p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007



Hier à Providence—Le Premier ministre soutient qu'il ne reculera pas sur le projet Tianli
Select Committee sur le Sexual Offences Bill—Le comportement de Rama Valayden peut tout remettre en question, estime Paul Bérenger
Mobilisation pour le 1er mai—Le MMM met ses nouvelles recrues à contribution
Réunion du comité central du MSM—Pravind Jugnauth : "Ramgoolam doit prendre ses responsabilités face à ses ministres"
Invalidation d'élection—Ashok Jugnauth qualifie de "lâche" la position de Pravind Jugnauth
Allégations de corruption contre le gouvernement—James Burty David (PTr): "24 heures à Bérenger pour informer la police et l'ICAC"
Mardi dernier—Rama Valayden et Rajesh Jeetah dans la tourmente
Mardi prochain—La MBC et le NPC sur la sellette
Conseil municipal de Beau Bassin/Rose Hill—Réunion trimestrielle très attendue jeudi
Ça va se savoir


Hier à Providence

Le Premier ministre soutient qu'il ne reculera pas sur le projet Tianli

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, intervenant lors d'une journée récréative organisée par le Conseil de village de Providence (Moka), hier après-midi, a insisté sur le fait que son gouvernement ne permettra pas que le pays perde les quelque 17 milliards de roupies que les Chinois (la firme Tianli) projettent d'investir dans un parc industriel dans la région de Riche-Terre à cause de l'opposition manifestée par les planteurs qui occupent actuellement le site choisi pour ce projet de développement important.

Selon les propos du Premier ministre, les planteurs concernés "se verront offrir des compensations financières ainsi qu'une plus grande superficie de terres fertiles ailleurs, mais, en tout état de cause, ils devront finalement accepter d'être déplacés ailleurs afin de permettre au pays de bénéficier du projet avec, à la clé, la possibilité de créer quelque 5000 nouveaux emplois tout en permettant la rentrée annuelle d'environ 6.8 milliards de roupies en devises étrangères dans le pays une fois que les Chinois seront installés". Toujours selon le Premier ministre, qui s'adressait à une importante foule composée de villageois, "le gouvernement a déjà fait savoir qu'il ne permettra jamais ki fer dominère ar personne dans pays, surtout pas aux planteurs, mais il ne sera pas non plus question que le développement du pays soit bloqué uniquement parce qu'un planteur serait toujours insatisfait des conditions du recyclage ailleurs qui lui seront proposées". Le Premier ministre a sévèrement critiqué MM. Ajay Daby, Vishnu Lutchmeenaraidoo et Bérenger lesquels, selon lui, inciteraient les planteurs concernés à faire obstacle au parc industriel.

Officiellement, le Premier ministre avait été invité à Providence pour commémorer le 39è anniversaire de l'accession de Maurice à l'Indépendance, mais aussi pour rendre un hommage appuyé à feu, M. Navin Soonarane, son ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et du Service - Civil et ancien colistier - député à Triolet/Pamplemousses décédé le 8 décembre dernier. M. Soonarane était un habitant de Providence. Dans ce contexte de sa venue, comme l'a fait remarquer le président du Conseil de village, M. Henrico Ramjane, les villageois s'attendaient aussi à ce que le chef du gouvernement annonce quelques mesures de soutien à leur propre localité. Certes, Navin Ramgoolam a bien remis un certificat de citoyenneté d'honneur du village à titre posthume à la veuve et au père de Navin Soonarane mais il était évident pour tous que le Premier ministre s'était déplacé pour surtout donner la réplique aux campagnes actuelles de l'opposition MMM tout en promettant d'en dire encore plus lors du meeting de l'alliance gouvernementale du 1er Mai prochain.

"Le jugement de la Cour suprême blâme aussi Bérenger"

D'entrée, le Premier ministre s'est attaqué au leader du MMM, M. Paul Bérenger, lui reprochant de trouver maintenant correct "d'accorder son soutien quelqu'un que la Cour suprême a pourtant condamné pour pratiques de fraudes électorales et de corruption d'électeurs (allusion au député Asok Jugnauth) alors que le même Bérenger avait, dans le temps, proposé un document visant à réclamer des élections réellement Fair and Free". Selon le Premier ministre, après le jugement de la Cour suprême, "Paul Bérenger n'aurait pas dû avoir le droit d'ouvrir sa bouche pour parler de corruption de la part du gouvernement". D'après Navin Ramgoolam, "le jugement concerne également Paul Raymond Bérenger dont c'était le gouvernement qui était au pouvoir lors de l'organisation des élections générales lorsque, à la veille du scrutin, on bitumait encore les routes et on donnait encore des tiles en cadeau à Triolet pour essayer de gagner des votes".

Quand Ramgoolam parle… chinois

Revenant au projet de Tianli à Riche-Terre, le Premier ministre a affirmé que les Chinois n'avaient, au départ, aucune intention d'investir à Maurice et notre pays était même exclu d'une liste de cinq pays africains sélectionnés par le gouvernement chinois d'autant plus que nous n'avons pas de matières premières comme l'or, le diamant, le fer ou l'uranium dont les Chinois sont à la recherche sur le continent africain pour son propre programme de développement. Selon le Premier ministre, si, en fin de compte, les Chinois viennent chez nous c'est parce qu'ils sont reconnaissants que "l'île Maurice, sous Sir Seewoosagur Ramgoolam, depuis 1972, a toujours soutenu la politique d'une seule Chine (ndlr: à l'Onu) et ce malgré les pressions exercées par la Grande-Bretagne et des États-Unis". L'île Maurice n'a jamais attendu que la Chine devienne riche pour la soutenir et le président Hu Jintao s'en est souvenu, a déclaré Navin Ramgoolam. Ensuite, le Premier ministre a affirmé qu'un autre facteur qui a plaidé en faveur de Maurice "c'est que lors de ma récente participation à la Conférence sino-africaine à l'intention des chefs d'État du continent, j'ai joué à fond sur la forte présence dans la délégation de Maurice de personnalités mauriciennes d'origine chinoise pour faire comprendre au président Hu Jintao qu'à Maurice il y a des gens qui ont des liens étroits avec son propre pays".

