é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007



Augmentation de prix et pénurie—Le lait toujours sous la menace
Prix des barres de fer—Rajesh Jeetah: "L'augmentation de 20% en 2006 était correcte"
Brèves


Augmentation de prix et pénurie

Le lait toujours sous la menace

Un kilo de Red Cow qui passe Rs 121.25 à Rs 135.55, ou celui de Farmland coûtant Rs 116.41 au lieu Rs 106.75. Le prix du lait en poudre, contrôlé ou pas, risque de nous réserver bien des surprises d'ici la fin de l'année. En sus d'une augmentation de 15% à 25% enregistrée en moins d'un an à Maurice, le prix de cette denrée de base pourrait en effet atteindre un niveau insoupçonné d'ici la fin de l'année. L'augmentation de 11% accordée par le gouvernement cette semaine ne serait qu'un simple avertissement, d'après les importateurs et analystes, qui prédisent une hausse variant entre 5% et 10% tous les mois. "Un kilo de lait coûtant entre Rs 180 et Rs 200 à la fin de l'année n'est aucunement une projection alarmiste. C'est ce qui se dessine à l'horizon", disent-ils.

La raison ? La production au niveau mondial ne peut pas faire face à la croissance de la demande. Résultat: le cours de lait connaît des envolées tous les jours. De nombreux pays s'approvisionnant sur le marché mondial craignent une pénurie qui pourrait se faire sentir à partir du mois d'août - peut-être plus tôt - et se prolongeant jusqu'au mois de décembre.

Même s'ils concèdent que Maurice n'est pas à l'abri de ce scénario, les principaux importateurs préfèrent se montrer optimistes, tout en se disant contraints de céder aux lois du marché. "Pénurie, peut-être pas. Mais l'augmentation du prix est presque une quasi-certitude. Le problème à Maurice est que le prix est déjà contrôlé. Nous nous sommes pliés à la volonté du gouvernement. En retour, nous devons attendre une semaine pour qu'une augmentation nous soit accordée. Il faut à chaque fois que les journaux en parlent pour que les autorités bougent. Ce n'est pas normal et cette situation joue parfois contre nous parce que le public peut penser que nous demandons des augmentations pour accroître notre profit. Or, ce n'est pas le cas", maintiennent les importateurs.

La marge de profit des importateurs est fixée à 14% par le gouvernement. Dans certains pays, les autorités ont été contraintes de contrôler les prix; dans d'autres, la libéralisation du marché, à certaines conditions, a aidé à rendre le marché plus compétitif. Sur ces marchés en question, notamment en Europe et aux États-Unis, cela n'empêchera pas le prix du lait d'augmenter. Les économistes prédisent que le lait pourrait atteindre son niveau le plus fort en octobre de cette année en raison de la conjoncture très difficile, occasionnée d'abord par la sécheresse frappant les gros producteurs comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, et, tout récemment, la décision de l'Inde et de l'Argentine de limiter ou d'augmenter la taxation sur les exportations. Parallèlement, la demande de nouveaux grands pays comme la Chine est en hausse. En Europe, les producteurs semblent préférer les produits à plus forte valeur ajoutée à la production de lait en poudre. Résultat: le prix de la tonne a augmenté de près de 50%.

Subsides et taxes

Les premiers effets se font déjà sentir sur le marché local. Les craintes des importateurs se caractérisent par les projections sur le marché mondial, d'autant que les nouveaux prix pour le dernier trimestre ne sont toujours pas disponibles. "Ce qui nous préoccupe, c'est que le prix peut monter par 15% à 20% d'un seul coup à partir de cette période", indiquent-ils.

Les associations œuvrant pour la protection des consommateurs songent, eux, à suggérer au gouvernement d'introduire les subsides sur le lait, pour éviter cette charge additionnelle à la population. Cette option est en fait la seule solution envisageable lorsqu'on sait que le lait est un zero rated product, donc sans imposition de droits de douane ou de TVA.

Entre-temps, après un début de pénurie de lait dans le pays depuis la semaine dernière, occasionnée par une suspension dans la livraison, les produits habituels comme Red Cow, Anchor, Twin Cow, Farmland ou encore Frico ont refait leur apparition dans les rayons des grandes surfaces. Et trouver un kilo de lait en poudre à moins de Rs 100 relève aujourd'hui du miracle!


Les nouveaux prix

Anchor (1 kg): Rs 122.90

Anchor Shape-Up (750 g): Rs 160.71

Red Cow : Rs 135.55

Red Cow Essential 3+: Rs 152.38

Farmland (1 kg): Rs 116.41

Frico (1 kg): Rs 128.30

Twin Cow : Rs 119

Twin Cow (brique 1 lt): Rs 33.95

Candia (brique 1 lt): Rs 36.50

Red Cow (brique 1 lt): Rs 33.21


Prix des barres de fer

Rajesh Jeetah: "L'augmentation de 20% en 2006 était correcte"

Rajesh Jeetah, ministre du Commerce, a souhaité établir les faits sur la situation dans le secteur de la construction et des barres de fer en particulier face aux attaques de part et d'autre. Il a parlé de campagne de désinformation et a fait ressortir que l'augmentation de 20% des prix sujette aux recommandations du Mauritius Audit Bureau (MAB) était raisonnable à l'époque.

