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L'engagement de l'île Maurice contre le nazisme durant
la Deuxième Guerre mondiale
Le 2 juin 1940, un télégramme reçu à
Maurice annonce la mort du capitaine Gustave Souchon dans la bataille
des Flandres (aux frontières de France, de la Belgique
et des Pays-Bas). C'est le premier Mauricien qui serait tombé
sur le front européen dans la Deuxième Guerre mondiale
qui opposait les forces alliées à l'Allemagne nazie
depuis l'année précédente.
Le capitaine Souchon n'avait que 43 ans. Au début de la
Première Guerre mondiale (1914-1918) à l'âge
de 17 ans, il s'engagea dans les troupes anglaises, fit toute
la campagne de France, sans être blessé et eut une
brillante conduite.
À l'image des Algériens, dont il a fallu un film
récent, Les Indigènes, pour que justice leur
soit rendue, les manuels d'histoire, principalement européens,
parlent très peu de l'engagement et de la contribution
des petits pays dans l'effort de guerre contre l'Allemagne nazie.
En prenant pour base le tragique destin de Gustave Souchon, notre
chronique historique, ce dimanche, évoque l'effort de guerre
des Mauriciens. Non seulement il y eut des morts Mauriciens -
Gustave Souchon fut suivi le même mois de juin 40 par le
lieutenant George Latter -, mais il y eut également à
Maurice une bataille psychologique que les autorités, aidées
par la presse de l'époque, eurent à entreprendre
contre des éléments de la société
qui véhiculaient ici de la propagande nazie.
Il y eut donc à l'île Maurice, durant les deux grandes
guerres, des Mauriciens qui, à l'écoute des radios
de propagandes allemandes et des nationalistes indiens qui semèrent
la discorde dans les colonies britanniques, essayèrent
de déstabiliser dans notre pays.
Si l'on en croit Gaston Pierre, rédacteur en chef du journal
l'Après-midi du 11 juin 1940, la Police et les autorités
militaires ne savaient pas ce qui se passait réellement
dans le pays, ce qui se disait sur certaines places publiques.
Dans un article intitulé "Les misérables",
Gaston Pierre affirma que "si la Police faisait son devoir
et qu'elle envoyât quelques agents secrets déguisés
chaque matin près du Bureau des télégrammes,
elle apprendrait de bien belles. Elle saurait combien ces fainéants,
ces voyous et autres vagabonds, sans travail, sans feu ni lieu,
des individus en rupture du bagne, entretiennent des propos pessimistes,
défaitistes, voire prohitlériens".
Selon les informations du journal de Gaston Pierre, "le
soir, devant la Municipalité de Port Louis, un ramassis
de gens du même acabit, ces mêmes individus sont là
près de l'Hôtel de ville jusqu'à 10h le soir
pour écouter
les radios de Rome et de Berlin, les
deux capitales des deux associées dans le crime et que
les alliés (dont faisait partie l'île Maurice) allaient
écrasés bientôt". Et, déplorait
Gaston Pierre, "ces misérables commentent à
leur façon les nouvelles qui ne nous sont pas favorables,
transmises par la voix aigrelette de la femme qui parle l'anglais
à la radio italienne". Toujours selon Gaston Pierre,
"à Curepipe Road, certains chauffeurs de taxis
- dont un déséquilibré bien connu - tiennent
des propos des plus abjects contre les alliés. Il faut
que des agents secrets patrouillent les endroits où s'agglomèrent
ces éléments malsains des classes populaires, écoutent
leurs dires et les fassent taire en incarcérant quelques-uns
de ces gredins qui jouissent des bienfaits du gouvernement britanniques
et sont d'une ingratitude rare".
Gaston Pierre, rappela qu'en 1914, lors de la Première
Guerre mondiale, le gouverneur, Sir John Chancellor, "a
fait lestement boucler une dizaine de gros négociants arabes
proallemandes et les a déportés séance tenante.
Pourquoi n'agit-on pas de la même manière contre
cette poignée d'agitateurs défaitistes ?"
Pierre dénonce de "mauvais créoles"
On croit comprendre que, à cette époque, ou sur
les questions ethniques et les qualifications des communautés
les unes envers les autres, certains ne s'embarrassaient pas sur
l'utilisation d'appellations péjoratives, des "Arabes"
qui se sentaient proches de la Turquie, alors soumise à
une invasion anglaise et allié de l'Allemagne, auraient
mené campagne contre la métropole britannique.
Mais, de là à conclure que le rédacteur en
chef de l'Après-midi était ce qu'on peut
considérer de nos jours un communaliste, pourrait être
un peu trop hâtive. Il serait plus avisé de croire
que Gaston Pierre fut un zélé sujet de sa Majesté
britannique car, créole lui-même (à l'époque
on n'utilisait pas encore l'appellation Population Générale)
dans son article, il n'hésita pas à appeler à
la délation contre, "ces mauvais créoles".
"Ce serait être leur complice de ne pas les dénoncer
publiquement, on ne peut plus tolérer semblable malfaisance.
Les premiers à recevoir la schlague de Hitler si jamais
ils tombaient sous sa domination seraient ces mauvais créoles",
selon Gaston Pierre.
Les journaux des années de guerre, démontrent qu'ils
partageaient tous les mêmes craintes d'une quelconque déloyauté
de certains de nos citoyens envers la Grande-Bretagne alors notre
"métropole". Le rédacteur en chef
du Mauricien, Raoul Rivet, s'inquiétait, lui, de
ce qui se tramait dans des milieux indomauriciens proches du nationalisme
Indien, animé par le révolutionnaire Subash Chandra
Bose. Celui-ci, dans sa lutte pour libérer la Grande péninsule
du joug britannique, s'était éloigné du Mahatma
Gandhi et s'était fait l'allié de l'Allemagne nazie.
L'approche, plus pédagogique de Raoul Rivet
Conscient que la stratégie de Bose faisait des émules
à Maurice, Raoul Rivet choisit, lui, une approche plus
pédagogiques par rapport aux discours beaucoup plus radicaux
de Gaston Pierre. "Il ne faut pas que notre confiance
dans la victoire des Alliés soit le moindrement ébranlée
par les informations fausses ou tendancieuses que la radio allemande,
aidée par une poignée de traîtres, diffuse
au monde entier. Par exemple, les postes de radio allemande ont
dans leurs programmes des émissions en Hindi qui font une
propagande destinée à semer le doute ou le trouble
parmi les populations d'origine indienne de l'Empire britannique.
Il est malheureux que certains propriétaires d'appareils
de radio à Maurice se mettent à l'écoute
de l'Allemagne et les autorités locales savent que des
émissions allemandes diffusées en hindi sont écoutées
à Maurice quelque fois en groupes d'auditeurs. La première
chose que tout le monde devrait faire, c'est de ne pas se mettre
à l'écoute de l'Allemagne. On ne doit pas écouter
les paroles pernicieuses ou fielleuses d'un ennemi de l'Empire.
Les Indiens de Maurice, comme les hommes de couleur, doivent savoir
que les Nazis ont pour les peuples d'origines indiennes, africaines,
asiatiques encore plus de mépris que pour les juifs",
écrivit Rivet.
L'avertissement du gouverneur Bede Clifford
Le gouverneur anglais de l'époque se vit obliger d'émettre
une notice afin d'avertir les Mauriciens de ne pas prêter
foi aux nouvelles de provenance allemande ou étrangère
autres que française et britannique. Selon le gouverneur,
"these news is not only highly coloured but more often
than not is part of a deliberate campaign of lies designed to
create confusion in our minds and lower our morale. It is preferable
to avoid listening to Lord Haw-Haw and his colleagues, and to
give attention only to British and french news, which if it is
sometimes less exciting presents a true and authoritative picture
of events in Europe, and is not afraid to give even the most disagreable
news as we have as we have seen repeatedly in the last few weeks.
The Germans dare not reveal their enormous loses they know
that their people are only with them as long as they can produce
a string of victories. Listen to Radio Maurice on 260 mts each
monday at 6.30 for a commentary on the week's events in English".
Le conseil de Mahatma Gandhi aux Indiens du monde entier
L'appel de Raoul Rivet aux Indo-Mauriciens de se rallier derrière
les forces alliées ne tomba pas dans l'oreille de sourds,
tant il était aussi vrai qu'à Maurice, mais aussi
bien en Inde même, l'influence de Subash Chandra Bose était,
finalement, assez minoritaire. Raoul Rivet eut d'abord la bonne
idée de repercuter, le 10 juin 1940 dans Le Mauricien,
un appel du Mahatma Gandhi lancé deux jours avant, de Londres,
à partir de son journal Harjan, à l'intention
des Indiens dispersés à travers le monde. Gandhi
avait exhorté ses compatriotes "à ne pas
céder à la panique, de ne pas donner créance
à la propagande allemande et, surtout, de ne pas retirer
leur argent des banques, car leur argent enfoui sous la terre
ne serait pas plus en sécurité que dans les banques".
Le Mahatma fit ressortir "qu'il n'existe aucune panique
en France et en Angleterre, qu'on pourra peut-être y entendre
parler de revers, mais pas de défaite. Il faut garder son
sang-froid, quoi qu'il arrive". Le mahatma conseilla
aux Indiens de suivre l'exemple de la France et de la Grande -
Bretagne où le moral des hommes et des femmes est excellent
et de bannir toute panique.
L'allégeance de l'Indo-Mauricien Binoy Kumar
Le jour même de la publication de l'appel de Rivet, un Indo-Mauricien,
M. Binoy Chandra Kumar adressa une correspondance au Mauricien
pour réaffirmer sa loyauté personnelle envers les
forces alliées et, surtout pour dénoncer ceux-là
qui ici, par pure inconscience, répercutaient la propagande
nazie. Ainsi s'exprima M. Binoy Chandra Kumar : "Sir,
we have read with interest your patriotic apeal adressed to the
public and to Indians in particular about German's propaganda
in Mauritius, and while we are grateful to you for exposing all
the evils inherent in the Nazy system, with force and objectivity,
we would like to say that all Indians, regardless the horror of
a Nazi domination of the world and are much alive to the danger
which is menacing everybody. Men like Gandhi and Nehru have already
denounced in scathing terms the German tyrant and all his associates.