Navin Ramgoolam a amusé l'assistance en racontant une anecdote. Il a affirmé avoir du apprendre immédiatement à dire une phrase entière en chinois à la fin de son discours après avoir constaté que le président comorien, qui avait précédé son intervention, avait impressionné son auditoire en murmurant seulement deux mots chinois (che che). Toujours selon le Premier ministre, après qu'il a prononcé sa phrase entière que lui avait rédigée à la hâte un membre de la délégation mauricienne, le président de Comores lui a dit "tu m'as dépassé !"

Sollicité par Week-End à la fin de la fonction, le Premier ministre n'a pu répéter, en chinois cette fameuse phrase qui aurait pesé lourd dans la décision du gouvernement chinois au point, toujours selon Navin Ramgoolam que le "président Hu Jintao finn dire coupe enn pays l'Afrique mette moris lors la liste pays cotte la Chine pour faire investissements". Il s'est contenté de répondre: "En gros, je me rappelle avoir dit que nous avons toujours été un ami de la Chine et que la conviction ne s'achète pas et cela a touché le président chinois."

Sur la base de cette anecdote, le Premier ministre a dit "regretter" que la majorité de 3/4 des sièges à l'Assemblée nationale lui ait été refusée. "Si j'avais obtenu cette majorité que je recherchais et si je pouvais agir comme le président Chinois boucou développements pas ti pou bloquer dans Maurice cotte Tender Board pran boucou bananés avant prend enn décision lors enn l'application en prozé", a soutenu le Premier ministre.


Select Committee sur le Sexual Offences Bill

Le comportement de Rama Valayden peut tout remettre en question, estime Paul Bérenger

Vaste tour d'horizon de l'actualité hier par le leader du MMM qui était, comme d'habitude, entouré de ses collègues de parti, sauf Rajesh Bhagwan, rentré dans la matinée d'un voyage médical à Londres. Les nombreuses interviews de l'Attorney General, ses sorties contre ses collègues "hypocrites", l'utilisation du PoTA, le NPC, l'appui de Rama Sithanen à Paul Wolfovitz, le projet sans appel d'offres de centrale à charbon, Teeren Appasamy et la "claque légale retentissante à Raju Mohit" sont autant de thèmes évoqués par Paul Bérenger.

Après avoir rappelé que Rama Valayden avait tenté, "avec la complicité de Navin Ramgoolam", de faire adopter - avec un certificat d'urgence et en catimini le Sexual Offences Bill (SOB) dont la note explicative ne mentionnait pas la dépénalisation de la sodomie - un sujet aussi grave depuis le 10 avril, Paul Bérenger a souligné qu'il y a eu, dans l'intervalle, la réaction des femmes, des intellectuels, de l'Ombudsperson for Children et de Me Pramila Patten.

Cette dernière, a-t-il souligné, a produit un document "très travaillé" de 13 pages qui montre que le SOB est un "galimatias" et "un travail bâclé" qui est en contradiction avec d'autres textes comme le Child Protection Act et le Code Pénal. Sur la dépénalisation de la sodomie, la question clé, a dit le leader du MMM, c'est qu'il est déjà bien difficile de prouver le non-consentement dans le cas des viols et qu'il le sera cent fois plus dans ceux de la sodomie, un fait, qui a été, dit-il, complètement escamoté par l'Attorney General.

Rappelant que c'était lui qui avait suggéré un Select Committee et aussi dit que ce ne serait pas facile de trouver un consensus, il a estimé que le comportement de Rama Valayden et ses interviews dans la presse compliquent davantage les choses.

Pour lui, l'Attorney General fait preuve "d'une révoltante arrogance". "Li insilté tou dimoune, à commencer par certains de son banne collègues ministres et li osi déclaré ki éna hypocrites et des tartuffes au gouvernement. Li pé vise Baichoo en tout premier lieu et li osi dir ki li bénéficié du soutien inconditionnel du Premier ministre et que ses alliés sont Xavier Duval, Rama Sithanen, Arvin Boolell, Étienne Sinatambou et James Burty David".

Tout cela rend plus difficile le travail du Select Committee et remet aussi en question la présidence de ce comité, a déclaré Paul Bérenger, qui a aussi ajouté que beaucoup dépendra des cinq personnes que le gouvernement nommera pour y siéger. Si ce sont "cinq yesmen de Rama Valayden qui seront nommés, là aussi, tout sera remis en question", a prévenu le leader du MMM.

Ce parti s'exprimera sur la motion mardi, a-t-il dit, tout en faisant ressortir être certain "qu'il y a un bon nombre de back-benchers et même des ministres qui doivent être révoltés par l'arrogance et les insultes de l'Attorney General". À une question de la presse, il a dit que le MMM a déjà désigné ses membres qui seront appelés à y participer.

"Choquant que le PM et la police utilisent pour la première fois le PoTA"

Commentant un autre de ses textes, le Criminal Procedure (Amendment) Bill, qui sera débattu mardi prochain, Paul Bérenger a dit qu'il vise à abolir les sentences fixes pour les crimes les plus odieux et la drogue. Il a considéré que, tout comme le SOB, il y a "précipitation sur un sujet terriblement compliqué qui soulève beaucoup de problèmes de fond et qui demande du temps".

Le leader du MMM estime qu'il faut se pencher sur les jugements de la Cour suprême et du conseil privé et les digérer pour voir comment cela se reflète ou non dans le texte. "Mo adresse moi au Premier ministre, pa kapav bâclé les choses, bizin donne plus de temps à bann légistes pou fer zot travay", a-t-il suggéré avant d'annoncer qu'une équipe de son parti, composée de Ivan Collendavelloo, Alan Ganoo, Jayen Cuttaree et lui-même, est en train de se pencher sur toute la question, sur les observations du conseil privé et sur le jugement Watson de 35 pages. Pour lui, il semble que Rama Valayden a fait une mauvaise lecture de ces jugements et que toute la question tourne autour de la proportionnalité de la sentence par rapport aux délis commis.

