p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 3 juin 2007



Déplacement—Le Premier ministre en Grande-Bretagne depuis hier
Port—Des nominés du PTr accusent XLD de viser le PM
M. Pravind Jugnauth, leader du MSM—"Bonne marge de manœuvre pour un budget socialement acceptable"
Mardi dernier—Sam Lauthan et Joe Lesjongard quittent l'hémicycle
Mardi prochain—Les Chagos et Tromelin au Question Time
Harish Boodhoo affirme s'être retiré de l'engagement social
Ça va se savoir


Déplacement

Le Premier ministre en Grande-Bretagne depuis hier

Le Premier ministre s'est envolé pour la Grande Bretagne hier en vue de participer à une des activités,très locales organisées par la City of Hull, commémorant le bicentenaire du Abolition of Slave Trade Act en 1807 à l'instigation de William Wilberforce. Selon le site de ces célébrations, qui ont commencé depuis l'année dernière pour culminer avec d'autres activités comme la réouverture du musée de Wilberforce House par le Premier ministre de la Barbade Owen Arthur le 25 mars dernier, il était prévu que "The Prime minister of Mauritius and Archbishop of York are also visiting the city later in the year to deliver lectures".

Selon un communiqué du bureau du Premier ministre émis vendredi, c'est le Dr Navin Ramgoolam qui prononcera le "key note adress" demain sur le thème de "Abolition of slavery and its legacy in Mauritius". Il procédera aussi à l'ouverture du Hull and Humber Chamber of Commerce et parlera de "Building Business links between Mauritius and the Hull & Humber region".

Autres rendez-vous au calendrier du chef du gouvernement, la rencontre avec des hommes d'affaires de Hull et de East Riding of Yorkshire avec une intervention sur le thème "Mauritius as an Emerging Investment destination". La date du retour du Premier ministre n'est pas indiquée même si certaines sources laissent entendre que le Dr Navin Ramgoolam rentrera au pays le lundi 11 juin.

Selon le site qui parle de ces activités "Wilberforce transformed the face of British History. He was named the Greatest Ever Yorkshireman by a BBC poll in early 2000 and one of the most influential figures in British political history.

Working alongside other abolitionists including Thomas Clarkson, Granville Sharp and, unbeknown to him, the slaves themselves who fought for their very own freedom, Wilberforce achieved the seemingly impossible, a parliamentary bill to end the slave trade which was passed in the House of Commons in 1807 and throughout the British Empire in 1833 ".

Les notes personnelles sur William Wilberforce indiquent ceci:" Born in High Street, Hull, in 1759 and later baptised at the Holy Trinity Church, Wilberforce's early years were at a time when the slave trade was already an established and thriving commerce in the UK and the world. Today, his full life story is told at the award winning Wilberforce House Museum in the city's old town. Wilberforce became MP for Hull at the tender age of 21, the youngest person ever to be elected to the House of Commons. "

Le site précise aussi qu'à la fin de sa carrière, "Wilberforce founded an association, and subsequently working alongside the Clapham Group, championed more than 60 reforms, one of them being the Royal Society for the Prevention of the Cruelty to Animals, more widely known today as the RSPCA" , mais qu'il sera "best known, however, for his untiring commitment to the abolition of both the slave trade and of slavery".

En marge de ses célébrations, des interventions qui ont déjà eu lieu comme celles du Premier ministre de la Barbade et de l'Archevêque de Canterbury en mars dernier et d'autres initiatives comme la signature d'une pétition en ligne qui a enregistré la participation d'un total de 7,445 personnes dont le Révérend Desmond Tutu.


Port

Des nominés du PTr accusent XLD de viser le PM

Les propos tenus par le ministre Xavier Duval dans un entretien au Mauricien jeudi ont provoqué des remous tant dans le port que dans l'entourage du Premier ministre, Navin Ramgoolam. De vives réactions ont été notées suite à une accusation du ministre selon laquelle il y a des "des intérêts occultes qui essayent d'agir". Il y est aussi question d'un opérateur qui voulait contrôler le port sans passer par des appels d'offres. Or, la seule offre qu'il y a eu jusqu'ici est celle de Maersk et elle avait été considérée par le Fast Track Committee que présidait nul autre que Navin Ramgoolam, soutiennent les proches du Premier ministre qui ont fait savoir qu'ils n'allaient pas rester les bras croisés sur cette affaire qui sera reprise au retour du chef du gouvernement à la fin de la semaine prochaine.

