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Produits de première nécessité
Lait en poudre : nouvelle hausse de 5% attendue cette semaine
Difficile. Il sera en effet très difficile de se procurer
dans le courant de la semaine un kilo de lait en sachet ou en
boîte coûtant moins de Rs 150. Nous parlons ici des
marques très prisées actuellement sur le marché
la consommation à Maurice telles que Red Cow, Anchor ou
encore Twin Cow. Le prix de certains produits pourrait même
se rapprocher de la barre des Rs 200 avec cette nouvelle majoration,
à l'instar de la marque Anchor Shape-Up, qui coûte
actuellement Rs 181,95.
Le ministère du Commerce et de l'Industrie devrait en effet
accorder son feu vert à une nouvelle augmentation de 5%
cette semaine, les principaux importateurs de lait ayant soumis
les nouveaux prix payés pour la dernière cargaison
importée. Le gouvernement, faut-il rappeler, a imposé
un mark-up de 14% aux importateurs depuis l'année
dernière. La dernière augmentation accordée
aux importateurs de lait date d'un mois, période pendant
laquelle nombre de produits dérivés, yaourt ou lait
pasteurisé, avaient fait l'objet de réajustements
de prix.
Il ressort également que l'éventail de ces mêmes
produits devrait s'élargir légèrement cette
semaine avec le retour d'une marque de lait en poudre qui avait
disparu des étagères. Selon les premières
indications, la compagnie qui avait introduit cette marque sur
le marché s'approvisionnait en Argentine avant que cette
dernière ne décide d'augmenter la taxation sur les
exportations. La compagnie en question aurait trouvé un
fournisseur en Europe et le prix de lancement par kilo, indique-t-on,
serait de moins de Rs 150.
Les raisons de ces augmentations successives étant en grande
partie associées à la sécheresse sévissant
en Australie et en Nouvelle-Zélande, sans compter les mesures
adoptées par les gros producteurs dans le monde ou la demande
qui dépasse l'offre, font que les regards seront braqués
sur ce secteur dès le mois prochain, période marquant
l'ouverture de la nouvelle saison de production. Les spéculations
vont certes bon train, mais les importateurs ne cachent pas pour
autant leurs appréhensions. "C'est une situation
assez unique, car nous n'avons jamais fait face à ce genre
de situation dans le passé. Donc, il est difficile de prédire
ce qui va se passer. De toute façon, notre rôle se
résume à celui de simples spectateurs face à
ce qui se joue sur le marché mondial", confie
un des responsables d'une entreprise engagée dans le secteur.
L'attention reste donc polarisée sur le secteur agricole,
dont le prix de nombre de matières premières continue
à grimper. Orge, blé, maïs, houblon... Les
prix agricoles sont constamment sous pression avec la demande
dans les pays émergents et du développement de la
production de biocarburants à partir de céréales
ou de maïs. Les répercussions sur les produits dérivés
se font déjà sentir pour certaines marques de produits,
principalement ceux venant de l'Europe.
Gros pois à Rs 34 le demi-kilo
L'approvisionnement sur les marchés traditionnels serait
encore plus difficile, fait-on comprendre chez les principaux
concernés. La hausse des matières premières
en particulier risque ainsi d'entraîner de nouvelles hausses
sur de nombreux produits à partir du dernier trimestre
de l'année. Associés à la montée des
prix des carburants et les récentes augmentations du fret
maritime, les acteurs dans le secteur agroalimentaire se montrent
ainsi de moins en moins optimistes. "La situation est
non seulement intenable pour certaines catégories de produits,
mais elle est surtout incontrôlable. Nous n'y pouvons rien
face à ces facteurs externes. Les nouvelles augmentations
sont inévitables", soutient le responsable d'une
grande surface.
Face à l'envolée des prix sur les marchés
traditionnels ou l'indisponibilité de certains produits,
les importateurs locaux explorent d'autres sources d'approvisionnement.
Mais l'herbe ne semble pas plus verte ailleurs. Les dernières
statistiques indiquent par exemple que le stock de blé
sur le marché international n'a jamais été
aussi bas depuis 1982. En attendant les prochaines récoltes
chez les gros producteurs, les prix continuent donc à monter.
À l'instar des grains secs.
Le prix de certains produits a même atteint des niveaux
inimaginables il y a quelques mois. Chez certains commerçants,
hier après-midi, un sachet de gros pois importé
de Madagascar avait déjà atteint les Rs 34, alors
que ceux provenant de l'Australie coûtent Rs 31. Le dholl
type "gram" ou "embrevade" coûte respectivement
Rs 27 et Rs 24 respectivement. Cette tendance sera maintenue dans
les jours à venir. La raison ? Le prix des grains secs
à l'importation a enregistré une nouvelle hausse
de 15% cette semaine. Ce qui représente une moyenne de
Rs 2 sur un demi-kilo !
