m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 3 juin 2007



Diversité bioculturelle—Conserver le jardin créole
Arts plastiques—26e Salon de Mai: Une multitude de pratiques
À Quatre-Bornes—Foire artistique: Pêle-mêle et variété…
Performance—Histoire d'accords: Paroles pour créer le monde
Du 22 au 24 juin au Théâtre de Port-Louis—Secousse théâtrale annoncée avec Abé Mwa !
Le 9 juin au Théâtre de Port-Louis —Ascenseur, ou la poésie du jonglage
À partir de fin juin—Le Circus Sunrise promet du beau spectacle familial
Marche de charité à l'initiative de l'Ahmadiyya Muslim Association—Trois ONG reçoivent chacun Rs 60 000
Journée portes ouvertes au Probation Hostel for Boys
Le 12 juin au CCB —Daniel Vaxelaire se penche sur "La place de Maurice dans l'histoire de l'OI"
Patrimoine linguistique—Dinododo: Créativité et diversité linguistique
Le 8 juin à l'AF—Rencontre avec l'auteur suisse Daniel de Roulet
Avec Reggae Revolution—Fight Apart sort de l'ombre
Festival de Cannes 2007—Le nouvel empire roumain
Paul Olsen—"Le travail enclenché pour le Plaza va se poursuivre"
Gibier—Le cerf, avec des fruits pour les plus audacieux
Cinéma: Bientôt dans nos salles—Spider-Man 3: Le double à régner
A l'Institut Rabindranath Tagore, à l'Ilot, cette semaine—Dévoilement d'un buste de Tagore et l'inauguration d'une galerie permanente
La Place de l'Église et le Dépôt des morts
PC du futur—Les gagnants du concours de design de Microsoft
Brèves


Diversité bioculturelle

Conserver le jardin créole

Si vous les ignorez, on ne vous en voudra pas car ces espèces se font de plus en plus rares. Jamblon, Jamalac, Attier, Pomme jacot, Jacquier, Fruit à pain ont peuplé les arrière-cours de notre enfance et font partie de notre paysage culturel. De même, quelques plantes endémiques comme le café de Maurice, le palmier de l'île Ronde, l'orchidée, la baume de l'île Plate font partie de cette parcelle de notre biodiversité terrestre qu'il faut protéger par tous les moyens disponibles. Les scientifiques attirent l'attention sur une nouvelle problématique: faire un inventaire complet des plantes endémiques ou introduites, développer des synergies entre le savoir local et scientifique et favoriser la transmission écrite et orale à l'intérieur de la communauté locale pour préserver les espèces en voie de disparition. État des lieux de ce nouveau terrain d'études que les chercheurs appellent "la biodiversité culturelle".

Les jardins de notre enfance, la nature foisonnante (plantes endémiques, bois et forêts, animaux) sont des éléments fondamentaux dans les politiques de conservation puisqu'ils font partie de notre diversité culturelle. Diversité qui constitue la part de beauté et d'authenticité de chaque peuple. Aujourd'hui, on fait ressortir les liens inextricables entre diversité biologique et diversité culturelle. Les enjeux: comprendre et préserver l'environnement naturel en tenant compte des cultures humaines qui la façonnent.

Un rapide état des lieux démontre qu'actuellement, la biodiversité terrestre de Maurice est considérablement réduite. Des forêts originelles (Bois d'ébène, Mahagony, Tambalacoque, Bois reinette), il n'en reste qu'environ 1%. Les bois et essences dont les Mauriciens font encore usage se trouvent dans les endroits les plus reculés de l'île: les sommets des montagnes ou les lieux pleins de fange.

Il n'existe pas d'inventaire complet ou de catalogue des espèces qui existaient avant la venue des colonisateurs. Ces informations ne peuvent être obtenues que par un travail de recherche archéologique. Par contre, la biodiversité marine - encore inconnue étant donné la vaste étendue de nos eaux territoriales et des îles dépendantes - reste à découvrir. Néanmoins, cette infime partie de notre biodiversité doit être conservée par tous les moyens, soulignent les scientifiques.

Le Dr Anwar Janoo, chercheur au National Heritage Fund (dont les préoccupations ne se limitent pas à la conservation des sites et vestiges monumentaux, mais aussi au patrimoine immatériel) parle d'un inventaire complet des plantes endémiques ou introduites. Il propose une sorte de cartographie de l'endémisme floral et faunique. Cette cartographie des espèces réparties dans l'île permettra ensuite de décider si l'on peut préserver des portions de cette biodiversité et aider à la propager.

De notre diversité bioculturelle

Nombreuses sont les plantes locales (plantes introduites) qui font partie de notre culture alimentaire. Les habitudes alimentaires sont des aspects culturels très localisés et inféodés à notre environnement immédiat. On peut citer les brèdes songes (Calladium esculentum), les brèdes de Chine, brèdes malabar ou gondole, qui font partie des plantes introduites et sont, en quelque sorte, les équivalents des épinards européens. Ces plantes pour se nourrir sont des exemples de liens qui nous rattachent à notre milieu.

D'autres espèces introduites (plantes et animaux) font partie de notre paysage culturel: pomme jacot, jamalac, jamblon, fruit à pain sont quelques exemples de plantes qui font partie de notre environnement depuis la petite enfance. Un jardin typiquement créole, aujourd'hui menacé en raison de l'avancement du béton dans les régions suburbaines, les agglomérations résidentielles ou les cités.

S'agissant des animaux introduits dans l'île, on constate que les bêtes de somme ne sont plus utilisées pour faire les travaux qui leur étaient autrefois réservés, en raison des développements survenus dans le pays. Le mulet ne sert plus à tirer les carrioles, le bœuf ne tire plus la charrue, la vache ne sert presque plus à donner du lait. Le cheval, lui, ne se trouve à Port-Louis qu'au Champ de Mars pour les courses. Dans les bois, le cochon marron et les cerfs de Java sont harcelés en période de chasse.

Qu'en est-il de la flore exotique ? Il faut savoir que les esclaves et les travailleurs engagés d'Afrique et d'Asie ont entraîné l'introduction d'une importante variété de plantes comestibles qui faisaient partie de leur culture d'origine. Avec le temps, la propagation de ces plantes a eu pour conséquence la présence de toute une flore exotique dans notre environnement quotidien sans que l'on se pose de questions sur leurs pays d'origine. Un exemple frappant: la goyave de Chine. Cette plante introduite s'est largement répandue, allant jusqu'à éliminer certaines espèces endémiques par sa croissance rapide et envahissante. De nos jours, la cueillette de goyaves de Chine est devenue une activité quasi culturelle pour les Mauriciens en quête de loisirs.

Cette pratique outdoor a soulevé la question: faut-il éliminer une espèce qui bouleverse la biodiversité locale ou la maintenir puisqu'elle fait partie de nos habitudes alimentaires et culturelles ? Il y a là un équilibre à trouver. Une solution possible serait de laisser une partie de cette végétation sauvage pour le public et l'éliminer dans les aires de biodiversité primordiale, dont les réserves naturelles.

Toujours concernant l'alimentation, il est à noter que la nourriture de base a évolué à Maurice, passant du manioc au maïs et au riz. Si peu d'éléments d'origine locale sont passés dans l'alimentation de base des Mauriciens, c'est peut-être parce qu'ils ne se prêtaient pas à la consommation par l'homme à son arrivée dans l'île. On remarque, par exemple, que le cocotier est rare à Maurice. Les cocoteraies se trouvent à plusieurs milliers de kilomètres de l'île.

Autre acquis important sur les plans culturel et scientifique: la médecine traditionnelle, même si la science ne lui a pas accordé de valeur cartésienne (l'approche n'ayant pas passé la rigueur des tests). Néanmoins, les "tisanes grand-mère" comme l'ayapana, la menthe ou les onguents à base de palma christi (huile de ricin) ont un effet curatif et sont encore utilisés dans les foyers mauriciens. Les techniques nouvelles de biologie moléculaire et biochimiques ont révélé les principes actifs de ces espèces et ont confirmé leur capacité curative. Une simple visite au marché central confirme que ces espèces sont encore utilisées et qu'une transmission des savoirs traditionnels se transmet malgré les progrès de la médecine.

Les politiques de préservation

Il faut aujourd'hui reconnaître l'importance de la diversité bioculturelle puisque cela fait partie de notre patrimoine. Pour atteindre les objectifs de conservation, il faut, entre autres, renforcer le contrôle de la communauté locale sur les processus du changement écologique, culturel et social. Des synergies entre le savoir local (autochtone) et scientifique sont élaborées pour accroître la diversité biologique et culturelle et renforcer l'équité dans la gestion des ressources. Il est tout aussi important de conforter la transmission du savoir à l'intérieur de la communauté locale en renforçant les liens entre les jeunes et les plus âgés. Il faut enfin fournir des informations et développer des instruments appropriés pour protéger le savoir traditionnel concernant les plantes endémiques.

Avec les constructions en béton, le jardin à la créole avec ses manguiers, arbres à litchis, longaniers et autres papayers, est de moins en moins cultivé. Il convient donc d'établir les liens nécessaires entre diversité culturelle et biodiversité.


Quelques espèces endémiques

Le café de Maurice

Le palmier de l'île Ronde

L'orchidée

Astaracae

Helichrysum caepisotum (immortelle)

Helichrysum mauritianum (immortelle)

Psiadia lithospermifolia (Baume de l'île Plate)

Erythroxylaceae

Erythroxlum sideroxyloides (Baume de l'île Ronde)

Sterculiaceae

Trochetia boutoniana (Boucle d'oreille)

Serpent de l'île Ronde (aujourd'hui disparu)


Arts plastiques

26e Salon de Mai: Une multitude de pratiques

Le Salon de Mai annuel se signale de nouveau par sa grande diversité. Peintures, sculptures, gravures, installations sont au rendez-vous jusqu'au 15 juin à la galerie d'art de l'Institut Mahatma Gandhi. Une soixantaine d'artistes de renom et d'autres moins connus, choisis par un comité composé d'artistes, envisagent le matériau "art" et ses débats comme l'enjeu de la création. Une seule œuvre par participant est montrée dans cette manifestation qui se veut la principale vitrine de ce qui se fait en matière d'art à Maurice.

26e Salon de Mai: la manifestation désignée par ce titre comporte une exposition sans thème particulier cette année, qui sert de prétexte à des expressions artistiques inattendues. Il s'agit donc d'un événement d'envergure, fruit d'une volonté artistique de l'école des Beaux-arts du MGI, haut lieu de l'expression culturelle. L'exposition est destinée au grand public et non aux seuls amateurs d'art contemporain.