Le ministre des Communications Extérieures avait, en effet, insinué, jeudi, qu'un opérateur qui a eu "des problèmes avec le gouvernement précédent et qui avait voulu prendre le contrôle des opérations portuaires sans appels d'offres, s'est engagé dans une opération de dénigrement du secteur portuaire parce qu'il veut avoir la mainmise sur ce port".

"Il se peut qu'il ait trouvé des alliés" avait aussi dénoncé le ministre en assurant, lui, que le partenaire stratégique sera choisi après appel d'offres. Plus loin, Xavier Duval avait aussi affirmé qu'il y a "des intérêts occultes qui essayent d'agir", et "qu'il faudra les démasquer", pour terminer en disant avoir "l'impression qu'ils se démasquent petit à petit".

Or, argue l'entourage du Premier ministre aussi bien que ceux qui officient tant à la Mauritius Ports Auhority qu'à la Cargo Handling Corporation, le seul qui se soit manifesté pour entrer en partenariat stratégique avec la CHCL n'est autre que Maersk et que le projet avait été, en fait, examiné par le Fast Track Committee que le Premier ministre en personne avait présidé le 18 février 2006.

Cette éventualité avait, on s'enn souvient, soulevé un tollé tant dans les milieux syndicaux que ceux des utilisateurs du port, Maersk étant une compagnie maritime et non un gestionnaire portuaire, avait-on avancé, à l'époque.

On n'a plus entendu parler de ce projet jusqu'à ce que Xavier Duval en fasse mention cette semaine. Un proche du Premier ministre n'a pas manqué, vendredi, lors d'une réunion du "board" qu'il préside de dire son agacement que le ministre des Communications Extérieures ait été aussi loin dans ses insinuations. Il a même estimé qu'il faudrait demander au ministre d'aller à l'ICAC ou à la police s'il est en présence de zones d'ombre sur ce dossier.

Il faut aussi savoir que si Gilbert Philippe, conseiller portuaire du PM et ancien président de la MPA et de la CHC a déclaré, à l'Express, mercredi, que ses rapports avec XLD "ne sont pas conflictuels", et que "ses rapports entre le ministre et moi sont inexistants", le ministre, interrogé à son tour, par le Mauricien jeudi, a déclaré "je ne rencontre pas M. Philippe. Il sait pourquoi". Le ministre a, comme on le sait, fait obstacle à la nomination de Gilbert Philippe à la présidence de la MPA comme à celle de la CHC. Ce sont respectivement Siddick Chady et Dan Bhima, deux autres proches collaborateurs de Navin Ramgoolam qui ont été préférés à Gilbert Philippe.

Toujours est-il que, dans l'entourage du Premier ministre, on n'a pas du tout apprécié les propos de Xavier Duval qui est, à son tour, accusé de privilégier le tourisme seulement et de négliger le port avec les conséquences que l'on sait, retard dans l'embarquement et le débarquement de marchandises et pas de connexion directe entre Port Louis et l'Europe, ce qui pénalise les secteurs productif.


M. Pravind Jugnauth, leader du MSM:

"Bonne marge de manœuvre pour un budget socialement acceptable"

Après les "nombreux cadeaux" de l'an dernier au secteur privé, le ministre des Finances a, cette année, le "devoir" de présenter un budget socialement acceptable, estime le leader du MSM, Pravind Jugnauth. Rama Sithanen, dit-il, dispose d'une "bonne marge de manœuvre" pour cela après avoir, notamment, "récolté gros" sous forme de Taxe à Valeur Ajoutée (TVA) découlant des "augmentations de prix en cascade".

M. Jugnauth se dit convaincu qu'une autre politique économique est possible. Il en veut pour "preuve" que le ministre des Finances a "reculé" sur un certain nombre de mesures impopulaires initialement contenues dans le budget de l'an dernier.

Pour l'exercice du 15 juin prochain, le leader du MSM s'attend, ainsi, à ce que le gouvernement reconsidère, par exemple, sa décision d'imposer les intérêts bancaires à l'épargne. Une mesure qu'il considère "illogique" et "irrationnelle". Pour lui, le budget 2007//2008 doit, prioritairement, contenir des "mesures de soulagement" pour la population "suffoquée" l'an dernier lors du précédent exercice.

Par ailleurs, Pravind Jugnauth dénonce ce qu'il considère être le "bluff" de M. Sithanen au sujet des indicateurs économiques. Il cite le taux projeté d'inflation de 10.7% pour 2006/2007, "taux le plus élevé depuis 16 ans" et qu'il considère le "making and doing" du ministre des Finances. Autre chiffre cité:: celui du taux de l'épargne nationale évalué à 15.7% pour 2007 contre 17.2% en 2005.

