BOM relève la forte hausse des prix alimentaires en juin

Le dernier rapport mensuel de la Banque de Maurice relève la forte hausse des prix des produits alimentaires pour le mois de juin. " The Consumer Price Index (CPT) increased from 138,1 in May 2007 to 138,8 in June 2007. The largest rise was noted in the sub-division food and non-alcoholic beverages which went up by 1,1 per cent ", note la banque centrale. La majoration des prix des produits laitiers demeure la plus conséquente pour le mois de juin dernier alors que le prix du gingembre avait baissé de 0,1%.

Les prix des biens et services ont augmenté de 0,7%, les coûts de santé de 0,6%, veux des restaurants et hôtels de 0,5%, des boissons alcoolisées de 0,1%, des vêtements de 0,1%, de l'électricité et de l'eau de 0,1%. En conclusion, la banque centrale trouve que " the rate of inflation for the twelve-month period ended June 2007 stood at 10,7 %, up from 10,5% for the twelve-month period ended May 2007 ".

Cherche l'auteur du cadeau de mariage à ce couple de médecins

L'affaire de l'allocation de deux bourses d'études à la Banaras University en Inde à un couple de médecins passionne non seulement le monde médical mais aussi celui de la politique avec une PNQ et des PQs à l'Assemblée nationale. Mais des insiders avancent que la clé de l'énigme demeure le fait que ces bourses d'études peuvent être considérées comme un véritable cadeau de mariage car le couple de médecins avait convolé en justes noces à la fin du mois d'avril dernier.

Mais l'identité de celui qui a initié le processus pour que ce superbe cadeau soit offert demeure un véritable mystère. Au moins pour ceux qui ne veulent pas voir plus loin que le bout de leur nez. Le nom de l'auteur, qui aurait fait usage de sa proximité politique pour imposer les noms des médecins, circule déjà sous le manteau en cette période d'hiver. Affaire à suivre…


Centrale Thermique du sud

Eric Guimbeau réclame une commission d'enquête

Eric Guimbeau, qui, semaine après semaine, critique l'action des ministres, entend jeter un véritable pavé dans la mare mardi prochain avec une question parlementaire au Premier ministre lui demandant s'il se propose de nommer une commission d'enquête sur la Centrale Thermique de St Aubin pour voir s'il y a eu des irrégularités autour de ce projet.

Interrogé par Week-End sur le sens de sa démarche, le Deputy Speaker et député de la majorité gouvernementale a déclaré "en avoir marre des allégations de certains de ses collègues sur la construction de cette centrale". Il évoque les propos de Rama Sithanen qui, le 5 juin dernier, avait - alors que Nando Bodha posait sa Private Notice Question sur les projets controversés de CT Power et Gamma/Coventa - parlé de "St Aubin comme le scandale du siècle" et Abu Kasenally de "St Aubin saga" sans parler des autres "gracieusetés du même genre de Nita Deerpasling".

"On ne peut pas faire des allégations, qu'on en finisse une fois pour toutes avec cette affaire", a déclaré le député qui a profité pour souhaiter que la lumière soit aussi faite sur les bourses indiennes. Il s'est aussi réjoui que le nouveau Chef Juge ait imposé un comité à Rama Sithanen, qu'il réclame depuis un an, sur les nouvelles conditions des baux pour les campements.

Eric Guimbeau affirme, par ailleurs, qu'il avait raison de parler "d'apartheid" après la réponse du ministre Asraf Dulull défendant son "differentiation of treatment", pour l'application du National Residential Property Tax aux seuls détenteurs de baux résidentiels et non à ceux qui en font un business. "Une telle discrimination en 2007 est une honte pour la république", a-t-il déclaré.

Cette semaine encore, il a remis le ministre du Logement à sa place après ses réponses approximatives sur la construction de maisons destinées aux ménages à faible revenu dans la circonscription de Curepipe/Midlands. Eric Guimbeau lui a dit qu'il n'était pas intéressé par ce qui a été fait par l'ancien gouvernement mais par les projets que, lui, entend entreprendre. Un échange qui n'a pas plu à certains élus travaillistes.

Il revient à la charge, mardi prochain, pour interroger le ministre du Logement sur les baux concernant les îles et îlots autour de Maurice. Il rechercherait aussi, selon nos renseignements, des explications supplémentaires du "differentiation of treatment" qui frappe les promoteurs.

