é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 3 juin 2007



Libéralisation du prix des fers de construction—Encore un cadeau pour Murray and Roberts ?
Ministère des Finances et du Développement Économique—Un projet de réorganisation fait des vagues
Chez Beachcomber—10.7% de compensation pour ceux touchant jusqu'à Rs 30 000


Libéralisation du prix des fers de construction

Encore un cadeau pour Murray and Roberts ?

Si le sort semble continuer à privilégier la firme sud-africaine Murray and Roberts, il s'acharne sur les consommateurs mauriciens. Dernier épisode en date de la saga du fer de construction libéralisé mais de plus en plus hors de prix.

Le 6 avril, le conseil des ministres, après avoir passé en revue la situation dans le secteur du fer de construction et pour éviter une pénurie sur le marché local, prend la décision de réduire les droits de douane sur l'importation de ce produit. Les taxes qui étaient de 30% sont réduites de moitié et passent donc à 15%. Mais quand cette décision est publiée dans la Gazette du gouvernement à la même date, la décision du conseil des ministres a été modifiée. Tous les droits de douane sont enlevés sur l'importation des barres de fer en provenance des pays ne faisant pas partie de la COMESA.

Cette mesure passée inaperçue vient de rapporter encore un joli cadeau à Murray and Roberts en termes de non-paiement de droits de douane. Il faut rappeler que cette compagnie sud-africaine, qui est en train de créer un monopole dans l'industrie du fer de construction mauricien après avoir racheté Desbro, n'en est pas à son premier coup de chance en termes de réduction de droits de douane.

En juin de l'année dernière, Desbro demande une augmentation de 37% des prix de fers pour pouvoir continuer ses opérations. Le ministre du Commerce refuse et réclame une enquête au MAB avant de prendre une décision. En octobre, avant que le rapport ne soit soumis, le ministère accorde une augmentation de 20%. Murray and Roberts, qui avait quelque temps auparavant réclamé une augmentation de 17%, profite de l'aubaine. Sa cargaison, commandée quelques mois auparavant, arrive juste après l'augmentation et lui permet de faire de substantiels windfall gains.

Mais la chance n'allait pas s'arrêter en si bon chemin pour la firme sud-africaine. Quelques jours après la fermeture de Desbro, faisant de Murray and Roberts le principal opérateur du secteur local, le ministre du Commerce annonçait la libéralisation et une augmentation de prix. Et les dieux de la chance semblent s'acharner sur la firme sud-africaine qui vient de bénéficier d'un deuxième coup de chance similaire, sa dernière cargaison d'environ 1 000 tonnes récemment débarquée ayant bénéficié de la levée de tous les droits de douane gazettée le 6 avril.

Selon certains calculs, les windfall gains de ce nouveau coup de chance auraient rapporté entre 47 à 64% d'augmentation par rapport aux dernières mesures gouvernementales. Un véritable cadeau pour Murray and Roberts pour qui l'île Maurice est un véritable Eldorado. L'augmentation sur les prix de fers de construction est, évidemment, payée par le consommateur mauricien, qui doit se dire que l'opération de libéralisation entreprise par le ministre du Commerce pour mettre fin aux cartels lui coûte de plus en plus cher.


Ministère des Finances et du Développement Économique

Un projet de réorganisation fait des vagues

Un projet de réorganisation au plus haut niveau du Ministry of Finance and Economic Development (MOFED) fait des vagues d'autant qu'il n'a pas été élaboré en collaboration avec le ministère de la Fonction Publique et de la Public Service Commission et qu'il procède au démantèlement du Management Audit Bureau. Selon ce projet, qualifié de "fast track" et dénoncé comme un exercice de "copinage" puisque ceux qui l'ont préparé sont ceux-là même qui s'octroient titres, promotions et salaires. Le point principal est qu'en sus du Financial Secretary, cinq postes de Deputy Financial Secretaries seront créés. Le coût de cette réorganisation, Rs 1,3 million annuellement.

Des officiers de ce ministère ont déjà envoyé des lettres de protestation à plusieurs ministères et aux syndicats. Selon leurs observations, c'est une petite équipe qui a préparé ce plan de réorganisation, le but étant de placer certains en pôle position pour devenir à terme Financial Secretary. Sur le procédé lui même, ils écrivent que "this is normally not the practice in the public sector as the Ministry of Civil Service Affairs as well as the Public Service Commission and technical staff well verse in human resource management should have been involved right at the beginning in such an exercise".