Quant au déficit budgétaire, M. Jugnauth explique que la projection d'un peu moins de 5% indiqué par M. Sithanen est loin de son objectif d'atteindre les 4%. Au sujet de la croissance économique, le leader du MSM l'explique par les "réformes courageuses et ambitieuses" du précédent gouvernement dans des secteurs tels le tourisme avec la mise en chantier des projets IRS de même que dans le "seafood hub" et le secteur des TIC.

Pravind Jugnauth soutient, de plus, que l'accroissement de l'investissement direct étranger est encore attribuable aux projets IRS initiés par le précédent gouvernement et parle, à cet effet, de "claque" du gouverneur de la Banque de Maurice au ministre des Finances.

Compte tenu du fort taux d'inflation - conséquence, dit-il, de la politique économique et monétaire du ministre des Finances -, le leader du MSM estime, enfin, qu'il aurait été "normal" que ceux au bas de l'échelle de même que les bénéficiaires des prestations sociales bénéficient "tout au moins" de l'équivalent de ce taux sous forme de compensation salariale.

Selon ses calculs, rien que 9.8% des salariés du pays bénéficieront d'une compensation de 8.7%. M. Jugnauth dément le ministre des Finances à l'effet que jamais une "double digit compensation" n'a été payée. Il cite, à cet effet, l'année financière 1989/90 quand une compensation de 15% avait été payée pour compenser un taux d'inflation de 16% et l'année 1990/91 quand les salariés reçurent 11% de compensation pour une inflation de 10.7%.


Mardi dernier

Sam Lauthan et Joe Lesjongard quittent l'hémicycle

Deux incidents ont marqué la dernière séance, qui fut, pourtant, dans l'ensemble, assez monotone. Sam Lauthan, député du MMM, à qui le Speaker a refusé une question supplémentaire à celle, originale, de son collègue Rajesh Bhagwan sur les véhicules de la police, visiblement très mécontent, a préféré quitter l'hémicycle durant le Prime Minister's Question Time pour ne plus retourner. D'autre part, Joe Lesjongard a, lui aussi, décidé de se retirer. Il voulait adresser des questions supplémentaires à son interpellation sur une mère de quatre enfants laissée à la rue, à Roche Bois, depuis qu'elle a été victime d'un ordre d'éviction. Mais le Speaker semblait vouloir en finir avec ce sujet avant que Joe Lesjongard n'ait le temps de venir avec des questions supplémentaires

Si le député du MMM s'est tranquillement levé et est parti, il ne s'est pas privé pour dénoncer, dans les couloirs ce qu'il appelle une "censure" à son égard alors que l'élu du MSM a protesté sur-le-champ en disant "pas possible M. le président, mo pé koz enn poor family" en ramassant ses affaires avant de quitter la chambre. Kailash Purryag, qui semblait embarrassé, l'a assuré qu'il ne voulait pas l'empêcher de poser ses questions supplémentaires mais qu'il n'avait vu personne se mettre debout et qu'il était, alors, passé à la prochaine interpellation.

Joe Lesjongard a quitté l'hémicycle, suivi, d'abord, de Mireille Martin et de Mahen Jhugroo et des autres élus du MSM ensuite, dont le leader de l'opposition Nando Bodha mais ils sont revenus un par un, certains devant intervenir sur le Gambling Authority Bill. Même le député mécontent a regagné son siège, son nom étant sur la liste de ceux qui devaient prendre la parole sur le projet de loi "zugader", mais les débats se prolongeant sur ce texte, ils ont été reportés à la prochaine séance. Ces députés ont, certes, protesté contre l'attitude du Speaker qui, selon eux, a limité leur possibilité de poser des questions

Mais c'est l'ensemble de l'opposition qui a exprimé son exaspération devant la limitation de son champ d'intervention au Parlement. Elle a ainsi comparé le traitement qu'elle a eu avec celle, qualifiée de "très généreuse et indulgente" du Speaker à l'égard de la back bencher Nita Deerpalsing, dont la question, la semaine d'avant, sur les Integrated Resort Schemes avait duré avant et après la pause déjeuner et avait duré plus d'une vingtaine de minutes et de Suren Dayal qui, sur les médicaments, a eu la latitude pour poser toutes ses questions. Aussi, l'opposition, tant MSM que MMM, demande si ce sont Nita Deerpalsing et Suren Dayal seulement qui ont droit à des supplémentaires illimitées.

