a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007



Article IV Consultations - Le FMI s'attaque au bus gratuit pour étudiants budgétivore
Waste-to-Energy Project—Deadlock entre le CEB et Gamma-Covanta
La Banque mondiale —« La bagasse cruciale pour la stratégie énergétique »
En réponse à Alan Ganoo—Abu Kasenally: "The present technology of coal is dirty !"
L'exemption de visa d'entrée en UE confirmée—Des discussions engagées fin mai


Article IV Consultations

Le FMI s'attaque au bus gratuit pour étudiants budgétivore

En prévision de la présentation du budget 2007/08, qui sera effectuée plus tard que d'habitude en raison des engagements internationaux du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, la teneur des Article IV Consultations du Fonds monétaire international (FMI) sert d'avant-goût aux exigences budgétaires énoncées par ce dernier. Ce document devra être approuvé par le conseil d'administration du FMI au cours du mois de mai car d'ici le 27 avril, Maurice ne fait pas partie de l'IMF Board Calendar Meetings rendu public à la fin de la semaine. Les premiers éléments, qui ont transpiré des conclusions de ces consultations à la suite d'une mission du FMI à Maurice en début d'année, confirment les appréhensions de cette institution financière par rapport aux dépenses encourues pour le financement du programme de transport gratuit pour les étudiants et les personnes du troisième âge, aux tergiversations du gouvernement dans la mise à exécution du programme de réforme économique et délimitent le champ d'intervention au niveau fiscal avec, dans un premier temps, un Broadening of the VAT Base avec l'élimination des Zero-Rated Goods et dans un deuxième temps, celle de toutes les exemptions (Exempt Goods).

Lors de sa récente mission à Washington, le vice-Premier ministre et ministre des Finances a pu tâter le pouls des officiels du FMI par rapport à l'économie mauricienne avec la teneur de ce document, qui sera au centre des préoccupations lors des étapes menant aux préparatifs du budget. Mais à ce stade, il serait prématuré de vouloir s'aventurer pour faire état du Fiscal Policy Mix qui sera adopté et servi à la population en juin prochain. Le FMI aurait transmis à la partie mauricienne ses appréhensions au sujet de la lenteur du rajustement fiscal et de la lenteur de la "Pace of Economic Reform".

Le message du FMI demeure que sans une accélération de la réforme fiscale et économique, Maurice ne sera pas en mesure de réduire le déficit budgétaire à 3% d'ici 2010, date de la fin du mandat du gouvernement de Navin Ramgoolam. L'autre conséquence sera que sans la réforme économique, la croissance annuelle à 6% susceptible de renverser la vapeur par rapport au taux de chômage ne serait qu'illusoire. Le FMI est des plus catégoriques en vue d'encourager le gouvernement à maintenir et renforcer le rythme de la réforme.

Les conclusions de l'Article IV Consultations proposent au gouvernement une série de mesures en vue d'atteindre des objectifs définis par rapport au déficit budgétaire, qui dépassera les 4% au 30 juin prochain. Ainsi, de sources bien renseignées, le FMI a fait état de ses objections et de ses réserves formelles quant au financement du transport gratuit pour les étudiants et les personnes du troisième âge. Le budget dépensé pour honorer cet engagement électoral de l'Alliance sociale dépasse les Rs 700 millions annuellement, soit un montant nettement supérieur aux prévisions initiales.

Au chapitre des Short Term Measures, le FMI recommande un retour à la situation prévalant avant les élections générales du 3 juillet 2005, soit la réintroduction du transport payant pour les étudiants, entre autres. À un peu plus de six semaines de la présentation du budget, très peu d'indications étaient disponibles quant à la décision du gouvernement de l'Alliance sociale suite aux observations du FMI par rapport à cette mesure annoncée le 1er mai 2005 et mise à exécution après le 3 juillet de la même année.

Un autre volet des mesures d'ajustement fiscal concerne la Taxe à Valeur ajoutée (TVA), un item budgétaire délicat. Conscient qu'une demande de majoration du taux de la TVA soulèvera une véritable résistance en raison du caractère impopulaire de la démarche, le FMI préfère adopter un chemin détourné avec, dans un premier temps, une recommandation pour le Broadening of the VAT Base et une élimination de toutes les exemptions à la TVA à une étape ultérieure. Les exercices de simulation effectués par le FMI prévoient qu'avec l'inclusion des Zero-Rated Goods et des Non-Food Zero-Rated à la TVA, soit l'imposition de la TVA sur des produits alimentaires - le poisson, le poulet de table, la viande, les produits laitiers et le pain - et aussi sur les publications, le gouvernement devra s'attendre à récolter des recettes supplémentaires entre Rs 1,3 milliard et Rs 1,5 milliard en attendant l'étape subséquente du Fiscal Adjustment.

