a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 13 mai 2007



Engagements - Sucre : attentes et angoisses !
Catastrophe aérienne - L'ID Card de Meera Shah retrouvée parmi les débris
Combat contre le Sale by levy - Le baroud de Harish Boodhoo
Drame des King Fish II et V - Le rapport de la Court of Investigation attendu à la fin de juin
Depuis hier matin - L'Airbus A 319 réparé est de retour à Plaisance


Engagements

Sucre : attentes et angoisses !

Navin Ramgoolam et Jacques de Navacelle
Même si les mérites du Multi-Annual Adaptation Strategy (MAAS) pour la réforme de l'industrie sucrière sont vantés par les bailleurs de fonds, dont entre autres la Commission européenne, la mise en application des engagements pris demeure au centre de controverses alors que la date butoir du 31 mai approche inéluctablement. L'une des conséquences directes de ces tergiversations au niveau de l'hôtel du gouvernement est que le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, ne pourra pas compter sur le décaissement de la tranche variable des mesures d'accompagnement de 4,557 millions d'euros (Rs 200 millions) pour boucler son budget 2006-07. La raison est que les Key Performance Indicators agréés n'ont pas encore été honorés jusqu'ici. La seconde quinzaine du mois de mai sera déterminante pour la suite car, d'ici la fin de ce mois, un accord devra intervenir entre le gouvernement et la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) au sujet de la centralisation de quatre sucreries, soit St-Félix, Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau, un des Key Performance Indicator de la réforme sucrière.

Les enjeux de la réforme de l'industrie sucrière ont été abordés lors des délibérations du conseil des ministres de vendredi dans le cadre d'un éventuel mandat du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en vue d'ouvrir des négociations avec l'industrie sucrière. Les recoupements d'informations effectués par Week-End, auprès de sources concordantes après le cabinet meeting sont qu'en l'absence de Rama Sithanen, parti assister à l'assemblée générale annuelle de la Banque africaine de développement (Bad) à Shanghai (République populaire de Chine), la mission de piloter l'étape de contacts préliminaires avec la MSPA a été confiée au ministre de l'Agro-Industrie, Arvin Boolell.

Avec l'existence de différents camps au sein du gouvernement par rapport au dossier de l'industrie sucrière, les sources approchées par Week-End n'ont pas voulu s'aventurer pour évoquer la teneur de ce mandat de négociations ou encore prévoir l'issue de ces discussions. " Le moins qu'on en parle ou encore qu'on fasse de commentaires de part et d'autre, le mieux ce sera. Cela dans l'intérêt de l'industrie sucrière et du gouvernement. L'important est d'être en mesure de respecter les engagements pris aux échéances arrêtées et le temps est précieux dans la mise à exécution du processus de réforme ", a avoué un membre du gouvernement en fin de semaine.

Outre la question du financement du coût social de la réforme sucrière, le principal obstacle sur la route de la première vague de centralisation de l'ère de la réduction de 36% du prix garanti sous le Protocole Sucre reste la demande du gouvernement au corporate sector pour des terrains d'une superficie de quelque 2 000 arpents. Cette demande a refroidi les ardeurs notées initialement en faveur de la fermeture de sucreries avant le début de la prochaine récolte. La réception de la correspondance autorisant la fermeture de Mon-Loisir Sugar Estate, de Mon-Trésor Sugar Estate et de Riche-en-Eau Sugar Estate sans oublier celle de St-Félix en suspens depuis octobre 2005 a représenté une véritable douche froide pour les sucriers.

Depuis, les procédures prévues en vue de la fermeture de ces sucreries ont été quasiment gelées. À moins d'une vingtaine de jours de la date du 31 mai où l'autorisation pour la fermeture devrait officiellement expirer, la situation n'a guère changé. C'est ce qu'a confirmé à Week-End Patrick d'Arifat, président de la MSPA. " Nous n'avons noté aucun développement au cours de ces derniers jours. Nous attendons l'évolution de la situation. Nous avons écrit au gouvernement suite aux conditions imposées. Nous attendons toujours une réponse. Nous avons réclamé des éclaircissements auprès du gouvernement ", a fait ressortir Patrick d'Arifat.