Commentant les arrestations survenues dans le sillage des manifestations sur la question des haut-parleurs, il a jugé "inacceptable" que les charges provisoires logées l'ont été en vertu du Prevention of Terrorism Act (PoTA), un texte qui vise les terroristes internationaux et locaux, s'il y en a. "Nou koné ki terroris servi violence ek attentat pou seye promovoir zot cause", a-t-il observé avant d'en venir aux manifestants qui, soutient-il, ont certes occasionné des dérapages, mais n'ont rien à voir avec le terrorisme.

"C'est choquant que le Premier ministre et la police utilisent pour la première fois le PoTA, alors même que Navin Ramgoolam avait dénoncé avec virulence cette loi en 2002 lorsqu'il était le leader de l'opposition", a déclaré le leader du MMM, qui a néanmoins dit qu'il faut maintenant attendre les décisions du Directeur des poursuites publiques sur ce dossier.

Soutien total aux syndicats sur le "gimmick" qu'est le NPC

Paul Bérenger a également évoqué le coût de la vie qui a plus que doublé avec un taux d'inflation à 10,5% à juin 2007 contre 5% l'année précédente. Il a déploré que, malgré cela, le gouvernement semble décidé à abolir la compensation salariale à laquelle la population est habituée depuis 25 ans. Il évoque une lettre que les syndicats ont adressée au gouvernement le 18 avril, dans laquelle le National Pay Council (NPC) est traité de "anti-worker body".

"Ils ont raison", a observé le leader du MMM parce que le NPC est un "gimmick". Il a aussi fait état de la dénonciation de Rama Sithanen comme du "MEF representative in gouvernement", avant d'exprimer le soutien total de son parti aux syndicats. Bérenger a ajouté qu'il conseille au gouvernement de reculer sur cette question et de donner aux travailleurs la compensation de 10,5% qu'ils méritent.

À une question de la presse, il a dit que ce conseil n'a aucun statut légal et en a profité pour critiquer Vasant Bunwaree pour avoir "insulté les syndicats" et les avoir traités "d'anti-travailleurs". Il a une nouvelle fois donné raison aux syndicats pour avoir refusé d'entrer dans le "piège du NPC".

L'affaire Wolfovitz : "Rama Sithanen projette une mauvaise image du pays"

"Rama Sithanen projette une mauvaise image du pays auprès de la Banque mondiale et des pays amis lorsqu'il a apporté son appui à Paul Wolfovitz", le chef de la BM qui a été impliqué dans un scandale de népotisme et de corruption alors qu'il était censé combattre ces fléaux, a par ailleurs déploré Paul Bérenger.

Le ministre n'avait pas le droit d'engager Maurice de cette manière-là, alors même qu'au sein de la Banque mondiale, des pays amis et plusieurs de ceux de l'Union européenne, il a été demandé à Wolfovitz de partir. Cette demande, a-t-il rappelé, est même formulée par son adjoint Graeme Wahler tandis que l'administration américaine elle-même est à la recherche d'un remplaçant pour Paul Wolfovitz. "C'est choquant que Rama Sithanen a jugé bon, au nom de Maurice, de lui apporter son soutien". "Nous condamnons cela le plus sérieusement possible", a dit le porte-parole du MMM.

Il s'est également élevé contre le fait que ce soit Rama Valayden qui ait répondu à une question parlementaire relative à l'extradition de Teeren Appasamy, considéré comme le principal bénéficiaire du méga scandale MCB/NPF, alors qu'il avait été son avocat et qu'il ait, en plus, "berné la population et le Parlement". Il a souligné que c'est le ministre des Affaires étrangères qui, sous le gouvernement MSM/MMM, avait initié les démarches en vue de l'extradition de Teeren Appasamy mais, qu'aujourd'hui, celui de l'Alliance sociale ne réclame plus cela et "Rama Valayden, ek complicité Navin Ramgoolam, pé cachiette derrière l'ICAC".

"Claque légale retentissante à Raju Mohit"

"Raju Mohit a eu une claque légale retentissante", a aussi commenté Paul Bérenger après que la Cour Suprême l'eut débouté vendredi. Il a dit que ses allégations et ses tentatives de poursuite à l'effet qu'il aurait "harbour a criminal" étaient totalement fausses. "Nou koné ki kalité campagne infecte l'Alliance sociale ti pé améné et ti pé allé mem ek sa. Mo ti pé attane jugement la Cour Suprême et ine montré ki kalité mensonge, palab, calomnie l'Alliance sociale kapav fer. Mo pé poursuivre Mohit en cour pour dommages", a déclaré le leader du MMM qui a dit que le dossier est entre les mains de ses hommes de loi. Il a aussi accusé Navin Ramgoolam de l'avoir "soutiré", "tout comme il le fait dans les scandales du moment".


La centrale charbon de Pointe-aux-Sables: "Un projet sans appel d'offres, fait sous la table…", dénonce le MMM

Paul Bérenger a jugé "choquante" la décision du gouvernement de permettre à un groupe étranger, des malaysiens en l'occurrence, de venir installer une centrale électrique à charbon à Pointe-aux-Sables devant produire 110 MGW, soit le tiers de la production nationale aux heures de pointe "alors que les Mauriciens sont parfaitement capables de produire de l'électricité".

"Le plus grave dans toute cette affaire, c'est que ce projet a été fait sans appel d'offres, sous la table, en catimini et pour les petits copains, alors ki c'est l'argent public, l'argent CEB ki concerné. Bizin éna appel d'offres et permettre Mauriciens participé et vine avec production charbon propre. Nous insisté ki bizin éna appel d'offres et le MMM proposé ki inclure bann ti planteurs dans enn projet mauricien", a-t-il déclaré. Il a rappelé que les petits planteurs sont déjà, comme actionnaires du Sugar Investment Trust, des producteurs d'électricité.

