c o u r r i e r WEEK-END --- dimanche 15 avril 2007



GAMMA ENERGY RÉPLIQUE AU Dr IQBAL BHUGUN

A la suite de la publication d'un article dans votre editorial du 1er Avril 2007 intitulé " Observations et analyses techniques du Dr Bughun ", nous souhaitons corriger les confusions laissées par l'auteur. Celles-ci sont sérieuses. Elles portent préjudice à notre projet sur des bases non-fondées. En tant que promoteur responsable, nous présentons ci-dessous des éléments de réponses scientifiques et authentiques afin de rassurer la population par rapport au projet de traitement d'ordures par incinération que notre entreprise se propose de réaliser.

Nous tenons tout de même à preciser qu' être qualifié en tant que docteur en Chimie ne fait pas quelqu'un devenir expert en dioxine. Nous aussi nous ne prétendons pas l'être, mais nous parlons sous la correction et avec des précisions de nos experts en la matière. Le Dr Bughun a démontré qu'il ne connaît pas suffisamment ce dossier, à travers ses observations. Vu que le Dr Bughun a pris une position nationale et irrationelle sur le sujet semblant être tellement sûr de lui dans ses déclarations, nous l'invitons à avoir le courage d'affronter notre expert en dioxine, le Dr Andrew Jackson dans un face-à-face public et télévisé sur toute la question. Pour note, the Dr Jackson a, entre autres, dirigé l'équipe qui a mené l'étude sur L'inventaire National de la Dioxine et Furanne à Hong-Kong. Il compte aussi une solide expérience dans le domaine, ayant agi comme consultant sur l'aspect environemental de plusieurs projets 'Waste to Energy' à travers le monde, ayant trait en particulier à la dioxine.

Voir suite en page 70-71

Pour rappel, voici les points soulevés par le Dr Bughun et nos réponses point par point.

1. Dr Bughun : L'Environment Protection Act des Etats-Unis énumère les effets visibles de la dioxine comme suit : "cancer, birth defects, infertility, weaknened immune response, skin disorders and behaviour change." Il n'existe pas de mesures de base de dioxines/furanes actuellement.

o Nous ne contestons pas le fait que l'exposition à la dioxine et la furanne peut causer les maladies énumérées par le Dr Bughun. Mais, ceci s'applique aux activités qui dégagent une certaine quantité de dioxines.

o A l'échelle internationale, plusieurs organisations scientifiques font des recherches sur les effets toxiques de la dioxine et furanne. Même si les opinions divergent, le United States Environment Protection Act (USEPA) est celle qui adopte la position la plus conservatrice. La déclaration de USEPA Information Sheet 1 : Summary of the Dioxin Reassessment Science, October 2004, se lit ainsi :

" Despite the potential risks, currently there is no clear indication of increased diseases in the general population attributable to dioxin like compounds ".

o Il existe un rapport officiel et publié sur le "Enabling Activities for Stockholm Persistent Organic Pollutants in Mauritius " commandité par le gouvernement mauricien dans le cadre de ses obligations internationales sous la Convention de Stockholm, qui élucide un inventaire complet de toutes les sources d'émissions de dioxine/furan. L'étude a été menée par une équipe d'experts en la matière, dont le Dr Robert Choong, professeur en Chimie de l'Universite de Maurice.

o D'après ce rapport, il est clair qu'il existe à ce jour plusieurs sources beaucoup plus dangereuses de dioxine et de furanne à Maurice, et nous trouvons surprenant que le Dr Bughun ne s'y intéresse pas en tant que scientifique.

o D'après le rapport, en 2003, le pays produisait 26.5 g de dioxine et de furanne annuellement avec 16.2 g émis directement dans l'air. 41% (soit 6.6g) de cette quantité provenait de l'incinération de bagasse pour la production d'électricité, 33% (5.3 g) de l'incinération de déchets médicaux.

o Le projet de Gamma, avec sa technologie de pointe assurant une incinération contrôlée et aussi doté d'un state-of-the-art 'Air Pollution Control System' capturant tout substance toxique, va contribuer à nettement réduire le taux de dioxines et furannes dans le pays.

o Ce projet va, comparativement à l'inventaire, ne va produire au grand maximum que 1% de cette quantité pour se conformer aux normes auxquelles il est rédigé.

