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Droit au travail
Conditions difficiles dans certains secteurs d'activités
Les mouvements syndicaux ont commencé à tirer la
sonnette d'alarme concernant certaines pratiques allant à
l'encontre des droits et les lois du travail au sein de différents
secteurs d'activités. Les deux derniers cas portés
devant le Labour Inspectorate du ministère du Travail et
qui défient les législations en vigueur, portent
sur les heures de travail imposées à des employés
d'une entreprise offrant ses services à des compagnies
aériennes et la décision d'un employeur du secteur
de la construction d'éliminer le "tea time"
et de la greffer aux heures de déjeuner.
Le Front travayer sekter privé (FTSP) suit de très
près les différents cas qui, indique-t-il, porteraient
atteinte aux droits acquis des travailleurs à Maurice.
"Les discussions avec les employeurs n'ayant rien donné,
nous avons décidé de faire appel au ministère
du Travail pour rétablir les droits de ces travailleurs.
Il y a certaines pratiques du patronat dans certains secteurs
d'activités qui font réellement peur actuellement",
déclare Rea Chuttoo, négociateur de la FTSP, affilié
à la Federation of Progressive Union.
Dans le premier cas, une première réunion a été
fixée pour juin en vue de trouver une issue concernant
les termes du contrat signé entre une centaine d'employés
et une entreprise de "catering" pour le compte
des compagnies aériennes. Le contentieux repose en effet
sur le nombre d'heures imposées aux employés pour
qu'ils soient éligibles aux heures supplémentaires.
"Les travailleurs ont signé un contrat stipulant
qu'ils doivent abattre 45 heures de travail par semaine avant
d'obtenir des heures supplémentaires. Or, cette loi s'applique
uniquement à la zone franche. En sus de ça, les
contrats stipulent que ceux travaillant sur un système
de "shift" seront éligibles aux heures supplémentaires
"by the end of pay period", soit après un total
de 195 heures de travail. Il n'y pas de système de "shift"
puisque les travailleurs travaillent "on odd and irregular
hours" puisque les heures de travail dépendent sur
l'arrivée des avions, alors que même la zone franche
n'impose pas 195 heures de travail à ses employés",
explique le négociateur de la FPU.
Ce dernier indique que les "casual workers" au sein
de cette même entreprises feraient face aux mêmes
problèmes, alors que la Labour Act stipule qu'ils
ont droit à des heures supplémentaires après
huit heures de travail par jour. "Nous avons donc suivi
les procédures en discutant d'abord avec l'employeur avant
de porter l'affaire aux autorités concernées. On
ne peut pas continuer à violer les droits des travailleurs
de cette façon. Cela se passe également au sein
d'une entreprise de construction qui n'a trouvé d'autre
solution de proposer que la "tea time" pour le matin
et l'après-midi soit ajoutée aux trente minutes
du déjeuner", ajoute-t-il.
"Manzé bwar dan la pousyer"
Selon le syndicaliste, c'est ce que tenterait de faire une entreprise
de construction ayant décroché un contrat pour l'exécution
d'un projet d'Integrated Resort Scheme (IRS). Cette décision
résulterait du fait que le site de construction serait
trop éloigné de du "mess room" et que
les travailleurs prendraient 10 additionnelles en sus des quinze
minutes autorisées pour le "tea time" pour s'y
rendre et retourner sur leur lieu de travail. "L'employeur
avait dans un premier temps accepté d'installer une pièce
près du site de construction avant de se raviser et d'inviter
les employés à signer un document attestant qu'ils
sont disposés à ne pas prendre les heures de thé
le matin et l'après-midi. En d'autres mots, un travailleur
de ce secteur qui quitte sa maison à 5h-5h30 du matin devra
attendre au minimum 6 heures avant de pouvoir se reposer et manger
quelque chose, alors que nous savons tous que ce secteur demande
beaucoup d'efforts physiques. Il est clair que c'est de la mauvaise
foi, d'autant que l'employeur leur aurait proposé qu'il
pourrait manger leur pain sur le site. kouma dir zot oblizé
manzé bwar dan la pousyer. Où est le respect des
droits humains ? Il est également clair que les travailleurs
vont signer ce document sachant qu'ils sont employés sous
contrat pour une année et qu'ils risquent de ne bénéficier
d'aucun renouvellement au cas où ils refuseraient d'y apposer
leur signature", fait-il remarquer.
Le syndicaliste indique que les arguments mis en avant par l'employeur
sont que cette mesure permettrait à l'entreprise de "gagner
en productivité". "C'est intolérable.
C'est un langage qui a été occasionné par
le gouvernement avec son National Pay Council (NPC). Mais nous
n'allons pas rester les bras croisés. Nous allons avertir
la commission des droits humains, le ministre de la Justice et
les syndicats de la construction à l'étranger. Nous
n'écartons pas la possibilité d'organiser des manifestations
bientôt eu égard à la violation des droits
des travailleurs dans certains secteurs d'activités",
prévient-il.
Au centre de dialyse de Flacq
La RDPA réclame une néphrologue à plein
temps
Les patients du centre de dialyse de Flacq, regroupés au
sein de la Renal Disease Patients Association (RDPA), réclament
un spécialiste pour ce centre. C'est ce qu'ils ont fait
ressortir lors d'une conférence de presse vendredi dernier,
ajoutant que, depuis l'ouverture de ce centre il y a trois ans,
"ce sont des médecins généralistes,
la plupart des jeunes qui viennent de terminer leur internat,
qui effectuent le traitement".
Bose Soonarane, secrétaire de cette association, a ainsi
fait état des nombreuses difficultés que rencontrent
les patients dialysés habitant la région est de
l'île en traitement au centre de Riche Mare. Selon la RDPA,
au lieu de référer les patients à l'hôpital
de Flacq après leur session de dialyse, le ministère
de la Santé pourrait revoir les choses afin que ces traitements
soient effectués au centre de Riche Mare.
"Nous avons beaucoup de complications de santé.
Ce n'est pas évident à chaque fois, alors que nous
faisons nos dialyses notamment durant 6 heures trois fois par
semaine à Riche Mare, de faire notre traitement à
l'hôpital de Flacq. Nous souhaitons que le ministère
prenne en considération les difficultés que nous
encourons et rectifie le tir en aménageant le centre de
Riche Mare pour que nous puissions y effectuer nos traitements",
soulignent les membres de la RDPA.
