m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 13 mai 2007



Immersion en pleine nature - Domaine de l'Anse Jonchée: L'invitation au voyage vert…
Dernière conférence, hier, de Paul Bérenger sur la période 68/82 - "Responsabilité partagée du PTr et du PMSD devant l'histoire du renvoi des élections de 72"
La Nauscopie, un radar humain ?
Le spectre du Pouce !
146e anniversaire de la naissance d'un grand poète - Rabindranath Tagore, berger de la paix et de la tolérance
Du 15 au 19 mai au CCB - Les détenus s'expriment
Finale de Aqueedat ke phool, vendredi à Pailles - Mohamad Faezal Mohun et Mohamadally Asrar Soobratty consacrés


Immersion en pleine nature

Domaine de l'Anse Jonchée: L'invitation au voyage vert…

On l'a longtemps connu comme le Domaine du Chasseur. Après un rachat l'an dernier, il est aujourd'hui devenu Le Domaine de l'Anse Jonchée, du nom de la localité qui l'abrite. Nouveau propriétaire, nouvelle gestion, nouvelle philosophie: celle de réhabiliter ce vaste et magnifique espace dans une vocation véritablement "verte". Et d'inciter davantage de Mauriciens à venir faire l'expérience privilégiée d'une immersion en pleine nature, au creux d'une vallée ouvrant sur une vue spectaculaire de la mer du sud-est. Randonnées en toute liberté, déjeuner au restaurant panoramique, séjour dans les lodges: à partir de dimanche prochain, les Mauriciens sont conviés à en prendre pleinement avantage. Une opportunité rare, et pour une fois peu chère…

Un sentiment inédit d'harmonie, de sérénité, de contact privilégié avec la nature dans ce qu'elle a à la fois de plus permanent et de plus changeant. C'est ce que procure une incursion au Domaine de l'Anse Jonchée.

Le lieu, en soi, n'est pas nouveau. Jusqu'à très récemment, il était connu comme le Domaine du Chasseur, créé par Alan O'Reilly, volontiers présenté comme un des précurseurs de l'éco-tourisme à Maurice. Mais des problèmes financiers avaient entraîné, au cours de ces dernières années, une lente et inexorable décrépitude des lieux. Mis en receivership en juillet 2006, le Domaine a finalement été racheté par Raymond Boulle. Homme d'affaires d'origine mauricienne ayant fait fortune à l'étranger et qui montre depuis quelque temps un intérêt pour des investissements à Maurice. Avec sa société, il a ainsi acquis les 143 arpents de terres en toute propriété qui constituaient le Domaine du Chasseur, mais aussi le Domaine de l'Ylang Ylang et quelques terres privées avoisinantes. Sans oublier les bords montagneux obtenus en leasehold de l'État.

Tout cela constitue un magnifique ensemble, soit une vallée au riche relief, dont les courbes généreuses abritent une verdure luxuriante, et les crêtes offrent des vues imprenables sur la côte sud-est.

Un lieu exceptionnel, où un projet IRS du nom d'Eden Mauritius est envisagé. "Mais cela, c'est pour un deuxième temps", explique Fabrice Salaün, Project Coordinator. "Pour le moment, nous en sommes encore au stade de la réflexion et des consultations sur la forme que cela va prendre. Et dans l'intervalle, nous avons voulu redonner ses lettres de noblesse à l'aspect nature, réhabiliter le Domaine et l'ouvrir pleinement aux Mauriciens".

Cet aspect a été confié à un nouvel estate manager en la personne d'Alain Langlois. Celui-là même qui, pendant des années, a été surtout connu par rapport à des activités de pêche sur St Brandon. Et si l'on peut s'étonner de voir avec quelle facilité le loup de mer s'est transformé en homme des bois, il se révèle immédiatement dans son élément au sein de cette vallée.

"Depuis quelques mois, nous nous sommes attelés à nettoyer, à baliser les sentiers, à rehausser les aménagements existants, à remodeler l'ensemble du Domaine qui a été développé en phases fragmentaires, pour redonner à l'ensemble une cohérence, surtout par rapport à son aspect "vert" que nous voulons promouvoir", explique Alain Langlois.

"Très souvent, à Maurice, on vend comme vert ce qui ne l'est pas réellement, seulement parce que c'est dans la nature, alors qu'on y met des quads qui polluent et font un bruit infernal. Le nouveau Domaine va beaucoup plus loin que cela", fait ressortir Sandra O'Reilly, consultante en communication. Elle, qui voue un attachement particulier à ce lieu qui lui a permis de se ressourcer, se dit heureuse de constater que la Vallée semble enfin reprendre pleinement ses droits naturels.

"Tout ce qui s'appelle protection de la nature est un gouffre financier", souligne de son côté Alain Langlois. "Mais nous avons la chance d'avoir un nouveau propriétaire qui semble vouloir donner le temps à la mise en valeur naturelle du site". Ce qui, de l'avis de certains, ne serait pas étranger à l'engagement de son épouse au niveau du financement des activités de la World Wildlife Foundation.

De fait, si divers travaux sont encore programmés au fil des mois à venir, le Domaine de l'Anse Jonchée s'apprête, à partir de dimanche prochain, à s'ouvrir pleinement aux touristes mais aussi aux Mauriciens.