We know that in Mauritius there are some people who, out of sheer
inconsciousness do not realize all the values which are at stake
in this war and there are also others who in their crass ignorance
re-echo the falsehood which is dessiminated by the German propaganda
and it is unfortunate that they should not deted all the poison
contained in it. Besides those irresponsible few, that are to
be found a bit everywhere, the whole Mauritian Community stands
as one man behind the Empire at this hour of the national crisis.
In the very drama which is unfolded before our eyes is to be found
the negation of the blatant advocacy of German propaganda. Your
request that we should took with contempt on the Berlin Broadcasting
Station is obviously full of wisdom. Why should we deliberately
listen to Lord Haw-Haw and his peers, when we know the value of
all utterances".
L'engagement de l'Association de la presse
Le soutien des Mauriciens aux Alliés fut tel que, en sus
d'aider à contrer la propagande allemande, la presse écrite
mauricienne prit elle-même l'initiative de lancer une souscription
publique afin de soutenir à l'effort de guerre. En fait,
toutes les colonies britanniques avaient déjà pris
de telles initiatives. Ainsi, en une journée, la Guyane
britannique en était arrivée à réunir
7000 livres en une journée, Trinad, 6000 livres en quelques
heures, la Barbade 10 000 en dix jours et la Jamaïque 20
000 livres. Ne voyant rien de telle à Maurice, l'Association
de la Presse mauricienne résolut à prendre les devants
afin d'aider la Grande-Bretagne à acheter des avions. Le
22 juin 1940, un comité de souscription se constitua sous
la présidence de Raoul Rivet avec pour vice-président
Gaston Pierre, comme trésorier, Hervé de Sirnay
(du Cernéen), Gabriel Martial (secrétaire)
et C. Tyack
(rédacteur en chef du Radical). Le gouverneur britannique,
Bede Clifford, trop content de cet élan de solidarité,
n'hésita, évidemment, pas à accorder son
aval, et au comité et, au 16 juillet, une somme de 382
296 roupies lui fut remise.
La pingrerie des sucriers
Mais, s'il fut un journaliste qui, mis à part Raoul Rivet,
se démena beaucoup pour soutenir l'armée britannique
durant la guerre, ce fut bien Gaston Pierre. Très irrité
de la pingrerie manifestée par les planteurs du pays à
l'effort de guerre, le rédacteur en chef de l'Après-midi,
tonna contre ces sucriers qui, selon lui, en ne contribuant que
seulement Rs 180 000 (au 27 mai 1940), "n'avaient apporté
qu'un petit grain de sable dans cinq vastes océans.
Certes, la colonie peut et doit faire mieux et plus. Elle peut
faire un geste plus en harmonie avec ses ressources, avec le rang
enviable qu'elle occupe dans l'Empire ; colonie de 1ère
classe. Noblesse oblige !. La colonie possède une réserve
de Rs 10 millions. Si la Grande-Bretagne est battue et que l'Allemagne
annexe Maurice, vous savez que le premier geste que feraient les
Allemands serait de passer au Trésor et de voler toute
notre caisse comme ils l'ont fait à Bruxelles, Amiens,
Anvers, Abbeville, Boulogne. Donc, il vaut bien mieux pour nous
de donner généreusement, d'un geste large et noble,
2 ou 3 millions de nos réserves pour que cela serve à
nous épargner de la botte allemande au derrière
! Quand aux planteurs, ils feraient mieux de donner une somme
plus importante que cette misère de de 2% de taxe de sortie
des sucres si l'Allemand est victorieux, nos planteurs seraient
expropriés, les Allemands gourmands, gloutons ne leur laisseraient
pas une tête, pas un grain de sucre, ils voleraient touts,
les brigands !".
La croisade de Gaston Pierre ne fut pas vaine ; au 12 juin, il
avait réussi à amener "les Inofficiels"
à puiser Rs 2 millions de la réserve du pays
pour donner à l'Angleterre. Mais, pour Gaston Pierre,
l'argent n'était que vil métal !", et "il
fallait encore que l'île Maurice paie aussi l'impôt
du sang !". D'où l'appel de l'Après-midi
pour que, "à l'heure où la France et
l'Angleterre étaient saignées à mort, le
gouvernement local se fasse son devoir sacré vis-à-vis
du Home Government, de nous-mêmes, et appelle un nombre
respectable de Mauriciens de toutes les classes, de tous rangs
sociaux, à s'enrôler pour se battre sur le front
"
C'est ainsi, qu'après Gustave Souchon et le lieutenant
Edward George Latter, d'autres soldats du contingent mauricien
périront en Europe, en Egypte et en Palestine. Le samedi
15 juin 1940, les loups allemands entraient dans Paris
et
n'en seront chassés qu'en 1945 par les Alliés, dont
parmi un petit nombre de combattants Mauriciens.
Le 18 novembre, la Chambre d'Agriculture fut saisie d'une résolution
l'engageant à apporter une contribution supplémentaire
à l'effort de guerre au nom du corps agricole du pays.
Cette résolution se résuma à un droit spécial
imposé sur les recettes de la vente du sucre, soit 3 sous
par chaque 50 kilos. À cette même réunion
du 19 novembre, le corps agricole de Maurice fera à la
Grande-Bretagne don de deux avions Spitfire et des cantines automobiles
à la ville de Londres.
La solidarité des laboureurs d'Agaléga
En fait, dans la mobilisation des Mauriciens contre l'Allemagne
nazie, tous les milieux locaux furent concernés. Les écoliers
levèrent jusqu'à 350 livres, et, Raoul Rivet fit
remarquer que "même les pauvres travailleurs d'une
île perdue de l'océan Indien, en l'occurrence Agaléga,
s'étaient rendus compte qu'un défi avait été
lancé à l'Empire britannique dont ils font partie
et que, aussi bien les riches des dominions que des colonies plus
importantes, ils étaient prêts à le défendre".
Les laboureurs d'Agaléga contribuèrent effectivement
Rs 149.30 dans la lutte contre le nazisme.
The Utopia Game:
Le visage mauricien d'une création sans frontières
Utiliser les atouts disponibles à Maurice pour créer
un spectacle inédit et original, d'une qualité susceptible
d'intéresser la scène internationale. Ce n'est pas
une fable. Juste l'ambition qui sous-tend The Utopia Game.
Le week-end prochain, le public local aura l'occasion de faire,
le premier, l'expérience de ce conte fantastique qui s'annonce
grandiose. Avec un visage mauricien qu'incarne notamment la jeune
Alisa Currimjee, émouvante Utopia chargée de sauver
le monde
La création est affaire de rencontres. Ici, celle qui a
lieu l'an dernier entre les chorégraphes Eva Dalais et
Thabo Legrand et le scénographe Eelco de Jong. Les deux
premiers, repreneurs du Studio de danse de Grand-Baie, souhaitent
offrir à un public de tous âges un spectacle qui
permettra à leurs élèves de se produire sur
scène. Le second y voit l'occasion de tenter une création
sans frontières. Aussi bien au niveau géographique
qu'en termes de concept et de réalisation. Ce sera The
Utopia Game.
Autour d'une console de jeu achetée au bazar de Port-Louis
par deux jeunes enfants (voir plus loin) va se tisser un conte
fantastique riche en effets spéciaux. Où le fond
de scène se couvre d'images défilantes de 22 mètres
sur 12. Images avec lesquelles inter-agiront les 40 danseurs et
danseuses du Studio, entourés d'une dizaine de danseurs
et d'acteurs professionnels, de magiciens spécialistes
de la grande illusion et du mime européen Vincent Rubinfajer,
formé à l'École du Mime Marceau. Avec l'aide
également du metteur en scène Bruce Ellison.
"Je me fais fort d'étonner le public. En prenant
des risques que l'on peut prendre à Maurice",
déclare Eelco de Jong. "En Europe, ça coûte
plus cher et on est enfermé dans des carcans. Dès
qu'on s'écarte des tendances et attributions préétablies,
on ne trouve pas de soutien. À Maurice, on peut tout tenter
parce que les gens, dans la création, ne sont pas soucieux
de préserver leur pré-carré. Avec Eva et
Thabo, nous avons beaucoup discuté, chacun a apporté
des suggestions ou des modifications au travail de l'autre sans
que personne ne s'en offusque. Et cela va donner quelque chose
de totalement inédit et original", dit ce Hollandais
qui a grandi en Belgique et travaillé aussi bien sur les
fêtes royales de Windsor que sur les concerts de Jean-Michel
Jarre.
Au-delà des aspects techniques extrêmement pointus
qui aident à l'habillage de ce spectacle, l'important réside
aussi dans le facteur humain qui le porte tout entier. Et qui
sous-tend ce conte pas seulement fantastique mais aussi philosophique,
qui parle au fond de la nécessité de développer
un humanisme en accord avec le monde qui nous entoure. Pour peu
que nous voulions sauver notre planète et l'humanité
qu'il abrite.
Pour cristalliser tout cela, un visage. Celui de la jeune Alisa
Currimjee, 14 ans, dans le rôle central d'Utopia.
De mère allemande, de père mauricien, la jeune Alisa,
tout juste 14 ans, se dit elle-même étonnée
- et très honorée - de s'être vue confier
ce rôle. Ayant commencé la danse classique à
l'âge de 6 ans, elle a poursuivi dans cette voie à
l'école de Teresa David, avant de rejoindre le Studio alors
dirigé par Eve Buscaglia, pour continuer depuis l'an dernier
avec Eva Dalais et Thabo Legrand. Entre classique et modern jazz,
elle oscille sans efforts, parée d'une grâce que
l'on a pu apprécier dans Moulin Rouge et Aladdin, montés
précédemment par Le Studio. "J'ai un peu
le trac. Être Utopia, c'est une grosse responsabilité.
Mais la confiance placée en moi me donne envie de mieux
faire, de me donner à fond, car cette histoire, qui m'avait
paru un peu bizarre au début, est vraiment belle et sympa",
dit cette jeune fille également passionnée de
kite surf, qui se prépare, au lendemain du spectacle, à
passer à l'École du Nord les épreuves du
Brevet (plus ou moins équivalent aux examens de SC).
"La Fondation hollandaise de Jong, dont je suis un des
gestionnaires, a investi quelque Rs 4 millions dans cette création.
Confiante que Maurice peut, avec tous ses talents, permettre de
monter quelque chose de grand, qui pourra ensuite être montré
sur la scène internationale, comme témoignage du
génie sans frontières de cette île ouverte
au monde", fait ressortir Eelco de Jong.
