A la suite de la publication d'un article dans votre editorial
du 1er Avril 2007 intitulé " Observations et analyses
techniques du Dr Bughun ", nous souhaitons corriger les confusions
laissées par l'auteur. Celles-ci sont sérieuses.
Elles portent préjudice à notre projet sur des bases
non-fondées. En tant que promoteur responsable,
nous présentons ci-dessous des éléments de
réponses scientifiques et authentiques afin de rassurer
la population par rapport au projet de traitement d'ordures par
incinération que notre entreprise se propose de réaliser.
Nous tenons tout de même à preciser qu' être
qualifié en tant que docteur en Chimie ne fait pas quelqu'un
devenir expert en dioxine. Nous aussi nous ne prétendons
pas l'être, mais nous parlons sous la correction et avec
des précisions de nos experts en la matière. Le
Dr Bughun a démontré qu'il ne connaît pas
suffisamment ce dossier, à travers ses observations. Vu
que le Dr Bughun a pris une position nationale et irrationelle
sur le sujet semblant être tellement sûr de lui dans
ses déclarations, nous l'invitons à avoir le courage
d'affronter notre expert en dioxine, le Dr Andrew Jackson dans
un face-à-face public et télévisé
sur toute la question. Pour note, the Dr Jackson a, entre autres,
dirigé l'équipe qui a mené l'étude
sur L'inventaire National de la Dioxine et Furanne à Hong-Kong.
Il compte aussi une solide expérience dans le domaine,
ayant agi comme consultant sur l'aspect environemental de plusieurs
projets 'Waste to Energy' à travers le monde, ayant trait
en particulier à la dioxine.
Voir suite en page 70-71
Pour rappel, voici les points soulevés par le Dr Bughun
et nos réponses point par point.
1. Dr Bughun : L'Environment Protection Act des Etats-Unis
énumère les effets visibles de la dioxine comme
suit : "cancer, birth defects, infertility, weaknened immune
response, skin disorders and behaviour change." Il n'existe
pas de mesures de base de dioxines/furanes actuellement.
o Nous ne contestons pas le fait que l'exposition à la
dioxine et la furanne peut causer les maladies énumérées
par le Dr Bughun. Mais, ceci s'applique aux activités
qui dégagent une certaine quantité de dioxines.
o A l'échelle internationale, plusieurs organisations scientifiques
font des recherches sur les effets toxiques de la dioxine et furanne.
Même si les opinions divergent, le United States Environment
Protection Act (USEPA) est celle qui adopte la position la plus
conservatrice. La déclaration de USEPA Information Sheet
1 : Summary of the Dioxin Reassessment Science, October 2004,
se lit ainsi :
" Despite the potential risks, currently there is no
clear indication of increased diseases in the general population
attributable to dioxin like compounds ".
o Il existe un rapport officiel et publié sur le "Enabling
Activities for Stockholm Persistent Organic Pollutants in Mauritius
" commandité par le gouvernement mauricien dans le
cadre de ses obligations internationales sous la Convention de
Stockholm, qui élucide un inventaire complet de toutes
les sources d'émissions de dioxine/furan. L'étude
a été menée par une équipe d'experts
en la matière, dont le Dr Robert Choong, professeur en
Chimie de l'Universite de Maurice.
o D'après ce rapport, il est clair qu'il existe à
ce jour plusieurs sources beaucoup plus dangereuses de dioxine
et de furanne à Maurice, et nous trouvons surprenant que
le Dr Bughun ne s'y intéresse pas en tant que scientifique.
o D'après le rapport, en 2003, le pays produisait 26.5
g de dioxine et de furanne annuellement avec 16.2 g émis
directement dans l'air. 41% (soit 6.6g) de cette quantité
provenait de l'incinération de bagasse pour la production
d'électricité, 33% (5.3 g) de l'incinération
de déchets médicaux.
o Le projet de Gamma, avec sa technologie de pointe assurant une
incinération contrôlée et aussi doté
d'un state-of-the-art 'Air Pollution Control System' capturant
tout substance toxique, va contribuer à nettement réduire
le taux de dioxines et furannes dans le pays.
o Ce projet va, comparativement à l'inventaire, ne va produire
au grand maximum que 1% de cette quantité pour se
conformer aux normes auxquelles il est rédigé.
