a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 10 juin 2007



Jour J - 5 - Budget Day : le dash final !
Dialogue GM/MSPA - Sucre : les divergences attendent le retour du PM
Court of Investigation - King Fish II et V : confirmation de l'indifférence totale !
Ce matin - Concertations des parents des disparus en mer
Bradage et privatisation de la mer en vue - Mobilisation contre le Aquatic Business Activities Bill
Olivier Bancoult : - "Nous pé prépare nou rétour back to paradise !"


Jour J - 5

Budget Day : le dash final !

Rama Sithanen
Avec la présentation officielle du budget 2007-08 prévue à l'Assemblée nationale vendredi après-midi, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, s'est engagé depuis ce week-end dans un dash final. Les préparatifs budgétaires ont atteint un stade avancé car au niveau des consultations sur les points saillants, l'un des rares dossiers encore en attente à ce stade est celui de la Poverty Alleviation/Empowerment Programme. L'agenda du Grand Argentier pour la semaine prévoit des dernières séances de travail avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à son retour de mission dans la ville de Hull en Grande-Bretagne en vue de pouvoir arrêter au plus tard mercredi prochain le Budgetary Policy Menu pour l'exercice financier 2007-08. Entre-temps, en fin de fin semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a rendu public le Staff Report sur l'économie dans le sillage des Article IV Consultations. L'intérêt de ce document est que le FMI brosse un rapide tableau des mesures susceptibles de donner, selon cette institution internationale, l'élan requis au processus de réforme.

" Il n'a pas de formule magique. Je compte présenter à la nation, vendredi prochain, un budget responsable, dans la continuité de la réforme entamée depuis l'année dernière. Nous avons déjà commencé à récolter les fruits des efforts suite à la mise en place de la réforme. Ces fruits demandent à être embedded au profit de la population. L'objecif de la réforme demeure le plein-emploi dans un minimum de trois ans ", a déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Finances à Week-End, hier matin, alors qu'il s'apprêtait à s'engager dans un week-end de travail consacré au discours budgétaire.

S'appesantissant sur cette ambition de plein-emploi, Rama Sithanen avance que les principaux secteurs économiques porteurs en termes de création d'emplois se trouvent le tourisme avec un potentiel de 20 000 nouveaux postes, les projets d'Integrated Resort Schemes (IRS), la zone d'exportations de Riche-Terre avec l'implantation du groupe chinois Tianli, la filière du textile ou encore la création d'une ville nouvelle à Highlands.

Rama Sithanen revient sur la nécessité de lutter contre la pauvreté, thème qui pourrait figurer en bonne place dans le deuxième discours du budget de l'Alliance sociale. D'ailleurs, comme il l'a avoué à Week-End, le volet budgétaire consacré à la Poverty Alleviation/Empowerment Programme sera l'un des derniers à être bouclés au niveau des Finances en début de semaine. " The best antidote to poverty alleviation is strong, robust and sustained growth. Une croissance économique forte demeure le salut de ceux qui se retrouvent dans les groupes les plus vulnérables ", a-t-il maintenu sans s'aventurer à dévoiler ses batteries budgétaires pour 2007-08.

Les derniers détails des mesures budgétaires devront être mis au point au plus tard mercredi prochain. " Les derniers arbitrages budgétaires doivent être complétés en début de semaine. Dès le retour au pays du Premier ministre, je reprendrai mes consultations avec lui au sujet de la panoplie des mesures budgétaires. Il ne faut pas oublier qu'avant son départ en mission et pendant au moins deux semaines, le Premier ministre et moi avons travaillé en étroite collaboration sur le budget. Avec la détermination du Policy Menu au plus tard mercredi, je compte mettre la touche finale au discours du budget dans la journée de jeudi ", a confié le vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Quant au soutien de ses collègues ministres et des parlementaires de l'Alliance Sociale à son prochain budget, Rama Sithanen se veut philosophique en attendant les premières réactions. Cet engagement à la réforme est un des sujets de préoccupation du FMI (voir détails plus loin). " Pa lor tu zafer ki tu dimunn dakor. Mé lor lésentyel tu dimunn dakor. Kontinyé réforme vé dir pran bann désisyon difisil. Mo pu prézant ène bidzé responsab à la nasyon. À ce stade, nous avons des sujets de satisfaction en termes d'arrêt au déclin économique, de retour de la croissance, du niveau nettement amélioré du FDI, de la création d'emplois, en particulier sans le secteur des PME. Ce sont des acquis de la réforme à ne pas négliger ", a-t-il indiqué.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances ne manquera pas d'égratigner son prédécesseur, Pravind Jugnaith, et le précédent gouvernement de l'alliance MSM/MMM en ce qui concerne les pension liabilities avec le transfert des fonctionnaires lors du démarrage de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Ces pension liabilities non comptabilisées depuis le budget présenté au cours du premier trimestre de 2005 pourraient varier entre Rs 700 millions et Rs 1 milliard, selon certaines sources. " Nous travaillons sur le dossier de la MRA pour évaluer ce squellette laissé dans le placard par ce qui est l'opposition aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que dans le cas de Mauritius Post, nous avons dû trouver Rs 330 millions sous forme de pension liabilities, et pour la Development Works Corporation le montant est de Rs 270 millions ", fait-il ressortir.

Le budget pour assurer le maintien de la formule du transpor gratis pour les écoliers et étudiants dans sa formule actuelle devrait être supérieur aux dépenses en 2006-07, soit plus de Rs 600 millions. Le FMI a suggéré au gouvernement de revoir les dépenses encourues à cet item découlant des promesses faites pendant la campagne électorale de 2005. Mais, à ce stade, très peu d'indications sont disponibles quant aux véritables intentions du gouvernement sauf, que le vice-Premier ministre et ministre du Transport public, Rashid Beebeejaun, a fait état d'un audit du système de paiement aux opérateurs d'autobus.

