a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 17 juin 2007



Budget 2007/08 - Les impôts: taux uniforme de 15% et amnistie de six mois
De 2005/06 à 2007/08—Rs 3,5 milliards de plus pour la TVA
Budget 2007/08—Les cinq fronts pour accélérer la transition
En 2007/08—Dettes: Un budget de Rs 13 milliards
Analyse sectorielle—Le sucre à l'épreuve du budget sous l'œil de l'UE
Ambiance—Entre squelette et "vié feray"…
Repos post-budgétaire—Rama Sithanen au "Paradis"
Empowerment programme—Débuts timides
Le mouvement syndical—"De nouveau, la part du lion aux possédants"
Rezistans ek Alternativ—Disempowerment Budget !
SECTEUR PRIVE—Le JEC satisfait du budget
Syndicats de l'éducation primaire—"La réforme ne s'arrête pas à la réfection des toilettes !"
Budget 2007-2008—Ashock Jugnauth: "Social component zero dans sa budget la"
« Capital Budget »—Rs 310 M pour Tianli et Rs 364 M pour les routes
Enfants handicapés et orphelins—Solidarité renforcée avec les bénéficiaires de l'aide sociale
Associations de consommateurs—"Absence de mesures concrètes pour combattre la vie chère"
Déclinés en 136 minutes—Les bons mots du budget !


Budget 2007/08

Les impôts: taux uniforme de 15% et amnistie de six mois

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a préféré donner un coup d'accélérateur à la réforme de l'Income Tax avec l'imposition d'un taux uniforme de 15% que ce soit pour les contribuables ou pour les compagnies à partir du 1er juillet de cette année, soit deux ans plus tôt que prévu. Cette mesure vise à permettre à l'économie de bénéficier en termes d'investissements et de possibilités d'affaires et également à récompenser l'effort au niveau individuel.

Dans la lutte contre les resquilleurs attitrés des impôts, le budget 2007/08 fait place à une amnistie de six mois avec la mise en place de deux Schemes pour accorder la possibilité à cette catégorie de contribuables de se mettre en règle avec l'Income Tax. Ce délai expire le 31 décembre et aucune possibilité d'extension n'est à prévoir.

En ce qui concerne la controversable National Residential Property Tax (NRPT), dont les premiers paiements devront se faire en septembre prochain, Rama Sithanen a annoncé des aménagements, avec une augmentation du seuil pour le paiement de cette taxe foncière, soit des exemptions pour des revenus de moins de Rs 385 000 contre Rs 215 000 initialement.

Ci-dessous, un rapide survol des principales mesures budgétaires annoncées vendredi:

- Personal Income Tax: Taux d'imposition uniforme de 15% sur les revenus à partir du 1er juillet 2007 au lieu du 1er juillet 2009 comme annoncé l'année dernière;

- Les petits planteurs de cannes et de tabac ne seront plus dans l'obligation de soumettre des Current Payment System Returns trimestriels et auront la possibilité de prendre avantage d'une méthode de taxation simplifiée;

- Corporate Tax: taux uniforme d'imposition de 15% avec deux ans d'avance;

- Introduction de l'Advance Payment System (APS) avec obligation pour les compagnies d'effectuer des paiements provisoires d'impôts sur une base trimestrielle pendant l'exercice fiscal en cours avec des ajustements à la fin de l'année financière. Cette mesure entrera en vigueur à partir du 1er juillet 2008 pour les compagnies avec des chiffres d'affaires de plus de Rs 100 millions et à partir du 1er juillet 2009 pour celles générant un Turn Over de moins de Rs 100 millions. Une période de transition de trois ans pour éviter des risques de double paiement d'impôts.

- Les compagnies avec un chiffre d'affaires de plus de Rs 30 millions et avec un personnel de plus de 50 employés devront soumettre leurs tax returns de manière électronique;

- Special Levy sur les banques: le taux est de 0,5% sur le chiffre d'affaires des banques profitables et de 1,7% sur leurs Accounting Profits. Pour la première année, soit 2007/08, seulement 30% du montant redevable sera payable, soit Rs 75 millions alors que ce Special Levy devra rapporter quelque Rs 260 millions par an subséquemment.

- Lutte contre les resquilleurs: Introduction du Tax Arrears Payment Incentive Scheme (TAPIS) en vue de régler toute la question d'arriérés à l'Income Tax ou encore les réclamations fiscales en arbitrage. Les contribuables intéressés par cette formule pourront bénéficier d'un Waiver de l'ordre de 75% de pénalités et des intérêts dus sur des paiements en retard, soit des intérêts de 6% au lieu de 24%. Cette amnistie sera en vigueur pendant six mois, soit jusqu'au 31 décembre prochain. Cette mesure s'appliquera également pour la Taxe à la Valeur ajoutée;

- Introduction du Voluntary Disclosure Incentive Scheme (VDIS) pour encourager les resquilleurs, qui n'ont pas fait de déclaration d'impôts au cours de ces cinq dernières années de le faire avant le 31 décembre prochain. Ils ne seront pénalisés que de 25% des intérêts dus. Ces contribuables bénéficieront également d'immunité contre toute action légale prévue dans la loi à l'exception de ceux soupçonnés d'être impliqués dans le trafic de drogue, dans le financement du terrorisme ou encore le blanchiment de fonds. Aucune question ne sera soulevée au sujet des impôts non-payés sur des intérêts générés avant le 1er juillet 2006. Cette mesure s'appliquera pour la TVA également;

- National Residential Property Tax (NRPT): cette taxe immobilière sera imposable sur des contribuables avec des revenus imposables de plus de Rs 385 000 au lieu de Rs 215 000 avec un maximum représentant 5% des revenus. Le taux de Rs 10 par mètre carré de terrain construit ou de Rs 30 par mètre carré construit pour les appartements est redevable en septembre prochain. Les terrains résidentiels non-construits seront exemptés de cette taxe. Cette mesure restera en vigueur jusqu'à la mise en opération d'un cadastre. Au cours de la période de transition, cette taxe devra rapporter environ Rs 60 millions, somme qui sera créditée à la National Development Unit pour le financement de projets d'infrastructure;

- Registration Duty: un taux de 1,25% pour les premières dix années de tout Lease on Immovable Property;

une Fixed Duty variant entre Rs 200 et Rs 200 000 pour tout transfert ou " Lease of Movanble Property ";

un Duty de Rs 500 pour des prêts jusqu'à Rs 75 000 contractés auprès de la Banque de Développement;

aucune taxe ne sera applicable pour des transferts d'appartements ou de maisons de la NHDC au titre du Transfer of Leasehold Rights sur les terres de l'État;

- Morcellement Tax: Tout propriétaire de terrain jusqu'à une superficie de dix hectares peut engager des développements fonciers en vue de les mettre en vente à l'intention des étrangers. Ces derniers ne bénéficieront pas de la possibilité de se voir octroyer des permis de travail et de résidence, mais pourront le faire sous d'autres schemes existants. Ces propriétaires pourront également se regrouper au sein de compagnies et les provisions du Morcellement Act et de la Morcellement Tax de Rs 6 par mètre carré ne seront pas applicables;

- Droits de douane: abolition des droits de douanes de 15% sur les micros, écouteurs, haut-parleurs, amplificateurs, lecteurs CD, MP3, walkman, fours à micro-ondes, fours, cuisinières, lave-vaisselle, cafetières, théières, toasters et autres sandwich makers, des Plate Warmers et d'autres équipements électroménagers;

- Solidarity Levy: taux de 0,85% sur le chiffre d'affaires des hôtels depuis l'année dernière. En sus de cela, le secteur de l'hôtellerie a consenti une contribution volontaire de Rs 75 millions en 2008/09;

- Entertainment Tax: abolition de cette taxe de 10% sur les tickets pour des concerts publics.