Cela dit, qu'en est-il du Salon ? Il faut noter d'abord que la manifestation s'inscrit dans une tendance repérable depuis quelques années, qui privilégie des propositions entre l'exposition-promenade et le cabinet des curiosités dans lesquels un public composé principalement d'habitués est invité à déambuler de bas en haut sans souci particulier pour la chronologie et les considérations théoriques. Cela peut donner, au pire, des accrochages articulés autour de catégories ordinaires - expressions flottantes et anémiques - avec parfois des textes introductifs. Dans le meilleur des cas, l'on trouve quelques belles installations et peintures, dont voici une sélection.


"Redonner vie à la matière"

Aux réflexions sur les enjeux de la création, Gérard Foy, qui a séjourné deux ans en Inde pour des études poussées en art, répond par l'appropriation des images et des signes quotidiens recyclés en autant de récits individuels. Feuilles de tôle déjà utilisées exposées telles quelles, dont les textures rouillées ont été accentuées: ces scraps (art des pauvres) font partie de son installation.

Gérard Foy, 1-ta tol

"Un moyen de réévaluer l'objet"

Aux objets usagés et rebuts de la société industrielle qu'il récupère et assemble par leur valeur symbolique et plastique, Nirmal Hurry présente une œuvre fondée sur une expérience intime ainsi que des commentaires ironiques des images de notre société.

Nirmal Hurry, Assez boire mo disang

"Le passé comme matériau"

Nin reprend à son compte la mémoire qu'elle ne cesse d'interroger comme porteur des strates du temps. Elle réexploite un travail sur le thème du rêve réalisé en 1992 à travers le temps. Des images qui expriment la chute et la renaissance.

Nalini Treebhoobun, Dream Catcher

"À l'heure de la communication"

À l'heure de la communication rapide, les pratiques artistiques engagent certains jeunes artistes à différentes perspectives. Il y a autant d'art vidéo que d'installations. Gitanjali Pyndiah s'interroge sur les effets néfastes de médias sur l'innocence des enfants. Deux réalités différentes qui incitent à réfléchir sur le prolongement de la créativité des enfants.

Gitanjali Pyndiah, Overlapping realities

"De la vie à la mort"

C'est un livre dont les pages sont autant de mythologies individuelles que Neermala nous présente. Une série de gravures sur bois allant du noir, de l'or, du rouge au blanc. Du mariage à la mort et l'interrogation sur l'au-delà, sur fond de blanc.

Neermala Luckeenarain, The golden child


À Quatre-Bornes

Foire artistique: Pêle-mêle et variété…

Offrir aux artistes locaux une interface directe avec le public, qui leur permette d'écouler directement leurs créations. C'est le but de la première "Foire Artistique" qui a été inaugurée vendredi après-midi dans l'enceinte de la mairie de Quatre-Bornes. Jusqu'à cet après-midi, on peut effectivement y rencontrer une intéressante variété d'artistes et de productions. Dans une ambiance de foire qui n'est pas, toutefois, sans poser de questions.

À l'entrée, Super Bouboule vend les DVD originaux de ses derniers exploits humoristiques à Rs 75. Un peu plus loin, les albums de la scène rap-ragga & Co rivalisent de décibels pour faire entendre leurs voix respectives. À quelques pas, Michel Legris présente les superbes ravannes qu'il a façonnées en peau de cabri. Lewis Dick a fait essaimer sur plusieurs tables les jeunes élèves de son École de Sculpture de Bambous qui travaillent le bois en direct. Steeve Dubois présente des agrandissements de photos de membres du Cercle des Artistes Photographes. Deux jeunes proposent de vous croquer le portrait pour Rs 150 en noir et blanc et Rs 300 en couleur. Monté sur une chaise, Gavin Poonoosamy lit des extraits de nouvelles de la Collection Maurice en vente à prix réduit. En face, deux jeunes taillent un bloc de glace à côté d'une table où sont exposées leurs sculptures de fruits et légumes, à proximité d'un stand qui propose la pose de mehendi.

À n'en pas douter, la Foire Artistique offre une variété d'expressions que l'on a rarement vues réunies. Artistes méconnus y côtoient artistes confirmés, et l'on y trouve aussi bien une variété d'individus que des représentants d'organismes tels l'Aapravasi Ghat Trust Fund, les Centres de Lecture et d'Action Culturelle, le Mauritius Museums Council, le Hotel and Catering Training Centre ou le Conservatoire de Musique François Mitterrand. Sans compter les animations musicales qui ont lieu non-stop sur le podium installé au milieu de la cour de la mairie. Selon le ministère des Arts et de la Culture, organisateur de l'événement, plus d'une centaine d'artistes y exposent et une bonne cinquantaine de groupes musicaux ont été retenus pour s'y produire pendant ce week-end.

Il y a là à boire et à manger. Et la frontière est parfois ténue entre une production artistique et une production artisanale des plus basiques. Peut par exemple en témoigner Michel Hottentote, dont les belles sculptures en pierre semblent parfois attirer moins d'attention que les mortiers et autres "roches carri" qu'il présente aussi pour assurer quelques ventes.

"J'ai un ami peintre qui est sur le point d'être mis à la porte par sa femme: ses toiles s'entassent chez lui et occupent toute la place disponible ! Ce genre de rendez-vous est bien dans la mesure où il nous permet de rencontrer le public et nous offre une possibilité d'écouler ce que nous créons", commente un participant. "Même si je suis un peu mitigé sur le terme de foire…"

Réagissant au discours inaugural de la maire de Quatre-Bornes, Mme R. Maudar, qui déclarait que la municipalité était prête à accueillir cet événement sur une base annuelle, le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gowreessoo, devait affirmer qu'il souhaitait en faire une réussite telle que la Ville des Fleurs ne suffirait plus à l'abriter. Sans doute serait-il bon, dans ce cas, d'envisager aussi une montée en gamme qui offrirait aux artistes un espace plus seyant qu'une succession de petites marquises au plastique sale, éclairées par des néons blafards…


Performance

Histoire d'accords: Paroles pour créer le monde

La parole crée le monde. Et c'est à travers l'exploration constante des sonorités de cet univers et des sens de cette parole que peut arriver à se tisser le lien essentiel entre les êtres, avec ce monde. C'est ce que disent, de fort séduisante manière, Léone Louis, Nicolas Raghoonauth et le groupe Sept à travers la performance Histoire d'accords présenté le week-end dernier dans les jardins du CCB.

Double sens, contresens, dissonances: les mots ne servent pas seulement à décrire et dire le monde, ils servent aussi à l'interroger, le fustiger, le bousculer, le faire tomber de son socle pour, de ses miettes, mieux encore le recomposer. Cela, c'est ce que dit Nicolas Raghoonauth au cœur de ses textes en créole et en français, textes dits, murmurés, assénés, chantonnés sur des accords complices du groupe Sept: Frédérick Vianney François à la guitare, Jean-Eric Charnier à la batterie, Westley Suzanne à la basse et Norbert Planel aux percussions.

Parole jazzeuse, parole joueuse. Il y a là aussi bien une contemporanéité propre à la nouvelle vague des slameurs que de lointains échos d'une déferlante à la Léo Ferré (où la hargne se vêt d'une puissante poésie), voire une remontée jusqu'à la mer matricielle des contes d'antan.

Une source incarnée par Léone Louis, jeune conteuse réunionnaise, qui capture et captive l'attention du public avec un charisme rare, d'une ondulation vive et ensorceleuse de voix et de corps.

Parole jactance, parole latence. Et puis parole partance. Mots qui défilent en jetant des fulgurances, comme autant de lampadaires croisés à vive allure sur une route. La parole est affaire de lien. En écho au "Kriké ? Kraké !" réunionnais résonne le "Sirandann ? Sanpek !" mauricien. Au "ladi lafé" d'à côté répond le "lagazet sifon blé" local. Les mots s'entremêlent, les univers aussi. Explosent les frontières. La performance se construit alors dans un espace sans cesse réinventé. Mouvant, imprévu, qui se cherche, oscillant entre humour et noirceur. Des paroleurs sur une scène. Comme nous dans la vie…


Du 22 au 24 juin au Théâtre de Port-Louis

Secousse théâtrale annoncée avec Abé Mwa !

Une pièce sans concession pour dire la violence de notre société. Dans un registre réservé à un "public averti". C'est ce que promet Abé Mwa !, pièce de Gaston Valayden dont le texte fut primé l'an dernier, et qui sera proposée sur la scène du Théâtre de Port-Louis du 22 au 24 juin prochain par la Trup Sapsiway.

Un acte d'écriture audacieux, courageux et réussi: c'est en ces termes qu'Ananda Devi, Tico Soopaya et Sedley Assonne, membres du jury du premier concours d'écriture théâtrale en créole mauricien organisé l'an dernier par Immedia, avaient décrit Abé Mwa !, texte lauréat parmi 25 envois. "J'avais écrit cette pièce il y a environ trois ans, mais elle m'a semblé d'actualité", commente Gaston Valayden. "Abé Mwa ! traite de la violence au sein de notre société, mais aussi de la violence qui est latente en chacun de nous, et des circonstances qui peuvent l'amener à se déclencher", explique l'auteur. "Cette pièce pose la question fondamentale de savoir si un citoyen a le droit de faire justice par lui-même", renchérit Rama Poonoosamy d'Immedia, qui produit la pièce. Ils n'en diront pas plus: le public est invité à venir découvrir de lui-même cette création qui, précisent-ils, est réservée à un "public averti". "Quand Gaston m'a présenté le texte, j'ai hésité. Je l'ai trouvé très dur. C'est avec beaucoup de conviction et de courage que nous le présentons finalement", confie le metteur en scène, Darma Mootien.

"Cette pièce demande aussi des comédiens avertis", fait ressortir Gaston Valayden. Ils seront six sur scène, dont les déjà connus Kristeven Mootien, Bruno Ng, Darma Mootien et Gaston Valayden lui-même, mais aussi les deux nouvelles Drishty Lachhman et Vinaya Sungkur.

Pièce en un acte d'une durée de 80 minutes, Abé Mwa ! sera présentée au Théâtre de Port-Louis les vendredi 22 et samedi 23 juin à 20h et le dimanche 24 juin à 15h. Les billets à Rs 100 et Rs 150 seront disponibles à partir du 11 juin chez Immedia.


Le 9 juin au Théâtre de Port-Louis

Ascenseur, ou la poésie du jonglage

Ascenseur, fantasmagorie pour élever les gens et les fardeaux: c'est le titre de la création qui sera présentée par la compagnie Non Nova, le samedi 9 juin 2007 à 20h au théâtre de Port-Louis. Un spectacle qui fait la part belle à l'art du jonglage.