2. Dr Bughun : La Convention de Stockholm a été
ratifiée par l'île Maurice en 2004. Elle vise à
réduire les émissions de dioxines et furannes (POPs)
et l'élimination ultime (cendres). L'incinération
des déchets figure parmi les grandes sources fixes de contamination
visées par le Protocole.
o Nous ne partageons pas du tout l'observation du Dr Bughun en
ce qu'il s'agit de sa lecture de la Convention de Stockholm. Il
est impératif qu'un scientifique n'induise pas en erreur
la population par une lecture limitative ou approximative d'un
rapport aussi important.
o Pour l'édification du Dr Bughun et de vos lecteurs avisés,
nous les invitons à visiter le site suivant : www.pops.int
o La Convention de Stockholm accueille favorablement toutes activités
visant à réduire les émissions en dioxine/furanne.
Si la Convention de Stockholm fait mention de l'incinération
comme une des sources de dioxine et furanne, lisez bien monsieur,
il fait référence à "uncontrolled or
low temperature waste incineration pratices which create optimal
condition for dioxine formation ".
o Le projet Waste to Energy proposé va incinérer
des déchets à une température de plus de
850% avec un 'residence time' d'au moins 2 secondes, à
laquelle la dioxine et la furanne sont largement détruites.
Le peu qui reste est capturé par le " flue gas treatment
system " qui va faire partie du "Air Pollution Control
System".
o Il est bon de noter que 25% de l'investissement capital total
de Rs 5 milliards est destiné à la partie physique
de 'Air Pollution Control' de l'usine que Gamma propose d'installer.
3. Dr Bughun : Lors de la combustion (850 degrés), il
reste des cendres sur les grilles : 30% du poids ! Cela est cité
dans le rapport EIA de Gamma-Covanta et ils le contredisent en
disant dans leur publi-reportage qu'il y aura 90% de perte de
poids. Pour simplifier, l'usine de La chaumière brûlera
3 tonnes de déchets pour en produire 1 tonne. Ou en 3 ans
on aura "refabriqué" ce qu'on a brûlé
en 1 an, sauf qu'il sera cette fois hautement toxique.
o Gamma, dans ses déclarations, a précisé
qu'il y aura une réduction nette en volume de
90% et non en poids. Ceci peu être vérifié
dans le rapport EIA de Gamma sous la section 2.2. Le rapport Carlbro
confirme davantage ce point. Donc nous ne venons pas avec des
arguments sans fondement.
o Cette analyse est intéressante du point de vue de l'utilisation
de terre qui est une ressource limitée pour le pays. La
surface de terre qui va être nécessaire pour disposer
du déchet solide généré par le processus
de l'incinération, donc la cendre va être de 90%
inférieure au volume total de déchets non-incinérés.
Sur le point que 'le déchet sera cette fois hautement
toxique' :
o Nous exprimons de forts doutes sur les connaissances du Dr Bughun
sur la technologie d'incinération de pointe appliquée
de part le monde depuis le 'New EU Directives on Landfilling'
de 1995. Nous ne faisons pas référence aux projets
des années 1970 - 1990, qui sont largement dépassés.
Notre projet est strictement basé sur les normes Européenes,
conçues spécifiquement pour minimiser les risques
de toxicité de ces activités .
o Le déchet auquel fait référence le Dr Bughun
est la cendre produite par l'incinération. Il y a deux
types de cendres produites: 85% en volume de 'Bottom ash' qui
est un produit non-toxique, utilisé largement dans d'autres
pays dans la construction, et 15% de 'fly ash' qui est la partie
toxique, générée du 'Filter Bag' dans le
'Air Pollution Control System', qui sert justement à capturer
toute les dioxines et furannes qui restent non-detruites après
la combustion.
o Les deux cendres sont mélangés, traitées,
stabilisées, et testées, utilisant les normes de
'Toxicity Characteristic Leaching Procedures(TCLP)' de la US Environment
Protection Act, les normes les plus strictes, avant d'être
disposées dans le 'monifill' sur le site.
o Les nombreuses expériences de notre partenaire expérimenté,
Covanta, ont démontré que, dans tous les cas, les
résultats de ces tests, avec le processus énuméré
en haut bien suivi, s'avèrent satisfaisants et bien au-dessous
des normes autorisées.
o Nous serons heureux d'inviter le Dr Bughun, en tant que chimiste,
à venir analyser la toxicité des cendres qui vont
être produites par Gamma pour une comparaison objective
avec celles générées dans la combustion de
la bagasse, qu'il semble vouloir défendre.
