o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 24 juin 2007



Faits et effets - Inexplicable nervosité
Humeur - Success story
Interrogations - Côtes réservées
Carnet - Politique sportive


Faits et effets...

Inexplicable nervosité
Josie Lebrasse


Rama Sithanen doit impérativement se calmer. Sa grande nervosité est vraiment inexplicable. Ces gesticulations trahissent un malaise, une absence de sérénité et de confiance en soi qui sont franchement inquiétants. Si le vice-Premier ministre et ministre des Finances avait eu un pareil comportement l'année dernière après la présentation de son budget de rupture qui avait profondément mécontenté la population, cela aurait pu se comprendre. Il était plus discret l'année dernière alors que la colère grondait sur tous les fronts. Cette année, alors que tout le monde savait que cela ne pouvait être pire qu'en 2006, puisque le ministre, lui-même, revendique un "early harvest", le ministre fait montre d'une incroyable agressivité. Il tire sur tout ce qui bouge et cela traduit, en fait, une terrible vulnérabilité.

On sait maintenant qu'il a eu un vif accrochage avec le chef Commissaire de Rodrigues, Johnson Roussety lors des pourparlers précédent la préparation du budget, en mars dernier, à l'époque où il venait tout juste de reprendre sa lettre de démission. Il paraît qu'il ne s'est pas remis de cet épisode et que la plus petite remise en question de ses décisions et la plus anodine des critiques de ses actions le mettent dans un état de fébrilité jamais vu chez un ministre des Finances après la présentation d'un budget. Depuis vendredi, Rama Sithanen n'arrête pas d'exploser et il faut être à l'Assemblée nationale pour mesurer le degré de nervosité du ministre.

Rama Sithanen, qui est le seul ministre des Finances, qui éprouve le besoin de se reposer après la présentation d'un budget, n'a, paraît-il, pas apprécié que Week-End ait révélé qu'il séjournait, le week-end dernier au Paradis au Morne, après avoir fait de même au St Géran l'année dernière, nous a servis du papier timbré pour contester la partie du texte de Week-End qui fait mention d'un dîner avec le grand capitaine de Beachcomber, Herbert Couacaud. Comme si ce monsieur, qui a tant fait pour l'avancement de l'industrie touristique, et dont les services ont été sollicités par l'Empowerment Programme, était le dernier des condamnés pour un quelconque délit inavouable. En quoi cela porte-t-il préjudice au ministre des Finances ? Quel mal il y a-t-il à prendre un repas en compagnie de Herbert Couacaud ou de tout autre grand patron mauricien, d'ailleurs ?

Il faut vraiment être mal dans sa peau pour réagir ainsi. Mais ce n'était que le début d'une série d'incidents les uns plus inattendus que les autres. Rama Sithanen qui, fort de ses puissants soutiens, s'étale sur tous les fronts médiatiques et qui a accordé interview sur interview avant et après le budget, semble ne pas vouloir supporter la moindre contradiction. Il voulait, lundi, réagir à la conférence de presse de Vishnu Lutchmeenaraidoo et au passage de ce dernier sur les ondes de Radio Plus. Il l'a vite fait sur Radio One à la mi-journée, comme s'il avait assisté à la conférence du président de la commission économie et finances du MMM, en tenant des propos vraiment préjudiciables, ceux-là et avait conclu un accord avec la radio de la Rue Labourdonnais pour une réaction post-passage de Vishnu Lutchmeenaraidoo après 17 h 30.

Les auditeurs ont vainement attendu. Il n'y a rien eu. Non seulement il renvoie cavalièrement les techniciens de Radio Plus de son bureau, mais il se fait grossier vis-à-vis du rédacteur en chef, Nawaz Noorbux. Toujours la même fébrilité. S'il ne voulait pas parler, il aurait pu le dire poliment et c'était la fin de l'histoire. Non, il fait passer un communiqué, non pas sur les ondes de Radio Plus, mais à la télévision pour donner sa version des faits alors que les téléspectateurs n'étaient absolument pas au courant des incidents antérieurs.