Considéré comme un des meilleurs jongleurs français, Philippe Ménard a fondé, en1996, la compagnie Non Nova, qui vient d'une expression latine signifiant "nous n'inventons rien mais nous voyons différemment". Ses créations sont présentées comme "le reflet de ses tentatives, de son jeu constant avec l'air et la pesanteur, de sa lucidité face à l'erreur, au ratage, à la chute inexorable".

Dans Ascenseur, créé en 2001, il montre la journée d'un jongleur. Seul sur scène, aidé par des projections vidéo, Philippe Ménard fait vivre un univers très poétique, où réalité et songes se mélangent. "Ascenseur est né de la question que je me pose sur la place du jongleur et de l'artiste dans notre société", explique-t-il. Il y révèle son intimité avec l'objet, sa perpétuelle quête d'harmonie, sa volonté d'articuler le corps et de déconstruire le jonglage. Pour arriver à être un homme d'aujourd'hui qui, entre théâtre, danse et musique, invente une langue pour s'adresser au monde étrange dans lequel il vit.

Le droit d'entrée au spectacle est fixé à Rs 250 et à Rs 50 pour les moins de 25 ans. Les billets sont en vente au CCEF à Curepipe, au CCB à Rose-Hill, au CIFOD à Port-Louis et à travers le Rézo Otayo.


À partir de fin juin

Le Circus Sunrise promet du beau spectacle familial

Offrir à un public familial le meilleur de ce que peut proposer un cirque familial, dans une tradition revisitée de façon très moderne. C'est ce que promet aux Mauriciens le Circus Sunrise, formation australienne qui montera son chapiteau chez nous à partir de la fin du mois de juin.

Pas d'animaux mais des clowns, jongleurs, cow-boys, trapézistes, acrobates. Présenté comme un des cirques familiaux les plus modernes d'Australie, le Circus Sunrise, créé dans les années 90 par des héritiers d'une longue tradition familiale, offre au public "an action-packed, fun and exciting show" proposant le meilleur du cirque. Un show qui a effectivement remporté beaucoup de succès en Australie mais aussi dans bien d'autres pays comme le Japon, l'Afrique du Sud, Singapour ou Taïwan.

L'aventure mauricienne, elle, a nécessité six mois de préparation, raconte le directeur du Circus Sunrise, David Meatchem, qui était déjà venu à Maurice enfant en compagnie du cirque où exerçait son père. Elle a finalement pu se concrétiser grâce à l'apport d'un certain nombre de connaissances et de sponsors. Parmi ceux-là, Air Mauritius, qui assurera le transport des artistes de Sydney vers Maurice.

Plus de 20 tonnes d'équipements seront également acheminées d'Australie pour ériger le chapiteau Big Top. Celui-ci, de 26 mètres de diamètre, comprendra uniquement des chaises et non des gradins, afin d'assurer un maximum de confort et créant "a modern European Circus atmosphere" où le public n'est pas éloigné de plus de 10 mètres du spectacle.

Les premières représentations seront données à partir du 29 juin dans l'enceinte du Trianon Shopping Park. Par la suite, le cirque se déplacera vers Grand-Baie et vers Mahébourg.

500 places seront disponibles à chaque représentation. Les billets, fixés entre Rs 150 et Rs 350, seront en vente à partir de la semaine prochaine à travers le Rézo Otayo. "Nous recommandons au public d'acheter ses billets au plus vite, car notre spectacle s'est joué à guichets fermés au Japon, en Australie et en Suisse", fait ressortir David Meatchem.


Marche de charité à l'initiative de l'Ahmadiyya Muslim Association

Trois ONG reçoivent chacun Rs 60 000

Lizié dans la la main, la Mauritius Mental Health Association et Humanity First (HF) ont chacun reçu un chèque de Rs 60 000 suite à une marche de charité organisée par l'Ahmadiyya Muslim Association. Cette marche, qui s'est déroulée le dimanche 27 mai, a démarré à la municipalité de Quatre-Bornes pour se terminer au siège de l'association, à la mosquée Dar-us-Salaam, Rose-Hill.

Des vivres d'une valeur de Rs 2 200 ont aussi été distribués le jour même à une vingtaine de familles victimes du raz-de-marée à Rivière des Galets. Un don similaire se déroulait au même moment à Rodrigues, où le vice-président de l'association, Shams Varsally, s'était rendu la veille. Ces dons étaient remis au nom de l'association HF, une ONG internationale sans but lucratif et qui est présente dans différentes parties du monde touchées par des catastrophes naturelles.

Le président de l'Ahmadiyya Muslim Association, Ameen Jowahir, a justifié cette marche de charité car "aider les créatures de Dieu fait partie de la foi. L'adoration de Dieu uniquement ne suffit pas. Il faut aussi venir en aide à Ses créatures". Il a ajouté que ce geste compte peu, vu la souffrance qui existe dans le monde. "C'est une faveur que nous fait Dieu, de nous permettre d'aider les autrement capables. Il nous faut les remercier pour nous permettre de les aider et ainsi pratiquer notre foi. Nous prions que Dieu soulage nos souffrances", a-t-il rappelé. Un appel à la générosité du public en général a permis cette levée de fonds.

Plus de quatre cent cinquante personnes de tous âges y participaient. La maire de Quatre-Bornes, Mme Régina Maudar, s'est associée à cette "cause très noble" car "il faut aimer son prochain comme soi-même", a-t-elle rappelé. La maire de Beau Bassin/Rose-Hill, Mme Mirella Chauvin, présente lors de la remise des chèques, a précisé: "Nous ne pouvons contrôler la nature, mais nous pouvons aider ceux qui souffrent."

Le président des villages de Chemin Grenier et de Rivière des Galets, Jacques Collet, s'est dit très heureux des dons aux familles victimes du raz-de-marée: "Votre marche n'a pas été inutile. Vous allez au moins mettre un sourire sur le visage de ces victimes. Il y a des gens qui ne vous sont pas parentés, que vous ne connaissez pas, et à qui vous avez accordé un soutien." Il a souhaité que ce genre de drame ne se renouvelle pas et a plaidé pour que le gouvernement entame la deuxième partie des travaux pour compléter le barrage érigé à Rivière des Galets.


Journée portes ouvertes au Probation Hostel for Boys

Une journée portes ouvertes organisée au Probation Hostel for Boys (PHB) à Curepipe, a été marquée dans l'après-midi du vendredi 25 mai par un spectacle culturel et une remise des certificats en la présence de la ministre de la Sécurité sociale, Mme Sheila Bappoo, de l'Ombudsperson for Children, Mme Shirin Aumeeruddy-Cziffra, du président du conseil d'administration du PHB, M.T. Thodda, du maire de la ville et d'autres personnalités. Le spectacle culturel a été assuré avec brio par des internes du Probation Home for Girls, des membres de la Southern Handicap Association et les danseuses du Nalini Dance Group.

Durant une tournée de l'établissement, les invités ont admiré des fresques murales fraîchement peintes par des étudiants des collèges de Curepipe et une exposition des travaux de couture et de vannerie exécutés par les internes du Probation Home for Girls. Les fresques murales qui ont eu l'heur de plaire à la ministre de la Sécurité sociale et à l'Ombudsperson for Children, seront utilisées à des fins de publication par les services de cette dernière. Parmi les collèges participants, les artistes de Hindu Girls, Le Mauricia Institute, se sont fait un devoir de venir prendre, lors de la cérémonie de clôture, un certificat attestant du beau geste accompli en ornant les murs de l'établissement des fresques qui égaient le lieu.

Dans un discours de circonstance, le président du conseil d'administration du PHB, M. T. Thodda, a rappelé que cet établissement a été inauguré en mai 1954 par le gouverneur britannique Sir Robert Scott. Après un tour d'horizon de diverses facilités offertes au PHB et des projets d'infrastructure, l'intervenant a fait état de l'idée erronée que le public se fait de cette institution qui n'a rien du milieu carcéral pur et dur. C'est un lieu où l'on donne aux jeunes résidents "the right treatment for future adaptation in society and becoming responsible adults" et "maximum assistance in their dire need for recomfort and rehabilitation".


Le 12 juin au CCB

Daniel Vaxelaire se penche sur "La place de Maurice dans l'histoire de l'OI"

Cyclone oblige, il n'avait pu être là comme prévu en février dernier. Mais ce n'était que partie remise. Sauf imprévu, Daniel Vaxelaire, connu pour ses ouvrages historiques sur la Réunion et l'océan Indien, devrait être au CCB le 12 juin prochain à 17h30 pour une conférence sur le thème suivant: "La place de Maurice dans l'histoire de l'océan Indien".

Né en Lorraine, Daniel Vaxelaire arrive à l'île de la Réunion en 1971. Journaliste, il a successivement exercé au JIR, au Quotidien et à Télé 7 Jours. Il produira par la suite une somme encyclopédique en sept volumes, le Mémorial de La Réunion, puis dirige les travaux d'une Grande Encyclopédie du Maroc.

Dans le même temps, il écrit deux romans historiques qui sont édités à Paris: Chasseur de Noirs et L'Affranchi. Suivront de nombreux romans et essais historiques. Trois de ses romans concernent directement Maurice, nommément Grand-Port et Cap Malheureux (publiés chez Phébus en 1993 et 1994) et Une si jolie naufragée, le roman vrai de Paul et Virginie (Flammarion, 2001).

L'auteur rédige également des scénarios de bandes dessinées, et participe entre autres à L'histoire de La Réunion en bande dessinée (éditions Jacaranda, 1984).

Aujourd'hui, Daniel Vaxelaire se partage entre une petite entreprise de communication, des émissions de radio, ses romans, des scénarios pour la télévision, le multimédia, et différents ouvrages documentaires ayant La Réunion pour sujet.


Patrimoine linguistique

Dinododo: Créativité et diversité linguistique

Conçu en collaboration avec les meilleures spécialistes de l'enfance, Dinododo, livre quadrilingue (créole, anglais, français, bhojpuri), saura captiver petits et grands par l'immense diversité de son contenu. La Fédération des Pre-School Playgroups (FPSP) a préparé cette deuxième publication avec passion et toujours ce même désir: aider les enfants à acquérir des connaissances (entre l'imaginaire et la science) tout en s'amusant, et leur apprendre à aimer à lire… Un facteur de réussite reconnu par tous.

La publication d'un beau livre pour les tout-petits est un heureux événement qu'il faut saluer. On peut se réjouir de la parution de Dinododo par Playgroup, une publication qui fait la part belle aux langues et à la culture universelle.