4. Dr Bughun : Pour traiter les fumées, on les pulvérise
à la chaux, l'ammoniaque et le charbon actif. Cela neutralise
dans une certaine mesure les acides et absorbe un peu de dioxines/furannes.
De nouveau, on a créé une grande quantité
de déchets hautement toxiques (sels, acides, métaux
lourds, dioxines, furannes).
o L'objectif principal de ce projet d'incinération doté
d'un " modern air pollution control equipment " est
principalement de réduire le volume et les risques de déchets
municipaux, en parallèle détruire et absorber tous
les éléments toxiques du déchet.
o En ce qui concerne son allégation d'" une grande
quantité de déchets hautement toxiques ",
nous voulons de nouveau préciser que :
- Il n'y aura que 10% (des déchets au total) en termes
de volume de cendre qui vont être générés
comme déchets solides suite à l'incinération
. La partie toxique de cette cendre est le 'fly ash' qui consiste
en seulement 15% du volume total de cendre générée
(soit 12,000 tonnes/an). Celle - ci, comme élaboré
au paragraphe 3, est mélangée avec le 'bottom ash',
un produit inerte, stabilisée, traitée, et sujet
au contrôle rigoureux de toxicité d'après
les normes de TCLP du US EPA, avant d'être disposée
sur le site.
- Les metaux vont être enlevés à deux niveaux
: Ceux qui peuvent être récupérés avant
l'incinération vont être manuellement enlevés
de la masse de déchets. D'autres vont être récupérés
par un 'magnetised system' de la cendre après l'incinération.
Le tout va être collecté pour possibilité
de recyclage.
- Une majeure partie de dioxine et de furanne va être detruite
dans l'incinération et le 'Flue Gas Treatment System' du
'Air Pollution Control'. La partie qui reste non-détruite
qui représente une quantité minime, va être
capturée dans le 'fly ash' qui va être melangée
avec le 'bottom ash', ensuite traitée, neutralisée,
testée et disposée dans le monofill sur le site.
o Pour l'aider à mieux comprendre, qu'il se documente davantage
sur le " flue gas treatment system " et son apport au
processus de l'incinération.
5. Dr Bughun : Comment éviter que ces résidus
qui seront mis sous terre et que leurs " leachates "
(lixiviation, pénétration d'eau) contaminent l'environnent
et la nappe souterraine, surtout avec l'influence de cyclones
ou pluies torrentielles à Maurice. La nappe souterraine,
parfaitement saine, est à seulement 25 m sous terre contre
100m pour les "bore-holes". La région maraîchère
et les élevages sont à moins de 250 m. Et la zone
résidentielle la plus proche est à 1 km.
o Justement notre projet offre de solides garanties pour nos nappes
phréatiques comparées aux projets de landfill tel
que Mare Chicose qui causent actuellement une infiltration incontrôlée
de "leachate " dans nos nappes phréatiques.
o Bien que ces cendres soient non-toxiques, nous avons pris une
double précaution en les disposant dans un monofill spécialement
aménagé, d'après les normes européennes.
Il faut rappeler que le " EU directives on the Land Fill
of waste " utilisé dans la conception de ce monofill
est strictement formulé pour la protection des nappes phréatiques.
o Comme décrit plus haut, les cendres vont être stockées
et les normes de Toxicity Characteristic Leaching Procedures(TCLP)
de USEPA vont être appliquées pour suivre de près
le degré de toxicité avant d'être ainsi disposées.
