Faits et effets
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Inexplicable nervosité
Humeur
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Success story
Interrogations
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Côtes réservées
Carnet
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Politique sportive
Faits et effets...
Inexplicable nervosité
Rama Sithanen doit impérativement se calmer. Sa grande
nervosité est vraiment inexplicable. Ces gesticulations
trahissent un malaise, une absence de sérénité
et de confiance en soi qui sont franchement inquiétants.
Si le vice-Premier ministre et ministre des Finances avait eu
un pareil comportement l'année dernière après
la présentation de son budget de rupture qui avait profondément
mécontenté la population, cela aurait pu se comprendre.
Il était plus discret l'année dernière alors
que la colère grondait sur tous les fronts. Cette année,
alors que tout le monde savait que cela ne pouvait être
pire qu'en 2006, puisque le ministre, lui-même, revendique
un "early harvest", le ministre fait montre d'une
incroyable agressivité. Il tire sur tout ce qui bouge et
cela traduit, en fait, une terrible vulnérabilité.
On sait maintenant qu'il a eu un vif accrochage avec le chef Commissaire
de Rodrigues, Johnson Roussety lors des pourparlers précédent
la préparation du budget, en mars dernier, à l'époque
où il venait tout juste de reprendre sa lettre de démission.
Il paraît qu'il ne s'est pas remis de cet épisode
et que la plus petite remise en question de ses décisions
et la plus anodine des critiques de ses actions le mettent dans
un état de fébrilité jamais vu chez un ministre
des Finances après la présentation d'un budget.
Depuis vendredi, Rama Sithanen n'arrête pas d'exploser et
il faut être à l'Assemblée nationale pour
mesurer le degré de nervosité du ministre.
Rama Sithanen, qui est le seul ministre des Finances, qui éprouve
le besoin de se reposer après la présentation d'un
budget, n'a, paraît-il, pas apprécié que Week-End
ait révélé qu'il séjournait, le week-end
dernier au Paradis au Morne, après avoir fait de même
au St Géran l'année dernière, nous a servis
du papier timbré pour contester la partie du texte de Week-End
qui fait mention d'un dîner avec le grand capitaine de Beachcomber,
Herbert Couacaud. Comme si ce monsieur, qui a tant fait pour l'avancement
de l'industrie touristique, et dont les services ont été
sollicités par l'Empowerment Programme, était le
dernier des condamnés pour un quelconque délit inavouable.
En quoi cela porte-t-il préjudice au ministre des Finances
? Quel mal il y a-t-il à prendre un repas en compagnie
de Herbert Couacaud ou de tout autre grand patron mauricien, d'ailleurs
?
Il faut vraiment être mal dans sa peau pour réagir
ainsi. Mais ce n'était que le début d'une série
d'incidents les uns plus inattendus que les autres. Rama Sithanen
qui, fort de ses puissants soutiens, s'étale sur tous les
fronts médiatiques et qui a accordé interview sur
interview avant et après le budget, semble ne pas vouloir
supporter la moindre contradiction. Il voulait, lundi, réagir
à la conférence de presse de Vishnu Lutchmeenaraidoo
et au passage de ce dernier sur les ondes de Radio Plus. Il l'a
vite fait sur Radio One à la mi-journée, comme s'il
avait assisté à la conférence du président
de la commission économie et finances du MMM, en tenant
des propos vraiment préjudiciables, ceux-là et avait
conclu un accord avec la radio de la Rue Labourdonnais pour une
réaction post-passage de Vishnu Lutchmeenaraidoo après
17 h 30.
Les auditeurs ont vainement attendu. Il n'y a rien eu. Non seulement
il renvoie cavalièrement les techniciens de Radio Plus
de son bureau, mais il se fait grossier vis-à-vis du rédacteur
en chef, Nawaz Noorbux. Toujours la même fébrilité.
S'il ne voulait pas parler, il aurait pu le dire poliment et c'était
la fin de l'histoire. Non, il fait passer un communiqué,
non pas sur les ondes de Radio Plus, mais à la télévision
pour donner sa version des faits alors que les téléspectateurs
n'étaient absolument pas au courant des incidents antérieurs.
Et dès mardi, à l'Assemblée nationale, ce
sera la même expression de nervosité extrême.