" There already exists a number of control mechanisms which enable the NTA to detect malpractices and withhold compensation. However, a full audit of the present system is being carried out so as to identify shortcomings and reinforce the mechanisms. In case malpractices by bus operators continue, the mode of payment may be reviewed ", a déclaré le vice-Premier ministre et ministre du Transport à l'Assemblée nationale en réponse à une interpellation du député Mahen Jhugroo.

Mais le suspense est toujoirs de mise en ce qui concerne la mise en application de la controversable National Residential Property Tax sur les propriétés immobilières, mesure annoncée dans le dernier budget et qui devra être imposable à partir de septembre prochain. " Vous n'allez pas me demander de révéler la teneur du budget. Attendez le discours du budget pour en savoir plus ", a répondu le vice-Premier ministre et ministre des Finances au sujet de cette mesure faisant figure de trait d'union entre le premier budget et le second de l'Alliance Sociale…


En prévision du budget-Le FMI conscient de la résistance à la réforme

Le dernier Staff Report du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des Article IV Consultatons, rendu public en fin de semaine dernière, représente une revue de la situation économique en prévision de la présentation du budget 2007-08 vendredi prochain. Ce rapport comprend également un catalogue de mesures et recommandations préconisées par le FMI en vue de soutenir l'élan de la réforme économique.

" The Mauritian authorities' commitment to reform remains strong, but there is some resistance within the governing coalition and among the general public. Trade-offs in reform implementation arise between faster reform implementation and public acceptability, and the sequencing of measures would need to be kept under review ", note le FMI en guise de préambule à son analyse de la conjoncture économique. Dans cette perspective, le FMI trouve que des Additional Fiscal Efforts sont nécessaires en vue de réduire le déficit budgétaire pour pouvoir atteindre l'objectif de 3% du PIB à moyen terme.

" While the authorities agreed on the need for further fiscal consolidation, they have not committed to the specific options as some measures, including eliminating VAT Exemptions (and zero rates, including for food fitems) and pension targeting, are politically sensitive ", affirme le FMI qui, semble-t-il, devra attendre le discours du budget de vendredi pour prendre connaissance du policy mix qui sera adopté par le vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Inflation : Le Staff Report du FMI tire la sonnette d'alarme sur la montée de l'inflation en 2006-07 car " headline inflation surged largely by reflecting budgetary measures " et également la politique du taux de change de la roupie. Le FMI s'attend à voir la mise en place de mesures d'urgence pur ramener le taux d'inflation dans la fourchette de 4,5% à 5% à moyen terme en vue d'écarter les entrenched inflation expectations.

Libéralisation des prix : Le FMI se penche en faveur d'une abolition du système de contrôle des prix ou des administered prices. " The IMF staff suggested the authorities systematically review the rationale for using administered prices, with a view to deregulate prices. This review should include an assessment of the largest public enyterprise, such as the State Trading Corporation ", note le FMI en ajoutant que " a close review of price controls - taking into account social implications and the need for accompanying policies - should guide reforms in this area ".

Endettement : Le niveau de l'endettement inquiète le FMI, qui demande au gouvernement d'adopter les mesures préconisées car, " under IMF staff's reform scenario, public debt sustainability would improve ". Le FMI réclame un contrôle des largest public enterprises en vue de réduire les risques financiers. " Most parastatals have borrowed in foreign currency, largely unhedged. These contingent liabilities could be reduced with improved monitoring and clear policy guidance from the debt unit of the ministry of Finance ".

Dépenses : La décision en vue d'adopter le Medium Term Expenditure Framework de trois ans pour tous les ministères à partir de l'exercice financier 2007-08 est accueillie favorablement par le FMI. " The IMF mission emphasized the importance of reallocating fiscal resources (e.g to education, well-targeted social programs and infrastructure) within the context of the overall reform agenda. The authorities highlighted the need to advance the training and reskilling initiatuves ", note le dernier document en date sur l'économie.

Commerce : La libéralisation des échanges commerciaux est un aspect majeur du programme de réforme économique. Une mise en garde du FMI : " As a small economy, it would be relatively difficult to establish the necessary trade infrastructure (e.g antidumping laws) and competition policies to liberalize trade in all sectors ", avance la mission du FMI, qui préconise un " simple and transparent tariff framework with low, uniform rates instead of a duty free island with multiple exceptions ".

Le Staff Report prévient contre une éventuelle baisse du niveau de réserves de devises étrangères à moins de trois mois d'importations et souligne l'importance des réformes dans le monde du travail pour une plus grande flexibilité au niveau des salaires ou encore la nécessité de réduire le coût des emprunts bancaires pour les petites et moyennes entreprises, un des secteurs générateurs d'emplois dans la conjoncture économique.


Dialogue GM/MSPA

Sucre : les divergences attendent le retour du PM

Le dialogue entre le gouvernement et la Mauritius Sugar Producers'Association (MSPA) en vue de conclure un accord sur la réforme de l'industrie sucrière attend le retour du Premier ministre, Navin Ramgoolam, de Hull, pour être relancé. C'est du moins l'impression qui planait en fin de semaine, notamment après la séance de travail réunissant des membres du gouvernement et ceux de l'industrie sucrière sous la présidence du Premier ministre par intérim, Rashid Beebeejaun. Ce sous-comité se penche sur le volet énergétique de la réforme sucrière. D'autre part, Cader Sayed-Hossen, président de la Commission pour la démocratisation de l'économie, Nita Deerpalsing, vice-présidente de cette même instance, et Raja Ramdaursingh, chairman-in-waiting de la State Bank, ont participé aux délibérations du comité sur l'énergie de même que celui sur les autres dossiers de la réforme, placé sous la présidence du ministre de l'Agro-Industrie, Arvin Boolell.

