m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 27 mai 2007



Costumes de scène: - Tout un art
Fêtée aujourd'hui - Félicy Elysée: Cent ans de mémoire chagossienne
La caravane du rire - Komiko dan to Baz Du théâtre itinérant
En concert dimanche dernier - Julien Clerc:Toujours désarmant
Échanges culturels à Simé Rel, Rivière du Rempart - Les Jammers:"Tous pour un"
Première foire artistique - L'art à l'œuvre
Diversité culturelle, engagisme, esclavage - Du non-dit au rapprochement des mémoires
Obituaire - Guy Lagesse:Un homme parmi les étoiles
Piratage - L'éternelle plaie !
Top 5 2007 - Les voitures les plus Moches et Ennuyeuses
Cannes 2007 - "De l'autre côté" de la Palme…
À partir du 30 mai - Pirates des Caraïbes 3
Aux fourneaux pour maman !


Costumes de scène:

Tout un art

La création vestimentaire se décline de multiples façons. L'une d'entre elles, passionnante à plus d'un titre, concerne les costumes de scène. Entre Le Pays du Sourire, présenté récemment au MGI, et The Utopia Game, qui pourra être vu au Centre Vivekananda du 15 au 17 juin prochain, nous avons rencontré ceux qui participent aussi au succès de telles réalisations: les créateurs de costumes. Réunis ici par le défi de la première fois…

Le Pays du Sourire restera un merveilleux souvenir pour Murcia Harter. Quand Gil Kether et Nicole Kuster de l'association Lyric Armor et Paul Olsen de la Fondation Spectacle et Culture l'approchent pour solliciter son aide à la conception et la réalisation des costumes du chef-d'œuvre de Lehár, elle avoue avoir un peu hésité. "Le défi était conséquent. Puis, je me suis dit: il faut oser. Et j'ai accepté".

Si c'est la première fois qu'elle travaille sur des costumes de scène, Murcia Harter n'en a pas moins une longue histoire avec la création vestimentaire et le travail de l'aiguille. "Ma mère cousait et brodait. Petite, j'étais toujours avec elle, et c'est en la regardant faire que j'ai moi aussi développé une vraie passion pour la couture. Un tissu, une fleur, une dentelle: je suis inspirée par tout ce que je vois. Toutes les étapes de la création me stimulent. Quand une robe est terminée, je reste de longs moments à l'admirer", confie-t-elle.

Son premier emploi l'a d'ailleurs menée chez une très grande dame de la couture: Alix Henry. "Elle faisait de la haute couture, et j'ai beaucoup appris en étant chez elle, en tant que responsable de la finition des vêtements et du programme d'essayage", raconte Murcia Harter.

Mais une fois mariée, mère de deux enfants, elle se voit contrainte à changer de route. "La couture n'était pas très compatible avec la vie de famille", constate-t-elle avec un brin de regret. Un emploi de réceptionniste ne l'éloignera toutefois pas complètement de sa passion première: dans ses moments libres, Murcia continue à coudre pour elle-même et quelques proches, à se plonger dans les catalogues de mode, à réaliser fleurs et bouquets.

Le Pays du Sourire se révèle toutefois être une expérience d'une tout autre envergure. "La mise en scène s'inspirait de costumes traditionnels pour styliser une approche plus moderne, tout en respectant la tradition. Et nous voulions, tout en créant une harmonie de couleurs, établir un contraste entre premier et deuxième actes, pour trancher entre l'Europe et la Chine", explique-t-elle.

Pour y arriver, Murcia Harter dit avoir eu la chance de bénéficier du soutien de la couturière Danielle Camoin (dont la mère avait elle aussi travaillé chez Alix Henry). Celle-ci réalisera les tuniques rouges et pantalons noirs pour les chœurs, et les grandes capes des solistes.

Murcia Harter, elle, consacrera trois semaines de travail à la robe de la princesse Mi, incarnée par Véronique Zuël-Bungaroo. Avec cette dernière, elle ira choisir le tissu, puis s'occupera personnellement de tous les détails de la finition du costume (galons, doublure des manches, col, etc.). À ne pas oublier également la confection du "ventre" du Grand Eunuque (Christian Sauzier), sorte de grand coussin qui devait épouser parfaitement la morphologie du comédien.

Outre l'aspect création en soi, Murcia Harter a aussi assumé la responsabilité de la coordination générale au niveau des costumes, de la préparation, des essayages, des retouches. Ce qui exige une présence deux heures avant et tout au long de chacune des six représentations. Elle a aussi œuvré au maquillage des comédiens et à la coiffure de la Princesse Mi (Véronique Zuël-Bungaroo).

Beaucoup de travail, donc, couronné par une immense satisfaction. "Cela a été une magnifique expérience. Travailler avec toute cette équipe a été une très grande joie", confie Murcia Harter. Qui a de surcroît eu le bonheur et la fierté de voir briller ses deux enfants dans cette production: Christelle au niveau des chœurs, et le jeune Benoît, qui s'est imposé avec brio dans le rôle du Prince Gustave.

Partante pour une autre aventure: "Sans hésitation !", conclut Murcia avec enthousiasme.

"Un tissu, une fleur, une dentelle: je suis inspirée par tout ce que je vois"

The Utopia Gameveut nous en mettre plein la vue. À travers l'histoire de deux enfants qui, ayant acheté une étrange console de jeu au bazar de Port-Louis, vont se retrouver projetés dans une lutte pour sauver le monde contre les créatures maléfiques qui se sont échappées du jeu, Eva Caillé-Dalais, Thabo Legrand et Eelco de Jong, ont cherché - et trouvé - une façon ludique d'évoquer la création dans son ensemble et les menaces qui pèsent sur elle.

Pour donner vie à cela, une soixantaine de personnes, de 4 ans à l'âge adulte, se retrouveront sur scène pour incarner les diverses créatures choisies: les quatre éléments (eau, terre, feu, air) mais aussi une pléiade d'animaux (oiseaux, panthères, papillons), les planètes, les guerriers, les pétales, voire des créatures mythiques comme licornes et sirènes. Sans oublier les solistes. Au total donc, plus d'une quinzaine de costumes différents à créer pour donner une réalité palpable à ces incarnations.

C'est à Thabo Legrand qu'est revenue la tâche de concevoir ces costumes. Une première pour celui que l'on connaît davantage comme danseur (ayant participé notamment à Mâ Ravan' récemment). Le jeune homme dit avoir beaucoup appris du travail mené jusqu'en janvier dernier à l'hôtel Coco Beach, au sein de l'équipe d'animation dirigée par Erwin Wan der Wow. "Nous ne nous contentions pas de danser, nous étions aussi étroitement en contact avec tout ce qui concerne la création de décors, de costumes, etc. C'est un travail d'équipe, et à partir de là, l'expérience se construit. J'ai personnellement toujours été attiré par les costumes. Et il m'arrivait souvent d'apporter des idées pour leur réalisation", fait ressortir Thabo Legrand.