À de bien banales questions ou remarques, le ministre va
réagir sur un ton très abrupt. Il sera rappelé
à l'ordre après un accrochage avec Joe Lesjongard
sur l'existence d'un cabinet memo concernant les baux des campements.
Il n'aura que le mot "rasoir" à la bouche pour
désigner Vishnu Lutchmeenaraidoo comme s'il s'agissait
d'une obsession personnelle. Voilà un ministre qui a refusé
un débat avec l'ancien ministre des Finances sous prétexte
qu'il n'est pas parlementaire et ni même un petit conseiller
de village, qui trouve néanmoins le temps de parler de
lui à la radio et encore plus abondamment encore à
l'Assemblée nationale. Pas étonnant que certains
lui aient demandé si "Vishnu empêche toi
dormi !".
À Jayen Cuttaree, qui lui rappelait, en passant, qu'il
était à la commission économique du MMM en
82, Rama Sithanen qui, lui-même, avait évoqué
cette année, rétorque sur un ton vraiment agressif:
"Ti pe advise toi, couillon !". Pas content aussi
des références au secteur privé, le ministre
demandera "to madame kot travaille". Des réactions
comme celles-là, il y en des tonnes. En fait, le ministre
n'aime pas que, lorsqu'il parle de la dette, on lui renvoie les
Rs 14 milliards, pour une bonne partie de l'étranger, qu'il
a contracté depuis juillet 2005, qu'il n'ait pas eu le
temps de parler de Rodrigues alors qu'il élabore sur les
454 chômeurs formés par 20 compagnies, qu'on lui
balance le taux le plus bas de l'inflation en 16 ans, 3,9% en
2004 alors qu'il parle de hausse de 50% de la TVA pour ne citer
que quelques exemples qui lui font perdre sa sérénité.
S'il continue ainsi, c'est lui qui sera connu comme un ministre
"rasoir" dans l'acception du petit Larousse, c'est-à-dire
"ennuyeux".
Humeur
Success story
Il faisait ce mauvais froid de fin de journée qui parvient
à percer les meilleurs pulls, les impers et les vestes
les plus épais. Toutes les brises, crachins et courant
d'air de ce début d'hiver semblaient s'être données
rendez-vous dans la cour. Les premiers sont arrivés timidement
vers cinq heures et ont attendu dans leurs voitures garées
au fond du parking. Les autres ont suivi plus tard et des petits
groupes, qui devaient finir par remplir la cour, se sont formés.
Tous étaient faussement décontractés, riant
un peu trop fort ou, pour ceux qui fumaient, tirant de longues
bouffées de leurs cigarettes pour essayer de dissimuler
la nervosité. Si les femmes avouaient plus facilement leurs
craintes, les hommes, comme toujours, jouaient - souvent mal -
aux indifférents que rien ne saurait atteindre. Pour faire
passer le temps, ils faisant des blagues sur l'archaïsme
du système et se demandant comment on pouvait au siècle
de l'information instantanée accepter de participer à
une telle cérémonie. Ils faisaient des comparaisons
entre les deux systèmes: dans l'autre on affichait les
résultats, ici on les proclamait à l'ancienne. Les
mêmes termes revenaient dans toutes les conversations: coefficients,
pourcentages, moyennes. Non, il ne s'agissait pas d'une séance
nocturne de la bourse mais tout simplement de la proclamation
des résultats du baccalauréat 2007 au Lycée
Labourdonnais, jeudi dernier. Dans le système éducatif
mauricien, les examens de fin d'études secondaires ont
lieu fin octobre, début novembre après des mois
de révision ou les élèves vont très
peu au collège mais redoublent de leçons particulières.
Après les examens, les épreuves sont envoyées
en Grande-Bretagne où les corrections sont faites. Quand
les résultats arrivent en Mars, le stress des examens a
pratiquement disparu. Dans le système français,
les cours continuent jusqu'à la veille des examens, les
épreuves sont corrigées sur place, par des examinateurs
venant des lycées de la région, et les résultats
sont affichés quelques jours plus tard. Au Lycée
Labourdonnais, suivant une tradition entretenue les résultats
sont proclamés dans la cour de l'établissement.
C'est pour les découvrir que les parents des candidats
au bac 2007 étaient réunis jeudi dernier.
En dépit d'un préjugé solidement ancré
dans la mémoire collective mauricienne, le lycée
n'est pas - ou pour être plus précis n'est plus -
la chasse gardée d'une classe et d'une couleur sociale.
