f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007



Aux petites heures samedi matin—Deux Mauriciens tués dans un accident à Johannesburg
Rassemblements illégaux—Des charges sous le PGA au lieu de celles sous POTA
Allégation de maltraitance—Nischaye, 16 mois, décède d'une fracture du crâne hier
Court of Investigation—"J'ai vu les deux bateaux côte à côte par une mer démontée"...
Affaire Lagesse—Débat autour des "aveux" de Maigrot et des photos de la reconstitution
Brèves


Aux petites heures samedi matin

Deux Mauriciens tués dans un accident à Johannesburg

Deux Mauriciens, Niren Soobarah, âgé de 38 ans, et Tito Beeharry, qui s'était installé à Johannesburg en Afrique du Sud depuis plusieurs années déjà, ont été tués dans un accident de la route très tôt hier matin. Selon les premiers renseignements parvenus à Maurice dans le courant de la journée d'hier, la voiture dans laquelle voyageaient les Mauriciens aurait heurté de plein fouet une autre voiture. Les deux Mauriciens n'auraient pas survécu à la violence du choc ou encore à leurs blessures.

"; Nous n'avons pas de plus amples détails sur ce qui s'est véritablement passé. Nous sommes dans l'attente de renseignements précis ", a déclaré à Week-End au téléphone, hier soir, une des proches parentes de Niren Soobarah. Ce dernier se trouvait en Afrique du Sud en compagnie de son épouse pour affaires. La conjointe de Niren Soobarah, soit la fille de Chintamun Rambocus, semblait-il, ne se trouvait dans la voiture au moment de l'accident survenu vers les 2 heures samedi matin.

Le couple Soobarah avait quitté Maurice mercredi en vue de se rendre à Johannesburg pour des raisons professionnelles. Niren Soobarah était le directeur de la filiale mauricienne d'une compagnie de réassurance basée en Afrique du Sud. Il devait régulièrement faire le déplacement en Afrique du Sud pour affaires. Il était également très proche de Tito Beeharry, qui a été également tué dans l'accident.

Des démarches devaient être engagées pendant le week-end pour le rapatriement de la dépouille mortelle de Niren Soobarah pour la crémation après l'examen post-mortem à Johannesburg.


Rassemblements illégaux

Des charges sous le PGA au lieu de celles sous POTA

Les indications recueillies par Week-End sont que les dispositions du Public Gathering Act (PGA) seront privilégiées par rapport à celles du Prevention of Terrorism Act (POTA) dans le cadre de l'enquête confiée au Central CID au sujet des rassemblements illégaux organisés lors de la semaine précédente pour protester contre le jugement du juge Paul Lam Shang Leen concernant l'utilisation de haut-parleurs pour l'appel à la prière dans des mosquées. Ce changement d'attitude serait la conséquence de démarches au niveau de l'Attorney General's Office sur l'application du POTA. Le premier des prévenus à bénéficier de cette clémence retrouvée a été Raffick Goolfee. Initialement interpellé pour des délits sous le POTA, il a été remis en liberté sur parole en début de week-end en attendant sa comparaison devant le tribunal de troisième instance de Port-Louis demain matin pour son inculpation provisoire.

Mais dans l'immédiat, les limiers du Central CID sous la supervision du surintendant Clifford Parsad se préparent à accueillir le maulana Choormaun pour audition et éventuelle inculpation provisoire pour des délits sous le Public Gathering Act. En principe, cet homme religieux se rendra aux Casernes centrales en compagnie de son homme de loi demain matin.

C'est ce qu'il aurait fait comprendre à un officier de police qui avait eu un échange téléphonique avec lui lors d'une descente à son domicile dans la journée de vendredi. Sachant qu'il était recherché par la police à la veille du week-end, le maulana a préféré prendre ses dispositions pour ne pas se faire interpeller un vendredi.

Dès vendredi matin, l'ordre en vue de procéder à l'arrestation des Ring Leaders des manifestations anti-jugement sur les haut-parleurs, au nombre de huit, avait été émis. Des équipes de limiers du CID étaient constituées en vue de retrouver les traces des suspects identifiés à partir de l'examen des photos prises par la police lors des rassemblements. Entre-temps, Iqbal Ghani, qui est en détention provisoire depuis lundi dernier, était inculpé formellement sous le Prevention of Terrorism Act en présence de son homme de loi, Me Raouf Gulbul.