Déplorant certaines conditions, notamment la longue attente
du transport, l'état du véhicule dans lequel ils
sont transportés à l'hôpital de Flacq, ainsi
que l'alimentation, les membres de la RDPA souhaitent que le ministère
de tutelle agisse. De même, ajoutent-ils, si le personnel
du centre de dialyse de Flacq est très compétent,
les patients dialysés estiment qu'un néphrologue
ainsi qu'un nutritionniste à plein temps sont nécessaires.
"Cela assurera un meilleur suivi de chaque patient. En
ce moment, à chaque fois que nous allons au centre, c'est
un jeune médecin qui nous ausculte", indiquent-ils.
Ces derniers souhaitent également qu'une pharmacie y soit
aménagée.
La RDPA fait ressortir que, depuis juin 2006, ils ont sollicité
une rencontre avec le ministre de la Santé, Satish Faugoo,
mais leur requête est restée sans réponse
à ce jour, malgré les maints rappels. C'est une
accumulation de problèmes que rencontrent les dialysés
qui ont poussé ces derniers à se regrouper en association.
L'objectif de la RDPA est de promouvoir le bien-être des
dialysés. Dans cette optique, l'association lance un appel
aux personnes se faisant soigner pour insuffisance rénale
de se joindre à l'association.
Bose Soonarane fait également ressortir que les patients
dialysés sont toujours en attente de l'entrée en
vigueur du Human Tissue Bill (HTB), récemment présenté
au Parlement. "Ce Bill est resté dans les tiroirs.
Nous attendons que le board soit vite constitué afin que
ceux qui sont en attente de dons d'organes puissent être
opérés", souligne Bose Soonarane. De même,
la RDPA souhaite qu'un de leurs membres siège au sein du
conseil qui s'occupera du HTB.
Démission du président du TFSMC, jeudi dernier
Siv Potayya : "Le système en place au centre cardiaque
encourage les inégalités entre les classes"
Après avoir été à l'origine de différentes
polémiques au sein du centre cardiaque de Pamplemousses
ces derniers temps, Siv Potayya a, cette semaine, soumis sa démission
de la présidence du Trust Fund for Specialised Medical
Care - TFSMC. Il avait été nommé à
ce poste par le Premier ministre suite aux législatives
de 2005. Si certains se réjouissent de son départ,
avançant que "c'est une bonne chose pour le centre",
le démissionnaire explique que sa décision fait
suite à "un ras-le-bol accumulé pendant
17 mois". "Je faisais face à un système
institutionnalisé de tolérance permanente et enraciné
dans de la terre ferme".
"Le problème se situe au niveau du centre, concernant
la mise en application des décisions", indique
Siv Potayya. Selon lui, le système en place au centre cardiaque
"encourage les inégalités entre les classes
favorisées et les classes défavorisées alors
que l'État a pour obligation d'amoindrir ces inégalités".
Ce seraient les récentes prises de positions du président
du TFSMC, mal accueillies par de nombreuses personnes, et même
à plus haute instance qui auraient forcé Siv Potayya
à soumettre sa démission, avancent certaines sources.
La goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase est sa
visite à une famille qui a perdu un de ses membres à
la suite d'une intervention au centre cardiaque. Si dans un premier
temps il a été question de révocation, certaines
sources soutiennent que Siv Potayya a été amené,
malgré lui, à soumettre sa démission jeudi
dernier.
Toutefois, le démissionnaire assure : "Autant que
je sache, il n'a jamais été question de révocation
ou que je sois amené à soumettre ma démission.
C'est d'un commun accord avec le ministre de la Santé,
Satish Faugoo, que j'ai pris cette décision." Une
correspondance en ce sens a été envoyée au
Premier ministre. "Mon sentiment de ras-le-bol a pris
le dessus", souligne-t-il.
Déplorant les problèmes qui existent, le démissionnaire
indique que "le cardiaque centre est un service public
qui, malheureusement, a deux sources, notamment les hôpitaux
et les cliniques privées which provide the patients
to the centre. Pour ceux qui se rendent à l'hôpital,
les procédures sont longues avant qu'ils n'entrent, par
chance, dans le circuit pour accéder au centre cardiaque.
Par contre, pour la deuxième catégorie de patients,
ceux qui ont les moyens de se rendre dans les cliniques privées,
un seul coup de téléphone leur donne accès
au centre cardiaque. De plus, ce sont les mêmes médecins
qui traitent ces patients dans le privé qui s'occupent
d'eux au centre". Selon lui, cette deuxième catégorie
cause un déséquilibre parmi l'autre catégorie
de Mauriciens et "c'est injuste". D'où
ses prises de positions pour éliminer "ce favoritisme",
et la décision du board en avril dernier d'obliger tous
les patients à passer par les hôpitaux régionaux
avant d'accéder au centre cardiaque.
S'il conçoit que les patients issus des cliniques privées
et transférés au centre cardiaque lèsent
les patients sur la liste d'attente, Siv Potayya est d'avis qu'il
faut trouver une solution pour les cas d'urgences, cela malgré
les règlements du centre concernant les procédures
d'admission. "Quand on dit urgences, c'est qu'il faut
sauver des vies. Mail il s'agit d'une question pertinente à
double tranchant", dit-il. D'un côté, si
le centre acceptait de ne pas s'attarder en cas d'urgences aux
procédures administratives, ce serait la porte grande ouverte
à tous, estime Siv Potayya. De l'autre, en refusant, c'est
pénaliser les patients. Selon lui, cette question requiert
une policy decision du gouvernement. Il fait ressortir
que le TFSMC Act prévoit que le centre peut réclamer
certains frais médicaux. "Il est également
stipulé que le ministre de la Santé peut apporter
des amendements afin d'accepter ces paiements. Toutefois, cette
loi date d'une quinzaine d'années et il n'y a jamais eu
de government notice", souligne le démissionnaire.
Selon lui, la solution afin d'éviter les conflits serait
de faire publier le government notice et faire payer les
frais à ceux qui en sont capables.
La démarche du président du TFSMC en mars dernier
- se basant sur la loi encadrant les employés du TFSMC
et estimant que les médecins du centre étaient interdits
à la pratique privée - d'appliquer les règlements
avait également suscité une vive réaction
dans les milieux médicaux. La question a été
revue et le ministre de la Santé avait tranché en
assouplissant les règlements et accordant l'autorisation
à toute demande des médecins au TFSMC pour avoir
droit à opérer au privé. Le conseil d'administration
a de ce fait décidé d'imposer aux chirurgiens cardiaques,
cardiologues et anesthésistes les mêmes conditions
- placées sous la section 6 du Public Health Act - applicables
aux médecins spécialistes du secteur public, une
demande en écrit qui sera au préalable considérée
par le board du centre.