"Nous voulons vraiment dire aux gens de venir prendre avantage de ce que leur pays peut leur offrir de plus beau", insiste Sandra O'Reilly. Comme pour reprendre L'Invitation au Voyage de Baudelaire, une balade au Domaine de l'Anse Jonchée se présente en effet comme une incursion privilégiée au cœur de la poésie du monde. Là, le luxe n'est pas dans les aménagements, rustiques à souhait, mais dans la nature. Et le sentiment d'espace. Le relief vallonné du lieu donne en permanence la possibilité au promeneur de se retrouver au cœur d'une riche végétation tout en ouvrant au regard des étendues qui semblent dépasser l'horizon. Là s'offre un impressionnant camaïeu de couleurs, déclinant les plus subtiles teintes de vert sur terre et les plus intenses dégradés de bleu de mer.

Quatre sentiers de randonnée, aussi appelés parcours de santé, ont été balisés, où l'on peut déambuler à loisir, à son rythme, l'accompagnement par un guide étant facultatif. Avant ou après la balade, le restaurant permet, tout en jouissant de la magnifique vue sur l'île du Phare, de déjeuner d'un carri de cerf, de sanglier rôti, mais aussi de poisson, de légumes braisés, voire d'un bol renversé, dans un cadre convivial où l'on peut assister, voire participer, à la préparation des gâteaux piments ou faratas. Et laisser ses miettes à la gourmandise du merle cuisinier, oiseau endémique qui vient picorer sur les tables. Ça et là, des cerfs et des biches s'offrent au regard, voire à la caresse.

Ceux qui désireraient rester au Domaine peuvent louer l'un des lodges tout en bois aménagés dans le Ti Vilaz et y passer la nuit, bercés par le seul bruit du feuillage dans le vent ou des biches à l'aube. Le réaménagement de deux lodges familiaux pour les Mauriciens est aussi en cours.

Mais cette ouverture ne risque-t-elle pas d'être de courte durée, vu les projets de développement IRS sur le site ? "Le Domaine est grand, et pour nous, il n'est pas forcément incompatible d'ouvrir aux Mauriciens et d'aménager des villas sur des points de vue spécifiques. Nous verrons comment les choses vont évoluer", dit Alain Langlois. Autant donc en profiter pendant qu'il est temps…


Comment y aller

Le Domaine de l'Anse Jonchée est signalé par des panneaux à mi-chemin de la route qui mène de Vieux Grand Port vers Trou d'Eau Douce. Une région qui sera plus rapidement accessible d'ici quelques semaines, avec la mise en service du tronçon d'autoroute reliant l'aéroport à Ferney.

Des tarifs mauriciens

Ceux qui veulent passer la journée au Domaine de l'Anse Jonchée en prenant uniquement avantage de ses divers circuits de randonnée peuvent le faire pour Rs 100.

L'ensemble du domaine est accessible gratuitement pour ceux qui viennent déjeuner au restaurant, où une carte aux prix "spécialement mauriciens" est proposée, allant de Rs 90 à Rs 800.

Enfin, la nuit dans un lodge est facturée à Rs 2 500 + TVA pour deux personnes, petit-déjeuner inclus.


Dernière conférence, hier, de Paul Bérenger sur la période 68/82

"Responsabilité partagée du PTr et du PMSD devant l'histoire du renvoi des élections de 72"

"Le Parti Travailliste et le PMSD se sont partagés devant l'histoire la responsabilité du revoi des élections qui étaient dues en 72". C'est ce qu'a déclaré, hier, Paul Bérenger qui tenait, devant une salle des Fêtes du Plaza, comble, sa huitième et dernière conférence sur l'histoire consacrée à la période 68/82 qu'il a choisi de décrire comme "les années de braise et de transition". C'est après avoir cité de nombreux faits et les propres déclarations publiques de l'époque tant de Seewoosagur Ramgoolam que de Gaëtan Duval qu'il est arrivé à cette conclusion, chacun, comme on le sait, ayant, par la suite, rejeté la responsabilité de cette décision sur l'autre. Précisant aussi, au passage, qu'elle est intervenue avant la naissance du MMM en 69.

Le leader du MMM a commencé par 68 année de l'indépendance qui s'est déroulée sous l'état d'urgence et celle aussi du début des tractations pour une coalition entre le PTr et le PMSD, qui s'étaient opposés lors des élections du 7 août 67. Il parle même d'une déclaration faite par Gaëtan Duval le 11 novembre 69 qui indiquait que les pourparlers avec le PTr avaient "commencé bien avant les élections".

C'est alors l'existence du club des étudiants qui deviendra le Club des étudiants militants puis du MMM en septembre 69. Paul Bérenger dit que l'expression "militant" va, dès lors, entrer dans le vocabulaire. De 69 à 72, c'est le règne des tapeurs, de la répression, rappelle-t-il, en rappelant l'anecdote de l'estrade qui s'écroule à Curepipe alors que SSR et SGD tenaient un rassemblement dans le cadre des municipales de mars 69, avec un arrangement entre les deux partis de ne pas mettre de candidats là où il y avait un de l'autre formation.