Et dès mardi, à l'Assemblée nationale, ce sera la même expression de nervosité extrême. À de bien banales questions ou remarques, le ministre va réagir sur un ton très abrupt. Il sera rappelé à l'ordre après un accrochage avec Joe Lesjongard sur l'existence d'un cabinet memo concernant les baux des campements. Il n'aura que le mot "rasoir" à la bouche pour désigner Vishnu Lutchmeenaraidoo comme s'il s'agissait d'une obsession personnelle. Voilà un ministre qui a refusé un débat avec l'ancien ministre des Finances sous prétexte qu'il n'est pas parlementaire et ni même un petit conseiller de village, qui trouve néanmoins le temps de parler de lui à la radio et encore plus abondamment encore à l'Assemblée nationale. Pas étonnant que certains lui aient demandé si "Vishnu empêche toi dormi !".

À Jayen Cuttaree, qui lui rappelait, en passant, qu'il était à la commission économique du MMM en 82, Rama Sithanen qui, lui-même, avait évoqué cette année, rétorque sur un ton vraiment agressif: "Ti pe advise toi, couillon !". Pas content aussi des références au secteur privé, le ministre demandera "to madame kot travaille". Des réactions comme celles-là, il y en des tonnes. En fait, le ministre n'aime pas que, lorsqu'il parle de la dette, on lui renvoie les Rs 14 milliards, pour une bonne partie de l'étranger, qu'il a contracté depuis juillet 2005, qu'il n'ait pas eu le temps de parler de Rodrigues alors qu'il élabore sur les 454 chômeurs formés par 20 compagnies, qu'on lui balance le taux le plus bas de l'inflation en 16 ans, 3,9% en 2004 alors qu'il parle de hausse de 50% de la TVA pour ne citer que quelques exemples qui lui font perdre sa sérénité. S'il continue ainsi, c'est lui qui sera connu comme un ministre "rasoir" dans l'acception du petit Larousse, c'est-à-dire "ennuyeux".




Humeur

Success story
Jean-Claude Antoine


Il faisait ce mauvais froid de fin de journée qui parvient à percer les meilleurs pulls, les impers et les vestes les plus épais. Toutes les brises, crachins et courant d'air de ce début d'hiver semblaient s'être données rendez-vous dans la cour. Les premiers sont arrivés timidement vers cinq heures et ont attendu dans leurs voitures garées au fond du parking. Les autres ont suivi plus tard et des petits groupes, qui devaient finir par remplir la cour, se sont formés. Tous étaient faussement décontractés, riant un peu trop fort ou, pour ceux qui fumaient, tirant de longues bouffées de leurs cigarettes pour essayer de dissimuler la nervosité. Si les femmes avouaient plus facilement leurs craintes, les hommes, comme toujours, jouaient - souvent mal - aux indifférents que rien ne saurait atteindre. Pour faire passer le temps, ils faisant des blagues sur l'archaïsme du système et se demandant comment on pouvait au siècle de l'information instantanée accepter de participer à une telle cérémonie. Ils faisaient des comparaisons entre les deux systèmes: dans l'autre on affichait les résultats, ici on les proclamait à l'ancienne. Les mêmes termes revenaient dans toutes les conversations: coefficients, pourcentages, moyennes. Non, il ne s'agissait pas d'une séance nocturne de la bourse mais tout simplement de la proclamation des résultats du baccalauréat 2007 au Lycée Labourdonnais, jeudi dernier. Dans le système éducatif mauricien, les examens de fin d'études secondaires ont lieu fin octobre, début novembre après des mois de révision ou les élèves vont très peu au collège mais redoublent de leçons particulières. Après les examens, les épreuves sont envoyées en Grande-Bretagne où les corrections sont faites. Quand les résultats arrivent en Mars, le stress des examens a pratiquement disparu. Dans le système français, les cours continuent jusqu'à la veille des examens, les épreuves sont corrigées sur place, par des examinateurs venant des lycées de la région, et les résultats sont affichés quelques jours plus tard. Au Lycée Labourdonnais, suivant une tradition entretenue les résultats sont proclamés dans la cour de l'établissement. C'est pour les découvrir que les parents des candidats au bac 2007 étaient réunis jeudi dernier.