De 2005/06 à 2007/08

Rs 3,5 milliards de plus pour la TVA

Même avec un taux inchangé, la Taxe à Valeur ajoutée (TVA) devra rapporter au ministère des Finances des recettes additionnelles de Rs 3,5 milliards en 2007/08 comparativement au montant recueilli en 2005/06 à ce même item fiscal. C'est ce qu'indiquent les budgetary estimates qui accompagnent le discours du budget du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Le poids de la TVA dans les recettes fiscales continue à progresser alors que les revenus générés par la mise en application des nouvelles dispositions pour les campement site leases sont estimés à quelque Rs 775 millions au cours du prochain exercice financier.

En 2007/08, les revenus courants du gouvernement sont estimés à Rs 46,9 milliards, soit près de Rs 8,8 milliards de plus que ceux de 2005/06. Les tax revenues constituent une part considérable dans ces recettes, soit Rs 42,7 milliards (91% des revenus) avec le reste représentant des non-tax revenues. Les taxes indirectes généreront des revenus de Rs 30,4 milliards en 2007/08 contre Rs 25,7 milliards il y a deux ans.

L'item fiscal qui rapporte gros - et même très gros - à l'État demeure la TVA. Car même sans aucune modification du taux d'imposition de 15% ou encore en l'absence de tout broadening of the VAT base, comme le préconise le FMI, les recettes sont en nette progression. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances prévoit de récolter Rs 17,2 milliards sous forme de TVA, soit une augmentation de Rs 3,5 milliards comparativement à 2005/06. Pour l'exercice 2006/07, les recettes de la TVA étaient de Rs 15,6 milliards, soit Rs 600 millions de plus que les prévisions initiales. Le poids de la TVA par rapport aux taxes indirectes devrait progresser de trois points - de 53% en 2005/06 à 56% en 2007/08.

Par ailleurs, même si le gouvernement a consenti à des concessions à l'item des impôts sur les revenus, les recettes n'ont pas pour autant souffert. Les impôts directs sur les revenus et la Corporate Tax devront se retrouver à hauteur de Rs 5,5 milliards en 2007/08, soit Rs 800 millions de plus qu'en 2005/06. En 2006/07, les revenus sous forme de taxes directes ont été de Rs 4,9 milliards, soit Rs 300 millions de moins que les approved estimates.

Un autre item majeur figurant au chapitre des taxes directes concerne Income Tax, Others, avec des revenus de Rs 3 milliards, alors que la National Residential Property Tax se retrouve avec Rs 60 millions pour sa première année d'imposition à partir de septembre prochain. Les deductions at source ont rapporté à l'État Rs 305 millions.

Une autre nouvelle source de revenus, soit les rentals on campement site leases, pèse de tout son poids. La nouvelle formule de bail sur les campement sites devra techniquement rapporter Rs 775 millions au gouvernement. Mais l'Association of Campement Owners and Users (ACOU) conteste en cour suprême l'entrée en vigueur de ces mesures budgétaires adoptées l'année dernière. L'État estime pouvoir récolter une autre somme de Rs 100 millions sous des other land leases.

Les autres principales sources de revenus pour l'État en 2007/08 sont:

- Registration Fees sur les transferts de propriétés immobilières: Rs 1 milliard, soit Rs 400 millions de plus qu'en 2005/06;

- Tax on Properties: Re 1,1 milliard contre Rs 537 millions en 2005/06;

- Excise Duties sur la cigarette: Rs 2,2 milliards; sur les produits pétroliers: Rs 2,1 milliards, sur les boissons alcoolisées: Rs 1,9 milliard; sur les véhicules et motocyclettes: Rs 1,4 milliard;

- Stamp Duties: Rs 77,8 millions contre Rs 15,7 millions en 2005/06;

- Taxes sur le jeu: Rs 1,2 milliard, dont Rs 770 millions pour le seul item du gambling.


Budget 2007/08

Les cinq fronts pour accélérer la transition

Le thème majeur du budget 2007/08 tourne autour de l'accélération de la transition vers la compétitivité globale avec pour objectif d'atteindre le plein-emploi et d'améliorer le niveau de vie des Mauriciens. À cet effet, le vice-Premier ministre et ministre des Finances a identifié cinq fronts majeurs, soit consolider les progrès réalisés en matière d'ouverture de l'économie et faciliter l'environnement d'affaires tout en faisant de la place pour de nouvelles idées;

investir massivement dans le maintien, la réhabilitation et la consolidation de l'infrastructure publique;

élargir le champ d'occasions et d'opportunités pour que les fruits de la relance soient à la portée et partagés par tout un chacun;

assurer la solidarité à l'égard de ceux de la société qui sont les plus vulnérables et

poursuivre la remise en ordre des finances publiques.

Le chapitre budgétaire consacré au Facilitating Business and Opening up of the Economy prévoit tout une gamme de mesures, soit, entre autres:

- mettre à la disposition des investisseurs les lois, les règlements et autres procédures administratives en vigueur selon le système adopté par la CNUCED;

- mettre sur pied à travers le SEHDA et le Board of Investmlent (BOI) un mécanisme pour rapporter les difficultés et problèmes rencontrés par les hommes d'affaires. Ce système nécessitera un réseau impliquant les SME Help Desks, les Citizens Advice Bureaux (CAB), les collectivités locales et le Registrar of Companies pour remonter les problèmes à une cellule de surveillance sous la présidence du ministre de l'Industrie;

- cette cellule aura pour principale attribution d'élaborer un Doing Business Indicator et d'assurer le suivi des bottlenecks identifiés;

- étendre la période de validité des Building and Land Use Permits de six à 24 mois;

- amender la loi pour permettre l'octroi des Buildings and Land Use Permits dans un délai maximal de deux semaines avec un Silent Agreement après une période de 15 jours après la soumission des demandes:

- mettre sur pied un Fast Track Mechanism pour les appels contre les rejets de demandes de permis;

- l'octroi d'un certificat de Land Conversion dans un délai de deux semaines pour des développements ne nécessitant pas de Land Development Permit sur la simple attestation à l'effet que le terrain n'était pas à vocation agricole au cours de ces dix dernières années;

- élimination des restrictions sur des High Rise Buildings dans des zones pré-identifiées;

- mise en opération dans les trois à quatre ans à venir d'un Land Administration, Valuation and Information Management System avec un cadastre;

- élaboration de Planning Schemes pour une zone spécifique dans chacun des districts;

- accélération des procédures pour des EIA avec un panel d'experts dans le domaine de l'environnement;

- remplacement de la carte d'identité nationale par une Multi-Application Smart Card;

- octroi du Permanent Residence Permit avec la possibilité de faire des acquisitions immobilières à des étrangers ayant travaillé pendant trois ans à Maurice avec des salaires de base de Rs 150 000 par mois;

- revoir à la hausse, soit de 90 à 180, le nombre de jours pour un visa d'affaires;

- permettre à des détenteurs de Residence Permits sous les Integrated Resort Schemes d'être éligibles pour des permis de travail;

- l'octroi d'un Short Term Residence Permits jusqu'à neuf mois à des étrangers travaillant pour des périodes de moins de neuf mois;

- une filière Fast Track pour des étrangers intéressés à étudier à plein temps à Maurice dans le cadre du projet de Konwledeg Hub,

- accélérer les procédures d'enregistrement et d'accréditation des institutions tertiaires dans le domaine de l'éducation;

- promouvoir le secteur pharmaceutique avec un cadre légal pour des Pre-Clinnical and Clinical Tests pour des travaux de recherche;

- adoption du cadre légal pour le démarrage des Law Firms and Corporations par des Mauriciens et des étrangers avec l'embauche d'hommes de loi étrangers;

- faciliter les appels au Conseil privé avec des séances de cette instance judiciaire à Maurice à partir de mi-2008.


Integrated Resort Schemes: Une taxation responsable et une dimension sociale

Concédant que les promoteurs de projets d'Integrated Resort Schemes (IRS) prennent des risques Upfront en attendant de pouvoir récolter des dividendes à la réalisation des projets, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a fait état de la nécessité d'une taxation responsable pour maintenir la compétitivité de ce secteur émergent. Mais il devait aussi attirer l'attention sur la dimension sociale et de solidarité découlant de la réalisation de tels projets. Un comité comprenant des représentants des promoteurs des projets IRS, du Board of Investment et de l'Empowerment Programme sera institué pour le pilotage de cet aspect du développement social avec les projets IRS.