Iqbal Ghani, qui se trouvait au premier rang de la manifestation devant l'Assemblée nationale le mardi 10 avril, avait été interpellé par la police pour sa participation à un rassemblement illégal à la rue Madras à la Plaine-Verte dans la soirée du lundi 9 avril. Lors de son audition, le leader de Tazia 786 avait été confronté aux propos qu'il aurait tenus dans la soirée du 9 avril avant d'être inculpé formellement.

À la mi-journée de vendredi, une équipe composée de membres du CID devait arriver aux Casernes centrales avec Raffick Goolfee. Dans un premier temps, le prévenu avait craint le pire vu qu'il a été initialement interpellé pour des délits sous POTA, donc aucune possibilité de remise en liberté sous caution. Mais au fil de l'audition, la situation devait changer.

Ce fut avec un véritable soulagement que Raffick Goolfee devait rentrer chez lui pour passer le week-end en vue de retourner aux Casernes centrales pour son inculpation provisoire pour participation à un rassemblement illégal sous le PGA. La journée de demain risque d'être mouvementée pour les limiers du Central CID vu le nombre de suspects à être interpellés et entendus dans cette affaire.


Allégation de maltraitance

Nischaye, 16 mois, décède d'une fracture du crâne hier

Nischaye Puddea, 16 mois, qui luttait entre la vie est la mort depuis dimanche, est décédé hier à l'hôpital Victoria, Candos. Il y avait été admis après avoir été transféré de la clinique de Lorette, où il avait été conduit dimanche dernier. L'enfant, qui souffrait d'une fracture du crâne, portait de multiples blessures, anciennes et récentes sur le corps. Il était sous respiration artificielle jusqu'à son décès hier. La police de Rose-Belle, qui enquête sur cette affaire depuis mercredi, a maintenant un cas de Murder sur les bras.

Selon les indications recueillies par Week-End autour de ce décès suspect, c'est en début de soirée d'hier que le petit Nischaye Puddea s'est éteint. Cependant, compte tenu de la nature complexe du cas, le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer (CPMO), a choisi d'effectuer l'autopsie du bébé ce matin. Ce dernier compte également demander à ce qu'une radiographie complète du corps soit effectuée, de façon à ne laisser any stone unturned en relation à ce cas déchirant.

C'est dans la matinée de dimanche que la mère du bébé, Manisha Puddea, 23 ans, accompagné de son concubin, Sanjiv Roseawon, 36 ans, s'est rendue à la clinique de Lorette pour y faire admettre le nourrisson. Selon les premières indications fournies par les parents de l'enfant au personnel de la clinique, ce dernier aurait fait une chute. Le Dr Boodhoo, neurologue, qui a examiné l'enfant, a été loin d'être satisfait de ce qu'il a constaté. Pour lui, les marques relevées sur le bébé auraient été commises par maltraitance. Il a, de ce fait, informé la police de cette affaire.

Cependant, selon nos recoupements, la police serait restée inactive au sujet de cette affaire pendant 48 heures. Le Dr Boodhoo aurait, devant cette inaction policière, pris les devants pour entrer en contact directement avec le Dr Boolell pour lui faire part de la situation. Le Dr Boolell, qui a examiné le bébé avant son décès, a souscrit aux observations de son collègue. La police devait alors commencer à se remuer. Chose incongrue: étant donné que le petit Nischaye et ses parents habitent le sud, les médecins qui ont suivi cette affaire de près se sont demandés pourquoi l'enfant n'avait pas été transporté au plus vite à l'hôpital Jawaharlall Nehru, Rose-Belle au lieu de la clinique de Lorette. C'est alors que le dossier du nourrisson devait être découvert à l'établissement de Rose-Belle. Il y avait déjà été traité, en décembre dernier, pour multiples fractures. Sa mère et son concubin avaient, du reste, fait l'objet d'une accusation provisoire pour maltraitance en cour.

Dans sa version des faits au sujet de la présente affaire, la mère du nourrisson avait, dans un premier temps, soutenu que son enfant était tombé d'un lit, avant de soutenir que, dimanche dernier, elle se trouvait sur son lieu de travail lorsque son époux Sanjiv devait l'appeler pour lui dire de rentrer au plus vite, car Nishaye était souffrant. Aux alentours de 11h ce dimanche-là, en rentrant, elle devait trouver son enfant inconscient dans les bras de son concubin. C'est à partir de là que l'enfant a été conduit à la clinique de Lorette. Nishaye n'est pas l'enfant biologique de Sanjiv Roseawon.