The Utopia Game lui permet donc, aujourd'hui, de s'exprimer pleinement dans la création de costumes. Pour ce faire, il a laissé voyager son imagination et s'est mis à crayonner des croquis. Puis, il est allé à la découverte de l'univers du tissu. "Avec Eva, nous avons passé trois à quatre mois à chercher dans tous les coins. La rue La Corderie, on connaît par cœur ! Trouver les bonnes couleurs, les textures, les matières qui tombent bien dans la forme qu'on souhaite donner: c'est tout un savoir-faire que j'expérimente actuellement", s'enthousiasme Thabo Legrand.

L'étape suivante a été le travail avec la couturière Nazimah Sadally. "Il y a plein de phases entre la conception et la concrétisation d'un costume. Parfois, on s'aperçoit que les idées que l'on a dans la tête ne sont pas forcément faciles à expliquer ou à réaliser telles quelles. Avec Nazimah, nous sommes dans un dialogue permanent pour arriver au plus près de ce que nous voulons et pouvons faire", explique Thabo Legrand, qui dit au final, avec un brin de modestie, être "content du résultat obtenu".

Ce dont le public pourra juger sur pièce, à partir du 15 juin prochain.


Costume "électronique" pour le guerrier Lhamony

Impliquant un étroit mélange entre mondes virtuel et réel, The Utopia Game a aussi nécessité la création d'un costume assez particulier pour le personnage du guerrier Lhamony, qui guidera les enfants dans leur quête pour sauver le monde. "C'est le mime européen Vincent Rubinfajer qui incarnera ce personnage. Et un mime ne peut être habillé n'importe comment ! Surtout pas de matières qui entravent ses mouvements, pas d'ampleur qui camouflerait son corps. Il y a eu beaucoup d'ajustements à faire", raconte Eelco de Jong, qui a dessiné, sur ordinateur, ce costume particulier.

Plusieurs étapes ont en effet été nécessaires, en concertation avec l'artiste, pour aboutir au costume final qui "implique pas mal d'électronique" et qui est actuellement réalisé par une élève de la grande Ecole de Stylisme de Bruxelles.


Fêtée aujourd'hui

Félicy Elysée: Cent ans de mémoire chagossienne

La communauté chagossienne célèbre en grande pompe, ce dimanche 27 mai, le centenaire de Mme Félicy Elysée. Née Félicy Mandarin, cette dame est la personne la plus âgée de la communauté déracinée de l'archipel établie à Maurice. Elle vit avec sa fille, Célestine, dans une maison de la cité Mauvilac à Pailles. C'est à la Salle Polyvalente de Grande Rivière, à Port-Louis, que sa famille et le Comité Social Chagossiens (CSC), dont elle est membre, ont convié les invités cet après-midi pour une fête qui s'annonce grandiose, avec la participation de groupes de ségas typiques chagossiens. Le Président de la République, des ministres et députés de la région ont été invités. "Nous voulons que Félicy revive l'ambiance dans laquelle elle a grandi, tout en permettant aux invités de découvrir la musique des "îles là-haut" dans sa pureté", déclare Fernand Mandarin, président du CSC.

Mme Félicy Elysée est, certes, la plus âgée de la communauté chagossienne, mais elle ne serait pas la seule qui aura atteint cet âge honorable sur la principale île de la République. Selon Fernand Mandarin, une autre personne, dont il dit ne pas se souvenir du nom, avait déjà fêté son centenaire ici, il y a longtemps. Mme Elysée rappelle, de son côté, qu'à Peros Banhos, dans le groupe des îles Salomom, durant les années 50, elle avait soutenu dans ses derniers moments une tante dénommée Mimi. Cette dernière avait vécu … 115 ans ! "Se momem ki dress so lekor lor so kanapé", confie Mme Elysée, avec tout le détachement d'une personne qui sait qu'elle a eu le privilège de dépasser allégrement l'espérance de vie. Lorsque nous l'avons félicité pour être parvenue à un âge aussi avancé, elle a éclaté de rire en lançant: "Mo finn revinn kouma zanfan".

Mme Félicy Elysée est considérée comme la mémoire vivante de la communauté chagossienne. Elle est née dans le groupe Six Iles, mais a grandi et travaillé dans les îles Salomon. Elle a eu neuf enfants. C'est en 1966, à l'âge de 59 ans, alors que les autorités coloniales britanniques commençaient à évincer natifs et résidents de l'archipel, qu'elle s'est retrouvée bloquée à Maurice. "Mo bolom ti finn al biro (NDLR: Rogers & Co) et kan li finn revinn lakaz, li finn dir mwa: Zil finn ferme, nou pa pou rétourn laba ankor. Nou finn bizin res isi mem".

Bien qu'elle parle avec nostalgie de son mode de vie à Peros Banhos et qu'elle soit parfaitement au courant que les Chagossiens ont à nouveau le droit d'y retourner, Mme Félicy répond franchement: "Mo pa alé. Non, zil finn fini pou mwa aster. Mo byin isi akot mo bann zanfan. Tou mo frer finn mor isi Moris, mo mari inn mor isi. Ki mo pou al fer laba ? Less mo mor lamem".

Elle soutient que la vie à Peros "était plus bonne", mais affirme que vivre à Maurice n'a pas été aussi pénible que ça. Du moins pour elle. "Ler mo bolom finn mor, mo ti pé gagn enn pansyon. Pas koma aster-la. Pansyon ti enn ti ponyé mé tou kiksoz ti bomarsé Moris. Pa ti ser. Aster-la ou népli trouv 5 sou, enn kass, ou népli trouv sou. Tou an roupi. Gramersi bondié mo byin, mo pa malad, mo pé gagn 100 an. Dokter vinn konsilté mwa, tir mo disan, trouv mo byin, péna diabet, pena tansyon for, li normal". Son passe-temps ? "Asizé koz kozé avek zanfan. Pa kapav fer louvraz. Trouvé sonb sonb, mé mo pa sagrin nanryin. Touletan mo démann bondié mo ti kouraz ziska li paré pou tir mwa la".

Mme Félicy a un gros regret: un de ses frères est mort de chagrin d'avoir eu à quitter les îles. Les Chagossiens ne l'oublieront pas aujourd'hui lorsqu'ils lèveront le coude…


La caravane du rire

Komiko dan to Baz Du théâtre itinérant

Un spectacle acidulé qui s'inscrit dans la tradition du théâtre forain. Un voyage gratuit dans l'imaginaire jusqu'au 20 juillet 2007 à Rodrigues. La Troupe Komiko et d'autres compagnons du rire présentent dans plus d'une vingtaine de villes et villages du pays "Komiko dan to Baz". Des pitreries, du délire théâtral, des clins d'œil, des bons mots et parfois de l'émotion dans un spectacle qu'il appartient à chacun de saisir à sa manière.