Il veut, en effet, savoir, dans un souci d'équité, pour quelle raison, les baux de la Hindu House et du promoteur indien de la laiterie, Creambell ont été résiliés sous prétexte que les travaux n'ont pas été exécutés dans les délais agréés et qu'une telle mesure ne s'applique pas à celui de l'île aux Bénitiers, dont le bail avait été restitué en grande pompe fin 2005, et qu'il n'y a pas eu depuis le plus petit développement.

Le projet Apollo: Un "nominal fee" de Rs 100 par arpent par an

Eric Guimbeau, en sus de demander les raisons de l'ordre de fermeture d'une antenne de l'Assemblée de Dieu, à Circonstance, St Pierre, recherchera aussi auprès de Asraf Dulull la liste de tous les bénéficiaires de terres de l'Etat depuis novembre 2006.

Pour rester dans le domaine des terres de l'Etat, grosse fut, par ailleurs, la surprise des parlementaires, de tous bords d'apprendre de la bouche du ministre Asraf Dulull, que le promoteur Apollo, une association de la British American Investment et la clinique indienne, ne paierait qu'un "nominal fee" de Rs 100 par arpent par an pour les 12 arpents qu'il occupera pendant 19 ans et quelquesm autres années. Soit Rs 1 200 par an pendant 19 ans.

Le ministre a expliqué que ce tarif a été décidé après qu'il ait été demandé au promoteur d'encourir lui même les travaux d'infrastructure sur son site au coût de Rs 80 millions. L'auteur de la question, Joe Lesjongard, a beaucoup insisté sur le caractère exceptionnel de cet accord mais le ministre a défendu ce dossier, bec et ongles, en soutenant qu'il s'agit d'un nouveau concept mais pas d'une politique générale.

A Joe Lesjongard qui lui a demandé si l'avis du State Law Office avait été recherché avant d'accorder un bail sur un "prime land" à Réduit à Apollo pour Rs 100 l'arpent par an, le ministre a été incapable de répondre et il s'est contenté de parler de troc entre loyer et investissement dans les infrastructures.

Et alors que les travaux de défrichage ont déjà commencé sur le site, le ministre du Logement a, là aussi, été bien approximatif dans ses réponses au député du MSM qui a insisté pour savoir si le promoteur a effectué le dépôt requis lorsque la lettre d'intention a été délivrée. "We have already informed Apollo Hospital that they have to pay a reservation fee of Rs 2,5 millions", s'est-il contenté de répondre. Ce qui visiblement n'a pas encore été fait.


Présence de l'Inde à Agaléga

La presse indienne remet çà

La presse indienne remet çà sur Agaléga. En effet, le 18 juillet dernier, le journal Indian Express, un des grands quotidiens de la Grande Péninsule, qui a fait état d'installations de radars à Madagascar, a aussi annoncé que "India is looking at developing another monitoring facility at an atoll it has leased from Mauritius in the near future". Pour rappel, un autre journal indien, tout aussi respecté, le Times of India avait, comme rapporté par Week-End, en novembre 2006, annoncé la "concession d'Agaléga à l'Inde".

L'article de l'Indian Express de mercredi dernier écrit d'abord ceci : "India has activated its first listening post on foreign soil that will keep an eye on ship movements in the Indian Ocean. A key monitoring station in northern Madagascar, complete with radars and surveillance gear to intercept maritime communication, was quietly made operational earlier this month as part of Indian Navy's strategy to protect the country's sea lanes of commerce."

Plus loin, le journal précise que "while the station will also monitor piracy and terrorist activities, its primary aim is to counter the growing Chinese influence in the Indian Ocean Region". Pour ce qui est d'Agaléga, le journal dit que "India is looking at developing another monitoring facility at an atoll it has leased from Mauritius in the near future" et il ajoute même que "while the ministry remains silent, sources say some forward movement has recently been made on the project".

Le gouvernement mauricien n'a pas été prompt à réagir à ces informations qui sont répercutées non seulement en Inde mais à travers le monde. C'est suite à des interpellations parlementaires de Rajesh Bhagwan et de Sunil Dowarkasing, le 5 décembre 2006, après que Week-End ait, le 26 novembre, rapporté l'article du Times of India de la veille sur la "concession d'Agaléga à l'Inde" que le Premier ministre avait fait le point.