À ce stade, la MSPA se refuse de se prononcer sur ce qu'il adviendra de l'autorisation de fermeture de trois usines sucrières d'ici le 31 mai, même si les chances d'un accord ne sont pas minimisées. Le modèle de la situation qui prévaut à St-Félix depuis octobre 2005 pourrait être répliqué, soit la fermeture de l'usine, avec le transfert des cannes des factory areas vers d'autres sucreries et les employés des unités affectées continuant à bénéficier de leurs salaires. Selon toute probabilité, en raison d'un litige entre Belle-Vue et FUEL sur le partage des cannes de Mon-Loisir, cette dernière pourrait continuer à produire du sucre pour la prochaine récole en cas de deadlock.

Des exercices comptables ont déjà été effectués au niveau des différents conseils d'administration et les résultats obtenus laissent voir que ces compagnies sucrières peuvent tenir le coup financièrement avec cette formule, qui est loin de la centralisation recommandée par le plan de réforme. Mais les perdants dans cette formule ne seront autres que les 8 000 salariés de l'industrie sucrière, qui misent sur le Voluntary Retirement Scheme ou encore la formule de compensation sous le Blue Print et le Early Retirement Scheme (ERS).

L'absence de décision au sujet du Voluntary Retirement Scheme II annoncé dans les récents amendements au Sugar Industry Efficiency Act accouchés dans la douleur suscite de véritables angoisses parmi les salariés de l'industrie sucrière. Le démantèlement annoncé du Protocole Sucre à partir de 2009 est venu s'ajouter à l'impatience et aux appréhensions des employés de cette industrie.

Les principaux syndicats, soit la Sugar Industry Labourers'Union, la Plantation Workers'Union, l'Agricultiral and General Workers Union, la Sugar Industry Overseers Association et la Sugar Industry Staff Employees Association, ont eu l'occasion d'étaler leurs inquiétudes face à l'absence de décision de la part du gouvernement. C'était en fin de semaine lors d'une séance de travail avec le ministre de l'Agro-Industrie suite à une première réunion, qui s'est déroulée en avril dernier.

Les représentants des syndicats ont cherché des garanties fermes auprès du ministre Arvin Boolell au sujet des VRS II, des mesures sous le Blue Print, du programme de formation prévu, des overseas leave dus aux employés, de la pension et du problème de seasonal labour. Mais la satisfaction n'est pas de mise face aux réponses, pour ne pas dire des non-réponses, aux questions soulevées.

" Avec la réforme de l'industrie sucrière, le seasonal labour revient avec force. Mais les travailleurs saisonniers sont doublement exploités lors de la période de récolte. Il y a un différentiel de salaires énorme entre les saisonniers et les permanents. Le Remuneration Order n'a pas été revu depuis 1987. Pour le même travail, un travailleur saisonnier obtient Rs 37 de moins que son camarade permanent. C'est un système injuste. Nous avons soulevé la question avec le ministre Boolell ", a soutenu Gopal Bhajun de la Plantation Workers Union à Week-End après la réunion de vendredi.

L'une des principales angoisses des salariés de l'industrie est qu'au lieu de VRS II, ils se retrouvent devant le Termination of Contracts of Service Board (TCSB) avec une compensation de huit jours par année de service. " Si pa allé zordi, nou kapav tombe dans la loi huit zour par banané service. Ou konné ki maler lor nou. Missié Boolell abitié koz TCSB. Mo espéré ki sa pa arriv nou ", avance un laboureur âgé d'une trentaine d'années et comptant une douzaine d'années de service dans le sucre et qui attend avec impatience la décision sur le VRS II.

Dans la conjoncture, les plus à plaindre restent les salariés de la sucrerie de St-Félix, qui n'ont aucune indication de ce que leur réserve demain. Depuis octobre 2005, cette usine a cessé toute activité et les membres du personnel sont dans l'attente du respect des conditions définies dans le Blue Print pour la centralisation. Mais, jusqu'ici, c'est toujours " Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ", même si le ministre Boolell avait déclaré, avec l'assurance qu'il sait personnellement afficher, qu'avec les derniers amendements au SIE Act priorité sera accordée aux employés de Saint-Félix.

" Nou konpran ki priorité minis Boolell mars par derrière. Ziska ler pa ankor nanyen. Bann kamarad St-Antoine à l'époque ti dir zot dan koulwar de la mor. Sa ti en 1993 kan gouvernma ti pé fer sinéma lor fermtir sa lisin-là. Zordi, nou travayer St-Félix ki dan koulwar de la mor et pa pé trouv okenn lizour. Pa ti kwar ki dimun kapav gagn sa kalité tretma-là. Dépi oktob 2005 nou pe attan avek labouzi rouz. 19 mois ine fini passé. Nanyen ine arrivé. Lot swar dan télévision nou in truv missié Sithanen pé signe papyé ek pé ryé. Nou espéré li pou kapav soulaz nou soufrans ek souye larm nou zanfan ", a fait ressortir à Week-End un employé de Saint-Félix, qui n'ose pas croire au calvaire qu'il endure quotidiennement depuis la fermeture après la récolte sucrière de 2005.

