Avec l'élimination de l'hypothétique port de débarquement
de charbon à Albion, les promoteurs de C.T. Power se retrouvent
avec un autre casse-tête, soit transporter en moyenne 1
600 tonnes de charbon chaque jour de la région portuaire
à la centrale thermique de Pointe-aux-Caves. Techniquement,
cela représente le déplacement de 54 camions d'une
capacité de 30 tonnes chacune entre 6 heures du matin et
17 heures, soit un camion toutes les vingt minutes, sur l'un des
principaux axes routiers les plus saturés de l'île.
" The principal impact on the environment will be caused
by the increase in traffic which will be unavoidable "
avance C.T. Power.
Une étude sur le Traffic Impact Assessment est catégorique
quant aux problèmes qui devront être surmontés
pour le transfert du charbon du stack yard dans l'enceinte
portuaire jusqu'à la centrale thermique de Pointe-aux-Caves.
" Obviously between the Port Area and the site in Black
River there exist numbers of important junctions. Most of them
have already reached saturation levels. The state of over-saturation
bears on all junctions ", notent les spécialistes.
Ainsi, le véritable problème demeure les bouchons
gênant principalement les rotations des camions transportant
le charbon. L'un des points les plus difficiles demeure le rond-point
du Caudan. " It goes without surprise that the morning
peak period falls within 8.30 and 10.00 hours. However, another
peak period between 11.00 and 12.00 hours seemingly distort the
perception of one peak period in the morning and another one in
the afternoon ", note le document soumis dans le cadre
de cet EIA.
Pour les besoins de ces exercices de simulation, quatre routes
distinctes entre le port et Pointe-aux-Caves ont été
identifiées. La durée moyenne du voyage d'un camion
pendant les heures de pointe du matin est d'un peu plus d'une
heure, soit presque le triple de la période off peak,
qui varie entre 19 et 28 minutes et d'un peu plus d'une demi-heure
pour la période de pointe de l'après-midi.
Le trajet privilégié par les conclusions des relevés
effectués sur le terrain est le suivant : le port (Berth
N°1), rond-point de Roche-Bois, rond-point du Quai D, rond-point
de Caudan, jonction de La Butte, jonction de Pointe-aux-Sables,
Montée S, route de Rivère-Noire, route d'Albion
et route de Pointe-aux-Caves. " This route is currently
being used by heavy vehiciles, mixed with other modes of tansport.
The environmental and road safety impacts are acceptable ones.
No foreseen worsening conditions will be caused to raodside developments
and residents ", avancent les promoteurs.
Le coal stack dans le port a atteint sa capacité maximale
et de nouvelles facilités devront être identifiées.
Jusqu'ici, le tonnage moyen d'importations de charbon de terre
est de 330 000 tonnes annuellement, mais il faudra tenir compte
de l'entrée en vigueur de nouvelles centrales thermiques,
dont celles de St-Aubin et de Savannah. Pour faire fonctionner
la centrale thermique de 110 MW de Pointe-aux-Caves, il faudra
prévoir le double des importations car C.T. Power aura
besoin de 350 000 tonnes de charbon annuellement.
À cet effet, la centrale thermique de Pointe-aux-Caves
investira dans un coal yard mesurant 140 mètres
de long et 90 mètres de large, soit une superficie supérieure
à un terrain de football de dimension régulière
avec une meule d'une hauteur de dix mètres. La capacité
de stockage sera pour une durée 60 jours avec les deux
moteurs de 55 MW fonctionnant à plein régime et
un dry coal shed d'une capacité de 15 jours de consommation
de charbon. Un coal handling system avec tous les accessoires
nécessaires reliera le coal yard au coal bunker
comprenant des coal trucks et un coal storage system.
La centrale thermique : gourmande en eau
Le projet de construction de la centrale thermique de Pointe-aux-Caves
est un grand consommateur d'eau dans une région qui souffre
d'un déficit en fourniture. La capacité maximale
de 50 mètres cubes d'eau par jour de la Central Water Authority
ne sera nullement suffisante pour satisfaire les besoins de
quelque 2 500 mètres cubes. De ce fait, des discussions
sont en cours en vue de détourner une partie de l'eau destinée
à l'irrigation. Le problème se posera de manière
plus cruciale lors de la phase de construction de la centrale
thermique.