Rajesh Jeetah a fait l'historique de la situation: le 17 novembre 2006, le gouvernement décide une augmentation de 20% sur les prix des barres de fer. Desbro avait alors formulé une demande de 37%, d'où le litige sur le prix de la billette et les négociations qui ont suivi avec la firme. Mais au mois de mars, il a fallu réviser le prix avec une augmentation additionnelle de 10%. L'augmentation de 20% était accompagnée d'une demande au MAB pour arbitrer et à la Commission pour la démocratisation de l'économie pour une étude. Le MAB a procédé à une deuxième recommandation au mois de mars 2007. Le 6 avril, un rapport intérimaire a été soumis au comité Duval suivi de trois autres rapports venant du ministère de l'Industrie, d'Enterprise Mauritius et de la commission pour la démocratisation de l'économie. C'est là que la libéralisation de la vente de la barre de fer a été décidée de même que la baisse de la taxe douanière.

Rajesh Jeetah s'est expliqué sur l'étude du MAB: il a précisé qu'il n'y a aucun rapport du MAB mais un draft report qui a été soumis à Xavier Duval le 6 avril. Le ministre du Commerce a aussi évoqué la situation des employés de Desbro sous préavis de licenciement en déclarant que "l'opozisyon pé afébli case bann travayer pou konpansasyon".


Brèves

Inflation 2006/2007: Taux prévisionnel de 10,5%

Le Bureau central des Statistiques vient de fixer à 10,5% le taux prévisionnel d'inflation pour l'année financière se terminant au 30 juin 2007. Si ce chiffre se confirme, il équivaudra à plus de deux fois le taux d'inflation pour l'année financière précédente. En 2005/2006, l'inflation avait été de l'ordre de 5,1%.

Le CSO indique qu'entre février et mars derniers, l'Indice des Prix à la Consommation (CPI) est passé de 134,9 points à 136,1 points, soit une hausse de 1,2 point. Rien qu'au poste Food and non alcoholic beverages, l'indice s'est accru, pour la même période, par 3,2 points; conséquence de la hausse, entre autres produits alimentaires, des légumes frais, du lait en poudre, de la viande, du poulet et du poisson.

Durant les douze mois s'étendant entre mars 2006 et mars 2007, le service des statistiques indique que le CPI est passé de 124,2 points à 136,1 points, soit une hausse de 11,9 points. Ainsi, le taux d'inflation pour les douze mois se terminant à mars 2007 s'établit à 9,7%, comparé à un taux de 4,9% pour la période correspondante s'achevant à mars 2006.

L'huile comestible plus chère: Hausse de 23% en cinq mois, souligne l'ACIM

L'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) condamne la dernière augmentation du prix de l'huile comestible intervenu lundi et laisse entrevoir qu'en cinq mois (de novembre 2006 à avril 2007), le prix de ce produit, qui a connu trois révisions à la hausse, s'est accru par une moyenne de quelque 23%.

L'association des consommateurs s'interroge à nouveau sur la pertinence d'une politique de libéralisation des prix de produits commercialisés par des entreprises en situation dominante sur le marché. Dans le cas spécifique de l'huile comestible, l'ACIM souligne que l'un des deux seuls compétiteurs dans ce marché contrôle quelque 74% de parts de marché.

Après les révisions intervenues lundi, les nouveaux prix de vente s'établissent ainsi: Rani (sachet): Rs 35.30 contre Rs 32.10; Raja (litre): Rs 39.50 contre Rs 36.25 et Moroil Sunflower (litre): Rs 41.25 contre Rs 39.25. Jusqu'à la mi-novembre 2006, avant les trois hausses successives, ces produits se vendaient respectivement à Rs 26.00, Rs 30.60 et Rs 33.00.

Restructuration et emploi: Des travailleurs de l'industrie sucrière en séminaire

L'incidence de la restructuration de l'industrie sucrière sur l'emploi fera l'objet d'un séminaire de l'organisation non-gouvernementale Labour Watch, mardi et mercredi prochains, à Quatre-Bornes.

Organisé avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert, ce séminaire de deux jours verra la participation de quatre syndicats de l'industrie sucrière: la Plantation Workers' Union (PWU), l'Artisans and General Workers' Union (AGWU), la Sugar Industry Overseers' Association (SIOA) et la Sugar Industry Staff Employees' Association (SISEA).

Des officiels de la Mauritius Sugar Authority, de la Chambre d'Agriculture et de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) agiront comme Resource Persons durant les travaux qui seront inaugurés, mardi matin, par le ministre de l'Agro-industrie, le Dr Arvin Boolell.



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