Les amateurs de scènes burlesques pleines de symboles, de délire théâtral et qui ne pouvaient se déplacer, devraient se régaler puisque la Karavann de Komiko vient à eux. De réels moments de rire sans effets de lumière ou de décor avec pour seul toit le ciel mauricien.

Dans leur adaptation à la joie communicative, la Troupe Komiko et d'autres artistes tels Yusuf Elahee ou Ludovic Félicité ont imaginé plusieurs sketchs d'une quinzaine de minutes. 14 artistes rompus aux rouages du spectacle burlesque font montre de leurs talents sous peine de sanction populaire. Et tout est bon pour l'humour décalé. Le mélange des réalités de la société mauricienne côtoie le mélange des genres. Les sketchs sont connus. Sexualité, problèmes liés à l'environnement, promesses de politiciens. Épisodes connus de Kel Fami, mais revisités avec santé dans le délire. Les clins d'œil au public sont nombreux: un sketch sur le suicide avec Pierre et Paul; deux voleurs, Moustouf ek Medar, qui dérobent des statuettes dans une église; deux SDF qui veulent devenir riches ou encore un débat télévisé entre deux ministres sur le problème des chiens errants avec un animateur particulier.

La Troupe Komiko porte bien son nom et ne s'épargne pas pour offrir au public de bons moments. Cela court dans des propos remplis de vérité. Le plaisir est partagé par l'assistance massée en plein air. Bref, une interprétation physique pour des comédiens habitués au burlesque. Des sketchs d'affilée où le spectateur ressent une rythmique inventive qui se décline sous forme de péripéties cocasses, scènes burlesques, tirades à-propos, textes dits et joués de manière remarquable. Un spectacle en soirée vers 19h30, véritable coup de fraîcheur dans les villages de l'île.


La Karavann Komiko en tous sens

29 mai - Centre social de Souillac, 19h30

30 mai - Centre social de Chemin Grenier, 19h30

1er juin - Rivière Noire, 19h30

2 juin - Jumbo de Phoenix, 16h

3 juin - Plage de Flic en Flac, 14h

6 juin - Centre social de Cassis, 19h30

8 juin - Centre social de Roche Bois, 19h30

9 juin - Centre social de Triolet, 19h30

13 juin - Centre social de Rivière du Rempart, 19h30

15 juin - Centre social de Goodlands, 19h30

16 juin - Plage de Grand-Gaube, 20 h

17 juin - Plage publique de Trou d'Eau Douce, 14 h

20 juin - Montagne Longue, 19h30

22 juin - St. Pierre, 19h30

23 juin - KFC de Flacq,

30 juin - Jumbo de Riche Terre, 14h

Port-Louis Waterfront, 20h


En concert dimanche dernier

Julien Clerc:Toujours désarmant

Julien Clerc est peut-être à la chanson française ce que Pedro Almodovar est au cinéma: un de ces créateurs à la sensibilité "féminine" sans cesse explorée et affirmée.

À la différence d'autres chanteurs dits "à femmes", Julien Clerc a en effet toujours su non seulement parler aux femmes mais surtout parler d'elles, avec une subtilité pleine de tendresse et d'amour, avec un attrait que le passage du temps ne cesse de mûrir et d'affiner. Au Centre Vivekananda dimanche dernier, devant quelque 2 000 personnes, il n'a eu aucune peine à montrer, dix-neuf ans après son dernier concert à la Citadelle, que Ce n'est rien si le temps passe. Et que comme les bateaux qui reviennent, un artiste d'un talent tel que le sien sait toujours mener à bon port un tour de chant qui ne craint pas les vents contraires de la mode et des tendances.

Cela commence en douceur avec This melody. Julien Clerc nous le dit, il chante pour nous, et c'est en quelque sorte pour remercier le public du succès qu'il lui a offert pendant ces quelque quarante dernières années qu'il a choisi, pour cette tournée, de reprendre les grands morceaux de son répertoire. S'enclenche alors un voyage métissé entre rythmes colorés et mélodies dépouillées, du côté d'Ibiza chez la belle Mélissa, dans la chaleur du Rio Negro ou sur les traces gelées et aériennes du Patineur. Voyage intérieur, aussi, pour aller au fond des choses. Le Cœur de rocker n'hésite pas à se mettre à nu pour proclamer Femmes je vous aime ou se retourner, avec un sourire riche de pudeur, sur une Double enfance passée entre des parents dont on découvre un jour, hélas, qu'ils sont deux.

À quoi sert une chanson si elle est désarmée ? s'interroge Julien Clerc. Et l'on se dit qu'il est toujours aussi désarmant, peu importe le registre dans lequel il joue, entre feinte indolence dans Travailler c'est trop dur et émotion, seul au piano, pour une Petite sorcière malade. La voix est plus posée, plus mûre, et fait vibrer avec une intensité ancrée dans la simplicité, les magnifiques textes qui lui ont été offerts par le parolier de génie que fut son complice Étienne Roda-Gil, ou encore par Jean-Lou Dabadie, Luc Plamondon ou Maxime Le Forestier.

En une heure trente de concert et trois rappels, on se rend compte à quel point les chansons de Julien Clerc nous restent toujours, quelque part, en mémoire, avec cette évidence sûre des choses simples, belles, authentiques. Aucun mal, c'est certain, à lui faire une place au rang des souvenirs que l'on prend plaisir à ressortir pour laisser entrer le soleil dans un quotidien soudain plus chaleureux.

Reste que c'est un peu de tiédeur qui a semblé, parfois, s'installer dans la salle du Centre Vivekananda, peut-être trop grande pour la formule résolument intimiste choisie par Julien Clerc, entouré pour l'occasion par les deux musiciens remarquablement polyvalents que sont Evert Verhees et Frédéric Renaudin. Du coup, il a parfois semblé manquer ce petit souffle qui fait la différence, entre un artiste sur sa grande scène et un public un peu trop à distance dans le confort de ses fauteuils.

Mais Julien Clerc n'a pas désarmé: au bout de la soirée, il nous avait à coup sûr montré à quel point une chanson, comme celles qu'il nous offre, est utile à vivre et à rêver…


Échanges culturels à Simé Rel, Rivière du Rempart

Les Jammers:"Tous pour un"

Un pôle culturel pour valoriser l'art à travers le partage. Les Jammers, un collectif de jeunes réunis au départ autour de la musique, autorisent la discussion et l'échange. Ces jeunes ont joué un rôle démultiplicateur pour la réalisation de divers ateliers: musique, poésie, peinture, théâtre et danse. Les activités se sont étalées sur cinq dimanches et ont culminé en une manifestation de plus de 500 personnes autour de la voix des jeunes à International AIDS Candlelignt 2007 avec l'association RAPID.