Conscient de l'importance de l'éducation des enfants avant l'âge d'aller à l'école, Playgroup s'est attaché depuis une trentaine d'années à défendre leurs droits et revaloriser les histoires qui se passent dans les différentes parties de leur environnement. La Fédération a publié près de 30 livres sur le lagon, la mer et autres réalités de la République de Maurice.

Dinododo, succinct, se lit comme un album de petites histoires, chants, dessins d'enfant. Mariam, la narratrice, fait figure de parent qui raconte ou lit aux petits enfants. L'histoire a été inspirée par les dessins d'Adina et de Niteesha lorsqu'elles avaient 5 ans et les explications fournies par la première. Entre imaginaire et science, Adina découvre des merveilles dans un élan de Playgroup pour inciter les enfants à écrire dans leur langue maternelle et en bhojpuri.

Dinododo suscite en effet l'émerveillement de l'enfant face à la connaissance de la nécessité de préserver notre biodiversité. "Ni zanimo, ni langaz, ni plant bizin disparet", fait ressortir Pushpa Lallah, secrétaire de la FPSP. Elle a été rejointe sur ce point par Vijaya Teelock, lors de la cérémonie de lancement: "Evolisyon biolozik pe sanze. Li inportan ki nou bann zanfan konpran ki ti ena dan Maurice lontan… Kouma dodo ti evolue." L'historienne a exprimé le souhait de contribuer à la publication d'un livre sur l'histoire de Maurice en quatre langues, tout en soulignant l'accent mis sur le bhojpuri. Il n'est pas souhaitable que cette langue disparaisse de notre patrimoine culturel.

Si Playgroup travaille depuis de nombreuses années sur le thème des animaux et dans le domaine des droits de l'enfant, il est cependant regrettable qu'on ne trouve pas leurs publications dans les coins de vente d'ouvrages préscolaires. Pushpa Lallah ajoute: "Zanfan bizin gayn posibilité trouv zot langaz an ekri."

Dinododo, le livre, est une culture en soi, a déclaré Farhad Khoyratty. Ce lecturer à l'Université de Maurice trouve que ce qui fait la spécificité de ce manuel, c'est que les enfants apprennent là qu'il n'y a pas de hiérarchie dans les langues. Dinododo fait justice à toutes les langues en présence à Maurice et prend en considération l'environnement de l'apprenant dans une approche constructive. Farhad Khoyratty ajoute que le livre ouvre plusieurs débats: manuel pour indiquer comment enseigner à un enfant et caractère égal des langues dans lesquelles l'histoire est racontée. L'appréciation de toutes les langues parlées à Maurice apporte une vision plus large aux enfants, signe d'une approche de pédagogie ouverte.


Playgroup: Créativité et droits des enfants

L'expérience de Playgroup démontre que la motivation des enfants pour apprendre l'anglais et le français vient de la liberté de s'exprimer conférée dès leur plus jeune âge. On parvient à cela lorsque les enfants entendent et voient leur langue maternelle en écrit, de même que les autres langues apprises à l'école. L'objectif principal de la Fédération des Pre-School Playgroups (FPSP) consiste en l'éducation des enfants avant l'âge d'aller à l'école. Pour atteindre cet objectif, la FPSP doit sensibiliser les parents sur les droits des enfants. Elle a aussi mis en place d'autres structures pour voir comment les enfants apprennent ou n'arrivent pas à apprendre dans le primaire et le secondaire.

Dinododo est une publication de plus de Playgroup pour montrer comment appliquer les droits des enfants. Le contenu des publications majeures et albums de fabrication artisanale consiste en chants, histoires, dessins, photos par les enfants et les adultes. Les histoires sont destinées à être lues aux enfants dans le préprimaire. Playgroup insiste sur le fait que pour maîtriser au moins trois langues étrangères, il est reconnu qu'il est essentiel de développer le plus possible la langue maternelle de l'enfant. Pour la majorité des enfants à Maurice, cette langue est le créole. Il faut exposer ces enfants au français, au bhojpuri ou à l'anglais dans les formes qu'ils apprécient afin de les motiver dans l'apprentissage des langues. La conversation, les histoires racontées et lues aux enfants, les chants, sont des activités quotidiennes dans les crèches et écoles préprimaires.


Le début de Dinododo…

Adina inn dessin enn dinozor.

Li mem oter ki enn gran pye.

Dinozor la pe get enn ku ki ena lor nyaz

Adina has drawn a dinosaur.

It is as tall as a huge tree.

The Dinosaur is peeping through the clouds. Why?

To find out what is on the other side.

Adina ego dinozor desine karlak.

U parey ego bara ganchi ke ucha ha.

Dinozor wa ek kut dekhata ka ba badal me.

Adina a dessiné un dinosaure.

Il est aussi grand qu'un très grand arbre.

Il jette un coup d'œil pardessus les nuages,

pour voir ce qu'il y a là-dessus !


Le 8 juin à l'AF

Rencontre avec l'auteur suisse Daniel de Roulet

L'écrivain suisse Daniel de Roulet propose, le vendredi 8 juin, à 17h30, à l'Alliance Française de Bell Village, de découvrir des extraits de deux de ses romans, nommément L'homme qui tombe (Buchet-Chastel, Paris 2005) et Chronique américaine (Metropolis, Genève, 2005).

Le premier roman a pour héros George vom Pokk, ingénieur nucléaire. Sa rencontre avec une Tchétchène dans un aéroport va entraîner un écroulement de ses certitudes.

Le deuxième est un roman de voyage sur la route 66 des États-Unis, de New York à Chatman, après le 11 septembre, pour rendre visite à un énigmatique violoniste hongrois.

Né à Genève en 1944, Daniel de Roulet a une formation d'architecte, et a travaillé dans le domaine des sciences et de la communication. Il est l'auteur de plus d'une vingtaine de romans.


Avec Reggae Revolution

Fight Apart sort de l'ombre

Fight Apart sort son premier album avec Reggae Revolution. Ce groupe s'est consolidé il y a cinq ans et réunit douze amis qui ne jurent que par le reggae ! Avec cet album, la formation donne un aperçu de sa version de la musique red, gold and green, made in Mauritius…

Comme beaucoup de gens qui souhaitent que le monde change pour le meilleur, ils ont pris pour symbole Ernesto Guevara, dit le Che. Ils ont modifié l'apparence du révolutionnaire et rebelle emblématique pour l'adapter à leur vision. Eux, sont les artistes de Fight Apart. Ils chantent l'humanité, l'amour, la spiritualité…

Ils se dévoilent aujourd'hui par le biais d'un album, mais les musiciens et chanteurs de Fight Apart sont connus depuis cinq ans. Rody Sakir, 28 ans, la voix qui inaugure Reggae Revolution, raconte que Fight Apart a émergé après concertation entre amis de longue date. Tous enfants de Cassis, ils avaient pour habitude de se rencontrer dans la rue. "Dan kwin sémin parski nou ti kontan zwe lamizik", précise Rody Sakir.

Ce dernier, fils de Ton Vié, auteur et interprète du populaire Peros Vert, a, si l'on ose dire, la musique dans le sang. Sur les traces de son père et subissant ses influences musicales, Rody Sakir s'intéresse très tôt au reggae de Peter Tosh, Burnin' Spears et autres pointures jamaïquaines. Partageant le même goût pour la musique red, gold and green, ses amis sont aussi des inconditionnels du ragga, seggae… "En fait, nous nous intéressons de très près aux styles qui ont le reggae pour base", précise Rody Sakir. Le séga n'est pas pour autant mis à l'écart !

Au bout de quelques années, Rody Sakir, Nelson Jean-Louis, Richard François et les autres décident de prendre les choses au sérieux. Fight Apart prend naissance. "C'est un combat, qui, comme on le dit dans le jargon, est "à part", mais que nous ne menons pas chacun de notre côté", explique pour sa part Linley Moothien, membre du groupe et chargé de la promotion de Fight Apart. Les artistes de la formation consacrent une grande partie de leur temps à la musique.

Depuis cinq ans, les musiciens et chanteurs de Cassis se rencontrent plusieurs fois par semaine et mettent en place leurs projets musicaux. "Le groupe aurait pu sortir son premier album plus tôt ! Mais nous voulions prendre le temps nécessaire pour concrétiser quelque chose qui soit à la hauteur de nos attentes et qui soit… bien." En ce qui concerne les textes, tous les membres du groupe contribuent à l'écriture, explique encore Linley Moothien. Reggae Revolution nous fait découvrir davantage la formation, mais celle-ci n'est pas totalement inconnue de certains. En effet, Fight Apart est un habitué des scènes des fêtes de quartier et d'autres spectacles populaires.

Sorti depuis deux semaines, Reggae Revolution est donc le tout premier bébé du groupe. L'album enregistré au studio de Michel Nanny à Cité Briquetterie cherche à garder une authenticité roots. Avec ses dix morceaux dont Zil Diego, Dorizin zenfan sica, Pa get kuler kalité, Human Move, Egalité, System Racial, I and I… , l'album invite à la réflexion. Fight Apart propose un travail de qualité et renforce les couleurs du reggae local.

Pour contourner le problème épineux qu'est le piratage, Linley Moothien a mis en place un concept qui mise sur la proximité. Il explique: "Nous sillonnons le pays depuis deux semaines avec des albums que nous vendons sur place. Nous soutenons la promotion par une animation musicale." En insistant sur la proximité, Fight Apart espère dissuader son public de se rabattre sur des CD piratés. Grâce à cette approche, Fight Apart a pu écouler quelque 500 CD. Ce week-end, le groupe sera présent à Quatre-Bornes. Le 17 juin, il procédera au lancement officiel de Reggae Revolution au Théâtre de Port-Louis, lors d'une soirée qui démarrera à 19h30.

Promotion de proximité pour contourner le piratage


Métis, son prochain album: Le Réunionnais Joël Vigne de retour chez nous

Les inconditionnels de Cassiya se souviendront sans mal de Mamzel l'amour ! Ce titre interprété par le duo Désiré François et Joël Vigne avait même été un générique prisé par la télé de l'île sœur. Joël Vigne, chanteur réunionnais, avait séduit ses compatriotes avec ce séga très entraînant.

Ce dernier était récemment de retour chez nous. Ce passage indique qu'un projet musical est en cours. D'ailleurs, c'est presque un contrat sentimental que le chanteur a signé avec Maurice ! Il a enregistré durant la semaine écoulée son prochain album au studio Geda Music. L'album s'intitulera Métis et renfermera un duo avec une jeune femme, Shévrine. Cette chanteuse mauricienne évolue dans le circuit hôtelier; elle chante le morceau Mon lespoir avec Joël Vigne.