C'est dire si nous avons tout intérêt à aller
découvrir cette Utopia
Un conte fantastique
Décembre 1968, à la veille de Noël
Deux enfants mauriciens, Ethan (Tom Couves) et Shanya (Ysé
Buffart), achètent une étrange console de jeu sur
un marché de Port-Louis. Le soir venu, vont en surgir des
créatures vivant dans une autre dimension.
Lorsque les enfants se rendent compte qu'ils ont fait renaître
certaines forces maléfiques et "cassé"
la console, il ne leur reste plus qu'à sauver le monde
à leur façon
Intervient alors le guerrier Lhamony (joué par le mime
européen Vincent Rubinfajer), qui, outre de pratiquer l'Art
du Silence, voyage également dans le Temps et dans l'Espace.
S'appuyant sur une série de chorégraphies et d'effets
spéciaux, Lhamony se charge d'enseigner les règles
du jeu aux enfants. Celles-ci sont basées - à l'instar
de la danse - sur les principes de l'harmonie entre le corps et
l'esprit.
Leur périple nous emmène de la France de Louis XIV
aux origines de l'univers et du Jardin d'Eden aux plus hauts cols
de l'Himalaya, à la recherche d'Utopia, seule personne
capable de réparer la console
Séance gratuite pour 2 200 enfants
The Utopia Game sera présenté au Centre Vivekananda
de Pailles le vendredi 15 juin et le samedi 16 juin à 20h,
ainsi que le dimanche 17 juin à 15h. Une séance
gratuite est aussi prévue le samedi à 15h, les 2
200 places disponibles étant offertes à des ONG
et associations uvrant pour le bien-être d'enfants
démunis.
Les billets pour les représentations sont en vente entre
Rs 150 et Rs 750, à travers le Rézo Otayo (tel:
466-9999; www.otayo.com).
Arts de la parole
Léone Louis:Passeuse de mots, passionnément
Un charisme et une présence scénique qui happent
d'emblée le spectateur, une parole qui donne corps et chair
à des contes traditionnels avec vivacité, humour,
et une séduisante modernité. Découverte lors
du récent spectacle Histoire d'accords aux côtés
du groupe Sept et de Nikola Raghoonauth, Léone Louis est
une jeune artiste réunionnaise dont on n'a pas fini d'entendre
parler. Ce qui n'a rien d'étonnant pour une passionnée
qui se décrit volontiers comme une "passeuse de mots,
passeuse de liens".
Elle commence par un mot. Voyage. Celui qui a tissé jusqu'ici
son parcours, avec une volonté de tout découvrir,
portée par une incroyable curiosité. Son baccalauréat
obtenu, Léone Louis quitte la Réunion pour entreprendre
des études de lettres en France. Mais très
vite, c'est le théâtre qui la happe tout entière.
Ce théâtre dont elle a la révélation
lorsque, enfant, ses parents l'emmènent voir les pièces
du Théâtre Vollard. "J'ai été
fascinée par le côté à la fois festif
et très engagé des créations de cette troupe.
C'était le seul endroit où, soudain, on me parlait
de mon histoire, liée notamment à la colonisation.
Le choc de l'oralité et de l'histoire, avec une émotion
et une liberté extraordinaires".
Puis c'est le conservatoire, la participation à trois spectacles
joués à Paris. Monter sur scène, parler,
évacuer, recréer, Léone Louis aime de plus
en plus cela, et s'engage dans une école de théâtre
professionnelle, Le Samovar, où évoluent des gens
venus de partout.
En France, elle a également l'occasion de côtoyer
plusieurs formes d'art africain liées à la parole.
"Cela aussi, ça a été un choc décisif".
Elle rencontre ainsi un vieux conteur sénégalais,
Mody Golan Fall, celui qu'elle adopte comme grand-père
et comme parrain, qui lui fera comprendre que le conteur est "un
passeur de mots, passeur de liens". Ce qui se confirmera
lors de séjours, par la suite, au Mali ou au Burkina Faso.
Sa marraine, ce sera la conteuse réunionnaise Any Grondin.
Celle qui la confortera dans la voie qui consiste à recueillir
histoires et contes pour nourrir une création contemporaine.
"Le but est d'essayer de voir comment moi, Léone,
je vais amener ces traditions et histoires recueillies en utilisant
mes outils d'aujourd'hui", explique la jeune femme.
Un processus qui passe, pour elle, par une mise en commun et un
partage. "En Afrique, plusieurs personnes m'avaient conseillé
de monter ma propre troupe. Cela m'est apparu comme une bonne
façon de mettre en place un outil de travail qui permettrait
de réunir divers artistes, qu'ils aient fait des écoles
ou qu'ils soient autodidactes, des artistes qui viendraient de
divers horizons, comme un premier pas dans la mise en place d'un
réseau indianocéanique", explique Léone
Louis.
Ce sera donc la compagnie Baba Sifon, née en 2004, avec
la volonté de "défendre un spectacle populaire
à la créole et non populiste". La différence
? "Nous ne faisons pas forcément dans la distraction.
Je ne suis pas humoriste, avec pour seul but de faire rire les
gens. Plus pour interpeller, faire réfléchir, créer
un partage".
La Compagnie Baba Sifon s'est ainsi fixé plusieurs objectifs.
Parmi ceux-là, la volonté de travailler avec des
auteurs contemporains, comme Florian Goetz, qui a uvré
sur 39 Teat Kabaré, la toute dernière création
de la Compagnie autour de l'article 39 du Code Noir qui classifiait
les esclaves comme des biens meubles.
Autre objectif de Baba Sifon: monter des spectacles "tout
terrain", aptes à être joués aussi bien
en salle que sous les préaux d'écoles, pour des
associations, etc. "Souvent, le public créole ne
va pas dans les salles de théâtre. Il a une image
"intellectuelle" du théâtre. Nous voulons,
nous, montrer à ces personnes que le théâtre,
c'est pour eux aussi". Une démarche qui se double
d'un volet "formation" du public, une sorte d'école
du spectateur. "Nous essayons de créer un lien
pour ne pas faire de la consommation. Avant le spectacle, nous
allons à la rencontre des enseignants, des personnes intéressées,
et souvent nous y retournons après le spectacle pour un
approfondissement. Sachant que le conte est un mystère
et qu'il contient beaucoup de choses qu'on ne peut d'emblée
décoder, ce qui fait justement sa richesse", explique
Léone Louis.
Une démarche qui se justifie face à la forte demande
enregistrée pour des spectacles éducatifs. La Compagnie
a ainsi produit, l'an dernier, une pièce intitulée
La folle journée de Stéphanie Payet, une
comédie bouffonne traitant de la mal-bouffe, du problème
d'obésité qui en résulte chez les jeunes,
et, plus largement, de la question de la consommation à
la Réunion.
"Nous sommes une petite compagnie, mais on se bouge. On
travaille au projet", souligne Léone Louis. Si
la troupe s'est auto-financée la première année,
histoire de montrer sa capacité d'autonomie, elle se réjouit
d'être maintenant reconnue notamment par la Direction Régionale
des Affaires Culturelles (DRAC), ce qui lui permet de bénéficier
de subventions. Qu'elle entend bien utiliser pour asseoir son
projet d'ouverture sur l'océan Indien. "La Réunion
a les moyens de financer des opérations artistiques et
culturelles. Autant utiliser ces moyens pour monter des projets
avec la région tout entière".
Un nouveau voyage qui commence, cette fois, par Maurice. "Mon
grand-père était mauricien. Et cette branche mauricienne
était un peu comme un mythe pour moi. Cela a créé
un imaginaire très fort. Et je me suis dit que ce serait
peut-être l'occasion de retrouver un peu de mes racines
de ce côté", confie Léone Louis.
Ce qu'elle fait en participant à la création de
la performance Histoire d'accords, présentée
il y a deux semaines au CCB par le groupe Sept et Nikola Raghoonauth,
précédemment invité à participer à
la création de 39 Teat Kabaré. Ensemble,
ils ont un nouveau projet, Baraminn, qui devrait être
présenté chez nous en novembre prochain.
Au-delà, c'est un rêve de festival de l'océan
Indien que nourrissent ces deux artistes. "En participant
l'an dernier au Festival Yelen au Mali, nous avons pris conscience
de la richesse et de la portée d'un tel événement.
Et de son absence dans notre région qui abrite pourtant
une tradition orale très importante. D'où le désir
d'organiser, d'ici deux ans, un festival, quelques jours de rencontre
autour de la poésie, de la parole et du conte, qui réunirait
artistes des Seychelles, de Rodrigues, des Comores, de Madagascar
de Maurice et de la Réunion", révèle
Léone Louis.
Une réalisation à laquelle on n'a aucun mal à
croire, au vu de la détermination et de l'enthousiasme
de cette artiste, passionnément porteuse d'une parole qui
sonne juste et vraie
Publication
Art in Mauritius: Construire un espace imaginaire
mauricien
Des images choisies parmi tant d'autres, trois vastes catégories
(le prémoderne, le modernisme et le postmoderne) pour aborder
les différentes approches artistiques à Maurice
et la multiplicité des perspectives offertes. Ce n'est
pas tant pour construire un livre exhaustif mais pour poser une
suite de jalons, de mises en perspective. Derrière les
images et les catégories artistiques, il y a la tentative
d'un discours de l'auteur, Hans Ramduth, sur l'imaginaire mauricien.
Art in Mauritius est la dernière publication en
date de l'École des Beaux-arts du MGI.
Dès que l'on ouvre ce livre sur l'art à Maurice
et qu'on tourne les pages, on est surpris par un certain nombre
de choses. L'étonnement provient des nombreuses illustrations
au gré des propos tenus, de la mise en page ou de la conception
du livre en deux parties inégales. On commence à
lire la première partie, une longue introduction de 70
pages, pour définir les principaux objectifs de Art
in Mauritius. C'est l'érudition qui prend le relais
pour donner quelques notions à un public qui porte un intérêt
profond pour les arts visuels (Learning the codes, Artist-Artwork-Patron
and Context).