Concédant qu'il a effectivement rendu visite à la
famille d'un défunt suite au décès de ce
dernier au centre cardiaque, Siv Potayya soutient que sa démarche
visait à "se rassurer de la responsabilité
du centre". Selon lui, en tant que président,
il craignait que la responsabilité du centre puisse être
engagée. "J'ai rencontré quelqu'un qui s'est
fait passer pour le frère du défunt, mais à
aucun moment j'ai incité qui que ce soit à poursuivre
un médecin quelconque, comme on veut le faire croire. Je
suis un avocat. Je ne suis pas fou", dit-il. Selon Siv
Potayya, ses prises de positions sont mal accueillies par certains
car "l'environnement politique n'est pas prêt à
ce changement, notamment par rapport au scarcity area et
le manque de chirurgiens cardiaques".
Assurant qu'il n'a aucun problème au sein du board et que
lors de la quinzaine de réunions qui ont eu lieu tout s'est
toujours déroulé dans une ambiance démocratique,
Siv Potayya souligne toutefois qu'il y a "une perception
que je n'entretiens pas de bonnes relations avec Dr X ou Dr Y."
"Mais mon rôle ce n'est pas d'entretenir une relation
quelconque avec quiconque. Mon rôle c'est d'agir au niveau
du conseil d'administration et il incombe au directeur exécutif
d'appliquer les décisions". Selon lui, sa décision
ne relève ni d'un problème relationnel, ni de personnalité,
mais d'un problème institutionnel. "Tout le temps,
il y a eu une certaine façon de faire et c'est très
difficile de casser ça maintenant", souligne le
démissionnaire.
16 jours, 16 droits pour les enfants
Début timide pour une campagne pertinente !
La quatrième édition de la campagne de sensibilisation
sur les droits des enfants a démarré vendredi dernier.
Dans un contexte où les statistiques sur la violence et
abus de tout genre à l'égard des enfants, sont loin
d'être rassurantes, cette campagne a, plus que jamais pour
objectif d'interpeller les adultes. Mais, malheureusement, au
bout de trois ans, c'est une campagne qui semble avoir perdu de
son dynamisme qui a été relancée
C'est un lancement plutôt tiède qui a donné
le ton à la campagne de sensibilisation sur les droits
des enfants, jeudi dernier. La campagne nationale est à
sa quatrième édition. Et depuis qu'elle fait partie
intégrante de la stratégie de prévention
en matière de lutte contre la violence à l'égard
des enfants, c'est la première fois que cette activité
débute aussi timidement. D'ailleurs, la présentation
du programme dans les locaux du ministère des Droits de
la femme, par la ministre de tutelle, Indira Seebun, aura été
peu explicite et laissant du coup plus d'un sur leur faim ! Pourtant,
cette campagne s'avère importante dans le processus de
prévention et elle reste un support concret pour tout pédagogue
et spécialiste de l'enfance. Notamment, ceux qui encadrent
les enfants nécessitant un accompagnement ou en réhabilitation
! Certains travailleurs sociaux estiment que la campagne de 16
jours, 16 droits pour les enfants a, actuellement, besoin d'un
nouveau souffle. Le programme élaboré cette année
accorde une grande place aux causeries, au détriment des
activités basées sur la participation des enfants
et prônant l'interactivité. S'agissant de dynamisme,
il serait aussi souhaitable que les professionnels de l'enfance
se penchent sur l'élaboration d'un programme à l'intention
des adultes. Des spécialistes de la réhabilitation
proposent même une formation poussée durant cette
période de campagne, voire à long terme. D'autre
part, notons que contrairement aux précédentes années,
où le ministère chargé de la protection des
enfants occupait un rôle de partenaire dans la conception
de l'agenda de la campagne, pour cette présente édition,
il s'est assuré du rôle clé. Plaçant
ainsi l'initiateur de la campagne, le bureau de l'Ombudsperson
(OCO), dans l'ombre ! Pourtant, il revient que toute une préparation
avait été enclenchée avant la campagne, que
d'autres activités animées par l'OCO, que celles
présentées figurent à l'agenda ! À
l'instar du forum à l'intention des collégiens de
Mahébourg, mardi matin au centre de créativité.
Et les enfants de rue ?
16 jours ne suffisent pas pour rappeler qu'il est vital de respecter
les enfants. Et c'est dans cette optique que la ministre des Droits
de la Femme, Indira Seebun, a plaidé pour une campagne
quasi- systématique. Cette dernière a déclaré
que son ministère envisage une présence visible
dans les régions à risques. À commencer par
St-Hubert. Et c'est justement les endroits à risques, en
d'autres mots, des poches de pauvreté et de concentration
de fléaux, qui ont grandement besoin d'intervention. Car,
depuis trop longtemps, les autorités, faute de ressources
compétentes et spécialisées, ont négligé
les régions en difficulté lorsqu'il s'agit de prévention
active sur le terrain. Si le ministère concrétise
son intention de descendre dans des régions à risques,
il lui faudra songer à plusieurs aspects qui accompagnent
une intervention à même le terrain, dont un suivi
à long terme
Par exemple, en identifiant des enfants
sniffeurs de colle, il lui faudra envisager sa réhabilitation
!
Educatrice auprès des enfants de rue de Roche-Bois et ses
quartiers: régions les plus touchées par les fléaux
sociaux, Véronique Mars, constate que ces derniers, sont
toujours restés à l'écart des campagnes de
sensibilisation. En effet, jusqu'ici, comme le rappelle la directrice
du Centre d'Education pour les Enfants Mauriciens (CEDEM), Rita
Venkatasamy, les campagnes axées sur la prévention
atteignent les enfants scolarisés et ceux en structures.
Rien de plus normal ! L'école et les autres cadres d'accompagnement
scolaire sont les plates-formes appropriées pour éduquer,
sensibiliser et informer le public cible: ici, il s'agit des enfants.
"Mais qu'en est-il des enfants et adolescents non-scolarisés
qui sont dans la rue ?" se demande un animateur, attaché
à une structure de réhabilitation. À cette
interrogation, Rita Venkatasawmy explique que dans l'idéal,
une animation de rue, avec des sketches et des marionnettes serait
une stratégie appropriée. D'ailleurs, cette dernière
se rend fréquemment en Inde et dans des États africains
afin d'initier des travailleurs sociaux à ce style d'animation,
lequel peut aussi être un recours en thérapie.