2. Dr Bughun : La Convention de Stockholm a été ratifiée par l'île Maurice en 2004. Elle vise à réduire les émissions de dioxines et furannes (POPs) et l'élimination ultime (cendres). L'incinération des déchets figure parmi les grandes sources fixes de contamination visées par le Protocole.

o Nous ne partageons pas du tout l'observation du Dr Bughun en ce qu'il s'agit de sa lecture de la Convention de Stockholm. Il est impératif qu'un scientifique n'induise pas en erreur la population par une lecture limitative ou approximative d'un rapport aussi important.

o Pour l'édification du Dr Bughun et de vos lecteurs avisés, nous les invitons à visiter le site suivant : www.pops.int

o La Convention de Stockholm accueille favorablement toutes activités visant à réduire les émissions en dioxine/furanne. Si la Convention de Stockholm fait mention de l'incinération comme une des sources de dioxine et furanne, lisez bien monsieur, il fait référence à "uncontrolled or low temperature waste incineration pratices which create optimal condition for dioxine formation ".

o Le projet Waste to Energy proposé va incinérer des déchets à une température de plus de 850% avec un 'residence time' d'au moins 2 secondes, à laquelle la dioxine et la furanne sont largement détruites. Le peu qui reste est capturé par le " flue gas treatment system " qui va faire partie du "Air Pollution Control System".

o Il est bon de noter que 25% de l'investissement capital total de Rs 5 milliards est destiné à la partie physique de 'Air Pollution Control' de l'usine que Gamma propose d'installer.

3. Dr Bughun : Lors de la combustion (850 degrés), il reste des cendres sur les grilles : 30% du poids ! Cela est cité dans le rapport EIA de Gamma-Covanta et ils le contredisent en disant dans leur publi-reportage qu'il y aura 90% de perte de poids. Pour simplifier, l'usine de La chaumière brûlera 3 tonnes de déchets pour en produire 1 tonne. Ou en 3 ans on aura "refabriqué" ce qu'on a brûlé en 1 an, sauf qu'il sera cette fois hautement toxique.

o Gamma, dans ses déclarations, a précisé qu'il y aura une réduction nette en volume de 90% et non en poids. Ceci peu être vérifié dans le rapport EIA de Gamma sous la section 2.2. Le rapport Carlbro confirme davantage ce point. Donc nous ne venons pas avec des arguments sans fondement.

o Cette analyse est intéressante du point de vue de l'utilisation de terre qui est une ressource limitée pour le pays. La surface de terre qui va être nécessaire pour disposer du déchet solide généré par le processus de l'incinération, donc la cendre va être de 90% inférieure au volume total de déchets non-incinérés.

Sur le point que 'le déchet sera cette fois hautement toxique' :

o Nous exprimons de forts doutes sur les connaissances du Dr Bughun sur la technologie d'incinération de pointe appliquée de part le monde depuis le 'New EU Directives on Landfilling' de 1995. Nous ne faisons pas référence aux projets des années 1970 - 1990, qui sont largement dépassés. Notre projet est strictement basé sur les normes Européenes, conçues spécifiquement pour minimiser les risques de toxicité de ces activités .

o Le déchet auquel fait référence le Dr Bughun est la cendre produite par l'incinération. Il y a deux types de cendres produites: 85% en volume de 'Bottom ash' qui est un produit non-toxique, utilisé largement dans d'autres pays dans la construction, et 15% de 'fly ash' qui est la partie toxique, générée du 'Filter Bag' dans le 'Air Pollution Control System', qui sert justement à capturer toute les dioxines et furannes qui restent non-detruites après la combustion.

o Les deux cendres sont mélangés, traitées, stabilisées, et testées, utilisant les normes de 'Toxicity Characteristic Leaching Procedures(TCLP)' de la US Environment Protection Act, les normes les plus strictes, avant d'être disposées dans le 'monifill' sur le site.

o Les nombreuses expériences de notre partenaire expérimenté, Covanta, ont démontré que, dans tous les cas, les résultats de ces tests, avec le processus énuméré en haut bien suivi, s'avèrent satisfaisants et bien au-dessous des normes autorisées.

o Nous serons heureux d'inviter le Dr Bughun, en tant que chimiste, à venir analyser la toxicité des cendres qui vont être produites par Gamma pour une comparaison objective avec celles générées dans la combustion de la bagasse, qu'il semble vouloir défendre.