Parlant de Métis, ce dernier confie que l'album comprendra neuf chansons en kreol réunionnais et abordera des thèmes qu'il affectionne. Notamment, l'amour, la paix, l'environnement. Ce sont les musiciens de l'orchestre de Gérard Louis qui assurent l'accompagnement musical de Métis. "J'ai choisi d'enregistrer mon album à Maurice parce que je trouve qu'il y a une certaine efficacité et un sens professionnel ici, qui me conviennent. J'ai longtemps travaillé avec Gérard Louis, à la Réunion, et c'est aussi une autre raison pour laquelle je voulais enregistrer cet album chez lui", précise le chanteur.

L'album ne tardera pas à conquérir les bacs des disquaires locaux, tout comme les maisons de disques réunionnaises. Conscient de l'ampleur du piratage à Maurice, Joël Vigne explique qu'il veut malgré tout "prendre le risque" de commercialiser Métis sur le marché mauricien.


Festival de Cannes 2007

Le nouvel empire roumain

Cristian Mungiu Palme d'Or et Cristian Nemescu Prix Un Certain Regard

Le palmarès du 60e Festival de Cannes consacre le triomphe de la Roumanie, avec la Palme d'or décernée à Cristian Mungiu pour Quatre mois, trois semaines et deux jours, et n'oublie pas grand monde sur la carte du cinéma mondial.

Cristian Mungiu, le lauréat de la Palme décernée par le jury présidé par Stephen Frears, fait partie d'une nouvelle vague roumaine, tout comme son compatriote Cristian Nemescu (disparu récemment dans un accident de voiture), qui a reçu le Prix Un Certain Regard, la section non compétitive de la sélection officielle, pour California Dreamin'.

Quatre mois, trois semaines et deux jours se déroule dans la Roumanie de Ceaucescu, où l'avortement est interdit. Une jeune étudiante, Gabita (Laura Vassiliu), devra au courage de sa camarade de chambrée Ottila (Anamaria Marinca) de pouvoir avorter sans trop de conséquences fâcheuses. Ce faisant, Mungiu a dressé l'un des plus admirables portraits de femmes de la sélection qui en comptait déjà beaucoup.

Palmarès complet

Palme d'or: Quatre mois, trois semaines et deux jours, de Cristian Mungiu (Roumanie)

Grand Prix: La Forêt de Mogari, de Naomi Kawase (Japon)

Prix du 60e anniversaire: Paranoid Park de Gus van Sant

Prix d'interprétation féminine: Do-Yeon Jeon, dans Secret Sunshine (Corée du Sud)

Prix d'interprétation masculine: Konstantin Lavronenko, dans Le Bannissement (Russie)

Prix de la mise en scène: Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le papillon (France)

Prix du Jury: Persepolis, de Marjane Satrapi (Iran) et Vincent Paronnaud (France), et Lumière silencieuse, de Carlos Reygadas (Mexique), ex-aequo

Prix du scénario: Fatih Akin (Allemagne) pour De l'autre côté

Caméra d'or (premier film): Meduzot (Israël), d'Etgar Keret et Shira Geffen (présenté dans la section Semaine de la Critique)

Palme d'or du court métrage: Ver Llover, d'Elisa Miller (Mexique)


Paul Olsen:

"Le travail enclenché pour le Plaza va se poursuivre"

Le 1er novembre 2006, la voix de Jean-Claude Brialy résonnait sur la scène du théâtre du Plaza, à Rose-Hill. Pas pour un spectacle, mais dans le cadre de la campagne montée par Paul Olsen et l'Amicale France-Maurice pour œuvrer à la réhabilitation du Plaza.

En compagnie de la chanteuse Nana Mouskouri, qu'il avait invitée à se joindre à cet effort, Jean-Claude Brialy devait à cette occasion dire sa détermination à aider, à travers ses réseaux de contacts parisiens et européens, à recueillir des fonds et assurer la viabilité future du Plaza, pour ne pas laisser mourir un tel lieu de vie.

"Un théâtre comme celui-là, ce serait une erreur de le détruire. Il y a tellement de Maisons de la Culture modernes qui sont sombres, tristes. Ici, chaque artiste a laissé une petite étincelle. Quand on y pénètre par l'entrée de service, même si ce théâtre est fermé depuis déjà deux ans, on sent distinctement qu'il reste quelque chose des ombres et des fantômes qui ne cessent de l'habiter. Je suis personnellement ému quand j'apprends que quelqu'un comme Jacques Brel a chanté ici. Car Brel est un symbole de la passion. Et il a certainement laissé quelque chose de sa passion dans ces murs. Une maison qui a tenu cent ans peut tenir encore cent ans. Il y a des choses qu'il faut garder car elles ont en elles une mémoire sans prix. C'est pourquoi j'espère vraiment qu'il y aura restauration et non destruction", devait déclarer Jean-Claude Brialy à cette occasion.

Démarrage jugé imminent des travaux de réfection

Aujourd'hui, Paul Olsen dit garder le souvenir d'un homme "à la personnalité et à l'ego très forts", intelligent, fin, très impressionnant.

"Son décès nous attriste, mais à notre niveau, cela ne devrait pas affecter l'intérêt qu'il avait contribué à susciter autour du Plaza. Car Jean-Claude Brialy n'était pas venu seul. Avec lui, il y avait non seulement Nana Mouskouri, qui est toujours là, mais aussi son producteur, Pascal Legros, qui a une forte influence sur la scène théâtrale parisienne. Le travail enclenché avec le soutien de Jean-Claude Brialy devrait donc se poursuivre", nous déclare Paul Olsen.

Il nous revient d'ailleurs que les travaux de réfection du toit pourraient démarrer incessamment, dès que sera obtenu l'aval du ministère des Administrations régionales. Évalués à Rs 25 millions, ces travaux jugés urgents devraient, idéalement, être terminés d'ici novembre prochain, ce afin de sécuriser le Théâtre avant le début de la prochaine saison cyclonique.

Il ressort également que le consultant David Vauclair, présent sur la scène du Plaza aux côtés de Jean-Claude Brialy en novembre dernier, a terminé son rapport d'évaluation qui a été remis il y a un mois déjà au ministère des Administrations régionales et à la mairie de Beau Bassin/Rose-Hill par son commanditaire, l'Amicale France-Maurice. Un rapport qui se penche non seulement sur l'aspect plus particulièrement technique de la rénovation du Plaza, mais aussi sur la façon d'assurer sa viabilité future.


Décès de Jean-Claude Brialy

L'acteur français Jean-Claude Brialy est décédé mercredi à l'âge de 74 ans à son domicile parisien, a-t-on appris dans son entourage proche. Incarnation du jeune premier de la Nouvelle vague, figure mondaine, il était un personnage incontournable du cinéma français.

Acteur, réalisateur, scénariste, homme de théâtre et écrivain, Jean-Claude Brialy avait tourné avec les plus grands réalisateurs, de Claude Chabrol à François Truffaut, en passant par Jean-Luc Godard, Ettore Scola, Luis Bunuel et Roberto Rossellini tout au long d'une carrière entamée au cinéma en 1956 dans L'ami de la famille de Jacques Pinoteau.

C'est par la Nouvelle vague qu'il avait connu la célébrité, devenant Le beau Serge de Claude Chabrol (1958), avant de jouer son personnage de séducteur pour les réalisateurs-phares du mouvement: Jean-Luc Godard (Une femme est une femme, 1960), François Truffaut (La mariée était en noir, 1967), ou encore Eric Rohmer (Le genou de Claire, 1969).

Jean-Claude Brialy était également un homme de théâtre, où il avait débuté dans les années 1950, et était propriétaire de la salle des Bouffes parisiens. Figure mondaine et historien de la vie des stars, il avait publié plusieurs ouvrages, dont J'ai oublié de vous dire (qu'il avait mis en scène et présenté chez nous en septembre 2004) et Jean-Claude Brialy présente: Les pensées les plus drôles des acteurs.

Fils de militaire, Jean-Claude Brialy naît à Aumale (Algérie) le 30 mars 1933 et vit son enfance au gré des mutations de son père. Il étudie ainsi à Marseille, Saint-Etienne, La Flèche (Sarthe) et Strasbourg, où il obtient son baccalauréat. Il suit parallèlement des cours d'art dramatique et obtient le premier prix de la comédie au Conservatoire de Strasbourg. Il fera ses débuts sur les planches, jouant notamment Les mains sales de Jean-Paul Sartre.

De retour de l'armée, où il est affecté au service cinématographique, il reprend ses activités théâtrales, avant de débuter au cinéma en 1956 L'ami de la famille de Jacques Pinoteau. Vient ensuite la Nouvelle vague, dont il devient un des acteurs emblématiques. Il joue les jeunes premiers dans Le beau Serge du débutant Claude Chabrol, qui le dirige également dans Les cousins (1958), deux films qui feront de lui un comédien aimé du grand public. "C'est à Claude Chabrol que je dois ma carrière car il a toujours été convaincu que j'étais un bon acteur", dira-t-il plus tard du réalisateur français.

Ami de François Truffaut et de Jean-Luc Godard, il joue dans Les 400 coups et La mariée était en noir du premier, et dans Une femme est une femme du deuxième. On le voit aussi chez Eric Rohmer (Le genou de Claire), et Agnès Varda (Cléo de 5 à 7).

Séducteur incarné, il élargit tout au long de sa carrière son registre dans des films noirs comme Mortelle randonnée de Claude Miller (1982), des comédies dramatiques (L'effrontée) du même Miller en 1986, ou encore des reconstitutions historiques telles La reine Margot de Patrice Chéreau en 1994. Dans le registre comique, on l'avait récemment vu dans People Jet set 2 en 2004.

Jean-Claude Brialy avait réalisé plusieurs films dont Eglantine (1971), Les volets clos (1972), ou encore Les malheurs de Sophie (1978) et Un bon petit diable (1983). Boulimique de travail, touche à tout, il avait également joué pour la télévision, dans Lucas, de Nadine Trintignant (1993), et plus récemment dans Les rois maudits en 2005.