Cette épée de Damoclès pèse sur la tête de quelque 8 000 salariés de l'industrie sucrière si l'échéance de la centralisation du 31 mai expiree sans un accord entre le gouvernement et la MSPA…


Mesures d'accompagnement-L'UE : le soutien financier n'est pas un " done deal "

La cérémonie de signature des accords financiers pour des mesures d'accompagnement, qui s'est déroulée jeudi après-midi, a été l'occasion pour Claudia Wiedey, chef de la Délégation de la Commission européenne à Maurice, de préciser les engagements et les exigences à être respectées. Pour les diplomates avertis, les réparties lors de l'intervention de la représentante de la Commission européenne représentent un " véritable savon diplomatique " au gouvernement. Le tout était assorti d'une menace à peine voilée à l'effet que des risques de réallocation des fonds attribués à Maurice en cas de " shortcomings " au niveau de la performance. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, conscient de l'enjeu, soutient que Maurice n'a d'autre choix que d'être performante dans la conjoncture.

Claudia Wiedey, en présence de l'ambassadeur de France, Dominique Renaux, et du haut-commissaire britannique par intérim, Edgar Ormiston, s'est appesantie sur l'importance de la performance pour pouvoir bénéficier de l'assistance financière de l'Union européenne. Elle a littéralement coupé l'herbe sous les pieds de ceux qui fanfaronnaient en brandissant l'allocation indicative de Rs 5,5 milliards (127,5 millions d'euros) pour la période couvrant 2007 à 2010. Une menace de réallocation des fonds pèse sur les 18 États signataires du Protocole Sucre, dont Maurice, en cas de non-respect des Key Performance Indicators.

" Financial support under the Sugar Accompanying Measures, which cover all 18 Sugar Protocol countries, is not a done deal. It is not acquis. The European Union is obliged to assess utilisation of those finds on an annual basis and reallocate them among Sugar Protocol countries if the money is not spent as planned ", devait soutenir Claudia Wiedey, en rappelant que pour la première tranche, Maurice a profité d'un exercice de réallocation vu que d'autres Etats membres ACP n'avaient pas été en mesure d'honorer les engagements de la Commission européenne. " The same mechanism applies on an annual basis ", a-t-elle renchéri.

Le chef de la Délégation de la Commission européenne a fait état des délais et retards accumulés jusqu'ici dans la mise à exécution du programme de réforme et souhaite voir le pays se rattraper à l'avenir. " Mauritius is in a prime position to utilise the resources. This momentum should not be lost. I am aware that there have been delays in the implementation of some measures but I am confident that the government will take the necessary actions - together with all stakeholders in the sector - to build a consensus and successfully move the reforms forward as foreseen ", a-t-elle ajouté.

Poursuivant son allocution, Claudia Wiedey a avancé que " the financial support will assist the reform but only if the necessary measures are implemented. The proposal for reforms cannot stay on paper but must be translated into concrete acts. " Plus loin, elle rappellera que " it is important that the goverment implements its reforms as intended, and especially the sugar sector reforms as laid out in the Multi-Annual Adaptation Strategy " tout en faisant ressortir que " the government of Mauritius steers the way forward while the European Union offers its support in various ways ".

La représentante de la Commission européenne a évoqué l'importance de l'industrie sucrière dans l'économie mauricienne. " Your reform proposals reinforced the position of Mauritius as a success story of the European Union's relations with third countries. The EU has confidence in the government and in your willingness to modernise and diversify the economy for the benefit of the citizens. Economic reform in Mauritius is a necessary act to steer the country forward in its development. Sugar still plays a key role in the process ", a-t-elle dit en saluant les efforts personels déployés par le vice-Premier ministre et ministre des Finances lors de la présentation du plan de réforme à l'Union européenne. Elle a fait état de la " recognition by the European Commission of the quality of the comprehensive plan for the restructuring of the sugar sector ".

Pour sa part, Rama Sithanen maitient que le soutien financier apporté par l'Union europénne est une démonstration de la crédibilité du programme de réforme adopté par le gouvernement. " We need to perform. We need to implement what has been agreed between the European Union and Mauritius. Disbursement will be based on performance. The European Union remains the single most important partner for Mauritius in terms of grant money given ", a-t-il déclaré.