4. Dr Bughun : Pour traiter les fumées, on les pulvérise à la chaux, l'ammoniaque et le charbon actif. Cela neutralise dans une certaine mesure les acides et absorbe un peu de dioxines/furannes. De nouveau, on a créé une grande quantité de déchets hautement toxiques (sels, acides, métaux lourds, dioxines, furannes).

o L'objectif principal de ce projet d'incinération doté d'un " modern air pollution control equipment " est principalement de réduire le volume et les risques de déchets municipaux, en parallèle détruire et absorber tous les éléments toxiques du déchet.

o En ce qui concerne son allégation d'" une grande quantité de déchets hautement toxiques ", nous voulons de nouveau préciser que :

- Il n'y aura que 10% (des déchets au total) en termes de volume de cendre qui vont être générés comme déchets solides suite à l'incinération . La partie toxique de cette cendre est le 'fly ash' qui consiste en seulement 15% du volume total de cendre générée (soit 12,000 tonnes/an). Celle - ci, comme élaboré au paragraphe 3, est mélangée avec le 'bottom ash', un produit inerte, stabilisée, traitée, et sujet au contrôle rigoureux de toxicité d'après les normes de TCLP du US EPA, avant d'être disposée sur le site.

- Les metaux vont être enlevés à deux niveaux : Ceux qui peuvent être récupérés avant l'incinération vont être manuellement enlevés de la masse de déchets. D'autres vont être récupérés par un 'magnetised system' de la cendre après l'incinération. Le tout va être collecté pour possibilité de recyclage.

- Une majeure partie de dioxine et de furanne va être detruite dans l'incinération et le 'Flue Gas Treatment System' du 'Air Pollution Control'. La partie qui reste non-détruite qui représente une quantité minime, va être capturée dans le 'fly ash' qui va être melangée avec le 'bottom ash', ensuite traitée, neutralisée, testée et disposée dans le monofill sur le site.

o Pour l'aider à mieux comprendre, qu'il se documente davantage sur le " flue gas treatment system " et son apport au processus de l'incinération.

5. Dr Bughun : Comment éviter que ces résidus qui seront mis sous terre et que leurs " leachates " (lixiviation, pénétration d'eau) contaminent l'environnent et la nappe souterraine, surtout avec l'influence de cyclones ou pluies torrentielles à Maurice. La nappe souterraine, parfaitement saine, est à seulement 25 m sous terre contre 100m pour les "bore-holes". La région maraîchère et les élevages sont à moins de 250 m. Et la zone résidentielle la plus proche est à 1 km.

o Justement notre projet offre de solides garanties pour nos nappes phréatiques comparées aux projets de landfill tel que Mare Chicose qui causent actuellement une infiltration incontrôlée de "leachate " dans nos nappes phréatiques.

o Bien que ces cendres soient non-toxiques, nous avons pris une double précaution en les disposant dans un monofill spécialement aménagé, d'après les normes européennes. Il faut rappeler que le " EU directives on the Land Fill of waste " utilisé dans la conception de ce monofill est strictement formulé pour la protection des nappes phréatiques.

o Comme décrit plus haut, les cendres vont être stockées et les normes de Toxicity Characteristic Leaching Procedures(TCLP) de USEPA vont être appliquées pour suivre de près le degré de toxicité avant d'être ainsi disposées. Il est prouvé que les cendres conformément aux normes TCLP ont un très faible potentiel de " leaching " dans l'environnement et donc ne posent aucun risque de pollution des nappes phréatiques.

o Le monifill va être recouvert ('capping') progressivement pour réduire la pénétration d'eau provenant de la pluie.