Gibier

Le cerf, avec des fruits pour les plus audacieux

Lorsqu'il travaillait dans une des cantines de la base militaire américaine à Diego Garcia, le chef Christophe Nobine a poêlé et rôti de la viande de cerf importée d'Asie et d'ailleurs. Mais le cerf pays est de loin le meilleur, dit-il en expert. Avec l'ouverture de la chasse, ce gibier sera davantage présent sur le marché local. Pour cette saison, Christophe Nobine, chef au Domaine d'Anse Jonchée, invite les plus audacieux en cuisine à allier viande de cerf et fruits. À essayer…

Traditionnellement, dans l'assiette mauricienne, le cerf se déguste en curry. Parfois en daube. Avec l'ouverture de la chasse et la disponibilité du cerf sur le marché, il serait peut-être audacieux de tenter une nouvelle aventure culinaire en mariant cette viande avec des fruits.

Christophe Nobine, 29 ans et chef cuisinier au Domaine d'Anse Jonchée, est de ceux qui croient qu'il est intéressant de ranger de temps en temps les recettes conventionnelles. Pour ce spécialiste du gibier qui a sillonné l'Alaska, les tropiques et d'autres terres lointaines à bord du Princess Cruise, le cerf pays, dont le goût particulier est le résultat de l'élevage en pleine nature, peut être accompagné de poires, d'ananas ou de pruneaux. Il nous livre une recette. "Faites un sirop à base de sucre blanc. Ajoutez-y un bâton de cannelle, un peu de vin doux et faites pocher le fruit choisi dans le sirop. Passez la lame d'un couteau dans un morceau de filet de cerf dans le sens de la largeur sans la couper en deux. Étalez le filet et aplatissez-le. Salez et poivrez tous les côtés et placez le fruit coupé en quatre parts sur un côté de la viande. Badigeonnez de miel et recouvrez avec l'autre moitié du filet. Ficelez la viande. Faites cuire légèrement dans un peu d'huile avant de beurrer et d'enfourner pendant 10-15 minutes à 160°c."

Dans la cuisine qu'il dirige depuis trois mois, le chef qui a aussi régalé les soldats américains sur la base de Diego Garcia de 1997 à 2001, voudrait introduire le chop suey de cerf ou encore des croquettes de cervelle de cerf… Le conseil du chef pour que tout passionné puisse épater son monde avec une présentation réussie, est de "servir le menu dans une assiette blanche, accompagné de petits légumes sautés et de riz, sans alourdir la présentation. Plus c'est simple, mieux c'est".

En poêle, la viande de cerf est un produit qui nécessite une cuisson rapide. Elle a sinon tendance à s'effiler. En matière d'épices, l'incontournable cannelle et le girofle sont les meilleurs alliés de cette viande de saison. Et comme Christophe Nobine aime donner des conseils, cet habitant de Providence, Bois des Amourettes, est disposé à venir en aide à tout amateur de bonne chère…


L'astuce du chef

Pour donner une forme originale à l'apalam, plongez un petit bol en inox dans de l'huile bouillante et à l'aide d'une louche, faites frire la galette au-dessus du récipient.


Filet de cerf braisé

Pour cette recette, le miel d'eucalyptus se marie parfaitement avec la viande de cerf. Si l'arôme est remplacé, la saveur sera modifiée, précise le Chef Nobine.

Ingrédients: 250 g de filet de cerf, 100 g de persil haché, 50 g d'ail haché, 50 g d'oignon haché, 50 g de carotte émincée, 3 c. à café de miel d'eucalyptus, 2 c. à café de poivre, 2 c. à café de sauce d'huître, 1 c. à café de siaw de poisson, de l'huile d'olive et une tasse d'eau.

Préparation: Mariner le filet avec le poivre, le miel, la sauce d'huître et le siaw. Mettre une poêle à chauffer. Y verser un peu d'huile. Faire revenir le filet pendant quelques secondes. Ajouter l'ail. Verser un filet d'huile d'olive sur la viande. Réduire le feu. Parsemer le persil haché sur la viande. Pour obtenir un suc et éviter que le filet ne s'attache à la poêle, ajouter l'eau et les carottes. Laisser cuire pendant 30 minutes. Retirer le filet du feu. Passer la sauce au mixer. Trancher le filet et servir avec la sauce réduite.

Rôti de cerf

Ingrédients: 250 g de filet de cerf, un verre de vin rouge, 10 g de poivre en grains, 10 g de clous de girofle, 4 bâtonnets de cannelle, du persil, poireau et céleri hachés, de l'ail et de l'oignon hachés, 10 g de carotte coupés en rondelle, 2 c. à café de sauce de champignon, de l'huile d'olive, sel (facultatif) et une tasse d'eau.

Préparation: Moudre les épices. Mariner la viande avec les épices réduites en poudre, l'ail, l'oignon et les herbes. Enduire le filet de sauce de champignon. Pour obtenir un meilleur résultat, laisser mariner pendant 3-4 heures. Dans une poêle, faire chauffer l'huile. Faire revenir le filet et ajouter le vin et la carotte. Laisser mijoter pendant 30 minutes à feu doux. Trancher et servir accompagné de pommes frites.

Curry de cerf

Ingrédients: 250 g de cerf coupé en cube, 1 c. à soupe de massala, 1 c. à soupe de safran, 1 c. à soupe d'anis moulu, 200 g de tomates pelées, 1 oignon, de l'ail haché, 10 g persil, du thym, de l'huile, du sel et une tasse d'eau.

Préparation: Faire dorer l'oignon haché et l'ail dans de l'huile très chaude. Ajouter le cerf. Remuer. Ajouter les épices, l'une après l'autre. Bien remuer pour que les ingrédients ne s'attachent pas à l'ustensile. Ajouter la moitié de la tasse d'eau. Laisser mijoter pendant 5 minutes à feu moyen. Ajouter l'eau et le thym. Augmenter le feu avant d'incorporer les tomates et laisser cuire pendant 20 minutes. Saler à la fin de la cuisson et parsemer de persil.


Cinéma: Bientôt dans nos salles

Spider-Man 3: Le double à régner

Film de Sam Raimi

Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst et James Franco

Durée: 2h19

L'équipe principale de la saga cinématographique Spider-Man est de retour pour ce 3e volet: Sam Raimi est à nouveau derrière la caméra, alors que Tobey Maguire et Kirsten Dunst reprennent respectivement leurs rôles de Peter Parker/Spider-Man et de l'amour de sa vie, Mary Jane Watson.

Les deux premiers Spider-Man avaient convaincu en se focalisant sur leurs personnages, balançant efficacement entre le drame intérieur et le spectaculaire. Ce troisième volet met l'accent sur le super. Avec trois méchants, deux filles, une avalanche d'effets spéciaux et le tout sur deux heures vingt minutes.

Dans Spider-Man 3, basé sur les célèbres bandes dessinées éditées par Marvel Comics, Peter Parker a enfin réussi à concilier son amour pour Mary-Jane et ses devoirs de super-héros. L'horizon s'obscurcit. La brutale mutation de son costume, qui devient noir, décuple ses pouvoirs, transformant également sa personnalité pour laisser ressortir l'aspect sombre et vengeur que Peter s'efforce de dominer. Sous l'influence de son costume, il devient trop sûr de lui et commence à négliger ses proches. Contraint de choisir entre le pouvoir si séduisant de ce nouveau costume et la compassion qui le caractérisait avant, Spider-Man va faire face à ses démons lorsqu'il affrontera deux des pires méchants de l'histoire, l'Homme-sable et Vénom, dont l'extraordinaire puissance et la soif de vengeance menacent Peter et tous ceux qui lui sont chers.

Sam Raimi, le réalisateur de la trilogie, évoque l'évolution de l'homme-araignée dans Spider-Man 3: "Le thème principal des trois films a toujours été la profondeur, la richesse des personnages et la façon dont leurs vies sont liées. Lorsque nous avons réfléchi au développement de ce troisième épisode, nous nous sommes demandé ce que ce jeune homme avait encore à apprendre et comment il pouvait évoluer. Nous l'avons placé dans des situations où il va être forcé d'affronter ses faiblesses de caractère et des obstacles que, dans les histoires précédentes, il aurait peut-être été incapable de surmonter. Dans ce nouveau film, la complexité, la profondeur des personnages est encore plus grande, ils deviennent des êtres humains plus riches et peuvent accomplir davantage que dans les films précédents."


Un budget record

Officieusement annoncé comme le film le plus cher jamais réalisé en dollars américains, Spider-Man 3 a nécessité un budget de 250 millions de dollars. Le long métrage devance nettement les 207 millions de billets verts de King Kong, précédent détenteur du record. Une production de l'ampleur de Spider-Man 3 nécessite une logistique de très haut niveau, notamment au niveau technique.

Spider-Man 4… 5 et 6 !

Sony Pictures a annoncé que la suite des aventures de l'homme-araignée était déjà en préparation. Sam Raimi, le réalisateur de la saga, a en effet confirmé qu'il y aurait bien un Spider-Man 4, mais aussi un 5 et un 6 ! Mais comme le réalisateur est pressenti pour mettre en scène Le Hobbit, il ne fera peut-être pas partie de l'aventure… D'ailleurs, il ne sera peut-être pas le seul à ne pas en être puisque Tobey Maguire a déclaré vouloir raccrocher et Kirsten Dunst ne pense pas vouloir incarner la jolie Mary-Jane une fois de plus. Bien sûr, tout ce petit monde se laissera certainement tenter si la production est convaincante: ils sont d'ailleurs tous un peu moins fermes dans leur refus maintenant que le projet se précise. La question est: iriez-vous voir Spider-Man 4 sans eux ?


Fool n Final: Rob story

Film de Firoz Nadiadwala

Avec Sunny Deol, Ayesha Takia, Viveik Oberoi, Arbaaz Khan

Un vol de diamants a eu lieu en Inde. L'auteur n'est autre que Rocky (Chunkey Pandey), tireur d'élite et joueur invétéré. Son oncle, Chowksi (Gulshan Grover) un mafiosi basé à Londres, lui demande de vendre le diamant à son frère Lalwani (Asrani) à Dubayy. Lalwani est spécialiste dans la vente de pierres précieuses et de bijoux. Le chef de la mafia basé à Dubayy, Moscow Chiknal (Arbaaz Khan), veut à tout prix récupérer l'argent qu'il a remis à Choubey (Paresh Rawal). Moscow accepte d'éponger les dettes de Choubey si seulement il parvient à mettre le grappin sur le précieux diamant. Choubey prend contact avec Raja (Shahid Kapoor) un voleur à la tire et sa nièce Tina (Ayesha Takia) pour mettre sur pied un plan afin de dérober le diamant…

Les grosses pointures du cinéma indien se bousculent dans cette comédie agrémentée de scènes d'action bien fignolées. Avec son intrigue tortueuse et son suspense élégant, ce film sans grande prétention devra plaire aux fans du macho Sunny Deol.