Le plan de réorganisation, dont la préparation est qualifiée de "piecemeal" vise à fusionner les comptables et les économistes. A ce sujet, les fonctionnaires qui se sentent lésés n'hésitent pas à dénoncer que "the way the different grades have been subjectively' pencilled into'core management positions and Lead Analyst cause enormous prejudice to certain grades such as Deputy Directors, Assistant Directors in both MAB, Economist and Economic Analyst".

Ce qu'il considèrent encore plus grave, c'est que cet exercice n'a pas été fait après un "job evaluation" et qu'il aura "a bearing on promotion and succession planning, appointment criteria and procedures applicable to the whole public service". Aussi mis en exergue le fait que le plan prévoit des compétences spécifiques qui seront "serviced by all rounders", ce qui, de leur point de vue, est non seulement incomplet, mais aussi contradictoire.

Le point central de cette réorganisation, qui a été fait selon le critère du fait sur mesure est la nomination de cinq Deputy Financial Secretaries avec des salaires mensuels de Rs 60 000. Plus étonnant dans tout ça, c'est que les trois postes de Deputy Director qui sont vacants ont été reformulés en Directors alors que les deux postes de directeur adjoints (MAB) et, qui sont occupés, ont été rétrogradés au titre de Lead Analyst, s'insurgent les fonctionnaires du MOFED.

Quant au Management Audit Bureau, il est, dans le plan concocté, liquidé et réparti dans cinq départements et ses principaux responsables relégués au rang de simples Lead Analyst. Les officiers du MOFED ne manquent pas de souligner que "the government has regularly entrusted MAB various assignments that are professionally and independently undertaken". Pour eux, cet exercice "cannot cover the MAB which is a government body operating as a separate division" et qui "provides consultancy services to Ministries and other public bodies on request and following Cabinet decisions".

C'est sur un ton très amer, que les fonctionnaires du MOFED observent que le démantèlement du MAB est présenté de telle manière que "murder look like suicide" et que tout l'exercice de réorganisation, surtout pour ce qui est du volet MAB aurait dû avoir l'aval du Conseil des ministres.

La preuve, disent-ils, étant que pas plus tard que la semaine dernière, c'est le Conseil des ministres lui-même qui a confié au MAB une étude sur la situation financière de l'Université de Maurice. Aussi, ils posent la question de savoir si le cabinet est au courant de ce "hidden move to dismantle the MAB".

Concluant, les détracteurs de la réorganisation soutiennent que "the strategic and political implications of dismantling the MAB need to be given due cosnideration as this may give a wrong signal to the public. This is why this important decision lies within the prerogative of the Cabinet".


Chez Beachcomber

10.7% de compensation pour ceux touchant jusqu'à Rs 30 000

Compte tenu de la forte progression de ses bénéfices, cette année, et vu le taux exceptionnel d'inflation, le groupe hôtelier, Beachcomber a décidé d'accorder une compensation salariale intégrale de 10.7% à ses salariés touchant jusqu'à Rs 30,000 mensuellement. Ceux touchant au-delà de ce seuil bénéficieront d'une compensation uniforme de Rs 3210.

La direction de Beachecomber précise que cette compensation sera répercutée sur les échelles de salaires, les heures supplémentaires, le boni de fin d'année, la participation aux profits et la pension. Elle ne remet pas en cause la progression de l'échelle des salaires au sein du groupe Beachcomber qui intervient, chaque année, au mois d'octobre sur la base de l'évaluation de la performance.

Selon le groupe hôtelier, l'alignement de la compensation salariale par Beachcomber sur le taux d'inflation et sa répercussion sur l'échelle des salaires et autres bénéfices des salariés de la compagnie représentera, sur un an, une somme de quelque Rs 100 millions. Cette décision, indique la direction, a été prise compte tenu de la "dureté de vie occasionnée pour la grande majorité de l'équipe de Beachcomber" par le "taux exceptionnel de l'inflation".

Par ailleurs, dans un communiqué, les Verts Fraternels se prononcent pour une compensation de 10.5% pour ceux touchant moins de Rs 3000 mensuellement, une fourchette de salaires qui regroupe, rappelle ce mouvement, "les femmes de ménage, les baby sitters, les ouvrières de la zone franche de même que les bénéficiaires des prestations sociales".



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 3 juin 2007