" Domestic water from the CWA is limited to 50 m3 per
day. This is not sufficient for the daily water requirements for
construction activities, principally in cleaning, and for producing
concrete for the Coal-Fired Plant. The alternative source of fresh
water to meet the daily requirement was to pump this from the
irrigation canal in the vicinity ", note le document
en vue d'obtenir une EIA Licence.
Des discussions ont été entamées avec l'Irrigation
Authority pour les autorisations nécessaires en vue de
satisfaire les besoins en eau pour le démarrage du chantier
en juillet prochain. L'Irrigation Authority avait transmis une
correspondance, en date du 7 mars dernier, à C.T. Power
en vue de l'informer que " that your request was discussed
at the level of the working committee of the La Ferme and Magenta
Water Users Association on 28th February 2007 and that the latter
will liaise with you for more informations and clarifications
". Problème majeur non résolu encore.
Pour le fonctionnement de la centrale thermique, C.T. Power aura
recours à un contrat pour l'utilisation de l'eau recyclée
de la Wastewater Management Authority à une moyenne de
4 500 mètres cubes de " treated sewrage water "
par jour. Des négociations avec la Wastewater Management
Authority ont débouché sur un accord avec cette
institution en date du 23 février dernier.
" We wish to inform you that the Wastewater Management
Authority is agreable, in principle, to the supply of 4 500 m3/day
of primary level treated effluent from the Montagne Jacquot Wastewater
Treatment Plant to C.T. Power at the proposed industrial rate
of Rs 3 per metre cube. This rate will be subject to revision
on a five yearly basis ", écrit le general
manager, A.K. Soonarane, dans une lettre en date du 23 février
dernier. Mais les investissements pour la mise en place de l'infrastructure,
notamment la station de pompage et le réseau d'adduction,
seront à la charge de C.T. Power.
Les nuisances !
Se prévalant du fait que l'habitation la plus proche de
la centrale projetée à Pointe-aux-Caves n'est autre
que celle occupée par le gardien du phare d'Albion, qui
se trouve à quelque 150 mètres, C.T. Power avance
que la pollution sonore ne constituera pas un gros problème
avec une moyenne de 70 décibels à n'importe quelle
heure de la journée et de la nuit. " The closest
residential area is located at about 475 metres from site towards
Albion ", souligne le rapport.
Tout un chapitre est consacré au traitement des process
effluents, soit une moyenne de 20 mètres cubes par
heure d'industrial wastewater, dix mètres cubes
par heure d'oil contaminated wastewater, de ash transport
and coal piles washing wasterwaters et de once-through
cooling water rejetée dans la mer. Les eaux usées
industrielles seront en principe recyclées pour être
utilisées dans des cas de lutte contre les incendies, le
lavage du charbon pour supprimer les poussières. Mais C.T.
Power avance que " the treated wastewater is likely to
be discharged to the ocean as the water quality meets the standard
for effluent discharge into the ocean ".
D'autre part, le rapport de Gibb (Mauritius) Limited note que
" potential nuisance to adjoining developments caused
by bad neighbours are noise, dust, fules, smells, parking or excessive
loading problems. " De ce fait, il est important de délimiter
une zone tampon entre ces développements et les zones résidentielles.
" Taking into consideration the local environmental conditions,
taking into consideration that the existing settlements are typically
500 metres distance from site and also, taking into consideration
the type of fuel used for the power plant, namely coal, the power
plant is considered as a medium hazardous installation and therefore
an indictive buffer zone of 1 000 metres can be given as follows
: an exclusion Zone A of 500 metres and a Notification Zone B
of 500 metres " proposent les promoteurs.
Des investissements de Rs 5 milliards
Les investissements prévus dans la réalisation de
ce projet sont de l'ordre de Rs 5 milliards. C'est ce qu'avancent
ceux qui ont eu l'occasion de traiter ce dossier. Le Central Electricity
Board participera en equity partnership à ce projet.
Tenant compte du terrain à bail d'une superficie de 92
arpents mis à la disposition des investisseurs de Malaisie,
le CEB devra trouver des moyens financiers de l'ordre de Rs 300
millions pour honorer ses engagements.
C.T. Power avance que " key economic benefits accruing
to either the CEB or the Government of Mauritius from implementing
this project on a build-own-operate basis include CEB avoiding
incurring debt and equity, reducing the overall debt obligation
of Government by an estimated US dollars 139,14 million, and there
should be a net saving from operating more costly oil plants owned
by CEB ".