Controverse autour d'un projet de feux de signalisation
Rond-point de Caudan:Les zones d'ombre persistent
Le projet d'installer des feux de signalisation à la place
du rond-point de Caudan en vue de les synchroniser avec les feux
existants a été propulsé au centre de l'actualité
avec la question parlementaire dont il a fait l'objet mardi et
les points soulevés par le Mouvement social mauricien (MSM),
hier matin, lors d'une conférence de presse. Les zones
d'ombres entourant ce projet de la Road Development Authority
(RDA) et le rapport technique semant le doute concernant la viabilité,
voire la pertinence d'un tel projet, ont déjà été
soulevés dans les précédentes éditions
de Week-End. Les derniers éléments recueillis
sur ce dossier, eu égard à la déclaration
au Parlement du vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures
publiques, Rasheed Beebeejaun (voir plus loin), ne font que relancer
la polémique autour de ce projet, dont l'étude de
faisabilité a coûté Rs 7,9 millions et sa
réalisation, Rs 65 millions. Faut-il donc remplacer le
rond-point de Caudan par des feux de signalisation ? Les réponses
se trouvent les documents soumis par la BCEOM. Voyons les faits.
L'idée de remplacer le rond-point de Caudan par des feux
de signalisation fut évoquée pour la première
fois en 2001 suite à une étude d'experts réunionnais
concluant que le maintien du rond-point n'était plus "feasable"
à cause d'un volume trop important de véhicules
au niveau de cette jonction, un centre névralgique de Port-Louis.
En juin 2002, la RDA décide de confier une pré-feasability
à BCEOM et le rapport fut soumis en octobre 2002, concluant
que la situation du trafic était déjà très
affectée et recommandant de venir avec des feux de signalisation.
D'où la décision de la RDA, quatre ans plus tard,
de faire appel aux mêmes consultants (BCEOM) de conduire
cette fois, une étude en trois volets, dont le deuxième
("Component B") devait traiter la "Coordination
of traffic lights in Port-Louis".
Le contrat pour cette étude fut ainsi alloué à
BCEOM de la même manière à laquelle il avait
été retenu pour conduire une étude de faisabilité
sur le projet de La Terre Rouge-Verdun-Ebene Link Road: sans exercice
d'appel d'offres et approuvé par le Conseil d'administration
de la RDA, présidé par le Chief Executive du ministère
des Infrastructures publiques, M. Poonoosamy ! Le coût:
Rs 7,9 millions; soit 185 925 Euros, dont 100 000 Euros proviennent
d'un fond d'aide du gouvernement français pour promouvoir
la sécurité routière. La participation du
gouvernement mauricien se chiffre à Rs 4 millions dans
le financement de cette étude.
Pour les besoins de cette étude, BCEOM devait faire appel
à une firme consultante basée à Maurice,
Luxeconsult (Mtius) Ltd, pour l'aider l'aider dans sa tâche.
Les attributions du "subcontractor" consistaient entre
autres de travailler sur le "detailed engineering and preparation
of tender documents for the project" et de fournir des données
sur le trafic sur cette partie de l'autoroute. Les frais réclamés
par Luxeconsult (Mtius) Ltd sont de l'ordre de Rs 207 500.
Après un exercice d'appel d'offre lancé en avril
dernier, le contrat a été alloué le mois
dernier à AJ Maurel pour les travaux et Sobany & Sons
Ltd pour l'installation et la mise en opération des feux
de signalisation, pour une somme avoisinant les Rs 65 millions.
Concernant l'étude de faisabilité, une des principales
attributions de BCEOM était d'établir la viabilité
de cette mesure sur le court terme et son impact sur le trafic
aux heures de pointe le matin et l'après-midi. "The
assignment involves what could be considered as low-cost short-term
measures regarding the coordination of trafic lights during the
morning and evening peak periods of the day, along this very busy
stretch of road", est-il souligné dans l'introduction
du rapport soumis à la RDA.
Ce que dit le rapport BCEOM: "Unlikely to be a viable
solution
"
Quelles en sont les conclusions ? Au chapitre de Summary and Conclusion
du rapport, le consultant énumère des raisons pour
lesquelles il faut remplacer le rond-point en ces termes: "the
directional traffic patterns are incompatible with roundabout
operations; automatically controlling traffic under various flow
regimes (whereas, currently traffic police controls traffic during
peak periods); possibility of coordinating traffic with other
signalised intersections in the corridor."