En réponse aux questions des deux députés de l'opposition, Navin Ramgoolam avait précisé que "government has not and has never had the intention to hand over Agalega to any foreign country". Il avait aussi ajouté que c'est durant sa visite officielle, quelques semaines plus tôt, que le dossier Agaléga avait été discuté avec les autorités indiennes et qu'il avait fait une requête pour une assistance financière et technique en vue du développement de l'île.

Le Premier ministre avait aussi évoqué la visite d'une délégation d'experts de l'Inde pour la réalisation d'un audit technique et qu'un rapport était attendu. Navin Ramgoolam avait aussi dit qu'une étude hydrographique, la toute première du genre, avait aussi été réalisée gratuitement alors qu'elle aurait coûté Rs 40 millions et que l'Inde avait manifesté de l'intérêt pour des activités économiques sur l'île. Il avait aussi dit que Arcon, compagnie sud-africaine, qui a mystérieusement supplanté IBL, avait soumis son projet hôtelier au Board of Investment.

Les choses en sont restées là et on ne sait rien du rapport d'audit technique entrepris par la délégation indienne jusqu'à la publication, mercredi, de l'article de l'Indian Express qui désigne clairement Agaléga, une nouvelle fois. Le conseil des ministres, qui s'est réuni sous la présidence de Navin Ramgoolam, selon la formule consacrée, si chère à la MBC, a discuté de tout et de rien mais pas un mot, dans le communiqué officiel, sur la toute dernière information sur Agaléga venue, une nouvelle fois, de la Grande Péninsule. Alors que les Mauriciens se posent bien des questions…


Rencontre MMM/Speaker sur la MBC

La retransmission en direct des travaux parlementaires évoquée

La retransmission des travaux parlementaires en direct à la télévision a été évoquée lors de la rencontre que le leader du MMM, Paul Bérenger, et ses collègues parlementaires Alan Ganoo et Ajay Gunness ont eue avec le Speaker, Kailash Purryag, mardi dernier, pour loger une protestation en bonne et due forme contre la couverture des séances par la MBC. C'est ce qu'a déclaré le chef de file du MMM à l'Assemblée nationale suite à une question de Week-End, hier.

Paul Bérenger a tenu à rappeler que le gouvernement MSM/MMM avait sérieusement, bien avant l'arrivée de la télévision numérique terrestre, envisagé de briser le monopole de la MBC en procédant à la privatisation de la troisième chaîne, mais qu'il y a eu objections de la part de la corporation, celle-ci ne disposant à l'époque que des trois canaux analogiques.

Il a dit que son parti se renseigne sur la possibilité qu'une des chaînes digitales diffuse en direct les travaux parlementaires et souhaite que tel soit le cas. Il a aussi rappelé que l'idée du gouvernement dont il était un des principaux dirigeants était d'autoriser l'arrivée d'un ou de plusieurs télévisions privées.

Abordant le chapitre de la MBC lors de son point de presse hebdomadaire hier, le leader du MMM a dit avoir, lors de cette rencontre avec le Speaker, dénoncé le "parti pris et la manipulation politique" non seulement au quotidien de la station de la rue Pasteur mais aussi les mardis soirs et les mercredis matins avec une couverture des travaux parlementaires "d'une mauvaise foi révoltante".

Paul Bérenger a dit avoir rappelé au Speaker que la MBC est un "stranger" comme n'importe qui et qu'elle n'est admise que par sa volonté et sa permission. Il a dit avoir, au nom de la démocratie et du fair-play, demandé à Kailash Purryag d'initier les mesures nécessaires pour que les compte-rendus des travaux parlementaires soient "fair and balanced" d'une façon générale et que lui-même et le Clerk, Ranjit Dowlutta, suivent de près chaque mardi comment la MBC couvre les travaux parlementaires.

Le leader du MMM a aussi confirmé qu'une manifestation pacifique est en préparation et qu'elle se tiendra "dans un proche avenir".


Conseil de district de Moka/Flacq

Le flou persiste quant à la destitution du président Choolhun

Le flou persiste au Conseil de district de Moka/Flacq quant à savoir si le nouveau président élu le 2 juillet dernier, M. Bob Choolhun, sera destitué de sa fonction. La question en suspens est de savoir si la motion de blâme présentée contre lui par son collègue, M. Sonalall Seeburrun et qui n'a, finalement, pas été débattue, lundi dernier, peut encore être adoptée lors d'une prochaine séance.