Passons aux actes centrés sur l'échange culturel. Les Jammers œuvrent depuis 2004 à travers les arts pour fournir des formations et développer les compétences des jeunes afin qu'ils puissent participer de manière significative et se lancer dans des partenariats inter-générationnels (jeunes-adultes). Avec plus d'une dizaine de jeunes qui ont fait entendre leur voix dans des soirées musicales (jam sessions), les différentes actions des Jammers ont eu des répercussions très positives de 2005 à 2006. Les résultats clés: des sessions jeunesse étendues, des soirées musicales ont incité le collectif à un programme plus ambitieux. On se souvient de "Enn ti soiré seryé pou Xavier" pour le jeune Xavier atteint d'aplasie médullaire. Les Jammers, fidèles à leur philosophie de partage - "Partaz twa" - avaient ressenti cette nécessité impérieuse de s'ouvrir aux autres.

Les initiatives jeunesse se sont poursuivies jusqu'au partenariat Jammers/RAPID pour améliorer la prévention et la conscientisation en matière de VIH/Sida dimanche dernier à Simé Rel. Auparavant, divers ateliers animés par les Jammers dans la localité ont permis d'évaluer les besoins des habitants (les jeunes surtout) et leur donner les moyens de s'exprimer. On peut porter au crédit du collectif une fougue qui se traduit par l'échange culturel. Ainsi, Mario a trouvé que ces manifestations "fine relev zot landrwa" et Solange de dire: "Narien pa fasil, tou deman travay".

Les Jam Sessions, espace de ressourcement pour les Jammers, se poursuivent. Parmi les projets majeurs: un Slam itinérant et d'autres actions en phase avec "Partaz twa".


Première foire artistique

L'art à l'œuvre

Une foire artistique d'envergure nationale. C'est ce que propose le ministère des Arts et de la Culture aux Mauriciens du 1er au 3 juin dans la cour de la municipalité de Quatre-Bornes. L'événement poursuit les objectifs suivants: promouvoir les œuvres d'artistes locaux, leur donner une plate-forme pour exposer ces œuvres et amener la population à ces produits en lui donnant accès gratuitement.

Musique, peinture, sculpture, photographie et livres seront à l'honneur à travers les expos-vente. On peut citer, entre autres, la vente de CD, DVD, VCD d'auteurs locaux, la fabrication et réparation d'instruments musicaux (ravann, maravann, djembé tabla).

Une causerie destinée aux artistes et promoteurs culturels permettra de véhiculer plus d'informations sur l'industrie de la culture. On parlera aussi de l'organisation des événements culturels, des droits d'auteur, du financement, du montage et de la gestion des projets artistiques et culturels. La Bibliothèque nationale mettra à la disposition du public une collection de livres.

À signaler quelques expositions importantes avec la collaboration d'institutions prestigieuses: l'Institut Mahatma Gandhi (immigration indienne à Maurice), Le National Heritage Fund (sites et monuments à Maurice), le Cercle des Artistes Photographes (expo de photo de l'île Maurice contemporaine) ou une expo d'instruments de musique du Centre Nelson Mandela.

Cette manifestation artistique sera rythmée bien sûr par la musique. Mentionnons le Groupe Lataniers, Michel Legris, Basant Soopaul, Sona Noyan, Shakti Dance Group, parmi tant d'autres. L'accès gratuit à cette première foire artistique permettra aux Mauriciens de bénéficier de nombreux produits culturels à prix réduits et de les exposer aux différentes facettes de la culture mauricienne.

Les dates

Ouverture le vendredi 1er juin à 17h

Samedi 2 juin de 10h à 22h

Dimanche 3 juin de 10h à 18h


Diversité culturelle, engagisme, esclavage

Du non-dit au rapprochement des mémoires

"Partage de mémoire". Il s'agit là d'un espace civil et civique que les Mauriciens doivent s'approprier pour conjuguer les mémoires de l'esclavage et de la coolitude. Khal Torabully, poète et concepteur de la coolitude, invite les artistes et citoyens mauriciens de tous bords à cette vaste construction culturelle. Une date symbolique a été retenue pour cet événement annuel: le 21 mai 2008, qui coïncide avec la célébration de la Journée Internationale de la Diversité culturelle. Le concepteur a exposé ce programme d'envergure internationale sous le patronage de l'UNESCO jeudi à la municipalité de Port-Louis.

Il faut dépasser le devoir de mémoire pour un travail de mémoire, nous dit Khal Torabully, dans la première ébauche et les appels à propositions pour cet ambitieux projet culturel intitulé "Partage de Mémoire". Khal poursuit: "Ce dépassement implique un travail de deuil qui passe par la parole pour éviter les conflits inter-religieux." Il plaide en fait pour le développement à Maurice d'une série d'activités avec la participation de tous les acteurs de la société mauricienne.

L'idée est de provoquer des discussions sur "des choses mises en sourdine" et de partager les mémoires de l'esclavage et de l'engagisme. Le concepteur du projet, placé sous le patronage de l'Unesco, fait ressortir que la lourde histoire de Maurice n'a pas toujours été mise en parole, d'où ce qu'il appelle "cette absence de sérénité du dire".

Peut-on vivre le présent et envisager l'avenir sans savoir d'où l'on vient ? Question à laquelle les participants de cette manifestation future tenteront de répondre dans le cadre la célébration des 40 ans d'indépendance de Maurice en 2008. Les retombées de ces activités seront riches pour la région et pour le monde puisque l'humanité est interpellée par l'engagisme et l'esclavage.

Se référant à une récente actualité, Khal a souligné les risques liés à l'enfermement dans des non-dits: culture "pas touche nou", véritable symptôme de l'histoire du pays, conduite névrotique aussi. Les retombées de "Partage de Mémoire": le développement d'un programme éducatif pour mettre en valeur cette richesse que le pays possède. Le projet est dans sa phase de gestation. Les propositions des personnes intéressées peuvent être adressées à l'Agence Imagine Communication (tel: 210-1631) en attendant d'autres séances de travail sur le sujet.


Obituaire

Guy Lagesse:Un homme parmi les étoiles

L'homme de spectacle Guy Lagesse n'est plus. Décédé mercredi dernier à Lyon, il sera inhumé à Maurice aujourd'hui, à l'issue d'une messe qui débutera à 15h en l'église St François d'Assises, à Pamplemousses.

"Passionnément humain: ce sont les deux mots qui pour moi caractérisent Guy Lagesse", nous déclare un Gérard Sullivan profondément touché par ce décès qui met aussi fin à une longue amitié. Une amitié qui débute en 1976 et qui débouche, l'année suivante, sur la création, à la Citadelle, du mémorable Un homme parmi les autres, suivi par Chantons la liberté quelques années plus tard. Plus récemment, avant de monter Carmen, c'est Guy Lagesse qui prendra, au pied levé, la relève de Gérard Sullivan lorsque celui-ci tombe subitement malade en 2004 au milieu des répétitions de Starmania. "Un homme d'une grande générosité, habité par une passion dévorante pour la vie sous toutes ses formes, passion pour sa famille, pour son travail, pour les gens autour de lui, pour la création artistique", poursuit Gérard Sullivan.