Le Parlement a aussi approuvé une motion du leader de l'opposition proposant qu'un article du quotidien l'Express en date du 27 avril 2007, publiée sous la rubrique Bad Mood soit référé au Directeur des Poursuites Publiques pour toute action après que le Speaker, saisi de la question, a statué qu'il estimait, lui aussi, que le texte en question constituait une critique de la conduite de Nando Bodha. C'est Leela Devi Dookun-Luchoomun qui a secondé la motion du leader de l'opposition.

Le NPC n'a considéré que 50% du taux d'inflation

Par ailleurs, malgré son annonce, la semaine d'avant, qu'il reviendra avec plusieurs Private Notice Questions sur le projet de centrale à charbon de Mauritius City Power, il n'en a rien été et c'est la compensation salariale qui était l'objet de la PNQ du leader de l'opposition, mardi.

Le ministre des Finances, qui répondait à cette question a indiqué que le National Pay Council n'a considéré que 50% du taux d'inflation à 10,7% et les gains en productivité ensuite et qu'aucun gouvernement, que ce soit en 81/82, 82/83 ou 91/92, n'a payé une compensation intégrale lorsque l'inflation était à deux chiffres. Annonce aussi qu'il y aura un mécanisme d'appel pour les travailleurs qui estiment avoir inadéquatement été compensés par leur employeur.

Nando Bodha ne l'a pas entendu de cette oreille et a parlé de "compensation de misère", ce qui a provoqué le courroux du ministre des Finances qui a dit que le gouvernement n'a aucune leçon à prendre de ceux qui ont "violé l'économie". Il est à noter que lors de ces échanges, Rama Sithanen a confirmé une information publiée en primeur par notre confrère Le Mauricien à l'effet que le NPC avait proposé Rs 240.

Sur la question de productivité des employés, Jayen Cuttaree a posé l'intéressante question de savoir comment la mesurer lorsque c'est le capital et le management qui sont déficients, ce à quoi le ministre des Finances, tout en reconnaissant la pertinence de cette interpellation, a répondu que ce sont les critères qui ont toujours été utilisés qui l'ont été une nouvelle fois en attendant que le NPC trouve sa vitesse de croisière.

À l'heure des déclarations, le Premier ministre est revenu expressément dans l'hémicycle pour parler de l'aide de la Clinton Foundation à l'achat de traitement antirétroviral pour les séropositifs et le diagnostic de la maladie alors que Sheila Bappoo a fait le point sur ce qui a été entrepris en vue de venir en aide aux habitants de Rivière des Galets affectés par les houles australes.


Fait marquant

Décès en détention après un vol d'articles d'une valeur de… Rs 2,000

Encore un triste cas de "suicide" en détention policière. C'est suite à une question d'Alan Ganoo au Premier ministre que toute l'affaire a été révélée. Un habitant de Bassin a, le 14 mai dernier, été appréhendé avec des articles volés d'une valeur de Rs 2 000. À sa comparution en cour le 15, la police n'objecte pas à sa relaxe et le tribunal fixe sa caution à Rs 5 000. Faute de pouvoir réunir cette somme, il est reconduit en cellule policière à Coromandel jusqu'au 22 mai. À 14 h 30, lors d'une ronde, la police a constaté que le détenu dormait mais à 15 heures elle devait constater que le détenu s'était pendu. L'autopsie a conclu que le décès était dû à l'asphyxie et que le détenu ne portait pas de blessures sur le corps. L'enquête se poursuit, a précisé le Dr Navin Ramgoolam alors que le premier député de Savanne/Rivière Noire a demandé que les cellules soient équipées de matériel qui ne peut être utilisées pour la pendaison et que les familles des victimes obtiennent au moins une attestation quant aux causes du décès de leur proche.


Attitudes

82/83: quelle comparaison…

Rama Sithanen a, certes, eut quelques arguments défendables lorsqu'il a répondu à certaines questions sur la compensation salariale. Mais là où sa posture s'apparente à de la mauvaise foi, pour ne pas dire autre chose, c'est lorsqu'il refuse de reconnaître, comme l'y invitait Jayen Cuttaree, la semaine d'avant et Nando Bodha, mardi encore, que la brusque flambée inflationniste est "his doing", puisqu'elle est passée, d'une année à l'autre, de 5% à 10,7%, un fait que même le FMI impute ouvertement à ses mesures budgétaires et qu'il compare la situation actuelle avec celle qui a prévalu en 82/83 pour dire que l'inflation à deux chiffres n'a jamais été suivie d'une compensation correspondante. Il sait très bien que c'était l'époque des deux dévaluations, de la mise sous tutelle du pays sous le FMI, des caisses vides, de l'absence de devises et des emprunts pour honorer les engagements courants. Come on Rama !