C.T. Power (Mauritius) Limited est une compagnie incorporée
à Maurice depuis le 16 mars 2006 avec pour adresse Module
02B7, Level 2, Wing B, Cyber Tower, Ebène Cyber City.
Les deux principaux actionnaires sont Subramanian Mariappan
(90 000 actions) et Chay Kwon Min (10 000 actions). Les deux sont
des ressortissants malaisiens alors que le project manager
se nomme M. Sundran et le corporare affairs director est
T. Tharumalingum.
Au nom du développement
La Chaumière, le "bad neighbour" !
Avec le projet de construire un incinérateur de déchets
pour produire de l'électricité et celui d'opérer
une usine de compostage, la région de La Chaumière,
coincée entre le réservoir La Ferme et le cimetière
Saint Martin, risque de devenir bientôt une des régions
les plus invivables de Maurice. Dans cette zone, où la
concasseuse de Gamma et la station d'épuration de Saint
Martin s'y sont bien loties, ces nouvelles activités de
traitement et d'élimination de déchets devrait,
inexorablement, lui conférer un statut très particulier,
celui de bad neighbour, alors même que, depuis plus
d'un siècle, une bonne partie des terres autour du site
et sous culture vivrière a pour réputation de produire
les meilleures légumes du pays. Alors même que, à
quelque 600 mètres, se trouvent un réservoir et
une végétation qui, pendant des décennies,
ont attiré de milliers de visiteurs et s'est constitué
en habitat naturel pour de nombreuses espèces. Alors même
qu'à un peu mois d'un kilomètre à vol d'oiseau,
se trouve une réserve naturelle, celle de Corps de Garde.
Alors même que des zones résidentielles entourant
le site s'y trouvent dans un périmètre de 1 à
4 kilomètres.
Les appréhensions des habitants des zones résidentielles
autour du site choisi pour abriter le projet waste-to-energy
de Gamme-Covanta sont sans doute légitimes. La sucrerie
de Médine, dans un article publié dans notre dernière
édition, a aussi émis des craintes quant aux risques
potentiels de cette usine sur ses activités d'élevage.
Mais dans le voisinage du site identifié, il existe d'autres
activités, à part celles de l'élevage, de
la station d'épuration de Saint-Martin et du crushing
stone plant de Gamma. Cette région, sans doute encore
méconnue par de nombreux Mauriciens à part le réservoir
de La Ferme, est surtout réputée pour ses plantations
de légumes étendues sur de plus d'une centaine d'arpents
de terre, considérée un vivier de produits de qualité
pour étales des marchés et "foires".
Depuis plus d'un siècle, les terres de La Chaumière
étaient principalement consacrées à la culture
vivrière. De la Plaine Sunassee - à l'ouest de La
Ferme - à Saint Martin, des centaines de familles cultivaient
et continuent à cultiver ces terres, héritage de
leurs ancêtres venus de l'Inde. "Depi cinq générations
nou planté ici", déclare un homme, d'une
quarantaine d'années, dans ses plantations d'oinions.
"Nou grand fami sorti l'Inde. Zot ti vive là-même.
Longtemps beaucoup dimoune ti vive ici. C'est pou sa ki sa temple
ou trouvé là-bas là, qui to commence en tôle,
puis fine vine béton et zordi kouman ene bâtiment.
Des centaines de dévots vine ici."
Les plantations de La Chaumière sont comme un patrimoine
pour ces nombreux planteurs qui, avec le temps, ont fini par se
regrouper en une société coopérative pour
optimiser leurs ressources et moderniser leurs équipements.
"Nou fine bien souffert avant réussi fer sa plantation-la
koum sa !", ajoute un autre planteur qui déclare
non sans fierté : "Est-ce ki ou koné ki
nou ti pé produire enn tier zonion pou pays ici. Nous grand
fami ti commence ar pomme de terre, après nous fine diversifié."
"Depi cinq générations nou planté
ici"
Le petit groupe de planteurs ne cache toutefois pas ses inquiétudes
par rapport aux activités d'incinération de déchets
projetté à quelque 300 mètres de leurs plantations.