Le constat après une semaine d'échanges entre le gouvernement et la MSPA au sein de ces deux instances est que très peu de progrès auraient été accomplis en vue de pouvoir déboucher sur un deal à être conclu avant la présentation du budget vendredi. Le Premier ministre, qui devra présider une nouvelle réunion avec la MSPA après son retour de mission en Grande-Bretagne, aura du pain sur la planche en vue de réconcilier les différentes positions qui ont vu le jour, pour ne pas dire qui ont été exacerbées.

" Le dossier de la réforme sucrière est très compliqué avec les derniers développements enregistrés. Il y a trop de divergences qui ont surgi pour croire qu'un accord peut intervenir dès le retour du Premier ministre comme nous aurions pu le souhaiter dans l'intérêt de Maurice et de son industrie sucrière ", a indiqué à Week-End un Senior Minister qui suit de très près le bras de fer engagé entre le gouvernement et la MSPA. Il n'a pas voulu s'étendre davantage sur cette question primordiale sur le plan économique et politique, d'autant plus que la confirmation d'une récolte réduite de 465 000 tonnes est venue se greffer aux problèmes existants.

La première zone d'ombre à être éclaircie en l'absence d'un " done deal ", une expression si chère à l'Union européenne pour le sucre, demeure le dossier de la centralisation des sucreries de Mon-Loisir, Mon Trésor Mon Désert (MTMD) et Riche-en-Eau. En principe, l'échéance du 31 mai pour la centralisation sucrière avait été repoussée tacitement le temps que les deux parties arrivent à un accord à plus ou moins brève échéance.

Avec les développements de la semaine écoulée ou encore les divergences sur la route à un accord à long terme sur le sucre, aucune des sources approchées par Week-End n'a voulu se prononcer sur la question en attendant le retour au pays du Premier ministre. Dans un esprit en vue d'accommoder tout accord, la sucrerie de Savannah, qui est partie prenante de la centralisation de la centralisation des deux sucreries du Sud, a repoussé le début de la "roulaison" au lundi 25 juin.

À moins d'un revirement de dernière heure, le spectre de St-Félix, soit fermeture d'usine sans centralisation et avec les salariés payés à chaque fin de mois sans avoir à travailler, se profile à l'horizon pour le personnel de MTMD et de Riche-en-Eau. Ces deux sucreries n'ont pas effectué la maintenance nécessaire pour pouvoir rouler lors de la coupe, qui démarre cette semaine à Union St-Aubin. Mon-Loisir Sugar Estate bénéficierait d'un nouveau lease of life pour la présente récolte sucrière 2007 alors que Belle-Vue et FUEL continueront à se regarder en chiens de faïence au sujet du partage des cannes du factory area de Mon-Loisir.

Du côté de l'industrie sucrière, la répétition du scénario de St-Félix ne semble guère gênante. Avec une production de quelque 4,35 millions de tonnes à usiner pour produire 465 000 tonnes de sucre, les capacités de broyage devront être amplement suffisantes. Mais le plus gros perdant devrait être les salariés de ces compagnies, qui se retrouvent dans un no man's land, soit ne pouvant nullement prétendre bénéficier aux avantages découlant de la mise en application des dispositions du Blue Print ou du Voluntary Retirement Scheme (VRS). L'aspect le plus compromettant demeurent les répercussions sur les engagements pris avec la Commission européenne dans le cadre des mesures d'accompagnement pour le sucre qui demanderont à être évaluées.

Les réunions des sous-comités Beebeejaun et Boolell n'ont permis aux deux parties que de passer en revue les principaux points de litige sans être en mesure d'amorcer une entente. Au sujet des mesures d'accompagnement de l'Union européenne, la MSPA est restée sur sa faim quant à la garantie à l'effet que la répartition de ces fonds se fera selon la formule de 75% à l'industrie sucrière pour les coûts du Blue Print et de 70% pour ceux du VRS. L'industrie sucrière devra attendre l'arbitrage du ministère des Finances à ce sujet.

Le dossier de la bridging finance visant à permettre à l'industrie sucrière d'engager les investissements massifs nécessaires pour enclencher la réforme n'a pas connu de développement majeur. La garantie du gouvernement pour cette bridging finance que ce soit en devises étrangères ou en roupies se fait toujours attendre après les consultations au niveau du State Law Office.

Le statu quo est toujours de mise par rapport à l'introduction de la semaine de 40 heures dans l'industrie sucrière avec le gouvernement et la MSPA prenant chacun l'engagement de revoir leurs dossiers chiffrés en attendant la prochaine réunion. L'absence de précision ministérielle au sujet des changements dans le sharing ratio n'est pas au goût de la MSPA. Le pari pris par le comité Boolell en vue de soumettre un rapport à la fin de la semaine écoulée ne se serait pas réalisé.

Mais l'obstacle dans la voie d'un accord sur le sucre demeure le volet énergétique. La déclaration du ministre des Utilités publiques, Abu Kasenally, lors de la Private Notice Question au sujet d'une equity participation de 50% du Central Electricity Board dans des projets de centrales thermiques charbon/bagasse de l'industrie sucrière, n'est pas venue arranger les choses, pour ne pas dire jeter de l'huile sur le feu.

Pour l'industrie sucrière, le volet énergie demeure le pivot de son avenir avec des investissements dans le secteur du raffinage du sucre et de la production d'éthanol. Mais une aile au sein du gouvernement n'hésite pas à favoriser la possibilité de stand-alone sugar refinery, un peu à la manière d'un précédent projet de raffinerie de sucre dans l'enceinte portuaire alors qu'au sein de l'industrie sucrière le concept de flexi-factories comme c'est le cas au Brésil demeure le modèle à suivre.