Répondant à des questions de la presse, Bérenger a, une nouvelle fois, soutenu que ce projet représente une menace pour l'industrie sucrière dans la mesure où il n'y aura plus de place pour une pleine utilisation de la bagasse. Si il y a appel d'offres, il estime que d'autres pourraient aussi bien faire des propositions et le CEB aurait pu ainsi choisir la meilleure offre.

En se référant à ce dossier mais aussi à l'épisode Rama Valayden/Teeren Appasamy, il a observé qu'il y a tellement de scandales avec les agissements des ministres Jeetah, Dulull que "la capacité d'indignation, y compris des éditorialistes, s'émousse", a déclaré Paul Bérenger.

Il a d'ailleurs dit sincèrement pensé "qu'avec Sir Seewoosagur Ramgoolam, qui avait ses défauts comme ses qualités, les Valayden, Jeetah, Dulull, Gowressoo ne seraient pas demeurés ministres".


Mobilisation pour le 1er mai

Le MMM met ses nouvelles recrues à contribution

Le MMM a décidé de mettre ses nouvelles têtes à contribution dans le cadre de la campagne de mobilisation pour le 1er-Mai. Vishnu Lutchmeenaraidoo a ainsi participé à son premier rassemblement lundi dernier alors que Vijay Makhan était, mercredi, à St Pierre et le lendemain, à Quatre Bornes, ville où il milite. Parmi les jeunes qui font, ces jours-ci, leur baptême du feu, les légistes Gaytree Dayal, Bernard Marie et Muhammad Riad Parvez Hullemuth.

L'heure était aux retrouvailles lundi à Tyack, celles de Vishnu Lutchmeenaraidoo avec la circonscription qu'il a représenté à l'Assemblée nationale de 1982 à 1990. Procession dans l'artère principale du village, écran géant pour permettre aux personnes qui n'avaient pas pu avoir accès à la salle du collège Newton de suivre les différentes interventions, tout y était pour fêter le retour de l'ancien Grand Argentier. L'ambiance était telle que le leader du MMM n'a pas hésité à le qualifier de "meilleur ministre des Finances que le pays a connu".

L'ancien député de la circonscription a, lui, dénoncé la politique économique de Rama Sithanen et du gouvernement de l'Alliance sociale, a invité la population à se mobiliser pour le paiement d'une compensation de 10,5% et a annoncé une "grande victoire comme en 82 pour un MMM qui devra se présenter seul".

Vijay Makhan effectuait fait lui son baptême du feu dans la circonscription de Deven Nagalingum où régnait un air de carnaval avec feu d'artifice. L'ancien Secretary for Foreign Affairs n'a pas fait dans la dentelle. Il a été très élogieux envers l'ancien Premier ministre Paul Bérenger qu'il dit avoir eu le privilège de côtoyer en sa qualité de haut fonctionnaire. Et, alors que son leader a décidé depuis le début de la campagne d'ignorer complètement Pravind Jugnauth et ses critiques répétées contre lui, il n'a pas hésité à égratigner le leader du MSM accusé d'avoir des ambitions démesurées. Vijay Makhan était également à Quatre-Bornes le lendemain.

Si les contacts de Gaytree Dayal, démissionnaire du MSM, se limitent aux petites réunions ici et là, en attendant d'effectuer une sortie officielle sous les couleurs du parti cœur, son collègue du barreau Bernard Marie a, lui, commencé à militer dans la circonscription de Port Louis Nord/Montagne Longue. C'est à ce titre qu'il était un intervenant très attendu à la réunion du MMM vendredi soir à Le Hochet, Terre Rouge. Ses sujets d'intérêt, l'éducation, cet outil de mobilisation sociale, les frais d'examen et les prix.

Quant à Muhammad Riad Parvez Hullemuth, il va prendre la parole mardi au meeting que tient le MMM au Centre Idrice Goomany à Plaine Verte. Cet éducateur qui a fait ses études en Égypte a été membre du conseil d'administration du Mahatma Gandhi Institute de février 2005 à avril 2006 avant d'aller exercer sa profession aux Seychelles. Dans une déclaration à Week-End, vendredi, il dit avoir opté pour le MMM parce que "ce parti milite pour l'unité nationale, la justice sociale et la démocratie".


Corruption: "Zafer Rs 50 millions Bel Air pé touffé" affirme le leader du MMM

Le leader du MMM, Paul Bérenger, persiste et signe dans tous ses meetings, comme à Terre Rouge, vendredi, où il a maintenu "qu'il n'y a jamais eu depuis l'indépendance autant de corruption comme en ce moment à Maurice" et ce alors même que "l'ICAC est devenu un paillasson".

Il déclare que l'affaire des Rs 50 millions de Bel Air Sugar Estate dans laquelle le ministre Asraf Dulull est impliqué "pé touffé" alors que, dans le cas de la fermeture de Desbro et le projet charbon de Pointe aux Sables octroyé, sans appel d'offres "bel lamoné ine marché".

"Rs 50 millions sa meme zot tarif sa" a, par ailleurs, soutenu Paul Bérenger en citant une demande faite dans ce sens à un investisseur étranger qui "avait un bon projet et qui avait rempli toutes les conditions" mais qui ne comprenait pas pour quelles raisons ses permis tardaient jusqu'à ce qu'il ait compris que l'on attendait un "geste" de sa part. Aussi, au lieu du soi-disant Business Facilitation Act, c'est plutôt, dit-il, un "pitaye facilitation act" qui prévaut.

S'il a dit considérer comme "un acte anti-patriotique" le sabotage des compagnies mauriciennes au profit des étrangers dans différents dossiers comme Desbro, le projet Charbon et Agaléga, il a dit que c'est aussi la "recherche de commissions" qui en est le principal motif.