Extraits: "The mere magnitude of the traffic at the various
junctions along this stretch of road, dictates that the problems
cannot be resolved by low-cost-short-term measures. Normally,
traffic in the order of 5000-7000 PCU/h (passenger car unit) would
required grade-separated junctions (i.e interchanges). However,
given the dense urban environment it is unlikely to be a viable
solution. Long-term solutions lie in a series of high cost measures,
such as, alternative routes to absorb up to half of the existing
traffic; public transport schemes; descentralisation of economic
activities outside Port-Louis (
) Coordination of
traffic flows along the urban mororway section between Caudan
and Trou Fanfaron, leading to improved traffic flows (including
through traffic) may however be perceived more during peak periods."
"Benefits concerning the proposed traffic lights improvements
cannot be easily quantified, precisely because during peak periods
traffic police controls the traffic and delays incurred by motorists
do not reflect the actual function of the junctions."
Ce que dit la lettre de Julian Aron: "Benefits limited
"
Les observations d'un premier rapport soumis en novembre de l'année
dernière sont encore plus explicites. Le consultant fait
des observations peu flatteuses sur potentiel d'"impact positif"
du projet. "It cannot be expected that the introduction
of modern traffic signals on its own improve dramatically the
situation", est-il souligné dans une lettre adressée
à la RDA en décembre de l'année dernière.
Des extraits qui répondent en partie aux questions aux
nombreuses questions soulevées autour de ce projet.
Le signataire de la lettre, Julian Aron, Project Director au Institutional
developement and Economics de BCEOM, apporte dans cette même
lettre un éclairage l'apport des "feux" sur la
circulation aux heures de pointe: "benefits during peak
periods are likely to be limited (
) More benefits could
be expected during off-peak periods". En d'autre termes,
les véhicules circulant en dehors des heures de pointes
en seront les principaux bénéficiaires de cette
mesure, initialement envisagée pour rendre le la circulation
plus fluide aux heures de pointe. Extraits du paragraphe "General
comments:
"The traffic situation along the urban section of the
M1 through Port-Louis is indeed very difficult. The nature and
level of volumes along this stretch of road are such that there
is no easy solution to resolve the problems (
) Traffic signals
improvement can be seen as a traffic system management (TSM) measure.
Such measure is relatively cheap to implement, but one cannot
expect of such an investment to yield results beyond expectations."
Selon nos sources à la RDA, Julian Aron aurait maintenu
le même point de vue technique lors d'une réunion
entre les principaux responsables du ministère via video
conférence au début de ce mois, indiquant que le
potentiel du projet aux heures de pointe est insignifiant.
Ce que le rapport ne dit pas: "Est-il incompatible
avec le Bus Lane ?"
Les voix discordantes à la RDA rejoignent par ailleurs
le point de vue du Project Director lorsqu'ils insistent sur le
fait que ce projet ne peut qu'être perçu comme une
simple mesure. "Le rapport le dit clairement," souligne
un ingénieur de la RDA, "il est écrit que'it
is a small measure which has the potential of slightly improving
the situation in the very short-term'. Donc pourquoi persister
dans cette voie et vouloir dépenser des dizaines de millions
de roupies provenant des fonds publics pour une petite mesure
et qui ne garanti aucun résultat aux heures de pointe ?"
Ceux en faveur du projet insistent toutefois sur la complémentarité
de ce projet par rapport aux projets majeurs envisagés
par le gouvernement et figurant dans le budget de développement
pour la présente année financière, la construction
de la Terre Rouge-Verdun-Ebene Link Road et l'aménagement
d'une Bus Lane sur l'autoroute M1, soit une voie exclusivement
dédiée aux transports publics sur le côté
gauche de l'autoroute. Mais ces "feux" sont-ils réellement
compatibles avec le projet de Bus Lane ?
Le consultant français a soumis un troisième volet
de son rapport portant sur le projet de Bus Lane. Dans l'immédiat,
avons-nous appris, aucune mention n'est faite comment les autobus
se dirigeant vers Port-Louis et circulant sur la première
voie de l'autoroute feront-ils pour se rabattre sur la troisième
ou quatrième voie une fois arrivée au carrefour
Caudan si les feux de signalisation sont installés ? À
ce point précis, ces autobus ne seront-ils pas contraints
de tourner vers la droite en direction de La Butte afin d'accéder
à l'ancienne route menant à la gare Victoria ? De
nouvelles interrogations qui ne font qu'augmenter les nombreuses
zones d'ombre planant sur le rond-point de Caudan
Mardi dernier au Parlement-Le VPM interrogé sur le projet
au Caudan
Répondant à une question du député
de l'opposition, Joe Lesjongard, sur la viabilité du projet
d'installer des feux de signalisation à la place du rond-point
de Caudan mardi dernier, le vice-Premier ministre et ministre
des Infrastructures publiques, Rasheed Beebeejaun, a confirmé
que l'étude de faisabilité avait été
confiée à la société française
d'ingénierie BCEO. Le VPM a également été
interrogé par d'autres députés de l'opposition,
dont Françoise Labelle et Sunil Dwarkasing. Il a également
fait remarquer que le rapport souligne le fait que ce projet à
lui seul ne pourrait résoudre le problème de congestion
à Port-Louis. C'est en réponse à la question
du député Lesjongard portant sur l'utilité
de dépenser Rs 48 millions dans un projet qui n'engendrerait
des résultats "during peak hours" que le Dr Beebeejaun
a répliqué: "I have read this report many
times and I have never seen such an affirmation."