Le budget consacré aux gages et salaires des fonctionnaires et des employés des corps para-étatiques a également fait l'objet de commentaires défavorables de la part du FMI dans le cadre du Warming-Up budgétaire. Le FMI n'a pas caché ses inquiétudes devant l'absence de baisse dans le budget du poids des gages et salaires et autres dépenses en faveur des fonctionnaires et des employés des corps para-étatiques. La pression du FMI pour l'adoption d'une telle mesure se fait de plus en plus pressante, d'autant plus que l'année prochaine, le Pay Research Bureau (PRB) devra soumettre des recommandations salariales à l'intention de ces catégories de salariés.

Les Fringe Benefits des fonctionnaires en terme de Duty Free Privileges pour l'acquisition de voitures sont également menacés. Le FMI recommande l'annulation pure et simple de ces facilités. Mais le Timing de la mise en application de cette mesure demeure en suspens. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances prendra-t-il le risque de proposer cette élimination dans le prochain budget ? Ou attendra-t-il la publication du rapport du PRB de 2008 ? L'élimination des Duty Free Benefits aux fonctionnaires a été Canvassed par la direction du PRB lors des rencontres préliminaires avec les syndicats de la fonction publique en ce début d'année. Mais le délai d'un an sera-t-il au goût du FMI ? La réponse avec la présentation du budget en juin prochain.

La posture financière de certains corps para-publics continue à préoccuper le FMI. Ce dernier a réclamé des mesures urgentes et énergiques pour renflouer la gestion financière des corps para-étatiques, dont le Central Electricity Board et la Waste Water Authority. Ces deux organismes sont dans l'attente d'une décision de l'Hôtel du Gouvernement pour une majoration des tarifs pratiqués. Les demandes de hausses de tarifs ont déjà été soumises au ministère de tutelle pour des décisions au niveau du conseil des ministres.

En ce qui concerne les principaux paramètres économiques, le FMI a sorti le carton rouge contre l'ajustement fiscal en faisant état de ses appréhensions au sujet de la composition du déficit budgétaire. Les problèmes de l'endettement et du Servicing de la dette, avec la nécessité de trouver un montant supplémentaire de Rs 3,3 milliards au cours du prochain exercice financier suite au réaménagement décidé par l'ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, restent au centre des problèmes budgétaires.

Le FMI met en garde contre le bunching des dépenses tout en rappelant que "des progrès ont été enregistrés dans certains secteurs. La dette publique reste élevée mais diminue légèrement. But it is not enough. L'effet sera mitigé par le problème de maturité de la dette locale l'année prochaine", note en substance le document du FMI. Cette institution n'a pas manqué de faire état des risques de Policy Reversals suite à la pression de la rue sur le gouvernement au sujet des réformes.


MCB Focus: Les Policy Reversals et les hésitations du GM dénoncés

Le dernier numéro de MCB Focus sous la responsabilité du Group Chief Economist, Gilbert Gnany, qui est parti jeudi assumer ses nouvelles fonctions de Special Adviser à la Banque mondiale, met en garde contre les répercussions sur la reprise économique des Policy Reversals, des délais dans la mise à exécution des mesures ou encore des tergiversations au sujet des décisions à entériner. Les analyses et les perspectives établies par la Stategy, Research and Development SBU de la MCB laissent planer le spectre du chômage dans la mesure où le taux de croissance nécessaire pour maîtriser ce problème est nettement insuffisant. La MCB fait également part des appréhensions au niveau du taux d'inflation pour le présent exercice financier, surtout la montée des prix de vente au détail depuis ces derniers mois.

"Latest indicators seem to confirm the view that the economic recovery process, which was becoming apparent in the wake of the ambitious reform programme announced last year, may somehow be jeopardised by delays on implementation policy reversals and other mixed signals from the authorities", souligne d'emblée le MCB Focus No 35, tout en ajoutant que "as its stands, the government declared target of achieving a sustained growth of around 7% is deemed overambitious in light of recurrent timidity in applying some fundamental reform measures, prominently relating to the labour market and market efficiency at large".