Réunion du comité central du MSM

Pravind Jugnauth : "Ramgoolam doit prendre ses responsabilités face à ses ministres"

Lors de la réunion du comité central élargi du MSM, hier, au Sun Trust Building, le MSM a réclamé une commission d'enquête sur le dossier fer, plus précisément en ce qui concerne le rachat de Desbro International Ltd par la compagnie étrangère Murray & Roberts, et les liens qu'aurait le ministre du Commerce et de l'Industrie, Rajesh Jeetah, avec cette compagnie étrangère.

S'insurgeant également, une fois de plus, contre le Sexual Offences Bill (SOB), Pravind Jugnauth estime que, "le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui n'a pas réagi jusqu'ici, doit prendre ses responsabilités face à ses ministres". Se réjouissant toutefois qu'un Select Committee a été institué pour pencher sur le SOB, le MSM estime que cela permettra un débat élargi, sur lequel tout le monde pourra s'exprimer, et évitera de causer du tort au pays. Entretemps, le MSM se prépare activement en marge du meeting du 1er mai, assurant que le parti donnera un choc à la population en se positionnant comme le plus grand parti politique de Maurice.

Pravind Jugnauth a, une fois de plus, fait une virulente sortie contre le ministre de la Justice, Rama Valayden, concernant le SOB. "Li pe rod légaliz sodomie pou ouvert laporte à tou kalité perversions. Nou tou coné ki kalité dimal sa pou fer dan nou kiltir, dan nou pays, la ceki pli révoltant dan sa proze de lwa la, ceki inacceptab, c'est section 13 SOB, kot pe dir zenfan 12 an kapav consenti tripotaz, enn encourazma pou bann lespri sadik…", s'insurge Pravind Jugnauth. "Est-ce qu'une fillette de douze pourra témoigner en cour contre un adulte qui soutiendrait que l'enfant était consentante ?" se demande le leader du MSM. Soutenant que ministres sont contre ce projet de loi, le leader du MSM s'interroge quant au fonctionnement même du cabinet. "Est-ce que pour garder leur siège les ministres n'osent pas s'élever contre ces projets de loi ?".

En ce qu'il s'agit du ministre Jeetah, le MSM réclame, en ligne avec le principe de bonne gouvernance et de transparence, qu'une commission d'enquête soit mise sur pied pour apporter des éclaircissements quant au "scandale au sein de l'industrie du fer", avec notamment la fermeture de Desbro et l'achat de cette compagnie par une entreprise étrangère.

Rappelant que jusqu'ici le Premier ministre n'a pas réagi sur ce sujet, Pravind Jugnauth estime que "Navin Ramgoolam doit prendre ses responsabilités face aux incompétences de ses ministres". Le leader du MSM n'a pas manqué de souligner les mesures impopulaires du ministre des Finances, Rama Sithanen, "ki pe, de zour en zour, fer bann fami morisienne soufer". Le ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, en a aussi pris pour son grade.

Dans un autre volet, le leader du MSM aborde les préparatifs en marge de la manifestation du 1er mai. Faisant ressortir que son parti, "qui a été à l'école de sir Anerood Jugnauth", "a toujours favorisé et favorisera toujours le langage de vérité", Pravind Jugnauth soutient que "le MSM est le parti qui a le plus marqué l'histoire du développement et du progrès de Maurice. Et, aujourd'hui, la population le réalise". Selon lui, "contrairement à d'autres, le MSM ne promet pas monts et merveilles au peuple, ni que leur vie changera en 100 ou 200 jours". Dans cette optique, Pravind Jugnauth assure que le MSM disposera de la plus grosse affluence lors du meeting du 1er Mai.

Selon lui, au sein de certains autres partis "éna dimoun pe revé". "Mo pé dir sa sirtou pou enn gouvernma ki enn mazorité dimounn finn fer confians mé ki finn trahi lepep. Pou ena sok le 1er mai". Avançant qu'il a fait une alliance avec le peuple et que le MSM est au côté du peuple, Pravind Jugnauth affirme que "le 1er mai, le MSM pou donn enn sok et li pou enn indication ki MSM pou pran la bar sa pei la".

Auparavant, le leader de l'opposition, Nando Bodha, et le président du MSM, Joe Lesjongard, ont pris la parole pour rappeler aux membres du comité central de mettre les bouchées doubles pour la campagne de mobilisation en marge du meeting du 1er mai.


Invalidation d'élection

Ashok Jugnauth qualifie de "lâche" la position de Pravind Jugnauth

Ashok Jugnauth, leader de l'Union Nationale (UN), a qualifié de "lâche" la position de Pravind Jugnauth, leader du MSM, dans l'affaire du jugement de la Cour suprême invalidant son élection. Même si, déclare le leader de l'UN, il conteste ce jugement, il explique que dans leur arrêté, les juges de la Cour suprême ont porté le blâme sur le Cabinet sortant, dans son ensemble.

"En tant qu'ancien Premier ministre, Paul Bérenger me soutient comme l'un de ses ministres. Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, qui était, lui, vice-Premier ministre, a choisi de faire preuve de lâcheté. Je me demande même s'il a lu le jugement !", devait dire Ashok Jugnauth qui explique que dans sa plainte, le candidat travailliste Raj Ringadoo avait notamment impliqué Joe Lesjongard, à l'époque ministre des Terres et du Logement, dans l'affaire du cimetière musulman.

Maintenant qu'il a eu l'autorisation de faire appel contre le jugement devant le Privy Council de même qu'un "stay of execution" en attendant que le Conseil Privé ne statue sur toute l'affaire, Ashok Jugnauth a confirmé qu'il se rendra à l'Assemblée nationale mardi.

l'UN célèbre, par ailleurs, dimanche prochain, 29 avril, son premier anniversaire par la tenue d'un congrès à l'auditorium Octave Wiehe de l'Université de Maurice.