Trou-aux-Biches
La résistance s'organise contre le réalignement
de la route côtière
Le groupe de contestataires du réalignement de la route
côtière, suite au projet d'extension du Trou-aux-Biches
(TAB) Hotel de Beachcomber, prévue à partir de 2008
à la hauteur du poste de police de TAB jusqu'à l'hôtel
Casuarina, s'agrandit et intensifie ses actions pour contrer ce
projet. La semaine dernière, les habitants du morcellement
Jhuboo, regroupés au sein du Mouvement pour le maintien
du Silence et de la Tranquillité du Morcellement Jhuboo
(MMSTMJ) ont fait parvenir une lettre à Beachcomber, sollicitant
d'urgence une rencontre, afin d'éclaircir les zones d'ombre
qui "noircissent" leur environnement depuis qu'ils ont
eu vent du projet d'extension de l'hôtel.
Dans un communiqué de presse, Beachcomber, confirmant que
le tracé proposé passerait sur l'actuel terrain
de golf de l'hôtel, avec toutefois un espace vert d'une
largeur minimum de 20 mètres, souligne avoir eu et continue
à avoir des consultations avec les stakeholders
à différents niveaux dans le cadre de l'exercice
du Environment Impact Assessment (EIA). L'exercice étant
toujours à l'étude, le groupe, affirmant "être
aussi à l'écoute de toutes les positions exprimées
dans le public sur le projet", prévoit, d'ici
à la fin du mois de juillet, de déposer sa demande
en vue de l'obtention d'une EIA Licence au ministère de
l'Environnement. En attendant, à défaut d'une rencontre
avec les promoteurs, le MMSTMJ a déjà établi
un plan d'action en dix points afin de faire obstacle à
ce projet de développement.
"Le réalignement de la route concerne en premier
lieu les riverains du terrain de golf actuel, soit les résidents
du morcellement Jhuboo", indique Beachcomber dans son
communiqué de presse pour faire état de son projet
de développement. Or, déplorent les résidents
de cette localité, "jusqu'ici, si Beachcomber a
été à la rencontre des pêcheurs et
autres forces vives, personne ne nous a approchés pour
nous expliquer le plan d'extension qui, à travers le réalignement
de la route, nous touchera directement".
Soucieux de leur tranquillité, les résidents du
morcellement Jhuboo sollicitent d'urgence une rencontre avec les
représentants de Beachcomber afin d'être fixés
sur le tracé de la nouvelle route nationale que propose
le groupe. En effet, suivant les travaux de démolition-reconstruction
de l'hôtel Trou-aux-Biches, prévus à partir
de 2008 en prévision d'une ouverture fin 2009, Beachcomber
envisage de faire une demande de déviation de l'actuelle
route côtière de TAB, entre les environs du poste
de police et l'hôtel Casuarina, pour un réalignement
sur l'actuel terrain de golf qui sera démoli.
À ce jour, indique Beachcomber, le groupe finalise avec
les techniciens l'étude d'impact environnemental et socio-économique.
Dans le cadre de cet exercice, pour tout ce qui touche au volet
socio-économique, Beachcomber affirme avoir eu des consultations
avec les stakeholders à différents niveaux.
Le groupe Beachcomber a rencontré cette semaine les habitants
de TAB, dont les pêcheurs, pour une réunion d'information
et d'explication. Ces derniers, ayant obtenu la garantie que le
projet ne touchera pas à un linéaire de la mer,
approuvent le projet, estimant d'ailleurs qu'il sera pourvoyeur
d'emplois pour les habitants de la région.
Tranquillité
Suite à ces consultations avec des habitants et forces
vives de TAB, le porte-parole du MMSTMJ s'insurge "que
Beachcomber n'a fait que parler à des gens qui habitent
hors du morcellement." "Certes, avec le projet de l'hôtel,
il y aura des développements socio-économiques,
et nous n'y sommes nullement contre. Mais qu'en est-il de la tranquillité
des habitants de la localité, directement concernés
par le réalignement de la route côtière ?"