En dépit d'un préjugé solidement ancré dans la mémoire collective mauricienne, le lycée n'est pas - ou pour être plus précis n'est plus - la chasse gardée d'une classe et d'une couleur sociale. Il ne suffit plus de seulement montrer patte blanche pour se faire admettre et faire ses études au Lycée Labourdonnais. Pour ce faire, il est obligatoire de passer un examen d'entrée et pour rester, il faut travailler pour obtenir le niveau requis, repasser ses contrôles et ses examens. Les élèves sont sur le même pied d'égalité scolaire dès le départ. C'est leur capacité à développer leur intelligence et le travail en classe qui les départagera dans un système pédagogique qui leur apprend à s'épanouir et surtout à raisonner et à réfléchir. Pas à apprendre par cœur les possibilités de réponses aux questionnaires des examens à venir comme dans le système mauricien. Dont le ministre de l'Éducation prétend privilégier un système destiné à fabriquer les élites de la nation. Une supposée élite qui, on vient de le voir dans la Santé, est capable de s'organiser pour offrir - dans le cadre d'un détournement - des bourses d'études à des candidats qui ne possèdent pas les qualifications professionnelles requises mais ont - ce plus important pour cette élite-là - des liens de parenté avec de hauts dignitaires et fonctionnaire du pays. Au Lycée Labourdonnais, jeudi soir, c'est le mérite personnel de chaque élève qui était applaudi par ses camarades de classe et leurs parents. Les meilleurs, ceux qui ont décroché les mentions convoitées, étaient certes acclamés très fort, mais ceux qui n'ont fait que réussir où ceux qui devaient repasser un oral le lendemain ont été également chaudement encouragés. Il y avait dans cette petite foule rassemblée dans le mauvais froid de Forest Side une joie d'être ensemble, un bonheur de partager un moment privilégié de plus en plus rare dans ce pays où tout est fait pour essayer de diviser, séparer, morceler, ghettoiser.

Selon un parent qui connaît bien le fonctionnement du Lycée Labourdonnais, son succès repose sur la qualité de sa pédagogie et de ses enseignants et de l'engagement des parents pour offrir les meilleures conditions d'études possibles à leurs enfants. L'addition de ces facteurs fonctionne à merveille: après les rattrapages le Lycée Labourdonnais affiche pour le bac 2007 un taux de 100% de réussite.

Sans commentaires, mais avec félicitations.




Interrogations

Côtes réservées
Shenaz Patel


A n'en pas douter, le dossier du Aquatic Business Activities Bill, que nous évoquions ici la semaine dernière, est appelé à devenir une question cruciale du débat national au cours des semaines à venir. Tout comme la question de l'accès aux plages. Et l'on ne peut manquer d'y revenir face aux données apportées par une interview du Premier ministre réalisée par RFI et diffusée dans le courant de la journée d'hier. Une interview où Navin Ramgoolam se montre d'une part très évasif par rapport au projet de loi sus-nommé, et nous offre par ailleurs une surprenante déclaration selon laquelle il y aurait, à Maurice, " des côtes qui sont réservées aux Mauriciens ". Ce dans une volonté manifeste de se montrer rassurant face aux questions de RFI concernant le sentiment de rétrécissement de son epace, notamment côtier, dont le Mauricien pourrait souffrir face au développement accéléré du tourisme.

Outre que nous serions curieux de savoir où exactement se trouvent ces " côtes réservées aux Mauriciens ", la projection annoncée de 2 millions de touristes d'ici 2015 (alors que nous devrions en accueillir cette année quelque 875 000) ne peut manquer de susciter des interrogations sur ce rétrécissement qui est pourtant bien réel. Et dont on peut craindre un accroissement dans les années à venir, vu que l'on nous annonce des projets de création de 30 hôtels supplémentaires sur le littoral dans les trois ou quatre années à venir.

Sans doute n'est-il pas inintéressant, à ce titre, de prendre connaissance de ce qui vient de se passer autour de cet enjeu des plages dans un pays à densité touristique exponentielle comme la Grèce.