Allégations de corruption contre le gouvernement

James Burty David (PTr): "24 heures à Bérenger pour informer la police et l'ICAC"

Répondant aux allégations de corruption du leader du MMM, Paul Bérenger, à l'encontre du gouvernement, James Burty David, dirigeant du PTr, a défié ce dernier de porter "dans les 24 heures" les informations qui seraient à sa disposition à la connaissance de la police et de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) "au risque de passer pour un bluffeur". "Au cas contraire, nous agirons en conséquence", devait-il indiquer.

Selon M. David, la décision gouvernementale d'introduire la semaine de 40 heures durant la coupe dans l'industrie sucrière vise à permettre aux travailleurs d'être "partie prenante de la réforme très importante en cours". Il situe cette décision dans la même lignée de l'engagement du PTr en faveur des travailleurs de l'industrie sucrière vers la fin des années 30 et le début des années 40.

M. David trouve que les "barons sucriers et les barons, tout court" veulent "mettre les bâtons dans les roues". Pour lui, cette décision "révolutionnaire" prise en Conseil des ministres, vendredi, rejoint celle relative aux terrains à bail sur lesquels sont construites les maisons de l'ex-CHA et dont les résidents peuvent désormais aspirer à devenir propriétaire.

De son côté, Etienne Sinatambou, président du PTr, s'est dit confiant que son parti pourra réunir une très bonne foule le 1er mai prochain lors de son rassemblement à Place Bazar, Vacoas. Il a appelé les observateurs à comparer l'espace qui y est disponible à celui de Place Edward VII, Rose-Hill où le MMM tient son meeting de la Fête du Travail.

M. Sinatambou a souhaité que tout se déroule dans l'ordre pour ce rendez-vous annuel, "dans le respect de l'autre". Appel rejoint par le secrétaire général du PTr, Deva Virahsawmy, qui a souhaité que, comme son parti, les dirigeants des autres formations politiques appellent leurs partisans au calme le jour des rassemblements.


Mardi dernier

Rama Valayden et Rajesh Jeetah dans la tourmente

Rama Valayden et Rajesh Jeetah étaient dans la tourmente mardi. L'Attorney General, qui fanfaronnait sur les ondes des radios, a dû battre en retraite, une nouvelle fois, avec son Sexual Offences Bill, le Premier ministre ayant décidé, de concert avec l'opposition, que ce texte sera soumis à un Select Committee. Quant au ministre de l'Industrie et du Commerce, il a provoqué une suspension de séance avant de pouvoir faire une déclaration indiquant qu'il déposait le rapport du Management Audit Bureau sur les prix des barres de fer. Il a été accusé de "malhonnêteté" par l'opposition pour avoir omis de mentionner la recommandation d'une augmentation supplémentaire de 10% pour permettre aux opérateurs de continuer leurs activités.

C'est après la conférence de presse du leader du MMM, le jour de la réception du Sexual Offences Bill, le 7 avril, dénonçant la précipitation à la faire voter le mardi suivant et les protestations du leader de l'opposition le lundi suivant que le Premier ministre avait décidé que le texte ne serait présenté qu'en première lecture le mardi 10 avril.

Comme le tollé allait grandissant contre ce texte et surtout contre la dépénalisation de la sodomie et qu'à samedi dernier, le texte figurait à l'agenda des travaux sans aucun des amendements annoncés, Paul Bérenger avait, dans une déclaration à Week-End dimanche dernier, émis l'opinion qu'il aurait fallu que ce soit un Select Committee qui se penche sur ce projet de loi en vue de dégager un consensus, et surtout après avoir entendu ceux et celles qui ont des propositions à faire.

Le leader du MMM devait se mettre en contact avec le Premier ministre en début de semaine pour lui suggérer formellement cette option de Select Committee. Après les consultations d'usage avec le leader de l'opposition notamment, le Dr Navin Ramgoolam a accepté cette proposition, d'autant que dans les rangs même de l'Alliance sociale, certains, à l'instar de Shakeel Mohamed, avaient publiquement annoncé qu'ils ne voteraient pas pour ce texte controversé.

Mais ce n'était pas fini pour Rama Valayden, obligé, une nouvelle fois, de ramasser sa copie. Il devait être rabroué alors qu'il s'apprêtait à faire des commentaires avant d'annoncer que son texte allait être référé à un Select Committee. Lorsqu'est arrivé le moment où il était censé présenter le Sexual Offences Bill en deuxième lecture, il s'est mis debout et a commencé à expliquer que l'examen du texte avait été reporté en raison du fait que certains demandaient plus de temps pour l'étudier et il devait aussi s'embarquer dans des critiques contre ceux qui sont venus avec des arguments "irrationnels et déplacés".

Mais, il n'a pu poursuivre sa tirade, le leader du MMM invoquant les Standing Orders pour dire que l'Attorney General ne pouvait faire de discours, étant donné que le texte n'a tout simplement pas été présenté en deuxième lecture. Après un rappel à l'ordre du Speaker, Rama Valayden devait continuer avec ses commentaires, mais il a été de nouveau interrompu par Paul Bérenger qui a soutenu que "he cannot go on like that, he has not moved for second reading, he cannot speak".

Alan Ganoo réclame l'annulation de la libéralisation des prix du fer

L'Attorney General a alors obtempéré et s'est contenté d'annoncer qu'il n'allait pas de l'avant avec le Sexual Offences Bill en deuxième lecture et qu'il sera référé à un Select Committee qui sera nommé par le Speaker. Une annonce applaudie par les élus de l'Alliance sociale qui semblaient très soulagés qu'une porte de sortie ait été trouvée même si cela constituait un cinglant désaveu de leur collègue Rama Valayden.