Depuis janvier dernier, les résidents de la région
se mobilisent pour que le projet soit revu. Une pétition,
avec plus de 150 signatures, a été envoyée
aux autorités concernées afin que leur requête
- l'annulation de ce projet de déviation de la route -
soit prise en compte. Les résidents du morcellement Jhuboo
font ainsi ressortir qu'il existe d'autres alternatives, dont
les fly-overs, pour soutenir le projet de Beachcomber.
"Quel serait l'impact sur l'environnement et la paix de
la communauté si, demain, d'autres hôtels, à
l'instar de Casuarina, Le Tarisa, Le Coin de Mire
, dont
les clients doivent traverser la route côtière pour
avoir accès à la mer, décident de faire des
réalignements de la route ?", fait ressortir un
porte-parole du MMSTMJ.
Pour soutenir son projet, Beachcomber avance qu'entre la nouvelle
route proposée d'une longueur de 1 000 mètres et
le morcellement Jhuboo est prévu un espace vert, d'une
superficie totale de 8,5 arpents, d'une largeur minimum de 20
mètres. Des arbres indigènes seront plantés
dans cet espace, souligne le groupe, ajoutant que la buffer
zone, soit la zone située entre la route et le morcellement
Jhuboo, totalise 11, 6 arpents, soit plus de 29 % du terrain de
golf ; la distance entre la route et le morcellement Jhuboo varie
entre 20 et 160 mètres. Beachcomber précise également
que cette zone tampon restera la propriété de l'hôtel
et sera gérée par son équipe de maintenance.
D'autres interrogations fusent chez les habitants du morcellement
qui se demandent si les autorités pourront considérer
une éventuelle demande des riverains pour une route d'accès
directe à la mer après la mise sur pied de la zone
tampon avec le réalignement de la route côtière.
Vidéo surveillance
Ces habitants, qui affirment vivre - certains depuis plus de 12
ans - dans la tranquillité et sans incidents, ni vols,
craignent que la nouvelle route n'occasionne, outre le dérangement
sonore avec le trafic, des vols dans le morcellement. Concernant
l'aspect sécurité de la localité, Beachcomber
avance qu'avec la déviation de la route "l'espace
actuel qui longe le mur séparant le terrain de golf du
morcellement Jhuboo disparaîtrait pour laisser la place
à une grande route éclairée bordée
de deux espaces verts d'un minimum de 20 mètres de large
de chaque côté".
De même, soulignent les promoteurs, le projet du nouvel
hôtel prévoit un système de vidéo surveillance
qui couvrira tous les alentours de l'hôtel, dont toute la
route réalignée. L'objectif de Beachcomber est d'exploiter
l'ensemble du site dans le cadre d'un développement de
grande qualité à l'intention d'une clientèle
haut de gamme, rappelle le communiqué de Beachcomber.
Notons que l'hôtel prévoit de tripler sa capacité
d'accueil en démolissant les 194 chambres existantes et
construisant 460 nouvelles. Ce projet, nécessitant un investissement
de Rs 2,5 à Rs 3 milliards, mise aussi sur la création
d'emplois, soit 400 à 500 nouveaux postes directs et le
double, selon les promoteurs, en termes d'emploi indirects. Le
groupe Beachcomber compte de même enclencher, outre ceux
déjà existants, plusieurs projets de développements
sociaux dans la région.
D'ici à la fin du mois, les promoteurs soumettront leur
demande d'une licence EIA au ministère de l'Environnement.
Prévoyant le démarrage des travaux pour le réalignement
de la route pour novembre 2007, si les autorités donnent
leur feu vert, et moyennant que tous les permis soient obtenus,
Beachcomber fait ressortir qu'il incombera aux autorités
compétentes de décider de la marche à suivre.
Toutefois, à ce stade, le MMSTMJ a déjà établi
un plan d'action en dix points, incluant le recours à une
équipe de chercheurs pour étudier l'impact d'une
déviation de la route côtière sur leur environnement,
ainsi qu'un avis légal. De même, outre le Premier
ministre, qui a été sollicité pour que ce
dernier, élu de la circonscription, se penche sur le sort
des habitants de ce morcellement, d'autres députés
de la circonscription n°5 seront alertés.
Les résidents du morcellement Jhuboo espèrent que
Beachcomber établira, avant de déposer sa demande
d'EIA, une ligne de communication avec eux pour éviter
d'éventuels conflits. Ils soulignent ainsi qu'"une
bonne partie du plan d'action pourrait être atténuée
si Beachcomber prend une position proactive et s'adresse au mouvement".