Il ne suffit plus de seulement montrer patte blanche pour se faire
admettre et faire ses études au Lycée Labourdonnais.
Pour ce faire, il est obligatoire de passer un examen d'entrée
et pour rester, il faut travailler pour obtenir le niveau requis,
repasser ses contrôles et ses examens. Les élèves
sont sur le même pied d'égalité scolaire dès
le départ. C'est leur capacité à développer
leur intelligence et le travail en classe qui les départagera
dans un système pédagogique qui leur apprend à
s'épanouir et surtout à raisonner et à réfléchir.
Pas à apprendre par cur les possibilités de
réponses aux questionnaires des examens à venir
comme dans le système mauricien. Dont le ministre de l'Éducation
prétend privilégier un système destiné
à fabriquer les élites de la nation. Une supposée
élite qui, on vient de le voir dans la Santé, est
capable de s'organiser pour offrir - dans le cadre d'un détournement
- des bourses d'études à des candidats qui ne possèdent
pas les qualifications professionnelles requises mais ont - ce
plus important pour cette élite-là - des liens de
parenté avec de hauts dignitaires et fonctionnaire du pays.
Au Lycée Labourdonnais, jeudi soir, c'est le mérite
personnel de chaque élève qui était applaudi
par ses camarades de classe et leurs parents. Les meilleurs, ceux
qui ont décroché les mentions convoitées,
étaient certes acclamés très fort, mais ceux
qui n'ont fait que réussir où ceux qui devaient
repasser un oral le lendemain ont été également
chaudement encouragés. Il y avait dans cette petite foule
rassemblée dans le mauvais froid de Forest Side une joie
d'être ensemble, un bonheur de partager un moment privilégié
de plus en plus rare dans ce pays où tout est fait pour
essayer de diviser, séparer, morceler, ghettoiser.
Selon un parent qui connaît bien le fonctionnement du Lycée
Labourdonnais, son succès repose sur la qualité
de sa pédagogie et de ses enseignants et de l'engagement
des parents pour offrir les meilleures conditions d'études
possibles à leurs enfants. L'addition de ces facteurs fonctionne
à merveille: après les rattrapages le Lycée
Labourdonnais affiche pour le bac 2007 un taux de 100% de réussite.
Sans commentaires, mais avec félicitations.
Interrogations
Côtes réservées
A n'en pas douter, le dossier du Aquatic Business Activities
Bill, que nous évoquions ici la semaine dernière,
est appelé à devenir une question cruciale du débat
national au cours des semaines à venir. Tout comme la question
de l'accès aux plages. Et l'on ne peut manquer d'y revenir
face aux données apportées par une interview du
Premier ministre réalisée par RFI et diffusée
dans le courant de la journée d'hier. Une interview où
Navin Ramgoolam se montre d'une part très évasif
par rapport au projet de loi sus-nommé, et nous offre par
ailleurs une surprenante déclaration selon laquelle il
y aurait, à Maurice, " des côtes qui sont
réservées aux Mauriciens ". Ce dans une
volonté manifeste de se montrer rassurant face aux questions
de RFI concernant le sentiment de rétrécissement
de son epace, notamment côtier, dont le Mauricien pourrait
souffrir face au développement accéléré
du tourisme.
Outre que nous serions curieux de savoir où exactement
se trouvent ces " côtes réservées aux
Mauriciens ", la projection annoncée de 2 millions
de touristes d'ici 2015 (alors que nous devrions en accueillir
cette année quelque 875 000) ne peut manquer de susciter
des interrogations sur ce rétrécissement qui est
pourtant bien réel. Et dont on peut craindre un accroissement
dans les années à venir, vu que l'on nous annonce
des projets de création de 30 hôtels supplémentaires
sur le littoral dans les trois ou quatre années à
venir.
Sans doute n'est-il pas inintéressant, à ce titre,
de prendre connaissance de ce qui vient de se passer autour de
cet enjeu des plages dans un pays à densité touristique
exponentielle comme la Grèce.
Dans son édition du 17 juin dernier, le Time nous
permet ainsi, dans un article intitulé " The Battle
for the Beaches ", de prendre connaissance du combat mené
par Christos Kortzidis, maire de Hellenikon, localité côtière
située au sud d'Athènes. Celui-ci a, au mois de
mai dernier, entamé une grève de la faim. L'ultime
façon, dit-il, de faire pression sur les autorités
pour sauver les plages grecques de l'exploitation.