Les enquêteurs attendent les conclusions de l'autopsie du Dr Boolell ce matin pour déterminer les suites à donner à cette troublante affaire.


Court of Investigation

"J'ai vu les deux bateaux côte à côte par une mer démontée"...

Lundi, lors des travaux de la Court of Investigation, le sergent Kober Mohess, qui était alors responsable de la National Coast Guard (NCG) de St-Brandon au moment de la disparition des King Fish II et V, était en contact visuel et en contact radio avec les deux équipages. Il les a perdus de vue le 23 février dernier à 20h50. À 22h10, plus aucun contact radio n'était possible avec les skippers des deux bateaux. Les King Fish II et V seraient-ils entrés en collision dans les parages de St-Brandon, battus par les vents du cyclone Gamede ? Cette possibilité a par ailleurs été évoquée. Le sergent Mohess n'a pas écarté cette possibilité de collision. Auparavant, le même jour, les deux bateaux avaient refusé l'assistance de la NCG. Lors de la séance de mercredi, qui était la dernière avant le départ du magistrat Marie-Joseph et de son équipe pour St-Brandon (voir texte plus loin), le représentant de Hassen Taher Seafoods, Jimmy Jean-Louis, a produit une série de documents relatifs aux deux bateaux en cour.

Déposant devant la cour d'investigation lundi, le sergent Mohess a expliqué avec force détails les contacts visuels et radio qu'il a eus avec les King Fish II et V entre les 22 et 23 février dernier. C'est dans la soirée du 23, à partir de 20h50 qu'il a perdu les deux bateaux de pêche de vue. À 22h10 le même soir, les appels radio du sergent Mohess en direction des deux bateaux sont restés vains. Répondant aux questions du magistrat, le témoin n'a pas écarté la possibilité d'une collision entre les deux bateaux, qu'il a vus côte à côte. Avant d'aborder cette possibilité, le témoin a expliqué à la cour tout ce qui s'est passé à partir de la formation de Gamède le 22 février et ce qui s'est ensuivi en relation avec les deux bateaux, jusqu'au derniers contacts visuel et radio dans la soirée du 23 février.

Ci-dessous les principaux extraits de la déposition du sergent Mohess. Les questions liminaires sont de Mlle Beesoondoyal, du State Law Office (SLO).

Q : Que s'est-il passé le 21 février 2007 ?

R : Nous avons eu des informations à l'effet qu'un cyclone s'était formé dans les parages de Saint-Brandon. En fait, c'était plutôt le 22 que nous avons eu ces informations relatives au cyclone. La mer s'était détériorée et le temps était très venteux.

Q : Que s'est-il passé ensuite ?

R : Vers 14h, j'ai vu un navire s'approchant de l'île (Ndlr : le QG de la NCG se trouve sur l'île Raphaël) et avec nos radios Very High Frequency (VHF) et High Frequency (HF), j'ai pu entrer avec le skipper de ce navire. Il s'est présenté comme étant Jayantha De Vesar, skipper du King Fish II. Il m'a dit qu'il était venu à Raphaël pour jeter l'ancre étant donné qu'il avait des réparations mineures à faire sur ses machines. Après quelque temps, le King Fish II a été rejoint par le King Fish V.

Q : En le contactant, avez-vous pu savoir qui était à bord du King Fish II ?

R : Oui, via le VHF, il m'a donné les noms de neuf membres de l'équipage, lui-même skipper et huit pêcheurs. J'en ai pris note dans mon recording boarding register.

Q : Est-ce qu'il vous a dit où il se dirigeait ?

R : Oui. Il avait pris contact avec moi et m'a dit qu'il partait, en compagnie du King Fish V, vers l'île Sirene.

Q : L'un des deux bateaux avait des problèmes de machines. Comment s'est-il déplacé ?

R : Les deux ont pu repartir avec leurs propres machines sans problème.

Confortables

Le sergent a ensuite été interrogé au sujet des conseils et informations transmis aux bateaux qui se trouvent dans les parages de St-Brandon par temps cyclonique. Il a expliqué que, de par sa formation en Inde et à Singapour, il a appris qu'il y a un demi-cercle dangereux et un autre navigable pour les bateaux par temps cyclonique. Il a expliqué que, peu avant le drame des King Fish II et V, le cyclone Enok sévissait dans les parages de St-Brandon et que de nombreux navires s'y trouvaient. Tous, on pu s'en sortir, pour aller se réfugier près de l'île Albatross. Le sergent Mohess a déclaré en cour que c'est précisément le conseil qu'il avait donné aux skippers du King Fish II, mais que ce dernier lui a fait ressortir que les deux bateaux comptaient se diriger vers l'île Sirène plutôt, faisant fi de ses conseils. Les deux skippers ont, le 23 février, à un moment donné, refusé l'assistance de la NCG en disant qu'ils étaient confortables.