Élu lors de l'élection de renouvellement de la présidence par 21 voix contre 14 à M. Tapeshwarsing Bissoondoyal, son élection a vite fait d'être remise en question par ses collègues du Conseil de district. Bob Choolhun est accusé d'avoir fait fi du mot d'ordre de désistement de la majorité gouvernementale à laquelle tout le conseil est apparenté au profit de son adversaire.

C'est, semble-t-il, pour déjouer la possibilité d'une destitution du président par le vote d'une motion de censure que son collègue qui lui est favorable, l'ancien président, Seeburrun, aurait pris l'initiative de présenter en premier une telle motion. Lundi, alors que la motion avait été inscrite à l'ordre du jour, Sonalall Seeburrun, l'auteur ne s'est, tout simplement, pas manifesté.

Faut-il, pour autant, comprendre qu'une nouvelle motion de blâme ne pourra être inscrite contre le président qu'après une période de six mois ? L'interprétation des règlements divergent, certains arguant que, pour qu'une motion soit validée ou invalidée, il faut, nécessairement, qu'elle soit débattue. Ce qui n'a pas été le cas, lundi.

Une controverse a aussi surgi sur le fait que la réunion convoquée, lundi, était une réunion générale du conseil alors que, pour certains, une motion de blâme doit être débattue lors d'une réunion spéciale du conseil.

Toujours est-il que cette affaire de présidence à Moka/Flacq a pris une certaine connotation avec la montée en première ligne de la All Rajput Common Front qui accorde son soutien total au président, depuis, contesté. Faut-il, à ce propos, situer dans cette perspective la sortie, cette semaine, du Premier ministre contre les associations socioculturelles ?

Le flou persiste, ainsi, quant à l'aboutissement final de cette affaire. Hier encore, M. Choolhun était en concertation avec "des amis". Il est resté injoignable malgré les sollicitations de Week-End.


Gouvernement/opposition

C'est la guerre des conseillers…

Yatin Varma, dont la correspondance à différents ministères pour offrir ses services de conseiller légal, en date de février, avait paru en primeur dans notre édition du 24 juin dernier, est, non seulement, le conseiller légal de la Sugar Industry Labour Welfare Fund mais aussi celui de la Mauritius Film Development Corporation, de la State Property Development Company, des casinos et il a aussi présidé un comité pour le compte du Central Electricity Board. Ce sont des questions posées par les députés de l'opposition qui ont permis d'établir cela et, pour ne pas être en reste, les back benchers du gouvernement ont décidé de passer à l'attaque. La guerre des conseillers est ouverte…

La ministre Sheila Bappoo, qui, répondait, la semaine dernière, à une question de Dany Perrier, avait déposé une réponse indiquant que c'est Yatin Varma qui est le conseiller légal de la SILWF et qu'il perçoit des honoraires mensuels de Rs 10 000 + TVA et qu'il est payé Rs 3 000 pour chaque cas qui lui est référé.

Avait aussi été révélé, le même jour, à la suite d'une interpellation de la même député, que Yatin Varma, le premier député de Mahébourg/Plaine Magnien et président du comité parlementaire sur l'ICAC, est également, sur contrat d'une année, l'avocat de la MFDC depuis le 2 mai 2007 et qu'il reçoit une allocation mensuelle de Rs 4,000. Rajesh Jeetah avait annoncé qu'il déposait cette réponse, pourtant, très brève.

Mardi dernier, répondant, cette fois à Jean Claude Barbier, le ministre des Finances par intérim, Vasant Buwaree, a annoncé que c'est Yatin Varma qui est le conseiller légal de la SPDC et qu'il touche des honoraires mensuels de Rs 10 000. Le même ministre a aussi indiqué au même député que c'est aussi Yatin Varma qui est l'avocat des casinos et qu'il reçoit une allocation de Rs 15 000 par mois. L'avoué retenu est Y.W. Appadoo qui, lui, touche Rs 7 500 mensuellement.