Christos Kortzidis s'est, nous dit-on, battu pendant des années
contre la privatisation de du littoral athénien, appelant
le gouvernement de centre-droit à sévir contre des
propriétaires de night clubs, restaurants et hôtels
installés sur le littoral qui empêchent les estivants
d'atteindre la plage s'ils ne s'acquittent pas d'un paiement d'environ
9 euros (quelque Rs 375).
La constitution grecque stipule pourtant que les quelque 10 000
kms de côte du pays doivent être librement accessibles
au public. Mais selon des légistes, les lois existantes
fournissent des " échappatoires " qui permettent
à ces opérateurs d'occuper le littoral en maintenant
à distance le public non payant. " It's ludicrous
! Who pays an entrance fee to enter his home ? " interroge
Christos Kortzidis.
L'article du Time fait ressortir que la commercialisation
de l'accès à la plage ne concerne pas uniquement
la Grèce, mais tend à s'étendre tout autour
de la Méditerranée. " On the Tuscan and
Ligurian coasts, for example, sun worshippers can be charged upwards
of $25 a day for a chair and patch of sun, sun-block not included
". Du coup, la résistance, elle aussi, semble
vouloir s'étendre. Et l'on a ainsi pu voir, au cours de
ces dernières semaines, des manifestants italiens franchir
des concessions pour atteindre la plage, sans payer.
Au terme d'une grève de la faim de 24 jours, et du ralliement
d'un fort soutien populaire, Kortzidis, lui, a finalement obtenu,
le week end dernier, des assurances du gouvernement à l'effet
qu'une nouvelle loi sur la gestion des plages grecques allait
être élaborée.
"The mayor's motives are understandable. We are trying,
now, to right the wrongs of the past and bring order to this chaotic
situation. The legislation we are preparing now will not only
ensure but maximize the public's access to the coast"
a déclaré au Time le vice-Premier ministre
grec Peter Doukas.
Aujourd'hui, une grande bannière bleue flotte sur la plage,
proclamant
"Free for all. " Mais, note le magazine, l'état
des plages concernées laisse grandement à désirer.
Ce qui amène certains à dire qu' "une noble
cause ne vaut rien si un plan de gestion n'est pas instauré
par la suite".
Quelle commune mesure avec la situation locale ? Rien, diront
certains. Si ce n'est que que l'accès qui était
censé être garanti à la plage tous les 500
mètres n'est plus respecté depuis longtemps, que
les portions de plages publiques se réduisent comme peau
de chagrin, et que l'Aquatic Busines Activities Bill pourrait
mettre à la discrétion d'un seul ministre la décision
d'accorder, à des particuliers, des baux sur le domaine
jusque là public que constitue la mer. Quand on sait que
la seule façon de lutter, jusqu'ici, contre les tentatives
d'évincer les Mauriciens de certaines plages décrétées
" privées " par propriétaires d'hôtels
ou de campements était d'invoquer le règlement selon
lequel est public tout ce qui se trouve entre la mer et la marque
de la plus haute marée de printemps, on mesure à
quel point cette nouvelle loi pourrait servir, aussi, à
bloquer ce recours.
C'est dire s'il importe qu'un débat national soit mené
sur cette question qui interroge sur le fait que seuls certains
petits bouts de côtes seraient alors ouverts aux Mauriciens.
C'est dire à quel point nous sommes réservés,
M. le Premier ministre
Carnet
Politique sportive
Pour la deuxième fois depuis qu'il a accédé
au poste de ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang
est monté au perchoir, mardi dernier, pour défendre
le budget présenté par le ministre des Finances.
Pour la deuxième fois, l'exercice pourtant considéré
par les vieux routiers de l'hôtel du gouvernement comme
une occasion en or pour vanter la politique d'un ministre en fonction
du budget dont il dispose, n'a pas eu, une fois encore, l'effet
recherché. Ni a-t-il eu le mérite de provoquer au
sein du mouvement sportif un débat productif ou même
suscité une quelconque interrogation. Pour être honnête
et sans vouloir faire le jeu de personne, il semblerait que peu
de dirigeants sportifs sont au courant des tenants et aboutissants
des propos que Sylvio Tang a prononcés à l'Assemblée
nationale.