Abu Kasenally refile un dossier rouge à Nita Deerpalsing

Le ministre des Services Publics, Abu Kasenally a refilé un dossier rouge du CEB sur les Independent Power Producers et les prix de vente de l'électricité à Nita Deerpalsing. C'est après que la député, auteur d'une question initiale, lui ait posé de nombreuses questions supplémentaires sur le sujet. En sortant de l'hémicycle, Abu Kasenally lui a laissé le dossier et la député a consigné des notes au fur et à mesure qu'elle le parcourait.


Mardi prochain

Les Chagos et Tromelin au Question Time

Parmi les 22 questions adressées au Premier ministre, deux sont consacrées à l'intégrité territoriale de la République de Maurice. C'est Arianne Navarre-Marie, fille de Chagossien qui est l'auteur des deux interpellations, l'une sur l'évolution du dialogue avec la France sur la question de souveraineté sur Tromelin et, l'autre, sur les actions envisagées par le gouvernement après le jugement du 23 mai dernier.

Les autres questions pour le Premier ministre portent sur les sujets suivants: l'unité médicale de la SMF (le Dr Ramloll), les agressions de garde-chiourme (Sam Lauthan), les paris illégaux et les employés suspendus de la MBC (Mahen Jhugroo, la révision de la pension des anciens combattants (Nita Deerpalsing), le vol des planteurs de légumes (Maya Hanoomanjee), le nouveau régime pour l'entrée des étrangers au pays (S. Soodhun), les délits sexuels sur les enfants, le passage à répétition de films à la MBC et les conditions de la délivrance des passeports (Fazila Jeewa-Daureeawoo), les recherches à Rodrigues pour retrouver le PC Spéville et un communiqué du MR diffusé par la MBC (Robert Spéville), l'introduction d'un Policing Charter (Yatin Varma), le Subutex (Leela Devi Dookun Luchoomun), l'enregistrement de l'Assemblée de Dieu (Eric Guimbeau), les personnes portées manquantes et les étrangers arrêtés pour drogue (Sheila Grenade), les missions de N.P. à la MBC (Jean Claude Barbier) et le relogement des habitants de Rivières des Galets après les nouvelles houles du 30 mai.

Les interpellations adressées aux ministres concernant, entre autres, les bourses destinées aux vétérinaires, celles de l'université de Bénarès, le World Hindi Secretariat, la MFDC, deux questions d'élus de la majorité sur Air Mauritius, à savoir la demande de sièges sur la route Inde/Maurice et la vente de deux Boeing 767, les permis de location de transat par la Beach Authority, l'allocation des terres à la Vigie et dans le sud, les déplacements des maires à l'étranger, celui du Lord-Maire en autobus, le piratage, le trafic d'enfants, les notaires retenus pour la vente des terres de la CHA, la vente du sucre sur le marché local, le comité censé se pencher sur la taxe frappant les campements et la hausse des permis d'opération des plaisanciers.

En sus du Gambling Regulatory Bill, sera également considéré le Jewellery Bill.


Harish Boodhoo affirme s'être retiré de l'engagement social

Après 40 années d'engagement, Harish Boodhoo, l'ancien vice-Premier ministre (1983-85) redevenu contestataire, se retire sous sa tente à Belle Terre. C'est du moins ce qu'il a affirmé lors d'un "dernier meeting" tenu devant la Cour suprême, jeudi dernier, en présence d'un millier de personnes, sympathisants et victimes alléguées du système de vente à la barre (Sale by levy).

"Comme un train qui doit s'arrêter à une gare, un bus qui doit s'arrêter à un terminus, azordi c'est mo la gare", a déclaré Harish Boodhoo. Il s'est toutefois assuré "qu'une équipe de jeunes menée par M. Salim Mutty prendra la relève du combat contre la Sale by Levy". Harish Boodhoo a cependant annoncé une "bonne nouvelle". Il a affirmé avoir eu deux conversations téléphoniques avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans le courant de la semaine, suivies d'une longue rencontre avec le ministre de la Justice, Rama Valayden, à la demande de ce dernier.