Rama Sithanen trouve que " the reform programme is the best way to create a prosperous country for our children. " " The financial support of the European Community will take us further in the process, which is already giving positive and encouraging results, and it also reveals their faith in our strategy ". Il devait également faire état de la campagne de lobbying auorès de la Commission européenne menée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, de même que la contribution de ses autres collègues, dont les ministres Dulloo et Boolell.


Déboursement de Rs 280 M avant juin

De l'assistance financière de l'ordre de Rs 850 millions, suite à la signature de trois financial agreements avec la Commission européenne, jeudi, Maurice pourra compter dans l'immédiat sur seulement un montant de Rs 280 millions, somme qui devrait être déboursée avant la fin de la présente année financière. Cette précision a été apportée par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen.

Cette tranche fixe sera de 6,5 millions d'euros (Rs 280 millions) utilisée en tant que Sugar Sector Budget Support. Par contre, pour la tranche variable de 4,5 millons d'euros, représentant des reliquats du IXe Fonds Européen de Développement, des Key Performance Indicators devront être respectés. Le décaissement de ces fonds ne devrait se faire qu'après juin 2007.

Les Key Performance Indicators identifiés lors des consultations entre la Commission europpéenne et Maurice sont l'épierrage des terres des petits planteurs de cannes, la centralisation de trois sucreries, la mise à exécution du Voluntary Retirement Scheme et des programmes de formation pour les employés de l'industrie sucrière affectés par la réforme.

Maurice a également bénéficié d'un montant de Rs 375 millions (8,7 millions d'euros) en guise de " recognition of its continued good performance in implementing the resources under the 9th European Development Fund. Ces ressources financières seront utilisées dans le cadre du General Budget Support au cours de l'exercice financier 2007-08 pour encadrer le programe de réforme économique.

Comme annoncé en primeur par Week-End dans son édition du dimanche 4 mars 2007, le montant des allocations indicatives pour Maurice au cours de la période 2007-10 est de 127,5 millions d'euros, soit 19% du montant global des mesures d'accompagnement pour le sucre. Mais le décaissement est sujet annuellement à des exercices d'évaluation par la Commission européenne, qui sera également habilité à procéder à des réallocations.


" Delivery Shortfall " de 100 000 tonnes ?

Les dernières analyses du Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) au sujet des estimations de la récolte sucrière de cette année avant celles de la Chambre d'Agriculture prévue pour la fin du mois ne sont guère brillantes. Les perspectives d'une récolte se rapprochant davantage des 450 000 tonnes de sucre se profilent à l'horizon. Le principal problème concerne l'absence de cannes aux champs.

" With the soil moisture deficit existing over significant areas under sugar cane, and the setting in of winter, which is usually dry and cool, it is not expected that growth and recovery will be favoured. It is thus evident that cane production will be significantly affected ", souligne le dernier rapport du MSIRI.

Avec une récolte nettement réduite, l'éventualité d'une production dans les limites des 450 000 tonnes fait surgir des problèmes de delivery shortfall. Déjà, sur la récolte de l'année dernière, Maurice se retrouve déjà avec un manque de quelque 20 000 tonnes de sucre par rapport à ses engagements contractuels avec l'Union européenne. La demande de dérogation pour fournir les 20 000 tonnes après les dates limites devra être formulée auprès de Bruxelles dans les jours à venir.

Dépendant de la prochaine récolte sucrière, Maurice pourrait se retrouver à la fin de 2007 avec un delivery shortfall de quelque 75 000 à 80 000 tonnes de sucre. La certitude est que le marché local sera encore approvisionné en sucre importé en devises étrangères, soit des importations d'au moins 40 000 tonnes.


Catastrophe aérienne

L'ID Card de Meera Shah retrouvée parmi les débris

Dans les quarante heures suivant la catastrophe aérienne dans laquelle un Boeing-737 800 de la Kenya Airways faisant la liaison entre Abidjan (Côte d'Ivoire) et Nairobi (Kenya) avec escale à Douala au Cameroun, il était devenu évident que les chances de retrouver des survivants parmi les 114 passagers étaient quasi nulles. Mais le véritable problème avait été de retrouver l'épave de l'avion et le Crash Site. Dans la journée de lundi, la confirmation était obtenue avec la découverte des premiers débris de l'avion enfoncé dans un marécage à moins de cinq kilomètres de l'aéroport de Douala. À Maurice, pour les parents de Meera Shah, née Ramdoyal, et âgée de 30 ans, en particulier son père et sa mère et également sa sœur, qui étudie actuellement en Grande-Bretagne, et son frère inscrit dans une université américaine, le mince filet d'espoir de la retrouver vivante s'était dès lors envolé. Kamal Shah, son époux, se trouvait en début de semaine au Cameroun pour recueillir les dernières informations sur ce qui serait advenu à son épouse, qui avait pris place à bord du KQ 507 à l'escale de Douala dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 mai.