Toujours à l'affiche

Pirates des Caraïbes 3: Aventures corsées

Film d'aventures de Gore Verbinski

Avec Johnny Depp, Orlando Bloom et Keira Knightley

Durée: 2h50

L'âge d'or de la piraterie touche à sa fin. Même le terrifiant Vaisseau Fantôme et son capitaine maudit Davy Jones servent à présent Lord Cutler Beckett et la Compagnie anglaise des Indes Orientales. L'invincible Hollandais Volant écume désormais les sept mers, massacrant sans pitié pirates de tous bords et sabordant leurs navires…

Pirates des Caraïbes 3: Jusqu'au Bout du Monde marque le retour des deux officiers de la Compagnie des Indes Orientales Mullroy et Murtogg, incarnés respectivement par Angus Barnett et Giles New, vus dans Pirates des Caraïbes 1: La Malédiction du Black Pearl. Leur absence totale de Pirates des Caraïbes 2: Le Secret du Coffre Maudit est donc justifiée par l'ouragan essuyé par James Norrington au large de Tripoli. Ils finissent pirates dans le troisième volet et on peut les apercevoir dans la bande-annonce sur le Black Pearl lorsque Elizabeth Swann adresse à Jack Sparrow: "Ça n'aurait jamais pu marcher entre nous."

Chaque film de la saga Pirates des Caraïbes voit l'apparition d'un nouveau méchant. Dans les deux premiers opus, les capitaines Barbossa (Geoffrey Rush) et Davy Jones (Bill Nighy) avaient tour à tour défié Jack Sparrow et sa bande. Cette fois, c'est Chow Yun-Fat qui prête ses traits au méchant du film, le capitaine Sao Feng.


A l'Institut Rabindranath Tagore, à l'Ilot, cette semaine

Dévoilement d'un buste de Tagore et l'inauguration d'une galerie permanente

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam a procédé jeudi au dévoilement d'un buste en bronze de Rabindranath Tagore, homme universel et éducateur par excellence à l'Institut Rabindranath Tagore à l'Ilot. Une galerie permanente dédiée à la vie et l'oeuvre de ce génie indien a également été inaugurée par le PM. Cette galerie contient des livres, des peintures et des documents originaux de Tagore.

C'était à l'occasion de la célébration du 146e anniversaire de la naissance du grand poète et réformateur de l'Inde. Le PM s'est dit heureux d'être associé à ces célébrations après la pose de la première pierre en 2000 par lui et l'ancien PM indien, Shri Atal Bihari Vajpayee. Il a donné la garantie d'étudier le dossier de l'Institut Rabindranath Tagore et malgré les difficultés économiques, de le transformer en un véritable bijou dans le nord du pays et qui sera digne de porter le nom de l'illustre penseur indien. Tout cela pour corriger le tort commis à ce centre dans le passé. Il a également mis en garde contre les esprits capricieux qui menacent l'unité nationale.

Le PM a également annoncé la création de l'Institut Confucius (philosophe et moraliste chinois) en collaboration avec le gouvernement chinois car unity is the cornerstone of all our endeavours, for our survival. Il a fustigé les esprits capricieux, des wayward minds menacent l'unité en dressant les uns contre les autres.

Pour sa part, le haut-commissaire indien, B. Jaishankar a, lui, dit que tous les PM indiens, de Jawaharlal Nehru à ce jour, ont été les chanceliers de la Rabindra Bhavana. En tant que pédagogue, il a mis sur pied l'université de Shantiniketan pour une éducation basée sur le développement mental et physique de l'individu.

Le professeur Sabujkoli Sen, directrice de Rabindranath Bhavana de Shantiniketan s'est dit heureuse que la vie et l'oeuvre de Tagore a pu trouver un siège permanent à Maurice. The great sentinel, titre donné à Tagore par Mahatma Gandhi était un pont entre l'Orient et l'Occident. Il a visité l'Europe, les Etats-Unis et la Chine pour amener une meilleure compréhension entre les hommes de bonne volonté. Elle a annoncé que Tagore avait écrit un poème, Krishnakali en 1934 pour le peuple mauricien.


La Place de l'Église et le Dépôt des morts

De nos jours, une aire de stationnement toujours encombré de voitures, mais bientôt, annonce-t-on, y sera aménagée un parking souterrain moderne, la Place de la Cathédrale St. Louis, était dans le lointain passé connue sous l'appellation de La Place de l'Église. Ce lieu, raconte Félix de Froberville, collaborateur attitré des Archives Coloniales, abritait, jadis, le Dépôt. Pourquoi ce nom de Dépôt ? Selon de Froberville, quand il s'agit d'un monument situé au pied d'une croix et en face de la grande porte d'une église, ce qu'on nomme Dépôt n'est autre chose que deux pierres cylindriques de douze à quinze pouces de diamètre et d'un pied hors de terre, placées à quatre pieds de distance l'une de l'autre, et à cinq ou six en avant de la croix. Ce nom vient de ce que c'était là que se déposaient les corps des personnes qui mouraient hors des limites déterminées par le clergé catholique pour les aller prendre à domicile… Nous vous proposons une évocation de cette Place de l'Église et de ce Dépôt qui, en même temps, offre l'occasion d'une incursion dans le très vieux Port Louis…

Il ressort des écrits de Froberville (publiés vers 1850) qu'il "n'y a pas encore un demi-siècle que la belle rue du Gouvernement se terminait à la Place de l'Église, c'est-à-dire à un tiers à peu près de sa longueur actuelle. Elle était alors sillonnée de profonds ravins, tortueuse et flanquée de chaque côté de pauvres bicoques en pierre, de formes anciennes et bizarres, en harmonie avec les besoins et le peu de ressources des colons".

Toutefois, vers l'année 1800, les choses avaient bien changé. L'Art et l'Industrie en avaient fait l'une des plus belles et des plus agréables places de la ville de Port Louis. Froberville pouvait alors observer que "la vue aujourd'hui s'y repose avec complaisance sur une perspective charmante; l'Église et ses deux tours, la fontaine, en forme d'obélisque, de construction moderne, qui tient convenablement sa place dans l'alignement de la rue, et sert d'entrée au vaste emplacement qu'occupe l'Église catholique. Jadis sortaient de cette fontaine, par quatre bouches de lion, les eaux amenées à grands frais des montagnes du Pouce; bien inappréciable, à cette époque surtout, de l'administration de 1786. Car toute cette partie de la ville n'avait d'eau qu'à la proximité de la mer".

La fontaine, selon de Froberville, était restée sans eau pendant bien des années et l'on s'accorda à dire que le terrible incendie qui détruisit une partie de Port Louis en 1816 n'aurait pas fait tant de ravages, si les eaux n'eussent point cessé de couler. À quelque distance, sa forme pyramidale lui donne l'aspect d'un monument funèbre; surtout lorsqu'on aperçoit, à dix pas en arrière, une grande croix en pierre; on y voyait aussi, il y a un certain nombre d'années, un cénotaphe.

Le terme de toutes les distinctions !

Mais, après tout, toujours selon de Froberville, "la croix de pierre n'était là ni pour la fontaine, ni pour le cénotaphe mais pour qu'y soient déposés les corps des personnes qui mouraient hors des limites déterminées par le Clergé pour les aller prendre à domicile".

Les recherches de de Froberville quant à la fonction de ce fameux Dépôt établirent que, avant la Révolution française (1789-1799), lorsqu'un décès avait lieu dans une famille, le Clergé donnait son heure pour l'inhumation, et, averti du départ, venait à la rencontre du convoi qu'il introduisait dans l'Église… Lorsque plus tard, le Clergé ne se composa plus à l'île de France que de deux ou trois ecclésiastiques seulement, les fonctions du ministère devenues plus astreignantes, on en vint à user pour tous du Dépôt qui n'avait jusqu'alors été affecté qu'à la population pauvre. Ce fut le terme de toutes les distinctions !

De Froberville trouva, dans une notice inédite les causes premières qui firent aller chercher les corps à domicile. Cette notice de Huët d'Arlon, Secrétaire de la Fabrique, qui apprenait que l'Abbé Hoffman, pendant un temps seul prêtre officiant de Port Louis, crut devoir s'acquitter d'une façon exceptionnelle d'une dette sacrée envers les pauvres, pour un citoyen bienfaisant qui venait de mourir. Il alla chercher le défunt jusqu'à son domicile, avec toute la pompe de l'église. "Juste et digne hommage rendu à un bienfaiteur des pauvres !", nota de Froberville.

Ainsi, selon l'historien, "l'affluence des malheureux, des orphelins, qui vint augmenter le cortège, fit de cette cérémonie une scène profondément touchante, et fit revivre les idées religieuses que la tourmente révolutionnaire avait un moment assoupies. Comme elle était l'expression d'un regret partagé par la multitude, on tint à la voir se renouveler dans toutes les occasions semblables. Le digne ecclésiastique, qui ne cessait de donner tous les jours les preuves de son zèle pieux, ne pouvait guère refuser aux uns ce qu'il avait accordé à autres; et la pompe si longtemps négligée ne tarda pas à devenir commune à tous. Enfin, l'usage prévalut d'aller chercher les morts à domicile, ce qui ne s'était jamais fait précédemment".

La chaleur, le climat, les distances, commandaient, cependant, quelques restrictions. Il fut donc arrêté que ces fatigantes courses auraient pour limites, d'un côté le Pont Bourgeois (du nom d'un crieur public qui demeurait à côté) et de l'autre, la Plaine Verte. Ceux qui mouraient dans les faubourgs étaient portés à l'un des ponts où l'on attendait le Clergé.

L'hommage au capitaine de vaisseau Yates

Selon de Froberville, le cénotaphe, dont il ne restait aucune trace au moment où il écrivait en 1850, et qui faisait groupe avec la fontaine, la croix et le Dépôt, était celui de M. Yates, capitaine de vaisseau de la Compagnie Anglaise des Indes, La Cité de Londres, qui mourut lors de l'attaque de l'île de France, le 28 novembre 1810 et reçut la sépulture au Mapou, lieu du débarquement. L'état-major de son vaisseau, les passagers et ses amis, voulant laisser un monument public à leur estime, avaient fait élever ce cénotaphe à sa mémoire sur la Place de l'Église. Un soubassement stuqué de deux pieds de haut sur sept de long et quatre pieds de large, entouré d'un petit mur de même hauteur, fut disposé pour recevoir une pierre dont on fit la demande à Calcutta, auprès de la Compagnie Anglaise des Indes. La pierre arriva l'année suivante et fut mise en place en 1812. L'inscription anglaise donnait tous ces détails.

