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En marge des débats sur le budget
Sithanen: "Nous avons pris un pari sur la croissance
!"
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen,
a animé un point de presse à la mi-journée
d'hier pour faire le point sur le budget 2007/08, qui fait actuellement
l'objet de débats à l'Assemblée nationale.
Il a souligné que les indications disponibles sont que
le budget, qui représente un pari sur la croissance, a
été bien accueilli. Il est revenu sur la controverse
pilotée par le porte-parole de la commission économie
du MMM, Vishnu Lutchmeenaraidoo, au sujet du montant du Foreign
Direct Investment (FDI). Au chapitre de la fiscalité,
notamment la réduction de la Corporate Tax à
15%, il a précisé, entre autres, que le secteur
de l'hôtellerie ne bénéficiera pas de cette
mesure vu que ce secteur est imposable à 15% depuis plusieurs
années déjà. Il a égratigné
le leader de l'opposition, Nando Bodha, et le leader du MMM, Paul
Bérenger, pour leurs commentaires sur le budget en juxtaposant
une série de mesures sur le plan social.
"Nous avons réussi un véritable tour de
force avec le budget. J'ai demandé au FMI de la flexibilité
en vue d'atteindre les objectifs, notamment la réduction
du déficit budgétaire et de la dette publique. Nous
avons fait un pari sur la croissance", a soutenu le vice-Premier
ministre et ministre des Finances lors d'une revue de la situation
dans le sillage du discours du budget 2007/08. Il s'est félicité
de la " large adhésion aux mesures budgétaires
réconciliant la croissance économique, la dimension
sociale et la création d'emplois ".
"Pour pouvoir arriver au budget 2007/08 avec le partage
des premiers fruits de la réforme, il a fallu avoir les
mesures courageuses du budget 2006/07. Il n'y a pas de récolte
si on ne sème pas. Nous allons continuer à semer
car il n'y a pas d'autre solution aux problèmes économiques
que la croissance pour générer le plein-emploi.
Nu ine diman zéfor. Nu ine gagn rézilta. Nu pe partagé",
s'est-il appesanti.
Rama Sithanen est revenu sur la nécessité d'ouverture
de l'économie, de mesures pour la Business Facilitation
et une fiscalité légère. "Nous
n'avons pas eu à majorer le taux de la TVA ou encore à
élargir l'assiette d'imposition de la TVA. Paul Bérenger
et Pravind Jugauth avaient misé sur une telle mesure au
niveau de la TVA et ils avaient attendu pour démarrer leur
campagne. Aujourd'hui, l'on retrouve en face d'une demande de
réduction de la TVA émanant de la personne qui avait
majoré cette même taxe de 50%", a-t-il ajouté.
Au chapitre de la fiscalité, notamment l'imposition d'un
taux uniforme de 15% de Corporate Tax, le Grand Argentier
a rappelé qu'il y avait trois régimes fiscaux, soit
quelques compagnies imposables à zéro pour-cent,
d'autres à 15% et le reste à un taux supérieur
à 15%. "Pour ce qui est du taux de 15%, il y a
37 types de cas, dont des compagnies de la zone franche, dans
le secteur de l'hôtellerie, l'ICT ou encore le sucre. Les
compagnies hôtelières ne vont pas profiter de cette
réduction du taux d'imposition à 15% puisque c'était
le taux en vigueur. L'Effective Rate pour les compagnies hôtelières
est supérieur à 15% si l'on tient compte du Levy
de 0,85%. Tout ce qu'on raconte sur la réduction de la
Corporate Tax relève de la démagogie",
affirme-t-il en rappelant que c'est l'ancien ministre des Finances,
Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui avait imposé un taux de 15%
sur ces secteurs économiques.
"Avec la réforme de la fiscalité, le gouvernement
veut récompenser l'effort. Avec la baisse de l'Income Tax,
les contribuables auront plus d'argent en poche et les compagnies
davantage de ressources pour créer des emplois. Il y a
une vague qui se profile et il nous faut surfer sur cette vague
et les mesures fiscales devront nous en donner les moyens. C'est
pourquoi le budget a donné un coup d'accélérateur
à la réforme fiscale", a déclaré
en substance Rama Sithanen.