La faute à qui ou plutôt la faute à quoi ?
Une relecture du verbatim des propos de Sylvio Tang prononcés
le 17 juin 2006, dans le cadre de ce même exercice, et comparé
à celui de mardi dernier laisse clairement comprendre que
le rédacteur du " speech " du ministre n'a pas
fait beaucoup d'effort dans sa recherche afin de donner une idée,
ne serait-ce globale, de la vision du ministre pour la période
financière 2007-08. Le rédacteur a fait ce que l'on
appelle du copier-coller dans le langage informatique. Le seul
" truc " qui change entre le discours de 2006 et celui
de 2007 c'est qu'au lieu que le ministre dise qu'il va organiser
telle ou telle compétition, Sylvio Tang est venu dire qu'il
les a organisées. Il n'y a pas plus pauvre, désolant
et stérile comme débat pour un ministre qui se contente
de faire son bilan à l'Assemblée nationale alors
qu'il existe à longueur d'année d'autres forums
pour cela. La plate-forme politique du 1er mai par exemple.
Pourtant, on se souvient que le 17 juin 2006, quelques idées
intéressantes, voire accrocheuses, avaient été
émises. Comme par exemple cette politique sportive "
already spelt out well in advance ", basée semble-t-il
sur la (i) démocratisation du sport, (ii) incentives to
high level athletes, (iii) utilisation optimum des facilités
sportives et (iv) la formation de cadres. Le mouvement sportif
aurait certainement voulu en savoir un peu plus sur les avancées
enregistrées dans la mise en place de cette politique.
Mais comme moi, le mouvement sportif est resté sur sa faim.
Et c'est là tout le danger qui guette le ministre des Sports
et par ricochet, le paysage sportif mauricien. L'absence d'une
politique sportive en bonne et due forme et expliquée à
tous se fait cruellement sentir deux ans - à quelques jours
près - après son installation au 3e étage
de l'Emmanuel Anquetil Building.
Le sport mauricien bat de l'aile. Ce n'est malheureusement un
secret pour personne. Entre un manque cruel de finances, en raison
d'une situation économique fragile, une absence de professionnalisme
à tous les niveaux du PSM et des guerres intestines au
sein des fédérations dont certaines durent depuis
des années, la mise en uvre d'une politique sportive
nationale est plus que jamais nécessaire pour sortir le
mouvement de l'impasse. Le ministre de la Jeunesse et des Sports
ne peut plus malheureusement se contenter encore de dire, deux
ans après, qu'il n'est qu'un facilitateur à chaque
fois qu'il répond à question parlementaire ou à
chaque question de la presse pour justifier son inaction dans
bien des cas.
Pour être en phase avec sa propre formule qui veut qu'il
pratique une politique sportive et non politicienne, Sylvio Tang
doit prendre conscience que l'État a pour devoir et pour
mission fondamentale de veiller à l'intérêt
général des citoyens et de trouver les moyens afin
de s'assurer que le développement et l'évolution
de la société vont dans le sens de l'intérêt
général. Ce qui veut dire que la mise en uvre
d'une politique limpide et expliquée se veut être
un chapelet d'intentions du MJS et par voie de conséquence
ce qu'il ne veut pas faire également. Ce qui veut aussi
dire proposer une vision générale de la réalité
sportive mauricienne et définir l'environnement idéal
dans lequel elle pourrait, à terme, évoluer. Ce
qu'on appelle fonctionner selon un système organisé
de façon cohérente, dans le temps comme dans l'espace.
Or, le souci de cohérence fait cruellement défaut
au MJS et nul besoin de vous dire que cette situation arrange
bon nombre. Pour preuve, les commentaires de la juge Chui Yew
Cheong dans son jugement sur l'Affaire des 21 clubs v/s Fédération
mauricienne d'Haltérophilie : le juge observe que la section
8 du Sports Act donne le droit de suspendre ou mettre en place
un Caretaker Committee si une fédération ne respecte
pas les conditions de la loi. Or, dans le cas de la FMH, le MJS
a demandé en trois fois à cette dernière
de respecter la loi, mais sans rien faire.
Belle preuve d'incohérence et intéressant food for
thought
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 24 juin 2007
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