Il poursuit en rappelant les conditions extrêmement répressives dans lesquelles le MMM a commencé son combat, des manifestations organisées et de sa "première expérience du cachot" le 14 septembre 69. Paul Bérenger rappellera qu'à sa naissance, le MMM était un "parti très radical, très idéaliste, inspiré de l'histoire, de l'esclavage, de Frantz Fanon, du tiers-mondisme, de mai 68 et qui rejetait le communisme officiel des pays de l'Est".

Foncièrement anti-communaliste, le MMM avait, souligne-t-il aussi, décidé que "la lutte des classes allait remplacer la lutte des races". Il était aussi question alors de "démocratie directe" et de la valorisation de la langue créole. Les tractations entre le PTr et le PMSD allaient toujours bon train au point où le Dr Forget écrivait, dans l'Express que "ses hommes sont dangereux". Toujours est-il que le 18 novembre 69, la constitution est amendée avec un vote de plus de trois quarts, 59 pour, 7 non pour renvoyer les élections de 72 à plus tard, les élections du 7 août 67 étant biffées par un autre date celle du 31 juillet 71.

C'est unique au monde, a commenté, le leader du MMM qui fait état de la réaction de Sookdeo Bissoodoyal qui, au Parlement même, s'exclame "it's the blackest of days in the history of Mauritius". C'est l'époque des tapeurs, de la répression et du boycott de Week-End.

Puis, vient la partielle de septembre 70 à Pamplemousses pour remplacer Lall Jugnauth de l'IFB et de grands débats ont lieu au MMM sur le candidat qui y briguera les suffrages. La poire est coupée en deux, ni Paul Bérenger, c'est aller trop loin ni Heeralall Bhugaloo, c'est trop céder à la réalité communale mais Dev Virahsawmy.

Le juge Ramphul "un grand dimoune"

Après la victoire du candidat MMM avec 72% des voix, il y a des manifestations et c'est à Paul Bérenger que la police fait appel pour un coup de main en vue de ramener le calme. Au MMM, dit-il, il y a deux tendances, celle dite pouvoiriste dopée par l'élection de Pamplemousses et, l'autre, qui prône la poursuite de la formation.

La coalition PTr/PMSD, elle s'enfonce un peu plus dans la répression et fait voter, le 23 décembre 70, le Public Order Act, une "loi dictatoriale" comme décrite par Le Mauricien. L'année suivante sera vraiment celle de braise, avec la pétition anti-Banda, président malawite en visite en janvier et qui soutenait le régime d'apartheid en Afrique du sud, qui provoquera la suspension des fonctionnaires Zeel Peerun et Ahmed Peerally, avec les grèves causées par le gel des salaires, l'assassinat d'Azor Adelaïde, la mort "accidentelle" de Fareed Muttur et la naissance de nouvelles fédérations syndicales.

Paul Bérenger a cité des notes personnelles prises à cette époque et qu'il a retrouvé sur les négociations entre SSR et lui et les travailleurs du port qui avaient débrayé après l'assassinat d'Azor. Toute l'année 71 sera mouvementée et c'est le Juge Ramphul, un "grand dimoune", dit le leader du MMM, qui vient rétablir les travailleurs dans leurs droits. En dépit des briseurs de grève menée par Gaëtan Duval et un dénommé "Turquie".

S'il garde une chose en mémoire de cette période, c'est la "légèreté" avec laquelle Seewoosagur Ramgoolam avait pris l'assassinat d'Azor qui lui avait lancé "si zot ti envi touye ou zot pa ti pou raté !". Il a cité aussi les propos d'un des condamnés dans cette affaire, Paul Sarah, qui avait dit, le 24 novembre 85, que lui, est ses amis, "n'avaient pas reçu d'ordre pour abattre Azor mais le MMM". Interrogé sur les circonstances de cette mort tragique, il dira qu'elle est entachée de zones d'ombre qu'il préfère "laisser dans l'ombre".

Paul Bérenger passe rapidement sur la période 72/75, évoque son arrestation avec d'autres camarades et leur incarcération de mars à décembre 72. Il y a une première scission au MMM en 73 , Dev Virahsawmy estimant qu'il y a un embourgeoisement, va créer le MMM Socialiste Progressiste. Plus tard, cette même formation subira la même critique. C'est aussi l'année du vote de l'Industrial Relations Act.

En 74/ 75, des démarches sont initiées en vue de la constitution d'un front commun pour réclamer des élections générales et mai 75, c'est la révolte estudiantine qui réclame une éducation gratuite pour tous mais aussi la décommunalisation, la décolonisation et l'enseignement de l'histoire de Maurice. Le 16 décembre 75, le vote à 18 est introduit et l'éducation gratuite une année plus tard.

Éclairage sur la… chaussette

Le PMSD qui avait quitté le gouvernement se joint aussi à ceux qui réclament des élections. Sur l'affaire des chaussettes, répondant à une question, Paul Bérenger a dit que c'est Duval qui aurait raconté l'histoire au dîner auquel il participait après l'avoir rencontré. Selon ce qu'en dit le leader du MMM, son homologue du PMSD était venu habillé en complet veston sombre pour l'occasion mais qu'il portait des chaussettes colorées sur lesquelles il avait attiré son attention. Il lui a alors refilé des chaussettes noires plus assorties à ce qu'il portait ce soir-là.