S'agissant du CEB, le ministre des Services Publics a , dans une réponse déposée, indiqué que Yatin Varma avait, en novembre 2006, touché Rs 100 000 pour un Fact Finding Committee et que les services d'autres hommes de loi avaient aussi été retenus par la corporation avec les honoraires suivants: Dharamraj Pentiah (Rs 50 000), Siv Potayya (Rs 95,000) pour plusieurs cas, Rajsomer Lallah (Rs 100 000) pour "l'appraisal bids law firms", Eric Ribot (Rs 30 000), Guy Rivalland (Rs 400,000 pour diverses affaires), Georges André Robert (Rs 75 000), Shakeel Mohamed (Rs 25 000 pour un cas) et Subhash Lallah (Rs 510 000 pour différents cas qui se sont déroulés entre janvier et décembre 2006).

Si Jean Claude Barbier revient à la charge ce mardi avec une nouvelle question au ministre des Administrations Régionales portant, cette fois, sur ceux qui sont les avocats du conseil des districts de Rivière Noire, les élus de la majorité ne seront pas en reste puisqu'ils adressent, eux aussi des questions qui couvrent la période 2000/2005, celle du mandat du gouvernement MSM/MMM.

Le Dr Rihun Hawoldar demandera ainsi au Premier ministre qui était le conseiller légal de l'Assemblée Régionale de Rodrigues de 2002 à 2005. Cette assemblée autonome avait choisi, comme on le sait, Veda Baloomoody jusqu'au début de 2006. Il avait, dans un premier temps, été remplacé par Jean Claude Bibi. C'est le secrétaire général du PMXD, celui qui avait, dans le temps, défrayé la chronique à Rodrigues, Jacques Panglose qui est, en ce moment, l'avocat de l'ARR.

Yatin Varma cible les conseillers qui officiaient, en général, au ministère de l'Environnement entre 200 et 2005 alors que c'est Rajesh Bhagwan qui en assumait la responsabilité. Sa collègue Kalyanee Juggoo a trois questions portant sur la même période et elle recherche les noms et conditions de service des conseillers légaux du ministère de l'Environnement, la SPDC et le Domaine les Pailles.


Conseil de district de Moka/Flacq

Le flou persiste quant à la destitution du président Choolhun

Le flou persiste au Conseil de district de Moka/Flacq quant à savoir si le nouveau président élu le 2 juillet dernier, M. Bob Choolhun, sera destitué de sa fonction. La question en suspens est de savoir si la motion de blâme présentée contre lui par son collègue, M. Sonalall Seeburrun et qui n'a, finalement, pas été débattue, lundi dernier, peut encore être adoptée lors d'une prochaine séance.

Élu lors de l'élection de renouvellement de la présidence par 21 voix contre 14 à M. Tapeshwarsing Bissoondoyal, son élection a vite fait d'être remise en question par ses collègues du Conseil de district. Bob Choolhun est accusé d'avoir fait fi du mot d'ordre de désistement de la majorité gouvernementale à laquelle tout le conseil est apparenté au profit de son adversaire.

C'est, semble-t-il, pour déjouer la possibilité d'une destitution du président par le vote d'une motion de censure que son collègue qui lui est favorable, l'ancien président, Seeburrun, aurait pris l'initiative de présenter en premier une telle motion. Lundi, alors que la motion avait été inscrite à l'ordre du jour, Sonalall Seeburrun, l'auteur ne s'est, tout simplement, pas manifesté.

Faut-il, pour autant, comprendre qu'une nouvelle motion de blâme ne pourra être inscrite contre le président qu'après une période de six mois ? L'interprétation des règlements divergent, certains arguant que, pour qu'une motion soit validée ou invalidée, il faut, nécessairement, qu'elle soit débattue. Ce qui n'a pas été le cas, lundi.

Une controverse a aussi surgi sur le fait que la réunion convoquée, lundi, était une réunion générale du conseil alors que, pour certains, une motion de blâme doit être débattue lors d'une réunion spéciale du conseil.

Toujours est-il que cette affaire de présidence à Moka/Flacq a pris une certaine connotation avec la montée en première ligne de la All Rajput Common Front qui accorde son soutien total au président, depuis, contesté. Faut-il, à ce propos, situer dans cette perspective la sortie, cette semaine, du Premier ministre contre les associations socioculturelles ?

Le flou persiste, ainsi, quant à l'aboutissement final de cette affaire. Hier encore, M. Choolhun était en concertation avec "des amis". Il est resté injoignable malgré les sollicitations de Week-End.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 22 juillet 2007