Court of Investigation
King Fish II et V: Le calvaire des parents
des disparus
Cinq mois, presque jour pour jour, après le double drame
en mer avec 16 membres d'équipage des King Fish II
et V portés disparus avec le passage du cyclone
Gamede dans les parages de l'archipel de Saint-Brandon, des
proches des victimes seront convoqués en tant que témoins
devant la Court of Investigation composée du Senior
Magistrate, Benjamin Joseph, et de ses deux assesseurs, les
capitaines Toi et Bo Ronn. Cette étape délicate
de l'enquête visant à faire la lumière sur
le naufrage des deux unités de pêche de Hassen
Taher Seafoods Limited et à faire des recommandations
pour renforcer la sécurité en mer, verra au moins
quatre membres de l'Association des Parents des Disparus faire
état du calvaire qu'ils vivent depuis ce 24 févier
fatidique et de ce que leurs proches évoquaient au sujet
de ces expéditions en mer.
Au cours de la semaine écoulée, la Court of Investigation
a poursuivi l'audition des représentants des compagnies
de pêche sur les bancs enregistrées auprès
du ministère des Pêcheries, dont un vétéran
dans le domaine, Claude Talbot. De son côté, Me Dev
Ramano, dont les services ont été retenus par l'Association
des Parents des Disparus en mer et du Syndicat des Pêcheurs,
a obtenu confirmation du paiement des allocations de barres aux
pêchurs qui sont appelés à remplacer le skipper
en mer.
Des indications recueillies auprès des sources proches
de la Court of Investigation soutiennent que la fin des
séances d'audition des témoins approche pour laisser
la place à la rédaction des recommandations. Les
derniers à être entendus pourraient être les
représentants des proches des membres d'équipage
victimes de ce terrible drame en mer. Ainsi, quatre membres de
l'Association des Parents des Disparus en Mer seront entendus
à partir de cette semaine.
Leurs témoignages sont attendus avec une certaine impatience
dans la mesure où le voile sur le drame quotidien de ces
familles abandonnées à elles-mêmes sera levé.
Mais ces témoins pourront également apporter un
éclairage particulier sur le vécu des victimes lors
des campagnes de pêche. En vue de pouvoir faire consigner
formellement ces confidences sur la face cachée des campagnes
de pêche, Me Ramano aura fort à faire pour manoeuvrer
entre les écueils d'ordre légal comme le Hearsay
Evidence ou encore l'Evidential Test des explications
des proches des membres d'équipage portés disparus.
Pendant le week-end, les éventuels témoins devaient
participer à un Briefing général avec
leur homme de loi par rapport aux auditions formelles de la semaine.
Les milieux proches de l'Association des Parents Disparus s'attendent
à une attitude marquée par la compassion de la part
de la Court of Investigation à l'égard de
ces témoins. "Il est évident que la Court
of Investigation ne peut s'attendre à des possibilités
de Direct Evidence sur le naufrage des King Fish II et V car tous
les témoins potentiels ont péri en mer. Les proches
de victimes disposent d'une somme d'éléments non-négligeables
susceptibles de permettre aux membres de la Court of Investigation
de mieux apprécier le contexte dans lequel évoluent
des membres de la communauté des pêcheurs sur les
bancs pour étoffer leurs recommandations", affirme-t-on,
dans ces milieux, qui souhaitent que ces témoins puissent
avoir au moins l'occasion de "Voice their feelings".
Du côté du Syndicat des Pêcheurs, la pêche
aux témoins s'annonce encore plus difficile. En fin de
semaine, les indications disponibles étaient que deux volontaires
sont venus de l'avant pour essayer de partager avec les membres
de la Court of Investigation leur quiotidien sur les bancs.
Rares ont été les pêcheurs encore en activité
professionnelle à se présenter de manière
volontaire. "Nous avons tenté de sensibiliser les
pêcheurs à la nécessité de collaborer
avec la Court of Investigation en vue d'améliorer leurs
conditions sur les bateaux. Nous avons rencontré beaucoup
de réticence, car le monde des pêcheurs sur les bancs
est très restreint et ne pardonne aucun écart. Comment
pointer du doigt ces pêcheurs quand nous constatons l'indifférence
médiatique quasi totale dans laquelle se déroulent
jusqu'ici les séances de cette enquête sur les King
Fish II et V. Pourtant, la presse n'a rien à perdre
alors que les pêcheurs ont tout à perdre",
rappelle-t-on, avec amertume, dans les rangs du Syndicat des Pêcheurs.
Entre-temps, les séances de la Court of Investigation
ont été consacrées à l'audition de
plusieurs responsables des compagnies de pêche. Au cours
de la semaine écoulée, la Sri Lankan Connection
dans le domaine de la pêche sur les bancs était en
vedette. Le témoignage de Dev Tacoory, consultant auprès
de la compagnie de pêche Maryven Ltd a permis au président
et à ses deux asseseurs d'avoir un Insight de ce
monde quelque peu particulier.