Ces perspectives sont d'autant plus accablantes vu que les répercussions de la réforme et de la restructuration de l'économie se situeront au niveau des pertes d'emplois. "The lack of a solid and sustained growth momentum and persisting structural disequilibria indicate that a rapid decline in the unemployment rate to more acceptable levels may not be envisaged in the near future, the more so considering that the restructuring of the economy should continue to engender job losses", rappelle la MCB.

Le MCB Focus définit les priorités dans la conjoncture en faisant ressortir que "at the macro level, it is, in the present conditions, primordial for the authorities to, amongst others, uphold stringent budgetary programmes that favour fiscal sustainability and combat the debt trap, pursue monetary policies that contribute to price stability and adopt an appropriate exchange rate policy to limit the impact of excessive fluctuations on external balances".

Au chapitre des prix, la MCB prévoit que "the situation is all the more worrying considering the continuous and sharp rise in core inflation with the rate excluding food, energy and administered prices edging up from 4,5% in June 2006 to 7,2% in February last with further increases foreseen in the near future".

En conclusion, le MCB Focus fait un véritable plaidoyer au gouvernement pour donner une chance au programme de réforme économique. "There is not only urgency but also scope for broadening and deepening the competitiveness-enhancing reform programme. Besides, the greater the participation of the stakeholders in the exercise, the higher are its chances of success. To this end, it would be desirable that the national strategy be properly formulated and communicated, with project prioritisation based on high/low risk in respect of sustainable development and the setting of clear milestones accompanied by constructive debates regarding the potential benefits and acceptable trade-offs of proposed measures. Moreover, commitent of the authorities to announced policies and timeframes would provide a healthy platform for economic agents to act cooperatively and constructively".


Waste-to-Energy Project

Deadlock entre le CEB et Gamma-Covanta

Un nouveau front extrêmement difficile a été ouvert pour les promoteurs du projet de Waste-to-Energy avec l'installation à La Chaumière d'un incinérateur de déchets pour produire de l'énergie électrique. En effet, alors que la contestation de ce projet ne cesse de gagner les différentes régions de la côte Ouest, les premières négociations entre les représentants de Gamma-Covanta, avec à leurs côtés des partenaires américains, et les officiels du Central Electricity Board (CEB), entamées au cours de la semaine écoulée, ont buté sur différents problèmes majeurs. Dans les milieux proches des deux parties, l'on confirme que c'est le deadlock entre le CEB et Gamma-Covanta.

Ces négociations, qui se sont déroulées sur quatre jours, visaient à établir les bases d'un Memorandum of Understanding en vue de permettre aux promoteurs de Gamma-Covanta de s'approprier annuellement les quelque 300 000 tonnes de déchets collectées par les soins du ministère des Administrations régionales en vue de les brûler pour produire de l'énergie électrique à destination du réseau national du CEB. Devant la tournure des événements au cours de la semaine écoulée, les partenaires américains des promoteurs n'ont pas manqué de faire preuve de signes d'irritation et d'énervement.

Dans certains milieux, l'on avance que les partenaires de Gamma-Covanta pourraient prendre du recul en vue de procéder à une nouvelle évaluation de la situation. Mais dans les rangs de Gamma, le partenaire mauricien, l'on ne veut nullement évoquer toute idée d'abandon du projet en marge du bras de fer engagé avec le CEB. L'on persiste à croire que le moment voulu, "les problèmes s'aplaniront d'eux-mêmes ou suite à des interventions qu'on ne qualifierait pas d'occultes".

Du côté du CEB, le deadlock avec Gamma-Covanta est confirmé officiellement après le round de négociations de la semaine dernière. "Nous maintenons notre position et notre politique adoptées lors de négociations avec les Independent Power Producers. Il est hors de question de brader les intérêts du CEB, soit ceux du gouvernement et des consommateurs. À ce stade, nous faisons face à un deadlock avec les promoteurs du projet d'incinérateur. Il n'existe même pas un terrain d'entente entre les deux parties. Comment peut-on parler de suites de négociations ? Il faut trouver un point commun pour approfondir les contacts. Il n'y en a point", a déclaré à Week-End une source autorisée au CEB.