"Budi a dit ci, Budi a dit ça
"
Pour palier l'absence d'information auprès des enfants
de rue, Véronique Mars, chargée du dossier au Mouvement
pour le Progrès de Roche-Bois, explique que, "dès
cette semaine, nous allons parler des droits de la Convention
aux enfants que nous encadrons". Et de relever: "Ils
ne savent même pas qu'ils ont des droits ! À l'exemple
du droit à l'éducation, d'autant que celle-ci est
obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans. Ena d'entre
zot zis koné ki zot gagn drwa akompagné par enn
adilt kan lapolis aret zot !" Dans un contexte, dit-elle,
où plusieurs jeunes filles, à peine pubères
ont des raports sexuels parfois contraints ou se retrouvent dans
la prostitution, il est important de les informer que l'exploitation
sexuelle est un abus. "Notre objectif est de faire en
sorte que ces enfants puissent identifier leurs droits et repousser
ceux qui tentent de leur en priver !" Rita Venkatasamy,
pour sa part, souhaiterait que la vulgarisation des droits des
enfants, soit soutenue par une éducation aux droits humains.
"Il est un fait que de nombreux adultes ne connaissent
pas leurs droits et cette éducation doit impérativement
se faire à l'école !", avance-t-elle.
Les précédentes campagnes ont donné l'occasion
aux enfants d'apprendre et de mieux connaître leurs droits.
Mais si durant les trois précédentes campagnes de
16 jours, l'accent a été mis sur les droits, il
revient que les messages quant à la responsabilité
et les devoirs des enfants n'ont pas été bien reçus
par ces derniers. Il a été noté, surtout
en milieu scolaire, que des enfants ont tendance à brandir
en toutes circonstances les droits de la convention pour éviter
les réprimandes ou autres punitions justifiées.
"Ici, nous avons remarqué que souvent en rappelant
des enfants un peu récalcitrants à l'ordre, ils
nous disent: Budi (ndlr: la mascotte de l'OCO) a dit ci,
Budi a dit ça
", note l'animateur intervenant
plus haut.
Hormis son côté pédagogique, les deux semaines
de sensibilisation viennent également rappeler qu'il y
a des droits, plus que d'autres, qui sont lésés.
Quant aux droits qui sont les plus bafoués, dans le contexte
mauricien, les avis diffèrent. Certains travailleurs sociaux
classent en priorité le droit à l'éducation.
D'autres, travaillant auprès des enfants abusés
sexuellement, diront que la violence à ce niveau est préoccupante.
"L'accès au loisir, serait un droit fondamental qui
n'est pas assez respecté", estime un interlocuteur
encadrant des enfants en réhabilitation.
Activités: Des poèmes remplacent la peinture
Pas de dessins pour dépeindre les droits des enfants. Des
mots et des rimes vont remplacer les posters et autres tableaux
qui ont fait l'objet d'expositions durant la campagne et les semaines
suivantes. Cette année, des enfants en milieu scolaire
ont été invités à écrire des
poèmes. L'autre activité qui sera sans doute le
point fort de la campagne, est le grand concert pour les enfants,
au stade Sir Gaëtan Duval, le 16 prochain à partir
de 13h30. La plupart des artistes qui animeront ce concert seront
des enfants. Au programme des activités, les causeries
occupent une grande place. 29 au total, sont prévues à
travers le pays. Le public ciblé, les jeunes et les parents.
De janvier à mars: 2807 cas d'enfants en détresse
rapportés
Le nombre d'enfants abusés à Maurice reste inquiétant.
De janvier à mars dernier, 2 807 cas d'enfants lésés
dans leurs droits et victimes de violence ont été
officiellement rapportés à la Child Development
Unit du ministère. 489 d'entre eux ont des problèmes
de comportement. "Je ne dirais pas que la violence à
l'encontre des enfants est en recrudescence. Ces chiffres démontrent,
au contraire, que les victimes rapportent de plus en plus leurs
cas", commente Indira Seebun. Les cas rapportés
sont: négligence (1 114), abandon (80), abus émotionnel
(375), abus physique (340), abus sexuel (159), inceste (23), autres
(227). Par ailleurs, la ministre, qui présentait le programme
de la campagne 16 jours, 16 droits, jeudi dernier, a annoncé
que "le mentoring programme sera prêt dans
un mois".
Santé
Les allergies respiratoires ont le vent en poupe !
Nez qui coule, picotement des yeux, éternuements parfois
associés aux larmoiements
En hiver, rien de grave,
pensez-vous: ces signes sont ceux d'une vilaine grippe. Mais quand
ils durent plus de trois ou quatre jours, ces symptômes
pourraient être attribuables aux allergies. Selon l'OMS,
près de 30% de la population mondiale est aujourd'hui touchée
par les allergies contre 3,8% en 1968. À Maurice, 10% de
la population est prédisposée aux allergies.
Une réaction allergique intervient lorsque le système
immunitaire réagit de manière anormale face à
un allergène: pollens, poils d'animaux domestiques, acariens,
aliments ou médicaments. "Les allergies, qu'elles
soient de contact ou de saison, déclenchent, dans certaines
circonstances, des signes qui peuvent toucher de nombreux organes
dont la peau, le nez, les yeux, la bouche", explique
le Dr Karam Ramyead, allergologue. À Maurice, ce sont les
allergies au niveau de l'appareil respiratoire (dont les signes
sont la rhinite et l'asthme) qui sont les plus fréquentes.
Avec l'hiver, ces allergies ont le vent en poupe. "Les
allergies respiratoires, occasionnées lorsqu'un allergène
pénètre le corps par voie aérienne, provoquant
des symptômes au niveau des voies respiratoires supérieures
(nez, gorge
) ou inférieure (asthme) ou les deux à
la fois, ont tendance à s'aggraver durant la saison hivernale.
Mais cela ne veut pas dire que ce sont les allergènes qui
aggravent les cas", soutient le Dr Karam Ramyead. Il
précise que ce sont le climat et l'environnement qui favorisent
cette tendance. Selon l'allergologue, les infections virales ou
bactériennes occasionnées par l'hiver provoquent
des symptômes respiratoires modérés chez les
personnes non allergiques, soit une grippe de trois à quatre
jours. Chez les allergiques, le virus aggrave les symptômes
car leurs muqueuses respiratoires sont plus fragiles.
