m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 10 juin 2007



Photojournalisme - World Press Photo 2007: Le poids des images
- L'engagement de l'île Maurice contre le nazisme durant la Deuxième Guerre mondiale
The Utopia Game: - Le visage mauricien d'une création sans frontières
Arts de la parole - Léone Louis:Passeuse de mots, passionnément
Publication - Art in Mauritius: Construire un espace imaginaire mauricien
Du 21 au 28 juillet - "The Flame" 2007
Festival culturel et culinaire chinois - Un musée chinois à Port-Louis
16 jours, 16 droits - Les maux, pour le dire…
Collection d'histoires vraies - Les Leker Kose: Briser le cercle de la violence
José François - À l'origine de Bater Bis
Rente dans l'ambiance là - Aventure musicale en famille pour Mystik
Sunshine - Près du désastre
Sur nos écrans - Le train
Courts-métrages - Kino Maurice:L'image en chantier
Budget 2007/2008 - Écorché vif l'an dernier—Le consommateur dans l'expectative
- Protéger sa peau contre le froid
Au NIU - L'Asie en assiette


Photojournalisme

World Press Photo 2007: Le poids des images

Des clichés de photojournalisme en dehors des pages d'un journal ou d'un magazine, mais dans un dialogue visuel avec le public: 180 images primées lors de la World Press Photo 2007 à Amsterdam transitent à Maurice dans une exposition collective jusqu'au 26 juin à la galerie IBL, Port-Louis. Un événement majeur, présenté pour la quatrième année à Maurice grâce au soutien des mécènes: le consulat des Pays-Bas à Maurice et la firme IBL.

Des images de victimes de la guerre au Liban ou en Irak, des clichés de violence politique sur trois continents ou des images de la Coupe du Monde 2006. Ce sont les œuvres des photographes ayant reçu un prix à la World Press Photo 2007. Nous avons rencontré Micha Bruinvels, coordinateur de l'événement pour les photojournalistes. Il nous parle de l'envergure de l'exposition: l'événement au travers d'une photo, le savoir-faire professionnel et la promotion du photojournalisme dans le monde.

Micha Bruinvels nous présente l'exposition telle qu'elle a été conçue pour Maurice, sous forme de séries. Il y a d'abord la série des clichés du Liban. Des photos qui montrent de manière classique les victimes de la guerre. Il y a aussi la meilleure photo d'actualité de l'année: des stéréotypes de victimes de guerre également, sur fond d'immeubles ravagés (Spencer Platt, USA).

L'exposition s'enchaîne sur une autre série de victimes de guerre dans les territoires d'Israël et de Palestine. On voit aussi le poids des images du conflit en Irak.

Dans la catégorie de portraits, une photo de mariage avec un jeune marié mutilé, rescapé de la guerre. Au fond de la galerie sont accrochées des photos de sport: footballeurs en action et le fameux coup de tête de Zidane. Une autre série pourrait susciter l'interrogation du public sur le photojournalisme. C'est celle des violences politiques exercées sur différents continents. Il y a aussi pêle-mêle des images de la nature, car les photos sont classées par catégories: événement, actualité générale, sports, arts, nature, etc.

Dans une présentation de l'exposition, on peut lire ce qui suit: "Ce sont les photos qui provoquent les réactions du public… elles sont tout simplement plus réelles." De fait, les clichés primés témoignent de l'événement par le biais d'une photo, sans frontières, ni limites. Micha Bruinvels nous explique que les photos ont été choisies par un jury de professionnels pour leurs qualités visuelles et techniques et l'importance du sujet photographié.

Installée à Amsterdam, la World Press Photo se bat depuis sa fondation en 1955 pour soutenir et promouvoir le photojournalisme. Les activités de promotion comprennent un concours annuel et des expositions pour plus de visibilité des photos de presse. Il y a bien sûr un catalogue en vente: 50 000 exemplaires en six langues et aussi des programmes de formation (en 2005 et 2006, 55 participants du Nigeria, de la Tanzanie, de l'Indonésie et d'Arménie), ainsi que des forums de discussions sur le photojournalisme.

Pour permettre au public dans pas moins de 45 pays de voir le monde autrement, les travaux de quelque 4 460 photographes professionnels de presse de 124 pays sont visionnés par un jury qui procède par élimination. Le jury comprend des membres du monde entier, dont 6 femmes, dans un souci d'équilibre. Il a six jours pour visionner toutes les photos et octroyer des prix dans une dizaine de catégories à pas moins de 61 gagnants. Les premier, second et troisième prix dans ces catégories sont décernés pour encourager la présentation de photos d'événements mais aussi de l'actualité traitée de manière approfondie.

La World Press Photo de l'année est décernée à un seul cliché illustrant une situation donnée, un enjeu ou un événement de grande importance journalistique. Le photographe primé, en l'occurrence Spencer Platt pour la photo 2006, a démontré des qualités remarquables au niveau de la perception visuelle et de la créativité.

Vitrine du photojournalisme, la World Press Photo exhibition est un événement annuel et un point de rencontre pour les membres de la profession. L'exposition comprend la photo de l'année ainsi que celles des photographes ayant reçu un prix. Elle est conçue selon un système flexible pour être présentée dans des galeries et aussi dans des espaces publics comme les gares ferroviaires. L'objectif: jeter un pont entre les photographes et le public à travers le monde, deux groupes importants ciblés par la World Press Photo. Une escale donc s'impose à la galerie IBL, l'espace de trois semaines, pour du photojournalisme de grande qualité ainsi qu'une réflexion sur la profession.


Repères

Basée à Amsterdam, World Press Photo fonctionne comme une organisation indépendante et à but non-lucratif. Elle existe depuis 1955 pour soutenir et promouvoir les photographes de presse du monde entier. Dans ses locaux, un personnel de 20 employés permanents assure un réseau de contacts professionnels dans le monde. La coopération au niveau international permet le bon fonctionnement du concours annuel, de l'exposition et autres activités sur une vaste échelle.

L'organisation obtient son financement à travers deux principales stratégies: le soutien des principaux sponsors de manière générale ou pour des projets et les allocations pour les activités individuelles. World Press Photo compte deux corporate sponsors à travers le monde: Canon et TNT, et reçoit le soutien de la Dutch Postcode Lottery. Ces différentes sources de financement garantissent l'indépendance de l'organisation.

Perception visuelle et créativité dans cette photo de Spencer Platt (World Press Photo 2006). Stéréotype de victimes de guerre au Liban


L'engagement de l'île Maurice contre le nazisme durant la Deuxième Guerre mondiale

Le 2 juin 1940, un télégramme reçu à Maurice annonce la mort du capitaine Gustave Souchon dans la bataille des Flandres (aux frontières de France, de la Belgique et des Pays-Bas). C'est le premier Mauricien qui serait tombé sur le front européen dans la Deuxième Guerre mondiale qui opposait les forces alliées à l'Allemagne nazie depuis l'année précédente.

Le capitaine Souchon n'avait que 43 ans. Au début de la Première Guerre mondiale (1914-1918) à l'âge de 17 ans, il s'engagea dans les troupes anglaises, fit toute la campagne de France, sans être blessé et eut une brillante conduite.

À l'image des Algériens, dont il a fallu un film récent, Les Indigènes, pour que justice leur soit rendue, les manuels d'histoire, principalement européens, parlent très peu de l'engagement et de la contribution des petits pays dans l'effort de guerre contre l'Allemagne nazie. En prenant pour base le tragique destin de Gustave Souchon, notre chronique historique, ce dimanche, évoque l'effort de guerre des Mauriciens. Non seulement il y eut des morts Mauriciens - Gustave Souchon fut suivi le même mois de juin 40 par le lieutenant George Latter -, mais il y eut également à Maurice une bataille psychologique que les autorités, aidées par la presse de l'époque, eurent à entreprendre contre des éléments de la société qui véhiculaient ici de la propagande nazie.

Il y eut donc à l'île Maurice, durant les deux grandes guerres, des Mauriciens qui, à l'écoute des radios de propagandes allemandes et des nationalistes indiens qui semèrent la discorde dans les colonies britanniques, essayèrent de déstabiliser dans notre pays.

Si l'on en croit Gaston Pierre, rédacteur en chef du journal l'Après-midi du 11 juin 1940, la Police et les autorités militaires ne savaient pas ce qui se passait réellement dans le pays, ce qui se disait sur certaines places publiques. Dans un article intitulé "Les misérables", Gaston Pierre affirma que "si la Police faisait son devoir et qu'elle envoyât quelques agents secrets déguisés chaque matin près du Bureau des télégrammes, elle apprendrait de bien belles. Elle saurait combien ces fainéants, ces voyous et autres vagabonds, sans travail, sans feu ni lieu, des individus en rupture du bagne, entretiennent des propos pessimistes, défaitistes, voire prohitlériens".

Selon les informations du journal de Gaston Pierre, "le soir, devant la Municipalité de Port Louis, un ramassis de gens du même acabit, ces mêmes individus sont là près de l'Hôtel de ville jusqu'à 10h le soir pour écouter… les radios de Rome et de Berlin, les deux capitales des deux associées dans le crime et que les alliés (dont faisait partie l'île Maurice) allaient écrasés bientôt". Et, déplorait Gaston Pierre, "ces misérables commentent à leur façon les nouvelles qui ne nous sont pas favorables, transmises par la voix aigrelette de la femme qui parle l'anglais à la radio italienne". Toujours selon Gaston Pierre, "à Curepipe Road, certains chauffeurs de taxis - dont un déséquilibré bien connu - tiennent des propos des plus abjects contre les alliés. Il faut que des agents secrets patrouillent les endroits où s'agglomèrent ces éléments malsains des classes populaires, écoutent leurs dires et les fassent taire en incarcérant quelques-uns de ces gredins qui jouissent des bienfaits du gouvernement britanniques et sont d'une ingratitude rare".

Gaston Pierre, rappela qu'en 1914, lors de la Première Guerre mondiale, le gouverneur, Sir John Chancellor, "a fait lestement boucler une dizaine de gros négociants arabes proallemandes et les a déportés séance tenante. Pourquoi n'agit-on pas de la même manière contre cette poignée d'agitateurs défaitistes ?"

Pierre dénonce de "mauvais créoles"

On croit comprendre que, à cette époque, ou sur les questions ethniques et les qualifications des communautés les unes envers les autres, certains ne s'embarrassaient pas sur l'utilisation d'appellations péjoratives, des "Arabes" qui se sentaient proches de la Turquie, alors soumise à une invasion anglaise et allié de l'Allemagne, auraient mené campagne contre la métropole britannique.