Le ministre des Finances s'est également penché
sur l'évolution du FDI au cours de ces dernières
années. "En un an, nous avons fait nettement mieux
que le précédent gouvernement en cinq ans. La balance
des paiements est retournée en zone positive après
des années de déficit. Nous allons créer
40 000 emplois dans trois ans, quatre ans, avec les investissements
de Tianli, dans la construction de la nouvelle ville à
Highlands, dans le secteur du Land Based Oceanic Industry, l'ICT,
le tourisme et la zone franche. La compagnie de réputation
internationale, Orange, a pris la décision de faire installer
à Maurice son centre d'appel pour le monde francophone"
, avance-t-il.
Rama Sithanen est revenu sur la controverse évoquée
en début de semaine par Vishnu Lutchmeenaraidoo au sujet
du FDI. "Dépi ki mon ine répon lor sa zafer-là,
pa tende nanyen ! Silans partu. Mo énan ène dé
bombe ankor", a-t-il trouvé en revenant sur le
fait que le montant du FDI était de Rs 1,9 milliard en
2003; de Rs 1,8 milliard en 2004 pour passer à Rs 4,683
milliards en 2005/06 et Rs 8,416 milliards en 2006/07. "Même
si nous soustrayons le montant de Rs 2,7 milliards de la HSBC,
nous nous retrouvons avec Rs 5,7 milliards, soit une progression
de 22%. Nous ne pouvons soustraire ce montant car le traitement
de ces données relève de la Banque de Maurice. HSBC
a pris la décision de capitaliser son business à
Maurice et de ce fait, elle a dû investir. Il y aura d'autres
initiatives du même genre à venir", a-t-il
ajouté.
Dans un autre volet de son point de presse, le vice-Premier ministre
et ministre des Finances a énuméré les mesures
sociales avec accent sur le programme de formation et l'Empowerment
Progamme pour critiquer les commentaires de Nando Bodha et
de Paul Bérenger sur le budget. "Leurs commentaires
sur le budget constituent de véritables insultes envers
ceux qui vont bénéficier des mesures proposées
allant du volet social sous les projets de l'IRS en passant par
le soutien au développement des PME sans oublier les programmes
sociaux en faveur des plus défavorisés",
a-t-il souligné.
En conclusion, Rama Sithanen a trouvé que "nous
sommes satisfaits que malgré l'héritage catastrophique
légué par le précédent gouvernement,
les squelettes laissés par ces derniers au placard et le
contexte économique difficile, nous avons réussi
à renverser les tendances et à récolter les
premiers fruits de la réforme, qui sont partagés
dans le contexte du budget".
Fonction publique
PRB : impatience et suspense !
Le compte à rebours pour le prochain rapport du Pay Research
Bureau (PRB) sur les salaires et conditions de service
dans le service civil et les corps para-étatiques a été
enclenché. Le rapport doit être rendu public en mai
de l'année prochaine en vue de permettre au gouvernement
de faire provision pour les dotations nécessaires dans
le budget 2008-09. Mais, déjà, les appréhensions
commencent à faire surface et l'impatience s'installe chez
les fonctionnaires. De son côté, la direction générale
du PRB a déjà entamé une étape cruciale
dans les procédures pour établir les barèmes
des salaires dans la fonction publique.
Les deux prochains mois seront consacrés aux dépositions
des syndicats représentant les intérêts des
fonctionnaires faisant partie des pointer grades, notamment
ceux des instituteurs, des infirmiers et des clerical officers.
Mais, dans l'immédiat, les changements prévus dans
les conditions de service retiennent l'attention.
Ainsi, dès demain, la Fédération des syndicats
du service civil (FSSC) a sollicité et obtenu un rendez-vous
au PRB en vue d'obtenir des éclaircissements au sujet d'un
certain nombre de dossiers jugés cruciaux pour les fonctionnaires.
En l'absence de Tulsiraj Benydin en mission à l'étranger,
le président par intérim de la FSSC, Rashid Imrith,
a confirmé à Week-End cette démarche
dans la conjoncture.