"Nou inquiet. Mais selamn ki nou kapav fer. Nou pas oulé
sa ici. Est-ce ki nou énan pouvoir pour dire non ?",
fait comprendre un membre du groupe.
Une peu plus loin, à l'entrée de la route de La
Chaumière, se trouvent les planteurs de Saint Martin. La
plupart d'entre eux, au fil du temps, ont fini par construire
des maisons en dur à la place des veilles cabanes que leur
"grand fami" leur avait laissées. Contrairement
aux planteurs de La Chaumière, ils affichent moins d'inquiétude
par rapport au projet d'incinérateur "ki nou fine
tendé koum sa". "Nou pa trop inquiet parce
ki nou pa croire ki li pou affecté nou kan nou guette
direction la brise."
À La Chaumière, une bonne partie des terres était
louée à bail à la sucrerie de Médine
avant que le gouvernement n'en reprenne ses droits. Près
de 185 arpents étaient disponibles jusqu'en 2004, avant
qu'une partie de ces terres ne soit allouée à Gamma
pour sa concasseuse - par l'ancien régime - et tout récemment
à Gamma Energy et Solid waste Recycling pour leurs activités
d'incinération et de compostage respectivement.
Il reste qu'une bonne partie est également occupée
par des fermes et des élevages bovin, porcin et de volaille.
La majorité des terres exploitées pour ces différentes
activités se situe en fait dans un périmètre
de moins de 400 mètres autour du site. L'inquiétude
est de mise du côté des principaux concernés.
Mais le promoteur demeure confiant que son projet ne portera pas
préjudice à ses voisins directs.
Réserve naturelle à moins d'un kilomètre
Pourtant, le site identifié se situe à quelque 600
mètres au nord du réservoir de La Ferme, lieu de
prédilection pour les "joggers" et pêcheurs
de la région. L'étude EIA pour établir l'impact
du projet sur son voisinage a été basée sur
une zone de 500 mètres autour du site et à quelques
centaines de mètres au nord-ouest de la réserve
naturelle qui, comme le reconnaissent les consultants de Gamme-Covanta,
est une "native-rich Corps de Garde Nature Reserve."
Notre visite sur place nous a permis de découvrir cette
partie, presque cachée, de la région de La Ferme-Saint
Martin. Le paysage couplé d'une végétation
naturelle, entre Le réservoir de La Ferme et les versants
de la montagne Corps de Garde, laisse deviner la richesse de la
faune et la flore de cette région.
D'ailleurs, plusieurs espèces ont été recensées
à l'intérieur et en dehors de la zone de 500 mètres
autour du site, dont 91 espèces végétales
et plus d'une cinquantaine d'espèces allant de volatiles
aux papillons en passant par les escargots. Les plus rares cités
dans le rapport sont un "endangered endemic snail"
et trois "mascarene endemic birds taxa" et "one
native bat and one endemic reptile."
Pour les consultants ayant rédigé le rapport EIA,
cette partie de la zone ne devrait pas être affectée
par le projet. Les consultants estiment par contre que la construction
et la mise en opération de l'usine d'incinération
de déchets devraient être "low to moderate,
but will contribute to the cummulative impact of other developement
that has taken place over the last decade, including the Saint
Martin Sewage Plant and Rock Crushing Plant."
Ce qui en d'autres termes confirme la dégradation continue
de cette région qui, pour l'ancien comme le nouveau gouvernement,
semblait et semble être destinée à accueillir
les activités les plus - potentiellement - nuisibles du
pays. Et en faire un centre de "bad neighbour developments"
par excellence...
Eau souterraine-Le "bore-hole" à proximité
du site représente-t-il un risque de contamination ?
Une question majeure mériterait d'être éclaircie
dans le sillage du projet de Gamma-Covanta d'opérer un
incinérateur de déchets pour produire de l'électricité,
notamment concernant l'existence d'un "bore-hole" à
quelques centaines de mètres du site de La Chaumière.
Dans son rapport soumis au gouvernement, le consultant Danois
attire en effet l'attention sur un "bore-hole" que la
Central Water Authority (CWA) opérerait pour exploiter
de l'eau souterraine qui alimente Petite-Rivière et une
partie de Port-Louis. "In the immediate north to northeast
part of the site a number of domestic and agricultural boreholes
are found. One borehole located only 500 meters from La Chaumiere
serves as a major water intake supplying water (60 m3/hr) to the
Petite Riviere/Port Louis south area. This borehole could be affected
by contamination from the Waste Complex
", est-il
indiqué dans son rapport d'étude.