Le découpage a été fait de manière
à aborder différentes problématiques: le
rôle de l'artiste et son évolution, l'uvre
d'art, les acheteurs et les attentes du public. Hans Ramduth,
chargé de cours à l'École des Beaux-arts
du MGI, a voulu poser des repères pour un public non averti
et pour mieux développer son discours sur l'art à
Maurice dans la deuxième partie. On se demande si les illustrations
sont toujours au diapason des propos tenus. Car on revient sans
cesse à ce genre d'ouvrage pour vérifier une hypothèse,
préciser une date ou un nom. Art in Mauritius, il
ne faut pas s'emporter, se veut la matière d'autres livres
(à travers ses jalons et mises en perspective) qui permettent
de réfléchir sur l'art à Maurice.
La deuxième partie du livre délaisse la chronologie
pour une étude paradigmatique. Hans Ramduth distingue trois
catégories: le prémoderne où il livre son
point de vue sur l'ouvrage d'André Decotter, Panorama
de la Peinture Mauricienne (tomes 1 & 2), aborde l'art
mimétique à travers les impressionnistes à
Maurice: Max Boullé, Marcelle Lagesse, Roger Charoux. L'ensemble
étant étoffé de références
philosophiques ou autres.
Le modernisme dans l'art à Maurice fait la part belle à
trois artistes majeurs et représentatifs de cette catégorie:
Hervé Masson, Serge Constantin et Moorthy Nagalingum. L'évolution
de ce paradigme englobe les uvres d'artistes comme Dhyaneshwar
Dausoa, Pierre Argo, Khalid Nazroo, Nalini Treebhoobun, Mala Ramyead,
Neermala Luckeenarain, entre autres. Le modernisme semble être
marqué par la crise existentielle, le sentiment d'angoisse
et la subjectivité de l'artiste. Il y a aussi les autres
qui ont une approche particulière, les frères Ghanty
ou Serge Selvon.
Les postmodernes se signalent, eux, par la remise en question
de l'idée de génie, la notion de décalage,
les dimensions politiques et sociales et les liens avec la philosophie
contemporaine (Krishna Luchoomun, Gérard Foy, Nirmal Hurry,
Nirveda Alleck, Henri Kums, entre autres). Le livre accorde enfin
une place à l'art touristique et un discours sur "l'exotisme"
(Danièle Hitié, Nathalie Perrichon, Vaco Baissac).
La construction de ce qu'on appelle l'art contemporain apparaît
alors comme celle d'un espace imaginaire peuplé au gré
des arbitraires, des manques. De nombreux territoires se dessinent
qui rendent caduques certaines notions. On acceptera que ce qui
constitue Art in Mauritius apparaisse comme des rudiments
pour certains et la composition non exhaustive d'un album d'images
mais ne pourrait réduire l'uvre de quiconque à
un seul exemple ! Souhaitons que cette parution puisse donner
l'envie au lecteur de construire son propre imaginaire.
Du 21 au 28 juillet
"The Flame" 2007
Les jeunes créateurs seront à l'honneur pendant
une semaine fin juillet à l'occasion du Festival mauricien
de Design et Publicité 2007 à l'initiative de l'AAA
(Association of Advertising Agencies of Mauritius). Au programme:
The Design Awards Nite (samedi 21 juillet), séminaires
et ateliers de création (du mardi 24 au jeudi 26 juillet),
AAA Exhibition (jeudi 26 juillet) au Caudan Waterfront et la fameuse
Advertising Awards Night (samedi 28 juillet).
"The Flame" a connu un succès retentissant depuis
2005. The Design Awards a vu la participation des membres
de l'AAA et d'autres agences, de même que des designers
freelance et des étudiants. La Advertising Awards Night
a également été un événement
prestigieux. Cette année, l'AAA organise toute une série
d'activités autour de différentes catégories:
National design, National craft et National advertising.
Des manifestations sont également prévues au niveau
régional et international.
Le délai de soumission des projets des participants est
fixé au 3 juillet 2007 à 16h à l'agence Immedia.
Le festival sera honoré par la présence cette année
de M. Piyush Pandey, président du jury pour la Advertising
Awards Night.
Festival culturel et culinaire chinois
Un musée chinois à Port-Louis
China Town en habits de fête du 16 au 17 juin 2007. Ce quartier
historique de la capitale est appelé à retrouver
son aspect pittoresque à travers différentes activités
organisées par la Chinese Chamber of Commerce de Maurice.
Différentes associations culturelles comme le Centre Ming
Tek, la Chinese School of Music ou le Centre Culturel Chinois,
prennent part à ces activités culinaires et culturelles.
Dans le cadre de cet événement, une exposition se
tiendra au Heritage Court à Port-Louis. Des objets et photos
qui seront accueillies dans le futur musée chinois (à
l'initiative du Chinese Heritage Centre) pourront être vus.
Le nouveau musée, le premier du genre à Maurice,
s'installera d'ici la fin de l'année dans la pagode Fock
Diack. Une manière de perpétuer la culture chinoise
à Maurice.
16 jours, 16 droits
Les maux, pour le dire
Cette année, dans le cadre de la campagne de sensibilisation
"16 jours, 16 droits", le bureau de l'Ombudsperson pour
les enfants a invité les jeunes à écrire
des textes autour du thème de la protection de l'enfance.
Les collégiens ont laissé libre cours à leur
imagination et leur cur pour écrire des poèmes,
chansons, sketches. Nous en avons choisi quatre, qui disent les
maux de tous les jours
L'enfance maltraitée
L'enfant ne doit pas être maltraité
L'enfant doit être libre comme l'air, il ne doit pas être
traumatisé par ceux qui le maltraitent
Si l'enfant vit dans un monde de paix, il saura où est
son chemin
Si vous voyez un enfant qui fume, il doit sûrement avoir
des
problèmes familiaux
Si un enfant est traumatisé sa vie peut basculer
L'enfant pourrait ne plus s'en sortir, jouer, ni savoir s'amuser
J'en ai marre de voir des enfants qui viennent à l'école
avec des traces de bleus sur le bras, le dos
J'en ai marre de voir des enfants maltraités
parce que leur père ou mère se gave d'alcool
Brian Hécube
Form III, Collège Imperial
Zina, enfant qui n'a pas le droit
Zina a 14 ans, elle est plutôt timide
je dirais
plutôt malheureuse. Voici une page de son journal du 1er
avril 2007, jour de son anniversaire.
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Il est 8 heures. Je fais
mes devoirs. Papa n'est pas encore rentré. Maman m'appelle
pour aller le voir dans la boutique du coin, chez Ahyee. Il a
l'habitude d'aller boire là-bas. J'y vais. Oui papa est
dans la boutique avec ses amis
Je l'appelle. Il me dit qu'il
va venir. Je l'attends. Le temps est long. Je l'attends. On arrive
à la maison. Maman explose. Les cris me font peur, me terrorisent.
Je ne peux pas les entendre. Je mets les mains sur les oreilles.
Papa explique
quoi ? Je ne sais pas. Ses raisons pour être
en retard. Mes devoirs, je ne pourrais pas les terminer. C'est
la "guerre", les cris n'en finissent pas. Ces cris assourdissants
qui me déchirent les oreilles et mon cur, qui pressent
mon âme pour en tirer les larmes. C'est la seule chose qui
est chaude, qui me réconforte
Ils ont cassé
des plats et des verres. Je les entends. Ça arrive tous
les jours. Dans mon lit, je les entends toujours. Papa n'a pas
mangé. Je sais qu'il y a du riz par terre. Je dors. Soudain
les cris m'arrachent de mon sommeil. Ils n'ont pas fini de se
quereller. Ai-je droit au repos ? À l'école, le
lendemain, je n'ai pas complété mes devoirs. Je
me fie aux caprices du prof. Peut-être qu'il ne va pas me
frapper aujourd'hui. Peut-être qu'il va le faire. Quoi l'expliquer
? De toute façon mes paroles ne comptent pas
Après
l'école, je prends le chemin du retour. Papa et maman vont-ils
se quereller ce soir ?
Christina Philibert
Form II, Quartier Militaire College
Le droit, la liberté et le respect de l'enfant
L'enfant a droit à l'éducation
De partir à l'école et au collège
Il a aussi le droit de faire des erreurs
Il a le droit de s'exprimer
Il a le droit de dénoncer toutes les injustices qu'on lui
fait subir
L'enfant a le droit d'être en liberté
Personne n'a le droit de le priver de sa liberté
L'enfant est libre de jouer à sa guise
Ses parents n'ont pas le droit de l'enfermer dans sa chambre
L'enfant a aussi le droit d'être respecté
Personne n'a le droit de le frapper et de le maltraiter
Personne n'a le droit de toucher aux parties privées de
son corps
Il a le droit d'être protégé
Moossa Nahaboo
Form III, Collège Imperial
Droit de la vie
(extrait)
Ki fer mo dan noir
Zot toujour pe crie, pe batte
Zot toujour pe fer moi du mal
Zot dir moi mort
Ki fer mo dans noir
Mo le vivre, mo le zot content moi
Moi mo oule zot prend moi dan zot le bras
Mo le senti moi protezer, mo pas demande zot largent
Mo ouler zis zot l'amour
Aiyo mama pa batte moi, mama content moi
Mo to piti, to fine sarie moi 9 mois dan to vente
Mo to zenfan, ki fer to pas ouler moi
Pap, mo papa mo forme parti de toi
To pas donne moi l'affection
To pas aste manzer pou moi
Mo couman ene ti zozo dans cyclone
Mo papa et mo mama, mo siplier zot pas jette moi
Mo gagne droit vivre
Mo gagne droit à l'amour et l'affection
Mais ki fer mo dan noir
Bibi Fatimah Suffee
Universal College
Collection d'histoires vraies
Les Leker Kose: Briser le cercle de la violence
"Mo apel Lilette (le nom a été modifié),
mo ena dizwitan. Mo ti touzour kwar ki lavi zoli ziska ki mo kouzin
Zozef fer atousman ar moi. Detrwa fwa sa finn arive. Mo ti kroir
ant kouzin li ti normal sirtou ki Zozef ti pe azir normal divan
bann fami. Sa ti enn labitid. Mo ti koumans pran gou
Zozef
ti ena kinzan kan li ti koumans fer sa ar mwa ek moi mo pa ti
ena mem sinkan. Letan pase, souvenir reste." Lilette
a été abusée par son cousin, sa scolarité
a été perturbée. Incomprise par son environnement
familial, elle a été contrainte au silence et a
même tenté de se suicider. Cette histoire, aussi
sordide qu'elle puisse être, se termine néanmoins
par une note d'espoir: "Mo ena de rev. Enn fer tou pou
mo zanfan viv ere ek pa konn mem martir ki moi ek deziem donn
enn koutme dan komba kont violans kont madam."