Q : Dans votre déposition, vous dites que vous avez fait comprendre au skipper les mauvaises conditions climatiques qui prévalaient. Que lui avez-vous conseillé ?

R : Un skipper doit savoir comment mener un navire en temps cyclonique. Il doit faire la différence entre le navigable semi-circle et le dangerous semi-circle.

Le capitaine Jean Wong Chung Toy : Sur quoi vous êtes-vous basé pour donner ce conseil ?

R : Le 9 février dernier, le cyclone Enok était dans les parages. Il y avait plusieurs navires dans les environs. Ils ont pu s'en sortir en suivant le navigable semi-circle pour aller se réfugier près de l'île d'Albatross. Je pense que le skipper devrait savoir ce que c'est qu'un cyclone à cet endroit.

Q : Mais ce n'est pas ce que le skipper semble avoir fait ?

R : Il m'a dit qu'il partait vers l'île Sirene.

Le magistrat Benjamin Marie-Joseph : Selon votre expérience, pensez-vous qu'il a fait le bon choix ?

R : J'étais en contact avec les deux King Fish pendant plus de trente heures. Je leur ai transmis le maximum d'informations sur le cyclone à partir de celles qui me provenaient des services météorologiques et de la MBC radio. Mais ils ont insisté sur le fait qu'ils étaient introuvables là où ils étaient. La mer était néanmoins très mauvaise.

Q : Pouviez-vous toujours les voir ?

R : Affirmatif !

Q : Quand aura été le dernier contact visuel avec eux ?

R : C'était le 23 février à 20h50. Les deux navires avaient allumé leurs lumières et leurs foglights.

Q : Et le dernier contact radio tout court ?

R : Je les ai appelés vers 22h10 mais en vain.

Le capitaine Wong Chung Toi : Était-il facile de comprendre le skipper quand vous lui parliez ?

R : Oui, il conversait en anglais et des fois en créole.

Q : Pouviez-vous également entendre les deux skippers converser entre eux ?

R : Oui, mais je ne pouvais comprendre.

Le capitaine Wong Chung Toy : Avez-vous l'impression, à un certain moment, qu'ils étaient désespérés ?

R : Pas du tout. Je leur ai demandé, à un certain moment, s'ils avaient besoin de l'assistance de la NCG, mais ils ont refusé. Ils m'ont dit qu'ils étaient confortables.

Le magistrat Marie-Joseph : À quelle distance se trouvaient les deux navires ?

R : Ils étaient côte à côte.

Le capitaine Toy : Ils ont donc dû entrer en collision l'un avec l'autre !

R : Probablement.

Q : Vous saviez que le cyclone fonçait tout droit sur St-Brandon et sur eux. Leur avez-vous fait compendre cela ?

R : Certainement. Mais la réponse qu'ils m'ont alors donnée était qu'ils avaient l'habitude de travailler dans des conditions cycloniques.

En ordre

Le magistrat Marie-Joseph et son équipe se sont également intéressés à l'épave du King Fish II et la manière dont la NCG a su que le bateau a été tampered with. Lors de la première visite à l'épave, tout était en ordre à bord et rien ne semblait manquer à l'appel. La première fois, le sergent Mohess avait constaté que, hormis des panneaux de vitres brisés et de l'eau dans certains compartiments, tout était en ordre. Les équipements de communication étaient au sec dans le Mess Room du bateau. Mais tel n'était pas le cas lors de la deuxième visite sur le bateau.

Q : Étiez-vous au courant qu'on avait pris des équipements à bord ?

R : Non, on l'a appris par des pêcheurs. The boat had been tamperered with. Tout était en désordre lors de notre deuxième visite.

Q : Trouvez-vous normal, en tant que policier, que de telles pistes ne soient pas tampered with ?

R : Je n'y pouvais rien. L'épave se trouve à 40 km de la base. La meilleure chose possible aurait été d'y placer une sentinelle.

Q : Pourquoi cela n'a-t-il pas été fait ?