Mais, de là à conclure que le rédacteur en chef de l'Après-midi était ce qu'on peut considérer de nos jours un communaliste, pourrait être un peu trop hâtive. Il serait plus avisé de croire que Gaston Pierre fut un zélé sujet de sa Majesté britannique car, créole lui-même (à l'époque on n'utilisait pas encore l'appellation Population Générale) dans son article, il n'hésita pas à appeler à la délation contre, "ces mauvais créoles". "Ce serait être leur complice de ne pas les dénoncer publiquement, on ne peut plus tolérer semblable malfaisance. Les premiers à recevoir la schlague de Hitler si jamais ils tombaient sous sa domination seraient ces mauvais créoles", selon Gaston Pierre.

Les journaux des années de guerre, démontrent qu'ils partageaient tous les mêmes craintes d'une quelconque déloyauté de certains de nos citoyens envers la Grande-Bretagne alors notre "métropole". Le rédacteur en chef du Mauricien, Raoul Rivet, s'inquiétait, lui, de ce qui se tramait dans des milieux indomauriciens proches du nationalisme Indien, animé par le révolutionnaire Subash Chandra Bose. Celui-ci, dans sa lutte pour libérer la Grande péninsule du joug britannique, s'était éloigné du Mahatma Gandhi et s'était fait l'allié de l'Allemagne nazie.

L'approche, plus pédagogique de Raoul Rivet

Conscient que la stratégie de Bose faisait des émules à Maurice, Raoul Rivet choisit, lui, une approche plus pédagogiques par rapport aux discours beaucoup plus radicaux de Gaston Pierre. "Il ne faut pas que notre confiance dans la victoire des Alliés soit le moindrement ébranlée par les informations fausses ou tendancieuses que la radio allemande, aidée par une poignée de traîtres, diffuse au monde entier. Par exemple, les postes de radio allemande ont dans leurs programmes des émissions en Hindi qui font une propagande destinée à semer le doute ou le trouble parmi les populations d'origine indienne de l'Empire britannique. Il est malheureux que certains propriétaires d'appareils de radio à Maurice se mettent à l'écoute de l'Allemagne et les autorités locales savent que des émissions allemandes diffusées en hindi sont écoutées à Maurice quelque fois en groupes d'auditeurs. La première chose que tout le monde devrait faire, c'est de ne pas se mettre à l'écoute de l'Allemagne. On ne doit pas écouter les paroles pernicieuses ou fielleuses d'un ennemi de l'Empire. Les Indiens de Maurice, comme les hommes de couleur, doivent savoir que les Nazis ont pour les peuples d'origines indiennes, africaines, asiatiques encore plus de mépris que pour les juifs", écrivit Rivet.

L'avertissement du gouverneur Bede Clifford

Le gouverneur anglais de l'époque se vit obliger d'émettre une notice afin d'avertir les Mauriciens de ne pas prêter foi aux nouvelles de provenance allemande ou étrangère autres que française et britannique. Selon le gouverneur, "these news is not only highly coloured but more often than not is part of a deliberate campaign of lies designed to create confusion in our minds and lower our morale. It is preferable to avoid listening to Lord Haw-Haw and his colleagues, and to give attention only to British and french news, which if it is sometimes less exciting presents a true and authoritative picture of events in Europe, and is not afraid to give even the most disagreable news as we have as we have seen repeatedly in the last few weeks.

The Germans dare not reveal their enormous loses they know that their people are only with them as long as they can produce a string of victories. Listen to Radio Maurice on 260 mts each monday at 6.30 for a commentary on the week's events in English".

Le conseil de Mahatma Gandhi aux Indiens du monde entier

L'appel de Raoul Rivet aux Indo-Mauriciens de se rallier derrière les forces alliées ne tomba pas dans l'oreille de sourds, tant il était aussi vrai qu'à Maurice, mais aussi bien en Inde même, l'influence de Subash Chandra Bose était, finalement, assez minoritaire. Raoul Rivet eut d'abord la bonne idée de repercuter, le 10 juin 1940 dans Le Mauricien, un appel du Mahatma Gandhi lancé deux jours avant, de Londres, à partir de son journal Harjan, à l'intention des Indiens dispersés à travers le monde. Gandhi avait exhorté ses compatriotes "à ne pas céder à la panique, de ne pas donner créance à la propagande allemande et, surtout, de ne pas retirer leur argent des banques, car leur argent enfoui sous la terre ne serait pas plus en sécurité que dans les banques".

Le Mahatma fit ressortir "qu'il n'existe aucune panique en France et en Angleterre, qu'on pourra peut-être y entendre parler de revers, mais pas de défaite. Il faut garder son sang-froid, quoi qu'il arrive". Le mahatma conseilla aux Indiens de suivre l'exemple de la France et de la Grande - Bretagne où le moral des hommes et des femmes est excellent et de bannir toute panique.

L'allégeance de l'Indo-Mauricien Binoy Kumar

Le jour même de la publication de l'appel de Rivet, un Indo-Mauricien, M. Binoy Chandra Kumar adressa une correspondance au Mauricien pour réaffirmer sa loyauté personnelle envers les forces alliées et, surtout pour dénoncer ceux-là qui ici, par pure inconscience, répercutaient la propagande nazie. Ainsi s'exprima M. Binoy Chandra Kumar : "Sir, we have read with interest your patriotic apeal adressed to the public and to Indians in particular about German's propaganda in Mauritius, and while we are grateful to you for exposing all the evils inherent in the Nazy system, with force and objectivity, we would like to say that all Indians, regardless the horror of a Nazi domination of the world and are much alive to the danger which is menacing everybody. Men like Gandhi and Nehru have already denounced in scathing terms the German tyrant and all his associates. We know that in Mauritius there are some people who, out of sheer inconsciousness do not realize all the values which are at stake in this war and there are also others who in their crass ignorance re-echo the falsehood which is dessiminated by the German propaganda and it is unfortunate that they should not deted all the poison contained in it. Besides those irresponsible few, that are to be found a bit everywhere, the whole Mauritian Community stands as one man behind the Empire at this hour of the national crisis. In the very drama which is unfolded before our eyes is to be found the negation of the blatant advocacy of German propaganda. Your request that we should took with contempt on the Berlin Broadcasting Station is obviously full of wisdom. Why should we deliberately listen to Lord Haw-Haw and his peers, when we know the value of all utterances".

L'engagement de l'Association de la presse

Le soutien des Mauriciens aux Alliés fut tel que, en sus d'aider à contrer la propagande allemande, la presse écrite mauricienne prit elle-même l'initiative de lancer une souscription publique afin de soutenir à l'effort de guerre. En fait, toutes les colonies britanniques avaient déjà pris de telles initiatives. Ainsi, en une journée, la Guyane britannique en était arrivée à réunir 7000 livres en une journée, Trinad, 6000 livres en quelques heures, la Barbade 10 000 en dix jours et la Jamaïque 20 000 livres. Ne voyant rien de telle à Maurice, l'Association de la Presse mauricienne résolut à prendre les devants afin d'aider la Grande-Bretagne à acheter des avions. Le 22 juin 1940, un comité de souscription se constitua sous la présidence de Raoul Rivet avec pour vice-président Gaston Pierre, comme trésorier, Hervé de Sirnay (du Cernéen), Gabriel Martial (secrétaire) et C. Tyack

(rédacteur en chef du Radical). Le gouverneur britannique, Bede Clifford, trop content de cet élan de solidarité, n'hésita, évidemment, pas à accorder son aval, et au comité et, au 16 juillet, une somme de 382 296 roupies lui fut remise.

La pingrerie des sucriers

Mais, s'il fut un journaliste qui, mis à part Raoul Rivet, se démena beaucoup pour soutenir l'armée britannique durant la guerre, ce fut bien Gaston Pierre. Très irrité de la pingrerie manifestée par les planteurs du pays à l'effort de guerre, le rédacteur en chef de l'Après-midi, tonna contre ces sucriers qui, selon lui, en ne contribuant que seulement Rs 180 000 (au 27 mai 1940), "n'avaient apporté qu'un petit grain de sable dans cinq vastes océans. Certes, la colonie peut et doit faire mieux et plus. Elle peut faire un geste plus en harmonie avec ses ressources, avec le rang enviable qu'elle occupe dans l'Empire ; colonie de 1ère classe. Noblesse oblige !. La colonie possède une réserve de Rs 10 millions. Si la Grande-Bretagne est battue et que l'Allemagne annexe Maurice, vous savez que le premier geste que feraient les Allemands serait de passer au Trésor et de voler toute notre caisse comme ils l'ont fait à Bruxelles, Amiens, Anvers, Abbeville, Boulogne. Donc, il vaut bien mieux pour nous de donner généreusement, d'un geste large et noble, 2 ou 3 millions de nos réserves pour que cela serve à nous épargner de la botte allemande au derrière ! Quand aux planteurs, ils feraient mieux de donner une somme plus importante que cette misère de de 2% de taxe de sortie des sucres si l'Allemand est victorieux, nos planteurs seraient expropriés, les Allemands gourmands, gloutons ne leur laisseraient pas une tête, pas un grain de sucre, ils voleraient touts, les brigands !".

La croisade de Gaston Pierre ne fut pas vaine ; au 12 juin, il avait réussi à amener "les Inofficiels" à puiser Rs 2 millions de la réserve du pays pour donner à l'Angleterre. Mais, pour Gaston Pierre, l'argent n'était que vil métal !", et "il fallait encore que l'île Maurice paie aussi l'impôt du sang !". D'où l'appel de l'Après-midi pour que, "à l'heure où la France et l'Angleterre étaient saignées à mort, le gouvernement local se fasse son devoir sacré vis-à-vis du Home Government, de nous-mêmes, et appelle un nombre respectable de Mauriciens de toutes les classes, de tous rangs sociaux, à s'enrôler pour se battre sur le front…"

C'est ainsi, qu'après Gustave Souchon et le lieutenant Edward George Latter, d'autres soldats du contingent mauricien périront en Europe, en Egypte et en Palestine. Le samedi 15 juin 1940, les loups allemands entraient dans Paris… et n'en seront chassés qu'en 1945 par les Alliés, dont parmi un petit nombre de combattants Mauriciens.

Le 18 novembre, la Chambre d'Agriculture fut saisie d'une résolution l'engageant à apporter une contribution supplémentaire à l'effort de guerre au nom du corps agricole du pays. Cette résolution se résuma à un droit spécial imposé sur les recettes de la vente du sucre, soit 3 sous par chaque 50 kilos. À cette même réunion du 19 novembre, le corps agricole de Maurice fera à la Grande-Bretagne don de deux avions Spitfire et des cantines automobiles à la ville de Londres.