Aux élections de 76, avec Anerood Jugnauth, le MMM remporte 34 sièges, le PTr 28 et le PMSD 8. Il y a bien des pourparlers de part et d'autre mais ne voulant pas sacrifier son premier ministrable, SAJ, le MMM va dans l'opposition faire son apprentissage parlementaire pendant que le PTr et le PMSD forment une nouvelle coalition gouvernementale.

Sur la mutinerie de 79 à la prison de Beau-Bassin, alors que c'est Sir Satcam Boolell qui est le Premier ministre par intérim, Paul Bérenger dira avoir répondu à son appel pour que le calme et l'ordre soient rétablis. Il y a aussi les affaires Singhania et Sheik Hossen. Sur cette dernière affaire, il a admis comme à l'époque avoir commis une erreur.

Puis, c'est l'histoire, plus récente, des dévaluations de la roupie, de 30% en 79 et de 20% en 81, de la contestation de la bande à Boodhoo et l'alliance MMM/PSM, le nouveau parti de Harish. Il y a une autre estrade travailliste qui s'écroule le 12 mars à Belel Rive, les grossiers documents libyens fabriqués sortis par les travaillistes à la veille des élections de 82 qui ont un effet boomerang

Le résultat aux élections du 11 juin 82 est sans appel, 60/0 pour l'alliance MMM/PSM avec 63% des voix contre le PAN, le parti de l'alliance nationale composée du PTr, du RPL et de groupe Éliézer Francois avec 25%. La plus grande foule jamais réunie se donnera rendez-vous le 20 juin suivant au Champ de Mars pour célébrer la fin d'une époque.

À l'heure des questions sur le choix de présenter un tel ou un tel comme Premier ministre, le leader du MMM a reconnu que son parti a pêché tantôt par "excès de réalisme et tantôt par excès d'idéalisme" mais qu'il s'en tenait à son principe de ne pas être "wise after the event", les décisions étant arrêtées en fonctions de circonstances de l'époque mais qu'il y a aussi des leçons à tirer de tout ce qui s'est passé.


La Nauscopie, un radar humain ?

L'île Maurice, au cours de son histoire, a connu bien d'étranges événements et de biens curieux personnages, mais le cas d'Etienne Bottineau, qu'on a largement oublié aujourd'hui, vaut certainement la peine d'être raconté.

Etienne Bottineau naquit à Champtoceaux (Maine et Loire, France) en 1739. Il était fils de laboureur et partit encore jeune pour Nantes où il s'embarqua. Pendant ses voyages en mer, il acquit l'habitude de scruter l'horizon et pensa avoir trouvé un moyen de détecter à distance la présence de navires. Il arrive à Maurice (alors île de France) en 1763 et obtient un emploi dans les travaux publics.

Comme il loge à Port-Louis, il continue ses observations, du haut de la Montagne des Signaux et, à partir de 1770, commence à faire ses premières annonces en public pour indiquer l'arrivée de vaisseaux, deux ou trois jours à l'avance. Il fait des paris et gagne quelque argent, car ses prédictions s'avèrent justes, le plus souvent.

Un sans-faute

Mais Bottineau semble avoir un caractère difficile et se fait des ennemis dans l'Administration. En 1779, il est exilé par La Brillane, à Madagascar où il séjourne 3 mois. En 1780, il a acquis suffisamment d'expérience pour être sûr de sa science et il informe le gouvernement local de sa découverte, ainsi que le ministre de la Marine, le Marquis de Castries, à Paris. Pour vérifier ses prédictions, on lui demande de les faire enregistrer pendant une période de 8 mois, à partir du 15 mai 1782. C'est bientôt chose faite, avec la venue de 155 navires annoncés en 62 occasions. Bottineau parle d'un sans-faute, mais dans une lettre des Administrateurs de l'île de France, du 28 février 1784, signé du Gouverneur, le Vicomte de Souillac et de l'Intendant Marc Chevreau de Montléhu, de Castries, on est plus prudent:

"En général, il paraît que le Sieur Bottineau a le plus souvent rencontré juste"… "Nous ne croyons pas que son utilité soit aussi importante que le Sieur Bottineau se le persuade, mais elle pourrait peut-être jeter un grand jour dans la Physique".

Bottineau, auquel l'Administration avait offert, pour acheter son invention, 10 000 livres d'argent comptant et une pension à vie de 1 200 livres, juge cette offre insuffisante et part pour Paris, en février 1784, avec peu d'argent en poche mais par contre 4 certificats, dont un du Procureur du Roi et un autre du Commissaire de la Marine, qui font foi de la justesse de ses prédictions.

À Paris, dans cette période prérévolutionnaire, on écoute peu Bottineau, malgré l'appui, assez tiède il est vrai, de Jean Paul Marat. Des journaux, comme le Mercure de France, se moquent de lui et il publie, en réfutation, un ouvrage qui décrit son invention, sans toutefois donner trop de précisions qui la rendraient à la portée de tout le monde et diminueraient sa valeur marchande.

Un radar humain

Essayons de résumer les principaux points du mémoire sur la Nauscopie, ainsi que l'intitule Bottineau:

1. La Nauscopie est l'art de connaître l'approche des vaisseaux, ou le voisinage des terres, à une distance très considérable, de l'ordre de 700 km et plus.