"Les consignes du conseil d'administration du CEB sont claires et nettes. Nous n'allons pas transiger en ce qui concerne les garanties pour sauvegarder les intérêts du CEB, au niveau du prix à payer pour le kilowattheure ou encore les pénalités imposables à Gamma-Covanta en cas d'incapacité d'honorer le contrat de fourniture d'énergie électrique", s'est appesanti cette même source.

Effectivement, l'un des principaux points de désaccord concerne le volet de pénalité en cas de non-respect des dispositions du Memorandum of Understanding entre le CEB et Gamma-Covanta. Le CEB s'indigne des propositions avancées par Gamma-Covanta à ce sujet. "Si en cas d'impossibilité de trouver des quantités suffisantes de déchets pour alimenter l'incinérateur avec pour conséquence que la fourniture d'énergie prévue par La Chaumière est défaillante, l'abonné du CEB ne saura pas si c'est Gamma-Covanta ou le ministère des Administrations régionales, qui sont responsables de cette lacune. L'on blâmera le CEB pour le black-out. Nous aurons à mettre en service la station de Nicolay où le coût de génération du kwh est de Rs 7, soit plus de deux fois supérieur à celui de la vente. Or, la pénalité prévue est de Rs 500 000. C'est ridicule. Nous allons maintenir des pénalités bien sévères en cas de Non-Performance. Il n'y a pas à sortir de là", affiche-t-on du côté du CEB.

À ce stade, il est extrêmement difficile de donner des précisions quant à la reprise des contacts entre le CEB et Gamma-Covanta. Les parties se refusent de commenter les points en discorde vu que les négociations ont atteint un stade délicat, pour ne pas dire compromettant. Ce dossier de brûlante actualité est suivi en haut lieu et des signes d'impatience ont été notés au cours de ces derniers jours. Le deadlock au niveau du CEB est venu s'ajouter à une situation extrêmement difficile, d'autant plus qu'au ministère des Administrations régionales, des questions se posent quant à la quantité de déchets disponibles annuellement ou encore leur valeur calorifique.

Il n'est pas à écarter que le ministre des Services publics, Abu Kasenally, soit amené bientôt à appraise le conseil des ministres des problèmes rencontrés par Gamma-Covanta et "seek advice from higher quarters on how to proceed further". "The policy with regard to the generation of electricity as a by-product of waste is that the CEB would purchase electricity from such facilities at rates which are competitive and comparable to other sources so as not to adversely impact on the financial sustainability of the CEB", affirme l'Outline of Energy Policy 2007/2025, qui a été adoptée en catastrophe par le gouvernement suite aux injonctions de la Commission Européenne pour une politique énergétique cohérente pour le décaissement des mesures d'accompagnement pour le sucre. Le gouvernement mise sur une entrée en opération de l'unité de Waste-to-Energy de 20 MW à La Chaumière à partir de 2009.


La Banque mondiale :

"; La bagasse cruciale pour la stratégie énergétique "

La Banque mondiale a apporté une précision de taille dans le débat sur la politique énergétique cohérente exigée par la Commission européenne dans le cadre de la réforme de l'industrie sucrière. En marge des discussions suite à une demande de la Centrale Thermique de Savannah (CTSaV) pour un Emission Reduction Purchase Agreement, soit les fameux Carbon Credits dans la lutte contre les effets du réchauffement de la planète, la Banque mondiale a réitéré l'importance cruciale de la bagasse dans la stratégie énergétique de Maurice. D'autre part, au terme des investissements massifs dans la centrale thermique à Savannah, la Société Usinière du Sud (Suds) se qualifie pour des Carbon Credits de l'ordre de Rs 100 millions annuellement. Ces montants seront reversés directement au Central Electricity Board (CEB) avec le démarrage des deux turbines d'une capacité de 43,5 MW chacune, soit un total de 87 MW. Par ailleurs, la CTSaV est déjà en présence d'une letter of intent du CEB pour l'installation d'une troisième unité thermique en prévision de la centralisation de la sucrerie de St-Aubin à partir de 2009. Le projet global de Savannah est d'opérer également une unité de raffinage de quelque 200 000 tonnes de sucre annuellement et d'une distillerie d'éthanol, confirmant sa réputation mondiale "; de la plus importante installation de biomasse avec des chaudières pour brûler la bagasse les plus puissantes au monde. "

"; Bagasse cogeneration is important for the energy strategy of Mauritius. Bagasse cogeneration is an alternative that allows postponing the installation and/or dispatch of power generated by coal or heavy fuel oil - as true among the recently built power plants in the country. With the project assisting the country to facilitate utilization of renewable energy resources such as bagasse, the country's dependence on exclusive imported oil is reduced ", note la Banque mondiale dans un rapport sur les installations de la centrale thermique de Savannah. Ce document, qui est disponible sur le site web de la Banque mondiale depuis jeudi dernier, porte la signature de Michael Layec en tant que task team leader, de Warren Waters, regional safeguards coordinator, et de Iyer Subramaniam, sector manager.