Le ton est donné. Les petites histoires contenues dans
la publication trilingue Speak Out, Les Leker Kose, La
Parole Libératrice, s'attaquent au problème
de la violence envers les femmes et les enfants. Les affaires
de violence domestique ou autres agressions occupent une place
centrale dans cette collection éditée par Loga Virahsawmy,
Dawn Lapierre et Marie Annick Savripène, en partenariat
avec l'UNDP et le ministère des Droits Humains (Human
Rights).
Dans son introduction, Loga Virahsawmy de Media Watch indique
que ce sont des expériences douloureuses vécues
et que les victimes ont pu se libérer à travers
leurs témoignages lors de la campagne "16 jours contre
la violence envers la femme". Les victimes, celles gardant
souvent des séquelles de leur expérience, se sont
confiées à des membres d'organisations en faveur
des droits des femmes et des enfants, responsables de centres
d'accueil pour jeunes victimes ou autres journalistes. Si l'exercice
a eu un effet thérapeutique pour les survivants d'expériences
douloureuses, il a aussi contribué à faire entendre
des voix longtemps enfouies et à briser le silence des
victimes.
Histoires d'enfants abusés, de femmes dans l'engrenage
de la violence ou de solitude de personnes âgées.
Ce sont autant d'initiatives pour prévenir les récidives,
sortir de la honte, amener le réconfort et le soutien nécessaires
aux victimes. Certaines histoires ont déjà été
publiées par Gender Links en 2005 ou 2006. La publication
s'inscrit dans une actualité brûlante à l'heure
où les campagnes de sensibilisation envers la violence
faite aux femmes et aux enfants se développent et se renforcent
à travers les médias ou les différentes associations
du pays.
José François
À l'origine de Bater Bis
"To baté, to baté bis la bis la, bis la
Bis la finn défonsé. To baté, to baté
bis la bis la, bis la
Bis la finn déklinké
"
Les inconditionnels du séga d'ambiance sauront reconnaître
sans mal le refrain de ce morceau à succès qu'est
Batter bis. Un des ségas les plus populaires du moment,
interprété par le leader de Zot Sa, Mario Justin.
Extrait de Bouc Emisser, premier album solo du musicien, sorti
l'année dernière, avait été enregistré
il y a quatre ans. Son auteur, José François, 36
ans, l'avait écrit en même temps que deux autres
morceaux destinés à une compilation, Evozik.
La version originale n'était pas aussi entraînante
et accrocheuse que la reprise. José François a donné
son accord à Mario Justin pour que ce dernier remodèle
son séga, permettant au leader de Zot Sa d'offrir un autre
souffle à Batter Bis. "Dès la première
écoute de ce séga, je savais qu'il pouvait remporter
un gros succès", confie Mario Justin.
Aujourd'hui, c'est avec une dose de nostalgie dans la voix et,
malgré tout, un peu de fierté que José François
parle de Batter Bis. Il raconte la genèse de son séga
et aussi sa séparation d'avec cette composition
Écrit en 2003, à Goodlands, d'où José
François est originaire, Batter Bis est inspiré
d'un mode de vie caractéristique au village. "Batter
Bis, ti enn dialog kouran dan mo landrwa. Kan bann kamarad al
bwar enn labier, e ki zot pena kass, bizin tras trasé.
Lerla, dir sa batter bis. C'est une expression populaire pour
désigner ceux qui profitent d'une situation, par intérêt."
À l'époque, José François, qui travaille
dans une usine de la région, est membre d'un groupe qui
a pour ambition de sortir un album. Le texte et la mélodie
de Batter Bis bouclés, il s'attaque à Po gra ma,
un zouk qui s'adresse à une jeune fille, et au séga
Dam ma lé dam, qui parle des risques qu'encourent les fumeurs
de gandia. Evozik, produit par le groupe, sort sans bruit. Les
membres de la formation ne s'entendent plus et se séparent.
Cette rupture est attribuée à une affaire d'argent.
"J'étais découragé et j'avais même
abandonné l'idée de continuer mon parcours musical",
raconte José François.
Quelques années plus tard, celui qui détenait les
droits sur la production d'Evozik, en l'occurrence Gilbert Potou
(décédé), rencontre Mario Justin, qui lui
parle de son intérêt pour Batter Bis. "J'avais
par hasard entendu la reprise de Batter Bis sur la radio réunionnaise.
J'ai ensuite appris qu'elle était déjà sortie
à la Réunion. C'est à ce moment que j'ai
rencontré Mario Justin et que nous avons signé un
accord."
Pourtant, après la sortie de Bouc Emisser, José
François revient à nouveau avec Batter Bis sur une
compilation, Ultravibrasyon. Ce qui n'est pas pour plaire à
Mario Justin ! "C'est vrai, j'ai un petit pincement au cur
quand j'entends la reprise de ce séga. Li parey kouma enn
mama ki'nn met o mond so zanfan, mé ki pa pé resi
elvé li. Enn lot ki pé ranplas li
", confie
José François.
Mais le chanteur de Goodlands, qui a depuis renoué avec
la musique, ne compte pas faire marche arrière. "Dépi
mo tipti mo kontan santé. Mo ti ékout Jean-Claude
Gaspard." Il annonce même la sortie d'une prochaine
compilation qui comprendra ses deux compositions: Voler coq et
Défo so zanfan.
Rente dans l'ambiance là
Aventure musicale en famille pour Mystik
Ushla Chuckowree aime écrire. Passionnée par les
mots, elle confie que l'écriture représente pour
elle un exutoire. Dans ses poèmes, elle livre ses états
d'âme et parle, entre autres, de sa vision de la vie. Elle
couche chaque expérience vécue sur papier. Même
si dans un passé assez récent, elle a fait partie
d'un collectif réuni autour du livre Mosaïque II,
cette enseignante du Pre-School Trust Fund a trouvé
un autre moyen que l'édition d'un recueil pour partager
ses émotions avec son entourage.
Cette fois, l'enseignante de maternelle propose un CD intitulé
Rente dans l'ambiance là. Contrairement à
ce que pourrait laisser entendre le nom sous lequel ses enfants
et elle ont lancé ce CD: Mystik, "l'album
n'est pas d'inspiration spirituelle", explique d'emblée
Ushla Chuckowree. Décliné en anglais, français
et hindi, Rente dans l'ambiance là se classe dans
la catégorie fusion et comprend 10 morceaux (Time has
been my enemy, Assé Assé, Mama kot to été,
Papa
), dont une version instrumentale de My Heart.
Lorsque l'idée de transformer ses poèmes en chansons
a surgi, Ushla en a discuté avec ses enfants, ses premiers
complices. "Les textes étaient prêts depuis
novembre dernier. Mais il fallait trouver des interprètes",
dit-elle. C'est le début d'une grande aventure musicale
pour celle qui découvrait ce domaine. "Je me suis
dit: pourquoi ne pas embarquer mes enfants, d'autant que je les
entends souvent fredonner à la maison. Ils ont déjà
chanté lors d'activités scolaires, mais n'avaient
jamais vécu une telle expérience."
Asha, 21 ans, Anooj, 17 ans, et la petite Jeshee, 9 ans, étudiante,
collégien et écolière respectivement, sont
retenus ! Un autre élément s'insère dans
la petite équipe: la jeune Megane, 15 ans. L'adolescente
est une proche de la famille et avait des arguments pour convaincre
l'initiatrice du projet. Car Megane suit des cours de chant au
conservatoire François Mitterrand et a déjà
participé au concours télévisé Ti
Mambo.
"Il fallait ensuite trouver les mélodies, un studio,
etc.", raconte Ushla. Renseignement pris, elle se tourne
vers l'arrangeur Patrick Antoine, qui dispose aussi d'un studio.
"Nous avons d'abord essayé une maquette à
la maison, histoire de voir ce que le projet pouvait donner. Lorsque
nous avons rencontré Patrick Antoine, il a écouté
la maquette et fait des essais de voix avant de débuter
l'enregistrement."
Au-delà de l'aventure musicale, Rente dans l'ambiance
là a renforcé les liens entre cette mère
de famille et ses enfants. En février dernier, le CD voit
le jour, avec l'édition de 500 copies. Pour ce projet qu'elle
a tenu à financer elle-même, Ushla Chuckowree ne
s'est pas précipitée chez les disquaires. L'enseignante
explique qu'elle a préféré choisir une vente
qui s'effectue par le truchement du bouche à oreille. En
précisant toutefois que Rente dans l'ambiance là
sera bientôt disponible dans les bacs.
Sunshine
Près du désastre
Film de Danny Boyle
Avec Rose Byrne, Cliff Curtis, Chris Evans, Troy Garity, Cillian
Murphy, Hiroyuki Sanada, Benedict Wong, Michelle Yeoh
Après avoir fricoté avec les zombies dans 28
Jours plus tard, Danny Boyle prend désormais la route
du Soleil. Les astronautes de Sunshine ont pour mission
de rallumer notre astre en train de s'éteindre. Pas facile,
d'autant que les missions précédentes ont systématiquement
et mystérieusement disparu
En cette année 2057, le Soleil se meurt, entraînant
dans son déclin l'extinction de l'espèce humaine.
Le vaisseau spatial ICARUS II, avec à son bord un équipage
de 7 hommes et femmes, dirigé par le Capitaine Kaneda,
est le dernier espoir de l'humanité. Leur mission: faire
exploser un engin nucléaire à la surface du soleil
pour relancer l'activité solaire. Mais à l'approche
du Soleil, privés de tout contact radio avec la Terre,
les astronautes perçoivent un signal de détresse
en provenance d'ICARUS I, disparu sept ans auparavant. Une erreur
fatale les contraint à modifier leur trajectoire. Ils doivent
désormais lutter pour rester en vie, ne pas sombrer dans
la folie, mais avant tout pour mener à bien leur mission
essentielle pour l'avenir de l'humanité
Boyle, réalisateur atypique
Danny Boyle commence sa carrière au théâtre,
à la Join Stock Theatre Company, jusqu'en 1982. Il devient
ensuite directeur adjoint du Royal Court Theatre Company en 1985
et met en scène parallèlement cinq pièces
de théâtre pour la Royal Shakespeare Company grâce
auxquelles il remporte plusieurs récompenses. Alors qu'il
travaille sur des séries pour la BBC, il fait la connaissance
du scénariste John Hodge et du producteur Andrew MacDonald
avec qui il décide de passer au grand écran. Il
conçoit alors une trilogie sur le manque d'argents (Bag
of money trilogy) où il dirige à chaque reprise
son acteur fétiche, l'Écossais Ewan McGregor.