2. Cette connaissance résulte de l'observation de l'horizon qui porte avec lui les signes indicatifs de l'approche des vaisseaux ou des terres.

3. Bottineau pense que le vaisseau, en se déplaçant sur mer, produit un effet atmosphérique nuageux qui est retardé par les vents debout et accéléré par les vents arrières. La science de la Nauscopie est l'interprétation de ces phénomènes, ce qui ne demande qu'une vision normale et non une acuité visuelle extraordinaire.

4. Le phénomène se développe progressivement: les formes se précisent, les couleurs prennent un certain ton, le volume acquiert de la consistance et l'on peut alors annoncer avec assurance la présence d'un ou de plusieurs navires.

5. La découverte d'un satellite nébuleux, compagnon de voyage du vaisseau et le précédant de plusieurs journées, permet à l'initié d'estimer le temps d'arrivée avec exactitude. La masse nébuleuse augmente d'importance avec le nombre de vaisseaux et permet une estimation de ce nombre à l'initié: un seul, quelques, plusieurs, beaucoup.

Les résultats obtenus par Bottineau, en pratique, sont trop nombreux pour qu'on puisse parler de chance ou de hasard. Par son entraînement prolongé, l'inventeur était capable de déceler à l'horizon des signes, probablement ténus, mais suffisamment caractéristiques pour permettre son diagnostic.

Toujours secret

Il est certain que beaucoup de personnes à Maurice ont dû essayer de découvrir le secret de Bottineau et s'ils n'ont pas réussi, c'est que le phénomène ne sautait pas aux yeux et demandait un certain entraînement, et surtout savoir quoi regarder.

Bottineau revint à Maurice en 1793, désabusé et aigri. Il continua ses annonces et eut deux adeptes enthousiastes en Messieurs Feillafé et Duperrel. Feillaffé ayant annoncé la présence de l'escadre anglaise à Rodrigues en 1810, ce qui n'était pas pour remonter le moral de la population, fut mis en prison par Decaen, et relâché par les Anglais bien après la capitulation.

Bottineau mourut à Maurice, à Port-Louis, le 17 mai 1813, emportant dans sa tombe son secret de radar humain. À ce jour, nous ne connaissons pas d'explication scientifique à la Nauscopie. Il faudrait peut-être, pour amorcer cette solution, faire une longue série de photographies en couleurs de l'horizon, prise de la Montagne des Signaux, afin de déceler ces faibles signes nuageux qui guidaient Bottineau.

Cela devrait intéresser des écologistes, toujours soucieux de démontrer l'avantage de l'homme sur la machine. On dit que Lord Mountbatten, quelques années avant sa mort, s'était intéressé à ce problème de Nauscopie.

Comme l'histoire est souvent un éternel recommencement, il faut noter que, en 1980, mourut au Transvaal, la reine Modjaji IV de la tribu des Vhalevedu. Elle pouvait prédire la pluie à plusieurs jours d'avance, grâce probablement à une interprétation subtile de phénomènes nuageux. Il faut peut-être voir dans cette "reine de la pluie", comme on l'appelait, une dernière émule de Bottineau.


Le spectre du Pouce !

Le 28 mai 1890 parut dans les Archives Coloniales, sous la rubrique "Maurice-Réunion-Madagascar", une lettre ayant pour titre "Le spectre du Pouce". Adressée par M. Edouard Doyen, cette lettre avait été déjà publiée dans le dernier bulletin de la Société des Sciences et des Arts de l'île de la Réunion, deux ans auparavant, et faisait état d'un phénomène ayant, apparemment, quelque lien avec la "Nauscopie". Pour expliquer ce qu'est la "Nauscopie", la page d'histoire de Week-End reproduit également plus loin, une intéressante et hallucinante chronique publiée à ce sujet par Maurice Paturau dans le bulletin no. 188 (septembre 1984) du défunt Bureau des Relations publiques de l'industrie sucrière (PROSI). Mais, revenons à notre fameux Spectre du Pouce…

Selon Edouard Doyen, des membres de la Société des Arts et des Sciences de Saint Denis étaient en visite à Maurice de juillet à septembre 1888 lorsqu'ils ont assisté à un curieux phénomène sur la montagne du Pouce. M. Doyen donne d'abord une description topographique de cette montagne de la chaîne de Moka telle qu'elle était à l'époque, laquelle description, on le notera, n'a d'ailleurs pas beaucoup changé.

Doyen écrit: "Le Pouce, situé au Nord-Est de Port-Louis, s'élève derrière le Champ de Mars. On arrive jusqu'au plateau, au-dessus du Pic, par un chemin, ou plutôt un chantier abrupt, parfois d'une montée raide et rocailleuse, plus ou moins entravée par des grosses pierres, qui rendent la marche très fatigante, souvent dangereuse. La descente surtout, comme on doit le penser, est encore, en bien des endroits, plus dangereuse que l'ascension. Le plateau, où le gouverneur Labourdonnais avait eu l'intention de construire un fort, dont les abords eussent été protégés par une ligne de retranchement et d'autres ouvrages, faisant, du tout, un camp retranché dans une assiette formidable, offre une surface d'environ deux cents arpents, couverte d'arbres et d'arbrisseaux, principalement de Bois Noirs, de Mimosas, de Cassis, de Bois d'oiseaux et de Sureaux. Il y règne ordinairement un vent violent, soufflant du Nord, et les brouillards y sont particulièrement en juin et juillet, souvent si épais, qu'il est impossible de se voir même en plein jour, à quatre ou cinq pas. Un petit ruisseau prend là sa source et descend jusqu'à la ville." (NDLR: le ruisseau du Pouce).