" Nous avons obtenu une séance de travail avec
le PRB sur un certain nombre de dossiers majeurs. Nos membres,
notamment les fonctionnaires, sont inquiets des premières
indications au sujet des changements qui seraient envisagées
dans leurs conditions de service. À la FSSC, nous maintenons
que toute modification doit constituer une amélioration
sur ce qui existe. Les fonctionnaires ne pourraient être
worse off avec les nouvelles recommandations du PRB. Nous
allons nous battre et nous n'allons pas céder ",
a-t-il déclaré.
La principale crainte qui a surgi dans la fonction publique concerne
un éventuel alignement des conditions de service sur celles
adoptées avec l'avènement de la Mauritius Revenue
Authority. Dans cette éventualité, il faudra
s'attendre à l'abolition des passage benefits représentant
5% des salaires annuels pour les fonctionnaires ayant un minimum
de dix ans de service ; la disparition des vacation leaves,
soit un minimum de 25 jours cumulatifs pour ceux ayant moins de
cinq ans de service à un maximum de 35 jours par an ; la
fin du remboursement des congés de maladie non pris au
taux de 16 jours par an payable en février au-delà
du plafond de 90 jours ; ou encore l'élimination du remboursement
du travelling.
Les conditions de service des fonctionnaires qui ont été
transférés à la Mauritius Revenue Authority
ne tiennent pas compte de ces acquis des fonctionnaires car une
monetary value a été incluse dans le pay
packet prévu par cette institution. Lors de la réunion
de demain, les représentants de la FSSC tenteront d'obtenir
confirmation si le PRB est susceptible de prendre les conditions
de service de la MRA en tant que modèle. En cas de réponse
positive, l'état-major de la FSSC devra définir
la stratégie à être adoptée pour défendre
les droits acquis des fonctionnaires et l'on devra s'attendre
à des campagnes de mobilisation.
Deux autres dossiers majeurs au niveau des conditions de service
sont toujours en suspens avec l'avènement du rapport du
PRB pour 2008. L'introduction d'une formule de pension contributive
pour les fonctionnaires est quasi inéluctable. L'idée
avait été évoquée avec les syndicats
en début d'année. Actuellement, la pension versée
aux fonctionnaires à la retraite représente une
contribution globale de 18% assurée uniquement par le gouvernement.
La formule qui pourrait être retenue avec la pension contributive
est que le fonctionnaire devra verser 6% de ses salaires mensuels
dans un fonds de pension, qui sera complémenté par
une contribution de 12% venant du gouvernement. Mais la FSSC s'appesantit
sur le fait que la ponction de 6% pour la pension ne devrait pas
avoir pour conséquence une réduction des salaires
de 6%.
" Sur la question de pension contributive, nous sommes
ouverts aux discussions avec le PRB et le gouvernement. Mais pour
honorer la contribution de 6% des fonctionnaires, nous allons
réclamer une augmentation de salaires équivalente
en sus de celle qui sera accordée par le PRB. Nous allons
aussi réclamer qu'après 400 mois de contribution,
soit 33 ans et 1/3, la contribution au fonds de pension doit cesser
car tout fonctionnaire avec 400 mois de service a droit à
une full pension ", a indiqué le président
par intérim de la FSSC.
L'incertitude au sujet de la poursuite de la politique de privilèges
duty free est toujours de mise. La proposition qui pourrait
être retenue est que ceux bénéficiant des
facilités hors taxes à hauteur de 100% ne seront
nullement affectés part les changements à l'étude.
Les duty free priviledges pour les petits fonctionnaires
avec des facilités inférieures à 100% pourraient
être abolis pour être remplacés par un système
de credits imposables. La FSSC tentera de tirer le maximum
de confirmation lors de la réunion de demain.
D'autre part, le calendrier de travail du PRB est entré
dans sa phase active. Pour les deux prochains mois se succéderont
au QG du PRB les syndicats des fonctionnaires faisant partie des
pointer grades, soit les instituteurs, les infirmiers et
les clerical officers. Les syndicats des instituteurs,
soit la UPST, ont déjà commencé à
déposer au sujet des propositions des barèmes des
salaires. De son côté, la Government General Services
Union devra entamer sa série de rendez-vous au PRB à
partir de demain après-midi.