Cependant, du côté de la CWA, on laisse comprendre
que "bore-hole" existerait, mais qu'elle est localisée
à plus d'un kilomètre du site identifié pour
abriter le waste-to-energy plant. Pour certains techniciens
de la CWA, les activités à La Chaumière ne
comporteraient aucun risque de contamination de la nappe phréatique.
Aucune mention n'est également faite concernant ce "bore-hole"
dans le rapport EIA du promoteur, sousmis au gouvernement.
Le consultant danois accorde pourtant presque un chapitre sur
cet aspect en évoquant les mesures à observer dans
l'éventualité où le gouvernement déciderait
d'aller de l'avant avec son projet de waste complex à
La Chaumière. Extrait: "It is near an important
groundwater abstraction zone. The drinking water authorities may
oppose the location despite the assumed low risks and the extra
precaution proposed at the HW Facility (
) The main problem
with La Chaumiere is the proximity of the drinking water well
serving Port Louis. Our analysis of leachate migration indicates
that under normal circumstances the drinking water quality should
not be at risk and the main concern at this location would be
the consequence of an accidental spillage of hazardous material
at the HW Facility. We recommend for that reason additional low-permeable
lining of hazardous waste storage areas to complement paved surface
and a separate drainage system with buffer pond. In the opinion
of the Consultant such measures - together with impeccable design,
construction and operation - will make La Chaumiere an environmentally
acceptable site for the Waste Complex."
Les voisins à vol d'oiseau
Les voisins autour du projet de l'usine d'incinération
de déchets sont nombreux. Connus également comme
les air sensitive receivers dans le jargon environnemental,
les élevages, fermes et plantations se situent entre 190
mètres et 330 mètres autour du site, alors que pour
les zones résidentielles et semi-résidentielles
la distance à vol d'oiseau varie entre 1 et 4 kilomètres.
Les voisins directs du waste-to-energy plant, selon le
rapport EIA de Gamma-Covanta, sont comme suit : Roches-Brunes
(1,6km), Beaux Songes (4,1km), Quatre-Bornes (4km) Albion 1 (4km),
Albion II (3,6km) ou Canot (2,1km), coopérative d'élevage
porcin (1,2km), Poultry Shed N (245 m), SODIA (300m), les plantations
de légumes (190m), Farmers Hourse (290m), cattle shed (330m).
Rapport d'étude
La Chaumière selon Carl Bro
La Chaumière est un des trois sites que l'ancien gouvernement
avait désigné et indiqué au consultant Carl
Bro, dans le cadre d'une étude sur la gestion des déchets.
Dans son rapport, le consultant Danois, dont les services ont
été retenus par Gamma-Covanta pour une étude
sur la valeur calorifique des déchets, avait choisi La
Chaumière comme première option pour abriter, à
l'époque, un waste complex (abritant un landfill,
un incinérateur et hazardous waste storage), au
profit d'un site localisé au nord d'Albion, Pointe Moyenne.
Ses conclusions et recommandations sur la "suitability"
du site, les risques et les mesures apportent certains éclairages
sur l'approche à adopter dans la mise à exécution
d'un projet engagé dans le traitement et l'élimination
des déchets.
Extraits de ce rapport :
Séquelles
The site at La Chaumiere has many advantages in accommodating
the Waste Complex and overall can be considered a suitable site.
The main drawbacks are :
The site offers limited soil availability and there is a need
for import of clay/soil material from elsewhere (100,000 m3) ;
The site will have a visual impact on residential areas in the
outskirts of Roches Brunes and Bambous.
Air pollution dispersion from the incineration plant in the direction
of Bambous for 20% of the time during the summer months (although
this will not pose a risk to public health as incinerator (s)
meet the strict EU emission standards) ;
Possible issue of resettlement of inhabitants in the nearby minor
residential zone in the agricultural plots.
Recommandations
(...) The Consultant therefore recommends the site at La Chaumiere
as the first choice and the site at Pointe Moyenne as the second
choice.