"Le Pic, exactement de la forme d'un pouce humain, semble s'élever à la hauteur d'environ vingt-cinq à trente pieds, au-dessus du plateau. Il est d'un accès facile, sauf pour trois ou quatre pas, au milieu de la montée où, entre deux précipices d'une profondeur vertigineuse, de 265 pieds, le touriste n'a pour point d'appui que quelques arbres plantés autour du cône, et pour aider ses mains, que quelques herbes plus ou moins fortement enracinés. Le Pic offre tous les caractères d'un volcan éteint. Partout la pierre est calcinée, ferrugineuse, en un mot on ne voit que laves et scories."

"Le sommet du Pic, de forme ovale, présente à son milieu un creux qui semble avoir été l'ouverture du cratère, il est de terre glaise, et actuellement de dix pouces de largeur. Le plus souvent, particulièrement de juin à septembre, ce pic est enveloppé de brouillards, et le touriste y est alors le spectateur d'un phénomène à peu près semblable à celui qui a lieu sur la montagne de Brocken, en Allemagne, et que l'on peut attribuer à un effet de lumière."

Le "mystère divin"… comme à Brocken Mountain !

Edouard Doyen dit que le phénomène est "à peu près semblable à celui de Brocken, attendu qu'il diffère sur certains points; ainsi, par exemple, les touristes visitant le sommet de Brocken, voient leurs ombres et celles de leurs compagnons se refléter sur le sommet d'une autre montagne, vis-à-vis de Brocken; tandis que sur le sommet du Pouce, le touriste voit son ombre, mais non celle de ses compagnons se refléter sur le brouillard, qui l'enveloppe et le représente penché, à droite au lever, à gauche au coucher du soleil, et dans tous les deux cas, avec un triple arc-en-ciel sur la tête".

M. Doyen, ne pouvant s'expliquer le phénomène, eut vite fait, en ce mai 1888, de le mettre au compte "d'un mystère".

"Il m'a été donné, ainsi qu'à plusieurs témoins, de jouir de ce phénomène, mais je n'ai pu jamais m'en rendre un compte exact; je pense qu'il est de ceux qu'il plaît à l'Être Suprême, créateur de toutes les merveilles, d'offrir à l'homme, comme les jouets de sa toute-puissance, et de lui en cacher la solution, pour lui apprendre que dans le domaine de la nature comme dans celui de la religion, il y a des mystères, et qu'il ne nous est pas permis de nous en rendre compte", écrivit-il.

Le phénomène du Pouce, fit ressortir M. Doyen, "n'est pas le seul du genre; il en existe un semblable, au sommet des monts d'Ecosse, du nom de Monts Grampians, sur les frontières du comté d'Aberdeen, mais il n'en est pas moins extraordinaire. Le docteur Bernard, ancien médecin et savant de premier mérite et Proviseur du Collège Royal de Port-Louis, vers 1822, avait décrit ce phénomène version écossaise dans les annales de la Société d'histoire naturelle (devenu ensuite la Société des Sciences et des Arts de l'île Maurice) mais sans en donner la cause".

Des montagnes réunionnaises se dessinent dans les nuages… sur Beau-Bassin !

En fait, monsieur Doyen était au courant que depuis très longtemps "on voit continuellement des montagnes lointaines, de grands bâtiments, se refléter dans les nuages; ainsi, à Beau-Bassin, canton des Plaines Wilhems, on voit les montagnes de Ste. Rose de l'île de la Réunion nettement se dessiner, lorsque le temps est clair; de même les montagnes les plus distantes de Port-Louis se reflètent à son horizon au coucher du soleil; ainsi, en 1840, on a clairement vu, à Marseille et à Toulon (en France), la flotte de l'amiral Lalande alors que cette flotte se trouvait dans les eaux du Bosphore (NDLR: en Turquie)".

Edouard Doyen rappela qu'un M. Feillaffé annonça en 1810 au général De Caën l'arrivée de la flotte anglaise (du Général Abercrombie) venant attaquer l'île de France. M. Doyen fit remarquer que "nous entendons parfois annoncer l'arrivée de certains navires, vingt-quatre heures à l'avance; ce fait que l'on désigne sous le nom de faculté de seconde vue, ce qui n'est autre chose que les conséquences d'effets de lumière qui s'expliquent à tous". M. Doyen concéda qu'on avait aussi déjà depuis longtemps "désigné sous le nom de Nauscopie cette faculté de reconnaître l'approche de vaisseaux placés à des distances considérables, au moyen de certains phénomènes atmosphériques". Toutefois, il se demanda "comment expliquer le phénomène du Pouce ! Comment se fait-il que sur cette montagne chacun voie sa propre image, et non celle de la personne placée à côté de lui !"

D'où le choix du triste, plutôt lugubre, titre que choisit de donner à son article, Edouard Doyen, destiné aux Archives Coloniales: "Le spectre du Pouce !