Situant l'importance de la centrale thermique de Savannah, qui a nécessité jusqu'ici des investissements de 100 millions d'euros (Rs 4,2 milliards), la Banque mondiale s'appesantit sur le fait que "; with more efficient energy generation for use in the new Savannah sugar factory, the cogeneration project will contribute towards increased competitiveness of the country's sugar sector in the world market ". Plus loin, le rapport affirme que "; bagasse cogeneration displacing the use of fossil fuels results in a cleaner environment and attracts global climate change benefit support. The scale of the CERs generated by the project will boost attractiveness of bagasse cogeneration projects and will help to increase the production of clean energy in Mauritius ".

Recettes en devises de Rs 100 M par an

Jacques d'Unienvile, chief executive officer de la Suds et la cheville ouvrière du développement du nouveau complexe sucrier de Savannah avec la centrale thermique, interrogé par Week-End sur les négociations en cours avec la Banque mondiale au sujet des Carbon Credits, confirme que les procédures ont atteint un stade avancé. Une estimated appraisal date du dossier de Savannah a été fixée au 30 mai prochain et une décision du conseil d'administration de la Banque mondiale est prévue sur la demande de Savannah le 29 juin prochain.

"; Avec le démarrage des deux turbines de la centrale thermique à bagasse de Savannah prévu au cours du premier semestre de cette année, nous avions approché la Banque mondiale pour vendre nos Carbon Credits. Si tout se passe comme prévu, nous nous attendons à des recettes en devises de l'ordre de Rs 100 millions annuellement à cet item. Au terme des engagements, ces montants seront reversés automatiquement au CEB ", souligne Jacques d'Unienville, qui regrette que le volet relatif aux Carbon Credits générés par les centrales thermiques à bagasse soit complètement occulté dans le débat sur la politique énergétique.

"; La décision de la Banque mondale par rapport aux Carbon Credits vient prouver si besoin est que nous n'émettons de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Nous brûlons de la bagasse au lieu des fossil fuels ", avance le CEO de la Suds engagé ces jours-ci dans la mise en opération des deux machines de la Centrale Thermique de Savannah. "; Dois-je également rappeler que la canne à sucre demeure jusqu'à preuve du contraire the best carbon converter et de loin le plus efficient ? ", se demande-t-il par ailleurs.

Les plus puissantes chaudières au monde

En effet, depuis la mi-avril, la première chaudière de la centrale subit des reliability tests alors que la seconde devrait passer cette étape à partir du 2 mai prochain avant de s'engager dans la génération d'énergie électrique de l'ordre de 164 GWh pendant la période de la récolte sucrière et de 180 GWh pendant l'intercoupe. Mais le développement énergétique ne s'arrêtera pas là, même si Jacques d'Unienville confirme avec une fierté toute légitime que "; Savannah dispose des plus grosses installations de biomasse avec des chaudières pour brûler de la bagasse les plus puissantes au monde, soit deux turbo-generating sets de 185 tonnes de vapeur à l'heure à 82 bars, et à 525°. "

Ainsi, depuis le début de cette année, la CTSav est en possession d'une letter of intent du CEB pour un projet d'installation d'une troisième chaudière à bagasse, qui sera opérationnelle avec la fermeture de St-Aubin annoncée pour 2009. "; Initialement, le plan était de faire opérer deux unités dans le Sud, soit Savannah et St-Aubin. Mais nous avons étudié l'expérience du Brésil en termes de flexi-factories. Nous avons modifié notre projet pour nous concentrer sur une unité avec la distillerie d'éthanol, la raffinerie de sucre, la centrale thermique et la sucrerie ", poursuit Jacques d'Unienville.