o Des sondes (bore-holes) seront aménagés autour du monofill qui servira à prendre des échantillons d'eau de la nappe souterraine pour des besoins d'analyse et de vérification, pour certifier davantage qu'il n'y a pas d'infiltration de "leachate" dans la nappe phréatique.

o Les expériences de Covanta avec cette méthodologie appliquée largement sur divers projets dans d'autres pays ont démontré que la concentration de produits toxiques dans les " leachates " sont nettement en dessous des limites du EPA/ TCLP.

o Le site de la Chaumière a été décrété par les consultants de Carlbro en 2004 travaillant pour le compte du gouvernement mauricien, comme site approprié pour un tel développement, tenant en compte sa disposition, vu son éloignement de toutes les zones résidentielles. Il n'y a pas d'habitations à moins d'un kilomètre de l'usine.

o Dans plusieurs grandes villes européennes, telles que Paris et Newmunster en Allemagne, les centres d'incinérations se trouvent à côté des zones résidentielles.

6. Dr Bughun : Qu'est ce qu'on fera des résidus solides toxiques, qui équivaudrait à 2,3 millions de tonnes dans 25 ans, ainsi que les "leachates", liquides toxiques ? L'ajouter au béton est encore plus dangereux.

o L'utilisation des cendres dans la construction est une pratique courante dans plusieurs pays à moins que le Dr Bughun veuille remettre en question les techniques de construction dans ces pays où personne ne s'élève contre cette pratique.

o Avec les normes auxquelles notre projet s'adhérera strictement, nous maintenons que tout résidu solide ou "leachate liquide " sera non-toxique. Nous pensons vous avoir suffisamment éclairé sur "le comment " de cette affirmation dans les paragraphes précédents.

7. Dr Bughun :Comment évaluer la dispersion des fumées (90 m) par modélisation, alors que le modèle utilise les données de Plaisance, situé à 30 km du site de La Chaumière !

o Le modélisation qui est un domaine spécialisé, est clairement quelque chose qui dépasse la maîtrise du Dr Bughun. Donc, nous comprenons parfaitement la raison de ses commentaires à ce sujet et nous lui suggérons de se documenter avec le Dr Ramjeeawon de l'Université de Maurice qui en est un expert.

o Les données météorologiques de Plaisance et Médine ont été utilisées au début de cette évaluation. Les experts ont statué que celles de Plaisance étaient nettement plus appropriées et compatibles pour la région de la Chaumière.

o Pour information, tout modélisation pour des besoins d'EIA à Maurice, utilise des données provenant de Plaisance.

8. Dr Bughun : Selon le rapport EIA, le promoteur n'a pas eu la permission d'utiliser l'eau de rejet (irrigation / IA) de la "sewerage station" pour le refroidissement des machines. Il n'y a pas de garantie de WWA en période cyclonique, pluies et panne. Il n'y a pas de "contingency plan" (ref : minutes of meeting with WWA / EIA).

o Notre technologie est basée sur un " air-cooled system " et non pas d'un " water cooled system ". Donc il n'y a pas besoin d'eau pour le refroidissement des machines.

o L'eau nécessaire pour des besoins domestiques sera obtenue de la CWA.

o Nous avons quand même un accord de principe avec la station de traitement de Saint Martin, si jamais le besoin se fait sentir.

o Il est clair, à la lumière de cette question, que le Dr Bughun ne comprend rien a la technologie de pointe que nous proposons. Il gagnerait à étudier consciemment le projet au lieu de donner libre cours à ses élucubrations et induire le public en erreur.

Pour notre part, la polémique s'arrête là et nous souhaitons vivement que le Dr Bhugun réponde favorablement à notre invitation pour un face-à-face avec le Dr Andrew Jackson.

La Direction

NDLR: Week-End a toujours favorisé le débat sur les sujets d'intérêt national et ses colonnes sont ouvertes à toutes les parties. A condition de ne pas abuser des longueurs de textes et des attaques personnelles. Dans le cas présent Gamma Energy assumera seul et portera l'entière responsabilité de ses propos à l'encontre du Dr. Bhugun.



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