La solidarité des laboureurs d'Agaléga

En fait, dans la mobilisation des Mauriciens contre l'Allemagne nazie, tous les milieux locaux furent concernés. Les écoliers levèrent jusqu'à 350 livres, et, Raoul Rivet fit remarquer que "même les pauvres travailleurs d'une île perdue de l'océan Indien, en l'occurrence Agaléga, s'étaient rendus compte qu'un défi avait été lancé à l'Empire britannique dont ils font partie et que, aussi bien les riches des dominions que des colonies plus importantes, ils étaient prêts à le défendre". Les laboureurs d'Agaléga contribuèrent effectivement Rs 149.30 dans la lutte contre le nazisme.


The Utopia Game:

Le visage mauricien d'une création sans frontières

Utiliser les atouts disponibles à Maurice pour créer un spectacle inédit et original, d'une qualité susceptible d'intéresser la scène internationale. Ce n'est pas une fable. Juste l'ambition qui sous-tend The Utopia Game. Le week-end prochain, le public local aura l'occasion de faire, le premier, l'expérience de ce conte fantastique qui s'annonce grandiose. Avec un visage mauricien qu'incarne notamment la jeune Alisa Currimjee, émouvante Utopia chargée de sauver le monde…

La création est affaire de rencontres. Ici, celle qui a lieu l'an dernier entre les chorégraphes Eva Dalais et Thabo Legrand et le scénographe Eelco de Jong. Les deux premiers, repreneurs du Studio de danse de Grand-Baie, souhaitent offrir à un public de tous âges un spectacle qui permettra à leurs élèves de se produire sur scène. Le second y voit l'occasion de tenter une création sans frontières. Aussi bien au niveau géographique qu'en termes de concept et de réalisation. Ce sera The Utopia Game.

Autour d'une console de jeu achetée au bazar de Port-Louis par deux jeunes enfants (voir plus loin) va se tisser un conte fantastique riche en effets spéciaux. Où le fond de scène se couvre d'images défilantes de 22 mètres sur 12. Images avec lesquelles inter-agiront les 40 danseurs et danseuses du Studio, entourés d'une dizaine de danseurs et d'acteurs professionnels, de magiciens spécialistes de la grande illusion et du mime européen Vincent Rubinfajer, formé à l'École du Mime Marceau. Avec l'aide également du metteur en scène Bruce Ellison.

"Je me fais fort d'étonner le public. En prenant des risques que l'on peut prendre à Maurice", déclare Eelco de Jong. "En Europe, ça coûte plus cher et on est enfermé dans des carcans. Dès qu'on s'écarte des tendances et attributions préétablies, on ne trouve pas de soutien. À Maurice, on peut tout tenter parce que les gens, dans la création, ne sont pas soucieux de préserver leur pré-carré. Avec Eva et Thabo, nous avons beaucoup discuté, chacun a apporté des suggestions ou des modifications au travail de l'autre sans que personne ne s'en offusque. Et cela va donner quelque chose de totalement inédit et original", dit ce Hollandais qui a grandi en Belgique et travaillé aussi bien sur les fêtes royales de Windsor que sur les concerts de Jean-Michel Jarre.

Au-delà des aspects techniques extrêmement pointus qui aident à l'habillage de ce spectacle, l'important réside aussi dans le facteur humain qui le porte tout entier. Et qui sous-tend ce conte pas seulement fantastique mais aussi philosophique, qui parle au fond de la nécessité de développer un humanisme en accord avec le monde qui nous entoure. Pour peu que nous voulions sauver notre planète et l'humanité qu'il abrite.

Pour cristalliser tout cela, un visage. Celui de la jeune Alisa Currimjee, 14 ans, dans le rôle central d'Utopia.

De mère allemande, de père mauricien, la jeune Alisa, tout juste 14 ans, se dit elle-même étonnée - et très honorée - de s'être vue confier ce rôle. Ayant commencé la danse classique à l'âge de 6 ans, elle a poursuivi dans cette voie à l'école de Teresa David, avant de rejoindre le Studio alors dirigé par Eve Buscaglia, pour continuer depuis l'an dernier avec Eva Dalais et Thabo Legrand. Entre classique et modern jazz, elle oscille sans efforts, parée d'une grâce que l'on a pu apprécier dans Moulin Rouge et Aladdin, montés précédemment par Le Studio. "J'ai un peu le trac. Être Utopia, c'est une grosse responsabilité. Mais la confiance placée en moi me donne envie de mieux faire, de me donner à fond, car cette histoire, qui m'avait paru un peu bizarre au début, est vraiment belle et sympa", dit cette jeune fille également passionnée de kite surf, qui se prépare, au lendemain du spectacle, à passer à l'École du Nord les épreuves du Brevet (plus ou moins équivalent aux examens de SC).

"La Fondation hollandaise de Jong, dont je suis un des gestionnaires, a investi quelque Rs 4 millions dans cette création. Confiante que Maurice peut, avec tous ses talents, permettre de monter quelque chose de grand, qui pourra ensuite être montré sur la scène internationale, comme témoignage du génie sans frontières de cette île ouverte au monde", fait ressortir Eelco de Jong.

C'est dire si nous avons tout intérêt à aller découvrir cette Utopia…


Un conte fantastique

Décembre 1968, à la veille de Noël…

Deux enfants mauriciens, Ethan (Tom Couves) et Shanya (Ysé Buffart), achètent une étrange console de jeu sur un marché de Port-Louis. Le soir venu, vont en surgir des créatures vivant dans une autre dimension.

Lorsque les enfants se rendent compte qu'ils ont fait renaître certaines forces maléfiques et "cassé" la console, il ne leur reste plus qu'à sauver le monde à leur façon…

Intervient alors le guerrier Lhamony (joué par le mime européen Vincent Rubinfajer), qui, outre de pratiquer l'Art du Silence, voyage également dans le Temps et dans l'Espace.

S'appuyant sur une série de chorégraphies et d'effets spéciaux, Lhamony se charge d'enseigner les règles du jeu aux enfants. Celles-ci sont basées - à l'instar de la danse - sur les principes de l'harmonie entre le corps et l'esprit.

Leur périple nous emmène de la France de Louis XIV aux origines de l'univers et du Jardin d'Eden aux plus hauts cols de l'Himalaya, à la recherche d'Utopia, seule personne capable de réparer la console…

Séance gratuite pour 2 200 enfants

The Utopia Game sera présenté au Centre Vivekananda de Pailles le vendredi 15 juin et le samedi 16 juin à 20h, ainsi que le dimanche 17 juin à 15h. Une séance gratuite est aussi prévue le samedi à 15h, les 2 200 places disponibles étant offertes à des ONG et associations œuvrant pour le bien-être d'enfants démunis.

Les billets pour les représentations sont en vente entre Rs 150 et Rs 750, à travers le Rézo Otayo (tel: 466-9999; www.otayo.com).


Arts de la parole

Léone Louis:Passeuse de mots, passionnément

Un charisme et une présence scénique qui happent d'emblée le spectateur, une parole qui donne corps et chair à des contes traditionnels avec vivacité, humour, et une séduisante modernité. Découverte lors du récent spectacle Histoire d'accords aux côtés du groupe Sept et de Nikola Raghoonauth, Léone Louis est une jeune artiste réunionnaise dont on n'a pas fini d'entendre parler. Ce qui n'a rien d'étonnant pour une passionnée qui se décrit volontiers comme une "passeuse de mots, passeuse de liens".

Elle commence par un mot. Voyage. Celui qui a tissé jusqu'ici son parcours, avec une volonté de tout découvrir, portée par une incroyable curiosité. Son baccalauréat obtenu, Léone Louis quitte la Réunion pour entreprendre des études de lettres en France. Mais très vite, c'est le théâtre qui la happe tout entière. Ce théâtre dont elle a la révélation lorsque, enfant, ses parents l'emmènent voir les pièces du Théâtre Vollard. "J'ai été fascinée par le côté à la fois festif et très engagé des créations de cette troupe. C'était le seul endroit où, soudain, on me parlait de mon histoire, liée notamment à la colonisation. Le choc de l'oralité et de l'histoire, avec une émotion et une liberté extraordinaires".

Puis c'est le conservatoire, la participation à trois spectacles joués à Paris. Monter sur scène, parler, évacuer, recréer, Léone Louis aime de plus en plus cela, et s'engage dans une école de théâtre professionnelle, Le Samovar, où évoluent des gens venus de partout.

En France, elle a également l'occasion de côtoyer plusieurs formes d'art africain liées à la parole. "Cela aussi, ça a été un choc décisif". Elle rencontre ainsi un vieux conteur sénégalais, Mody Golan Fall, celui qu'elle adopte comme grand-père et comme parrain, qui lui fera comprendre que le conteur est "un passeur de mots, passeur de liens". Ce qui se confirmera lors de séjours, par la suite, au Mali ou au Burkina Faso.

Sa marraine, ce sera la conteuse réunionnaise Any Grondin. Celle qui la confortera dans la voie qui consiste à recueillir histoires et contes pour nourrir une création contemporaine. "Le but est d'essayer de voir comment moi, Léone, je vais amener ces traditions et histoires recueillies en utilisant mes outils d'aujourd'hui", explique la jeune femme.

Un processus qui passe, pour elle, par une mise en commun et un partage. "En Afrique, plusieurs personnes m'avaient conseillé de monter ma propre troupe. Cela m'est apparu comme une bonne façon de mettre en place un outil de travail qui permettrait de réunir divers artistes, qu'ils aient fait des écoles ou qu'ils soient autodidactes, des artistes qui viendraient de divers horizons, comme un premier pas dans la mise en place d'un réseau indianocéanique", explique Léone Louis.

Ce sera donc la compagnie Baba Sifon, née en 2004, avec la volonté de "défendre un spectacle populaire à la créole et non populiste". La différence ? "Nous ne faisons pas forcément dans la distraction. Je ne suis pas humoriste, avec pour seul but de faire rire les gens. Plus pour interpeller, faire réfléchir, créer un partage".

La Compagnie Baba Sifon s'est ainsi fixé plusieurs objectifs. Parmi ceux-là, la volonté de travailler avec des auteurs contemporains, comme Florian Goetz, qui a œuvré sur 39 Teat Kabaré, la toute dernière création de la Compagnie autour de l'article 39 du Code Noir qui classifiait les esclaves comme des biens meubles.

Autre objectif de Baba Sifon: monter des spectacles "tout terrain", aptes à être joués aussi bien en salle que sous les préaux d'écoles, pour des associations, etc. "Souvent, le public créole ne va pas dans les salles de théâtre. Il a une image "intellectuelle" du théâtre. Nous voulons, nous, montrer à ces personnes que le théâtre, c'est pour eux aussi". Une démarche qui se double d'un volet "formation" du public, une sorte d'école du spectateur. "Nous essayons de créer un lien pour ne pas faire de la consommation. Avant le spectacle, nous allons à la rencontre des enseignants, des personnes intéressées, et souvent nous y retournons après le spectacle pour un approfondissement. Sachant que le conte est un mystère et qu'il contient beaucoup de choses qu'on ne peut d'emblée décoder, ce qui fait justement sa richesse", explique Léone Louis.