R : C'est impossible étant donné les conditions. Il faut se rendre en pirogue sur place, car l'épave se trouve sur un banc de sable.

Q : N'y avait-il donc aucun moyen de ramener le navire à votre base ?

R : Impossible !

"Enn resif"

L'autre témoin à déposer lors de l'audience de lundi a été le Sub-Inspector Govinden Rengasamy, du Central Criminal Investigation Department (CCID). Il faisait partie de l'équipe de secours qui s'était rendu à St-Brandon. Le 7 mars dernier, il faisait partie de l'équipe de policiers qui s'était rendu sur l'île Coco, où l'épave du King Fish II a été retrouvée.

Ci-dessous des extraits de l'interrogatoire du S.I Rengasamy.

Q : Qu'avez-vous découvert aux abords de l'île Coco le 7 mars dernier ?

R : Un bateau dans la mer, échoué sur les bancs, à une centaine de mètres de l'île Coco. On est montés sur le bateau et tout était en désordre. Sur le bateau, j'ai trouvé un gilet de sauvetage et un chart.

Q : Qu'y avait-il d'écrit sur ce gilet de sauvetage ?

R : King Fish II

Q : Où est ce gilet de sauvetage ?

R : Au CCID. J'avais aussi retrouvé des documents appartenant aux pêcheurs, mais aussi à Hassen Taher Sea Foods.

Le témoin a également produit en cour une vingtaine de photos qu'il a prises lui-même ce jour-là. Il a aussi fait ressortir avoir interrogé des pêcheurs de l'île Coco, parce que ces derniers avaient aidé le personnel du Sea Treasure à reprendre le matériel du King Fish II. Le S.I Rengasamy a aussi fait ressortir qu'une corde et une ancre ont été secured et que celles-ci se trouvent au QG du NCG.

Lors de la séance de mercredi, le coordonnateur de la compagnie Hassen Taher SeaFoods, Jimmy Jean-Louis, a déposé en cour tous les détails relatifs aux deux bateaux. Il sera de nouveau entendu lundi. Noël Monvoisin, skipper du Sea Treasure, a également été appelé à la barre des témoins. Ce dernier a expliqué pour sa part qu'il n'aurait jamais, par temps cyclonique, tenté de rejoindre St-Brandon. Pour Noël Monvoisin, les marins Sri Lankais ont tendance à penser que St-Brandon est un port qui peut être utilisé en cas de mauvais temps. "Tann zot lor radio dir ki zot habitié al casiet St-Brandon. Kitfois zot penser St-Brandon enn port. Mais pas enn port sa, enn resif", a-t-il déclaré en substance.

Le témoin a fait ressortir n'être personnellement pas descendu du Sea Treasure pour se rendre sur l'épave du King Fish II. Il a souligné que c'est un autre skipper, Jorg Leratz, alias Ti-Rodrigues, un mécanicien appelé Norbert Piagnee, Hedley Allas, un pêcheur, de même que trois marins indonésiens du Sea Treasure qui se sont rendus sur l'épave le 2 mars dernier, en utilisant des pirogues de pêcheurs. Ils sont revenus à bord avec un gilet de sauvetage et la radio de bord, entre autres choses. Selon le témoin, "zot mem ki finn décidé pou pran seki kapav pran". Il a souligné que si ce matériel avait été laissé sur place, il aurait été volé par des marins de bateaux de passage. Les travaux de la cour d'investigation reprennent demain, lundi.


Visite de l'épave du King Fish II - Mission difficile à St-Brandon pour le magistrat Marie-Joseph

Le magistrat Benjamin Marie-Joseph et ses deux assesseurs, à savoir le capitaine Jean Wong Chung Toi et le Finlandais Bo Ronn, ont quitté Maurice à bord du CGS Guardian, dans la journée de jeudi, afin de se rendre à St-Brandon pour visiter l'épave du King Fish II. Selon les recoupements effectués par Week-End, le magistrat Marie-Joseph et ses assesseurs n'ont pas eu un trajet de tout repos, eu égard à une mer et des conditions climatiques difficiles.

C'est aux aurores hier matin, soit à 6h05 précises, que le CGS Guardian est rentré à Port-Louis. Très peu de renseignements ont filtré de la visite des membres de la Court of Investigation à St-Brandon, si ce n'est que ceux-ci ont été desservis par des conditions maritimes difficiles. Les membres de la cour d'investigation ont visité l'épave du King Fish II, échoué sur les bancs de l'île Cocos, de même que les locaux de la National Coast Guard qui se trouve, quant à elle, sur l'île Raphaël.

