1947, LA GRANDE PLAIE MALGACHE !
En 1946, Madagascar devint, par décret issu de Paris, un
territoire d'outre-mer de la France métropolitaine. Nous
sommes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale lorsque le nationalisme
malgache s'organise. Ainsi, voit le jour le Mouvement Démocratique
de la Rénovation Malgache (MDRM) qui avait pour objectif
d'uvrer pour l'indépendance de Madagascar de la France
métropolitaine. Il faut souligner que Madagascar, en tant
que royaume, entretenait, au dix-huitième siècle,
des relations diplomatiques avec les grands de l'époque.
Qu'il y eut des échanges de diplomates, par exemple, entre
la Grande-Bretagne et la Grande Île. Que des pasteurs anglicans
ont contribué à l'émancipation scolaire de
l'Île rouge. Témoin de cette influence, des mots
qui sont entrés dans le vocabulaire malgache, tels le "booky"
(livre), le "slaeity" (l'ardoise), ou encore le "pensil"
(le crayon).
Ce mouvement de libération à vocation nationaliste
- les Malgaches n'ont jamais évoqué une quelconque
connotation "révolutionnaire" à leur démarche
- n'était pas vu d'un bon il par les colons français
qui exploitaient les richesses de leurs pays. Le riz, nourriture
de base des Malgaches, servait aussi les intérêts
des colons. Plus précisément dans la région
d'Ambatondrazaka. De même pour les fruits, les pierres précieuses
et semi-précieuses. Sans compter les produits issus de
l'exploitation maritime : langoustes, poissons, crevettes ou autres
poulpes qui foisonnent tout au long des côtes malgaches,
du nord au sud et de l'est à l'ouest. Toute cette manne
était "l'affaire" des colons français.
Et toute tentative de la leur enlever signifiait, à court
et à long termes, leur disparition du paysage économique
et politique régional.
D'où, cette "invention" d'insurrection malgache
à l'égard de l'État français. Qui
a eu pour conséquence que la France a agi de manière
surdimentionnelle en impliquant ses militaires à "écraser"
la révolte malgache. Qu'avaient-ils nos propres frères
malgaches face à la machine de guerre française,
pour se défendre ? Des lances, des sagaies ou autres armes
artisanales ! Mais face à l'armée française,
forte de la campagne mensongère des colons, plus de 100
000 malgaches furent massacrés. Un jeune chercheur malgache,
Juvence F. Ramasy, dans son mémoire de doctorat, nous rappelle
que lors d'une visite à Madagascar en avril 2005, le président
français, Jacques Chirac, a présenté "les
excuses au nom du peuple français par rapport aux événements
de 1947 qu'il a qualifié d'inacceptables".
Est-ce que la boucle est bouclée, pour autant ? Le premier
président malgache, après l'indépendance,
SE Philibert Tsiranana, était toujours la risée
des colons restés à Madagascar après la décolonisation.
Ses ministres, à l'instar de Jacques Bemanjara, député
de Tamatave, militant et poète, ministre de l'Éducation,
n'avait pas droit au chapitre par ses pairs européens.
Il eut fallu attendre l'arrivée du progressiste Richard
Ratsimandrava (considéré comme le Sankara malgache)
- victime d'un attentat une semaine après son arrivée
au pouvoir - et de l'Amiral Didier Ratisaka, côtier à
l'est de l'île, pour voir Madagascar retrouver sa dignité
et sa fierté malgache. Que dis-je, retrouver son âme...
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 8 avril 2007
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