"One particular area of focus will be to provide support to develop outsourcing with local fishermen, planters and micro-enterprises. We will ensure that a substantial part of the contributions will focus on creating opportunities for women, for youth and the long term unemployed", devait soutenir Rama Sithanen avant d'énumérer une dizaine de mesures, dont

- une contribution sociale de 6 000 dollars américains par villa construite. Cette contribution sera créditée à un compte spécial opéré conjointement par les promoteurs et le Board of Investment (BOI);

- cette contribution peut être sous la forme de facilités de formation, d'aménités sociales, de développement communautaire ou encore de financement de projets à dimension sociale;

- le plan social du promoteur devra être approuvé par le BOI, qui sera responsable d'assurer le suivi de la mise à exécution des mesures consenties;

- encourager l'Outsourcing auprès des PME;

- les compagnies engagées dans des projets d'IRS doivent soumettre des rapports semestriels au sujet des progrès réalisés;

- les acheteurs de villas dans des projets IRS ne seront autorisés à emprunter qu'en devises étrangères;

- les promoteurs pourront construire d'autres types de propriétés immobilières que les villas;

- ils seront autorisés à vendre des composantes non-résidentielles des IRS, telles que des spas, restaurants, parcours de golf ou autres emplacements commerciaux;

- les paiements devront se faire en euros, livres sterling aussi bien qu'en dollars américains;

- l'Empowerment Programme assurera une collaboration en vue de faciliter les possibilités d'Outsourcing avec les pêcheurs, planteurs et autres petits entrepreneurs et pour assurer le potentiel d'épanouissement professionnel des jeunes et des femmes sans oublier l'importance à être accordée à la production artisanale venant des ONG s'occupant des personnes autrement capables.


En 2007/08

Dettes: Un budget de Rs 13 milliards

Le servicing de la dette publique en 2007/08 nécessitera des déboursements d'un peu plus de Rs 13 milliards, soit Rs 8,8 milliards pour les short and medium term borrowings, Rs 2,9 milliards pour la dette locale et Rs 1,4 milliard pour la dette étrangère.

La dette publique, qui était de Rs 57 milliards en 2000, est passée à Rs 105 milliards en 2005. Dans le discours du Budget, mention est faite d'une série de mesures en vue de renforcer la gestion de la dette. La définition de la dette publique a été revue pour inclure la dette locale des corps para-publics. Le Consolidated Sinking Fund sera éliminé avec pour conséquence une réduction de Rs 6 milliards de la dette publique et des mesures sont envisagées en vue d'adopter le benchmark de l'Union européenne de la dette publique représentant 60% du Produit intérieur brut.

"Not only did we inherit a high budget deficit and a large debt but unfortunately there were many liabilities that were hidden in the closet. We have had to deal with many of them at a very expensive price", a d'entrée de jeu déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, lors de la lecture du discours du Budget, vendredi.

Rama Sithanen a soutenu que le gouvernement a dû encourir des dépenses de Rs 3 milliards pour pouvoir enterrer ces squelettes financiers laissés dans le placard par son prédécesseur. Il a ensuite énuméré ces dossiers:

- Rs 267 millions pour la pension des anciens employés de la Development Works Corporation (DWC);

- Rs 330 millions pour les pension liabilities des fonctionnaires transférés à Mauritius Post Ltd;

- Rs 590 millions pour celles des fonctionnaires affectés à la Mauritius Revenue Authority;

- Liabilities de Rs 310 millions pour le financement du Conference Centre de Pailles;

- Dettes de Rs 280 millions pour la Business Parks of Mauritius Limited;

- Ardoise de Rs 150 millions pour la Mauritius Housing Company avec le projet-fiasco de Cyber Village;

- Rs 411 millions pour la State Trading Corporation avec les pre-automatic price mechanism losses;

- Dettes de Rs 95 millions pour le conseil de district de Rivière Noire;

- Prêts de Rs 200 millions contractés par la Road Development Authority à la veille des dernières élections générales du 3 juillet 2005;

- Avances de Rs 225 millions à la State Land Development Company.


Analyse sectorielle

Le sucre à l'épreuve du budget sous l'œil de l'UE

Profitant du discours du budget 2007/08, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a fait un vibrant plaidoyer en vue d'insuffler un nouvel élan au processus de réforme dans l'industrie sucrière. Même si les mesures et décisions concernant le sucre sont rares, à l'exception de la déclaration d'intention au sujet des provisions de Rs 300 millions pour l'Equity Participation des planteurs et des salariés dans le nouveau partenariat sucrier, les références budgétaires à ce secteur ne peuvent être occultées. L'impatience de Rama Sithanen, à peine dissimulable, pour porter aux fonts baptismaux ce " consensus national " en vue de la mise à exécution du plan de restructuration sucrière s'explique par le fait qu'à partir du mois prochain, la Commission Européenne sera dans l'attente d'un Evaluation Report sur les trois Key Performance Indicators pour 2007 dans le cadre des mesures d'accompagnement. La représentante de la Délégation de la Commission Européenne à Maurice, Claudia Wiedey, se trouvait dans la galerie des invités d'honneur à l'Assemblée nationale.

Le document Draft Capital Budget 2007/08 résume en un chiffre la situation par rapport aux mesures d'accompagnement pour le sucre. Alors que pour l'exercice financier 2006/07, le budget avait prévu des revenus de l'ordre de Rs 260 millions à l'item des European Commission - Accompanying Measures for Economic Restructuring, les Revised Estimates indiquent un zéro pointé, confirmant l'absence de tout décaissement des fonds prévus. Le même scénario se répète pour le EDF - Sugar Sector Support (reliquat) avec un zéro comme revenus en 2006/07.

Adoptant un ton grave, le vice-Premier ministre et ministre des Finances s'est appesanti sur le fait qu'à part le Corporate Sector, l'industrie sucrière comprend également 26 000 petits planteurs, 18 000 salariés et 1 200 métayers. " The sugar industry is our mother industry. It has a large indirect, multiplier and multifunctional effects. We owe it to the nation not to let up in the face of the severe impact of 36 percent cut in the guaranteed price of sugar ", a-t-il fait ressortir en rappelant le démantèlement éventuel du Protocole-Sucre avec l'élimination du marché garanti guette Maurice.

Rama Sithanen n'a pas hésité à revenir sur le fait que " we have developed a viable plan that the European Union is willing to finance to transform the sugar industry into a sugar cane industry producing higher value added sugar, energy, ethanol and other by-products. Our challenge is to implement this plan in a way that generates a win-win situation for all stakeholders in the sector and for the country as a whole ". L'industrie sucrière n'a d'autre alternative que de réduire ses coûts de production et de diversifier sa revenue base pour être compétitive sur le plan global.

Le vice-Premier ministre s'est félicité du fait que les campagnes de lobbying et les négociations intenses menées par le Premier ministre, Navin Ramgoolam , ont donné des résultats probants avec une révision à la hausse de la part de Maurice sous les mesures d'accompagnement. " Government has convinced the European Commission to increase the overall allocation provided to ACP Sugar Protocol countries whilst also raising the share of Mauritius from 15,5 percent to 19,4 percent. As a result, we have increased the EU commitment to support our sugar sector and overall economic restructuring programme ", a-t-il avancé.

" Dans la conjoncture, si nous mettons à exécution le programme de réforme et nous tenons nos engagements vis-à-vis de l'Union Européenne, nous serons en mesure de bénéficier de ressources financières addionnelles. En 2006/07, nous avons obtenu une somme supplémentaire de 8,7 millions d'euros, soit autour de Rs 400 millions, pour avoir honoré nos engagements. Le défi pour l'exercice financier à venir est de satisfaire tous les indicateurs de performance agréés dans l'accord de financement ", a poursuivi Rama Sithanen.