Une passion qui l'a ainsi conduit à créer, il y a cinq ans, la Fondation Spectacle et Culture, qui a aidé nombre d'artistes à se révéler en se produisant sur scène. "C'était un metteur en scène exigeant, pointilleux, précis, doublé d'un homme affable et chaleureux", témoigne Paul Olsen, qui lui a succédé à la tête de la FSC.

En 2002, Guy Lagesse avait brillamment mis en scène le célèbre Mort d'un


Piratage

L'éternelle plaie !

Les autorités doivent montrer davantage leurs muscles, se montrer plus fermes ! La Mauritius Society of Authors (MASA) devrait avoir une liste de points de vente de CD piratés et en faire part à la police. C'est ce que disent artistes et producteurs en commentant les interventions pour prévenir le piratage. Ce problème qualifié de véritable fléau, voire de plaie pénalisant les artistes, est loin d'être un phénomène nouveau. C'est justement cela qui agace les professionnels de la musique.

La situation dure et le piratage s'amplifie, scande-t-on dans le milieu musical. "Il y a eu un changement positif pendant quelque temps. Mais depuis plusieurs mois, nous sentons que les CD audio piratés ont refait surface de plus belle", s'insurge Gérard Louis de Geda Production. Partageant le même pessimisme, Richard Hein, également producteur, trouve que "la situation est pire que d'habitude". Il déclare qu'il n'est pas nécessaire d'être sur le terrain pour faire ce constat.

Ailleurs, dans des réunions d'artistes, l'on raconte que c'est par le biais du porte-à-porte que des marchands font la promotion des CD piratés. "Comme l'espérance de vente de nos productions est réduite, il en est de même pour le budget investi", poursuit Richard Hein. Même si les bacs des disquaires accueillent régulièrement des nouveautés locales, mine de rien, le marché du disque subit les répercussions négatives du piratage, de l'enregistrement du projet en studio, en passant par toute la partie technique, jusqu'au tirage des CD. Des producteurs se retrouvent contraints de réduire de près de moitié l'investissement en ressources humaines, financières et matérielles, que requiert chaque étape de la production d'un CD. "La qualité en souffre. Pour réduire leur coût, des producteurs doivent remplacer des musiciens par la musique synthétique", confie un producteur.

Vendre 1 000 CD est un exploit

Il y a également d'autres indicateurs sur lesquels les professionnels de la musique se fient pour se faire une idée de l'ampleur du piratage. "Le nombre d'albums que nous éditons a baissé de façon vertigineuse. De 2 500 copies environ, nous sommes passés à… 1 000 seulement. Nous n'avons pas le choix. D'ailleurs, si nous arrivons à écouler les 1 000 CD, c'est un exploit", avance le responsable de Geda Production.

Désormais, les producteurs commencent d'abord par éditer 1 000 copies de chaque nouvel album avant de renouveler l'édition selon la demande des maisons de disque. Selon Gérard Louis, un autre baromètre qui ne trompe pas est la reprise des morceaux peu populaires d'un artiste par le public lors d'une représentation. Il s'explique: "J'ai été étonné d'entendre, lors d'une soirée musicale, la foule reprendre Ti zil, un séga quasiment inconnu de Rennel Trapu. Ce séga figure sur l'album Difé dan cité, alors que le morceau phare de cet album reste le titre éponyme. Si toutes ces personnes qui connaissaient Ti zil par cœur avaient acheté l'album original, je suis sûr que j'aurais eu à revoir à la hausse le nombre de CD vendus."

Autre conséquence fâcheuse du piratage: le prix dérisoire des CD locaux. "Lorsqu'il a en face de lui un CD piraté de Bob Marley à Rs 50, le consommateur préférera sans doute acheter quatre albums de la légende plutôt qu'un album à Rs 200 d'un groupe local comme les OSB", affirme Richard Hein.

Il y a quelques années, un album local se vendait entre Rs 200 et Rs 350. L'industrie du disque, y compris les artistes, y trouvait son compte. "Pour couvrir nos frais, il est impératif de vendre autour de 2 500 albums. Il est quasiment impossible d'atteindre ce nombre", déplore Gérard Louis. "Je comprends que le coût de la vie a augmenté et que les gens doivent compter avant de dépenser. Mais ceux qui achètent des CD piratés à Rs 50 ne réalisent pas ki zot pé kokin zot bann artis. Qui plus est, un CD piraté ne dure pas longtemps", ajoute ce dernier.

"Chaque instance se renvoie la balle !"

En se lançant dans la production, Tony Farla affirme qu'il n'a pas voulu que le piratage freine ses ambitions. Il estime que "le piratage a quelque peu baissé". Tony Farla, dont le label est Soul T Production, préfère parler de l'ensemble de l'industrie du disque. Pour lui, ce secteur doit être renforcé pour assurer la promotion des artistes locaux. "Il faudrait peut-être commencer par voir pourquoi les gens n'achètent plus d'albums comme auparavant. A priori, il n'y a pas assez d'exposure pour nos artistes. Pas suffisamment de concerts. Pas de moyens ou de structures pour qu'ils puissent faire la promotion de leurs albums. Lorsque cet aspect sera résolu, le public sera plus enclin à laisser tomber les CD piratés."

Sur la question du piratage, nos intervenants restent critiques à l'égard des autorités, dont le gouvernement. "Chaque instance se renvoie la balle !", disent-ils.

Du côté de la MASA, l'on assure cependant que chaque doléance est dirigée vers la police, qui intervient à son tour. Ainsi, en février dernier, une palette d'artistes - de Cassiya à Nancy Derougère, en passant par Blakkayo et Alain Ramanissum - avait rapporté le piratage de leurs albums à cette autorité. Entre avril à jeudi dernier, David Ramen, Ras Ricky des Seychelles et Nancy Derougère ont été les seuls à avoir alerté la MASA sur le non-respect de leurs droits d'auteurs.

Entre-temps, la MASA poursuit la formation de la nouvelle équipe d'anti-piratage de la police. Mercredi dernier, 25 d'entre eux ont bénéficié d'une formation sur les principes des droits d'auteur. Dans le milieu artistique, certains ne manquent pas d'ironiser: "Après chaque formation, l'équipe d'anti-piratage change systématiquement"…


DVD-Sandra Mayotte, Live au VIP Club

Après s'être retrouvée quasiment en toute intimité avec des invités privilégiés il y a deux mois au VIP Club, Sandra Mayotte offre ce même instant de bonheur au grand public. En live, dans une ambiance glamour et cabaret, la chanteuse avait repris les titres les plus populaires de son répertoire. Notamment, Makalapo, Mo kontan toi, Lafrik, Ela, La limiere dan lakaz, Mamzel Paula, Kot li finn alé… Pendant un peu plus d'une heure, Sandra Mayotte, pétillante, entourée des musiciens de Gérard Louis, avait enchanté son auditoire.