La rhinite allergique est la plus fréquente des allergies
respiratoires. Elle apparaît lorsque l'allergène
entre en contact avec la muqueuse nasale. Ce contact entraîne
une inflammation et un excès de mucus, d'où les
signes allergiques (nez qui coule en permanence, larmoiements,
picotements, démangeaisons, sensation d'avoir les paupières
irritées et gonflées) bien connus de ceux qui subissent
cette maladie, fait ressortir le Dr Ramyead. Au contact de facteurs
déclenchants - pollens, acariens (favorisés par
le confinement), moisissures (favorisées par l'humidité),
froid sec, animaux à poils (chat, chien, lapin
) -
, les personnes souffrant d'allergies respiratoires, et également
les asthmatiques (chez qui ce sont les allergies aux acariens
qui prédominent), une aggravation symptologique globale
est notée.
"Certaines personnes malchanceuses souffrent à
la fois d'allergie rhinite et d'asthme. Dans de tels cas, un suivi
régulier chez le médecin et une bonne hygiène
de vie sont primordiaux. Car si sur ces signes purement allergiques
s'ajoutent des symptômes infectieux (bactérien ou
viral), cela peut entraîner de graves complications, allant
jusqu'à une bronchite ou pire, une pneumonie",
explique le Dr Karam Ramyead.
Selon lui, à Maurice, le pollen n'est pas le facteur déclencheur
le plus important dans le cas d'allergies respiratoires, comme
en Europe. "Nous sommes pratiquement tout le temps exposés
aux pollens. Si les fleurs de cannes à sucre fleurissent
en hiver et que les allergies respiratoires augmentent à
cette période, c'est sans doute une coïncidence. Les
allergies sont provoquées principalement par les facteurs
hivernaux", soutient le spécialiste.
Pour diagnostiquer une allergie, peu importe sa forme - qu'elle
soit saisonnière ou de contact -, il existe des tests.
"Contrairement à une idée répandue,
tous les tests cutanés pour les allergies existent à
Maurice", souligne le Dr Ramyead. Parmi, un test de réaction
allergique par scarification superficielle de la peau (application
par lancette ou intra-dermo injection) et application d'un
réactif composé d'allergènes connus, réalisé
par l'allergologue.
Pour le Dr Karam Ramyead, les tests sanguins dans les laboratoires
n'ont aucun intérêt si l'on peut pratiquer les tests
cutanés. "Grâce au Prisk Test, on
peut détecter une allergie à n'importe quel âge",
dit-il. Il ajoute qu'à Maurice, 10% de la population est
prédisposée aux allergies. "Les allergies
sont généralement héréditaires, mais
pas absolues", souligne-t-il.
Selon lui, afin de prévenir les risques d'allergies, principalement
à cette période de l'année, "un allergique
doit préparer son hiver en été. C'est-à-dire
en utilisant correctement et régulièrement les préventions
dont il a l'habitude". Il est important que les allergiques
débutent cette transition climatique dans de bonnes conditions
physiques, mais également avec une alimentation vitaminique
adéquate afin d'avoir une bonne résistance. "La
vaccination antigrippale est recommandée pour les personnes
âgées", ajoute l'allergologue. Il faut également
éviter les contacts avec les personnes malades, ainsi que
les allergènes.
L'allergie aux acariens
Invisibles à l'il nu, les acariens sont des petites
bêtes qui vivent surtout dans les tissus, les laines et
les plumes. L'environnement favori des acariens est humide et
chaud. C'est pourquoi il existe souvent des acariens dans les
oreillers, les vieilles couvertures de laine, les jouets en peluche
Dans le lit, l'humidité est idéale grâce à
la transpiration et les acariens trouvent de quoi se nourrir.
Ce sont les protéines issues de leurs carapaces et
leurs déchets qui sont à l'origine des allergies.
Ils se nourrissent, entre autres, de la peau et des poils des
humains.
L'allergie aux acariens varie selon les personnes. Chez certains,
c'est le nez qui coule (rhinite); chez d'autres, les yeux grattent
et deviennent rouges. D'autres encore ressentent une difficulté
à respirer ou de la toux ou des sifflements. Parfois, l'allergie
aux acariens donne de l'eczéma. S'il existe des peintures
anti-acariens, contribuant à repousser ces insectes, le
nettoyage des matelas est également une solution.
ARIA: Un consensus mondial autour de la rhinite
L'impact important de la rhinite allergique sur la qualité
de vie des patients et sur la santé publique a incité
l'OMS à élaborer en 2001 une nouvelle classification
de la maladie. Le consensus ARIA (Allergic Rhinitis and its
Impact on Asthma) repose sur des facteurs de durée
(rhinite intermittente ou persistante) et de sévérité
(rhinite légère ou modérée à
sévère). Une rhinite est considérée
comme intermittente lorsqu'elle survient moins de quatre jours
par semaine ou moins de quatre semaines consécutives par
an. Elle est diagnostiquée comme persistante lorsqu'elle
survient au contraire plus de quatre jours par semaine et plus
de quatre semaines consécutives par an.
Six mois après un ordre
La famille Domingue dort toujours à la belle étoile
à Roche Bois
La famille Domingue, une mère et ses quatre enfants, dort
toujours à la belle étoile à Roche Bois,
six mois après avoir été l'objet d'un ordre
d'éviction de son propriétaire qui a été
exécuté par la police le 11 novembre 2006. Les démarches
avec les ministères du Logement et des Droits de la Femme
traînent toujours et, cette semaine encore, ce n'est qu'une
copie d'une lettre d'octroi de bail que l'administration est censée
lui avoir envoyée depuis le 25 mai mais qu'elle n'a jamais
reçue.
C'est précisément le cas de cette mère de
famille que Joe Lesjongard avait soulevé à l'Assemblée
nationale mardi dernier. Il avait, en effet, demandé à
la ministre des Droits de la Femme, Indira Seebun, les mesures
prises par ses services pour lui venir en aide. La ministre a
dit qu'en accord avec d'autres ministères certaines mesures
ont été envisagées. C'est alors que le député
du MSM a posé une première question supplémentaire
demandant à Mme Seebun d'indiquer le nombre de visites
que ses services ont rendues à cette famille.
Après un temps de réflexion, la ministre a répondu
qu'il y en a eu un bon nombre, précisant même que
c'est presque sur une base quotidienne. Joe Lesjongard s'apprêtait
à lui poser une autre question lorsque l'incident avec
le Speaker est survenu et que le député a
préféré quitter l'hémicycle en signe
de protestation (voir la page parlement plus loin).