Visite officielle- La rencontre Ramgoolam/Johnson jugée significative

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, se félicite de sa rencontre en tête-à-tête avec le Secretary of State for Education britannique, Alan Johnson, qui avait fait le déplacement à Hull à cette occasion. Dans la nouvelle configuration de l'échiquier politique avec le départ de Tony Blair en tant que Premier ministre, Alan Johnson est donné comme favori pour devenir leader adjoint du parti Travailliste et assumer les fonctions de vice-Premier ministre de Gordon Brown.

Dans les milieux proches du Premier ministre, l'on se félicite de ces contacts dans la mesure où un resserrement des liens entre les deux partis est à prévoir et ensuite Maurice s'attend à un traitement différent de la Grande-Bretagne. Lors de cette séance de travail, les dossiers des Chagos et de l'éducation ont été abordés par la partie mauricienne. La coopération bilatérale et celle au sein du Commonwealth ont figuré parmi les sujets discutés. La possibilité du jumelage d'une école de la ville de Hull avec l'une dans la circonscription de Pamplemousses/Triolet a été évoquée.

E début de semaine, le Premier ministre avait prononcé un discours dans le cadre des manifestations organisées par le Wilberforce Lecture Trust Committee pour marquer le bicentenaire de The Abolition of Slavery Act. Il devait faire allusion aux efforts déployés par le présent gouvernement en matière de démocratisation de l'économie et d'empowerment pour l'épanouissement de tout un chacun.

" The fight for the abolition of slavery was a formidable undertaking. The scales were heavily, probably helplessly weighted against success. Its realisation heartens us as we continue today to struggle to restore people to their indeniable rights ", a déclaré le Premier ministre. Il a ajouté que " my own grandfather, Moheeth Ramgoolam, immigrant number 353639, left his village in India, in 1871, travelled to Mauritius as an indentured labourer, lived in dire poverty and grinding toil, broke his health and he died at an early age. " " It is amazing that his son should, within one generation, give freedom to his country of adoption and become the first Prime Minister of free Mauritius. Slavery was abolished but freedom came at a very high price. Many must have found their hopes of a better life dashed ", déclara Navin Ramgoolam.

Au cours de son séjour en Grande-Bretagne, le Premier ministre a eu l'occasion de visiter la Capio Yorkshire Private Clinic où il avait exercé en tant que médecin de 1982 à 1985 et a reçu des étudiants mauriciens inscrits à l'université de Hull. Il a rendu un vibrant hommage à la mémoire d'une des anciennes étudiantes de l'université de Hull, Meera Ramdoyal, qui a péri dans une récente catastrophe aérienne au Kenya.


Court of Investigation

King Fish II et V : confirmation de l'indifférence totale !

Les trois séances de la Court of Investigation lors de la semaine écoulée ont permis au président de cette instance, le Senior Magistrate Benjamin Joseph et ses deux assesseurs, les capitaines Toi et Bo Ronn de la Mauritius Ports Authority (MPA), d'aborder le volet consacré aux conditions de vie et au bien-être des marins-pêcheurs lors des campagnes sur les bancs. En tout cas, les questions pertinentes des membres de la cour d'investigation se sont heurtées jusqu'ici à un véritbale mur d'indifférence de la part des autorités. Les représentants du ministère des Pêcheries, par le truchement du Chief Fisheries Officer, Munesh Munbodh, ont renvoyé toute responsabilité à ce chapitre au ministère du Travail et des Relations industrielles. Les questions relatives aux facilités d'accommodement sur les bateaux de pêche, en particulier les King Fish II et V, demeurent sans réponse pour la cour d'investigation, qui a entamé ses travaux depuis le 10 avril dernier.

L'exemple le plus flagrant d'indifférence enregistré jusqu'ici demeure au niveau de l'absence de réactions des responsables du ministère des Pêcheries devant le non fonctionnement du transpondeur du King Fish II, qui avait obtenu l'autorisation de partir en campagne de pêche sur les bancs depuis le 13 février. L'audition d'Oomarajoo Sunasseee, technical officer des Pêcheries affecté au centre d'Albion, en fait foi.

Le témoin Sunnassee a indiqué à la cour d'investigation que son rôle au centre d'Albion est de procéder au contrôle de tous les bateaux de pêche, locaux aussi bien qu'étrangers, opérant sur les bancs de pêche sous la juridiction de Maurice. De ce fait, une des conditions sine qua non pour l'octroi d'un permis de pêche est que le bateau doit être équipé d'un transpondeur VMS en vue de transmettre régulièrement, soit 12 fois ou 24 fois par jour - dépendant du type de transpondeur - la position du bateau.

Le magistrat Joseph : Aviez-vous été informé au sujet du départ du King Fish II pour la campagne de pêche ?

R : Oui. Le 13 février. Mais le King Fish II n'avait pas appareillé pour les bancs ce même jour. J'ai vérifié sur le Personal Computer du centre d'Albion en vue de confirmer si le bateau transmettait des indications régulières sur ses positions.

Q : Aviez-vous vérifié personnellement si le bateau était parti au moment indiqué ?

R : Non. Je suis basé au centre des Pêcheries d'Albion.

Q : S'il y a un problème spécifique avec le transpondeur d'un bateau, que se passe-t-il ?

R : Le centre d'Albion se sera pas en mesure d'enregistrer les coordonnées du déplacement du bateau.

Q : Saviez-vous si les bateaux King Fish II et V avaient eu des problèmes de transpondeur dans le passé ?

R : I can't recall. Il y a tellement de bateaux concernés.