Une démarche qui se justifie face à la forte demande enregistrée pour des spectacles éducatifs. La Compagnie a ainsi produit, l'an dernier, une pièce intitulée La folle journée de Stéphanie Payet, une comédie bouffonne traitant de la mal-bouffe, du problème d'obésité qui en résulte chez les jeunes, et, plus largement, de la question de la consommation à la Réunion.

"Nous sommes une petite compagnie, mais on se bouge. On travaille au projet", souligne Léone Louis. Si la troupe s'est auto-financée la première année, histoire de montrer sa capacité d'autonomie, elle se réjouit d'être maintenant reconnue notamment par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), ce qui lui permet de bénéficier de subventions. Qu'elle entend bien utiliser pour asseoir son projet d'ouverture sur l'océan Indien. "La Réunion a les moyens de financer des opérations artistiques et culturelles. Autant utiliser ces moyens pour monter des projets avec la région tout entière".

Un nouveau voyage qui commence, cette fois, par Maurice. "Mon grand-père était mauricien. Et cette branche mauricienne était un peu comme un mythe pour moi. Cela a créé un imaginaire très fort. Et je me suis dit que ce serait peut-être l'occasion de retrouver un peu de mes racines de ce côté", confie Léone Louis. Ce qu'elle fait en participant à la création de la performance Histoire d'accords, présentée il y a deux semaines au CCB par le groupe Sept et Nikola Raghoonauth, précédemment invité à participer à la création de 39 Teat Kabaré. Ensemble, ils ont un nouveau projet, Baraminn, qui devrait être présenté chez nous en novembre prochain.

Au-delà, c'est un rêve de festival de l'océan Indien que nourrissent ces deux artistes. "En participant l'an dernier au Festival Yelen au Mali, nous avons pris conscience de la richesse et de la portée d'un tel événement. Et de son absence dans notre région qui abrite pourtant une tradition orale très importante. D'où le désir d'organiser, d'ici deux ans, un festival, quelques jours de rencontre autour de la poésie, de la parole et du conte, qui réunirait artistes des Seychelles, de Rodrigues, des Comores, de Madagascar de Maurice et de la Réunion", révèle Léone Louis.

Une réalisation à laquelle on n'a aucun mal à croire, au vu de la détermination et de l'enthousiasme de cette artiste, passionnément porteuse d'une parole qui sonne juste et vraie…


Publication

Art in Mauritius: Construire un espace imaginaire mauricien

Des images choisies parmi tant d'autres, trois vastes catégories (le prémoderne, le modernisme et le postmoderne) pour aborder les différentes approches artistiques à Maurice et la multiplicité des perspectives offertes. Ce n'est pas tant pour construire un livre exhaustif mais pour poser une suite de jalons, de mises en perspective. Derrière les images et les catégories artistiques, il y a la tentative d'un discours de l'auteur, Hans Ramduth, sur l'imaginaire mauricien. Art in Mauritius est la dernière publication en date de l'École des Beaux-arts du MGI.

Dès que l'on ouvre ce livre sur l'art à Maurice et qu'on tourne les pages, on est surpris par un certain nombre de choses. L'étonnement provient des nombreuses illustrations au gré des propos tenus, de la mise en page ou de la conception du livre en deux parties inégales. On commence à lire la première partie, une longue introduction de 70 pages, pour définir les principaux objectifs de Art in Mauritius. C'est l'érudition qui prend le relais pour donner quelques notions à un public qui porte un intérêt profond pour les arts visuels (Learning the codes, Artist-Artwork-Patron and Context).

Le découpage a été fait de manière à aborder différentes problématiques: le rôle de l'artiste et son évolution, l'œuvre d'art, les acheteurs et les attentes du public. Hans Ramduth, chargé de cours à l'École des Beaux-arts du MGI, a voulu poser des repères pour un public non averti et pour mieux développer son discours sur l'art à Maurice dans la deuxième partie. On se demande si les illustrations sont toujours au diapason des propos tenus. Car on revient sans cesse à ce genre d'ouvrage pour vérifier une hypothèse, préciser une date ou un nom. Art in Mauritius, il ne faut pas s'emporter, se veut la matière d'autres livres (à travers ses jalons et mises en perspective) qui permettent de réfléchir sur l'art à Maurice.

La deuxième partie du livre délaisse la chronologie pour une étude paradigmatique. Hans Ramduth distingue trois catégories: le prémoderne où il livre son point de vue sur l'ouvrage d'André Decotter, Panorama de la Peinture Mauricienne (tomes 1 & 2), aborde l'art mimétique à travers les impressionnistes à Maurice: Max Boullé, Marcelle Lagesse, Roger Charoux. L'ensemble étant étoffé de références philosophiques ou autres.

Le modernisme dans l'art à Maurice fait la part belle à trois artistes majeurs et représentatifs de cette catégorie: Hervé Masson, Serge Constantin et Moorthy Nagalingum. L'évolution de ce paradigme englobe les œuvres d'artistes comme Dhyaneshwar Dausoa, Pierre Argo, Khalid Nazroo, Nalini Treebhoobun, Mala Ramyead, Neermala Luckeenarain, entre autres. Le modernisme semble être marqué par la crise existentielle, le sentiment d'angoisse et la subjectivité de l'artiste. Il y a aussi les autres qui ont une approche particulière, les frères Ghanty ou Serge Selvon.

Les postmodernes se signalent, eux, par la remise en question de l'idée de génie, la notion de décalage, les dimensions politiques et sociales et les liens avec la philosophie contemporaine (Krishna Luchoomun, Gérard Foy, Nirmal Hurry, Nirveda Alleck, Henri Kums, entre autres). Le livre accorde enfin une place à l'art touristique et un discours sur "l'exotisme" (Danièle Hitié, Nathalie Perrichon, Vaco Baissac).

La construction de ce qu'on appelle l'art contemporain apparaît alors comme celle d'un espace imaginaire peuplé au gré des arbitraires, des manques. De nombreux territoires se dessinent qui rendent caduques certaines notions. On acceptera que ce qui constitue Art in Mauritius apparaisse comme des rudiments pour certains et la composition non exhaustive d'un album d'images mais ne pourrait réduire l'œuvre de quiconque à un seul exemple ! Souhaitons que cette parution puisse donner l'envie au lecteur de construire son propre imaginaire.


Du 21 au 28 juillet

"The Flame" 2007

Les jeunes créateurs seront à l'honneur pendant une semaine fin juillet à l'occasion du Festival mauricien de Design et Publicité 2007 à l'initiative de l'AAA (Association of Advertising Agencies of Mauritius). Au programme: The Design Awards Nite (samedi 21 juillet), séminaires et ateliers de création (du mardi 24 au jeudi 26 juillet), AAA Exhibition (jeudi 26 juillet) au Caudan Waterfront et la fameuse Advertising Awards Night (samedi 28 juillet).

"The Flame" a connu un succès retentissant depuis 2005. The Design Awards a vu la participation des membres de l'AAA et d'autres agences, de même que des designers freelance et des étudiants. La Advertising Awards Night a également été un événement prestigieux. Cette année, l'AAA organise toute une série d'activités autour de différentes catégories: National design, National craft et National advertising. Des manifestations sont également prévues au niveau régional et international.

Le délai de soumission des projets des participants est fixé au 3 juillet 2007 à 16h à l'agence Immedia. Le festival sera honoré par la présence cette année de M. Piyush Pandey, président du jury pour la Advertising Awards Night.


Festival culturel et culinaire chinois

Un musée chinois à Port-Louis

China Town en habits de fête du 16 au 17 juin 2007. Ce quartier historique de la capitale est appelé à retrouver son aspect pittoresque à travers différentes activités organisées par la Chinese Chamber of Commerce de Maurice. Différentes associations culturelles comme le Centre Ming Tek, la Chinese School of Music ou le Centre Culturel Chinois, prennent part à ces activités culinaires et culturelles.

Dans le cadre de cet événement, une exposition se tiendra au Heritage Court à Port-Louis. Des objets et photos qui seront accueillies dans le futur musée chinois (à l'initiative du Chinese Heritage Centre) pourront être vus. Le nouveau musée, le premier du genre à Maurice, s'installera d'ici la fin de l'année dans la pagode Fock Diack. Une manière de perpétuer la culture chinoise à Maurice.


16 jours, 16 droits

Les maux, pour le dire…

Cette année, dans le cadre de la campagne de sensibilisation "16 jours, 16 droits", le bureau de l'Ombudsperson pour les enfants a invité les jeunes à écrire des textes autour du thème de la protection de l'enfance. Les collégiens ont laissé libre cours à leur imagination et leur cœur pour écrire des poèmes, chansons, sketches. Nous en avons choisi quatre, qui disent les maux de tous les jours…


L'enfance maltraitée

L'enfant ne doit pas être maltraité

L'enfant doit être libre comme l'air, il ne doit pas être

traumatisé par ceux qui le maltraitent

Si l'enfant vit dans un monde de paix, il saura où est son chemin

Si vous voyez un enfant qui fume, il doit sûrement avoir des

problèmes familiaux

Si un enfant est traumatisé sa vie peut basculer

L'enfant pourrait ne plus s'en sortir, jouer, ni savoir s'amuser

J'en ai marre de voir des enfants qui viennent à l'école

avec des traces de bleus sur le bras, le dos…

J'en ai marre de voir des enfants maltraités

parce que leur père ou mère se gave d'alcool

Brian Hécube

Form III, Collège Imperial

Zina, enfant qui n'a pas le droit

Zina a 14 ans, elle est plutôt timide… je dirais plutôt malheureuse. Voici une page de son journal du 1er avril 2007, jour de son anniversaire.

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Il est 8 heures. Je fais mes devoirs. Papa n'est pas encore rentré. Maman m'appelle pour aller le voir dans la boutique du coin, chez Ahyee. Il a l'habitude d'aller boire là-bas. J'y vais. Oui papa est dans la boutique avec ses amis… Je l'appelle. Il me dit qu'il va venir. Je l'attends. Le temps est long. Je l'attends. On arrive à la maison. Maman explose. Les cris me font peur, me terrorisent. Je ne peux pas les entendre. Je mets les mains sur les oreilles. Papa explique… quoi ? Je ne sais pas. Ses raisons pour être en retard. Mes devoirs, je ne pourrais pas les terminer. C'est la "guerre", les cris n'en finissent pas. Ces cris assourdissants qui me déchirent les oreilles et mon cœur, qui pressent mon âme pour en tirer les larmes. C'est la seule chose qui est chaude, qui me réconforte… Ils ont cassé des plats et des verres. Je les entends. Ça arrive tous les jours. Dans mon lit, je les entends toujours. Papa n'a pas mangé. Je sais qu'il y a du riz par terre. Je dors. Soudain les cris m'arrachent de mon sommeil. Ils n'ont pas fini de se quereller. Ai-je droit au repos ? À l'école, le lendemain, je n'ai pas complété mes devoirs. Je me fie aux caprices du prof. Peut-être qu'il ne va pas me frapper aujourd'hui. Peut-être qu'il va le faire. Quoi l'expliquer ? De toute façon mes paroles ne comptent pas… Après l'école, je prends le chemin du retour. Papa et maman vont-ils se quereller ce soir ?