Selon Harish Boodhoo, "le Premier ministre a reconnu que le Protection of Borrowers Act, loi qui était censée soulager les victimes de la Sale by Levy, n'a pas eu l'effet escompté". Il dit avoir suggéré aux dirigeants du pays d'instituer une commission d'enquête sur la vente à la barre qui éplucherait chaque déclaration faite par les victimes de ce système et prendrait des sanctions contre ceux qui les ont exploitées.

Selon Harish Boodhoo, "au moins Ramgoolam a eu le courage d'instituer une loi, même si celle-ci n'est pas bonne, mais Bérenger, lui, avec arrogance, avait porté des œillères et n'a rien pu faire pour les victimes de Sale by Levy". "La rencontre avec Bérenger lorsqu'il était Premier ministre fut une véritable catastrophe. Bérenger a présidé des comités sur les corbeaux, les cancrelats, les chiens errants mais jamais n'a-t-il présidé un comité sur la Sale by levy", a déploré Boodhoo.

Du commissaire pour la protection des emprunteurs, Robert Ahnee, il dit avoir compris, sur la base de son interview dans Week-End dimanche dernier, qu'il ne pourra rien faire pour les victimes. "Ce n'est pas moi qui dis que Robert Ahnee doit s'en aller, mais s'il se rend compte qu'il ne peut rien, je ne vois pas pourquoi il resterait à son poste".

Harish Boodhoo avait préalablement averti qu'il allait "faire des dégâts" avant de se retirer. Il a effectivement tiré contre beaucoup de personnalités, entre autres sir Anerood Jugnauth, Navin Ramgoolam, Paul Bérenger, l'adjoint au Speaker, Jean-François Chaumière, le vice-leader du MMM Jayen Cuttaree, le député Ajay Gunness, le syndicaliste Sattyadeo Tengur, Voice of Hindu et l'Evèque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat. Le chef du diocèse catholique a été critiqué surtout pour son "indifférence" envers les victimes de la vente à la barre, en comparaison au soutien indéfectible des pères Maurice Labour et Henri Souchon. Il a aussi fait ce qu'il appelle une révélation "sur un homme à la cagoule noire qui a été le véritable assassin d'Azor Adélaïde en 1971 à Curepipe".

Se disant dégoûté des partis politiques existants, Harish Boodhoo a souhaité que des syndicalistes, des travailleurs sociaux et des universitaires se mettent ensemble et lancent "un nouveau parti qui soit un mélange du Parti travailliste de 1936 et du MMM de 1969". Il a aussi fait un appel pour que toutes les treize fédérations syndicales du pays se fondent en "un seul mouvement" afin de revendiquer d'une seule voix en faveur des travailleurs, à l'image des employeurs qui, eux, font tous bloc derrière la seule Mauritius Employers Federation.

Harish Boodhoo s'est plaint d'une partie de la presse qui, selon lui, "a considéré la couleur de ma peau, a réglé avec moi une rancune politique personnelle, n'a pas fait le travail comme il le fallait et a boycotté mes meetings et manifestations dans le cadre de la campagne contre la Sale by Levy". Parlant de la lutte qu'il a menée pendant cinq ans contre la vente à la barre - un système qui dépouille des malheureux à travers la Cour suprême - il s'est plaint que le gouvernement de Ramgoolam y a porté un coup mortel en cessant d'accorder la publicité à son journal Sunday Vani. "L'argent de la publicité gouvernementale est l'argent du contribuable et n'appartient pas au gouvernement. Il faut qu'il soit distribué de façon équitable. Donnez la publicité aussi aux journaux comme Week-End, Le Militant et Sunday Vani", a-t-il demandé.

Beaucoup de personnes ayant assisté au meeting de Harish Boodhoo doutent encore que l'homme de Belle Terre a vraiment fait ses adieux à la vie publique. Tant il est vrai que Harish Boodhoo a fait nombre de fausses retraites depuis 1985, certains n'hésitent pas à observer que la politique est à Harish Boodhoo ce que la cigarette était à Mark Twain. Ce dernier, fumeur invétéré, disait toujours que c'est facile d'arrêter de fumer. Marc Twain se vantait toujours d'avoir arrêté 100 fois…


Ça va se savoir

Les + Rs 150 000 veulent des exemptions à l'Income Tax

Des expatriates employés dans des postes publics majeurs ne bénéficient pas seulement d'importants pay packets à la fin de chaque mois. La liste de ceux qui touchent plus de Rs 150 000 par mois a été révélée publiquement par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, suite à une interpellation du député de l'opposition Mahen Jhugroo. Certains d'entre eux ne sont pas satisfaits et ont exigé et obtenu du gouvernement, leur employeur, que leurs salaires soient exemptés d'Income Tax. La principale raison est que l'un d'entre eux bénéficie de ce privilège. L'on ne sait pas encore ce que la Mauritius Revenue Authority pense de cette discrétion et de ces privilèges hors pair.