Q : Quand aviez-vous pris connaissance du fait que le King Fish II n'avait pas transmis ses positions en mer par le truchement du transpondeur ?

R : Only on the 26th of February !

Q : L'autorisation officielle était que le bateau aurait dû partir en campagne de pêche depuis le 13 février...

R : Quand les bateaux de pêche sont à quai, les transpondeurs sont étients. Des fois, même si les bateaux ont obtenu l'autorisation de partir en campagne de pêche, ils restent à quai.

Q : Did you take it for granted that King Fish II did not go ?

R : Yes, on the 13th of February.

À d'autres questions du président de la Court of Investigation, le technical officer du ministère des Pêcheries confirme que les données émanant des transpondeurs des bateaux de pêche en mer sont transmises au centre d'Albion " in real time and on a 24-hour basis ". Il ajoutera que ces données sont également disponibles à la station de la National Coast Guard basée au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport.

" We are first on line and the NCG is connected to the network and receives the same information ", devait-il soutenir à une question du capitiane Bo Ronn, comme pour préciser si le problème aurait pu être noté bien avant le naufrage du 23 février ou encore le 26 février que ce soit par le centre des Pêcheries d'Albion ou la NCG.

En début de semaine, l'audition de Munesh Munbodh a été consacrée en majeure partie aux conditions de vie des marins-pêcheurs sur les bateaux. " We are not aware of the working and living conditions on the fishing vessels ", répondit-il tout simplement aux questions répétées de Benjamin Joseph.

Le magistrat Joseph (cachant difficilement son étonnement devant la réponse) : Is it not the concern of the ministry of Fisheries ? The living conditions and the accommodation amenities provided are none of the concern of the minstry ?

Munbodh : It is not a clear-cut responsibility…

Le magistrat Joseph : What about the welfare of fishermen ?

Munbodh : Il y a des questions qui relèvent du ministère du Travail et des Relations industrielles.

Le témoin ajouta que pour l'octroi de tout permis officiel pour la campagne de pêche sur les bancs, le ministère s'intéresse à deux choses précises, le clearance et la police d'assurance au nom des marins-pêcheurs. " There is not much said in the law ", devait-il soutenir en réponse à une question du président de la cour au sujet des exigences légales. Il fit état de consultations en cours entre les ministères des Pêcheries et de la Marine par rapport à des amendements envisagés en vue de revoir la situation.

Le magistrat Joseph : Êtes-vous au courant des conditions d'hygiène à bord de ces bateaux de pêche ?

R : Non.

Q : Le ministère a-t-il déjà effectué un survey sur les conditions de vie et de travail des marins-pêcheurs sur les bancs ?

R : Not really ! We wanted to have a look on the conditions of employment of the fishermen. Mais nous n'avions pu avoir avoir accès au document de l'engagement en l'absence de coopération des propriétaires de bateaux de pêche. Nous ne pouvons progresser dans notre démarche.

L'importance de la communication a été mise en exergue. " We have put much emphasis on the fact that the skippers should communicate with the Port Louis Harbour Radio and the NCG outstation in Saint-Brandon ", a décaré Munesh Munbodh. L'absence de tables de navigation appropriées sur ces bateaux de pêche a été relevée.

Le manque de formation à l'intention des matins-pêcheurs est aussi évoqué et le Chief Fisheries Officer a signifié l'intention du ministère de proposer des programmes de formation sous l'égide du Maritime Training Centre du ministère de tutelle. Un comité comprenant des représentants des ministères des Pêcheries, de la Marine, de la National Coast Guard, de la Mauritius Ports Authority et de la Port Louis Harbour Radio a été constitué pour piloter un projet de formation à l'intention des skippers.

Le mot de la fin au sujet de la formation des skippers des bateaux de pêche sur les bancs devait revenir au Senior Magistrate. " The paradox is that somebody who operates a pleasure craft must pass a competency test an there is no need for same for skippers on board ships going fishing on the banks. That is the case as matters stand today ", devait lâcher Benjamin Joseph.


Le Dry Dock Master : " A liferaft is not safe in cyclonic conditions "

La déposition du Dry Dock Master de Taylor Smith, Pierre-Yves Rochecouste, devant la Court of Investigation au cours de la semaine écoulée est venue apporter une précision de taille au sujet de la fiabilité des canots de sauvetage se trouvant sur les bateaux. Invariablement aux questions du président de l'enquête, Benjamin Joseph, ou de Me Rex Stephen, qui assure un watching brief pour le compte de la compagnie Hassen Taher Seafoods Limited ou des représentants du State Law Office, Me Ajay Gunjah et Me Diya Beessoondoyal, ce spécialiste des canots de sauvetage a soutenu que " definitely a liferaft is not safe in cyclonic conditions ".

Le témoignage du Dry Dock Master s'impose dans le cadre de cette enquête vu que c'est lui quia effectué les derniers tests sur les canots de sauvetage des King Fish II et V. Le canot se trouvant sur le King Fish II a subi les derniers tests à la fin de juillet 2006 à la station spécialisée de Taylor Smith. Il a fourni à la cour des détails techniques à ce sujet. Il a rappelé que lors de ce test, l'emergency kit du canot de sauvetage du King Fish II fut remplacé. L'exercice pour le King Fish V fut effectué en janvier 2007, soit un mois avant le naufrage du 23 février dernier. Le canot de sauvetage du King Fish V remonte à 2003 alors que celui du King Fish II à 1996.

Me Beessoondoyal : Un canot de sauvetage comme celui se trouvant sur le King Fish II peut-il résister dans des conditions cycloniques ?

R : A liferaft can take water very easily. It is only 60 centimetres from the level of the sea. If you put 25 persons in it, it can easily sink. It can also capsize…

Q : So, a liferaft is not safe in cyclonic conditions ?