Le DVD qui est sorti dans le cadre de la Fête des mères est une coproduction Geda Music/DB Vision.


Concert-Flash Musikal, dimanche prochain

Le Groupe Zot Sa, Ton Vié, Ras Poldo, Tico, Fréquence Plus, Ras Mayul, Don Panik, Jahmi et Zeness Ti Rivière seront sur scène en live, dimanche prochain à Grande Rivière Nord-Ouest, dans la cour du Dojo, à partir de 16h.


Festival folklorique-La Bulgarie accueille les Steel Boys Band

Les Steel Boys Band mettront le cap sur la Bulgarie en juillet prochain. Ils y participeront au 10e Festival international folklorique de Veliko Tarnavo. Ce festival de musique folklorique et traditionnelle réunira des participants représentant une quarantaine de pays. La ville bulgare Veliko Tarnavo, qui accueillera nos jeunes ambassadeurs et leur leader, Désiré Saramandif, découvrira des mélodies bien mauriciennes au son des drums. Car le steel drum, originaire des Caraïbes, est un instrument bien particulier. Les instruments des Steel Boys Band sont les seuls disponibles dans la région !


Top 5 2007

Les voitures les plus Moches et Ennuyeuses

Presque chaque semaine ou chaque mois, les constructeurs automobiles mettent un nouveau produit, une nouvelle voiture dotée de dernières technologies et de formes de plus en plus futuristes. L'évolution des formes des carrosseries automobiles, est, par exemple, un des principaux aspects qui attire généralement l'attention au premier abord.

Les silhouettes dynamiques ou les formes aérodynamiques étant très à la mode, les plus grands constructeurs mettent tout le paquet pour séduire leur clientèle, avant de déballer les autres atouts de leur dernier-né, allant de la puissance et la performance du moteur au confort intérieur et l'esthétisme, en passant par les possibilités de personnalisation de sa voiture.

Les salons automobiles organisés à travers la planète présentent presque tous les mois ces nouvelles venues… au grand plaisir des chroniqueurs automobiles, sur le net ou dans la presse écrite ou parlée, et dont les commentaires permettent, dans bien des cas, de voir plus loin que ce qu'on veut nous faire voir. Une fois n'est pas coutume, nous nous sommes intéressés non pas aux rubriques traditionnelles des plus belles ou plus performantes voitures de l'année, mais à celle qu'Autonet, un site québécois, propose: Le Top 5 des voitures les plus moches et les plus ennuyeuses en 2007.

Le chroniqueur, Antoine Joubert, présente et justifie la publication de son hit-parade en ces termes: "Cette semaine, notre Top 5 concerne les voitures les plus moches et les plus ennuyeuses. On ne parle pas ici de laideur, mais de voitures qui se fondent dans tous les types de paysages. Vous savez, lorsqu'une voiture est catégorisée comme voiture de flotte, de curé, ou même de comptable, c'est que l'excitation n'est pas à son meilleur ! Dans ce répertoire, j'ai choisi cette semaine d'exclure tout ce qui se catégorise comme un van ou une fourgonnette. Car entre vous et moi, il aurait été facile d'y intégrer l'ensemble des fourgonnettes, des véhicules souvent appréciés mais qui sont nettement trop rationnels pour être excitants."

Voici les résultats. À vous d'en juger…

5. Kia Magentis

Dérivée de la Sonata, la Magentis de Kia est nouvelle en 2007. Même si le constructeur tente dans ses publicités de nous faire croire qu'elle fait tourner les têtes, la réalité est tout autre. En fait, la Magentis est à ce point générique au niveau de ses lignes que vous pourriez changer de voiture sans même que votre entourage ne s'en rende compte. C'est du classicisme à son meilleur.

4. Toyota Corolla

La Corolla est sur le point d'être entièrement renouvelée, et les nouvelles esquisses nous laissent croire qu'elle continuera sa carrière dans le même sens. Ennuyeuse à mourir, cette voiture est appréciée du public pour ses qualités ultras rationnelles. Elle est fiable, économique, confortable et pas trop chère, mais pour le reste, c'est d'un ennui mortel. À force de la regarder, je dirais même qu'on devient de plus en plus déprimé. Alors, imaginez le sentiment lorsqu'elle est vêtue d'une robe grise ou beige…

3. Chevrolet Malibu

Bon, GM a au moins admis que cette dernière génération de la Malibu était esthétiquement une erreur. Tant en berline qu'en version Maxx, la ligne de cette voiture est d'une désolante insignifiance. On a beau lui affliger des jupes latérales, de grosses jantes et des écussons SS à profusion, la voiture demeure banale, insipide et sans saveur. Le public qui appréciait la précédente génération n'a pour cette raison pas répondu à l'appel du constructeur, qui a dû se raviser rapidement. Et Dieu merci, la prochaine Malibu qui sera avec nous d'ici quelques mois est aussi spectaculaire que belle à regarder. C'est donc dire que GM a corrigé son erreur…

2. Ford Crown Victoria/Mercury Grand Marquis

Sous cette forme, ces voitures sont avec nous depuis 1992. Les a-t-on assez vues ? Oh que oui. Ces grosses barges qui ne se vendent pratiquement plus, sauf auprès des corps policiers, méritent assurément un prix pour leur rapport dimension/discrétion ! Car il faut admettre que ces dernières, qui sont en 2007 les voitures non allongées les plus grosses de l'industrie, passent aussi inaperçues qu'une petite Corolla. Nous savons que pour 2008, ces voitures ne seront plus offertes au public et ne pourront être commandées que par l'entremise de divers parcs automobiles, d'entreprises de taxis et les forces de l'ordre. Mais ça ne change rien à leur mocheté…

1. Ford Five-Hundred

Il faut le faire ! Une voiture moderne si bien conçue, si spacieuse et si confortable, qui doit être reléguée aux oubliettes en raison d'une ligne aussi excitante qu'une assiette de patates pilées ! Qu'est-ce qui s'est passé chez Ford pour que ce design soit approuvé et accepté ? Est-ce que Stevie Wonder était en charge du projet ? Qui sait ? Bref, Ford a lancé une voiture qui aurait pu connaître un franc succès si la ligne n'avait pas été aussi décourageante. Sous peu, cette dernière sera rafraîchie (et rebaptisée Taurus), mais le mal est fait et il faudrait à mon avis plus qu'un simple remodelage pour se débarrasser de cette image…


Cannes 2007

"De l'autre côté" de la Palme…

Ce soir, le rideau va tomber sur Cannes avec la cérémonie de clôture (diffusée sur Canal+) attendue par tous les réalisateurs qui rêvent de Palme. Comme toutes les années, les rumeurs sur la récompense suprême (le Palme d'Or) alimentent les chroniques sur la Croisette. Pour les 60 ans du Festival, le jury va-t-il nous réserver une vraie surprise ?