Dans son édition du 17 juin dernier, le Time nous permet ainsi, dans un article intitulé " The Battle for the Beaches ", de prendre connaissance du combat mené par Christos Kortzidis, maire de Hellenikon, localité côtière située au sud d'Athènes. Celui-ci a, au mois de mai dernier, entamé une grève de la faim. L'ultime façon, dit-il, de faire pression sur les autorités pour sauver les plages grecques de l'exploitation.

Christos Kortzidis s'est, nous dit-on, battu pendant des années contre la privatisation de du littoral athénien, appelant le gouvernement de centre-droit à sévir contre des propriétaires de night clubs, restaurants et hôtels installés sur le littoral qui empêchent les estivants d'atteindre la plage s'ils ne s'acquittent pas d'un paiement d'environ 9 euros (quelque Rs 375).

La constitution grecque stipule pourtant que les quelque 10 000 kms de côte du pays doivent être librement accessibles au public. Mais selon des légistes, les lois existantes fournissent des " échappatoires " qui permettent à ces opérateurs d'occuper le littoral en maintenant à distance le public non payant. " It's ludicrous ! Who pays an entrance fee to enter his home ? " interroge Christos Kortzidis.

L'article du Time fait ressortir que la commercialisation de l'accès à la plage ne concerne pas uniquement la Grèce, mais tend à s'étendre tout autour de la Méditerranée. " On the Tuscan and Ligurian coasts, for example, sun worshippers can be charged upwards of $25 a day for a chair and patch of sun, sun-block not included ". Du coup, la résistance, elle aussi, semble vouloir s'étendre. Et l'on a ainsi pu voir, au cours de ces dernières semaines, des manifestants italiens franchir des concessions pour atteindre la plage, sans payer.

Au terme d'une grève de la faim de 24 jours, et du ralliement d'un fort soutien populaire, Kortzidis, lui, a finalement obtenu, le week end dernier, des assurances du gouvernement à l'effet qu'une nouvelle loi sur la gestion des plages grecques allait être élaborée.

"The mayor's motives are understandable. We are trying, now, to right the wrongs of the past and bring order to this chaotic situation. The legislation we are preparing now will not only ensure but maximize the public's access to the coast" a déclaré au Time le vice-Premier ministre grec Peter Doukas.

Aujourd'hui, une grande bannière bleue flotte sur la plage, proclamant

"Free for all. " Mais, note le magazine, l'état des plages concernées laisse grandement à désirer. Ce qui amène certains à dire qu' "une noble cause ne vaut rien si un plan de gestion n'est pas instauré par la suite".

Quelle commune mesure avec la situation locale ? Rien, diront certains. Si ce n'est que que l'accès qui était censé être garanti à la plage tous les 500 mètres n'est plus respecté depuis longtemps, que les portions de plages publiques se réduisent comme peau de chagrin, et que l'Aquatic Busines Activities Bill pourrait mettre à la discrétion d'un seul ministre la décision d'accorder, à des particuliers, des baux sur le domaine jusque là public que constitue la mer. Quand on sait que la seule façon de lutter, jusqu'ici, contre les tentatives d'évincer les Mauriciens de certaines plages décrétées " privées " par propriétaires d'hôtels ou de campements était d'invoquer le règlement selon lequel est public tout ce qui se trouve entre la mer et la marque de la plus haute marée de printemps, on mesure à quel point cette nouvelle loi pourrait servir, aussi, à bloquer ce recours.

C'est dire s'il importe qu'un débat national soit mené sur cette question qui interroge sur le fait que seuls certains petits bouts de côtes seraient alors ouverts aux Mauriciens. C'est dire à quel point nous sommes réservés, M. le Premier ministre…




Carnet

Politique sportive
Patrick Jean-Louis


Pour la deuxième fois depuis qu'il a accédé au poste de ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang est monté au perchoir, mardi dernier, pour défendre le budget présenté par le ministre des Finances. Pour la deuxième fois, l'exercice pourtant considéré par les vieux routiers de l'hôtel du gouvernement comme une occasion en or pour vanter la politique d'un ministre en fonction du budget dont il dispose, n'a pas eu, une fois encore, l'effet recherché. Ni a-t-il eu le mérite de provoquer au sein du mouvement sportif un débat productif ou même suscité une quelconque interrogation. Pour être honnête et sans vouloir faire le jeu de personne, il semblerait que peu de dirigeants sportifs sont au courant des tenants et aboutissants des propos que Sylvio Tang a prononcés à l'Assemblée nationale.