"Les informations qui nous sont parvenues de Nairobi sont que la carte d'identité de Meera Shah avait été retrouvée sur le Crash Site. Des cartes de crédits bancaires en son nom ont également été ramassées sur les lieux où l'avion s'était écrasé peu après son décollage à Douala. Son époux affirme également avoir reconnu une partie d'une des vestes de Meera Shah. C'est tout ce que nous avons pu récupérer jusqu'ici", devait faire comprendre un des proches de la famille Ramdoyal en fin de semaine.

Depuis le samedi 5 mai, la famille Ramdoyal de Quatre-Bornes vit un véritable cauchemar après avoir obtenu conformation de la présence de leur file à bord de cet appareil de la Kenya Airways, qui fut initialement porté disparu. À ce jour, aucune indication n'était disponible si le cadavre de cette jeune Mauricienne, spécialisée en Forensic Fraud Investigation et employée par PricewaterhouseCoopers de Nairobi avait été retrouvé ou identifié. Les démarches entreprises par Kamal Shah en début de semaine au Cameroun, qui n'ont pas donné des résultats escomptés, ajoutent à la douleur intenable de la famille.

Le Website de la compagnie aérienne kenyane révèle qu'en fin de semaine "heavy rains are hampering recovery efforts this morning. As of yesterday evening, an additional five remains have been found. This brings the total remains which have been recovered from the site to 126. We continue to reiterate that the authorities may take some time to confirm how many passengers the remains represent." Les indications sont que le processus d'identification des restes humains récupérés du Crash Site seront Time Consuming et que les premiers résultats prendront du temps.

Entre-temps, les proches de Meera Shah devaient prendre la décision de se réunir à Nairobi pour apporter du réconfort à Kamal Shah désorienté par le drame qui s'est abattu sur lui. Comme évoqué dans l'édition de Week-End de dimanche dernier, le père et la mère de la victime devaient prendre le vol d'Air Mauritius pour Nairobi en début de la semaine écoulée. Par la suite, ils furent rejoints par leur fille, étudiante à l'université en Grande-Bretagne, et par leur fils, qui étudie aux États-Unis. En fin de semaine, Kamal Shah devait mettre un terme à son séjour douloureux à Douala pour rentrer chez lui à Nairobi et prendre la mesure de cette catastrophe personnelle.

"The authorities are not allowing the Kenya Airways team and next of kin into the mortuary. They also have not allowed the next of kin to visit the site. Plans are underway to arrange for DNA identification to be done on the remains. Where feasible, the remains will undergo pathology and odontology examinations, which may reduce the identification period. Due to the lengthy identification process, Kenya Airways is arranging for the option of providing transportation of the next of kin to their countries of residence and back to Cameroon, when the process is close to completion", ajoutent encore les responsables de Kenya Airways en vue d'atténuer la colère et l'amertume des proches des victimes de cette catastrophe aérienne.

Pendant le week-end, les parents de Meera Shah devaient participer à un service religieux à Nairobi en mémoire de leur fille tuée à la fleur de l'âge dans un accident d'avion en Afrique de l'Ouest. Ils comptent rentrer à Maurice mardi matin, quitte à repartir pour la capitale kenyane à plus ou moins brèves échéances si les circonstances l'exigent. Meera Shah se trouvait parmi les 88 des 114 passagers embarquant à bord du KQ 507 avant le décollage pour Nairobi.

À peine le décollage, le Boeing 737-800 de Kenya Airways devait s'écraser car la carlingue fut retrouvée à moins de cinq kilomètres du bout de piste en ligne droite. Dans un premier temps, les autorités camerounaises avaient délimité le Crash Site probable dans une zone située à 150 kilomètres au Sud-Est du lieu de l'accident. La découverte des débris de l'avion lundi à deux pas de l'aéroport devait susciter une vive polémique au Kenya et au Cameroun.

La balise de l'avion a mal fonctionné

La balise de détresse de l'avion de Kenya Airways qui s'est écrasé samedi de la semaine dernière près de Douala (Cameroun) avec 114 personnes à bord n'a sûrement pas fonctionné normalement, rendant ainsi sa localisation difficile, a affirmé le directeur de l'aviation civile camerounaise, Ignatius Sana Juma.