Il est prouvé que les cendres conformément aux normes
TCLP ont un très faible potentiel de " leaching "
dans l'environnement et donc ne posent aucun risque de pollution
des nappes phréatiques.
o Le monifill va être recouvert ('capping') progressivement
pour réduire la pénétration d'eau provenant
de la pluie.
o Des sondes (bore-holes) seront aménagés autour
du monofill qui servira à prendre des échantillons
d'eau de la nappe souterraine pour des besoins d'analyse et de
vérification, pour certifier davantage qu'il n'y a pas
d'infiltration de "leachate" dans la nappe phréatique.
o Les expériences de Covanta avec cette méthodologie
appliquée largement sur divers projets dans d'autres pays
ont démontré que la concentration de produits toxiques
dans les " leachates " sont nettement en dessous des
limites du EPA/ TCLP.
o Le site de la Chaumière a été décrété
par les consultants de Carlbro en 2004 travaillant pour le compte
du gouvernement mauricien, comme site approprié pour un
tel développement, tenant en compte sa disposition, vu
son éloignement de toutes les zones résidentielles.
Il n'y a pas d'habitations à moins d'un kilomètre
de l'usine.
o Dans plusieurs grandes villes européennes, telles que
Paris et Newmunster en Allemagne, les centres d'incinérations
se trouvent à côté des zones résidentielles.
6. Dr Bughun : Qu'est ce qu'on fera des résidus solides
toxiques, qui équivaudrait à 2,3 millions de tonnes
dans 25 ans, ainsi que les "leachates", liquides toxiques
? L'ajouter au béton est encore plus dangereux.
o L'utilisation des cendres dans la construction est une pratique
courante dans plusieurs pays à moins que le Dr Bughun veuille
remettre en question les techniques de construction dans ces pays
où personne ne s'élève contre cette pratique.
o Avec les normes auxquelles notre projet s'adhérera strictement,
nous maintenons que tout résidu solide ou "leachate
liquide " sera non-toxique. Nous pensons vous avoir suffisamment
éclairé sur "le comment " de cette affirmation
dans les paragraphes précédents.
7. Dr Bughun :Comment évaluer la dispersion des fumées
(90 m) par modélisation, alors que le modèle utilise
les données de Plaisance, situé à 30 km du
site de La Chaumière !
o Le modélisation qui est un domaine spécialisé,
est clairement quelque chose qui dépasse la maîtrise
du Dr Bughun. Donc, nous comprenons parfaitement la raison de
ses commentaires à ce sujet et nous lui suggérons
de se documenter avec le Dr Ramjeeawon de l'Université
de Maurice qui en est un expert.
o Les données météorologiques de Plaisance
et Médine ont été utilisées au début
de cette évaluation. Les experts ont statué que
celles de Plaisance étaient nettement plus appropriées
et compatibles pour la région de la Chaumière.
o Pour information, tout modélisation pour des besoins
d'EIA à Maurice, utilise des données provenant de
Plaisance.
8. Dr Bughun : Selon le rapport EIA, le promoteur n'a pas eu
la permission d'utiliser l'eau de rejet (irrigation / IA) de la
"sewerage station" pour le refroidissement des machines.
Il n'y a pas de garantie de WWA en période cyclonique,
pluies et panne. Il n'y a pas de "contingency plan"
(ref : minutes of meeting with WWA / EIA).
o Notre technologie est basée sur un " air-cooled
system " et non pas d'un " water cooled system ".
Donc il n'y a pas besoin d'eau pour le refroidissement des machines.
o L'eau nécessaire pour des besoins domestiques sera obtenue
de la CWA.
o Nous avons quand même un accord de principe avec la station
de traitement de Saint Martin, si jamais le besoin se fait sentir.
o Il est clair, à la lumière de cette question,
que le Dr Bughun ne comprend rien a la technologie de pointe que
nous proposons. Il gagnerait à étudier consciemment
le projet au lieu de donner libre cours à ses élucubrations
et induire le public en erreur.
Pour notre part, la polémique s'arrête là
et nous souhaitons vivement que le Dr Bhugun réponde favorablement
à notre invitation pour un face-à-face avec le Dr
Andrew Jackson.
La Direction
NDLR: Week-End a toujours favorisé le débat
sur les sujets d'intérêt national et ses colonnes
sont ouvertes à toutes les parties. A condition de ne pas
abuser des longueurs de textes et des attaques personnelles.
Dans le cas présent Gamma Energy assumera seul et portera
l'entière responsabilité de ses propos à
l'encontre du Dr. Bhugun.