" La seule façon pour assurer la survie de l'industrie sucrière est d'arriver à un consensus national pour créer les conditions en vue de la mise à exécution du programme de restructuration. Cet engagement national exige des possibilités pour tous les partenaires de l'industrie pour participer au capital de ce nouveau secteur sucrier. Il dépend également d'un partenariat solide pour recevoir et développer les terres pour favoriser cette restructuration économique et assurer les besoins socio-économiques ", avance le vice-Premier ministre et ministre des Finances.

L'un des points forts de ce chapitre du budget sur le sucre a été cet appel à la conjugaison des forces pour porter l'industrie sucrière vers de nouveaux paliers. " We must all come together as a nation to navigate the rough seas ahead and make the transition successful. I am confident that this challenge facing the sugar industry can lead to a new era of meaningful cooperation and national solidarity. This partnership will define a new way of working together to take our country to greater heights of prosperity ", avoue-t-il.

Le dossier du sucre devait revenir lors de la conclusion du discours du budget. En vue de faciliter l'émergence de ce nouveau paysage sucrier avec une participation des planteurs et des salariés à ce partenariat sucrier, Rama Sithanen a annoncé des provisions budgétaires de Rs 300 millions, dont une allocation initiale de Rs 50 millions en 2007/08, pour le financement des dons et des prêts à être consentis aux planteurs et salariés dans le cadre de cet Equity Participation.

" Nous n'avons pas encore défini les contours de ce nouveau partenariat sucrier mais nous pensons que nous devrons déjà réfléchir sur la meilleure façon d'assurer le financement des acquisitions d'actions par les planteurs et les salariés. Une partie de ces investissements sera la responsabilité des éventuels actionnaires. Après discussions avec le Premier ministre, je suis en mesure d'annoncer que le gouvernemet apportera son soutien aux petits planteurs et aux salariés par deux moyens, un prêt remboursable par le truchement des dividendes et le second un One off Grant aux planteurs et aux salariés pour leur permettre d'investir dans la nouvelle industrie cannière " ajoute-t-il.

Mais auparavant, Rama Sithanen est descendu Down Memory Lane sous les remarques narquoises des parlementaires de l'opposition et sous un sourire désabusé, pour ne pas dire embarrassé du Premier ministre, Navin Ramgoolam, (selon les images retransmises par la MBCTv). Il faisait allusion à la campagne de vié feray menée par ses camarades d'aujourd'hui contre son projet de participation des salariés au Sugar Investment Trust alors qu'il était ministre des Finances du MSM.

" In 1994, as Minister of Finance, I negotiated and signed a landmark agreement with the sugar industry. This historic agreement for the first time made small sugar cane planters and employees owners of sugar milling companies to the tune of 20 percent of the capital. I structured the deal with a combination of loans and grants to make it affordable to planters and employees to become shareholders. Many had doubts about that vision. Thirteen years later, most people have rallied to the concept of broadening share ownership and creating a partnership amongst stakeholders of the industry. Today under the leadership of the Prime Minister, I am again given the opportunity to participate in negotiations to increase and broaden the direct ownership of small planters and workers in a restructured and globally competitive sugar cane sector " devait-il déclarer avec des remarques de l'opposition ponctuant cette ultime étape budgétaire.


Bruxelles dans l'attente d'un " Evaluation Report "

Le calendrier et la série d'engagements par rapport à la réforme sucre avec la Commission Européenne devront peser lourd dans la balance très bientôt. En effet, de sources officielles auprès de la Délégation de la Commission Européenne à la Saint James Court, Week-End a appris que l'échéance d'un premier Evaluation Report sur les Key Performance Indicators se précise pour le mois prochain. Ce rapport devra passer en revue les progrès réalisés au niveau des engagements pris sous le Multi-Annual Adaptation Strategy pour le sucre.

" Nous ne prévoyons pas de mission d'évaluation de Bruxelles pour l'instant. Le fait demeure que le gouvernement doit soumettre à la Commission à la mi-2007 un rapport d'évaluation au sujet des Key Performance Indicators dans le cadre de la tranche variable. Nous allons étudier le rapport soumis par le gouvernement et nous aviserons par la suite ", a fait comprendre la porte-parole officielle de la Délégation Européenne à Week-End vendredi matin. Mais dans certains milieux, l'on indique que l'absence de résultats concrets constitue un véritable sujet d'embarras et de gêne pour Maurice.

Les trois Key Performance Indicators, qui devront être évalués, sont les progrès au niveau de la centralisation de Mon-Trésor Sugar Estate, Riche-En-Eau Sugar Estate et de Mon-Loisir Sugar Estate, le Voluntary Retirement Scheme et le Re-Skilling Programme à l'intention de 1 500 salariés de l'industrie sucrière et l'épierrage de quelque 300 hectares de terres appartenant à des petits planteurs. À part les travaux de Derocking aux champs, les deux autres indicateurs d'évaluation n'ont pas connu de progrès concret.

Le comité de dialogue avec la Mauritius Sugar Producers Association sous la présidence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, n'a pas encore produit des résultats. La centralisation de ces trois sucreries susmentionnées et celle de St-Félix, qui a cessé ses opérations depuis l'année dernière, est encore en suspens suite au litige sur les terres. La MSPA attend toujours des précisions du gouvernement au sujet du financement du VRS II.

L'accord avec l'Union Européenne signé par le vice-Premier et ministre des Finances le 10 mai dernier est dénué de toute ambiguïté à ce chapitre. " The complementary support foreseen under the 9th EDF National Indicative Programme should be disbursed in the form of a variable tranche using a result-oriented approach. Following preliminary discussions with the Mauritian Authorities, consensus has been reached on the following indicators that focus on the social dimension and the increased productivity of the sugar cane: indicator 1 - advanced sugar clustering as foreseen in the MAAS; indicator 2 - number of workers having signed the offer of a VRS; indicator 3 - number of workers under the VRS who have enrolled and are attending a re-skilling programme and indicator 4 - hectares of land belonging to small and medium plabters that have been derocked ", stipule le Financing Agreement sur les mesures d'accompagnement.

Du pain sur la planche pour le comité conjoint présidé par le Premier ministre…


La semaine de 40 heures en suspens avec la coupe

Avec le démarrage de la récolte sucrière 2007, la décision du gouvernement en ce qui concerne l'introduction de la semaine de 40 heures n'a toujours pas été entérinée. Avec les laboureurs du Factory Area d'Union-St-Aubin, ayant déjà démarré la coupe, ce sera au tour de ceux de Savannah de descendre dans l'arène en cette fin de semaine. Mais c'est toujours le flou du côté de la promesse pour l'introduction de la semaine de 40 heures.

La question, qui passionne, est si la semaine de 40 heures sera appliquée sur cinq ou six jours. Une aile au gouvernement souligne qu'elle sera étalée sur cinq jours vu que c'est une décision du Conseil des ministres. D'autres tentent de se pencher du côté de la semaine de 40 heures sur six jours. En tout cas, au ministère du Travail, l'on affirme qu'en l'absence des règlements au sujet de la semaine de 40 heures, le statu quo doit primer.

Les syndicalistes s'interrogent si cette question de semaine de 40 heures n'était pas un Political Stunt dans la conjoncture sociopolitique.


Ambiance

Entre squelette et "vié feray"…

Robert Ahnee, le commissaire des emprunteurs abusés qui préfère rentrer chez lui au lieu d'assister à la présentation du budget, mécontent, à juste titre, d'ailleurs, de s'être vu refuser l'accès à l'enceinte de Parlement à la porte d'entrée vis-à-vis du bâtiment du Trésor et d'être dirigé à celle du théâtre, Jacques de Navacelle et son complice du JEC, Raj Makoond installés tout près de la sortie, à la gauche du Speaker et Clifford Vellien, l'attaché de presse de Rama Sithanen qui s'est transformé, un fait unique dans les annales parlementaires, en gendarme pour contrôler les mouvements des photographes de presse au lieu du Sergeant at Arms, la présentation du deuxième budget du ministre des Finances n'a, en tout cas, pas manqué de piquant.