Force est de constater que les syndicats des corps para-étatiques
ont déjà complété cet exercice devant
le PRB. Au cours de la période allant du mois d'août
à novembre, le rythme des auditions des syndicats de la
fonction publique ira s'accélérant avant que le
management ne soit entendu en fin d'année. Il faudra
aussi prévoir des séances de travail triangulaires
PRB/management/syndicats vers la même période.
Mais de sources bien renseignées, ce dernier calendrier
attend d'être mis au point.
En tout cas, d'ici à la fin de l'année, la tension
ira grandissante alors que le suspense devra durer jusqu'à
mai 2008, date de la publication des nouvelles recommandations
salariales du PRB en tenant compte des paramètres budgétaires
établis. Le budget 2007-08 prévoit que les total
staff costs - les salaires, les heures supplémentaires
et autres travelling - soient d'un peu plus de Rs 13 milliards
alors que les contributions and benefits de Rs 21 milliards.
Un total de Rs 34 milliards sur un budget courant de Rs 51,5 milliards.
Court of Investigation
L'ICTA: "Le King Fish V n'avait pas de permis-radio"
Pour sa dernière campagne de pêche sur les bancs,
l'unité de pêche du groupe Hassen Taher Seafoods
Limited, le King Fish V, ne disposait pas de permis
radio. C'est ce qu'a indiqué en fin de semaine devant la
Court of Investigation, l'Executive Director de
l'Information and Communication Authority (ICTA); Krishna
Hoolun, qui avait retenu les services de Me Joy Beeharry. En effet,
au moment de la vérification de l'octroi de ce permis,
les techniciens de l'ICTA n'avaient pu avoir accès au King
Fish V.
Dans ses explications initiales, l'ICTA confirme que la compagnie
Hassen Taher Seafoods Limited avait soumis des demandes
pour le renouvellement des permis de radio pour cinq bateaux en
date du 10 novembre 2006. Mais au moment de l'inspection des bateaux
par les officiels de l'ICTA, le King Fish V n'était
pas disponible vu qu'il était en réparation "
Feroz Hassen qui était présent pour les inspections
nous a informés que dès que le bateau serait disponible
il nous ferait savoir. Mais nous n'avons rien entendu après.
Nous n'avons pas renouvelé la licence radio de cette unité
de pêche " a soutenu le représentant de
l'ICTA devant la Court of Investigation. Les permis pour
les quatre autres bateaux de pêche du groupe ont été
émis en date du 25 novembre 2006 vu que les équipements
étaient en bonnes conditions.
Le témoin a ensuite été longuement contre-interrogé
par Me Stephen, représentant les intérêts
de la compagnie Hassen Taher Seeafods Mauritius Limited.
Q: Puis-je prendre connaissance de cette lettre du 25.
Veuillez excuser mon ignorance dans ce domaine. Tous les bateaux
de pêche sont équipés de radio et ces bateaux
doivent payer un montant pour l'octroi de la licence ?
R: Exactement.
Q: A quel intervalle cela doit-il se faire ?
R: Sur une base annuelle.
Q: Êtes-vous en mesure de confirmer qu'avant l'expiration
de la licence du King Fish V, ce bateau détenait
un permis en bonne et due forme ?
R: Oui.
Q: Donc, la licence était arrivée à
expiration ?
R: Avant qu'une licence n'expire, il est du devoir du propriétaire
de faire la demande pour que le permis soit renouvelé.
Q: Je constate que le King Fish V avait obtenu son permis
le 29 octobre 2005 ?
R: Je présume que cela est vrai. On renouvelle le
permis pour une période d'une année.
Q: Dans ce cas, la licence arrivait à expiration
le 25 Octobre 2006.
R: Exact.
Q: Si la licence n'est pas renouvelée, cela ne veut
pas dire automatiquement qu'il y aura des problèmes de
communications ?
R: Le fait que la licence n'avait pas été
renouvelée ne remet pas cela en question. Mais pour qu'une
licence soit renouvelée, il faut d'abord payer selon les
tarifs établis. Mais ce qui est important à mon
avis est que si la licence radio d'un navire expire et que les
appareils de radio sur le bateau ne sont pas en bonne condition,
ils ne serviront à rien.