"La balise de détresse se met normalement automatiquement en marche dès qu'il y a un choc et émet donc un signal pendant une période d'au minimum huit heures. Là, il semble qu'elle n'a fonctionné qu'à peine 2 secondes", a déclaré à l'AFP Ignatius Sana Juma.

"Or, si la balise n'émet pas régulièrement, l'information sur sa localisation n'est pas précise", a-t-il ajouté. "Nous avons fait le test ces jours-ci et placé une balise Camair sur le lieu du crash. (Le centre de recherche et de sauvetage par satellite de) Toulouse a pu donner exactement sa localisation", a ajouté M. Sana Juma.

Selon le directeur de l'aviation civile camerounaise, l'unique signal émis par le vol KQ 507 de Kenya Airways a été capté samedi à 5 heures 03 (heure de Maurice) par le centre de Toulouse (France), qui a répondu à la tour de contrôle de Douala en donnant sa localisation à 6 heures 44 (heures de Maurice).

Le ministre camerounais de la Communication Elihezer Njoh Mouellé avait expliqué mercredi soir que les secours avaient été dans un premier temps dirigés à plus de 150 km du lieu réel de l'accident du Boeing 737 sur la foi de la localisation indiquée par le centre de Toulouse.

"Les coordonnées du point se situant au Cameroun ont permis d'établir une zone probable (de l'accident) se situant dans les départements du Nyong et So'o et de l'Océan", dans l'extrême sud-ouest du pays, avait déclaré le ministre.

La polémique fait rage dans la presse, qui s'interroge sur les raisons pour lesquelles les sauveteurs n'ont localisé l'épave du biréacteur kenyan que quarante-huit heures après son accident. Le quotidien privé Le Messager a ainsi dénoncé "l'étonnante incapacité des autorités camerounaises".

Lorsqu'il a décollé de Douala dans la nuit de vendredi à samedi, le Boeing Kenya Airways transportait neuf membres d'équipage kenyan et 105 passagers, dont 85 Africains, 21 Asiatiques, sept Européens et un Américain. Une enquête déterminera les causes probables de l'accident après analyses des données enregistrées dans les boîtes et du Cockpit Voice Recorder, qui n'avait pas encore été retrouvé en fin de semaine.


Combat contre le Sale by levy

Le baroud de Harish Boodhoo

De vieilles personnes, alignées par groupes de dix qui se relayent, qui pleurent à chaudes larmes devant l'Assemblée nationale tandis que, de l'autre côté de la Place, une centaine d'autres vocifèrent leur colère contre un Premier ministre qu'ils accusent de "mensonges". Ce triste spectacle va se répéter chaque jeudi jusqu'au 31 mai prochain. C'est là le dernier baroud que fait Harish Boodhoo dans son combat, devenu héroïque, contre le système de la vente à la barre (Sale by levy) de maisons saisies en Cour des faillites auprès d'emprunteurs qui n'ont pu rembourser leurs dettes.

Effectivement, malgré l'adoption en janvier dernier du Borrowers Protection Act, comme c'était craint d'ailleurs, en raison de la non-rétroactivité de cette loi, aucune des familles se disant "victimes" de ce système n'a pu récupérer ses biens. Pis, malgré la loi, la cour de justice continue à procéder à d'autres saisies de maisons et à leur mise en vente. Plus d'une cinquantaine y sont passées depuis.

Dépité, "fatigué et découragé", selon son propre aveu, Harish Boodhoo, de surcroit dépossédé de son journal de combat (Sunday Vani) depuis l'année dernière et bientôt privé à la fin du mois également de son bureau port-louisien qui lui permettait de prêter l'oreille aux malheureuses victimes et de coordonner leurs revendications, annonce qu'il prendra "une retraite bien méritée" après le 31 mai. M. Boodhoo affirme qu'il ne reviendra à la vie publique que s'il voyait "le mariage du rasoir avec l'épée" (figure de style qu'il utilise pour qualifier une éventuelle alliance politique au détriment du peuple).

Amer contre tout et contre tous, Harish Boodhoo, soutient "qu'on ne peut compter ni sur l'Alliance sociale de Navin Ramgoolam, ni sur le MMM de Paul Bérenger, ni sur aucun autre pour défendre la cause du petit peuple". Selon lui, ces deux forces politiques "s'arrangent toujours pour se couvrir leurs gabegies mutuelles comme dans l'Affaire Air Mauritius, l'affaire Teeren Appassamy, l'affaire Dulull et certains dimounn ki finn construire enn l'empire pé rentre dan MMM comma dire razoir pé vinn mok l'épée".