Des changements dans les taux d'intérêts après le budget

Le Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice, qui se réunira de nouveau à la mi-juin, soit après la présentation du budget 2007/08 par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, pourrait apporter des ajustements aux taux d'intérêts bancaires. C'est ce que laissent entendre des spécialistes du marché. Le Public Information Notice du Fonds monétaire international (FMI) souligne dans le cadre des Article IV Consultations que "most IMF directors encouraged the Bank of Mauritius to consider raising the Repo Rate if inflation does not decline as expected". D'autre part, le FMI rappelle que "addressing institutional constraints in the financial sector could help lower borrowing costs and make more financing available to small and medium-size enterprises".

Un Senior Minister mécontent d'être tenu à l'écart des secrets budgétaires

Un Senior Minister a laissé éclater son mécontentement devant la pratique et la déclaration officielles du Grand Argentier, Rama Sithanen, à l'effet que les secrets du budget ne seront partagés qu'avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam. C'était à l'heure des questions lors du point de presse de samedi dernier. Ce n'est pas la première fois que ce membre du gouvernement prend en grippe le vice-Premier ministre et ministre des Finances. L'année dernière, il avait tenu à rappeler à l'ordre un haut cadre des Finances pour ce qu'il avait qualifié d'ingérence dans son ministère, toujours en ce qui concerne le budget.

Navin Ramgoolam déjoue la MSPA en deux temps et deux mouvements

Depuis la première réunion avec les membres de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), mercredi dernier, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait voulu proposer la mise sur pied de sous-comités pour poursuivre des discussions en vue d'arriver à un deal avec l'industrie sucrière. Mais Arnaud Dalais, le porte-parole conjoncturel de l'industrie sucrière, avait proposé que les délibérations se poursuivent sous la présidence du Premier ministre. Faute de fall back position, Navin Ramgoolam n'eut d'autre choix que d'accepter la proposition. Mais à la séance de vendredi, il devait prendre ses interlocuteurs de court en proposant deux sous-comités paritaires, d'autant qu'il devait partir en mission durant le week-end.

La croisade contre le "gros capital" dans la LOI d'hier

Long article dans la Lettre de l'Océan Indien, 2 juin sur les récentes prises de position de Navin Ramgoolam et de l'aile du Ptr "qui est entrée en guerre contre les patrons d'origine européenne accusés - non sans quelques raisons - de contrôler les secteurs clés de l'économie de l'île". Les exemples de l'ouverture à la concurrence entrepris durant le premier mandat de Navin Ramgoolam, Gamma, Indian Oil, United Breweries y sont mentionnés.

La LOI rappelle aussi le rôle de la commission sur la démocratisation de l'économie-présidée par Cader Sayed Hossen dont le passage comme directeur de Nestlé de même que son association, à travers Straconsult, avec Amédée Darga et Rajesh Jeetah est cité, et qui souhaite "une réforme agraire" et une nouvelle loi sur la concurrence dans le secteur commercial qui vise IBL "des familles Dalais et Lagesse et sa filiale Winners, leader dans la grande distribution".

La publication parisienne cite la demande de 1 500 à 2 000 arpents de terres, la hausse des baux sur les campements, les affaires Desbro et Catovair et des projets qui sont alloués aux étrangers comme le centre à charbon comme autant de décisions qui visent ces patrons d'origine européenne.

Le document cite aussi ceux qui comme la BAI, les Jeetah, les Bhunjun et Samlo qui ont "le vent en poupe".

Ministre cherche place au paradis

Branl- bas de combat à l'entrée d'un établissement hôtelier aux petites heures de jeudi matin. Un ministre, qui avait participé à une petite soirée sur le littoral du sud ouest, n'a pas voulu refaire le chemin, trop long, jusqu'à chez lui aux Plaines Wilhems et il a ainsi été frappé à la porte d'entrée d'un établissement hôtelier, question de trouver une chambre pour le reste de la nuit. Les préposés lui ont fait comprendre que l'hôtel affichait complet mais il n'a rien voulu entendre et fait un vacarme devant la grille d'entrée mais a fini par s'en aller en promettant de faire voir de toutes les couleurs à la direction de l'établissement. Ce ministre se signale régulièrement pas sa propension à mettre en avant son statut pour se distinguer des autres.