Q: Pour le King Fish V, pourquoi n'y a-t-il pas
de vérification physique ?
R: Nous avions été informés que le
bateau était en réparation.
Q: La radio de bord sert à quel but ?
R: Pour communiquer avec la Port Station.
Q: Et le fait que la licence n'a pas été
renouvelée ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de communication
radio avec cette station ?
R: Oui.
Q: Êtes-vous au courant que le groupe Taher avait
fait une demande pour disposer des facilités d'une Coastal
Radio Licence en date du 5 décembre 2005 ?
R: Oui. En fait, ils avaient fait une demande pour une
SSB Station pour qu'ils aient une radio à leur bureau
à Rose-Hill. Mais, nous leur avions proposé une
Coastal Station Licence. Nous leur avions fait comprendre
qu'il y avait des informations qui manquaient à leur dossier.
Nous leur avions demandé de nous faire parvenir ces informations.
Mais ils ne nous les ont jamais soumises. Nous n'avions pu donner
suite aux démarches.
Me Ramano, qui détient un Watching Brief au nom
des parents des 16 marins pêcheurs disparus lors du double
naufrage du 23 février, soumet le témoin à
un Searching Exercise.
Q: Jusqu'à février 2007 quand le drame s'était
produit en mer, le King Fish V n'était jamais disponible.
Ls propriétaires vous ont-ils informés quand le
bateau allait être disponible ?
R: Non, nous n'avons pas été informés.
Q: Aucune inspection n'a pu être effectuée
?
R: C'est bien le cas.
Q: Le King Fish V est donc parti en campagne de
pêche en févier sans renouveler sa licence radio
?
R: Oui.
Q: Les équipements de radio ne constituent-ils pas
une condition essentielle avant que le navire ne parte en campagne
de pêche ?
R: Je ne pense pas que je ne suis pas habilité pour
repondre à cette question.
Q: Ne découle-t-il pas de vos responsabilités
que tous les navires qui vont en mer soient équipés
de leurs permis radio en bonne et due forme ?
R: Non.
Q: A quelle autorité doit-on se référer
?
R: Aucune idée.
Q: Existe-t-il des contacts entre les autorités
portuaires et l'ICTA, le Port Office pour veiller que les navires
disposent de leurs licences radio en bonne et due forme ?
R: Nos contacts se limitent sur le plan du Shipping mais
pas au niveau du contrôle.
Q: Mais vous êtes l'autorité compétente
allouant ces permis. Il est de votre devoir de procéder
au contrôle ?
R: Non, nous ne faisons qu'octroyer les licences aux navires
qui ont les appareils appropriés.
Q: Quand l'ICTA a appris que le King Fish V est
parti en mer sans aucune licence radio, a-t-elle réclamé
des explications des propriétaires du bateau ?
Cette question soulève une objection de Me Beeharry qui
soutient que l'ICTA n'est pas habilitée à suivre
les départs des bateaux de Port-Louis.
Me Ramano: L'ICTA demeure l'autorité compétente.
Il est de son devoir de veiller que tous les bateaux ont cette
licence. Le navire est parti sans renouveler sa licence et l'ICTA
aurait du s'enquérir ?
R: Je ne crois pas que nous sommes mandatés pour
ces attributions. Nous octroyons des licences pour ceux qui ont
les appareils de radio appropriés et nous allouons cette
licence pour la fréquence pour le territoire de l'île
Maurice.
Les membres de la Court of Investigation prennent le relais
pour l'interrogatoire du directeur exécutif de l'ICTA.
Toy: L'ICTA ne procède pas à des vérifications
si les équipements permettent à une bonne réception.
Par exemple si le navire est au-delà d'un rayon de 700
kilomètres. Si un bateau se retrouve Salha de Malha comment
se présente la communication vu que le bateau est très
loin de Maurice ?
R: Je crois que notre autorité ne sert qu'à
allouer une fréquence spécifique à la radio
suite à une demande pour une licence. Notre attribution
est d'émettre de licences aux navires ayant ces appareils
de radios pour une fréquence spécifique.
Toy: Mais à 700 kilomètres de distance, pensez-vous
que la communication peut se faire facilement avec Maurice ?