Pour en revenir au débat sur la stratégie énergétique et à l'importance de la bagasse, le CEO de la Suds s'appesantit sur le fait que "; pour des raisons que j'ignore, très peu d'importance est accordée aux Carbon Credits générés suite à l'utilisation de la bagasse pour produire de l'énergie électrique. " "; C'est un avantage considérable pour le CEB, qui est le principal bénéficiaire de ces revenus, dont l'effet direct est une réduction considérable du coût du kilowattheure. Mais dans le débat actuel, nous n'entendons pas parler de cet aspect de l'équation ".

Jacques d'Unienville veut remettre les pendules à l'heure au chapitre de l'efficience des centrales thermiques à bagasse et celles à charbon, un des points avancés par ceux qui veulent privilégier le charbon au détriment de la bagasse. "; Des spreader-stokers sont utilisés dans des chaudières de 50 MW. L'utilisation du charbon pulvérisé dans des chaudières de plus de 50 MW petmet d'atteindre une plus grande efficience avec l'utilisation du charbon pulvérisé. Je dirai que si les autorités nous donnent la chance, nous serons en mesure de brûler du charbon pulvérisé avec une plus grande efficience. Avec le projet de la troisième chaudière de la Centrale Thermique de Savannah, si le gouvernement accepte et nous donne l'autorisation d'opérer une chaudière d'une capacité de 55 MW, nous allons pouvoir atteindre la même efficience avec du charbon pulvérisé et en brûlant de la bagasse en période de récolte sucrière. Je pense que dans l'intérêt de l'île Maurice de demain, nous avons intérêt à compare likes with likes sans se laisser tenter par des excès ", a-t-il déclaré en guise de conclusion.


Savannah : objectif 1,2 M de tonnes de cannes

Avec le processus de centralisation engagé dans le Sud, soit la fermeture de Saint-Félix depuis l'année dernière et celle annoncée de Mon Trésor Mon Désert et de Riche-en-Eau cette année, la sucrerie de Savannah devra être en mesure de broyer 1,2 million de tonnes de cannes. De ce fait, la capacité de la sucrerie, qui était de 125 tonnes cannes à l'heure (TCH) devra atteindre 425 tonnes cannes à l'heure d'ici à 2009.

Avec la bagasse disponible, la Centrale Thermique de Savannah devra pouvoir satisfaire sa demande en énergie pour la distillerie d'éthanol ou encore la raffinerie de sucre de 200 000 tonnes et ses propres besoins énergétiques tout en garantissant au CEB une fourniture régulière d'énergie électrique. "; This in turn will produce the amount of bagasse needed for CTSaV power plant to generate the energy requirement for in-house consumption and electricity for export to the national grid ", rappelle le document de la Banque mondiale, qui met l'accent sur le fait que "; the potential adverse impacts of coal/bagasse power plant have been mitigated through proper plant design ".

Le document de la Banque mondiale souligne que "; the burning of bagasse by the Centrale Thermique de Savannah - which is equipped with electrostatic precipitators - contributes significantly to the reduction of ambient PM10 concentrations that would otherwise be emitted from La Barque and MTMD sugar factories during the crop season. " Pour le projet de centrale thermique à charbon de Pointe-aux-Caves, le CEB tente de convaincre les promoteurs de CT Power de doter la centrale des mêmes équipements pour lutter contre la pollution.

Une autre différence de taille entre la Centrale Thermique de Savannah et CT Power concerne la fourniture d'eau. La centrale thermique à chabon de Pointe-aux-Caves doit surmonter de graves problèmes d'eau. Faisant le constat de la situation dans le Sud, la Banque mondiale trouve qu'avec la centralisation de St-Aubin à partir de 2009, les besoins en eau, soit 300 mères cubes par heure pour la centrale thermique et 150 mètres cubes pour la sucrerie, devront être satisfaits.

"; In the interim, it is suggested that water rights that SUDS has on Rivière Tabac and on Rivière du Poste at La Flora dam be utilized ", fait ressortir le document. D'autre part, la Central Water Authority a signifié qu'il n'objectait pas à la founiture d'eau à partir de la Rivière-du-Poste à la digue de Jolie Bois, de Bassin Canon et de Bassin Zaza sur la Rivière Tabac. Des conditions strictes, dont le paiement de Rs 1,50 par mètre cube d'eau puisée du réservoir de la sucrerie de Savannah, devront être toutefois respectées.


En réponse à Alan Ganoo:

Abu Kasenally: "The present technology of coal is dirty !"