De Froberville regretta dans un premier temps "qu'il ne reste plus rien de ce cénotaphe du capitaine Yates, même pas le souvenir et que le temps avait tout détruit". Il se ravisa, toutefois, lorsqu'il apprit "que cette pierre tumulaire a été transportée au cimetière (de l'Ouest) depuis de longues années". Sur cette pierre, raconta de Froberville, on pouvait lire l'inscription suivante: "Si la mort m'avait frappé loin de mon pays, mon âme se serait réjouie, en voyant du haut du ciel, un officier, un ancien compagnon d'armes, restaurer mon tombeau et sauver mon nom de l'oubli".

Le capitaine West, un honorable planteur et membre de la corporation municipale, fit restaurer le cénotaphe de Yates qui, constata de Froberville, tient sa place dignement parmi les monuments du cimetière.

La question qui se pose est de savoir si le cénotaphe du capitaine Yates se trouve toujours au cimetière de l'Ouest dont l'état de décrépitude a depuis longtemps atteint un stade avancé ?

Pour Félix de Froberville, malgré la disparition du Dépôt et du cénotaphe, vers 1850, notre bonne ville de Port Louis possédait encore une Place de l'Église beaucoup plus grande que celle de bien grandes villes d'Europe, car elle mesurait deux cents pieds de long et six cents de large. Vis-à-vis de l'Église se trouvait la Banque Commerciale et au fond de la place, la Loge Maçonnique Triple Espérance dans la vaste salle des Pas-Perdus est depuis longtemps presque exclusivement destinée par la jeunesse aux bals de l'hiver. Un peu à côté, sur la gauche, était la demeure d'un savant, d'un homme de haute distinction et d'un grand mérite, Charles Telfair qui était déjà, à ce moment-là, correspondant de huit sociétés savantes et président de la Société d'Histoire Naturelle de l'île Maurice. Il faut, toutefois, préciser qu'en 1850, la construction du palais de l'Évêché n'était pas encore achevée.


PC du futur

Les gagnants du concours de design de Microsoft

Microsoft avait organisé Nextgendesigncomp, un concours spécial pour les concepteurs graphiques doués de la souris. Il s'agissait d'imaginer le PC du futur, dans diverses catégories: Productivité personnelle (à domicile, au travail, etc.), loisir, communication et mobilité ou style de vie.

On notera que Bill Gates a choisi et décerné lui-même l'un des prix spéciaux, pour le projet Made In China. "Beaucoup de PC sont conçus en Chine, mais aucun n'est conçu pour les Chinois", a expliqué son développeur, John Leung, dans le dossier de présentation. Mais l'adoubement du chevalier Gates n'aura pas suffi pour ravir la première place.

Pour le premier prix, les grands gagnants (25 000 dollars de prix) sont Christianne LeBlanc, Jessica Livingston et Marianne Goldberg, auteurs de Blok. Il s'agit d'un concept d'ordinateur destiné aux plus jeunes, notamment dans les écoles primaires. La machine, qui se pilote par la voix notamment, est destinée à apprivoiser ces têtes blondes à l'alphabet et aux formes de base, au dessin et d'autres activités ludiques.

Enfin, citons le BulbPC, qui prend le design d'une lampe, et pouvant s'incruster dans les murs. Lumineux ? Il obtient en tout cas la deuxième place. Voici donc quelques images de ces concepts peut-être pleins d'avenir.

Certains n'ont pas eu la chance d'être retenus, même pas au rang de finalistes. Voici malgré tous ces projets qui méritent au moins le coup d'œil:

Surface: Microsoft met l'ordinateur à table

Ceux qui suivent l'actualité savaient que Microsoft travaillait sur un très grand nombre de projets. Certains sont prévus pour avoir un impact direct en tant que produits sur le marché, d'autres constituent simplement de la recherche pure. Parmi ces projets, on a pu remarquer à plusieurs occasions des travaux menés sur les écrans tactiles, et c'est ce que la firme a tenu à dévoiler en braquant officiellement les projecteurs dessus.

Le projet Milan prend désormais officiellement le nom de Microsoft Surface et consiste, dans les grandes lignes, en un écran capable de gérer des dizaines de points de contact en même temps, en lieu et place d'un seul point comme sur les écrans tactiles que nous connaissons aujourd'hui. En plus de pouvoir gérer ces points, l'appareil est également doté de plusieurs caméras qui captent les mouvements de l'utilisateur.

Le nombre d'applications possibles d'une pareille technologie est assez énorme, mais Microsoft a déjà produit une "table" équipée d'un écran de 30 pouces qui peut être utilisée de manières différentes. On peut par exemple l'imaginer dans un bar pour sélectionner des boissons, dans un restaurant pour des plats, dans des boutiques de photographie pour manipuler et imprimer des photos.

Parmi les possibilités de Surface, on notera particulièrement le fait qu'elle puisse être utilisée par plusieurs personnes en même temps. Réunies autour de la "table", ces dernières pourraient alors manipuler en même temps des images ou se réunir autour d'un jeu. Surface peut également reconnaître certains objets posés à la surface, en particulier les téléphones portables, pour en transférer les photos.

Le projet est en fait né de la coopération de deux hommes, tous deux travaillant chez Microsoft: le chercheur Andy Wilson et le designer Steve Bathiche. Plusieurs années de travaux ont abouti à cette "table" contenant actuellement un Pentium 4 cadencé à 3GHz épaulé de 2Go de mémoire vive, ainsi que cinq caméras infrarouges.

Microsoft travaille désormais avec plusieurs partenaires, dont la chaîne d'hôtels Starwood, qui comprend, entre autres, les hôtels Sheraton. Mais la firme travaille également avec des hôpitaux, car la technologie pourrait avoir un impact significatif sur le traitement et la manipulation de l'imagerie médicale.

Avec un tarif qui approche pour le moment les 10 000 dollars, il est clair que Surface ne se destine pas aux foyers des particuliers. Dans quelques années toutefois, quand la technologie aura encore mûri, Microsoft espère produire des variantes destinées au grand public.

Windows Live Messenger 8.5 montre le bout de son nez

Selon le site Mess.be, souvent sur la brèche en ce qui concerne l'actualité liée à Windows Live Messenger, une bêta interne de la version 8.5 du logiciel aurait été récupérée par le site espagnol Messenger Addictos.

La nouvelle version, qui n'est disponible en fait qu'en interne chez Microsoft, affiche deux changements majeurs. Le premier est le module d'installation qui serait complètement neuf, et le deuxième est un inévitable changement d'apparence, beaucoup plus proche de l'ensemble des services Live ainsi que de Vista.

D'après les premiers tests, cette bêta de Windows Live Messenger 8.5 fonctionnerait bien mieux sous Vista, avec notamment une disparition complète de tous les problèmes d'affichage. Elle serait également plus rapide, ce qui est loin d'être un mal.


Brèves

Répertoire culinaire: Trois chefs sortent de vieilles recettes de l'oubli

Il existe toujours au fond d'un tiroir ou entre deux pages d'un roman, une vieille recette manuscrite qui a autrefois fait le bonheur de plus d'un à table. Il y a aussi ces plats d'antan, ancrés dans la mémoire des aînés mais qui ne sont plus prisés. Et comment oublier les confiseries et autres gâteaux à base de fruits ou de tubercules qui sont inconnus de la présente génération ? Trois chefs: Nizam Peeroo, Jacqueline Dalais et Mike Pynendee, soutenus par le ministère du Tourisme et d'autres partenaires, veulent sortir de l'oubli ces délices concoctés dans les vieilles marmites et autres carailles. D'où le projet d'un répertoire, Dans vié caraille éna bon la sauce. Celui-ci renfermera quelque 90 recettes. Toutefois, pour collecter ces "racines les plus profondes de notre patrimoine culinaire", comme le dit le trio, celui-ci fait appel à tous ceux qui disposent des recettes d'autrefois. "Notre équipe fera alors un tri des recettes qui nous parviendront. Et pour vérifier l'authenticité de ces recettes, nous nous rendrons chez l'habitant et observerons la préparation de celles-ci", explique Nizam Peeroo, chef à l'hôtel Labourdonnais. Les méthodes et ingrédients utilisés seront notés. "Pour ce qui est des ingrédients, la quantité des produits sera codifiée parce que nous voulons que le dosage soit précis", indique encore Nizam Peeroo. Le répertoire devrait être disponible sur les rayons des librairies dans quelques mois. Mais auparavant, ceux intéressés à contribuer au projet peuvent se renseigner aux: 6862509, 7107672, (fax) 6977353 ou par mail: viecarail@servihoo.com.

Récompense de Star Cruises: Holidays Planners élu Top Agent de Star Cruises

Holidays Planners Travel Agency (HPTA) a été élue meilleur agent de vente par Star Cruises Singapour. Cette récompense fait suite aux brillantes performances de HPTA dans les ventes des croisières, au départ de Singapour, à bord du SuperStar Virgo, durant l'année 2006. Benjamine Li, directrice de HPTA, a fait le déplacement le 17 mai dernier, pour recevoir son prix, à Singapour. Selon Benjamine Li, "la tendance est aux croisières en ce moment. De plus en plus le nombre de Mauriciens qui optent pour ce type de voyage augmente". La représentante de Star Cruises, Aileen Png, fait, elle, ressortir que la performance mauricienne au niveau des ventes des croisières a connu une hausse encourageante de 10% durant l'année écoulée. Outre cette récompense singapourienne, HPTA a également reçu, en avril dernier, le premier prix au niveau des ventes de Cathay Pacific Airways. l'agence avait également remporté le Bronze Award d'Air Mauritius en 2006.

Les 16 et 17 prochains: China Town en fête

China Town s'apprête à vivre deux jours de festivité, durant lesquels les multiples facettes de la culture chinoise seront mises en relief. Désormais événement annuel, le China Town Food & Cultural Festival sera de retour les 16 et 17 prochains. Pour l'occasion, le quartier chinois de Port-Louis restera animé jusqu'à 23 heures, les commerces seront ouverts et les restaurants qui s'y trouvent proposeront leur menu respectif à un prix réduit. Relançant ce festival, la Chinese Chamber of Commerce a annoncé un agenda rempli. Des artistes de Shaanxi Folk art Theater, venus spécialement du pays de la grande muraille donneront un aperçu de leurs talents. Au programme, danse du lion, concours de Miss China Town, démonstration de karaté, wushu, tai chi ainsi qu'exposition de peinture et de produits artisanaux, ombre chinoise, sculptures en sucre entre autres… Quelque 17 groupes et associations locaux ont été sollicités pour participer au festival dont la cérémonie d'ouverture est prévue pour 17 heures, le samedi 16.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 3 juin 2007