La troisième mort de LIFE !
Pour la jeune génération, ce titre de presse américaine,
LIFE, liée au prestigieux Time, ne représente
rien de signifiant. Mais, pour la génération d'avant-guerre
et d'après-guerre, celle qui a produit la génération
des baby-boomers, LIFE a irrigué nos événements
de l'époque.
Aujourd'hui, on parle de la presse "people", mais, LIFE
magazine, incarnait cette presse qui évoquait les grands
moments de l'histoire du vingtième siècle avec force
photographies des "people" de l'époque, lorsqu'il
mettait en scène les grandes personnalités qui "commandaient"
le monde, ou les grands événements qui faisaient
la Une de nos journaux.
LIFE, pendant son cheminement, pouvait entrer dans l'intimité
d'un général Eisenhower visitant les troupes alliées,
le béret penchant, ou encore les deux frères Kennedy,
John et Robert, en conciliabule à la Maison-Blanche, sombres
silhouettes sur un fond éclairé par le vitrail.
Ou, même, ce cliché de Marilyn Monroe sautillant,
les cheveux en bataille. Je revois la fameuse marche de Martin
Luther King, à Washington, lorsqu'il militait pour les
droits des Noirs. Et le Russe Krouschev qui martèle sa
chaussure sur son pupitre lors d'une session des Nations Unies,
à New York. Et j'en passe !
L'une des dernières copies qui m'avaient été
prêtées, représentait un homme famélique,
victime de la terrible maladie du Sida. Ou encore le fameux "Sermon
sur la Montagne" du candidat Démocrate à une
élection présidentielle américaine, Gary
Hart, que l'opinion publique américaine soupçonnait
d'avoir une relation extra-conjugale. Hart avait accusé
la presse américaine d'avoir "inventé"
cette histoire. Et LIFE est venu avec une photo montrant
Hart et sa copine, enlacés sur un yatch
Ce qui a
coûté l'investiture de Hart à la convention
démocratique !
La presse américaine, il faut le reconnaître, avec
les titres de Washington Post, qui avait levé le
lièvre sur le scandale du Watergate - forçant le
président Nixon à la démission - ou le travail
de sape du New York Times - qui vient, par exemple, de
dénoncer l'affaire Wolfowitz sur une question de népotisme
- demeure le fer de lance par excellence pour faire avancer la
démocratie et la bonne gouvernance.
LIFE, donc, pour la troisième fois de son histoire,
a décidé de mettre la clé sous le paillasson.
Il annonce sa présence sur le Net. Mais ce n'est plus pareil.
Avoir un journal entre les mains offre une sensation physique,
où l'odeur de l'encre annonce le "bouquet" comme
le bon vin, où l'artisan aura offert le fruit de son travail,
selon la formule annoncée par Paul Vesrchave qui, déjà,
en 1930, annonçait que "le journalisme s'apprend.
Donc, il enseigne. Art ? Science ? Métier ? Le journalisme
est les trois: comme les artistes, les journalistes doivent posséder
la science de leur art, du métier
"
LIFE nous a appris tout cela. Le titre, rouge sur fond
blanc, nous a quittés. Consolons-nous ! Paru en 1936, avant
de s'arrêter en 1972, puis relancé en 1978 et 2000,
LIFE continuera, néanmoins à occuper nos mémoires.
Mais, sur le Net !
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007
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