L'ancien vice-Premier ministre, qui se targue d'être "probablement la seule personne à avoir occupé une telle fonction tout en étant demeuré matériellement plus pauvre et plus endetté qu'avant", maintient toujours qu'il reste loin de la politique. Toutefois, tout en annonçant sa retraite le 31 mai, il prévient que Navin Ramgoolam saura "d'ici cette date ce de quoi Harish Boodhoo est capable". "Pour éna sok samachar le 31 mai", affirme Harish Boodhoo.

En attendant, son cortège - à chaque fois plus conséquent - de "victimes" du Sale by Levy et lui ont prévu de manifester à nouveau dans les rues de Port-Louis, devant la Cour suprême et l'Assemblée nationale, de 11h à 15 h jeudi 17 mai prochain. Ils y reviendront encore le jeudi 24 suivant, selon M. Boodhoo, pour "pleurer des larmes de souffrances".

"C'est vrai que je suis découragé, mais je vais remuer ciel et terre jusqu'au 31 mai pour que ceux que le système de Sale by Levy a dépouillés obtiennent réparation. J'ai beaucoup de respect pour l'ancien juge Ahnee. Il a été un des meilleurs juges de ce pays mais, si le Borrowers Protection Act doit être refait parce qu'il n'est pas efficace, le juge Ahnee doit aider à améliorer cette loi parce que trop de gens souffrent", soutient Harish Boodhoo. Il promet qu'un meeting qu'il tiendra devant la Cour suprême le jeudi 31 juin "marquera les esprits".


Drame des King Fish II et V

Le rapport de la Court of Investigation attendu à la fin de juin

La Court of investigation instituée pour faire la lumière sur les circonstances de la disparition des 16 marins-pêcheurs des King Fish II et V, présidée par le magistrat Benjamin Marie-Joseph, devrait être en mesure de soumettre son rapport d'ici la fin du mois de juin. C'est ce que Week-End a appris de source proche de la cour. Selon les indications recueillies, il ressort que les travaux présidés par le magistrat Benjamin Marie-Joseph entreront dans leur phase terminale à partir de la séance du 25 mai courant, séance à laquelle Hassen Taher, le propriétaire des deux bateaux, devrait être assigné comme témoin.

Selon les indications recueillies dans les milieux concernés, le magistrat Marie-Joseph et ses deux assesseurs, le capitaine Jean Wong Chung Toi et Bo Ronn s'apprêtent à auditionner les derniers témoins à être entendus par la Court of investigation à partir du 25 courant. Après avoir successivement auditionné les enquêteurs du Central CID, le responsable de la National Coast Guard (NCG) de St-Brandon au moment des faits, à savoir le sergent Kober Mohess, le skipper du Sea Treasure, Noël Mario Monvoisin, qui avait participé aux recherches et récupéré du matériel du King Fish II, qui avait été retrouvé échoué sur les bancs de l'île Cocos, le coordonnateur de la compagnie Hassen Taher, Jimmy Jean-Louis, de même que plusieurs autres témoins, venant notamment des ministères de la Pêche, la cour souhaite entendre la version des faits du propriétaire des deux bateaux, à savoir Hassen Taher. Selon nos recoupements, ce dernier pourrait être convoqué pour la séance du 25 mai. Cependant, à hier, aucune convocation officielle n'avait encore été envoyée à Hassen Taher.

À ce stade des travaux de la Court of Investigation, le magistrat Marie-Joseph est en présence du témoignage capital du sergent Kober Mohess, qui était en contact visuel et radio avec les deux bateaux, et ce pendant plus de 30 heures, les 22 et 23 février dernier. Selon la version des faits du sergent, le King Fish II avait des avaries de moteur et s'était approché de St-Brandon en vue d'effectuer ces réparations. Le King Fish V était du reste, toujours selon le même témoin, venu à la rescousse du King Fish II.

"Confortables"

Le sergent Mohess a perdu tout contact visuel avec les deux King Fish aux alentours de 20h50 le 23 février, alors que les rafales de Gamede se faisaient sentir. Il avait aussi insisté sur le fait qu'il avait donné pour conseil aux deux skippers, à savoir les Sri-Lankais Jayantha et Wasantha de Vesar, de se diriger vers l'île Albatros pour être en sécurité. Les deux skippers auraient, selon le témoin, tout simplement fait fi de ses recommandations afin de mettre le cap vers l'île Sirène, en disant qu'ils étaient "confortables" en dépit du mauvais temps découlant de l'approche de Gamede et qu'ils avaient l'habitude de travailler dans de telles conditions.