C'est juste avant qu'il y avait eu l'épisode de Rajesh Jeetah. Le ministre de l'Industrie et du Commerce s'était levé pour faire une déclaration. Comme il s'apprêtait à évoquer le rapport du Management Audit Bureau sur la production et les prix des barres de fer, le député du MSM Joe Lesjongard a, en invoquant Erskine May, objecté à ce que le ministre fasse état du contenu d'un rapport s'il n'a pas été déposé sur la table de l'Assemblée Nationale. Le Speaker Kailash Purryag devait alors suspendre la séance pour la pause thé mais aussi pour étudier le point soulevé par le député de l'opposition.

À la reprise des travaux, le Speaker devait autoriser le ministre à faire sa déclaration à condition qu'il dépose le rapport sur les barres de fer. Rajesh Jeetah a soutenu que le rapport qu'il déposait avait approuvé l'octroi par le gouvernement d'une augmentation de 20% en novembre dernier. Paul Bérenger a dit que si cela est vrai, ce rapport propose aussi qu'une nouvelle augmentation de 10% soit accordée aux producteurs et le fait que le ministre n'en fasse mention équivaut à induire le Parlement en erreur.

Au Speaker qui réagit en disant ne pouvant intervenir dans la mesure où il ne sait pas ce que contient ce rapport, le leader du MMM répond qu'il en a un déjà, alors que le leader de l'opposition argue, lui, que les déclarations ne devraient pas comporter d'éléments controversables. Des cris de "malonet" devaient alors fuser des bancs du MMM surtout. Jayen Cuttaree lançant même: "Ki vested interests to pe defann ?".

Visiblement énervé, Rajesh Jeetah a répondu: "Twa, to inn ferm l'ECO !". Les mauves ont couvert sa voix de cris de "malonet !". C'est au même moment qu'Alan Ganoo faisait circuler copie d'une motion d'annulation de la libéralisation des prix du fer qu'il avait déposée auprès du secrétariat.

Beaucoup de problèmes locaux ont, par ailleurs, été soulevés à l'ajournement des travaux par des députés des deux côtés de la chambre.


Fait marquant: Le PM confirme l'augmentation des délits sexuels sur les mineurs

La première partie des travaux était axée sur l'ordre et la sécurité publique avec la PNQ du leader de l'opposition permettant à Navin Ramgoolam de confirmer qu'il y a eu depuis juin 2006 six rassemblements illégaux et que ceux qui ont participé aux tous derniers devant le Parlement, notamment le 10 avril dernier sont l'objet d'une enquête. Depuis cette date, il y a également eu 312 cas de délits sexuels dont la moitié concerne des mineurs. Nando Bodha en a profité pour égratigner Rama Valayden qui déroule "le tapis rouge" pour les récidivistes recherchés par la police mais qui n'a pas le temps de recevoir Sandra O'Reilly.

À des questions de Fazila Jeewa-Daureeawoo, le Premier ministre a aussi indiqué qu'il y a eu 14 cas de kidnapping recensés depuis novembre 2006 et qu'il y a eu 55 cas de sodomie de 2002 à mars 2007. Le chef du gouvernement ne disposait pas de données sur les cas de sodomie entre hommes comme demandé dans une question supplémentaire par la députée du MSM.


Attitudes

Cinglante réplique de Yatin Varma à Dharam Gokhool

La réplique de Yatin Varma a été cinglante lorsque, pour se tirer d'affaire, le ministre de l'Éducation a dit qu'il ne disposait que de 8 conseillers alors que son prédécesseur en avait 17. Le député a dit qu'il n'était pas intéressé à savoir ce qui était fait avant étant donné que l'Alliance sociale a reçu un mandat pour le changement. Yatin Varma a estimé que le nombre de conseillers du ministre est élevé et qu'ils auraient dû être utilisés que sur une période déterminée, sur une base "ad hoc" si le besoin se faisait sentir. Paul Bérenger a suggéré qu'il y ait aussi des "ministres ad hoc", ce qui a beaucoup amusé Yatin Varma et Lormesh Bundhoo.

Un "my good friend" qui intrigue

Le leader du MMM adressait une question supplémentaire au Premier ministre sur la représentation mauricienne à une réunion des chefs d'État de la Southern Africa Development Community sur le Zimbabwe, et sur le récent communiqué émis par le ministère des Affaires étrangères condamnant la situation dans ce pays tout en déplorant que ce ne soit pas le bureau du Premier ministre qui ait été impliqué. Il a, en passant, fait référence à Madan Dulloo comme "my good friend". Cela a suscité quelques réactions étonnées des bancs de la majorité.


Mardi prochain

La MBC et le NPC sur la sellette

Deux institutions seront sous les feux des projecteurs mardi prochain: le NPC et la MBC. Cette dernière sera le thème récurrent des questions posées au Premier ministre, Maya Hanoomanjee donnant le coup d'envoi avec deux questions. L'une sur une évaluation des ressources humaines et l'autre sur la caméra perdue lors du voyage premier ministériel à Paris l'année dernière. Elle sera suivie de Rajesh Bhagwan, avec une interpellation sur l'achat de films et les réunions du conseil d'administration, et de Ajay Gunness qui s'intéresse au programme Hum Tum.

Les autres questions pour le Premier ministre couvrent des sujets comme la Traffic Branch, le musée de la SMF à Vacoas, les facilités VIP à l'aéroport, la criminalité dans la région de Mont Lubin à Rodrigues, le projet d'hôtel à Agaléga, le problème de visa rencontré par le vice Chancelier de l'Université Rajiv Gandhi et la mort d'un certain S.A. à la prison de Grande Rivière.

Deux questions des députés du MMM sur le National Pay Council: l'une de Jayen Cuttaree demandant au ministre du Travail si ce conseil fonctionnera en dépit de l'absence des représentants syndicaux, et l'autre de Ajay Gunness sur Sen Ramsamy, le président désigné de ce NPC, ses qualifications ainsi que les conditions de son recrutement.

