La Chine: De l'Empire du Milieu à la mégapuissance
!
Lorsque la Chine, du XVIe au XVIIIe, était connue comme
l'Empire du Milieu, puissance à la fois culturelle et commerciale,
le pays de Confucius n'imaginait pas, à cette époque,
qu'interviendrait, au XXe, un certain Mao Zedong qui n'exporterait
ni la soie ni ses dogmes hérités depuis des millénaires,
mais une révolution qui se voulait culturelle, issue de
la Longue Marche qui ouvrirait la voie vers d'autres révolutions
en reprenant, à son compte, les concepts de Marx et de
Lénine.
Il aura fallu attendre deux ans après sa mort, survenue
en 1976, pour voir, en 1978, un certain Deng Xiaoping faire la
Chine entreprendre le grand saut: de cette Chine "primitive"
vers une Chine modèle du développement économique.
La postérité maoïste a eu certains échos
auprès des pays nouvellement indépendants, tant
en Afrique qu'en Asie. Ainsi, trouve-t-on aujourd'hui des maoïstes
solidement plantés au Népal, en Inde, ou en Colombie
en Amérique du Sud. Tandis que les régimes marxistes-léninistes
ont peu ou pas d'influences, sauf, peut-être à Cuba
ou en Corée du Nord.
Pendant que les puissances américano-soviétiques
cherchaient à régler leurs différences issues
de la Guerre froide, la Chine tissait sa toile pour une expansion
à la fois politique, diplomatique et économique.
Faisant du "Made in China" sa marque de fabrique, comme
si ses dirigeants s'étaient engagés à faire
renaître "l'Empire du Milieu" en occupant chaque
pouce de terrain délaissé par les puissances engagées
dans des guerres et des conflits géopolitiques.
En Afrique, par exemple, les Chinois ont décelé
un terrain fertile pour leurs multiples implantations pendant
que les anciennes puissances coloniales européennes se
sont désengagées faute de pouvoir accommoder leurs
nouveaux alliés - principalement les Européens de
l'Est, ces anciennes satellites de l'Union Soviétique.
Avec pour conséquence que ces anciennes puissances coloniales
ont laissé le champ libre à la Chine pour y opérer.
Le Sud-Africain William Mervin Gumede, brillantissime universitaire
(il est Senior Associate et Oppenheimer Fellow au
St. Antony's College d'Oxford) s'est penché sur le phénomène
chinois par rapport à l'Afrique. Pour lui, la question
emblématique est de savoir "Quand la Chine s'éveillera
"
La Chine s'est réveillée
! En quelque sorte,
il rejoint notre analyse, à savoir que l'expansion chinoise
en Afrique relève d'une impuissance des anciens colonisateurs
vis-à-vis de leurs colonisés. La Chine ne s'est
pas fait prier pour occuper ce vacuum. Depuis l'an 2000, selon
Gumede, le commerce entre la Chine et l'Afrique a dépassé
les 50 milliards de dollars. Les compagnies chinoises investissent
à tour de bras. La Chine a créé un Fonds
de 5 milliards de dollars favorisant des investissements à
zéro-tarif.
L'Inde, qui connaît un taux de croissance proche de la Chine,
à deux chiffres, s'y est impliquée. De même
que Hugo Chavez qui, avec ses pétrodollars, cherche à
se frayer un chemin entre ces deux Grands
En fin de compte, dans cet imbroglio économico-politique,
l'Afrique, devenue la convoitise de ces nouvelles puissances,
peut, s'il sait s'auto-gérer, devenir le partenaire idéal
d'une win-win situation.
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 3 juin 2007
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