146e anniversaire de la naissance d'un grand poète

Rabindranath Tagore, berger de la paix et de la tolérance

Rabindranath Tagore, poète, éducateur et homme universel dont on commémore le 146e anniversaire de la naissance, est surtout associé à Gitanjali, recueil d'hymnes à l'amour et à la spiritualité. Il reçut le prix Nobel en 1913 mais rendit cette distinction en 1919, en signe de protestation contre le massacre d'Amritsar où les troupes britanniques firent périr 400 manifestants indiens. Né à Calcutta, dans le Bengale occidental, le 6 mai 1861, Rabindranath Tagore était le quatorzième enfant de Debendranath Tagore, l'un des fondateurs du mouvement Brahmo Samaji. Mort en 1941, Tagore a laissé l'image d'un homme irradiant, le génie de l'humanité.

Gurudev (nom donné à Tagore par le Mahatma Gandhi) faisait voler en éclats, dès son jeune âge, le système d'éducation basé sur le cloisonnement de l'individu. À contre-courant de la tendance élitiste, son souci a été de transformer l'Inde en un paisible jardin où tout le monde pouvait coexister en parfaite communion spirituelle, intellectuelle et physique.

Cette voix qui s'élevait au-delà de l'immobilisme qui caractérisait cette époque, venait du cœur et de l'esprit d'un réformateur dont la nourriture première était les œuvres sacrées, les Upanishads et les Vedas.

Le corps à corps avec l'absurde et la nature débuta avec l'établissement de Shantiniketan (havre de paix) en 1901. Là, les disciples apprenaient l'unité de la vérité (Satyam) avec la bonté (Shivam) et la beauté (Sundaran). Tout en développant leurs facultés mentales et physiques dans ce haut sanctuaire de la poésie, les étudiants apprenaient l'unité de l'âme avec le monde et l'unité du monde avec Dieu.

Dans ce village idéal de toutes les nations, les enfants mus par une paix intérieure récitaient des prières et chantaient avec l'accompagnement d'une musique marquée par la douceur pour l'harmonie entre l'esprit et l'homme et l'esprit de l'univers. Ces "fleurs de l'humanité" apprenaient aussi la science et la conscience divine.

La Vishwa Bharati University créée en 1921, était le relais entre l'Est et l'Ouest pour l'élévation de la pensée intellectuelle et religieuse ainsi que la compréhension de l'âme humaine.

Au même titre que Rousseau, Gandhi, Platon et Spencer, Tagore était un idéaliste pragmatique qui a œuvré pour le bien-être de l'humanité dans sa diversité et a dominé la pensée créatrice de l'Inde. Il y a trois choses importantes dans sa philosophie: (i) la culture de l'esprit (intellectuel); (ii) la culture du corps (physique) et (iii) la culture du cœur (spirituel).

Tagore était connu pour sa grandeur d'âme et son universalité, véritable trait d'union entre l'Est et l'Ouest. Le poète penseur a toujours dominé les pulsions négatives. Gurudev était l'apôtre de l'unité et combinait avec Mahatma Gandhi toutes les qualités intrinsèques de la création.

Ses peintures furent un véritable travail révolutionnaire qui voulait rendre compte de tous les aspects d'un univers qui débordait les limites politiques, linguistiques ou religieuses. La philosophie de Tagore se fonde sur la liberté du monde qui consiste à s'appliquer à une pensée noble et créatrice. Tagore a commencé à peindre lorsqu'il a eu 70 ans.

Une pensée qui voyage plus loin

La nature était pour Tagore une obsession profonde, un mode de vie même. Le poète mythique et pur avait confiance en l'humanité et l'amour de l'absolu. Il prêchait la religion des hommes et croyait de façon absolue que l'être humain fait partie de la conscience divine. Dans ses poèmes, il y a une sensibilité et un optimisme frappants. Engagé, il l'était à l'époque de la partition du Bengale en 1905. Tagore faisait montre d'un esprit d'universalité et a contribué à la renaissance intellectuelle des Indiens.

Gitanjali apporta, en 1913, une bouffée d'air frais. À cette époque, l'Europe se préparait pour la Première Guerre mondiale. Mais la pensée de Tagore voyageait plus loin, vers l'infini et l'accomplissement des devoirs fondamentaux.

La maîtrise du caractère, la communion avec la nature, conjuguée à la puissance des profondeurs cosmiques et intellectuelles, réveillent la conscience humaine. Tagore est un génie en poésie et a laissé à l'humanité un héritage immortel. Tagore était le messager de paix qui obtint le prix Nobel avec Gitanjali. Cette quête constante pour la liberté se reflète dans l'hymne national de l'Inde où Tagore a fait valoir ses concepts de l'amitié, de liberté et de l'unité. Il est le père de Jana Gana Mana, l'hymne national de l'Inde.

M.K. Hazareesingh, un de nos écrivains réputés, a eu le bonheur de visiter Shantiniketan. Frappé par son intelligence, Tagore lui dédia Krishnakali, un de ses plus beaux poèmes. Ce poème fut publié dans le Radical de Loïs Lagesse, en novembre 1934. L'écrivain mauricien était aussi membre honoraire de l'Université de Tagore, la Vishwa Bhawan.