R: Je pense que c'est le propriétaire qui doit décider
du type d'équipements de communications, dont il aura besoin
sur le navire. Il y a des bateaux qui utilisent des communications
satellitaires. Notre responsabilité est d'émettre
une licence avec une fréquence sur le territoire de Maurice.
Toy: Vous avez évoqué la Coastal Radio
Station. Cela veut dire quoi ?
R: La Coastal Radio, comme son nom l'indique, est
basée à terre.
Toy: Y a-t-il des Coastal Radio Stations à
Maurice ? Et combien y en a-t-il ?
R: Je n'ai pas le nombre en tête mais je sais que
la National Coast Guard dispose d'une station.
Q: Y a-t-il des spécificités pour opérer
ce genre de radio ?
R: Cela dépend. Pour une flotte comme dans le cas
présent avec six unités de pêche, c'est économiquement
mieux d'avoir une Coastal Radio Station pour les communications.
Le magistrat Joseph: Si une Coastal Radio Station opère
sans licence, le sauriez-vous ?
R: Des moyens existent pour les détecter. Mais je
dois dire que nous n'avons pas fait d'enquête dans cette
optique.
Le magistrat Jopseph: C'est possible qu'il y en a ?
R: Nous n'avons pas enquêté. Mais si nous
avons des informations, nous pouvons le faire.
Bo Ronn: Quand vous savez qu'un navire a la radio appropriée.
Vérifiez-vous pour savoir si celui qui s'occupe de la communication
a les qualifications nécessaires dans le domaine ?.
R: Non. Sur un navire non. Mais une Coastal Radio requiert
une certaine expertise.
Bo Ronn: Vous ne leur exigez des certificats ?
R: Non.
D'autre part, la Court of Investigation a également
entendu le témoignage du capitaine Gilbert Malet, Deputu
Director of Shipping, qui est actuellement On Leave. Il
devait faire comprendre que " dans le passé il
y a eu des drames. Des enquêtes et des recommandations ont
été faites mais elles sont restées dans un
tiroir. Elles sont restées lettre morte. "
La Court of Investigation reprendra ses délibérations
cette semaine.
"Difficile de vérifier la présence d'un
clandestin sur un bateau"
Les failles dans le système de contrôle et de vérification
au départ des bateaux de pêche dans le port ont été
exposées devant la Court of Investigation présidée
par le Senior Magistrate Benjamin Joseph avec deux assesseurs,
les capitaines Toi et Bo Ronn de la Mauritius Ports Authority.
Cette instance d'enquête a consigné en début
de semaine le témoignage des deux Passport and Immigration
Officers, les caporaux Swaley Lattoo et Pravin Dabeedoyal.
Ces officiers de police, qui étaient de service dans le
port lors des départs des King Fish II et King
Fish V pour les campagnes de pêche de février
dernier, ont quasi unanimement affirmé qu'il était
extrêmement difficile de détecter la présence
d'un clandestin à bord d'un bateau de pêche en partance
pour les bancs. Et cela même si le bateau ne mesure que
15 mètres de long compte tenu des procédures et
pratiques en vigueur jusqu'à tout récemment.
" It is very difficult to check if there is somebody hiding
somewhere on the ship leaving the harbour for a fishing campaign
". C'est ce qu'a déclaré formellement le
caporal Swaley Lattoo du Passport and Immigration Office
en poste au port pour le départ du King Fish II dans
la soirée du 19 février dernier. La Court of
Investigation faisait le point sur les circonstances dans
lesquelles la présence du marin pêcheur Jean-François
Parsuramen à bord de cette unité de pêche
de la compagnie Hassen Taher Seafoods Limited n'avait pas
été détectée et consignée officiellement
au départ de Port-Louis.
Le caporal Lattoo a fait comprendre qu'" en début
de soirée du 19 février dernier, il s'était
rendu à bord du King Fish II, qui devait appareiller pour
les bancs de pêche. J'ai procédé à
la vérification de la liste d'équipage soumis officiellement.
J'ai demandé au skipper de battre le tappel de tous les
membres d'équipage sur le pont ".
Aux questions des avocats du State Law Office, Mes Gunjah
et Beesoondoyal, l'officier du Passport and Immigration Office
a reconnu qu'il n'a pas effectué une vérification
physique du bateau pour essayer de dépister des Stowaways.