R : Definitely !

Pierre-Yves Rochecouste réitérera les mêmes réponses aux autres questions de la cour au sujet de la sécurité dans les canots de sauvetage. Le président Benjamin Joseph ajouta que " liferaft serves no purpose in cyclonic conditions and in rough seas if I have understood well ! " Mais le Dry Dick Master devait indiqué que le King Fish II était doté d'un " ocean-going liferaft avec tous les équipements nécessaires en cas d'urgence aussi bien de quoi manger et boire. "

Le Dry Dock Master a aussi fourni des explications sur ce qui reste des cordes du canot de sauvetage ramené du King Fish II drossé sur un banc de sable au large de l'île Cocos à Saint-Brandon.

" Looking at the exhibits, the liferaft has been triggered. But I can't say if it is a deliberate action. Maybe it has just parted ", laissa-t-il entendre aux membres de la cour d'investigation.

A une question du capitaine Bo Ronn, un des assesseurs, Pierre-Yves Rochecouste n'écarta pas la possibilité que le canot de sauvetage ait pu s'envoler comme un cerf-volant avant qu'il ne soit mis à l'eau en tenant en ligne de compte les rafales à une vitesse maximale de 165 km/h lors du passage du cyclone Gamede dans les parages de l'archipel de Saint-Brandon.


Certificats de "seaworthiness" : les procédures à la loupe

La cour d'investigation a passé à la loupe les procédures pour l'octroi des certificats de navigabilité des King Fish II et V. Les principaux témoins entendus à ce sujet au cours de la semaine écoulée sont le Senior Marine Engine Surveyor Enrico Donat et le Senior Navigational Surveyor, le capitaine Asiva Coopen, du ministère de la Marine.

Le témoin Donat a déclaré que les six déficiences relevées sur le King Fish II lors de l'inspection effectuée en 2006 furent rectifiées par les propriétaires du bateau avant que le certificat ne soit octroyé après une nouvelle vérification des améliorations recommandées. A des questions des membres de la cour, Enrico Donat a trouvé que " sleeping accommodation on the fishing vessel and conditions of hygiene are not part of the hull and machinery survey. " " My colleague from the navigation survey department of the ministry would be able to answer such questions ".

De son côté, le capitaine Asiva Coopen a été longuement interrogé au sujet des équipements de sauvetage et autres instruments de navigation à bord du King Fish II. " Les critères de survey pour le personnel ne s'appliquent pas dans le cas des bateaux de pêche de moins de 15 tonnes ", a tout simplement répondu le spécialiste du ministère de la Marine aux questions de la cour.

Benjamin Joseph : Selon les définitions dans la marine, un pêcheur sur un bateau ne fait pas partie de l'équipage. Saviez-vous que sur le King Fish II et le King Fish V, il y avait un seul membre d'équipage sur chacun des bateaux, soit le skipper ?

Le capitaine Coopen : I'm not aware.

Q : Une telle situation est préoccupante sur le plan de la sécurité des pêcheurs se trouvant à bord du bateau. Si le capitaine est indisposé, qui sera responsable pour la suite des manœuvres en mer ?

R : I'm surprised.

Définissant la composition d'un équipage d'un bateau, le capitaine Coopen devait mentionner un skipper, un second, un ingénieur qualifié et un assistant ingénieur, ajoutant que ces membres d'équipage doivent avoir une bonne expérience de la mer avant d'assumer ces fonctions.

Avant l'ajournement des travaux à la fin de cette semaine, le capitaine Coopen a été confronté à des copies des navigation charts du King Fish II. Il devait trouver que " these are not navigational charts but they have been used over the years. "


Le Senior Magistrate Jospeh : " Cette enquête se déroule dans la transprance totale "

Le président de la Court of Investigation, le Senior Magistrate, Benjamin Joseph, s'est appesanti sur le fait que l'enquête portant sur le double naufrage des King Fish II et V le samedi 23 février, au large de Saint-Brandon, se déroule dans la transparence et en public. Cette assurance a été donnée aux parents des 16 marins-pêcheurs portés disparus. Cette garantie a été réitérée en présence de Mario Jolicoeur, responsable du Centre diocésain du monde ouvrier (CDMO), qui assure un encadrement des familles des victimes de ce double drame en mer.

En réaction à des commentaires des parents de victimes en fin de semaine, le président de l'enquête a déclaré que " nous tenons à rassurer les familles des victimes de ce double drame. " " Nous ne nous limiterons pas aux seuls témoignages des autorités et des propriétaires des bateaux. Tout se fait dans la transparence. Les séances d'auditions se déroulent en public et n'importe qui peut venir suivre les dfélibérations ".

Tout en affirmant que la cour d'investigation ne tient aucun reproche aux membres de l'Association des familles des marins-pêcheurs, Benjamin Joseph avance que " la cour est disposée à écouter les membres des familles des victimes. " " Il suffit qu'ils se manifestent et nous consignerons leurs témoignages. Cette cour n'a pas l'intention d'exclure qui que ce soit. Les portes de cette cour restent ouvertes à qui veut témoigner en vue de faire la lumière sur ce double naufrage en mer ".

Benjamin Joseph a rappelé les deux principaux mandats de la cour d'investigation, soit enquêter sur les circonstances du naufrage et soumettre des recommandations pour renforcer la sécurité à bord des bateaux de pêche et pour assurer la formation des pêcheurs sur les bancs. " Dès sa mise sur pied, la Court of Investigation avait lancé des invitations à témoins. Nous n'avons reçu aucune réponse aux communiqués publiés dans la presse et diffusés à la radio et à la télévision ", a poursuivi le président, qui a ajouté que la cour d'investigation siège en public trois fois par semaine, cela depuis le 10 avril.