Christina Philibert

Form II, Quartier Militaire College

Le droit, la liberté et le respect de l'enfant

L'enfant a droit à l'éducation

De partir à l'école et au collège

Il a aussi le droit de faire des erreurs

Il a le droit de s'exprimer

Il a le droit de dénoncer toutes les injustices qu'on lui fait subir

L'enfant a le droit d'être en liberté

Personne n'a le droit de le priver de sa liberté

L'enfant est libre de jouer à sa guise

Ses parents n'ont pas le droit de l'enfermer dans sa chambre

L'enfant a aussi le droit d'être respecté

Personne n'a le droit de le frapper et de le maltraiter

Personne n'a le droit de toucher aux parties privées de son corps

Il a le droit d'être protégé

Moossa Nahaboo

Form III, Collège Imperial

Droit de la vie

(extrait)

Ki fer mo dan noir

Zot toujour pe crie, pe batte

Zot toujour pe fer moi du mal

Zot dir moi mort

Ki fer mo dans noir

Mo le vivre, mo le zot content moi

Moi mo oule zot prend moi dan zot le bras

Mo le senti moi protezer, mo pas demande zot largent

Mo ouler zis zot l'amour

Aiyo mama pa batte moi, mama content moi

Mo to piti, to fine sarie moi 9 mois dan to vente

Mo to zenfan, ki fer to pas ouler moi

Pap, mo papa mo forme parti de toi

To pas donne moi l'affection

To pas aste manzer pou moi

Mo couman ene ti zozo dans cyclone

Mo papa et mo mama, mo siplier zot pas jette moi

Mo gagne droit vivre

Mo gagne droit à l'amour et l'affection

Mais ki fer mo dan noir

Bibi Fatimah Suffee

Universal College


Collection d'histoires vraies

Les Leker Kose: Briser le cercle de la violence

"Mo apel Lilette (le nom a été modifié), mo ena dizwitan. Mo ti touzour kwar ki lavi zoli ziska ki mo kouzin Zozef fer atousman ar moi. Detrwa fwa sa finn arive. Mo ti kroir ant kouzin li ti normal sirtou ki Zozef ti pe azir normal divan bann fami. Sa ti enn labitid. Mo ti koumans pran gou… Zozef ti ena kinzan kan li ti koumans fer sa ar mwa ek moi mo pa ti ena mem sinkan. Letan pase, souvenir reste." Lilette a été abusée par son cousin, sa scolarité a été perturbée. Incomprise par son environnement familial, elle a été contrainte au silence et a même tenté de se suicider. Cette histoire, aussi sordide qu'elle puisse être, se termine néanmoins par une note d'espoir: "Mo ena de rev. Enn fer tou pou mo zanfan viv ere ek pa konn mem martir ki moi ek deziem donn enn koutme dan komba kont violans kont madam."

Le ton est donné. Les petites histoires contenues dans la publication trilingue Speak Out, Les Leker Kose, La Parole Libératrice, s'attaquent au problème de la violence envers les femmes et les enfants. Les affaires de violence domestique ou autres agressions occupent une place centrale dans cette collection éditée par Loga Virahsawmy, Dawn Lapierre et Marie Annick Savripène, en partenariat avec l'UNDP et le ministère des Droits Humains (Human Rights).

Dans son introduction, Loga Virahsawmy de Media Watch indique que ce sont des expériences douloureuses vécues et que les victimes ont pu se libérer à travers leurs témoignages lors de la campagne "16 jours contre la violence envers la femme". Les victimes, celles gardant souvent des séquelles de leur expérience, se sont confiées à des membres d'organisations en faveur des droits des femmes et des enfants, responsables de centres d'accueil pour jeunes victimes ou autres journalistes. Si l'exercice a eu un effet thérapeutique pour les survivants d'expériences douloureuses, il a aussi contribué à faire entendre des voix longtemps enfouies et à briser le silence des victimes.

Histoires d'enfants abusés, de femmes dans l'engrenage de la violence ou de solitude de personnes âgées. Ce sont autant d'initiatives pour prévenir les récidives, sortir de la honte, amener le réconfort et le soutien nécessaires aux victimes. Certaines histoires ont déjà été publiées par Gender Links en 2005 ou 2006. La publication s'inscrit dans une actualité brûlante à l'heure où les campagnes de sensibilisation envers la violence faite aux femmes et aux enfants se développent et se renforcent à travers les médias ou les différentes associations du pays.


José François

À l'origine de Bater Bis

"To baté, to baté bis la bis la, bis la… Bis la finn défonsé. To baté, to baté bis la bis la, bis la… Bis la finn déklinké…" Les inconditionnels du séga d'ambiance sauront reconnaître sans mal le refrain de ce morceau à succès qu'est Batter bis. Un des ségas les plus populaires du moment, interprété par le leader de Zot Sa, Mario Justin. Extrait de Bouc Emisser, premier album solo du musicien, sorti l'année dernière, avait été enregistré il y a quatre ans. Son auteur, José François, 36 ans, l'avait écrit en même temps que deux autres morceaux destinés à une compilation, Evozik.

La version originale n'était pas aussi entraînante et accrocheuse que la reprise. José François a donné son accord à Mario Justin pour que ce dernier remodèle son séga, permettant au leader de Zot Sa d'offrir un autre souffle à Batter Bis. "Dès la première écoute de ce séga, je savais qu'il pouvait remporter un gros succès", confie Mario Justin.

Aujourd'hui, c'est avec une dose de nostalgie dans la voix et, malgré tout, un peu de fierté que José François parle de Batter Bis. Il raconte la genèse de son séga et aussi sa séparation d'avec cette composition…

Écrit en 2003, à Goodlands, d'où José François est originaire, Batter Bis est inspiré d'un mode de vie caractéristique au village. "Batter Bis, ti enn dialog kouran dan mo landrwa. Kan bann kamarad al bwar enn labier, e ki zot pena kass, bizin tras trasé. Lerla, dir sa batter bis. C'est une expression populaire pour désigner ceux qui profitent d'une situation, par intérêt."

À l'époque, José François, qui travaille dans une usine de la région, est membre d'un groupe qui a pour ambition de sortir un album. Le texte et la mélodie de Batter Bis bouclés, il s'attaque à Po gra ma, un zouk qui s'adresse à une jeune fille, et au séga Dam ma lé dam, qui parle des risques qu'encourent les fumeurs de gandia. Evozik, produit par le groupe, sort sans bruit. Les membres de la formation ne s'entendent plus et se séparent. Cette rupture est attribuée à une affaire d'argent. "J'étais découragé et j'avais même abandonné l'idée de continuer mon parcours musical", raconte José François.

Quelques années plus tard, celui qui détenait les droits sur la production d'Evozik, en l'occurrence Gilbert Potou (décédé), rencontre Mario Justin, qui lui parle de son intérêt pour Batter Bis. "J'avais par hasard entendu la reprise de Batter Bis sur la radio réunionnaise. J'ai ensuite appris qu'elle était déjà sortie à la Réunion. C'est à ce moment que j'ai rencontré Mario Justin et que nous avons signé un accord."

Pourtant, après la sortie de Bouc Emisser, José François revient à nouveau avec Batter Bis sur une compilation, Ultravibrasyon. Ce qui n'est pas pour plaire à Mario Justin ! "C'est vrai, j'ai un petit pincement au cœur quand j'entends la reprise de ce séga. Li parey kouma enn mama ki'nn met o mond so zanfan, mé ki pa pé resi elvé li. Enn lot ki pé ranplas li…", confie José François.

Mais le chanteur de Goodlands, qui a depuis renoué avec la musique, ne compte pas faire marche arrière. "Dépi mo tipti mo kontan santé. Mo ti ékout Jean-Claude Gaspard." Il annonce même la sortie d'une prochaine compilation qui comprendra ses deux compositions: Voler coq et Défo so zanfan.


Rente dans l'ambiance là

Aventure musicale en famille pour Mystik

Ushla Chuckowree aime écrire. Passionnée par les mots, elle confie que l'écriture représente pour elle un exutoire. Dans ses poèmes, elle livre ses états d'âme et parle, entre autres, de sa vision de la vie. Elle couche chaque expérience vécue sur papier. Même si dans un passé assez récent, elle a fait partie d'un collectif réuni autour du livre Mosaïque II, cette enseignante du Pre-School Trust Fund a trouvé un autre moyen que l'édition d'un recueil pour partager ses émotions avec son entourage.

Cette fois, l'enseignante de maternelle propose un CD intitulé Rente dans l'ambiance là. Contrairement à ce que pourrait laisser entendre le nom sous lequel ses enfants et elle ont lancé ce CD: Mystik, "l'album n'est pas d'inspiration spirituelle", explique d'emblée Ushla Chuckowree. Décliné en anglais, français et hindi, Rente dans l'ambiance là se classe dans la catégorie fusion et comprend 10 morceaux (Time has been my enemy, Assé Assé, Mama kot to été, Papa…), dont une version instrumentale de My Heart.

Lorsque l'idée de transformer ses poèmes en chansons a surgi, Ushla en a discuté avec ses enfants, ses premiers complices. "Les textes étaient prêts depuis novembre dernier. Mais il fallait trouver des interprètes", dit-elle. C'est le début d'une grande aventure musicale pour celle qui découvrait ce domaine. "Je me suis dit: pourquoi ne pas embarquer mes enfants, d'autant que je les entends souvent fredonner à la maison. Ils ont déjà chanté lors d'activités scolaires, mais n'avaient jamais vécu une telle expérience."

Asha, 21 ans, Anooj, 17 ans, et la petite Jeshee, 9 ans, étudiante, collégien et écolière respectivement, sont retenus ! Un autre élément s'insère dans la petite équipe: la jeune Megane, 15 ans. L'adolescente est une proche de la famille et avait des arguments pour convaincre l'initiatrice du projet. Car Megane suit des cours de chant au conservatoire François Mitterrand et a déjà participé au concours télévisé Ti Mambo.