Il a trouvé que la responsabilité de s'assurer
que l'équipage est conforme à la liste soumise officiellement
revient au Skipper du bateau. Il s'était rendu à
bord du Kinf Fish II vers 18 heures alors que le départ
était prévu vers 22 heures.
Q: Si entre 18 heures et 22 heures, il y a des changements
dans les membres d'équipage, que se passe-t-il ?
R: C'est la responsabilité du Skipper de
faire le nécessaire.
Q: Vous semblez dire que vous n'avez aucune responsabilité
de vérifier de manière systématique la composition
de l'équipage du bateau avant le départ ?
R: C'est la responsabilité du Skipper d'obtenir
le Clearance nécessaire pour les membres d'équipage.
Q: Êtes-vous au courant qu'il y avait un membre d'équipage
en plus sur le King Fish II en la personne de Jean-François
Parsuramen ?
R: C'est bien après que j'avais appris qu'il y avait
un membre d'équipage sur le bateau et dont le nom ne figurait
pas sur la Crew List.
Q: La responsabilité de procéder à
l'identification des membres d'équipage avant le départ
ne vous incombe-t-elle pas ?
R: Oui, j'ai vérifié les identités,
soit en consultant les passeports ou cartes d'identité
nationale des personnes concernées.
Q: Mais comment est-ce possible qu'il y avait une personne
en plus sur le bateau ?
R: Cette personne ne se trouvait pas à bord du bateau
au moment où j'ai été appelé à
donner le Clearance du Passport and Immigration Office
pour le départ du King Fish II le 19 février
dernier.
Q: Cette responsabilité n'incombe-t-elle pas à
la Passport and Immigration Office ?
R: J'ai vérifié. Mais c'est la responsabilité
du skipper ou encore de l'agent du bateau de faire le nécessaire.
They should have informed the Passport and Immigration Office
of any change. It is very difficult to check if there is somebody
hiding somewhere on the ship leaving the habour for a fishing
campaign.
Lors de son contre-interrogatoire par Me Rex Stephen, qui assure
un Watching Brief pour le compte de la compagnie Hassen
Taher Seafoods Limited, le représentant du Passport
and Immigration Office devait confirmer que pour avoir accès
à l'enceinte portuaire, toute personne doit détenir
une carte d'accès délivrée par la Mauritius
Ports Authority.
Le caporal Lattoo a ajouté qu'il avait été
informé du départ du King Fish II par les
agents du bateau et qu'il ne fallait pas attendre de directives
des autorités portuaires car les petits bateaux n'ont pas
besoin de pilote pour quitter la rade. La tâche de vérifier
le nombre de membres d'équipage est confiée à
un seul officier de police par bateau de pêche.
Depuis le début de cette semaine, Me Dev Ramano représente
les intérêts de l'Association des Parents des Disparus
en Mer sous l'égide du Centre Diocésain du Monde
Ouvrier (CDMO) et du Syndicat des Marins-Pêcheurs. Il a
interrogé le caporal Lattoo sur les événements
du 19 février dernier.
Q: Lisez-vous les journaux ?
R: Oui.
Q: Saviez-vous que dans un grand pays comme la Chine, l'on
a découvert des esclaves au travail, qui ont été
libérés ?
R: Non.
Q: Savez-vous que des Sri-lankaises travaillent au noir
à Maurice et ne détiennent pas de visa ?
R: I've read. I don't know.
L'officier du Passport and Immigration office devait confirmer
aux questions de Me Dev Ramano que " at a glance, you
can see the whole ship, which is 15 metres long " en
ajoutant qu'il n'était pas descendu dans la cale du King
Fish II lors de ce contrôle des membres d'équipage
le 19 février dernier.
Q: Il se peut que lors du départ d'un autre bateau
de pêche, la Crew List officielle peut comporter
seulement sept noms alors qu'il y a une vingtaine d'autres personnes
dissimulées dans la cale ?
R: Il se peut.
Q: Il se peut qu'il y a plus de victimes avec le double
naufrage des King Fish II et V que les noms sur
les Crew Lists ?
R: Yes ! This may be.
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