The Consultant must point out that neither of the sites is without
negative impact on surroundings and neither site is likely to
obtain readily acceptance among neighbours. It is therefore important
that the Government of Mauritius take responsibility for the next
steps critical for the successful implementation of the Waste
Complex :
Call for opinions from involved Government agencies such as the
Ministry of Housing and Lands, Ministry of Environment, Ministry
of Public Utilities etc. ;
- Issue a decision on the preferred site, including its precise
size and boundaries ;
- Initiate re-zoning within the physical planning process ;
- Open discussions with local residents (and the landowner in
the case of Pointe Moyenne) ;
- Prepare conceptual design of the Waste Complex and the detailed
Environmental Impact - Assessment ;
- Initiate the permitting procedure involving the neighbours,
the general public and stakeholders in the process.
La concasseuse
The relocation of Gamma Civic stonecrusher in the buffer zone
of the Waste Complex is envisaged by the authorities and this
offers an opportunity for a partnership with the landfill operator
for quarrying operations and extension of the lifetime.
Relogement
The plot of agricultural land to the northeast of the site is
presently leased to the St. Martin Cooperative Society and which
expires in 2009. 40 plots exist of which 15 have residences constructed
on them. Given that these residences are well within the buffer
zone for a landfill it might be required to offer these inhabitants
an alternative lease.
Superficie requise
Both of the proposed sites at La Chaumiere and Pointe Moyenne
are approximately 50 ha. of size. The estimated area needs for
each facility in the Waste Complex are listed in table below.
Bufferzone, 25 metres with embankment, fence and planting along
the plant : 7 hectares
Incineration plant 3
Hazardous waste interim storage : 1 hectare
Hazardous waste treatment and disposal facility : 9 hectares
Municipal solid waste landfill 30 : hectares.
L'affaire des haut-parleurs
Azaan : terrain d'entente et démonstration de force
Trente jours après les attendus du jugement du juge Paul
Lam Shang Leen donnant raison à Gavin Glover au sujet de
l'utilisation de haut-parleurs pour l'azaan à la
mosquée Hiddayat-E-Islam de Quatre-Bornes, la tension était
à son comble pendant la majeure partie de la journée
de ce vendredi 13. D'une part, le maulana Chooramun avait annoncé
une marche du Khadafi Square à Plaine-Verte jusqu'au Prime
Minister's Office et, d'autre part, les forces de l'ordre étaient
déterminées à ne pas se laisser prendre au
piège comme ce fut le cas lors de la manifestation illégale
de mardi dernier devant l'hôtel du gouvernement.
Depuis tôt le matin, le commissaire de police avait multiplié
les mises en garde contre les participants à cette manifestation
décrétée illégale. Les avertissements
étaient sévères et la police avait déployé
les moyens nécessaires pour les mettre à exécution
si le besoin se faisait sentir. En parallèle, Me Gavin
Glover, l'une des parties prenantes dans l'affaire en Cour suprême,
était pris dans l'ultime étape de l'élaboration
d'un accord avec la collaboration de Me Shakeel Mohamed, Me Assad
Peeroo et Me Siddhartha Hawoldar. À la mi-matinée,
les détails de l'arrangement sont agréés
entre les principales parties concernées. Un début
d'apaisement est perceptible avec Farook Bassa, le président
de la mosquée Hiddayat-E-Islam apposant sa signature au
bas du document.
Ainsi, les responsables de la mosquée prennent l'engagement
de maintenir le niveau des haut-parleurs pour l'azaan à
un maximum de 65 décibels. En contrepartie, Gavin Glover
accepte de ne pas réclamer la mise à exécution
du jugement Lam Shang Leen. Cet accord intervenu au trentième
jour marque une étape majeure dans le dégel d'une
situation des plus tendues avec la répétition de
réunions nocturnes de mobilisation porteuses de risques
de débordement à tout moment. Conséquence
de ce développement : les détails de l'accord sont
soumis à l'approbation des responsables des différentes
mosquées de l'île. La municipalité de Quatre-Bornes
et la Hiddayat-E-Islam de Quatre-Bornes seront amenées
à mettre un terme aux procédures d'appel contre
le jugement Lam Shang Leen.
Entre-temps, avec la fin de la prière du vendredi, le Square
Khadafi se mettait à grouiller de monde suite à
l'appel lancé jeudi soir par le maulana Chooramun pour
un rassemblement et une marche sur le Prime Minister's Office.