"Il fallait ensuite trouver les mélodies, un studio, etc.", raconte Ushla. Renseignement pris, elle se tourne vers l'arrangeur Patrick Antoine, qui dispose aussi d'un studio. "Nous avons d'abord essayé une maquette à la maison, histoire de voir ce que le projet pouvait donner. Lorsque nous avons rencontré Patrick Antoine, il a écouté la maquette et fait des essais de voix avant de débuter l'enregistrement."

Au-delà de l'aventure musicale, Rente dans l'ambiance là a renforcé les liens entre cette mère de famille et ses enfants. En février dernier, le CD voit le jour, avec l'édition de 500 copies. Pour ce projet qu'elle a tenu à financer elle-même, Ushla Chuckowree ne s'est pas précipitée chez les disquaires. L'enseignante explique qu'elle a préféré choisir une vente qui s'effectue par le truchement du bouche à oreille. En précisant toutefois que Rente dans l'ambiance là sera bientôt disponible dans les bacs.


Sunshine

Près du désastre

Film de Danny Boyle

Avec Rose Byrne, Cliff Curtis, Chris Evans, Troy Garity, Cillian Murphy, Hiroyuki Sanada, Benedict Wong, Michelle Yeoh…

Après avoir fricoté avec les zombies dans 28 Jours plus tard, Danny Boyle prend désormais la route du Soleil. Les astronautes de Sunshine ont pour mission de rallumer notre astre en train de s'éteindre. Pas facile, d'autant que les missions précédentes ont systématiquement et mystérieusement disparu…

En cette année 2057, le Soleil se meurt, entraînant dans son déclin l'extinction de l'espèce humaine. Le vaisseau spatial ICARUS II, avec à son bord un équipage de 7 hommes et femmes, dirigé par le Capitaine Kaneda, est le dernier espoir de l'humanité. Leur mission: faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l'activité solaire. Mais à l'approche du Soleil, privés de tout contact radio avec la Terre, les astronautes perçoivent un signal de détresse en provenance d'ICARUS I, disparu sept ans auparavant. Une erreur fatale les contraint à modifier leur trajectoire. Ils doivent désormais lutter pour rester en vie, ne pas sombrer dans la folie, mais avant tout pour mener à bien leur mission essentielle pour l'avenir de l'humanité…

Boyle, réalisateur atypique

Danny Boyle commence sa carrière au théâtre, à la Join Stock Theatre Company, jusqu'en 1982. Il devient ensuite directeur adjoint du Royal Court Theatre Company en 1985 et met en scène parallèlement cinq pièces de théâtre pour la Royal Shakespeare Company grâce auxquelles il remporte plusieurs récompenses. Alors qu'il travaille sur des séries pour la BBC, il fait la connaissance du scénariste John Hodge et du producteur Andrew MacDonald avec qui il décide de passer au grand écran. Il conçoit alors une trilogie sur le manque d'argents (Bag of money trilogy) où il dirige à chaque reprise son acteur fétiche, l'Écossais Ewan McGregor.

Il réalise ainsi son premier long-métrage en 1994, Petits meurtres entre amis. Petit bijou d'humour noir, il permet à Danny Boyle de devenir l'un des jeunes cinéastes britanniques les plus prometteurs. Il confirme son talent avec Trainspotting, film choc sur l'univers de la drogue, présenté à Cannes hors-compétition en 1996, qui fait de lui un véritable réalisateur culte. Puis, il conclut la trilogie avec Une vie moins ordinaire, une histoire d'enlèvement et de rançon teintée d'humour qui marque sa première réalisation américaine. En 2004, il réalise Millions, une comédie au ton grinçant, traitant de son thème fétiche: l'avidité. Pour 2007, il a rendez-vous avec le Soleil…

Star Port-Louis et Curepipe

300: Rivalité sanglante

Le sang des Perses

Film américain de Zack Snyder

Avec Gerard Butler, Lena Headey, David Wenham, Dominic West, Vincent Regan, Michael Fassbender, Rodrigo Santoro, Andrew Tiernan, Andrew Pleavin…

Durée: 1h55

Léonidas est devenu roi de Sparte à la suite des épreuves rituelles spartiates dont il a triomphé. Il apprend d'un messager que le roi perse Xerxès envisage d'envahir la Grèce et de soumettre sa cité. Contre l'avis de l'oracle, il part à la rencontre de l'ennemi avec les 300 soldats qui composent sa garde personnelle. Il choisit de combattre l'armée ennemie dans le passage étroit et rocheux des Thermopyles. Face à l'armée gigantesque de l'envahisseur perse, la résistance est héroïque mais désespérée.

La bataille des Thermopyles est l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique. Le roi grec Léonidas et ses soldats y furent massacrés par les Perses. Selon la légende, leur courage et leur sacrifice encouragèrent le peuple grec à s'unir contre les armées perses… et à fonder la démocratie.

Tiré d'une BD de Frank Miller et surtout de l'histoire antique, ce film décrit la fameuse bataille des Thermopyles entre le roi Léonidas et ses Spartiates, et les Perses de Xerxès. Les 300 Spartiates luttèrent avec courage et abnégation, se posant ainsi en premiers défenseurs de la puissance souveraine du peuple…

300 est réalisé avec les mêmes procédés techniques que le film Sin City, lui-même adapté de la bande dessinée de Frank Miller, avec l'utilisation massive d'images de synthèse. Même si toutes les scènes présentes dans la bande dessinée originale sont fidèlement reconstituées sur le grand écran, le scénario a été complété de quelques personnages et scènes supplémentaires.

Controverse

Le film a soulevé des critiques de la part du gouvernement et des intellectuels iraniens. La principale critique porte sur le travestissement de la réalité historique, associée à une critique plus politique: celle de tenter de porter atteinte à l'image de l'Iran dans un contexte politique tendu entre ce pays et les États-Unis.

En effet, la représentation qui est faite des Perses à la période achéménide est fausse. Cette période est considérée comme un âge d'or dans l'histoire de l'Iran, avec en particulier l'écriture sur le Cylindre de Cyrus de ce qui est considéré comme la première déclaration des droits de l'homme. Dans le roman graphique dont est inspiré le film, les Perses sont dépeints comme une horde barbare, décadente, opposés aux nobles grecs.

En réponse, le réalisateur, les producteurs du film et l'auteur de la bande dessinée, ont précisé que cette histoire n'est qu'une version Heroic fantasy de la bataille des Thermopyles et qu'il n'y a aucun aspect historique à retenir du film. Zack Snyder avait déjà suscité une polémique lors de la sortie du film L'armée des morts. En effet, le générique du film comportait un plan fugitif (subliminal ?) de musulmans priant dans une mosquée au milieu de plans de zombies.

Star Port-Louis

La Cité interdite

Impériale trahison

Film de Zhang Yimou

Avec Gong Li, Chow Yun-Fat, Jay Chou, Ye Liu, Qin Junjie, Man Li, Dahong Ni, Chen Jin…

Duree: 1h54

En revenant à la Cité Interdite, un Empereur de Chine s'aperçoit d'une conspiration menée par des familiers de son palais, avec de multiples tentatives de prises d'autorité et la trahison fomentée par l'Impératrice…

D'une beauté stupéfiante, La Cité interdite pêche par une intrigue disproportionnée par rapport à la grandiloquence des décors et des costumes. À l'annonce du retour du roi, une reine ambitieuse et délaissée décide de mettre en application un coup d'État échafaudé depuis des années. Pour garantir sa victoire, elle fait successivement appel à son beau-fils et à son fils aîné, délaissant le petit dernier en pleine crise d'adolescence. Mais c'est sans compter sur la perspicacité du roi, peu enclin à se faire voler la couronne.

À l'image de Sofia Coppola dans Marie-Antoinette, Zhang Yimou décrit avec une minutie perfectionniste chaque détail de la vie protocolaire, et c'est sans doute cette description d'orfèvre qui donne le plus de consistance au film. Mais à force de s'appliquer à la forme, Yimou en oublie son histoire et ses protagonistes, peu perceptibles. Chow Yun-Fat, qui nous avait tant éblouis dans Tigre et Dragon, se contente de faire de la figuration tandis que les trois comédiens interprétant ses fils paraissent bien inconsistants à côté de leurs illustres aînés. La profondeur, il faut la chercher du côté du casting féminin avec Chen Jin (l'épouse du médecin impérial) tout d'abord, mais surtout Gong Li, grandiose, qui apporte une intense gravité à son personnage.

ABC de Rose-Hill


Sur nos écrans

Le train

Film de Raksha Mistry

Avec Emraan Hashmi, Sayali Bhagat, Geeta Basra

The Train est le premier film indien à être tourné dans un train sur le chemin de fer aérien de Bangkok. Le film reprend le thème éculé de l'infidélité conjugale. Vishal Dixit (Emraan Hashmi) s'est établi à Bangkok avec son épouse Anjali (Sayali Bhagat) et sa fille de cinq ans, Nikki. Leur mariage bat de l'aile et Anjali ne parvient pas à combler les lacunes affectives de son mari. L'instabilité de son foyer le pousse à se disputer quotidiennement. Tout bascule lorsqu'il fait une rencontre pleine de promesses. Roma (Geeta Basra), une belle fille épanouie et moderne, lui fait des yeux doux et Vishal succombe tout de suite aux charmes de cette belle créature. Roma souffre également d'un amour sans lendemain. Vishal devient bientôt un amoureux transi qui vagabonde à travers ses désirs. Vishal est déchiré entre son épouse et sa maîtresse. Sa désobéissance à la norme sociale lui vaut d'être suivi constamment par un personnage louche. Les choses tournent mal lorsque ce personnage veut à tout prix détruire la vie conjugale de Vishal ...

Emraan Hashmi, le serial killer, reprend les rôles qui avaient assuré son succès dans Murder et Aksar. Il est à l'aise dans le rôle du séducteur qui s'embarque dans une aventure qui va lui coûter très cher…

Classic, Port-Louis

Novelty, Curepipe

Kings, Goodlands

Prochainement-Jhoom Barabar Jhoom

Film de Yash Chopra

Avec Abhishek Bachchan, Preity Zinta, Bobby Deol, Lara Dutta

Deux voyageurs attendent avec impatience l'arrivée du train en provenance de Birmingham. Rikki (Abhishek Bachchan) et Alvira (Preity Zinta) doivent tuer le temps avant l'arrivée du train. Le café se trouvant dans le voisinage grouille de monde et ils se donnent beaucoup de mal à trouver une table. Ils ont amplement le temps d'entamer la conversation. Les souvenirs surgissent, chacun commence à raconter ses aventures amoureuses. Chacun avance ses pions, peaufine ses arguments, réfléchit et raconte. Rikki a rencontré sa fiancée Anaida (Lara Dutta) au Ritz à Paris le soir même où la princesse Diana et Dodi avaient quitté l'hôtel pour être pourchassés par les paparazzi. Quant à Alvira, elle a rencontré son prince charmant chez Madame Tussaud à Londres.