Présents pour l'occasion, l'épouse de Rama Sithanen, le nouveau chef juge Bernard Sik Yuen, le secrétaire aux Affaires Intérieures, Suresh Seebaluck, le secrétaire financier Ali Mansoor, l'ambassadeur de Maurice en France, Jacques Chasteau de Balyon, la plupart des nominés politiques de l'Alliance sociale dans les organismes publics et parapublics, quelques amis des partis au pouvoir comme Deva Virahsawmy, Dhiraj Balgobin, Nicole Hack et Cader Hosenally du PMXD.

Lorsque Rama Sithanen fait son entrée dans l'hémicycle, la première chose qui frappe c'est que le ministre est très bien maquillé. Il prend place à la tribune et tout le monde se tait pour écouter les premières lignes de ce discours. Or, il démarre sur un ton polémique et parle de "mess we inherited" et de "squelettes", ce qui suscite quelques raclements de gorge taquins de ses collègues de la majorité mais de vives réactions des bancs de l'opposition qui lui répondent "gagne inpé l'amour propre !, démissionné !".

Et alors qu'il parle des secteurs émergents comme le "seafood hub", il y a des ricanements dans les travées de l'opposition et, aussitôt l'évocation du secteur de l'informatique, c'est un sonore "pa ti éléphant blanc çà" qui lui est posé en guise de rappel des dénonciations dont les projets de cybercité du gouvernement précédent avaient été l'objet.

Même railleries en ces termes "lor la terre Illovo çà !", quand Rama Sithanen déclare que, pour la première fois depuis Mahé de Labourdonnais, une nouvelle ville sera aménagée à Highlands, lesquelles ont effectivement été obtenues dans le cadre de ce fameux "deal Illovo" tant décrié par les travaillistes.

Les ricanements vont aussi ponctuer la partie du discours du ministre où il annonce que "we are providing local manufacturers a one year respite on the way to a Duty Free Island", qui fut au cœur du dernier budget 2005/2006 de Pravind Jugnauth. Si les sourires sur les bancs de la majorité étaient très évidents à l'annonce de la baisse des droits de douane sur certains types d'électroménagers et les mesures sociales en faveur des veuves et des orphelins, la réaction sera nettement plus mitigée après que le ministre ait déclaré qu'il ramenait la taxe à 15% pour les compagnies et les gros salaires alors que ce chiffre devait être appliqué rien qu'en 2009.

L'opposition reviendra à la charge à la fin de la lecture du discours lorsque Rama Sithanen rappelle que c'est en 1994, à son premier mandat comme ministre des Finances qu'il avait créé le Sugar Investment Trust. Des cris de "vié feray" vont se faire entendre et des ministres de l'actuel gouvernement désignés comme ayant été les principaux critiques de ce projet.

À la fin de son discours, ses collègues du front bench gouvernemental le félicitent et le Premier ministre, qui est resté très discret tout au long de ses 135 minutes de lecture, se détend quelque peu. Les travaux sont ajournés mais pas de "résolution financière" cette année, et rien pour donner force de loi immédiate à la suppression des droits de douane sur les "walkman", les fours à micro-ondes et les sèche-cheveux…


Repos post-budgétaire

Rama Sithanen au "Paradis"

Rama Sithanen est au "Paradis". En effet, si l'année dernière c'est un établissement du groupe Sun Resorts, le St Géran que Rama Sithanen avait choisi pour son week-end de repos après la présentation du budget, cette année, c'est un des fleurons du groupe Beachcomber, le "Paradis", au pied de la montagne du Morne que le ministre séjourne depuis vendredi en compagnie de son épouse et de son dernier fils. Il a, d'ailleurs, dîné, vendredi, avec le directeur de ce groupe, Herbert Couacaud, qu'il considère comme un "vieil ami".

C'est à ce titre que Herbert Couacaud, également un de membres du conseil d'administration de la Mauritius Commercial Bank est revenu en première ligne depuis les dernières élections générales et qu'il a été choisi pour siéger au Steering Committee de l'Empowerment Programme que préside Jean-Claude de l'Estrac. Il est soutenu dans cette entreprise par un de ses cadres, le sociologue Malenn Oodiah, déjà engagé dans la Fondation Espoir et Développement.

Le sous-comité de l'EP que préside M. Couacaud sur la construction de villages touristiques avait été l'objet de vives critiques il y a un mois au Parlement, le chief whip du gouvernement, Lormesh Bundhoo et le député de Rivière des Anguilles/Soullac, Shakeel Mohamed contestant les critères utilisés par cette instance pour choisir les lieux où seront érigés ces villages. C'est un autre haut cadre de Beachcomber, Kris Seeboo qui est un des directeur de la Compagnie Villages Touristiques qui a été incorporée le 1er juin dernier.


Empowerment programme

Débuts timides

"One year is too short a period for such a programme to gain its cruising speed". Ce sont les propres mots du ministre des Finances pour admettre que l'Empowerment Programme a connu des débuts timides. En effet, sur les Rs 750 millions prévues pour l'année financière qui s'achève, seulement Rs 315 millions dépensées dont Rs 125 millions pour le DBM Equity Financing/Boosters Schemes.

Les autres dotations étant comme suit Rs 75 millions pour la formation et le recyclage, Rs 12 millions pour les mesures d'accompagnement des PME, Rs 75 millions pour les villages touristiques, Rs 2 millions pour les projets de développement social intégré, Rs 20 millions pour le logement social et la préparation des sites de construction, Rs 6 millions pour les femmes chômeurs et rien du tout pour les projets d'agro-industrie.

Si les dépenses ont été en deçà des sommes budgétées en 2006/2007, Rama Sithanen a dit s'attendre à ce qu'elles se chiffrent à Rs 2 milliards en 2007/2008, soit un peu mois de la moitié du projet estimé à Rs 5 milliards en 5 ans. Donnant quelques chiffres sur ce que cet Empowerment Programme a réalisé, le ministre a parlé de 454 chômeurs non-qualifiés qui ont été placés en stage de formation dans 20 organisations, 74 employeurs qui ont demandé un total de 3,600 personnes à former, 8 établissements hôteliers qui ont introduit un programme pilote pour 83 personnes, 170 chômeurs qualifiés qui ont été employés dans 35 compagnies et 111 employeurs qui ont fait une demande pour 994 diplômes pour des formations.

Rama Sithanen a aussi annoncé la régionalisation du "job fair", celui, national, d'avril dernier ayant attiré 24,000 visiteurs, qu'une somme de Rs 52,5 millions est prévue pour soutenir les projets de meubles de style colonial, de produits artisanat touristique, la bijouterie, le but étant d'encourager les PME à se tourner vers l'exportation.

Autres chiffres mentionnés pour le prochain budget, Rs 100 millions pour le Integrated Social Development Project dont le relogement des squatters de Camp Levieux, Rs 275 millions pour la formation, Rs 1254 millions pour les villages touristiques, Rs 50 millions pour les projets d'agro-industrie, Rs 50 millions pour le logement et les sites et Rs 100 millions pour les PME.

Concluant sur ce thème, le ministre a dit que pas moins de 25 000 hommes et femmes ont été impliquées d'une manière ou d'une autre dans le Empowerment Programme et que 2 000 personnes ont, soit trouvé un emploi, soit une formation.


Le mouvement syndical

"De nouveau, la part du lion aux possédants"

Le mouvement syndical considère dans la même veine de celui de l'an dernier le budget présenté, vendredi, par le ministre des Finances, M. Rama Sithanen. Un budget qui, disent ses dirigeants, ne prévoit pas grand-chose pour contenir la perte du pouvoir d'achat des salariés tout en accordant la part du lion aux possédants. Ils se disent, de plus, sceptiques quant aux créations d'emplois promises.

Cassam Kureeman (MLC) constate, d'abord, un écart entre l'optimisme du ministre des Finances quant à une relance de la croissance et la réalité de la vie chère que vivent, chaque jour, les salariés quand ils font leurs courses. Pour lui, il ne s'agit que d'un "budget de continuité".