La faute à qui ou plutôt la faute à quoi ? Une relecture du verbatim des propos de Sylvio Tang prononcés le 17 juin 2006, dans le cadre de ce même exercice, et comparé à celui de mardi dernier laisse clairement comprendre que le rédacteur du " speech " du ministre n'a pas fait beaucoup d'effort dans sa recherche afin de donner une idée, ne serait-ce globale, de la vision du ministre pour la période financière 2007-08. Le rédacteur a fait ce que l'on appelle du copier-coller dans le langage informatique. Le seul " truc " qui change entre le discours de 2006 et celui de 2007 c'est qu'au lieu que le ministre dise qu'il va organiser telle ou telle compétition, Sylvio Tang est venu dire qu'il les a organisées. Il n'y a pas plus pauvre, désolant et stérile comme débat pour un ministre qui se contente de faire son bilan à l'Assemblée nationale alors qu'il existe à longueur d'année d'autres forums pour cela. La plate-forme politique du 1er mai par exemple.

Pourtant, on se souvient que le 17 juin 2006, quelques idées intéressantes, voire accrocheuses, avaient été émises. Comme par exemple cette politique sportive " already spelt out well in advance ", basée semble-t-il sur la (i) démocratisation du sport, (ii) incentives to high level athletes, (iii) utilisation optimum des facilités sportives et (iv) la formation de cadres. Le mouvement sportif aurait certainement voulu en savoir un peu plus sur les avancées enregistrées dans la mise en place de cette politique. Mais comme moi, le mouvement sportif est resté sur sa faim. Et c'est là tout le danger qui guette le ministre des Sports et par ricochet, le paysage sportif mauricien. L'absence d'une politique sportive en bonne et due forme et expliquée à tous se fait cruellement sentir deux ans - à quelques jours près - après son installation au 3e étage de l'Emmanuel Anquetil Building.

Le sport mauricien bat de l'aile. Ce n'est malheureusement un secret pour personne. Entre un manque cruel de finances, en raison d'une situation économique fragile, une absence de professionnalisme à tous les niveaux du PSM et des guerres intestines au sein des fédérations dont certaines durent depuis des années, la mise en œuvre d'une politique sportive nationale est plus que jamais nécessaire pour sortir le mouvement de l'impasse. Le ministre de la Jeunesse et des Sports ne peut plus malheureusement se contenter encore de dire, deux ans après, qu'il n'est qu'un facilitateur à chaque fois qu'il répond à question parlementaire ou à chaque question de la presse pour justifier son inaction dans bien des cas.

Pour être en phase avec sa propre formule qui veut qu'il pratique une politique sportive et non politicienne, Sylvio Tang doit prendre conscience que l'État a pour devoir et pour mission fondamentale de veiller à l'intérêt général des citoyens et de trouver les moyens afin de s'assurer que le développement et l'évolution de la société vont dans le sens de l'intérêt général. Ce qui veut dire que la mise en œuvre d'une politique limpide et expliquée se veut être un chapelet d'intentions du MJS et par voie de conséquence ce qu'il ne veut pas faire également. Ce qui veut aussi dire proposer une vision générale de la réalité sportive mauricienne et définir l'environnement idéal dans lequel elle pourrait, à terme, évoluer. Ce qu'on appelle fonctionner selon un système organisé de façon cohérente, dans le temps comme dans l'espace.

Or, le souci de cohérence fait cruellement défaut au MJS et nul besoin de vous dire que cette situation arrange bon nombre. Pour preuve, les commentaires de la juge Chui Yew Cheong dans son jugement sur l'Affaire des 21 clubs v/s Fédération mauricienne d'Haltérophilie : le juge observe que la section 8 du Sports Act donne le droit de suspendre ou mettre en place un Caretaker Committee si une fédération ne respecte pas les conditions de la loi. Or, dans le cas de la FMH, le MJS a demandé en trois fois à cette dernière de respecter la loi, mais sans rien faire.

Belle preuve d'incohérence et intéressant food for thought…






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 24 juin 2007