Lors d'une brève rencontre avec Week-End, en fin
de semaine, Mme Domingue, dont les enfants en bas âge ne
sont pas scolarisés, a vivement contesté les propos
de la ministre et a soutenu que les visites des officiers du ministère
de la Femme pour distribuer quelques petites commissions remontent
à quelque temps déjà. Expliquant ses diverses
démarches, Mme Domingue a dit qu'un premier terrain avait
été identifié en décembre dernier
mais qu'il fut éventuellement établi qu'il avait
déjà été alloué à quelqu'un
d'autre.
Contact fut ensuite établi avec un conseiller du ministre
Asraf Dulull, Jean Claude Fleury qui entreprit de trouver un autre
terrain mais les mois passent sans que rien n'ait été
fait jusqu'à ce que des protestations soient formulées
auprès du ministère du Logement. Après maintes
représentations, le ministère a dit avoir adressé
une lettre à Mme Domingue depuis le 25 mai, alors qu'elle
est à la rue et qu'elle n'a pas d'adresse. Sur son insistance
auprès des services de Asraf Dulull, c'est une copie de
ladite lettre qui lui a été remise.
Dans sa déclaration à Week-End, Mme Domingue,
soutenue par la travailleuse sociale Sabrina Utile, a aussi demandé
au ministre du Logement de s'en tenir à ses engagements
de fournir des briques pour la construction d'une petite maison
lorsque le terrain lui sera effectivement alloué.
À l'anniversaire de la centenaire chagossienne, Félicy
Elysée
SAJ coupe court à une sortie contre "les puissances
dominères"
Alors qu'il prononçait un discours pour féliciter
la doyenne de la communauté chagossienne, la centenaire
Mme Félicy Elysée, dimanche dernier, à la
salle poyvalente de Grande-Rivière Nord- Ouest, le Président
de la République, Sir Anerood Jugnauth, a subitement choisi
d'arrêter de parler au grand amusement des invités
à la célébration. "Mo préféré
aret cozé pou mo pas gagn problème", a-t-il
dit avec un air goguenard.
Le Président de la République avait pourtant bien
entamé son discours en déclarant "regretter
que la communauté chagossienne, qui n'avait fait de mal
à personne, qui vivait tranquillement et bien, a été
déracinée de l'archipel des Chagos". Cela
est arrivé, a soutenu SAJ, "parce que cette communauté
avait eu affaire à partir de puissances trop fortes pour
eux". SAJ faisait évidemment référence
à la Grande-Bretagne et aux États-Unis, dont les
gouvernements avaient obligé les dirigeants des partis
politques mauriciens à céder l'archipel en 1965
pour faire place à la base de Diego Garcia, avec pour conséquence
que la population chagossienne a été exilée
à Maurice et aux Seychelles. Mais, avant de couper court,
le Président de la République a eu le temps de dire
que "pli dominère ki sa n'a pas existé".
Le haut commissaire, dans son coin, a dû accuser le coup,
mais, en diplomate, il n'a pas réagi.
Bien que SAJ eût choisi de parler des Chagossiens en terme
"Ilois" (un qualificatif qu'ils abhorrent), ces
derniers ont apprécié son courage. Le président
de la République avait déjà d'ailleurs, dans
le passé, confessé que son "plus grand regret
est de n'avoir jamais pu régler le contentieux anglo-mauricien
sur les Chagos" , du temps où il a été
Premier ministre.
Sans doute, intérieurement, Sir Anerood doit également
regretter aujourd'hui la légèreté avec laquelle
le Parti de l'Indépendance, dont il faisait partie de la
délégation en tant que leader-adjoint du défunt
Independant Forward Block de feu Sookdeo Bissoondoyal, avait traité
le dossier des Chagos à la Conférence constitutionnelle
de Lancaster House, en septembre 1965. C'était lors de
cette conférence, qui vit la proclamation de l'île
Maurice comme nation indépendante et souveraine, que le
gouvernement colonial anglais parvint à détacher
les Chagos du territoire national mauricien au moyen d'un chantage
qui a été, depuis, amplement établi
Bien-être des handicapés
Le plan d'actions national prêt d'ici le 3 décembre
Le plan d'actions national en faveur des personnes handicapées
devrait être fin prêt d'ici le 3 décembre,
date de la prochaine commémoration de la Journée
Mondiale des Handicapés. C'est ce qu'a laissé entendre,
jeudi, à Montagne Longue la ministre de la Sécurité
sociale et de la Solidarité nationale, Mme Sheila Bappoo.
Mme Bappoo qui assistait à une fête des parents de
l'Association of Disability Service Providers estime que, d'ici
à cette date, le Cabinet aura approuvé le plan d'actions
qui vise à dégager une politique cohérente
globale en matière d'aide aux handicapés.
Elle devait, à cet effet, indiquer que l'aide d'un consultant
étranger sera sollicitée en vue de l'élaboration
du plan qui vise à des actions à court, moyen et
long terme.
La ministre s'est réjoui que, contrairement à autrefois,
les parents n'ont plus honte de leurs enfants handicapés
qui ont, non seulement de l'amour à partager, mais aussi
à recevoir. Elle a remercié les pays amis ainsi
que les diverses associations tant locales qu'étrangères
qui viennent en aide aux handicapés mauriciens.
La fête de mercredi était, ainsi, l'occasion pour
l'Association of Disability Service Providers de recevoir en don
un chèque de £ 1800 (quelque Rs 108 000) de l'Anglo-Mauritius
Disability Link, représenté à la cérémonie
par notre compatriote établi en Grande-Bretagne, M. Karim
Esshack. L'ONG de Montagne Longue gère, depuis quatre ans,
un centre pour jeunes handicapés des régions avoisinantes.
Sa directrice, Mme Patchemah Ullagen, a déjà, dans
le passé, bénéficié d'un stage de
perfectionnement aux dernières techniques d'aide aux jeunes
handicapés en Grande-Bretagne grâce, toujours, au
soutien de l'Anglo-Mauritian Disability Link. Depuis sa création
en 2003, le centre a trouvé refuge au "village hall"
de Montagne Longue.
L'ONG, qui s'occupait au départ de quatre jeunes, se retrouve,
aujourd'hui, avec une trentaine de jeunes handicapés. D'où
une demande faite aux autorités pour que l'association
puisse utiliser une partie du terrain de l'école primaire
de la région en vue de la construction d'un centre plus
fonctionnel. Sans prendre aucun engagement, Mme Bappoo leur a
conseillé de soumettre aux autorités un projet en
bonne et due forme qui sera considéré par les autorités.