"Alors que, dit-il, les travailleurs misaient au moins sur une baisse de la TVA sur les denrées de base, ils n'auront droit qu'à des lave-vaisselle détaxés !" Pour lui, en l'absence de mesures pour contenir l'inflation et avec la "maigre compensation" accordée, le pouvoir d'achat des salariés continuera de se dégrader.

Le dirigeant du MLC constate que le ministre qui fait un nouveau geste en direction des possédants en allégeant la Corporate Tax qui passe de 22.5% à 15% alors que, dit-il, il n'est pas revenu sur certaines mesures antisociales de l'an dernier "sauf sur le pain des écoliers". Le National Residential Property Tax (NRPT) même réaménagé demeure, dit-il, "injuste" dans sa forme actuelle et en l'absence d'un vrai système cadastral.

S'il accueille les mesures en faveur des orphelins, des veuves, des handicapés et des anciens combattants, Cassam Kureeman regrette, en revanche, que les prestations sociales ne seront ajustées que par 8.7% alors que l'inflation projetée est de 10.7%.

Radhakrisna Sadien (MTUC) constate, lui aussi, qu'il s'agit d'un budget de continuité "même s'il comprend certaines petites retouches ça et là". L'uniformisation à 15% du taux d'imposition de l'impôt sur le revenu ne bénéficiera, déclare M. Sadien, qu'aux gros contribuables alors que le salarié moyen ne trouvera rien de mieux à son compte.

Le dirigeant du MTUC constate, par ailleurs, l'absence de mesures favorisant une décentralisation des activités de la capitale qui pourrait mieux attaquer le problème de la congestion routière qui pèse sur la productivité.

Atma Shanto (NTUC) explique, pour sa part, que le doublement de la croissance dont parle le ministre des Finances n'est que la conséquence de la "dévaluation" de la roupie. Les mesures de détaxe annoncées, dit-il, ne peuvent qu'encourager encore plus l'endettement. Quant aux emplois qui devraient être créés, ils ne seraient, selon M. Shanto, que "précaires" ou encore "pour des salaires de misère".

Il cite, notamment, le secteur du BPO ou, selon le syndicaliste, des jeunes sont appelés à travailler entre douze et quinze heures d'affilée "selon des horaires impossibles et pour un salaire de misère". Quant aux projets sous l'Empowerment Programme, M. Shanto rappelle qu'ils sont financés à partir des économies faites sur les subventions au riz et à la farine "au profit du secteur privé".

Rashid Imrith (FSSC) évalue, lui, à Rs 3.5 milliards, les revenus additionnels de l'État sous la TVA qui découlent des augmentations de prix durant l'année financière qui s'achève. Cela, dit-il, représentera une moyenne de dépenses additionnelles mensuelles de Rs 598 par salarié. D'où son appel au gouvernement pour la reconsidération de la compensation salariale à être payée et qu'une somme uniforme de Rs 400 soit accordée à chaque salarié.

Par ailleurs, Rashid Imrith soutient que la coupe des dépenses dans le service civil occasionne "irrégularités et maladministration". Il cite en exemple les Rs 5 millions que devra payer à la douane le ministère de la Santé "en raison d'un manque de personnel". Le gel de l'embauche dans le service civil n'a, dit-il, "aucune justification".

M. Imrith estime, en revanche, que le renvoi des "300 conseillers inutiles" du gouvernement aurait permis la création de "1000 postes productifs de fonctionnaires".


Rezistans ek Alternativ

Disempowerment Budget !

Dans ses commentaires sur le budget 2007-2008, Rezistans ek Alternativ parle de dépossession de la masse et critique la focalisation de Rama Sithanen sur la croissance économique. "Lepep pe deposede de so saler, de so dibyen, de so later, de so lamer pu fer seki ris vinn pli riss. Ala seki Bidze II Sithanen ek Lalyans Sosyal represente". Commentaire suivi d'un appel aux organisations citoyennes, travailleurs et jeunes pour riposter à ce que Rezistans ek Alternativ appelle "Reform Sithanen/JEC".

Dans les grandes lignes, Ashok Subron et Roody Muneean ont critiqué les mesures fiscales (Income Tax et Corporate Tax à 15%) et l'objectif du plein-emploi poursuivi par Rama Sithanen, considéré comme une illusion. Le Labour Law Reform a également été montré du doigt, de même que les privatisations annoncées qui seraient au détriment du bien public.

Concernant l'Empowerment Programme et les Rs 2 milliards qui seront déboursées en 2007-2008, Rezistans ek Alternativ parle de la création d'un fonds qui "disempower travayer ek pansyoner". Les commentaires vont dans le sens d'un exercice qui ne tiendrait pas compte des véritables préoccupations du peuple.

Outre l'argument avancé concernant une croissance économique qui serait illusoire, Rezistans ek Alternativ insiste sur ce qu'il qualifie de dépossession du peuple, en mentionnant, entre autres, les moyens donnés aux Integrated Resort Schemes pour rester compétitifs et le "morselman lamer atraver Aquatic Business Bill".


SECTEUR PRIVE

Le JEC satisfait du budget

Le Joint Economic Council (JEC), s'est déclaré globalement satisfait de la du Budget 2007/2008. Jacques de Navacelle et Raj Makoond, respectivement président et directeur du JEC, qui parlaient en présence des représentants des différentes organisations membres, ont soutenu que le budget était " cohérent et équilibré, avec une composante sociale que le secteur privé tient beaucoup à cœur ".Pour Jacques de Navacelle, Rama Sithanen a présenté un budget qui privilégie l'ouverture et la modernisation de l'économie.

Raj Makoond a, pour sa part, reconnu que le budget était équilibré et qu'il permettait la poursuite de la réforme économique tout en mettant l'accent sur le social. Il pense que la collaboration entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile va apporter un plus au développement économique. Il s'est félicité des nouvelles mesures portant sur la facilitation des affaires, l'accueil des compétences de l'étranger, l'engagement des autorités à développer les infrastructures, notamment les mesures visant à rendre le trafic routier plus fluide, à redonner au port et à l'aéroport plus d'efficience.

Par ailleurs le JEC considère que les réformes fiscales annoncées par le ministre des finances va favoriser les investissements locaux et étrangers. Cependant, le secteur privé considère que la décision d'appliquer un " special levy " sur le chiffre d'affaires des banques (en sus d'une surcharge sur les profits) n'est pas souhaitable.


Syndicats de l'éducation primaire

"La réforme ne s'arrête pas à la réfection des toilettes !"

Malgré une enveloppe budgétaire qui passe à Rs 7,4 milliards, soit Rs 500 millions de plus que l'année dernière, des représentants du secteur éducatif disent être restés sur leur faim. Même qu'ils sont déçus et affichent un sentiment de frustration. Au fait, ce sont ceux du secteur primaire qui n'ont pas manqué de souligner leur amertume. Car ce présent budget disent Vinod Seegum (Government Teacher's Union), Sunil Jughroo (General Purpose Teachers Union), Suttyhudeo Tengur (Government Hindi Teachers'Union) et Swaley Rojee (Deputy Head Teachers'Union) a négligé le secteur primaire, lequel est resté le "parent pauvre" de l'Education. "Vu la relance de l'économie, nous pensions que le gouvernement allait investir dans l'éducation. Dans ce contexte, la notion de world class quality education est du bluff ! Quand le ministre des Finances déclare que le School Feeding Programme est maintenu, il vient défoncer une porte ouverte ! La réforme ne s'arrête pas à la réfection des toilettes ! Il existe encore des écoles qui fonctionnent avec du mobilier datant de 100 ans !", déclare Vinod Seegum. Ce dernier déplore aussi l'absence d'intérêt pour la Zone d'Education Prioritaire. De son côté, Sunil Jughroo note, "qu'aucune mesure concrète n'a été annoncée pour traduire la réforme du curriculum". Aussi dit-il, "il n'y a pas eu de provision pour palier au manque aigu d'enseignants dans le primaire, d'autant que la réforme du programme prévoit de nouvelles matières comme la santé !" En facilitant l'implantation des universités étrangères, le gouvernement mauricien, dit-il, laisse comprendre qu'il favorisera la privatisation du tertiaire. Suttyhudeo Tengur, lui, trouve que le recrutement de 150 education officers dans le secondaire indique que le Budget 2007/8 privilégie ce secteur. "La somme budgétée à l'item Incentive allowance to Primary School Teachers mis sur pied dans le cadre du projet Literacy & Numeracy n'a pas augmenté d'un sou et est restée à Rs 4.5 millions."