Le film qui semble avoir la faveur des critiques est celui du cinéaste turco-allemand Fatih Akin avec Hanna Schygulla, la légendaire interprète de Fassbinder. Elle mène le remarquable casting de De l'autre côté, qui mêle comédiens allemands et turcs, et constitue le deuxième volet d'une trilogie entamée avec Head on, couronné d'un Ours d'Or au festival de Berlin en 2004. Dans son cinquième long-métrage, Fatih Akin, né à Hambourg en 1973, montre deux familles, l'une allemande, l'autre turque, rapprochées par le deuil et par leur double culture. Le cinéaste a expliqué que chaque personnage du film reflète à la fois un aspect de sa personnalité et le chemin emprunté par des générations d'immigrants turcs en Allemagne venus occuper des emplois non qualifiés, et dont les enfants font aujourd'hui partie des classes moyennes.

Parmi les autres films cités pour la Palme d'Or ou les autres récompenses importantes (Grand Prix, Prix de la mise en scène et Prix d'interprétation féminine et masculine), relevons 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu, My blueberry Nights de Wong Kar Wai, Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel, Les chansons d'amour de Christophe Honoré, Secret Sunshine de Lee Chang-dong. Verdict , ce soir…

Histoire d'un trophée

Jusqu'en 1954, le Jury du Festival de Cannes décernait un "Grand prix du Festival International du Film" au meilleur réalisateur. Les lauréats de ce Grand Prix se voyaient alors remettre une œuvre d'un artiste contemporain en vogue.

Fin 1954, à l'initiative de Robert Favre

Le Bret, alors Délégué Général, le Conseil d'administration du Festival invite plusieurs joailliers à présenter des projets de palme, en référence aux armoiries de la ville de Cannes. Le dessin original retenu est celui de la créatrice de bijoux Lucienne Lazon. Un trophée est élaboré d'après son dessin, l'extrémité inférieure de la tige coupée en biseau forme un cœur et le socle est une sculpture en terre cuite de Sébastien.

En 1955, la première Palme d'or de l'histoire du Festival est attribuée à Delbert Mann pour son film Marty.

De 1964 à 1974, le Festival revient temporairement à la formule du Grand Prix.

En 1975, la Palme d'or est remise à l'honneur et devient le symbole durable du Festival de Cannes. Attribuée chaque année depuis lors au réalisateur du meilleur long métrage de la compétition officielle, elle est le dernier prix proclamé lors du Palmarès, par ordre d'importance croissante. Elle est remise dans un écrin de maroquin rouge pleine peau, capitonné de daim blanc.

Au début des années 80, la forme arrondie du socle qui supporte la Palme se transforme progressivement pour devenir pyramidale en 1984.

En 1992, Thierry de Bourqueney redessine la Palme et son socle, désormais en cristal taillé main.

En 1997, la Palme est modernisée par Caroline Scheufele, présidente du joaillier suisse Chopard qui fournit chaque année gracieusement le trophée. La Palme, en or 24 carats, est coulée à la main dans un moule en cire, puis fixé sur un coussin de cristal taillé et unique. Elle est aujourd'hui présentée dans un écrin de maroquin bleu.

Depuis sa création, la Palme d'or n'a été décernée qu'une seule fois à une femme: la Néo-Zélandaise Jane Campion, pour La Leçon de piano en 1993.

À l'occasion du cinquantième anniversaire du Festival, en 1997, une "Palme des Palmes" est attribuée à Ingmar Bergman et remise en son absence à sa fille, Linn Ulmann, en présence de vingt-huit autres détenteurs du trophée.

À la date d'aujourd'hui, seuls cinq réalisateurs font partie du cercle envié des "double-palmés": Francis Coppola, Shoei Imamura, Bille August, Emir Kusturica et les frères Dardenne. Qui sera le prochain ?

Les films en compétition en 2007

4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS réalisé par Cristian MUNGIU

ALEXANDRA réalisé par Alexander SOKUROV

DE L'AUTRE COTÉ réalisé par Fatih AKIN

BOULEVARD DE LA MORT - UN FILM GRINDHOUSE réalisé par Quentin TARANTINO

IMPORT EXPORT réalisé par Ulrich SEIDL

LE BANNISSEMENT réalisé par Andreï ZVIAGUINTSEV

LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON réalisé par Julian SCHNABEL

LES CHANSONS D'AMOUR réalisé par Christophe HONORÉ

LA FORÊT DE MOGARI réalisé par Naomi KAWASE

MY BLUEBERRY NIGHTS réalisé par WONG Kar Wai

NO COUNTRY FOR OLD MEN réalisé par Joel COEN et Ethan COEN

PARANOID PARK réalisé par Gus VAN SANT

PERSEPOLIS réalisé par Marjane SATRAPI et Vincent PARONNAUD

PROMETS-MOI réalisé par Emir KUSTURICA

SECRET SUNSHINE réalisé par LEE Chang-dong

SOUFFLE réalisé par KIM Ki-duk

LUMIÈRE SILENCIEUSE réalisé par Carlos REYGADAS

TEHILIM réalisé par Raphaël NADJARI

L'HOMME DE LONDRES réalisé par Béla TARR

UNE VIEILLE MAÎTRESSE réalisé par Catherine BREILLAT

LA NUIT NOUS APPARTIENT réalisé par James GRAY

ZODIAC réalisé par David FINCHER


À partir du 30 mai

Pirates des Caraïbes 3

Un film américain de Gore Verbinski

avec Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley, Keith Richards…

Durée: 2h50

Avant Spiderman 3, voici Pirates des Caraïbes, troisième du nom, qui accoste nos contrées à partir de ce mercredi 30 mai dans les salles de l'ABC de Rose-Hill. Rappelez-vous, nous les avions quittés avec Sparrow dans la gueule du Kraken et Davey Jones en esclave de Beckett…

Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde est la suite de Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit, qui avait attiré près de 6,5 millions de spectateurs en France à sa sortie. Devant l'incroyable succès des deux premiers opus de la saga, le producteur Jerry Bruckheimer confie: "Un tel succès est finalement assez effrayant. On ne le réalise jamais vraiment…"

Ce 3e volet a été réalisé en même temps que Le secret du coffre maudit: les acteurs ont ainsi tourné deux films en un, afin de tirer pleinement parti des lieux de tournage, des décors et de la disponibilité des stars.

L'histoire est la suivante: L'âge d'or de la piraterie touche à sa fin. Même le terrifiant Vaisseau Fantôme et son capitaine maudit Davy Jones servent à présent Lord Cutler Beckett et la Compagnie anglaise des Indes Orientales. L'invincible Hollandais Volant écume désormais les sept mers, massacrant sans pitié pirates de tous bords et sabordant leurs navires.