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Visite de réconciliation
Pr A. Kalangos: "Je viens ici sans intérêt
personnel, pour aider les enfants"
La semaine dernière, le Pr. Afksendiyos Kalangos, accompagné
du Dr Neirotti, a procédé, après plus d'un
an et demi d'absence, à l'opération d'une quinzaine
de cas de cardiopathie congénitale. Si cette visite été
très attendue (plus d'une centaine d'enfants attendent
d'être opérés), le Pr A. Kalangos précise
qu'elle s'insère dans le cadre d'une mission de réconciliation.
En effet, il a quitté le pays en 2005, suite à certaines
allégations publiées dans la presse mauricienne
à son égard. Présentant l'Operation Register
Book du Centre cardiaque de Pamplemousses, attestant qu'il
était toujours présent à Maurice, cinq jours
après l'opération de l'enfant qui est décédé
au centre cardiaque (contrairement à ce que stipule l'article
de Week-end en question), le Pr A. Kalangos réclame
un démenti. Il souhaite que les faits soient rétablis,
au risque que l'association Cur pour tous (ACT) lui demande
d'arrêter sa mission. Le Pr A. Kalangos souhaite que l'opinion
publique soit soudée autour de lui, afin de continuer à
opérer les petits Mauriciens ainsi que les enfants de l'Océan
Indien. "Je viens ici sans intérêt personnel,
pour aider les enfants", dit-il.
"L'article qui a paru sur moi, à l'époque,
et auquel, à travers internet, les donateurs d'ACT ont
eu accès, a fait beaucoup de tort. On m'a accusé
de lâcheté", déplore le Pr A. Kalangos.
"Les donateurs ont confiance en moi et j'ai des comptes à
leur rendre. Ils ont le droit de savoir ce que je fais de leur
argent. C'est pourquoi, afin de rétablir les faits, je
reviens en mission de réconciliation", explique-t-il.
Il rappelle ainsi que non seulement le texte lui imputait une
faute médicale, mais affirmait qu'il avait quitté
Maurice, "après avoir effectué l'opération
- avant la date prévue, alors qu'il avait d'autres opérations
à pratiquer. Ce n'est pas le côté faute médicale
qui fait le plus de tort. D'ailleurs, après avoir envoyé
mon compte rendu au ministère de la Santé, j'ai
demandé une enquête qui m'a complètement blanchi,
mais on m'accusait de lâcheté", souligne-t-il.
Cet article auquel fait référence le chirurgien
cardiaque, fait, en effet, état d'informations reçues
de voix anonymes, soutenant qu'il y aurait eu négligence
médicale, et que par la suite, le Pr. A. Kalangos, aurait
quitté Maurice. "C'est ce qui a été
mal compris et mal digéré par certains de nos donateurs.
C'est ce côté lâcheté qui est dangereux.
Cela fait 25 ans que je fais ce métier. Je ne peux pas
abandonner une mission comme ça. Il y a des règles
d'éthiques à respecter. Les gens qui ont vu ça
se sont dits qu'ils connaissent mal Kalangos", avance
le Pr A. Kalangos. Il souligne que "certaines personnes
à Maurice sont peut-être contre le système
ou autres. Il y a peut-être des conflits d'intérêts.
Moi je ne veux pas entrer dans ces conflits. Je viens ici pour
les enfants et pour former le personnel médical".
En effet, suivant la collaboration entre l'équipe du Pr
A. Kalangos et le centre cardiaque, initiée en 2002, il
ressort qu'à ce jour, plus de 125 cas délicats d'enfants
inopérables à Maurice ont été référés
au Pr. A. Kalangos. Cette collaboration Maurice-Genève
a permis au centre cardiaque de décrocher ses lettres de
noblesse et de se positionner comme une référence
dans l'Océan Indien. Le Pr A. Kalangos se dit "satisfait
du niveau de compétence des chirurgiens locaux",
ajoutant que "la motivation, le sérieux et le professionnalisme
de l'équipe locale me fascinent". Selon lui "ces
médecins sont très compétents sur ce qu'ils
font tous les jours, au niveau de la chirurgie adulte. Mais la
compétence sur la chirurgie pédiatrique va augmenter
à force de faire des missions. Et il faut me donner le
temps et la motivation d'en faire". Il espère
revenir en novembre prochain, pour procéder à plusieurs
opérations et redémarrer la formation des médecins
locaux. "Je sais bien que quand on forme des gens, ils
vont faire des erreurs. Mais c'est comme quand on apprend. Nous
aussi en tant que grands professionnels, nous avons eu droit à
l'erreur, mais si des propos diffamatoires sont attribués
à chaque erreur, cela démotive et le formateur et
l'équipe qui pourrait à l'avenir devenir une grande
équipe de professionnels", souligne le Pr. A.
Kalangos. Depuis la visite du Pr. Kalangos, l'objectif de la construction
du centre de chirurgie cardiaque pour les enfants de l'Océan
Indien revient sur le tapis. La mise sur pied de ce centre, nécessitant
un investissement de U$ 10 millions revient toutefois aux autorités
sanitaires et à la volonté politique de décider
et d'activer les choses, précise le chirurgien. Grâce
au don d'une portion de terrain de deux arpents par l'usine sucrière
de Belle Vue Mauricia pour la construction de ce nouveau centre
cardiaque, quelques 700 à 800 cas d'enfants de l'Océan
Indien, souffrant de cardiopathie congénitale pourront
être opérés. Ce centre assurera également,
avec le concours du Pr A. Kalangos, la formation des médecins
de l'Océan Indien.
Profil-Le Pr A. Kalangos chirurgien cardiaque au grand cur
Âgé de 46 ans, le Pr Afksendiyos Kalangos, chirurgien
cardiaque, ayant effectué sa formation à Paris,
aux États-Unis et en Angleterre, est le président
de l'Association cur pour tous (ACT) dont le but est de
promouvoir la chirurgie cardiaque dans les pays en voie de développement.
Outre l'association Kalangos, qui attribue des bourses de formations
aux chirurgiens cardiaques, et dont plusieurs médecins
mauriciens en ont été bénéficiaires,
le Pr. A. Kalangos dirige la clinique de chirurgie cardiovasculaire
des hôpitaux universitaires de Genève. C'est le Pr.