Lors des deux dernières séances des travaux consacrées à l'audition de Jimmy Jean-Louis, des questions précises en relation au témoignage du sergent Mohess ont été posées au témoin. Jimmy Jean-Louis avait fait ressortir en cour que c'est à travers les comptes rendus des travaux de la Court of Investigation que la compagnie a pris connaissance du fait que le King Fish II avait des avaries de moteur qui nécessitaient des réparations et que le King Fish V était venu sur les lieux dans cette optique.

Par la suite, le magistrat Marie-Joseph a fait clairement comprendre que le témoignage du responsable de la compagnie, Hassen Taher, était nécessaire devant la Court of Investigation. Dans un premier temps, le magistrat a demandé au témoin depuis quand il travaille pour le compte de la compagnie Hassen Taher. Jimmy Jean-Louis a fait ressortir qu'il y est employé depuis janvier.

Après avoir entendu ce dernier durant deux séances, séances durant laquelle le coordonnateur de la compagnie a soumis tous les documents relatifs aux deux bateaux et aux équipements qui s'y trouvent, le magistrat Marie-Joseph avait déclaré, lors de la dernière séance, qu'il estimait que le témoignage de Jimmy Jean-Louis relevait du "ouï-dire". "Je pense que ce que vous avez donné à la cour comme information est du hearsay. Je pense qu'il faudrait savoir si les skippers ont été properly briefed par le propriétaire, etc. Pour la prochaine séance (NDLR : qui aura lieu le 25 mai), nous allons assigner la personne concernée", avait déclaré en substance le magistrat.

Mystère du 16e homme

Ce dernier avait aussi émis l'intention de la cour de procéder à la visite d'un autre bateau appartenant à la compagnie Hassen Taher, qui serait similaire au King Fish V. Pour rappel, le magistrat et ses assesseurs s'étaient également rendus à St-Brandon afin de visiter l'épave du King Fish II, de même que les locaux de la NCG qui s'y trouvent.

Autre point capital sur lequel s'est attardée la Court of Investigation : l'omission de Jean-François Ramen Parsuramen de la liste officielle des membres de l'équipage des deux King Fish. Autre élément fourni par le sergent Mohess à la cour : le nom de Jean-François Ramen Parsuramen faisait bel et bien partie des listes d'équipages communiquées à la NCG de St-Brandon le 22 février dernier. Le mystère du 16e homme a du reste été un des faits marquant de la dernière séance. Jimmy Jean-Louis avait alors fait ressortir à la barre que la compagnie n'était pas au courant de cette information.

En fonction du calendrier établi par le magistrat et ses assesseurs, les auditions devraient normalement prendre fin au début de juin et le rapport prêt d'ici la fin du même moi.


Depuis hier matin

L'Airbus A 319 réparé est de retour à Plaisance

L'Airbus A 319 d'Air Mauritius, qui avait été abîmé lors d'un incendie d'un appareil de Qatar Airways dans les locaux de GAMCO, à Abu Dhai, le 19 avril dernier, est arrivé au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport hier matin. L'appareil complètement réparé et rénové sera mis en service dès ce matin, soit en avance sur le calendrier prévu. L'Airbus A 319 devra assurer sa première rotation sur la Réunion.

Commentant ce développement le Chief Executive Officer d'Air Mauritius, Manoj Ujoodha, fait ressortir que " we are pleased that the A319 was repaired ahead of schedule. " " Our gratitude goes to the teams at GAMCO, Airbus Industries and our own team for the efforts made to ensure the repairs were effected well within the deadline and to ensure that the aircraft is ready to resume safe operations ".

D'autre part, la compagnie aérienne nationale s'est retrouvée parmi les nominés pour la catégorie de Best Airline Based in Africa de la 25e édition du Official Airline Guide Airline of the Year Award. Cette édition s'est déroulée sous la présidence de la princesse Anne à Londres. Air Mauritius avait été nominée en compagnie de la South African Airways, qui a remporté le trophée, et de Kenya Airways et Egyptair.

L'Airbus A 319 d'Air Mauritius sur la piste d'atterrissage à Abu Dhabi avant son retour à Maurice hier matin



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 13 mai 2007