Il réalise ainsi son premier long-métrage en 1994,
Petits meurtres entre amis. Petit bijou d'humour noir,
il permet à Danny Boyle de devenir l'un des jeunes cinéastes
britanniques les plus prometteurs. Il confirme son talent avec
Trainspotting, film choc sur l'univers de la drogue, présenté
à Cannes hors-compétition en 1996, qui fait de lui
un véritable réalisateur culte. Puis, il conclut
la trilogie avec Une vie moins ordinaire, une histoire
d'enlèvement et de rançon teintée d'humour
qui marque sa première réalisation américaine.
En 2004, il réalise Millions, une comédie
au ton grinçant, traitant de son thème fétiche:
l'avidité. Pour 2007, il a rendez-vous avec le Soleil
Star Port-Louis et Curepipe
300: Rivalité sanglante
Le sang des Perses
Film américain de Zack Snyder
Avec Gerard Butler, Lena Headey, David Wenham, Dominic West, Vincent
Regan, Michael Fassbender, Rodrigo Santoro, Andrew Tiernan, Andrew
Pleavin
Durée: 1h55
Léonidas est devenu roi de Sparte à la suite des
épreuves rituelles spartiates dont il a triomphé.
Il apprend d'un messager que le roi perse Xerxès envisage
d'envahir la Grèce et de soumettre sa cité. Contre
l'avis de l'oracle, il part à la rencontre de l'ennemi
avec les 300 soldats qui composent sa garde personnelle. Il choisit
de combattre l'armée ennemie dans le passage étroit
et rocheux des Thermopyles. Face à l'armée gigantesque
de l'envahisseur perse, la résistance est héroïque
mais désespérée.
La bataille des Thermopyles est l'un des plus célèbres
faits d'armes de l'histoire antique. Le roi grec Léonidas
et ses soldats y furent massacrés par les Perses. Selon
la légende, leur courage et leur sacrifice encouragèrent
le peuple grec à s'unir contre les armées perses
et à fonder la démocratie.
Tiré d'une BD de Frank Miller et surtout de l'histoire
antique, ce film décrit la fameuse bataille des Thermopyles
entre le roi Léonidas et ses Spartiates, et les Perses
de Xerxès. Les 300 Spartiates luttèrent avec courage
et abnégation, se posant ainsi en premiers défenseurs
de la puissance souveraine du peuple
300 est réalisé avec les mêmes procédés
techniques que le film Sin City, lui-même adapté
de la bande dessinée de Frank Miller, avec l'utilisation
massive d'images de synthèse. Même si toutes les
scènes présentes dans la bande dessinée originale
sont fidèlement reconstituées sur le grand écran,
le scénario a été complété
de quelques personnages et scènes supplémentaires.
Controverse
Le film a soulevé des critiques de la part du gouvernement
et des intellectuels iraniens. La principale critique porte sur
le travestissement de la réalité historique, associée
à une critique plus politique: celle de tenter de porter
atteinte à l'image de l'Iran dans un contexte politique
tendu entre ce pays et les États-Unis.
En effet, la représentation qui est faite des Perses à
la période achéménide est fausse. Cette période
est considérée comme un âge d'or dans l'histoire
de l'Iran, avec en particulier l'écriture sur le Cylindre
de Cyrus de ce qui est considéré comme la première
déclaration des droits de l'homme. Dans le roman graphique
dont est inspiré le film, les Perses sont dépeints
comme une horde barbare, décadente, opposés aux
nobles grecs.
En réponse, le réalisateur, les producteurs du film
et l'auteur de la bande dessinée, ont précisé
que cette histoire n'est qu'une version Heroic fantasy de la bataille
des Thermopyles et qu'il n'y a aucun aspect historique à
retenir du film. Zack Snyder avait déjà suscité
une polémique lors de la sortie du film L'armée
des morts. En effet, le générique du film comportait
un plan fugitif (subliminal ?) de musulmans priant dans une mosquée
au milieu de plans de zombies.
Star Port-Louis
La Cité interdite
Impériale trahison
Film de Zhang Yimou
Avec Gong Li, Chow Yun-Fat, Jay Chou, Ye Liu, Qin Junjie, Man
Li, Dahong Ni, Chen Jin
Duree: 1h54
En revenant à la Cité Interdite, un Empereur de
Chine s'aperçoit d'une conspiration menée par des
familiers de son palais, avec de multiples tentatives de prises
d'autorité et la trahison fomentée par l'Impératrice
D'une beauté stupéfiante, La Cité interdite
pêche par une intrigue disproportionnée par rapport
à la grandiloquence des décors et des costumes.
À l'annonce du retour du roi, une reine ambitieuse et délaissée
décide de mettre en application un coup d'État échafaudé
depuis des années. Pour garantir sa victoire, elle fait
successivement appel à son beau-fils et à son fils
aîné, délaissant le petit dernier en pleine
crise d'adolescence. Mais c'est sans compter sur la perspicacité
du roi, peu enclin à se faire voler la couronne.
À l'image de Sofia Coppola dans Marie-Antoinette, Zhang
Yimou décrit avec une minutie perfectionniste chaque détail
de la vie protocolaire, et c'est sans doute cette description
d'orfèvre qui donne le plus de consistance au film. Mais
à force de s'appliquer à la forme, Yimou en oublie
son histoire et ses protagonistes, peu perceptibles. Chow Yun-Fat,
qui nous avait tant éblouis dans Tigre et Dragon, se contente
de faire de la figuration tandis que les trois comédiens
interprétant ses fils paraissent bien inconsistants à
côté de leurs illustres aînés. La profondeur,
il faut la chercher du côté du casting féminin
avec Chen Jin (l'épouse du médecin impérial)
tout d'abord, mais surtout Gong Li, grandiose, qui apporte une
intense gravité à son personnage.
ABC de Rose-Hill
Sur nos écrans
Le train
Film de Raksha Mistry
Avec Emraan Hashmi, Sayali Bhagat, Geeta Basra
The Train est le premier film indien à être
tourné dans un train sur le chemin de fer aérien
de Bangkok. Le film reprend le thème éculé
de l'infidélité conjugale. Vishal Dixit (Emraan
Hashmi) s'est établi à Bangkok avec son épouse
Anjali (Sayali Bhagat) et sa fille de cinq ans, Nikki. Leur mariage
bat de l'aile et Anjali ne parvient pas à combler les lacunes
affectives de son mari. L'instabilité de son foyer le pousse
à se disputer quotidiennement. Tout bascule lorsqu'il fait
une rencontre pleine de promesses. Roma (Geeta Basra), une belle
fille épanouie et moderne, lui fait des yeux doux et Vishal
succombe tout de suite aux charmes de cette belle créature.
Roma souffre également d'un amour sans lendemain. Vishal
devient bientôt un amoureux transi qui vagabonde à
travers ses désirs. Vishal est déchiré entre
son épouse et sa maîtresse. Sa désobéissance
à la norme sociale lui vaut d'être suivi constamment
par un personnage louche. Les choses tournent mal lorsque ce personnage
veut à tout prix détruire la vie conjugale de Vishal
...
Emraan Hashmi, le serial killer, reprend les rôles
qui avaient assuré son succès dans Murder et
Aksar. Il est à l'aise dans le rôle du séducteur
qui s'embarque dans une aventure qui va lui coûter très
cher
Classic, Port-Louis
Novelty, Curepipe
Kings, Goodlands
Prochainement-Jhoom Barabar Jhoom
Film de Yash Chopra
Avec Abhishek Bachchan, Preity Zinta, Bobby Deol, Lara Dutta
Deux voyageurs attendent avec impatience l'arrivée du train
en provenance de Birmingham. Rikki (Abhishek Bachchan) et Alvira
(Preity Zinta) doivent tuer le temps avant l'arrivée du
train. Le café se trouvant dans le voisinage grouille de
monde et ils se donnent beaucoup de mal à trouver une table.
Ils ont amplement le temps d'entamer la conversation. Les souvenirs
surgissent, chacun commence à raconter ses aventures amoureuses.
Chacun avance ses pions, peaufine ses arguments, réfléchit
et raconte. Rikki a rencontré sa fiancée Anaida
(Lara Dutta) au Ritz à Paris le soir même où
la princesse Diana et Dodi avaient quitté l'hôtel
pour être pourchassés par les paparazzi. Quant à
Alvira, elle a rencontré son prince charmant chez Madame
Tussaud à Londres.
Au fil de la conversation, Rikki et Alvira vont se sentir attirés
et l'amour sera au rendez-vous. Les deux couples vont se rencontrer
Courts-métrages
Kino Maurice:L'image en chantier
À l'Institut Mahatma Gandhi, du 28 mai au 2 juin, des
étudiants en Beaux-arts, ainsi que des artistes de plusieurs
disciplines et vidéo amateurs de la Réunion et membres
de l'association Beyond Trash, ont eu une semaine pour porter
un petit film à l'écran. Expérience concluante
suite à la projection de douze courts-métrages pour
cet atelier initié sur le modèle de Kino Kabaret
à l'île sur.
Les rencontres pluridisciplinaires sont sans conteste dans l'air
du temps. Depuis 1999, après un simple pari entre amis,
Kino propose un travail cinématographique à petit
budget sur un projet commun.
Kino Maurice, expérience inédite, repose sur la
règle suivante: une semaine sur place au MGI pour la réalisation
d'un court-métrage d'environ 10 minutes et une présentation
de plus d'une heure du travail des participants au public au terme
d'un atelier pour développer de nouvelles approches et
des interactions entre vidéo amateurs principalement.
Écriture de scénarios, filmage, montage: l'utilisation
du numérique semble avoir eu un effet libérateur
sur l'exploration artistique. Commence un travail fécond
sur le plan de la créativité pour la vingtaine de
participants, dès lors que les films réalisés
se fondent sur la réalité sociale tout en exaltant
le sentiment du burlesque.