Autres questions d'intérêt: les déplacements à l'étranger du président de la STC; l'issue des travaux du Fact Finding Committee sur l'allocation des contrats de gardiennage; le statut de M. Lan Hing Choy Ah Fat au ministère de l'Industrie et du Commerce; la fermeture de la DWC et la vente de ses avoirs et équipements; la pénurie de certaines marques de lait; les petites et moyennes entreprises; les projets IRS et les taxes payées pour la reconversion des terres; les services vétérinaires; le projet charbon de Pointe aux Caves, la construction d'un mur sur la jetée de Rivière Noire, et la vente de l'Hôtel Berjaya.

En sus de la motion visant la mise sur pied d'une Select Committee de 11 membres sur le Sexual Offences Bill par l'Attorney General, Rama Valayden, ce dernier proposera en deuxième lecture le Criminal Procedure (Amendment) Bill.


Conseil municipal de Beau Bassin/Rose Hill

Réunion trimestrielle très attendue jeudi

Après la réunion trimestrielle mouvementée du 18 janvier, celle du 26 avril prochain est très attendue. On sait, d'ors et déjà, qu'il y a un problème de paternité, opposant le conseiller travailliste Nitin Soonarane à la maire MR Mirella Chauvin quant à la motion proposant que Jean-Claude de l'Estrac soit fait citoyen d'honneur de la ville de Beau-Bassin/Rose Hill et que le secrétaire a décidé de débattre d'une telle motion à une séance spéciale, ce que conteste le conseiller Soonarane qui s'attend, par ailleurs, à ce que sa motion sur le SGD Memorial Scholarship soit aussi inscrite ce jeudi.

"Si M. Isram continue à ignorer les procédures, je n'hésiterais pas à déposer une motion de blâme contre lui et réclamer un Fact Finding Committee sur ses agissements" a déclaré à Week-End, vendredi, Nitin Soonarane qui a, par ailleurs plusieurs questions pour la prochaine séance du conseil qui portent sur le manque de" traditional biers ", sur le stationnement des véhicules municipaux, sur les visites de l'ICAC à la mairie et sur le" sabotage "des équipements de voirie. Il a aussi demandé dans une lettre au secrétaire en date du 16 avril dernier de déposer copie de l'avis légal reçu pour ne pas lui fournir les réponses écrites à ses questions.

L'autre conseiller contestataire du MR, Dean Teeroovengadum qui a fini par adresser des excuses au secrétaire de la ville pour son comportement grossier lors de la réunion trimestrielle d'octobre 2006 a néanmoins décidé de revenir à la charge avec sa motion pour que le siège du conseiller du PMXD Eddy Clarisse, qui a été absent pendant plus de trois mois, soit déclaré vacant.

Autre affaire qui défraye la chronique aux villes sœurs est la lettre que l'employé Jean Marie Sylvain Laviolette a envoyée au secrétaire de la ville, avec force jurons, pour réclamer qu'il ne soit plus, selon lui, persécuté. Il a même fait son avoué Pazhany Rengasamy envoyer une lettre d'avertissement à un de ses détracteurs Deonarain Digumber. C'est à cela que se résume aujourd'hui la gestion d'une ville qui a fait la fierté de l'administration régionale.


Ça va se savoir

Les SMS du MMM dérangent certains

Les SMS que les organisateurs de la campagne du 1er mai du MMM ont envoyés à presque tous les abonnés d'un opérateur privé ont dérangé certains qui les ont reçus à des heures indues. Ce qu'il faut savoir, comme l'a démontré une campagne similaire de l'Alliance sociale en 2005, c'est qu'il y a un programme informatique chez l'opérateur qui permet, dès lors que l'on envoie un premier message à un des abonnés, de le faire basculer sur tous ceux qui sont des clients. Cela ne veut pas dire que les dirigeants de ses partis ont les numéros personnels de chacun des abonnés. Il faut savoir que ce procédé n'est pas sans danger puisque le SMS envoyé à certaines personnes les invitant à venir à la réunion nocturne de Quatre Bornes jeudi a été piraté puisque les mêmes destinataires ont reçu un SMS subséquent leur indiquant que la réunion avait été annulée alors que tel n'était pas le cas.

Des portables pour les activistes de l'alliance sociale

C'est un secret de polichinelle, une cargaison de portables dernier cri mais à prix raisonnable venant de la Chine a été reçue pour être distribuée aux activistes de l'alliance sociale pour qu'ils se montrent moins tiède dans la préparation du rassemblement du 1 er mai. Les partis qui forment le gouvernement qui démarrent tout juste leur campagne de mobilisation comptent sur la dernière semaine précédant la fête du travail pour galvaniser leurs troupes.

Une personnalité de la majorité intervient en faveur d'un prévenu

Cette personnalité de la majorité gouvernementale vient de défrayer la chronique mais elle ne semble pas avoir tiré les leçons de ses récents déboires publics. Elle n'a rien trouvé de mieux à faire, en fin de semaine, que d'intervenir en faveur de quelqu'un qui, soumis à un contrôle de routine de la police sur la route, a refusé de s'arrêter. Pourchassé par les policiers, il a sorti un couteau et menacé les agents qui ont procédé à son interpellation. Grande fut leur surprise lorsque la personnalité leur a ordonné de le relâcher sans tarder. Vu l'insistance et le poids qu'elle dit peser auprès des plus hautes autorités, les pauvres agents de l'ordre ont dû obtempérer.

Bagarre entre hôtesses dimanche dernier

Cela s'est passé sur un vol en direction de l'Asie dimanche dernier, deux hôtesses de la compagnie nationale d'aviation ont eu une bagarre en plein vol. L'affaire a commencé lorsque l'une d'elle a cru bien faire en servant le repas, un peu avant les autres, à un des passagers, qui s'était plaint de problèmes gastriques. Le plateau avait déjà été servi lorsqu'une autre hôtesse qui dit bénéficier de protection haut placé a protesté et exigé que le plateau soit repris. Choqué, le passager a décidé de porter plainte auprès de la direction d'Air Mauritius.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007