La stratégie de politique énergétique, avec notamment la publication de l'Outline of Energy Policy 2007/2025 (voir Week-End du 7 avril), a dominé encore une fois, mardi, les débats à l'Assemblée nationale suite à une interpellation du député du MMM, Alan Ganoo. Le ministre des Utilités publiques, Abu Kasenally, a confirmé que le charbon est l'option de choix et privilégiée du gouvernement dans la politique énergétique. Mais suite aux interpellations du leader du MMM, Paul Bérenger, il devait concéder que la technologie du charbon comporte de gros risques pour l'environnement et la santé publique. Pour sa part, la backbencher de la majorité, Nita Deerpalsingh, qui se penche en faveur du projet de Waste-to-Energy avec l'incinérateur de La-Chaumière, a pris à contre-pied le ministre Kasenally au sujet des effets néfastes du charbon sur la santé publique.

Dans sa réponse liminaire à la PQ d'Alan Ganoo, le ministre Kasenally a fait état de la "policy of government to diversify away from oil through the use of coal in dedicated boilers with improved technology and design so as to have an efficient electricity generation". Il devait également mettre l'accent sur l'importance des sources d'énergies nouvelles et renouvelables, comme les éoliennes et l'énergie solaire.

Le ministre a donné la garantie que dans le cadre de l'élaboration de cette stratégie énergétique imposée par la Commission Européenne tous les partenaires ont été consultés. "As a result of this consultation process, there has been general consensus on the contents of the policy document", s'est-il évertué à faire comprendre.

Répondant à une interpellation supplémentaire de Paul Bérenger, Abu Kasenally a avoué que la Commission Européenne était intéressée à recueillir les réactions et opinions de tous les Stakeholders. "We have been in constant touch and the European Union has set up a structure through which we have to go and, so far, the reaction has been favourable. But they also wanted to have reaction from all quarters, and that's why we disseminated the information to the various stakeholders last week. I am also making sure that the MSPA gets copies of this document", ajoute-t-il.

Pressé de questions sur les répercussions du charbon sur l'environnement par Paul Bérenger, le ministre Kasenally, devait soutenir que "our preferred strategy has been to diversify the country's electricity base away from oil, and to increase the share of coal in the country's energy mix. I agree that the present technology of coal is dirty and we are hoping to move on to the various other technologies that are available".

Le ministre a ajouté que pour le projet de centrale thermique de Pointe-aux-Caves avec les promoteurs de CT Power "the new pulverised clean charcoal technology will be made available by CT Power. The CEB is also insisting to have an electrostatic precipitator in the chimney, which would track particles and the residue of ash will be disposed in a lined ash pond, so as to deter any seepage through or aquifers, thus causing contamination".

De son côté, Nita Deerpalsing devait monter au créneau pour dénoncer les répercussions sur la santé publique en général. "Concerning all these costing comparisons, may I know from the honourable minister when we are talking about the coal bieng the cheapest cost of fuel, whether the future cost on the health budget has been involved in that ? There are reports where we can equalize all the future health cost, the comparisons become completely diferent from what we have ?" s'est-elle demandé.

Abu Kasenally devait trouver que "it is difficult ti quantify what it may be in terms of cost to health " avant d'ajouter que "if you have got highly polluted coal, you can get obstructive lung disease, which is long term and it will affect the creatures in a certain degree. I am sorry, we have not managed to quantify it, but what we have to do is to take reasonable steps to ensure that the health of our population is not affected".

L'assistance de la Banque mondiale et de l'Union Europénne sera recherchée pour l'introduction d'une "cleaner technology" à Maurice.


CT Power: En contradiction avec les engagements de l'UE

L'absence d'exercice d'appels d'offres pour le projet de centrale thermique de charbon de Pointe-aux-Caves est en nette contradiction avec les engagements pris par Maurice auprès de la Commission Européenne sous le Multi-Annual Indicative Programme - EC Accompanying Measures for Sugar Proticol Countries 2007/2010.

Dans ce document transmis à Bruxelles en mars dernier, la nécessité de procédures transparentes en ce qui concerne les décisions sur les projets dans le domaine de l'énergie est mise en exergue. Le chapitre 2.6.2 de ce document souligne que "the key emphasis is to develop a sound governance framework for decision making that relies on economic, financial, environmental analysis to decide between competing proposals". Or, pour le projet de Pointe-aux-Caves, il n'y a pas eu de Competing Proposals et encore moins d'analyses sur les dégâts à l'environnement. Les promoteurs ne veulent que leur permis dans les meilleurs délais pour démarrer le chantier en juillet prochain.