Will Turner, Elizabeth Swann et le capitaine Barbossa n'ont qu'une seule chance de résister à Beckett et à son armada destructrice: ils doivent rassembler les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, mais l'un des membres les plus éminents, le capitaine Jack Sparrow, manque à l'appel. Will, Elizabeth et Barbossa, secondés par Tia Dalma, Pintel et Ragetti, doivent faire voile vers des mers orientales inconnues, pour affronter un pirate chinois, le capitaine Sao Feng, et s'emparer des cartes qui les conduiront au-delà des limites du monde connu, là où Jack est retenu…


Aux fourneaux pour maman !

Aujourd'hui, c'est la fête des mères et ce seront eux les Chefs en cuisine ! Beemul, 17 ans; Richa, 16 ans; Santana, Ursula, Sheena et Harsha, 18 ans; sont des élèves du Dayanand Anglo Vedic College de Port-Louis. Et même si Beemul est le seul garçon en classe de Food and Nutrition, il n'en a pas fait un complexe !

Cette matière est un premier pas vers une spécialisation en nutrition ou en cuisine. "Je voudrais bien être Chef", lance Santana. Et pourquoi pas ? Car elles ne courent pas les… cuisines, les femmes chefs ! Entre-temps, c'est sous l'œil vigilant de sa prof, Madvi Koonjul, qu'elle apprend les bases de la cuisine.

Pour faire plaisir à sa mère qui est cuisinière, Santana lui concoctera des lasagnes et un soufflé au chocolat pour le dessert. Tandis que Beemul lui fera son gâteau préféré, une génoise et aussi des croquettes de fromage.

La génoise, c'est aussi la spécialité de Sheena. La sienne, aujourd'hui, sera au chocolat. Auparavant, au déjeuner, une pizza hawaïenne sera à l'honneur.

Richa surprendra sa mère avec une pizza spécialement préparée pour elle. De son côté, Harsha fera un riz frit à sa façon. Alors qu'Ursula, qui a livré sa recette de cornish pastry, en fera pour sa mère. Et comme cette dernière est friande des douceurs que lui prépare sa fille, elle aura aussi droit à des brownies au chocolat.

C'est dans une classe bien équipée que les élèves du DAV College font leur apprentissage de Food and Nutrition. Cette matière, coûteuse, n'attire qu'une vingtaine d'élèves pour les classes de SC et HSC, dont la plupart réussissent aux examens de fin d'année

Rissoles au poulet

Ingrédients: 450 g de poulet déjà prêt à l'emploi, de la mie (émiettée) de pain blanc et brun, 1 c. à café de jus de citron, deux œufs, de l'huile pour la friture, du sel et du poivre.

Préparation: Hacher le poulet finement et mélanger avec de la mie de pain blanc. Assaisonner, avant d'ajouter le jus de citron et un œuf entier. Bien mélanger jusqu'à ce que la préparation devienne lisse. Diviser en portions et donner des formes (par exemple, en quenelles). Dans un bol, battre un œuf légèrement. Y tremper le poulet avant de passer dans la mie, émiettée, de pain brun. Procéder en deux fois. Frire dans de l'huile très chaude.

Croquettes de fromage au piment

Ingrédients: 200 g de fromage râpé, 1 œuf, 1 piment vert, 1 c. à soupe de cumin en poudre, 1 c. à soupe de feuilles de cotomili hachées, 1 oignon, 2 c. à soupe de farine, du sel, 250 ml d'huile de friture.

Préparation: Battre l'œuf légèrement et mélanger avec le fromage râpé. Y ajouter le piment coupé finement, le cumin, l'oignon émincé et le sel. Mélanger le tout. Faire de petites boules et frire jusqu'à ce qu'elles deviennent dorées.

Cornish pastry

Ingrédients pour le pâté: 250 g de farine, une pincée de sel, 100 g de margarine, un peu d'eau froide et un œuf légèrement battu.

Ingrédients pour la farce: 225 g de poulet (ou viande) prêt à l'emploi ou une viande au choix, 1 oignon, 50 g de maïs en grain, 50 g de champignon, 50 g de carotte, 2 c. à soupe d'huile, du sel et du poivre.

Préparation pour le pâté: Mélanger tous les ingrédients avec le bout des doigts avant d'en faire une pâte. Pétrir et garder au frais.

Pour la Farce: Couper le poulet en cubes, saler et poivrer. Émincer l'oignon et les champignons. Couper la carotte en cubes. Chauffer l'huile. Faire revenir l'oignon, le poulet et les cubes de carottes pendant quelques minutes. Retirer la pâte du réfrigérateur et la diviser en quatre. Abaisser. Faire des cercles de 15 cm. Mettre la farce au milieu de la pâte et ramener les bords sur la farce en les pressant. Dorer avec l'œuf battu. Placer les pâtés sur une plaque graissée et passer au four, à 190°C, durant 15 minutes.

Pizza au poulet et aux champignons

Ingrédients: 250 g de farine, 2 c. à café de levure, 1 c.à café de sel, 1 c. à café de sucre, 1 c. à café d'huile, 150 ml d'eau tiède, 2-3 c. à café de ketchup, 50 g de champignons coupés en lamelles, 50 g de grains de maïs, 1 oignon, 125 g de poulet coupés en petits morceaux, poivre, 5-6 rondelles de tomates et 250 g de mozzarella râpées.

Préparation: Tamiser la farine, y ajouter le sel, la levure, le sucre et l'huile. Bien mélanger. Ajouter l'eau. Pétrir jusqu'à l'obtention d'une pâte lisse. Laisser reposer et pousser. Frire l'oignon émincé, ajouter le poulet, remuer et laisser mijoter sur feu doux. Assaisonner et retirer hors du feu. Abaisser la pâte et placer dans un moule à pizza. Badigeonner la pâte de ketchup, y étaler le poulet et l'oignon frit. Placer les rondelles de tomates et parsemer de fromage. Enfourner (220°C) pendant 20 minutes.

Rock cakes

Ingrédients: 300 g de farine, 100 g de beurre, 100 g de sucre, 100 g de fruits secs, 1 œuf, 1 c. à café de sel, 1 c. à café de poudre levante, 1 c. à café de noix de muscade moulue, 1 c. à café de lait en poudre.

Préparation: Mélanger la farine tamisée, le sel et la poudre levante. Mélanger le beurre et la farine avec le bout des doigts sans en faire une pâte. Ajouter les fruits, le sucre et la noix de muscade moulue. Mélanger à l'aide d'une fourchette. Battre légèrement l'œuf et le lait. Verser dans le mélange et bien remuer. Former des boules et en faire des rochers. Enfourner à température modérée pendant 15-20 minutes.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 27 mai 2007