Ce consultant a confirmé que le recrutement des Skippers,
en particulier ceux venant du Sri Lanka, se fait sans aucun critère
et sans aucune attestation. "Nu nek guette so lekspéryans
pu nomme ène skipper", devait-il faire ressortir
d'emblée. Répondant à une question du magistrat
Joseph, il devait concéder que l'absence d'un second à
bord de tout bateau de pêche enregistré auorès
du ministère des Pêcheries constitue une véritable
lacune dans la conjoncture.
Le magistrat Joseph: Quel est le système de communication
dont vous disposez à bord de votre bateau?
R: Nous avons une radio SSB pour des communications avec
la Port Louis Harbour Radio.
Q: Pourquoi n'avez-vous pas opté pour des commuinications
directes avec votre bateau en mer?
R: Nous pensions qu'il est plus facile de se mettre en
contact avec la Port Louis Harbour Radio. Et puis, c'est
une habitude. C'est tout!
Q: Des possibilités de recevoir des messages Navtexts
exstent-elles à bord de votre bateau de pêche?
R: Non. Nous n'y avons pas pensé. Auparavant, ce
n'était pas le cas.
Q: Mais cela remonte à 2000 et le gouvernement dépense
de l'argent pour ce service à l'intention des pêcheurs
sur les bancs?
R: Nous n'étions pas au courant de cette affaire.
Nous venons d'apprendre que le gouvernement a pris la décision
d'imposer une radio SSB 500 sur tout bateau de pêche en
vue d'assurer une bonne communication. Mais je pense que la meilleure
formule pourrait être l'installation d'une base de communications
radio à Saint-Brandon arrosant les bancs de pêche
et éliminant du même coup le problème communications.
Les équipements imposés par les Pêcheries
coûtent très cher.
Q: Vous avez acheté votre bateau au Sri Lanka. Vous
connaissez ce pays? Qelles sont les possibilités de formation
dans le domaine de la pêche?
R: Laba péna formation. La plipar kumans kuma
péser. Apré, zot vin skipper.
Ensuite, le président de la Court of Investigation
s'est intéressé aux conditions de pêche dans
les parages du Sri Lanka. "Les pêcheurs du Sri Lanka
font face à des risques de cyclone et de mauvais temps.
Il ne faut pas oublier qu'ils doivent faire face à la mousson.
Mé la plipar di temps, zot vine lapès lor banc Saya
de Malha. Zotte pli Safe ki dan zotte dilo", devait ajouter
Dev Tacoory.
Le magistrat Joseph: Quand vous avez acheté votre
bateau au Sri Lanka, qui l'a ramené à Maurice?
R: Un skipper du Sri Lanka.
Q: Pourquoi les Mauriciens affectionnent de faire l'acquisition
de bateaux du Sri Lanka?
R: C'est meilleur marché.
Le capitaine Bo Ronn: Le skipper du Sri Lanka vous a-t-il
impressionné par son expérience et ses connaissances
de navigation?
R: Il n'utilisait pas de Charts pour naviguer
Q: Mais comment faisait-il pour ramener le bateau du Sri
Lanka à Maurice?
R: Il se fiait aux données disponibles à
partir du GPS.
Q: Il n'a jamais utilisé de Charts?
R: Never. I was assisting him.
Q: Prenait-il connaissance des bulletins de météo
en écoutant les tansmissions de la Port Louis Harbour
Radio?
R: Never. Ces skippers du Sri Lanka ne comprenennt
pas l'anglais. C'était très difficile pour eux de
comprendre les bulletins de prévisions météorologiques.
A ce stade, Me Ramano prend le relais de l'audition de ce témoin.
Il revient avec son leitmotuv, soit le paiement des allocations
à des pêcheurs, qui sont appelés à
tenir la barre du bateau alors que le Skipper se repose.
Le consultant de Maryven Limited confirme cette pratique.
Me Ramano: La campagne de pêche dure une quinzaine
de jours. Le skipper doit nécessairement se reposer pendant
cette période. Qui prend la relève?
R: Cette responsabilité échoue aux pêcheurs.
Q: Ces pêcheurs ont-ils une formation pour tenir
la barre du bateau?
R: Non.
Q: Bénéficient-ils d'allocation spéciale
pour tenir la barre?
R: Oui. Appelle sa ène allocation la barre!
Q: Skipper péna lekspéryans! Péser
péna lekspéryans!
R: Mon skipper a de l'expérience aussi bien que
mes pêcheurs.
Le témoin confirme que la compagnie est tenue à
souscrire des polices d'assurance d'un montant de Rs 150 000 au
nom de chaque pêcheur partant pour une campagne de pêche
sur le bateau.