Robert Edward Hart et Léoville L'Homme, frappés par la poésie de Tagore, analysèrent le génie de ce grand homme. R.E. Hart écrivit une série d'articles dans Advance sur Tagore, Gandhi et Aurobindo sous la rubrique "Mémorial de Moka".

En 1931, à l'occasion du 70e anniversaire du poète, The Golden Book of Tagore fut publié à Calcutta. Mahatma Gandhi, Romain Rolland, Albert Einstein, sir J.C. Bose et Costis Palamas y contribuèrent pour honorer le premier Indien récipiendaire du prix Nobel.

Pratik Ghosh, originaire du Bengale, lancera à la fin de mai un recueil de traductions de chansons de Tagore, intitulé Flowing down the stream. Les morceaux seront en bengali et en anglais et seront classés en plusieurs thèmes.

Nous vous invitons à méditer sur ces quelques vers de Tagore, extraits de Kavi: "Enfin, ma vie ne fait plus qu'un avec la terre, la mer, le soleil, c'est ainsi que la vie a fait la conquête de mon âme".


Du 15 au 19 mai au CCB

Les détenus s'expriment

La réhabilitation par la pratique de l'art: peintures, dessins de détenus de la prison ouverte de Richelieu, de la prison des femmes à Beau Bassin et de la prison de Petit Verger, seront exposés à partir du mardi 15 mai au Centre Charles Baudelaire. La manifestation est à l'initiative de la Fondation Espoir Développement (FED) avec la collaboration de Marie Rogers, Angèle Angoh et la collaboration du CCB. L'exposition est le fruit de diverses actions de réhabilitation: celle de Marie Rogers à la prison de Richelieu, Geneviève Leclézio au Correctional Youth Centre et Angèle Angoh à la prison des femmes de Beau Bassin. Marie Rogers résume ainsi ces ateliers: "Pratiquer l'art, sans que ce soit du grand art, c'est traverser un pont. Parce que je crois que cela va se répercuter dans les autres secteurs de la vie: familiale, sociale, professionnelle, civique des détenus après leur sortie."

Du 16 au 22 mai au Ruisseau Créole-Plantes endémiques des Mascareignes

Louis Goupille, peintre-graveur d'origine mauricienne, revient au pays pour présenter une vingtaine de gravures sur les plantes endémiques des Mascareignes. L'artiste étudie les techniques traditionnelles de la gravure au Manhattan Graphics Center à New York. Ses lithographies, eaux-fortes, sérigraphies et autres estampes japonaises seront visibles à partir du mercredi 16 mai au Ruisseau Créole. L'exposition se tiendra jusqu'au 22 mai. En tant que membre de l'OIA (Organization of Independant Artists) à New York, le travail de l'artiste a aussi été retenu pour une exposition fin mai au Mercantile Exchange of New York.


Finale de Aqueedat ke phool, vendredi à Pailles

Mohamad Faezal Mohun et Mohamadally Asrar Soobratty consacrés

La finale de Aqueedat ke phool, compétition de naats (poèmes de louanges au Prophète) en ourdou organisée conjointement par la MBC, la Jummah Mosque et la Urdu Speaking Union, a eu lieu vendredi soir au Centre Swami Vivekananda à Pailles. Elle a vu la consécration de Mohamad Faezal Mohun dans la catégorie des plus de 15 ans. Il a obtenu un cash prize de Rs 50 000 de la MBC, un billet d'avion pour Madina de la part de la Jummah Mosque et un gift voucher de Diwan Saheb. Des prix de Rs 30 000 et de Rs 20 000 respectivement ont été décernés à Mohamad Feroz Kanawa, sorti deuxième et à Mohamad Yassheen Sawdagar, classé troisième. Le deuxième a reçu un billet d'avion pour Ajmer de la part de la Urdu Speaking Union et un gift voucher du magasin Diwan Sahab.

La catégorie des moins de 15 ans a eu comme vainqueur Mohamadally Asrar Soobratty. Mohamed Fawaz Hossen est arrivé en deuxième position tandis que Raid Sandhoo s'est classé troisième. Les autres candidats ont reçu un prix de consolation de Rs 3 000 de la MBC et un gift voucher de Rs 500 de Diwan Saheb.

Le programme a été rehaussé par la présence de deux illustres naatkhwaans du Pakistan. Alhaaj Muhammad Owais Raza Qadri et le Dr Hafiz Nisar Ahmad Marfani ont charmé l'assistance dans la récitation des naats.

Shehzad Abdullah Ahmed, le directeur de la Urdu Speaking Union, a annoncé l'institution d'une Naat Academy à Maurice. Bijaye Madhou, directeur de la MBC, a pour sa part confirmé une prochaine édition de Aqueedat ke phool pour 2008.

Un vibrant hommage a été rendu à feu Hakim Peeroo, producteur à la MBC et au regretté maulana Noorani Siddiqui. Le programme s'est déroulé en présence du vice-président de la République, Raouf Bundhun, et des ministres Abu Kasenally, Asraf Dulull et Mahen Gowressoo. La présentation était assurée par Naeem-Ul-Haq Attari. Cette émission télévisée marathon qui s'est terminée aux petites heures du matin samedi a été marquée par une panne technique.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 13 mai 2007