Budget 2007-2008

Ashock Jugnauth: "Social component zero dans sa budget la"

L'Union nationale a fait ressortir le fossé entre les priorités d'investissement du gouvernement et les besoins de développement social du pays. Le leader du parti a exposé ce différentiel et commenté le budget 2007-2008 dans les grandes lignes au City Club à Port Louis hier. "Bizin ena ene degré de human touch pou bane défavorisés pas selman investissement", a déclaré Ashock Jugnauth.

Si la tendance dans de nombreux pays est à l'ouverture de l'économie, ceci ne doit pas se faire au détriment de la population, des talents locaux ou de la production locale. Ouverture, oui, mais pas à n'importe quel prix, a déclaré le leader de l'UN. Il a mentionné au passage des mesures concernant l'informatisation (Computerisation). Ashock Jugnauth trouve honteux que le gouvernement annonce l'importation d'un système IT alors qu'il existe des talents mauriciens dans ce domaine. Le leader de l'UN a déclaré que bon nombre de mesures contenues dans le budget 2007-2008 ont été annoncées dans le précédent (création d'emploi, formation, femmes, village touristique). Concernant l'emploi, priorité du gouvernement, Ashock Jugnauth s'est interrogé sur l'objectif d'atteindre le plein emploi (à travers la formation, l'accent sur les PME) dans les quatre prochaines années que s'est fixé Rama Sithanen. "Étrangers pou vine travaille au détriment mauriciens", a-t-il fait ressortir. Au sujet des petits planteurs qui pourront devenir des développeurs des projets Integrated Resort Scheme (IRS), le leader de l'UN a déclaré que c'est là un encouragement à ces derniers pour vendre leurs terrains. Au chapitre des mesures fiscales, le taux uniforme de 15% pour l'impôt direct à partir du premier juillet 2007 a été critiqué. "Tax bizin progressif si kose justice sociale", a déclaré Ashock Jugnauth. Le Corporate à 15% avec deux ans d'avance est justifié selon ce dernier par l'ouverture de l'économie. Concernant le Voluntary Disclosure Scheme, Ashock Jugnauth s'est interrogé sur les procédures pour établir un contrôle sur "l'argent sale ek l'argent propre" concernant le "under declared income". Au sujet des autres mesures du budget, le leader de l'UN a questionné l'envergure des mesures sociales et la subvention aux enfants défavorisées à la rentrée des classes.. Rien du côté du Law and Order et des personnes âgées. Il a conclu en parlant de budget "trompe l'oeil", "ene de pli faille budget ki fine gagné depi lontan" et prévoit des problèmes sociaux dans le pays.


" Capital Budget "

Rs 310 M pour Tianli et Rs 364 M pour les routes

Le budget de développement pour 2007-08 fait provision pour des dépenses de Rs 10 milliards. Mais les principaux projets retenus sont :

Rs 310 millions pour la mise en place du réseau de fourniture électrique et d'adduction d'eau à la zone de Riche-Terre identifiée pour le projet Tianli ;

Rs 364 millions pour des projets routiers, soit Rs 109 millions pour la Terre-Rouge/Verdun/Trianon Link Road, Rs 48 millions pour les feux de signalisation au rond-point du Caudan, Rs 890 millions pour la route d'accès au Triangle de Réduit, et Rs 70 millions pour la réhabilitation des routes ;

Rs 108 millions pour la construction d'un nouveau pont à Macondé ;

Rs 40 millions au CEB pour une assistance en faveur des groupes vulnérables et des travaux d'infrastructure au parc industriel de La Tour-Koenig et au Triangle de Réduit ;

Rs 25 millions pour un projet de New Integrated Police Radio System, dont le coût global est de Rs 300 millions ;

Rs 70 millions pour l'installation des caméras de surveillance à Port-Louis dans un premier temps ;

Rs 35 millions pour le Branding of Mauritius, projet qui sera exécuté en partenariat avec le Board of Investment, Enterprise Mauritius et la MTPA, entre autres ;

Rs 25 millions pour le démarrage de la Land Based Oceanic Industry ;

Rs 950 millions pour la mise à exécution des mesures d'accompagnement pour le sucre ;

Rs 100 millions pour la lutte contre la pauvreté ;

Rs 225 millions à l'item des Subsidy on Loans/Grants à la National Housing Development Co. Ltd. ;

Rs 40 millions à l'éducation tertiaire, dont Rs 20 millions à l'université de Maurice ;

Rs 1 milliard pour la première phase du Plaine-Wilhems Sewerage, soit la connexion de 32 500 foyers au réseau de tout à l'égout des Plaine-Wilhems ;

Rs 288 millions pour la Solid Waste Disposal Strategy.


Enfants handicapés et orphelins

Solidarité renforcée avec les bénéficiaires de l'aide sociale

Une gamme de 22 mesures, au coût de Rs 214 millions, annoncées pour venir surtout en aide aux orphelins et enfants handicapés ou gravement malades de parents bénéficiaires de l'aide sociale.

1. Allocation mensuelle de Rs 1,180 au lieu de Rs 590.

2. Nouvelle allocation mensuelle de Rs 300 pour les récipiendaires de l'aide sociale qui ont des enfants avec de gros handicaps.

3. Une somme de Rs 300 par mois aux enfants souffrant d'incontinence dont les parents sont bénéficiaires du social aid.

4. Rs 400 à la même catégorie de parents pour l'achat du matériel scolaire en début d'année.

5. Assistance du ministère de la Sécurité sociale aux parents pour la surveillance des enfants très handicapés et malades.

6. Allocation mensuelle de Rs 300 pour les enfants qui doivent rester au lit.

7. Le pain à l'école est maintenu en attendant une solution équitable pour une dotation de Rs 31 millions.

8. Pension uniforme pour les 4 000 anciens combattants.

9. Suppression de la discrimination contre les 10 000 veuves des anciens combattants, qui recevront une pension.

10. Même service médical pour tous les anciens combattants et leurs veuves.

11. Rs 5 millions pour l'accès à l'électricité aux groupes vulnérables comme les squatters.

12. Rs 3 millions pour les nécessiteux qui ne peuvent se rendre acquéreurs de poteaux pour leur connexion au CEB.

13. Rs 25 millions pour un nouveau Women's and Chlidren's Solidarity Programme.

14. Construction d'un nouvel abri pour les enfants et adolescents.

15. Nouveau drop-in-centre pour les enfants à Grande Rivière Nord-Ouest.

16. Rs 10 millions pour le ministère de la Santé pour un programme contre le sida et la toxicomanie.

17. Mise à la disposition de sites de construction à Glen Park, Ville Noire et Souillac, pour une somme nominale annuelle de Rs 3 000.

18. L'allocation pour le "coulage de dalles" passe de Rs 55 000 à Rs 60 000.

19. Allocation de Rs 40 000 au lieu de Rs 35 000 pour l'achat de matériaux de construction pour une maison de 50 mètres carrés pour les salariés qui touchent moins de Rs 5 000 par mois.

20. Augmentation de 8,7% aux pensionnés.

21. Nouveau centre récréatif pour les vieux à Belle Mare - au lieu de Bel Ombre, comme annoncé précédemment - au coût de Rs 80 millions.

22. Rs 50 millions pour la réfection des toilettes dans les écoles.

L'enveloppe pour les enfants malades et handicapés (au nombre de 16 000) sera de Rs 25 millions, celle des anciens combattants, Rs 13 millions, le total des dotations se chiffrant à quelque Rs 214 millions.