Le Dr Abu Kasenally dénonce la "campagne de désinformation"

Réagissant, hier lors de la conférence de presse du PTr, à la "campagne systématique" visant à "déformer les faits", le Dr Abu Kasenally, ministre responsable du dossier énergétique a nié que le gouvernement veuille "privilégier le charbon aux dépens de la bagasse".

"Nous utiliserons la bagasse jusqu'au dernier gramme", a-t-il assuré. Et même d'expliquer que l'objectif est de porter le ratio d'utilisation qui est, actuellement, de 1: 2 à 1: 1. "Il n'est pas question d'énergie nucléaire. Restent le charbon et l'huile lourde. Le charbon est à moitié prix de l'huile lourde. Nous avons pris toutes les précautions en vue de la protection de l'environnement. Ce n'est qu'une campagne de désinformation", a-t-il conclu.


L'exemption de visa d'entrée en UE confirmée

Des discussions engagées fin mai

La nouvelle annoncée en primeur par Week-End la semaine dernière à l'effet que Maurice avait été mise sur une liste de pays exemptés de visa d'entrée en Union européenne a été confirmée tant par le ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, que par les services consulaires de l'ambassade de France. Tous deux ont aussi souligné qu'il reste quelques procédures à compléter avant que la mesure qui couvre des séjours ne dépassant pas trois mois n'entre officiellement en vigueur.

C'est par le biais d'une déclaration à l'Assemblée nationale que le ministre des Affaires étrangères fait le point sur ce règlement qui exempte Maurice en date du 31 décembre 2006. Madan Dulloo a dit que Maurice a constamment fait des requêtes dans ce sens auprès des autorités compétentes de l'Union européenne. "The process is on at the level of the European Commission but it is still not yet completed", a précisé le ministre.

Il dit aussi plus loin que ce nouveau régime d'exemption s'appliquera "only after the conclusion and entry into force of a Mutual Visa Exemption Agreement between Mauritius and the EU." "We have accordingly requested that the procedures be initiated for the conclusion of the said agreement", a annoncé Madan Dulloo.

Les procédures n'ont pu démarrer en raison des mesures en cours dans les pays qui sont sur la même liste que Maurice, à savoir Antigua, les Barbades, les Bahamas, St Kitts et Nevis et les Seychelles. "The European Commission has decided to delay the implementation of the said regulation until such time as the situation in those countries are conducive", a déclaré le chef de la diplomatie mauricienne.

Et de préciser que "our mission in Brussels has reported that discussions on the Mutual Visa Exemption Agreement are expected to be initiated by the European Commission around end of May 2007." "My ministry is closely following developments on the proposed new EU visa regime and will endeavour to have the issue finalised as soon as possible for the benefit of our fellow citizens traveling to EU". Le ministre est également revenu sur les nouvelles facilités, conclues lors de la récente visite de Brigitte Girardin, ministre déléguée à la Coopération au Développement et la Francophonie, qui devraient entrer en vigueur bientôt.

Quant à l'ambassade de France, dans un communiqué émis jeudi, elle confirme ce que Week-End annonçait la semaine dernière à l'effet que "le règlement 1932/2006 du conseil publié au Journal officiel de l'Union Européenne du 30 décembre 2006 modifie la liste des pays dont les ressortissants sont exemptés de l'obligation de visa d'entrée dans les États membres de l'Union Européenne "et que" six nouveaux pays, dont Maurice, figurent désormais dans cette liste".

L'ambassade souligne, elle aussi, que ce règlement prévoit que l'exemption "n'entrera pas en vigueur avant la conclusion d'un accord bilatéral d'exemption de visa entre la Communauté européenne et chacun de ces pays". Elle dit "se féliciter de cette perspective, de nature à resserrer les liens existant entre Maurice et l'Union Européenne".

"En attendant les négociations et la conclusion d'un tel accord, dont ni la teneur ni la date d'entrée en vigueur ne sont aujourd'hui connues, les dispositions actuelles restent applicables pour l'entrée des ressortissants mauriciens en France, et plus largement dans l'espace Schengen. L'ambassade de France invite donc les ressortissants mauriciens souhaitant se rendre en France ou dans l'espace Schengen à continuer d'observer les procédures actuelles de visa", écrit l'ambassade de France.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 22 avril 2007