Les chevaliers de l'Ordre de Malte dans la ION

Les chevaliers de l'Ordre de Malte ont eu les honneurs de la version anglaise de la Lettre de l'Océan Indien du 19 mai. La Indian Oecan Newsletter fait état de la nomination, de nouveau, de Hervé de Fontmichel comme ambassadeur de l'Ordre des Chevaliers de Malte à Maurice avec accréditation aux Comores également. Il avait occupé les mêmes fonctions mais avait été, en 2000, remplacé par Bernard Dorin. Hervé de Fontmichel est présenté comme un avocat qui a été proche de Sir Seewoosagur Ramgoolam et de la communauté francophile mauricienne, au sein de laquelle on compte François de Grivel, le président de la MEXA, Armand Maudave, tous deux dirigeants de l'amicale Maurice/France. La ION rappelle aussi que certains des membres fondateurs de l'Ordre des Chevaliers de Malte, comme Louis Espitalier-Noël étant décédés, d'autres, à l'instar de Regina Maudar, mairesse PMXD de Quatre Bornes, l'Évêque de Port Louis, Maurice Piat, Jean Paul Adam, ex-directeur de la General Construction, Sheila Baguant, directrice d'une ONG et Paul Corson de la MCB ont pris la relève.

Dinesh Ramjuttun obtient un renouvellement de contrat

Les informations circulées au groupe parlementaire de l'Alliance sociale réuni le lundi 21 mai n'étaient pas tout à fait exactes. Selon l'entourage de Dinesh Ramjuttun, qui ne dément pas les autres éléments de l'information publiée par Week-End la semaine dernière, le Premier ministre aurait finalement choisi de lui accorder un prolongement de contrat d'une année.

Le club des Rs150 000 et plus par mois

Ils sont cinq Mauriciens qui travaillent à Maurice à toucher Rs 150 000 ou plus par mois. Les heureux bénéficiaires politiques sont Robin Soonarane, directeur de la Waste Water Management Authority, Milan Meetarbhan, directeur de la Financial Services Commission, Anil Kumar Ujoodha, directeur de l'ICAC, qui, contrairement à ce que le gouvernement a voulu faire accroire, touche une enveloppe qui n'est pas très éloignée de celle que recevait son prédécesseur, Nuvin Beekharry puisqu'il a un salaire de Rs 250 000 et divers avantages, Ali Mansoor, le Financial Secretary, qui, lui, touche Rs 70 000, plus une allocation de 6 000 USD (Rs 210,000) payée en devises étrangères et une allocation de loyer de Rs 30 000 mensuellement, entre autres bénéfices, Raju Jaddoo, directeur du Board of Investment.

Les restes des bénéficiaires de salaires de Rs 150 000 et plus sont les expatriés, Dr Robert Marsman et Jean Yvon Thepaut (Agriculture), Lal Sudhamo, Bert Cunningham et Paul Mathews de la Mauritius Revenue Authority, Jérome Lamielle de la Central Water Authority, J. Symreng, directeur adjoint de la FSC, le Professeur Coupe de l'Université de Technologie et les ambassadeurs, Marie France Roussety, Fifi Henry, M. Dosieah, Naresh Servansing, S. Soborun, Mahen Kundasamy, Kailash Ruhee, Paul Chong Leung, Jacques Chasteau de Balyon, Indira Thacoor-Sidaya, la toute première ambassadrice à plein temps auprès de l'Unesco alors que c'est toujours l'ambassadeur de Maurice en France qui a occupé ce poste et S. Gunessee.

Les diplomates de carrière qui se retrouvent dans la fourchette des Rs 150 000 et plus sont, N. Soomauroo, J. Nayeck, V. Mungur, I.Latona, I. Dhalladoo, H. Dillum, J. Bissoondoyal et parmi les nominés politiques qui touchent le même pactole et qui font office de conseillers commerciaux, Yasdev Jeelall (Australie), Rajen Narsinghen (Genève) Vinod Busjeet (Washington) , Noel Lee Cheong Lem (Bruxelles) et Laurent Obadia, le partenaire d'affaires de Dawood Rawat qui lui à l'ambassade mauricienne à Paris. Ces informations ont été fournies suite à une question dans ce sens du député du MSM, Mahen Jhugroo.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 3 juin 2007