Ce matin

Concertations des parents des disparus en mer

Quatorze semaines après le drame en mer à Saint-Brandon ayant coûté la vie à 16 marins-pêcheurs, l'Association des familles des marins-pêcheurs disparus s'est manifestée pour réclamer des comptes sur cette affaire aux autorités concernées. Bénéficiant de l'encadrement du Centre diocésain du monde ouvrier (CDMO) sous le leadership de Mario Jolicoeur, les proches des victimes du naufrage des King Fish II et V s'organisent pour faire entendre leur voix, que ce soit au niveau de la Court of Investigation ou dans d'autres forums en vue d'attirer l'attention sur des zones d'ombre autour de cette affaire.

Selon les recoupements d'informations effectués par Week-End, les responsables de l'association se réuniront ce matin en vue de décider de la marche et de la stratégie à être adoptées pour les prochaines étapes. La prioritié des priorités est de prendre avantage de la déclaration formelle du président de la Court of Investigation, le Senior Magistrate Benjmain Joseph. Ce dernier a rappelé vendredi que cette enquête est disposée à entendre des témoins susceptibles de faire la lumière sur ce drame.

La réunion du jour vise à permettre à l'Association des familles des marins-pêcheurs disparus de bénéficier d'un soutien logistique en termes d'encadrement légal pour la préparation des dossiers et des dépositions devant la cour. " Nous ne disposons pas de l'expertise voulue et des volontaires ont accepté de nous aider dans cette démarche. Nous allons discuter de toute la question et mettre au point un programme de travail ", a déclaré à Week-End Mario Jolicoeur. L'objectif de l'association est que " la vérité lor sa zafer nofraz-là bizin éklaté ".

Lors de la présentation de l'association à la presse, jeudi dernier, Nathalie Spéville, la présidente, souligne que " ziska ler nu pa ine gagn oken répons positif. " " Nu bien dan lapeine ek dan la sufrans. Ena buku mistère ki pé plané lor sa zafer nofraz-là. Bato kulé St-Brandon. Mé gagn zilé sovtaz lot koté Moris. Nu bizin koné ki pé pasé dan lanket. Des zones d'ombre doivent être élucidées ". Elle s'est élévée contre certaines déclarations faites devant la Court of Investigation.

Nathalie Spéville, qui révèle que l'association comprend onze épouses de pêcheurs disparus, onze enfants âgés entre 3 et 10 ans, deux de moins d'un an, neuf de 10 à 17 ans et cinq de plus de 17 ans, s'est également interrogée sur les fonds recueillis lors du télédon organisé sous l'égide de la municipalité de Port-Louis. " Ti kapav servi sa kas ki fine gagné là pu aide bann fami péser qui truv zotte dans difikilté. Mé ziska ler pa tan okenn son lor la " a-t-elle déclaré.

Mario Darga, dont deux fils ont péri sur des naufrages lors des campagnes de pêche sur les bancs, a fait état du manque de sécurité sur les bateaux de pêche. " Lor bato, sékirité pa ekzisté. Péna okenn kontrol lor bato kan zot kit lépor. Saki missié Hassen Taher désidé, samem ki lotorité aksepté ", avança-t-il en se basant sur ce qu'ont vécu ses deux fils.

" Ena ène véritab mystère ki bizin éklairsi. King Fish II ek V fer nofraz lil Koko Saint Brandon. Me gagn gilé sovtaz lor lakot Moris, soit akot Albion ek Cam-Malheureux. Li bien drol sa zafer-là. Pou bizin konne la vérité dans sa zafer-là. Enn zafer qui mari mystérié c'est ki okenn léfé personnel bann péser-là pa finn ramassé lor lamer. Sa fer nu poz nu kestyon lor ki kapav ine passé. Ena anguille sous roche ", a avancé Mario Darga.

Joseph Menesse, dont deux frères sont portés disparus en mer depuis le 23 février dernier, a fait état des difficultés rencontrées par les parents des victimes lors de leurs démarches pour une assistance auprès des autorités. " Kot allé pu essaye gagn ène l'aide pu bann zanfan zotte diman l'acte désé. Mé nu péna. Minis Valayden di tir ki li pu fer nu gagn sa dokima dan 100 zur. Ziska ler zéro plombaz. Minister ti dir bann madam-là ki travay zot oulé fer, ki lakaz zot bizin. Me nanyen pa finn trouvé apré. Propriéter lakaz pé zet zot déor parski pa pé kapave payé. Kot bann ministre ki ti fer promesse-là ", devait-il conclure en souhaitant voir les autorités honorer leurs engagements.


Bradage et privatisation de la mer en vue

Mobilisation contre le Aquatic Business Activities Bill

"Pa touss nou lamer !". Ce slogan va être sur toutes les lèvres bientôt. Et pour cause, le ministère de l'Agro-Industrie du Dr Arvin Boolell a concocté un projet de loi du nom de Aquatic Business Activities Bill qui vise à privatiser des pans entiers de la mer et à les louer à bail à des promoteurs d'aquaculture. Bien que le texte ait circulé sous le manteau, des organisations non-gouvernementales et de pêcheurs ont pu en obtenir copie.

La résistance s'organise déjà et une mobilisation est déjà notée sur la côte ouest où une pétition en circulation demandant le retrait de ce projet considéré comme scandaleux a recueilli les signatures des trois députés de Savanne/Rivière Noire, Alan Ganoo, Maya Hanoomanjee et Dany Perrier. Vassen Kaupaymoothoo, environnementaliste a, de son côté, décidé de prendre son bâton de pèlerin et de faire le tour de l'île en vue de réunir le plus grand nombre de signataires pour dire "pa touss nou lamer !".