A. Kalangos qui a lancé la chirurgie cardiaque congénitale
ainsi que la réparation des valves à Maurice, des
cas de plus en plus complexes qui nécessitaient auparavant
un déplacement à l'étranger, sans oublier
le coût financier et social que cela implique. Et pour rappel,
le gouvernement mauricien a élevé le Pr A. Kalangos
au rang de Officer of the Star and the Key of the Indian Ocean.
De plus, l'Université de Maurice a décerné,
lundi dernier, le titre de Honorary degree of Doctor of Science
(Dsc) Honoris Causa au docteur Kalangos, une manière
pour le gouvernement de remercier l'éminent chirurgien
cardiaque pour sa contribution à la cardiologie à
Maurice.
Technologies de l'information et de la communication
EMTEL: Innovation et service
On n'arrête pa le progrès chez Emtel. La pionnière
de la téléphonie cellulaire à Maurice annonce
pour ses 18 ans son nouveau quartier général hi-tech
à Ebène. Le QG ouvrira ses portes en Octobre 2007.
Toujours à la pointe de la technologie et en phase avec
les mutations rapides dans le domaine et les besoins des consommateurs,
Emtel a toujours innové. Elle a introduit le GPRS et le
3G à Maurice avant d'autres pays plus développés.
Il faut ajouter à cela le vidéo call, internet
à haut débit et sans fil, Emtel TV et récemment
le BlackBerry. Le CEO de la compagnie a annoncé mardi dernier
le High Speed Downlink Packet Access (HSDPA-vitesse de 2Mbs) sur
le réseau 3G, le Wimax (vitesse maximale de 8Mbs) et également
un projet de fibre optique à Maurice. Dans le social, Emtel
s'est occupé des plus défavorisés du pays:
jeunes en difficulté sociale, malentendants et malvoyants.
La Emtel Project Competition, Painting Sensation et Cartoon Sensation
a été organisé régulièrement
afin d'encourager la créativité. Côté
environnement, la compagnie a à son actif le projet "Anou
fleri Rodrigues" et un projet de conscientisation sur le
réchauffement planétaire. Les 18 ans d'Emtel à
Maurice confirme son expérience dans la téléphonie
cellulaire et un service clientèle de qualité.
Brèves
En marge du budget: Les ONG réclament une abolition
de la TVA sur leurs achats
En marge de la présentation du prochain budget, les Organisations
non-gouvernementales (ONG) réclament l'abolition de la
Taxe à Valeur Ajoutée (TVA) sur tous les produits
et services qu'elles achètent dans le cadre de leurs activités.
Une demande en ce sens a été faite par l'entremise
de la Civil Society Common Platform for Policy Dialogue, un regroupement
de 120 ONG.
Parmi d'autres demandes figurent le rétablissement de l'exemption
d'impôt sur les dons faits par des particuliers à
des ONG éligibles; l'exemption des ONG du paiement du National
Residential Property Tax (NRPT) de même que des taxes des
collectivités locales et la Sewerage Tax.
Mercredi à Pailles: Sir Anerood lance l'African Peer
Review Mechanism in Mauritius
Le président de la République, sir Anerood Jugnauth,
procédera, mercredi matin, à la cérémonie
de lancement de l'African Peer Review Mechanism (APRM) in Mauritius
au Centre de conférences de Pailles. Placé sous
la responsabilité du National Economic and Social Council
(NESC), cet exercice d'évaluation de la bonne gouvernance
en Afrique se situe dans le cadre du New Economic Partnership
for African Development (NEPAD).
Commémorée ce dimanche: Journée Internationale
de Caritas
"Témoins de charité, artisans de Paix":
tel est le thème 2007 de la Journée Internationale
de Caritas qui est commémorée ce dimanche 3 juin.
Confédération regroupant 162 organisations catholiques
de secours, de développement et de service social présentes
dans 200 pays et territoires, Caritas Internationalis s'inspire
de l'Évangile et de la doctrine sociale de l'Église
pour son action sociale. Caritas Internationalis, qui ambitionne
de "mondialiser la solidarité" participe, notamment,
au Forum social mondial depuis son lancement à Porto Alegre
au Brézil en 2001.
Depuis vendredi: L'UCB prend l'appellation de MCB Mozambique
L'Uniao Comercial de Bancos (UCB) du Mozambique est depuis vendredi
désormais connue comme MCB Mozambique. Ce changement d'appellation
après huit ans de présence de l'enseigne MCB au
Mozambique marque, selon un communiqué du groupe bancaire
mauricien, un désir d'affirmation sur ce marché
et une consolidation de ses assises locales. C'est en août
1999 que l'UCB a vu le jour à Maputo avec pour mission
d'accompagner les entreprises mauriciennes allant à la
conquête du marché africain.
Création de la JSS Academy Spiritual Mission à
Maurice
Le JSS Academy of Technical Education College (JSSATE) dont la
construction est prévue prochainement à Bonne Terre
sera également doté d'une école spirituelle.
Cette annonce a été faite samedi dernier, lors de
la pose de la première pierre de cette académie
par le dignitaire religieux, jagadguru Sri Shivarathri
Deshikendra Mahjaswamiji de Mysore, Inde. Il a souhaité
la création de la JSS Academy Spiritual Mission à
Maurice pour l'élévation spirituelle et mentale
des Mauriciens.
Depuis plus de mille ans, le JSSATE est géré par
une lignée de pontifes. C'est une chaîne de sainteté
ininterrompue et le jagadguru Deshikendra a pris le relais
en 1986 pour devenir le 24e pontife, et le gardien des principes
énoncés depuis longtemps par ses prédécesseurs.
Pour le dignitaire religieux, cette école de spiritualité
sera d'une grande aide à notre pays en phase de mutation
rapide. Elle sera le garant de la plénitude de la vérité,
héritée des apôtres de cette académie.
Le JSSATE fut fondé par le jadadguru Sri Veerasimhasana
à Suttur, au Mysore. Le 22e pontife, Sri Pattada Shivarathreeshwara,
en dépit de plusieurs difficultés, continua la tradition.
Il passa le relais au 23e pontife, jagadguru Sri Shivarathri
Rajendra Mahaswamiji, qui créa le JSS Mahavidyapeetha pour
la propagation de l'éducation. Le présent pontife,
jagadguru Sri Shivarathri Deshikendra, a pour mission de "spreading
literacy and learning, providing healthcare, rural development,
strengthening culture and seeding spirituality even as it works
towards the economic upliftment of society".
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