Au fil de la conversation, Rikki et Alvira vont se sentir attirés et l'amour sera au rendez-vous. Les deux couples vont se rencontrer…


Courts-métrages

Kino Maurice:L'image en chantier

À l'Institut Mahatma Gandhi, du 28 mai au 2 juin, des étudiants en Beaux-arts, ainsi que des artistes de plusieurs disciplines et vidéo amateurs de la Réunion et membres de l'association Beyond Trash, ont eu une semaine pour porter un petit film à l'écran. Expérience concluante suite à la projection de douze courts-métrages pour cet atelier initié sur le modèle de Kino Kabaret à l'île sœur.

Les rencontres pluridisciplinaires sont sans conteste dans l'air du temps. Depuis 1999, après un simple pari entre amis, Kino propose un travail cinématographique à petit budget sur un projet commun.

Kino Maurice, expérience inédite, repose sur la règle suivante: une semaine sur place au MGI pour la réalisation d'un court-métrage d'environ 10 minutes et une présentation de plus d'une heure du travail des participants au public au terme d'un atelier pour développer de nouvelles approches et des interactions entre vidéo amateurs principalement.

Écriture de scénarios, filmage, montage: l'utilisation du numérique semble avoir eu un effet libérateur sur l'exploration artistique. Commence un travail fécond sur le plan de la créativité pour la vingtaine de participants, dès lors que les films réalisés se fondent sur la réalité sociale tout en exaltant le sentiment du burlesque.

C'est en tout cas ce qu'on a pu constater lors de la projection de Gali Gali, Chat with me, le non-dit, Night vision, entre autres, à l'auditorium du MGI samedi dernier. Sorcellerie, langage sms, drame personnel: autant de thèmes traités et qui témoignent d'un véritable choc culturel chez les participants. L'enthousiasme juvénile des acteurs ainsi que l'utilisation personnelle des techniques de la vidéo ont contribué à la réussite de certains films. Certains travaux relevant de l'expérimental restent en chantier.

Beaucoup de courts-métrages ont été construits sur des tensions à l'intérieur de la société mauricienne. Le documentaire Un vœu pour Maurice de F. Cimendef et le petit film d'animation Dernier Dodo de Gitanjali Pyndiah ont aussi séduit le public. Autant de propositions qui explorent les limites de l'animation, du multimédia et des arts plastiques. Il y a une fibre cinématographique qui vibre chez ces jeunes qui ont tenté au cours de leur expérience de donner un sens à l'image.

Les interactions sont appelées à se renouveler, surtout après la participation d'un artiste mauricien, Krishna Luchoomun, à Kino Kabaret, en octobre 2006, à la Réunion. Kino Maurice devrait susciter un élan de créativité chez les cinéphiles avides de découvertes.


Budget 2007/2008

Écorché vif l'an dernier-Le consommateur dans l'expectative

Vivement ébranlé par la nette détérioration de son pouvoir d'achat à la faveur d'une inflation record de 10,7%, le consommateur est dans l'expectative en attendant la présentation du nouveau budget national par le ministre des Finances au Parlement, vendredi prochain. Après avoir eu le sentiment d'avoir été écorché vif l'an dernier, lors du même exercice, il ne saurait supporter que la pilule soit aussi amère cette année.

Abolition de la subvention de l'État sur le riz et diminution de celle sur la farine; idem pour les frais d'examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC), jusque-là subventionnés à 50%; fin annoncée des exonérations d'impôt sur, notamment, les intérêts payés sur les prêts-logement et les polices d'assurances souscrites; annonce d'une National Residential Property Tax (NRPT); imposition annoncée des fringe benefits des salariés… Il faut dire que le remède de cheval prescrit l'an dernier par Rama Sithanen avait de quoi rester en travers de la gorge de plus d'un.

À quoi s'attendre de l'exercice de cette année ? D'autant que, pour beaucoup, le sentiment général est que l'exemple de "rigueur" dans les dépenses et de "sacrifices" ne semble pas venir d'en haut. Ajouté à cela, les récriminations répétées contre des services publics pas toujours efficients. Mosadeq Sahebdin de l'Institute for Consumer Protection (ICP) suggère ainsi l'abolition pure et simple des "emplois fictifs" que sont, selon lui, certains postes de conseillers de ministres.

Des emplois "improductifs et sans raison d'être", comme ceux, souligne-t-il, d'attachés de presse, pour lesquels, rappelle M. Sahebdin, ce sont les contribuables qui sont, en fin de compte, appelés à subventionner à grands frais. Toujours au chapitre des "dépenses inutiles" en cette période de disette: l'achat, à prix d'or, de berlines, notamment pour des responsables de corps para-étatiques.

Jayen Chellum de l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) évoque, lui, les "voyages à plus de Rs 500 000" de délégations ministérielles qui, pour la plupart, selon lui, n'apportent rien en termes concrets au pays. Entre autres "gaspillages" qui nécessitent aussi d'être assainis, estime l'ICP: les repas servis dans les hôpitaux publics. M. Sahebdin rappelle, à cet effet, que le Bureau de l'Audit a confirmé qu'un nombre important de patients admis en salle ne consomme pas la nourriture qui leur est servie.

Dans le même souci d'obtenir value for money, l'ACIM réclame que les postes de top management des corps parapublics aillent aux professionnels choisis selon les critères de transparence plutôt qu'à des nominés politiques. De manière plus générale, l'ACIM demande une loi contraignant tout gouvernement, à l'approche des législatives, de présenter l'état réel des finances et de l'économie et prévenant tout caretaker government de s'embarquer dans des projets majeurs dans le seul but d'obtenir des votes au risque d'endetter outre mesure le pays.

Par rapport spécifiquement au fort taux d'inflation, l'ACIM demande des mesures monétaires de la part de la Banque centrale, susceptibles notamment de rendre plus attrayante l'épargne bancaire dont le taux est en chute libre en raison du faible retour sur l'investissement. Cette association souligne qu'une relance de l'épargne est susceptible d'influer sur la masse monétaire en circulation et combattre ainsi l'inflation.

Compte tenu du fort taux d'inflation faiblement compensé par la compensation salariale entérinée du National Pay Council (NPC) et tenant compte du fait que quelque 50% des ménages touchent moins de Rs 8 000 mensuellement, l'ICP estime que le contrôle des prix doit être étendu à l'ensemble des produits de base. Une demande à laquelle souscrit l'ACIM, en attendant l'adoption du Competition Bill.

Endettement et paupérisation

Si l'ACIM donne raison aux syndicats de protester contre le faible taux de compensation salariale, l'ICP émet, lui, l'idée d'un salaire minimum vital. Un seuil qui, selon cette association, devra être déterminé en vue de mieux soulager ceux qui sont le plus dans le besoin et qui devraient aider le gouvernement à atteindre ses objectifs en matière de Millenium Development Goal par rapport à la lutte contre la pauvreté.

La tendance vers la paupérisation se manifeste aussi par l'accroissement de l'endettement, si ce n'est le surendettement. Si l'ICP accueille l'adoption récente du Borrowers Protection Act et la nomination d'un Commissioner for the Protection of Borrowers, il estime néanmoins que des maisons de commerce utilisent encore des subterfuges pour vendre des produits à des taux usuraires à des consommateurs. C'est ainsi que l'institut suggère que tout plan de crédit ne tombant pas sous le Hire Purchase and Credit Sale Act soit rendu illégal.

Le secteur de la Santé tient aussi une place de choix dans la considération des organisations de consommateurs. L'ACIM propose la formulation d'un Livre Blanc en vue de l'amélioration du service national de santé, y compris la pratique privée. Entre autres demandes: une Rational Drug Policy, une étude en vue de la généralisation de l'utilisation des médicaments génériques aussi fiables et plus économiques, et l'informatisation des services dans les hôpitaux.

L'ACIM s'inquiète, d'autre part, de l'accroissement "considérable" du coût de la médecine privée et suggère qu'un contrôle soit exercé par l'intermédiaire du Medical Council sur les prix pratiqués par les cliniques privées. L'ICP, de son côté, revient avec sa proposition pour la mise en place d'une National Agency for Drugs Control, en vue, notamment, de prévenir la prescription à des malades de médicaments de qualité douteuse.

En matière de politique énergétique, et l'ICP et l'ACIM se prononcent pour une concertation nationale en vue d'une politique cohérente "dégagée dans la transparence et la bonne gouvernance". Dans l'immédiat, l'ACIM demande au gouvernement de ne plus tergiverser et d'aller de l'avant avec le projet de bus lane, comme l'association le propose depuis 1994. L'ICP suggère, de son côté, l'interdiction de l'importation de véhicules de plus de 1 500 cc.

À quelle sauce les consommateurs seront-ils mangés, cette année, au banquet budgétaire annuel ? Il nous faudra attendre le prononcé du discours du ministre des Finances. Mais déjà, l'ACIM et l'ICP se braquent contre les recommandations du Fonds Monétaire International (FMI) au gouvernement pour un nouveau tour de vis. "Il ne saurait être question ni de hausse du taux de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), déjà considérable à 15%, ni de l'extension de l'assiette de cette taxe à des produits jusqu'ici non imposables tels des produits alimentaires", disent d'une seule voix les représentants des deux associations de consommateurs. Au risque, soulignent-ils, d'un appauvrissement encore plus prononcé de la population. Et d'une prévisible instabilité sociale…


Protéger sa peau contre le froid

Si le froid n'est pas l'ami des bretelles, minijupes, décolletés, il est également un adversaire redoutable pour notre peau. Dessèchement, rougeurs, sensations de tiraillement: le froid déshydrate la peau et la fait vieillir. Le visage, les mains et les pieds sont particulièrement touchés. Fragilisée, amincie, la peau perd son élasticité en hiver, devient rugueuse au toucher et irritable. Pour lutter contre l'attaque du froid, la peau a besoin d'être protégée et nourrie.

Le froid attaque directement la peau, qu'elle soit grasse ou sèche, fine ou épaisse. Sous son effet, les vaisseaux sanguins se contractent, diminuant aussi la circulation sanguine. Moins irriguée, la peau se déshydrate. "Peu importe le type de peau, il faut l'apaiser, car il est important de rééquilibrer le taux d'eau dans la peau", explique Virginie Ha Chow, de Virginie Salon de Beauté, spécialisé depuis 10 ans dans les produits de beauté des marques Gatineau et Guinot.