Q: Auparavant, vous viez dit que vous avez acheté
vore bateau au Sri Lanka en raison du prix. Nek galoupe Sri
Lanka pu alle acheté bato akoz prix et pa guette lézotte
zafer kuma solidité et kalité constriksyon. Selma
prix ki compté?
R: Non. Ce n'est pas seulement une question de prix. J'ai
payé Rs 500 000 pour le bateau. Mais j'ai dépensé
presque Rs 600 000 pour refaire le bateau et mettre les équipements
nécessaires. "Pu bann Srilanké, ène
bato li zis ène lakok, ène moter ek ène GPS.
Péna lézot zafer. Zot pa guette sékirité
nanyen. Kan mo ti acheté mo bato, mo ti guete spésialist.
Mo ti guette kalité bato-là", devait conclure
ce témoin.
Lors de l'audition de Belal Taher, propriétaire de deux
bateaux de pêche, le Sea Quest et le Quo Vadis,
le président de la Court of Investigation s'est
intéressé aux responsabilités du propriétaire
du bateau et du capitaine en cas d'urgence. Le témoin ne
devait surprendre personne dans la salle d'audience quand il
a affirmé que "mo pa konne personne ki éna
sertifika skipper".
Le magistrat: En cas de cyclone ou autres urgences sur
un bateau en mer, qui décide, le propriétaire ou
le skipper?
R: C'est le skipper qui décide de la marche à
suivre.
Q: Mais il ne peut décider comme bon lui semble?
R: Si éna dé kapiten lor bato, bato-là
kulé votre honneur. So lavi usi en danzé. Li pe
travay lor bato-là
Q: Nous avons besoin comprendre certaines choses, car il
est de notre devoir de tenter de situer les responsabilités
en cas de problème.
De son côté, Claude Talbot, dont la compagnie de
pêche est actuellement en partenariat avec la firme IBL,
a été longuement entendu sur la nécessité
de mettre à la barre des bateaux de pêche des skippers
formés et qualifiés. Néanmoins, il devait
attirer l'attention sur des conséquences de la mise en
application de toute mesure excessive en vue de reforcer la sécurité.
"Ce sujet est beaucoup plus vaste. Si chaque pirogue qui
s'éloigne des côtes pour aller à la pêche
au large de l'île Ronde doit être barré par
un skipper qualifié et certifié, des problèmes
d'ordre pratique vont se poser", devait-il faire comprendre
à une question de Me Dev Ramano.
Seychelles
L'opposition cible les "riches touristes" mauriciens
de l'île Farqu'har
Depuis trois semaines, l'hebdomadaire de l'opposition Regar
consacre une série d'articles au "mystère de
l'île Fraqu'har". Selon l'hebdomadaire, cette île,
qui appartient a l'Etat, serait utilisée comme hôtel
pour de "riches touristes mauriciens".
L'affaire, qui fait grand bruit dans l'archipel, démarre
le 28 juin quand l'hebdomadaire publie en une un article sous
le titre "Mystery of Farqu'har Hotel." Le journal
rapporte qu'après avoir été reprise par le
gouvernement seychellois en 1989, l'île était passée
sous le contrôle de l'IDC (Island Development Company),
dirigée par Glenny Savy, un des beaux-fils de l'ancien
président René. Cette île était un
lieu de prédilection de l'ancien président qui venait
y pêcher occasionnellement. Selon le journal, depuis deux
ans, Farquhar "seems to have been very popular with rich
mauritian visitors who arrive by boat or plane, even on special
flights from Mauritius". Ces "rich mauritians"
qui viennent en groupe de dix sont accueillis dans la maison occupée
par l'ancien président et débourseraient des centaines
d'euros pour leurs vacances exclusives. Leur séjour pour
des parties de pêche à pied le matin et de la pêche
au gros l'après-midi coûterait Rs 80 000 par personne.
Regar a fait une enquête auprès des autorités
touristiques seychelloises pour savoir si un établissement
hôtelier était légalement enregistré
sur Farquhar. Face à la réponse négative
des autorités, l'hebdomadaire écrivait la semaine
dernière "The question now being debated is who
get the payment and where was it banked". Dans son édition
du vendredi 13 juillet, Regar revient sur le sujet
- qui est devenu entre-temps The Farqu'har saga - et demande
des explications au président James Michel et à
Glenn Savy, le responsable de l'Island Development Company. Dans
cette même édition, Regar affirme que parmi les "riches
touristes mauriciens" ayant passé des vacances
à Farqu'har figure un certain Pierre-Guy Noël, qui
souligne le journal, a le même nom que le CEO de la Mauritius
Commercial Bank, qui a une succursale dans l'archipel. Le journal
de l'opposition seychelloise affirmait également que selon
ses renseignements, un ministre mauricien aurait fait partie des
"rich mauritians" qui ont joué aux touristes
sur l'île Farqu'har.
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