Le suspense est de mise devant le déploiement massif des
forces de l'ordre aux points stratégiques autour de l'hôtel
du gouvernement transformé en une véritable forteresse
imprenable pour ne pas dire en no man's land. Le rassemblement
du Square Khadafi est maintenu. Les responsables, dont
le maulana Chooramun, prennent connaissance de l'évolution
de la situation et de la teneur de l'accord sur les 65 décibels.
La crise est désamorcée. Le projet de marche jusqu'au
Prime Minister's Office est abandonné pour une "
marche de la victoire " le long de la rue Desforges jusqu'à
la municipalité de Port-Louis. Le consentement de la police
à cette initiative est quasi tacite. Mais l'avertissement
à l'effet que toute tentative de manifestation devant l'hôtel
du gouvernement sera sévèrement réprimé
reste comme une épée de Damoclès. La mission
de superviser les opérations policières sur le terrain
était revenue au Deputy Commissioner of Police (DCP) Jean
Bruneau, responsable du nord de l'île.
D'ailleurs, les dispositifs policiers comprenant des éléments
de la Special Mobile Force, du Groupement d'Intervention de la
Police Mauricienne, de la Special Supporting Unit, armés
jusqu'aux dents et interdisant tout accès aux rues menant
vers l'hôtel du gouvernement dans un périmètre
de 500 mètres attestaient de cette démonstration
de force. Un des points chauds dans le quadrillage de cette partie
de l'hôtel du gouvernement avait été les abords
de la municipalité.
Depuis la mi-journée, un important contigent d'éléments
de la SMF et de leurs véhicules blindés avait pris
place dans les casernes des pompiers à l'arrière
de la municipalité. Ils devaient prendre position devant
la municipalité lors d'une première alerte de défilé
peu avant 15 heures pour épauler leurs collègues
de la Special Supporting Unit. Mais, finalement, tout ce déploiement
a débouché sur une intervention minimale des forces
de l'ordre, cela à la grande satisfaction du commissaire
de police, Ramanooj Gopalsingh, qui soutient que " l'usage
de la force ne constitue qu'un dernier recours. "
Square Khadafi-Vives tensions malgré un dénouement
positif
Le Square Khadafi à Plaine-Verte a connu de véritables
moments de tension en cet après-midi du vendredi 13 avril.
Raison : la place publique était le point de départ
d'une nouvelle manifestation de désapprobation de la situation
qui s'est développée suite au jugement de Paul Lam
Shang Leen au sujet de l'usage de haut-parleurs pour l'azaan.
La manif de vendredi avait été annoncée après
la première, tenue le mardi devant le siège de l'assemblée
nationale. Cette démonstration avait, dans le courant de
la matinée du vendredi, laissé transparaître
des signes avant-coureurs de danger potentiel d'affrontement entre
les manifestants et les forces de l'ordre. Du coup, les artères
principales de la capitale, jouxtant le Parlement, étaient
verrouillées par les autorités, avec un déploiement
de force visible, comprenant véhicules, membres de la SSU,
la Riot Unit, entre autres. À la mi-journée, la
capitale retenait son souffle. Mais au Square Khadafi l'ambiance
était tout autre. Et la présence policière
était très discrète.
La place publique est déserte aux environs de 14 h. La
prière de la mi-journée terminée, des badauds
essentiellement, se sont groupés dans les quatre coins
de l'endroit, étant donné que la manifestation prévue
et confirmée la veille même, jeudi soir, lors d'un
meeting nocturne animé par les Maulana Haroon et Chooramun,
n'avait pas été annulée.
Graduellement, le Square Khadafi commence à accueillir
les premiers manifestants, armés de tambours, coiffés
de foulards, et brandissant des slogans et des appels à
caractère religieux. "Hamara deen, hamara maksar"
(Notre religion, notre objectif) ; "Islam zindabad"
(Longue vie à l'islam)
Le groupe de manifestants
grossit de minute en minute.
Aux alentours de 15h, le maulana Chooramun fait son entrée,
précédé d'un groupe composé d'une
centaine de manifestants. Ils arrivent par la rue Large. À
ce stade, la vie s'est quasiment arrêtée au Square
Khadafi. Chacun retient son souffle. La décision des chefs
religieux quant au maintien de la manifestation et la tournure
que prendront les événements sont toujours un mystère.