De la tête aux pieds, la peau nécessite une émulsion. S'il existe plusieurs soins (crèmes, lotions, masques, baumes…) pour les différents types de peau, il est important, selon l'esthéticienne, d'effectuer un diagnostic de sa peau pour savoir à quel type elle appartient. Une fois le diagnostic fait, les gestes quotidiens aideront à la nourrir et la protéger.

Pour lui donner une certaine souplesse, il est important de bien nettoyer sa peau. Virginie Ha Chow déconseille le savon, car "son Ph est très acidique et cela dessèche la peau". Au niveau du visage, l'esthéticienne conseille d'utiliser un lait démaquillant (au lys). Après avoir enduit le visage de ce lait, le nettoyage s'effectue en mouvements circulaires (pendant 5 minutes quotidiennement, matin et soir) en prenant du bas du cou pour remonter vers le front. Pour celles qui se maquillent, il leur est conseillé d'utiliser une eau démaquillante qui aide à enlever le maquillage sans dessécher la peau. Pour le débarrasser de toutes ses impuretés, on peut terminer le nettoyage du visage en utilisant une lotion tonique adoucissante. "La lotion tonique vivifie et rafraîchit la peau", indique l'esthéticienne. Elle ajoute que pour libérer la peau de sa raideur inconfortable et lui procurer une hydratation profonde toute la journée, il faut ensuite appliquer une crème médiation confort. "La peau retrouve souplesse et confort instantanément", selon elle.

Pour les peaux très sèches, Virginie Ha Chow indique les crèmes du jour nutriactives à base d'oméga qui réhydrateront en profondeur. Par contre, le soir, il est préférable, selon elle, d'appliquer une crème de nuit nourrissante, enrichie de vitamines A, C, E, F, afin de renforcer la réserve d'eau dans la peau.

Gommage et masques

Pour maximiser les soins, notre interlocutrice conseille un gommage du visage deux fois par semaine. "Le gommage enlève les cellules mortes de la peau. Mais il faut faire attention. Les graines gommantes doivent être douces et non abrasives", précise-t-elle. Après ce geste, un masque revitalisant et énergisant peut être appliqué sur le visage. Le masque réhydrate en profondeur et enlève le tiraillement dans la peau. Parallèlement, il absorbe les impuretés et referme les pores dilatés. Résultat: peau nettoyée, éclaircie et réhydratée. Ces soins existent pour différents types de peau.

Par ailleurs, il existe également toute une gamme de soins pour la gent masculine. En effet, le rasage quotidien laisse une peau plus rugueuse, mais aussi des taches, en hiver. Afin d'apaiser la peau après le rasage, les hommes peuvent appliquer une lotion hydratante tonifiante. Cela diminue les effets de brillance. La gent masculine peut aussi avoir recours au gommage et aux masques réhydratants, une fois par semaine.

Les lèvres ont une texture très fragile. Au froid, elles se fissurent parce qu'elles sont déshydratées. C'est un phénomène qui touche tout le monde et contre lequel la solution est la prévention, tout simplement en utilisant des sticks protecteurs et nourrissants, hydratants et apaisants. Pour une meilleure efficacité, il faut en faire usage plusieurs fois par jour. Pour des lèvres particulièrement fragiles, il faut des sticks avec des vitamines A, C et E, qui protègent efficacement.

Même si elle est emmitouflée sous les vêtements chauds et moins exposée au froid que notre visage, la peau de notre corps a également tendance à se dessécher en hiver, surtout au niveau des jambes. Durant cette période, il est nécessaire de bien hydrater notre peau avec un lait hydratant très riche sinon elle risque de se craqueler et de prendre l'apparence d'une peau de serpent. Outre un gommage pour enlever les peaux mortes, un lait AHA est conseillé pour l'hydratation et la régénérance des cellules. L'hydratation, matin et soir, assure le confort et aide à lutter contre l'évaporation. Selon les types de peau, les produits hydratants permettent à la peau de conserver toute son humidité. Il est conseillé d'appliquer le soin en remontant toujours des chevilles vers la nuque.

De belles mains

Certaines zones, à l'instar des mains, des pieds, des coudes et des genoux, se dessèchent plus vite que d'autres. En effet, agressées par l'eau, les savons et les détergents, nos mains sont souvent sujettes au dessèchement, qui favorise le vieillissement cutané et l'apparition de tâches brunes, et leur donne un aspect flétri. Quand le froid se surajoute à ces agressions, elles deviennent rêches et peuvent même, dans certains cas, se couvrir de gerçures.

Pour prévenir ces petits désagréments, il faut les enduire deux ou trois fois par jour d'une crème spécifique, de préférence à base de glycérine ou de glycérol. Ces produits ont des propriétés assouplissantes, humectantes et filmogènes. La crème doit être appliquée en remontant du bout des doigts vers le poignet. Virginie Ha Chow conseille également un gommage des mains pour le traitement des cuticules sèches et l'enlèvement des peaux mortes.

On a tendance à oublier nos pieds, car ils sont trop souvent cachés dans nos chaussures. Or, nos pieds, qui s'assèchent lorsqu'ils sont dépourvus de glandes sébacées, desquament et parfois même se fendillent. Pour ne pas se retrouver avec des pieds tout craquelés, il est important de les nourrir, en appliquant une crème hydratante.

Astuces

* Prévenir la déshydratation de la peau, c'est aussi boire un litre et demi d'eau par jour et enrichir son alimentation en vitamines et en acides gras essentiels.

* Pour faire votre toilette, douchez-vous avec un gel ou un savon très doux.

* Essuyez-vous délicatement, sans frotter (mais plutôt en tamponnant) et n'oubliez pas de vous enduire avec un lait pour le corps.

* Évitez, durant cette période, tous les produits irritants comme les lotions alcoolisées ou les bains moussants.

* Au niveau des mains, un petit massage, après les avoir trempées dans de l'huile d'olive, aide à nourrir les cuticules.

* Pour les ongles cassants, afin de les réhydrater et fortifier, il faut les tremper dans de l'huile d'olive tiède (au bain-marie et à bonne température).


Au NIU

L'Asie en assiette

Au restaurant NIU, qui se trouve dans le complexe Ruisseau Créole, la cuisine asiatique se décline en trois mots: fusion, raffinée et moderne. Le Chef Bruno est aux commandes de la cuisine du restaurant - dont la capacité est de 60 couverts à l'intérieur, 12 à la table Teppanyaki et 200 en terrasse. S'il excelle dans l'art culinaire nippon, il fait aussi voyager la clientèle aux pays des saveurs: Thaïlande, Malaisie, Vietnam…

À la table Teppanyaki, Bruno révèle sa dextérité dans le maniement du couteau. Avec des gestes précis, il découpe les aliments et les prépare à la table même de ses clients. C'est à la fois divertissant, spectaculaire et convivial. La spécialité de NIU est aussi le sushi: à base de riz délicatement vinaigré et de poisson cru, qui est désormais disponible en take away.

De la plonge au statut de chef, Bruno, a connu différentes étapes qui l'ont forgé. Lorsqu'il débute à l'hôtel Sofitel Impérial en 1993, il est pourtant convaincu que l'hôtellerie n'est pas faite pour lui. "Après un an à la plonge du restaurant chinois Le Ming Court, le Chef Ho Chu Man me propose de rentrer en cuisine comme apprenti. Je lui donnais souvent un coup de main et la cuisine commençait à m'intéresser. À partir de là tout s'accélère. J'ai commencé la cuisson sur une plaque japonaise: le Teppanyaki, pendant un mois d'apprentissage, C'était difficile de trouver des cuisiniers pour cette cuisine très particulière. Ça a été ma chance! "

La nécessité d'une formation se fait ensuite sentir. "Les directeurs et les propriétaires de l'hôtel m'ont proposé un cours de perfectionnement de 8 mois à Taïwan. C'est là que j'ai demandé à apprendre à faire des plats typiquement japonais - sushi, sashimi, tempura et autres. En une journée, je travaillais dans 4 cuisines, puisque je faisais Le Teppanyaki, les sushis, la cuisine chinoise, et aussi la sculpture de légumes et fruits que je réalisais pour des événements à la salle des banquets. C'était très difficile de travailler plus de 12 heures par jour, mais aujourd'hui, je peux dire que ça a porté ses fruits. Rentré à Maurice, je suis passé Chef de partie et j'ai eu l'occasion de faire la cuisine pour des grandes personnalités comme l'ancien Président français Jacques Chirac (à trois reprises), Nelson Mandela, Julien Lepers…"

En 2001, le chef du NIU met à nouveau le cap sur Taïwan où il participe à l'ouverture du Royal Chipen avant de travailler au Royal Taipei et au Royal Kuan-shi golf club. De retour au pays, il met en pratique tout le savoir-faire acquis dans les cuisines d'Asie pour le plus grand plaisir des amateurs de mets exotiques…

Niu Restaurant Ltd

Tel: 483-7118

Fax: 483-7119

E.mail: niurestaurant@intnet.mu


Teriyaki de poulet

Pour 6 personnes

600 g de cuisses de poulet désossé

(Mariner les 600 g de poulet pendant 24 heures)

3 œufs

100 g de poudre cange

Une pincée de sel

Une pincée de poivre

Méthode:

Après 24 heures de marinade au frigo, retirer et passer le poulet sous l'eau pour enlever tous les ingrédients de la marinade et mettre le poulet mariné dans la sauce Teriyaki pendant encore 12 heures au frigo.

Retirer et laisser les cuisses désossées entières.

Préparer le gril ou le barbecue. Faire griller vivement le poulet jusqu'à ce que le jus commence à s'écouler.

Badigeonner de sauce Teriyaki. Dès que le poulet commence à devenir tendre, disposer sur un plat et servir avec de la salade, des légumes ou du riz.

Sauce de Teriyaki

1 litre de vin blanc

250 ml de sauce de soja claire (supérieur)

150 g de sucre blanc

Méthode:

Faire chauffer le vin blanc, jusqu'à ce que l'alcool soit flambé.

Ajouter les deux autres ingrédients dans la casserole. Porter à ébullition à feu moyen.

Laisser bouillir jusqu'à ce que le sucre soit dissous et laisser réduire à 75%

Utiliser immédiatement ou laisser refroidir et conserver au réfrigérateur.

Astuce

La même sauce peut être utilisée pour des brochettes de poulet Teriyaki.

1. Faire tremper les bâtons de brochettes 1 heure dans de l'eau tiède pour éviter qu'elles ne brûlent pendant la cuisson.

2. Couper la chair de poulet en dés de 2 cm de côté.

3. Préparer le gril ou le barbecue.

4. Égoutter les brochettes, répartir dessus 4 pièces de dés de poulet.

5. Faire griller vivement les brochettes jusqu'à ce que le jus commence à s'écouler.

6. Badigeonner alors les brochettes avec la sauce Teriyaki, puis les griller à nouveau.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 10 juin 2007