Cette visite est une étape essentielle des travaux de la cour, étant donné que, selon les différents témoins qui se sont succédé à la barre jusqu'ici, l'accès à l'épave, qui se trouve à environ 40 kilomètres de l'île Raphaël, ne peut se faire qu'au moyen d'une pirogue. Les témoins, notamment le CI Ramasawmy du Central CID et le sergent Mohess (voir texte plus loin), ont aussi confirmé que le King Fish II avait été tampered with. Le capitaine Seebaluck, director of Shipping, avait pour sa part affirmé que le bateau ne pouvait être remorqué jusqu'à Maurice.


Affaire Lagesse

Débat autour des "aveux" de Maigrot et des photos de la reconstitution

Bernard Maigrot est-il passé aux aveux ? Oui, soutient le surintendant Prem Raddhoa en cour de Mapou, non affirme son homme de loi, Me Ivan Collendavelloo. Des photos prises à la reconstitution des faits par le caporal Alain Lee Choo ont-elles été diffusées par la presse ? Oui, il y a eu fuite, affirme ce dernier.

En cour mardi, le surintendant Prem Raddhoa a affirmé que c'était lui qui avait noté "verbatim" les "aveux" de Bernard Maigrot le 23 avril 2001. Pour Me Ivan Collendavelloo, il n'y a jamais eu d'aveux et a présenté une motion d'outrage à la cour contre un quotidien relativement à cette affaire d'aveux.

D'autre part, le caporal Alain Lee Choo a, de son côté, soutenu que deux des clichés qu'il avait faits lors de la reconstitution des faits, le 24 avril 2001, ont été publiés dans un quotidien le 4 mai de la même année; alors qu'il était "le seul photographe" à être présent sur les lieux ce soir-là. Cet exercice avait eu lieu en présence des surintendants Prem Raddhoa et Bala Kamatchi. Le caporal a soutenu que ces photos sont secrètes et confidentielles.


Brèves

Violée après avoir été abandonnée par son petit ami

Une Sudiste, âgée de 20 ans, a consigné une déposition mardi pour viol, au poste de police de Souillac. Selon sa version des faits, le viol allégué remonterait à la soirée du 13 mars dernier. Elle a passé ladite soirée en compagnie de son petit ami à la plage de Souillac et au jardin Telfair. Aux deux endroits précités, elle affirme avoir eu des relations sexuelles avec celui-ci. A un moment donné, au Jardin Telfair, alors que le couple était en plein ébats, aux alentours de 22h, un inconnu s'est pointé. Selon sa version des faits, lorsque l'inconnu a surgi, son petit ami aurait pris la fuite en l'abandonnant sur place. Livrée à l'inconnu, ce dernier l'aurait alors violée avant de prendre la fuite. Selon les recoupements de Week-End, un suspect a été arrêté par la police relativement à cette affaire.

Recherché pour avoir attenté à la pudeur de son fils de huit ans

Un Nordiste, âgé d'une trentaine d'années, est activement recherché par la police de Rivière du Rempart pour avoir attenté à la pudeur de son fils de huit ans. C'est tôt jeudi matin que la grand-mère du petit a consigné une déposition dans ce sens à la police, après que son petit-fils a été admis à l'hôpital de Flacq pour des soins. Selon la version des faits de la grand-mère, la veille, soit mercredi, son fils était à regarder un film pornographique en présence de son petit-fils. C'est en regardant le film qu'il a attenté à la pudeur de ce dernier. L'enfant a été blessé. Le suspect est activement recherché.

"Wanted" à 72 ans pour attentat à la pudeur

Un habitant des Plaines-Wilhems, âgé de 72 ans, est recherché par la police. Il est accusé par sa petite-fille de 11 ans, d'attentat à la pudeur. Selon la version des faits de cette dernière à la police, elle subit les avanies de son grand-père depuis qu'elle est âgée de huit ans et ne peut s'y soustraire étant donné qu'elle dort dans le même lit que lui.

Relations sexuelles et sodomie à 15 ans

Une habitante du nord, âgée de 15 ans, a consigné une déposition à la police pour une affaire de relation sexuelle avec sodomie. Selon sa version des faits, il y a environ un mois, elle a eu des relations sexuelles avec son voisin. Ce dernier l'a également sodomisée. Elle a été blessée. La plaignante a été examinée par un médecin de la police. Le suspect est recherché.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007