Les participants s'activent autour des principaux instigateurs
de la manif.
À cet instant précis, la tension est électrique.
La présence policière demeure, quant à elle,
toujours discrète. Quand le maulana Chooramun prend la
parole, c'est, dans un premier temps, pour faire la chronologie
des événements ayant mené à la tenue
de la manifestation du jour. Le discours est ponctué, évidemment,
de commentaires et de cris scandés par la foule. Quand
le religieux annonce qu'il est satisfait de l'accord conclu entre
Gavin Glover et Shakeel Mohamed, qu'il a obtenu des garanties
concrètes de la part de l'État que la situation
allait être rapidement et positivement décantée,
le temps s'arrête au Square Khadafi. C'est dans ce climat
de tension intense que le religieux annonce qu'au lieu d'une démonstration
de protestation, une "marche de la victoire" allait
avoir lieu.
Les cris de joie instantanés ponctuent le moment. Les manifestants
décident de l'itinéraire : rues Desforges et Pope
Henessy et retour au Square Khadafi. La procession démarre
avec les chefs religieux en tête. Ces derniers, à
la rue Arsenal, remontent sur un véhicule qui les ramène
vers le point de départ. La majorité des manifestants
continue à descendre la rue Desforges. La présence
de la force policière se fait de plus en plus visible.
Mais les représentants de l'ordre laissent passer les manifestants
qui s'arrêtent finalement devant l'esplanade de la mairie
de la capitale.
À partir de là et sur le parcours de retour vers
le Square Khadafi, la marche est marquée par quelques prises
de bec et échauffourées entre quelques manifestants
très remontés et quelques membres de la sécurité.
Mais, grâce à l'intervention de quelques personnes
sages dans la foule, aucun incident grave n'est à déplorer.
Gavin Glover : " Une win-win situation "
Me Gavin Glover pouvait difficilement cacher sa satisfaction vendredi
matin du dénouement de cette affaire qui a littéralement
hanté sa vie depuis ces quatre dernières semaines.
À la conclusion de l'accord sur les 65 décibels,
et ce avec la collaboration de Me Shakeel Mohamed, Me Assad Peeroo
et Me Siddhartha Hawoldar, il a soutenu que " c'est une
win-win situation ". Ci-dessous, la déclaration
de Gavin Glover à la presse, vendredi :
" La bonne volonté de toutes les parties est évidente
pour arriver à une solution. Cette démarche s'est
concrétisée par un dialogue constructif depuis quelques
jours. La conclusion d'un accord entre la municipalité
de Quatre-Bornes, la mosquée et moi-même, sous l'égide
du comité de la Jummah Mosque, montre clairement que le
dialogue, la conciliation et la médiation ont été
les meilleurs moyens pour régler tout problème.
C'est une win-win situation pour toutes les parties et
pour le pays dans son intégralité.
" La contribution de Shakeel Mohamed a été
déterminante dans cet accord sans oublier l'apport de Siddhartha
Hawoldar et d'Assad Peeroo. Le principe de l'accord en question
est le respect mutuel de toutes les composantes de notre société
envers la religion de tout en chacun, en tenant compte des libertés
fondamentales de tout citoyen mauricien quelles que soient sa
communauté et sa religion. "
Manifestation illégale-Les premières convocations
au QG du Central CID
La manifestation devant l'assemblée nationale, mardi, alors
que les travaux parlementaires s'y déroulaient, ne restera
pas sans conséquence. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam,
n'a pas manqué de s'appesantir sur le caractère
illégal de cette manifestation. Il l'a répété
au commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, en cours de semaine.
D'ailleurs, depuis la fin de la semaine, une escouade de limiers
du Central CID dresse la liste des personnes à être
entendues dans le cadre d'enquêtes pour des délits
de participation à des illegal gatherings.
L'un des premiers à être convoqué aux Casernes
centrales n'est autre qu'Iqbal Ghuni, connu comme étant
l'homme au " rasoir rouillé " et qui s'était
attaqué à l'ancien Premier ministre et actuel président
de la République, sir Anerood Jugnauth. Attendu depuis
vendredi, le prévenu ne se rendra au Central CID que demain.
Son homme de loi, Me Raouf Gulbul, a pris contact avec le surintendant
Lollbeeharry, vendredi après-midi, pour mettre au point
les derniers arrangements à ce sujet.