Obtenir un bail marin sera comme aller s'approvisionner au supermarché puisque, selon la Aquatic Business Activity Bill, "any person who wishes to obtain a licence shall make a written application to the Minister" les seules conditions étant que ce soit des Mauriciens qui fassent la demande et que les compagnies étrangères, elles, devront inclure une participation à hauteur de 20% de Mauriciens.

La section 6 du Aquatic Business Activities Bill prévoit à la clause 7 que "any area of castal waters which is the subject of a lease shall, notwithstanding article 538 of the Code Civil Mauricien, cease to form part of the" domaine public "while the lease is in operation".

Cette section 538 du Code Civil est ainsi libellée: "les chemins, routes et rues à la charge de la nation, les fleuves et rivières navigables ou flottables, les rivages,lais et relais de la mer, les ports, les havres,l es rades, et généralement toutes les portions du territoire national qui ne sont pas susceptibles d'une propriété privée, sont considérées comme des dépendances du domaine public".

Les parties louées, selon ce projet de loi qui, sans nul doute, a suscité de très vives réactions, seront connues comme des "marked off areas". La section 7 du projet de loi qui traite des "marked off areas" stipule à la clause (1) que "where the Minister has agreed to grant a lease of coastal waters, he shall cause the area of coastal waters leased to be clearly and visibly marked-off in such a manner as may be prescribed".

Plus loin et plus grave, à la clause (2) il est prévu que "subject to the conditions of the lease, a lessee shall have a right of exclusive occupation of a marked-off area" et à la clause (3) "any person who has entered a marked-off area shall, on being requested to do so by the lessee or an enforcement officer, leave the area forthwith". Les infractions à cette loi vont d'une amende de Rs 100 000 à 12 mois de prison.

Ce projet est, rappelons-le, censé favoriser l'aquaculture et le "seafood hub".


Olivier Bancoult :

"Nous pé prépare nou rétour back to paradise !"

La communauté chagossienne a déjà commencé à réfléchir sur les mesures qui devront être prises quand elle regagnera l'archipel. Olivier Bancoult lance un appel au gouvernement britannique pour la réhabilitation des îles et insiste qu'une compensation financière doit être donnée aux membres de la communauté au plus tôt. Ces requêtes seront plus longuement discutées lors d'une assemblée générale prévue le dimanche 17 juin au centre social de Pointe-aux-Sables à partir de 10h. Par ailleurs, le leader du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) demande au gouvernement mauricien de définir le plan qu'il a pour cette communauté. Concernant le jugement récemment rendu par la cour de Londres, Olivier Bancoult dit croire que le gouvernement britannique ira davantage dans le sens des solutions plutôt que de faire appel.

Suivant le jugement rendu en faveur du peuple chagossien par la cour de Londres, Olivier Bancoult rappelle : "Les Chagossiens peuvent rentrer à tout moment s'ils ont un moyen de transport." En ce moment, précise le leader du GRC, c'est à ce retour que se préparent les Chagossiens. "Nous pé prépare nou rétour back to paradise !" a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse hier.

Le dimanche 17 juin, il compte présenter un plan préparé en ce sens aux membres de la communauté invités à prendre part à l'assemblée générale prévue à Pointe-aux-Sables. "Certains croient que nous n'avons rien planifié. Ce plan a été réalisé avec l'aide d'un groupe d'experts et vise à faciliter le retour des Chagossiens dans leurs îles", explique-t-il.

La compensation aux Chagossiens sera l'autre thème de la rencontre de dimanche prochain. "Le gouvernement britannique doit faire le nécessaire pour que les membres de la communauté reçoivent une compensation au plus tôt. Nos objectifs en ce sens n'ont pas changé. Nou bizin capav rétourn lor nou later ek gagn compensation !"

Le plan sur lequel il compte élaborer la semaine prochaine propose différentes activités sur l'île pour permettre à la communauté d'y vivre. "L'eau potable, par exemple, ne sera pas un problème. Et nous serons en mesure de développer l'île. Il y a des gens qui sont disposés à nous aider à cela."

Olivier Bancoult est confiant que Péros Banhos, Salomon et autres pourront atteindre le même statut de développement qu'a connu Diego Garcia. Dans ce processus, il estime qu'il est de la responsabilité du gouvernement britannique de réhabiliter les infrastructures de l'archipel. Olivier Bancoult précise qu'à leur retour dans leurs îles, les Chagossiens devront bénéficier des mêmes facilités que celles disponibles ailleurs en termes de communications, de transports aérien et maritime, de technologie informatique, d'éducation, de services de santé, entre autres.

Aussi, ajoute-t-il : "Nous avons des jeunes qui se perfectionnent dans ces domaines et nous pouvons aussi recevoir la formation nécessaire à cela. La communauté est prête." Selon Olivier Bancoult, le GRC ne réclame pas la fermeture de la base militaire américaine ; "nous pré pou cohabiter", dit-il.

Dans la lutte enclenchée, Olivier Bancoult fait ressortir : "Il ne faut pas croire que nous avons abandonné parce que nous avons désormais un passeport britannique. Même avec cela nous n'avons pas hésité à défier le gouvernement britannique. Notre dignité n'est pas à vendre !" Il ajoute que l'heure est venue pour Maurice de "définir son plan" pour la communauté chagossienne.

Concernant le récent jugement rendu, il est d'avis que le gouvernement britannique ne fera pas appel, mais qu'il cherchera plutôt une solution. "Certains parlementaires font pression en disant enough is enough !. Avec cette affaire, la communauté internationale a les yeux rivés sur la Grande Bretagne qui s'était présentée comme un champion des droits de l'Homme pendant toutes ces années."



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 10 juin 2007