Associations de consommateurs

"Absence de mesures concrètes pour combattre la vie chère"

L'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) et l'Institute for Consumer Protection (ICP) regrettent l'absence de mesures concrètes dans le discours du budget du ministre Rama Sithanen susceptibles de contenir la hausse des prix et améliorer le pouvoir d'achat des consommateurs.

Jayen Chellum conteste l'affirmation du ministre des Finances à l'effet que la détaxe des équipements audio de loisirs et d'un certain nombre de produits électroménagers vise à aider les jeunes, les artistes et les femmes. Selon lui, en effet, il ne s'agit que le strict respect des engagements pris vis-à-vis de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) dans le cadre de la libéralisation des marchés.

Le porte-parole de l'ACIM considère tout cela "de mauvais goût", d'autant que, dit-il, l'expérience passée a prouvé que de telles suppressions de droits de douane n'ont toujours occasionné, dans les faits, qu'une très faible sinon aucune baisse réelle. "Ce sont les commerçants qui empocheront la part du lion d'autant que les prix de ces produits ne sont pas contrôlés", affirme M. Chellum.

Même s'il accueille positivement la déclaration ministérielle à l'effet que le Monetary Policy Committee (MPC) adoptera les mesures correctives nécessaires au niveau des taux d'intérêts pratiqués, Jayen Chellum souligne que le principal problème auquel les consommateurs vont devoir faire face demeurera le fort taux d'inflation. La Competition Commission, "de nouveau promise", dit-il, ne résoudra pas tous les problèmes.

D'autant que, explique le porte-parole de l'ACIM, la très grande majorité des salariés de même que les bénéficiaires des prestations sociales n'auront droit qu'à une compensation salariale maximale de seulement 8,7% par rapport à un taux d'inflation de 10,7%.

M. Chellum regrette que le ministre ne soit pas revenu sur l'abolition, l'an dernier, des subventions, notamment celles à 50% sur les frais d'examens de SC et de HSC. Le porte-parole de l'ACIM rappelle la demande de son association faite depuis 1994 pour la concrétisation d'un projet de bus lane en vue de résoudre la congestion routière. Il craint que la "brève allusion" faite à ce sujet ne soit "qu'un effet d'annonce".

Il s'inquiète aussi des nouvelles dispositions annoncées en ce qui concerne les Environment Impact Assessments (EIA) de grands projets susceptibles de causer du tort à l'environnement et tendant à "contourner les actuels règlements". D'autant que le discours du budget mentionne plus loin le projet controversé de La Chaumière, explique Jayen Chellum.

Bien qu'accueillant la mise sur pied annoncée de la Competition Commission, l'Institute for Consumer Protection (ICP) constate quand même l'absence d'autres mesures pour une amélioration du pouvoir d'achat des consommateurs susceptibles de les protéger des effets de la hausse continuelle des prix.

Par rapport à la baisse annoncée des droits de douane sur des produits d'électroménager, cette association estime qu'il ne s'agit, là, que du respect des engagements aux règlements de l'OMC. L'ICP regrette, par ailleurs, le manque d'"engagements fermes" pour réduire le gaspillage des fonds publics et trouve "insuffisantes" les mesures de décongestion routière.


Déclinés en 136 minutes

Les bons mots du budget !

"The early positive results and outcomes are beyond our own expectations. The signs of economic renewal are vivid."

"The good results confirm that we must stay on the path of reforms. The goals are attainable: the road must be travelled all the way. There is no doubt that it is a challenging journey that may prove to be more difficult for some than for others."

"Soaring oil prices, depreciation of the rupee, very high world demand for some commodities, adverse climatic conditions and higher freight rates are among the main factors behind this spike in the CPI."

"We recognize that monetary policy is not the only tool to combat inflation. Price hikes are very often caused by external factors beyond our control."

"However, one year of rising growth is not enough to fully repair the damages compounded by four years of slack growth. We must persevere and sustain the efforts started last year to reap the full benefits."

"Like all other sectors of our economy, the Port faces strong competition from other ports in the region, more specifically in Mozambique, Kenya, Madagascar and South Africa."

"For the first time since Mahé de Labourdonnais, we will build an entirely new and totally planned city. There are already expressions of interests from private promoters to build this city in Highlands."

"As our economy grows, new waste streams will be created. The country generates about 1 200 tons of solid waste everyday which must be managed efficiently and with least damage to our environment and no risk to the health of the population."

"The challenge in the coming year will be to satisfy all the performance indicators, as set out in the Financing Agreement to obtain the grant. 78. The only way for this to happen and for the industry to survive is to reach a national consensus to create the conditions that will allow the industry to implement the restructuring plan."

"Our competitors are investing massively in projecting a unique image. Mauritius must also distinguish itself from the crowd."

"Today, the key stakeholders of the global economic landscape are those who are able to harness the intangibles like ideas and creativity to produce new value."

"Integrated Resort Scheme: the risks are very real as competition for luxury villas has also gone global, like most of our other exports."

"Public finance: Mr Speaker, Sir, there is a deficit bias in our system."

"Debt must be put on a downward track. And the huge stock of debt that will be with us for a number of years must be managed efficiently."

"Para-statals: We should not stand on the shoulders of our children. As a responsible Government, we want to be fair to present as well as to future generations. And so to clean the slate, we have paid for these contingent liabilities."

"Our aim is clear. We want a transition to global competitiveness but every one of our citizens must know that Government will stand by them if they make the efforts to climb the social ladder."

"Such confluence of opportunities gives us strong confidence that full employment is within reach. But as we take our economy to this new height we must first deal with today's unemployment problem at its roots."

"We must break the cultural barriers that keep women from taking jobs their sisters do overseas such as electricians, plumbers, tile layers, drivers, painters, metal working and gardeners. Employers also must end any prejudice against employing women in these activities."

"As a society we cannot give up. Instead we must harness our collective energy and resources to meet our responsibility. These young men and women must be brought back into the mainstream. They must be given a second chance. And this second chance must happen now."

"Whilst Government will certainly do its share and we are committed to use our growing fiscal space to help the neediest, I am calling today for a new model."

"Not everyone in our society can leverage the opportunities provided by free education to improve their conditions. I am especially referring to those children who are facing unfortunate personal circumstances. We must have a compassionate thought for these children."

"Some of our children are victims of abuse and neglect, others are driven on the wrong path. We must not leave them to their sufferings and anguish."

"Our fight against Chikungunya illustrates the effectiveness of a well coordinated national effort. We must combat HIV/AIDS with the same resolve to contain the level of contamination. Our biggest current danger comes from transmission via sharing contaminated needles."

"History is a part of who we were, who we are and also who we will be. We must identify, list, preserve and protect, for our future generations, the historical and cultural monuments that are an essential component of our national heritage… We cannot move forward to a bright future while neglecting our past."

"A company is given between 7 and 21 months after it generates profits to pay tax thereon. This is in stark contrast to a maximum period of less than one month allowed for an employee and 3 months for a self-employed."

"Those joining the Scheme will be provided immunity from prosecution under tax laws in respect of the tax so declared and settled. The two Schemes will be open to all taxpayers except those involved in drugs-trafficking, corruption, terrorism activities or money-laundering."

"I have stated earlier that Government pledges to stay sensitive to the voice of our population. I want to redeem that pledge in the case of the NRPT."

"When introducing the legislation to protect borrowers, I had to face a cruel irony. The very people who have fought for the introduction of the law will not benefit from it because of legal and constitutional constraints. Future potential victims will be protected but, unfortunately, not past ones."

"Today under the leadership of the Prime Minister, I am again given the opportunity to participate in negotiations to increase and broaden the direct ownership of small planters and workers in a restructured and globally competitive sugar cane sector."

"We are taming the twin beasts of budget deficit and public debt to create fiscal space for development. For the first time in many years, both are coming down as a share of GDP while capital expenditure has soared."

"No sustainable reduction in poverty can be achieved without strong job creation."

"Today we are harnessing the waves of opportunities. They are many. The future looks bright. But not if we stand still and wait. We must push forward. In nation building there are no roads without hurdles. We must continue our journey, push to new frontiers and open new horizons for our children."



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 17 juin 2007