C'est en tout cas ce qu'on a pu constater lors de la projection
de Gali Gali, Chat with me, le non-dit, Night vision, entre
autres, à l'auditorium du MGI samedi dernier. Sorcellerie,
langage sms, drame personnel: autant de thèmes traités
et qui témoignent d'un véritable choc culturel chez
les participants. L'enthousiasme juvénile des acteurs ainsi
que l'utilisation personnelle des techniques de la vidéo
ont contribué à la réussite de certains films.
Certains travaux relevant de l'expérimental restent en
chantier.
Beaucoup de courts-métrages ont été construits
sur des tensions à l'intérieur de la société
mauricienne. Le documentaire Un vu pour Maurice de
F. Cimendef et le petit film d'animation Dernier Dodo de
Gitanjali Pyndiah ont aussi séduit le public. Autant de
propositions qui explorent les limites de l'animation, du multimédia
et des arts plastiques. Il y a une fibre cinématographique
qui vibre chez ces jeunes qui ont tenté au cours de leur
expérience de donner un sens à l'image.
Les interactions sont appelées à se renouveler,
surtout après la participation d'un artiste mauricien,
Krishna Luchoomun, à Kino Kabaret, en octobre 2006, à
la Réunion. Kino Maurice devrait susciter un élan
de créativité chez les cinéphiles avides
de découvertes.
Budget 2007/2008
Écorché vif l'an dernier-Le consommateur dans
l'expectative
Vivement ébranlé par la nette détérioration
de son pouvoir d'achat à la faveur d'une inflation record
de 10,7%, le consommateur est dans l'expectative en attendant
la présentation du nouveau budget national par le ministre
des Finances au Parlement, vendredi prochain. Après avoir
eu le sentiment d'avoir été écorché
vif l'an dernier, lors du même exercice, il ne saurait supporter
que la pilule soit aussi amère cette année.
Abolition de la subvention de l'État sur le riz et diminution
de celle sur la farine; idem pour les frais d'examens du School
Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC), jusque-là
subventionnés à 50%; fin annoncée des exonérations
d'impôt sur, notamment, les intérêts payés
sur les prêts-logement et les polices d'assurances souscrites;
annonce d'une National Residential Property Tax (NRPT);
imposition annoncée des fringe benefits des salariés
Il faut dire que le remède de cheval prescrit l'an dernier
par Rama Sithanen avait de quoi rester en travers de la gorge
de plus d'un.
À quoi s'attendre de l'exercice de cette année ?
D'autant que, pour beaucoup, le sentiment général
est que l'exemple de "rigueur" dans les dépenses
et de "sacrifices" ne semble pas venir d'en haut. Ajouté
à cela, les récriminations répétées
contre des services publics pas toujours efficients. Mosadeq Sahebdin
de l'Institute for Consumer Protection (ICP) suggère ainsi
l'abolition pure et simple des "emplois fictifs"
que sont, selon lui, certains postes de conseillers de ministres.
Des emplois "improductifs et sans raison d'être",
comme ceux, souligne-t-il, d'attachés de presse, pour lesquels,
rappelle M. Sahebdin, ce sont les contribuables qui sont, en fin
de compte, appelés à subventionner à grands
frais. Toujours au chapitre des "dépenses inutiles"
en cette période de disette: l'achat, à prix d'or,
de berlines, notamment pour des responsables de corps para-étatiques.
Jayen Chellum de l'Association des Consommateurs de l'île
Maurice (ACIM) évoque, lui, les "voyages à
plus de Rs 500 000" de délégations ministérielles
qui, pour la plupart, selon lui, n'apportent rien en termes concrets
au pays. Entre autres "gaspillages" qui nécessitent
aussi d'être assainis, estime l'ICP: les repas servis dans
les hôpitaux publics. M. Sahebdin rappelle, à cet
effet, que le Bureau de l'Audit a confirmé qu'un nombre
important de patients admis en salle ne consomme pas la nourriture
qui leur est servie.
Dans le même souci d'obtenir value for money, l'ACIM
réclame que les postes de top management des corps
parapublics aillent aux professionnels choisis selon les critères
de transparence plutôt qu'à des nominés politiques.
De manière plus générale, l'ACIM demande
une loi contraignant tout gouvernement, à l'approche des
législatives, de présenter l'état réel
des finances et de l'économie et prévenant tout
caretaker government de s'embarquer dans des projets majeurs
dans le seul but d'obtenir des votes au risque d'endetter outre
mesure le pays.
Par rapport spécifiquement au fort taux d'inflation, l'ACIM
demande des mesures monétaires de la part de la Banque
centrale, susceptibles notamment de rendre plus attrayante l'épargne
bancaire dont le taux est en chute libre en raison du faible retour
sur l'investissement. Cette association souligne qu'une relance
de l'épargne est susceptible d'influer sur la masse monétaire
en circulation et combattre ainsi l'inflation.
Compte tenu du fort taux d'inflation faiblement compensé
par la compensation salariale entérinée du National
Pay Council (NPC) et tenant compte du fait que quelque 50% des
ménages touchent moins de Rs 8 000 mensuellement, l'ICP
estime que le contrôle des prix doit être étendu
à l'ensemble des produits de base. Une demande à
laquelle souscrit l'ACIM, en attendant l'adoption du Competition
Bill.
Endettement et paupérisation
Si l'ACIM donne raison aux syndicats de protester contre le faible
taux de compensation salariale, l'ICP émet, lui, l'idée
d'un salaire minimum vital. Un seuil qui, selon cette association,
devra être déterminé en vue de mieux soulager
ceux qui sont le plus dans le besoin et qui devraient aider le
gouvernement à atteindre ses objectifs en matière
de Millenium Development Goal par rapport à la lutte
contre la pauvreté.
La tendance vers la paupérisation se manifeste aussi par
l'accroissement de l'endettement, si ce n'est le surendettement.
Si l'ICP accueille l'adoption récente du Borrowers Protection
Act et la nomination d'un Commissioner for the Protection
of Borrowers, il estime néanmoins que des maisons de
commerce utilisent encore des subterfuges pour vendre des produits
à des taux usuraires à des consommateurs. C'est
ainsi que l'institut suggère que tout plan de crédit
ne tombant pas sous le Hire Purchase and Credit Sale Act
soit rendu illégal.
Le secteur de la Santé tient aussi une place de choix dans
la considération des organisations de consommateurs. L'ACIM
propose la formulation d'un Livre Blanc en vue de l'amélioration
du service national de santé, y compris la pratique privée.
Entre autres demandes: une Rational Drug Policy, une étude
en vue de la généralisation de l'utilisation des
médicaments génériques aussi fiables et plus
économiques, et l'informatisation des services dans les
hôpitaux.
L'ACIM s'inquiète, d'autre part, de l'accroissement "considérable"
du coût de la médecine privée et suggère
qu'un contrôle soit exercé par l'intermédiaire
du Medical Council sur les prix pratiqués par les cliniques
privées. L'ICP, de son côté, revient avec
sa proposition pour la mise en place d'une National Agency
for Drugs Control, en vue, notamment, de prévenir la
prescription à des malades de médicaments de qualité
douteuse.
En matière de politique énergétique, et l'ICP
et l'ACIM se prononcent pour une concertation nationale en vue
d'une politique cohérente "dégagée
dans la transparence et la bonne gouvernance". Dans l'immédiat,
l'ACIM demande au gouvernement de ne plus tergiverser et d'aller
de l'avant avec le projet de bus lane, comme l'association
le propose depuis 1994. L'ICP suggère, de son côté,
l'interdiction de l'importation de véhicules de plus de
1 500 cc.
À quelle sauce les consommateurs seront-ils mangés,
cette année, au banquet budgétaire annuel ? Il nous
faudra attendre le prononcé du discours du ministre des
Finances. Mais déjà, l'ACIM et l'ICP se braquent
contre les recommandations du Fonds Monétaire International
(FMI) au gouvernement pour un nouveau tour de vis. "Il
ne saurait être question ni de hausse du taux de la Taxe
sur la Valeur Ajoutée (TVA), déjà considérable
à 15%, ni de l'extension de l'assiette de cette taxe à
des produits jusqu'ici non imposables tels des produits alimentaires",
disent d'une seule voix les représentants des deux associations
de consommateurs. Au risque, soulignent-ils, d'un appauvrissement
encore plus prononcé de la population. Et d'une prévisible
instabilité sociale
Protéger sa peau contre le froid
Si le froid n'est pas l'ami des bretelles, minijupes, décolletés,
il est également un adversaire redoutable pour notre peau.
Dessèchement, rougeurs, sensations de tiraillement: le
froid déshydrate la peau et la fait vieillir. Le visage,
les mains et les pieds sont particulièrement touchés.
Fragilisée, amincie, la peau perd son élasticité
en hiver, devient rugueuse au toucher et irritable. Pour lutter
contre l'attaque du froid, la peau a besoin d'être protégée
et nourrie.
Le froid attaque directement la peau, qu'elle soit grasse ou sèche,
fine ou épaisse. Sous son effet, les vaisseaux sanguins
se contractent, diminuant aussi la circulation sanguine. Moins
irriguée, la peau se déshydrate. "Peu importe
le type de peau, il faut l'apaiser, car il est important de rééquilibrer
le taux d'eau dans la peau", explique Virginie Ha Chow,
de Virginie Salon de Beauté, spécialisé depuis
10 ans dans les produits de beauté des marques Gatineau
et Guinot.
De la tête aux pieds, la peau nécessite une émulsion.
S'il existe plusieurs soins (crèmes, lotions, masques,
baumes
) pour les différents types de peau, il est
important, selon l'esthéticienne, d'effectuer un diagnostic
de sa peau pour savoir à quel type elle appartient. Une
fois le diagnostic fait, les gestes quotidiens aideront à
la nourrir et la protéger.
Pour lui donner une certaine souplesse, il est important de bien
nettoyer sa peau. Virginie Ha Chow déconseille le savon,
car "son Ph est très acidique et cela dessèche
la peau". Au niveau du visage, l'esthéticienne
conseille d'utiliser un lait démaquillant (au lys). Après
avoir enduit le visage de ce lait, le nettoyage s'effectue en
mouvements circulaires (pendant 5 minutes quotidiennement, matin
et soir) en prenant du bas du cou pour remonter vers le front.
Pour celles qui se maquillent, il leur est conseillé d'utiliser
une eau démaquillante qui aide à enlever le maquillage
sans dessécher la peau. Pour le débarrasser de toutes
ses impuretés, on peut terminer le nettoyage du visage
en utilisant une lotion tonique adoucissante. "La lotion
tonique vivifie et rafraîchit la peau", indique
l'esthéticienne. Elle ajoute que pour libérer la
peau de sa raideur inconfortable et lui procurer une hydratation
profonde toute la journée, il faut ensuite appliquer une
crème médiation confort. "La peau retrouve
souplesse et confort instantanément", selon elle.
Pour les peaux très sèches, Virginie Ha Chow indique
les crèmes du jour nutriactives à base d'oméga
qui réhydrateront en profondeur. Par contre, le soir, il
est préférable, selon elle, d'appliquer une crème
de nuit nourrissante, enrichie de vitamines A, C, E, F, afin de
renforcer la réserve d'eau dans la peau.
Gommage et masques
Pour maximiser les soins, notre interlocutrice conseille un gommage
du visage deux fois par semaine. "Le gommage enlève
les cellules mortes de la peau. Mais il faut faire attention.
Les graines gommantes doivent être douces et non abrasives",
précise-t-elle. Après ce geste, un masque revitalisant
et énergisant peut être appliqué sur le visage.
Le masque réhydrate en profondeur et enlève le tiraillement
dans la peau. Parallèlement, il absorbe les impuretés
et referme les pores dilatés. Résultat: peau nettoyée,
éclaircie et réhydratée. Ces soins existent
pour différents types de peau.
Par ailleurs, il existe également toute une gamme de soins
pour la gent masculine. En effet, le rasage quotidien laisse une
peau plus rugueuse, mais aussi des taches, en hiver. Afin d'apaiser
la peau après le rasage, les hommes peuvent appliquer une
lotion hydratante tonifiante. Cela diminue les effets de brillance.
La gent masculine peut aussi avoir recours au gommage et aux masques
réhydratants, une fois par semaine.
Les lèvres ont une texture très fragile. Au froid,
elles se fissurent parce qu'elles sont déshydratées.
C'est un phénomène qui touche tout le monde et contre
lequel la solution est la prévention, tout simplement en
utilisant des sticks protecteurs et nourrissants, hydratants et
apaisants. Pour une meilleure efficacité, il faut en faire
usage plusieurs fois par jour. Pour des lèvres particulièrement
fragiles, il faut des sticks avec des vitamines A, C et E, qui
protègent efficacement.
Même si elle est emmitouflée sous les vêtements
chauds et moins exposée au froid que notre visage, la peau
de notre corps a également tendance à se dessécher
en hiver, surtout au niveau des jambes. Durant cette période,
il est nécessaire de bien hydrater notre peau avec un
lait hydratant très riche sinon elle risque de se craqueler
et de prendre l'apparence d'une peau de serpent. Outre un gommage
pour enlever les peaux mortes, un lait AHA est conseillé
pour l'hydratation et la régénérance des
cellules. L'hydratation, matin et soir, assure le confort et aide
à lutter contre l'évaporation. Selon les types de
peau, les produits hydratants permettent à la peau de conserver
toute son humidité. Il est conseillé d'appliquer
le soin en remontant toujours des chevilles vers la nuque.
De belles mains
Certaines zones, à l'instar des mains, des pieds, des coudes
et des genoux, se dessèchent plus vite que d'autres. En
effet, agressées par l'eau, les savons et les détergents,
nos mains sont souvent sujettes au dessèchement, qui favorise
le vieillissement cutané et l'apparition de tâches
brunes, et leur donne un aspect flétri. Quand le froid
se surajoute à ces agressions, elles deviennent rêches
et peuvent même, dans certains cas, se couvrir de gerçures.
Pour prévenir ces petits désagréments, il
faut les enduire deux ou trois fois par jour d'une crème
spécifique, de préférence à base de
glycérine ou de glycérol. Ces produits ont des propriétés
assouplissantes, humectantes et filmogènes. La crème
doit être appliquée en remontant du bout des doigts
vers le poignet. Virginie Ha Chow conseille également un
gommage des mains pour le traitement des cuticules sèches
et l'enlèvement des peaux mortes.
On a tendance à oublier nos pieds, car ils sont trop souvent
cachés dans nos chaussures. Or, nos pieds, qui s'assèchent
lorsqu'ils sont dépourvus de glandes sébacées,
desquament et parfois même se fendillent. Pour ne pas se
retrouver avec des pieds tout craquelés, il est important
de les nourrir, en appliquant une crème hydratante.
Astuces
* Prévenir la déshydratation de la peau, c'est aussi
boire un litre et demi d'eau par jour et enrichir son alimentation
en vitamines et en acides gras essentiels.
* Pour faire votre toilette, douchez-vous avec un gel ou un savon
très doux.
* Essuyez-vous délicatement, sans frotter (mais plutôt
en tamponnant) et n'oubliez pas de vous enduire avec un lait pour
le corps.
* Évitez, durant cette période, tous les produits
irritants comme les lotions alcoolisées ou les bains moussants.
* Au niveau des mains, un petit massage, après les avoir
trempées dans de l'huile d'olive, aide à nourrir
les cuticules.
* Pour les ongles cassants, afin de les réhydrater et fortifier,
il faut les tremper dans de l'huile d'olive tiède (au bain-marie
et à bonne température).
Au NIU
L'Asie en assiette
Au restaurant NIU, qui se trouve dans le complexe Ruisseau Créole,
la cuisine asiatique se décline en trois mots: fusion,
raffinée et moderne. Le Chef Bruno est aux commandes de
la cuisine du restaurant - dont la capacité est de 60 couverts
à l'intérieur, 12 à la table Teppanyaki
et 200 en terrasse. S'il excelle dans l'art culinaire nippon,
il fait aussi voyager la clientèle aux pays des saveurs:
Thaïlande, Malaisie, Vietnam
À la table Teppanyaki, Bruno révèle
sa dextérité dans le maniement du couteau. Avec
des gestes précis, il découpe les aliments et les
prépare à la table même de ses clients. C'est
à la fois divertissant, spectaculaire et convivial. La
spécialité de NIU est aussi le sushi: à
base de riz délicatement vinaigré et de poisson
cru, qui est désormais disponible en take away.
De la plonge au statut de chef, Bruno, a connu différentes
étapes qui l'ont forgé. Lorsqu'il débute
à l'hôtel Sofitel Impérial en 1993, il est
pourtant convaincu que l'hôtellerie n'est pas faite pour
lui. "Après un an à la plonge du restaurant
chinois Le Ming Court, le Chef Ho Chu Man me propose de rentrer
en cuisine comme apprenti. Je lui donnais souvent un coup de main
et la cuisine commençait à m'intéresser.
À partir de là tout s'accélère. J'ai
commencé la cuisson sur une plaque japonaise: le Teppanyaki,
pendant un mois d'apprentissage, C'était difficile de trouver
des cuisiniers pour cette cuisine très particulière.
Ça a été ma chance! "
La nécessité d'une formation se fait ensuite sentir.
"Les directeurs et les propriétaires de l'hôtel
m'ont proposé un cours de perfectionnement de 8 mois à
Taïwan. C'est là que j'ai demandé à
apprendre à faire des plats typiquement japonais - sushi,
sashimi, tempura et autres. En une journée, je travaillais
dans 4 cuisines, puisque je faisais Le Teppanyaki, les sushis,
la cuisine chinoise, et aussi la sculpture de légumes
et fruits que je réalisais pour des événements
à la salle des banquets. C'était très difficile
de travailler plus de 12 heures par jour, mais aujourd'hui, je
peux dire que ça a porté ses fruits. Rentré
à Maurice, je suis passé Chef de partie et j'ai
eu l'occasion de faire la cuisine pour des grandes personnalités
comme l'ancien Président français Jacques Chirac
(à trois reprises), Nelson Mandela, Julien Lepers
"
En 2001, le chef du NIU met à nouveau le cap sur Taïwan
où il participe à l'ouverture du Royal Chipen
avant de travailler au Royal Taipei et au Royal Kuan-shi golf
club. De retour au pays, il met en pratique tout le savoir-faire
acquis dans les cuisines d'Asie pour le plus grand plaisir des
amateurs de mets exotiques
Niu Restaurant Ltd
Tel: 483-7118
Fax: 483-7119
E.mail: niurestaurant@intnet.mu
Teriyaki de poulet
Pour 6 personnes
600 g de cuisses de poulet désossé
(Mariner les 600 g de poulet pendant 24 heures)
3 ufs
100 g de poudre cange
Une pincée de sel
Une pincée de poivre
Méthode:
Après 24 heures de marinade au frigo, retirer et passer
le poulet sous l'eau pour enlever tous les ingrédients
de la marinade et mettre le poulet mariné dans la sauce
Teriyaki pendant encore 12 heures au frigo.
Retirer et laisser les cuisses désossées entières.
Préparer le gril ou le barbecue. Faire griller vivement
le poulet jusqu'à ce que le jus commence à s'écouler.
Badigeonner de sauce Teriyaki. Dès que le poulet commence
à devenir tendre, disposer sur un plat et servir avec de
la salade, des légumes ou du riz.
Sauce de Teriyaki
1 litre de vin blanc
250 ml de sauce de soja claire (supérieur)
150 g de sucre blanc
Méthode:
Faire chauffer le vin blanc, jusqu'à ce que l'alcool soit
flambé.
Ajouter les deux autres ingrédients dans la casserole.
Porter à ébullition à feu moyen.
Laisser bouillir jusqu'à ce que le sucre soit dissous et
laisser réduire à 75%
Utiliser immédiatement ou laisser refroidir et conserver
au réfrigérateur.
Astuce
La même sauce peut être utilisée pour des
brochettes de poulet Teriyaki.
1. Faire tremper les bâtons de brochettes 1 heure dans de
l'eau tiède pour éviter qu'elles ne brûlent
pendant la cuisson.
2. Couper la chair de poulet en dés de 2 cm de côté.
3. Préparer le gril ou le barbecue.
4. Égoutter les brochettes, répartir dessus 4 pièces
de dés de poulet.
5. Faire griller vivement les brochettes jusqu'à ce que
le jus commence à s'écouler.
6. Badigeonner alors les brochettes avec la sauce Teriyaki, puis
les griller à nouveau.
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